Bonjour à tous ! Merci pour vos commentaires, vos PM et vos mises en alerte/favoris. Bella est enfin de retour à Forks et ce nouveau chapitre va nous permettre de suivre les retrouvailles avec le reste de la famille Cullen. Edward sera bientôt là, ne vous en faites pas.

Bonne lecture et surtout, n'oubliez pas vos reviews !


Chapitre 10: « Sans tristesse, ni amertume, Avancer, avance puisque tout s'en va... tout s'en va... (Calogéro, Yalla) »

J'étais rentrée à la maison.

Je relevai alors la tête vers Carlisle et j'y trouvai un immense sourire. J'osai soutenir son regard si lumineux quelques secondes et malgré mes larmes, je réussis à lui rendre son sourire.

Oui, j'étais rentrée à la maison.

-On descend ? me questionna le médecin en me montrant du menton le reste de la famille qui patientait en bas.
Mes yeux les détaillèrent tous et je ne pus réprimer les frissons qui remontèrent le long de ma colonne vertébrale lorsque je croisai les pupilles de femmes de la famille Cullen.
-Bella ? demanda Jasper, après avoir ressenti ma peur.
Je secouai la tête et fermai les yeux pour chasser les mauvais souvenirs qui envahissaient immanquablement mon esprit à chaque fois que quelque chose ou quelqu'un me rappelait la vampire rousse qui m'avait retenue prisonnière.
-Chérie, c'est moi. Est-ce que je peux ? m'appela alors une voix douce qui fit battre mon cœur un peu plus vite, comme lorsque je l'avais entendue il y a quelques heures, ou quelques jours, au téléphone.
J'ouvris les yeux à cette demande, qui ressemblait plus à une supplique, pour trouver Esmée debout, sur la première marche de l'escalier, attendant ma réponse, les bras entrouverts, invitation à venir me blottir contre elle.

Cette attitude si maternelle envers moi m'émut, me renvoyant bien entendu aux images de ma propre mère, surtout à celles de la dernière fois où nous nous sommes vues au beau milieu du chaos, mais également à tous ces scénarios idéalisés dans ma tête de petite fille qui avait Renée pour mère. Une bonne mère, fantasque et tête en l'air mais à mille lieues de la maman câlin et protectrice à laquelle je rêvais enfant, naturellement présente sous les traits de la vampire qui patientait devant moi.

Malgré la peur qui me tiraillait encore un peu le ventre, j'acceptai de descendre les marches les unes après les autres, soutenue fermement par Carlisle. Et alors qu'il ne me restait que trois marches, je me retrouvai en un éclair dans des bras froids et puissants, le front posé contre une joue fraiche.
-oh, ma chérie…m'accueillit avec tendresse Esmée alors que sa main courrait déjà le long de ma joue pour replacer les mèches de cheveux qui s'y étaient égarées.
-oh maman. murmurai-je en me blottissant contre elle après l'avoir regardée quelques secondes.
Je fis durer l'étreinte plusieurs minutes, puisant du réconfort dans la présence d'Esmée, avant de me séparer de la vampire qui souriait, ses yeux dorés brillants de soulagement.
-Et nous alors ? demanda soudainement Emmett, me faisant me détacher brusquement du regard de celle que je considérais maintenant comme ma maman pour tomber sur le groupe qui patientait encore.
-Bella a surtout besoin de manger quelque chose et de s'asseoir un peu. intervint Carlisle après quelques secondes de flottement durant lesquelles mon cœur battait à tout rompre.
En moins d'une seconde, Rose, Alice, Jasper et Emmett disparurent, me laissant tout à côté d'Esmée et Carlisle, hébétée.
-Allons à la cuisine. Emmett a absolument tenu à te cuisiner quelque chose. dit doucement Esmée, brisant ainsi le silence qui s'était installé.

Cette idée d'Emmett cuisinant me ramena à ma première venue ici, chez les Cullen, avec Edward. J'étais entrée dans la cuisine pour y voir un tableau totalement ahurissant pour moi alors que je ne les connaissais pas encore : des vampires prenant la peine de cuisiner pour une humaine. Puis s'en était suivie l'altercation avec Rosalie…

J'acquiesçai en silence et je descendis lentement les dernières marches, aidée par Carlisle tandis qu'Esmée était quelques pas devant moi. Je traversai lentement le salon, très peu meublé et m'arrêtai quelques secondes devant la porte de la cuisine, essayant d'effacer ma peur de me retrouver dans la même pièce que d'autres femmes vampires.
Esmée entrouvrit la porte et se retourna pour me regarder, un sourire sur les lèvres. Je soufflai longuement, tandis que Carlisle tapotait gentiment ma main déposée sur son bras et fis le dernier pas qui me permit d'entrer.

Je tombai immédiatement sur Jasper qui patientait, debout au coin du plan bar, me fixant avec un sourire rassurant. Je sentis immédiatement des ondes de calme plus fortes et le remerciai d'un sourire. Je fis deux pas de plus pour trouver Emmett, me tournant le dos, occupé devant la gazinière. Alice et Rose se tenaient près du réfrigérateur, en sortant quelques aliments ainsi qu'une bouteille de jus de fruits.
-Hé salut moustique ! s'exclama Emmett lorsqu'il se retourna. Assis-toi, le bacon est prêt. poursuivit-il avant de retourner à sa poêle.
Je souris à la scène en m'installant sur l'un des hauts tabourets tandis que Jasper déposait une assiette fumante devant moi.

(EmPOV)

Adossé à l'évier, j'observais ma petite sœur picorant dans son assiette

Lui préparer un repas m'avait semblé une bonne idée pour détendre un peu l'atmosphère et tenter de la replonger dans un quotidien normal et sans danger.

Les filles étaient restées quelques minutes, sortant plusieurs petites choses du réfrigérateur qu'Esmée avait rempli tôt ce matin, puis étaient ressorties, expliquant qu'elles montaient à l'étage pour préparer un bon bain ainsi que des vêtements pour Bella. Ma petite sœur les avait remerciées d'une toute petite voix avant de se remettre à « manger ».
En réalité, elles avaient décidé de ne pas trop gêner Bella car elles avaient compris son malaise face à des femmes vampires. Cela coutait énormément à Alice qui n'attendait qu'un signe pour pouvoir sauter dans les bras d'Isabella mais Jasper avait habilement su lui faire comprendre qu'elle devait encore patienter un peu et que nous aurions tous notre moment avec Isabella.
Jasper, lui, n'avait pas bougé mais avait réduit son don tandis que Carlisle s'était assis près de Bella pour lire le journal du jour. Une mascarade… mais cela semblait fonctionner car les traits de Bella se détendaient de minute en minute.

J'avais déjà bien observé la jeune femme lors de son arrivée, endormie, mais la voir là, dans la lumière du jour et éveillée, faisait ressortir l'immense fatigue de son corps. J'allais tuer Victoria de mes mains, oui, mais surtout j'allais la faire souffrir durant des heures…
-Ne t'en fais pas frangin, on vengera notre petite sœur. me dit discrètement Jasper, ayant ressenti la colère qui montait en moi.
-Laissez-lui du temps pour se remettre sur pied et se réhabituer à vivre normalement. murmura pour nous Carlisle sans lever les yeux du journal.
-Vivre avec des vampires n'a rien de normal, papa. répondis-je tandis qu'Isabella buvait lentement un jus d'orange.
-Nous ne savons pas tout ce qu'elle a vécu ces deux dernières années mais, vivre avec nous sera ce qu'elle pourra avoir de plus proche de la normalité hum
aine, Emmett. conclut Carlisle en repliant son journal avant de signaler qu'il se rendait dans son bureau pour préparer le matériel nécessaire au poignet de Bella.

Jasper le suivit, arguant qu'il avait besoin de chasser un peu. Il embrassa Bella sur le front et s'éloigna vers la porte. Je ne pus que remarquer que Bella s'était légèrement tendue à cette annonce.
Craignait-elle de rester seule avec moi ? Cette idée me chagrina un peu. Comment allions-nous faire pour lui permettre de nous faire de nouveau confiance ?
-Elle est un peu inquiète mais elle n'a pas peur de toi, frangin. A toi de jouer au grand frère ! m'indiqua discrètement Jasper en passant la porte de la cuisine.

Bella finit par repousser son assiette ainsi que son verre et leva le regard vers la fenêtre. Elle semblait ne pas oser me regarder. Malgré les derniers mots de Jazz, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'elle me craignait un peu. Je devais donc tout faire pour que Bella se repose de nouveau sur moi.

-Bah alors, sœurette, ma cuisine ne te plait pas ? ça ne vaut pas l'ours mais je pensais que cela serait acceptable. intervins-je en faisant une moue, brisant ainsi le silence de la cuisine.
-non, non, Emmett…c'était très bon. réagit-elle aussitôt dans un murmure en tournant la tête vers moi.
Je ne pus que voir ses immenses yeux marron qui m'observaient attentivement, guettant le moindre mouvement de ma part. A cet instant, Bella me faisait penser à une biche prise dans les phares d'une voiture, posture que je ne lui connaissais pas, même lorsque nous nous étions retrouvés face à face avec James.

Je ramassai à vitesse humaine la vaisselle salie et la déposai dans l'évier. Je n'avais pas envisagé de faire la vaisselle mais l'idée de normalité évoquée par Carlisle me fit changer d'avis. J'ouvris donc le robinet et attendis que l'évier se remplisse. Et comme je l'avais vu dans des dizaines et dizaines de films ou séries télévisées, je me mis à parler. Racontant à Bella nos petits tracas du quotidien en Alaska, nos parties de chasse…

Après plusieurs minutes de longs monologues, je perçus quelques mouvements dans mon dos. Prudemment, Bella s'était levée et venait vers moi. Sans un mot, elle attrapa l'un des torchons déposés sur le plan de travail et entreprit d'essuyer l'assiette et le verre que je venais de rincer. Je poursuivis donc ma tâche, sans cesser de parler.
-voilà trois jours, j'ai réussi à gagner une course contre Jasper. Mais je le soupçonne de me laisser le battre de temps à autre. En rentrant ce soir-là, nous avons trouvé un message sur le répondeur. Et dire que c'était la première fois que cette machine servait à quelque chose…tentai-je tout en gardant un œil discret sur les réactions de l'humaine qui essuyait consciencieusement les couverts.
Son cœur accéléra un peu et ses mâchoires se contractèrent à mes mots.
-Je crois bien que je n'ai jamais autant eu peur de toute ma vie de vampire. poursuivis-je d'une voix basse, tentant de repousser les émotions qui réapparaissaient.
-Pour moi, je crois que je n'aie jamais été aussi heureuse depuis deux ans en entendant la voix de Carlisle. J'avais tellement peur. murmura-t-elle en baissant la tête.
Je remarquai aussitôt les larmes coulant sur sa peau pâle et je mis un genou à terre pour être à sa hauteur tout en attrapant prudemment sa main valide.
Mais Isabella me surprit en poursuivant le mouvement et en se blottissant contre moi. Je resserrai alors mes bras autour de son corps et ne pus m'empêcher de poser mes lèvres dans ses cheveux.
-Emmett ? chuchota-t-elle, le visage dans mon épaule.
-Oui, petite sœur. Je suis là. lui répondis-je
-Emmett...redit-elle, alors que des sanglots déformaient sa voix.
-Oui Bella. Tu ne crains plus rien, petite sœur. tentai-je de la rassurer tandis que je nous installais un peu mieux en m'asseyant au sol.
-Ne me quitte plus jamais. Ne me laissez plus jamais. termina-t-elle avant d'enfoncer son nez humide dans mon cou.
-Plus jamais. Je te le promets, chérie. lui promis-je en me balançant doucement, la berçant.
Nous restâmes ainsi plusieurs minutes, dans un silence confortable. Le cœur et les larmes de Bella s'étaient calmés mais elle ne semblait pas vouloir quitter notre étreinte. Et, il fallait l'avouer, je ne le souhaitais pas non plus. Après la tension de ces derniers jours, la tenir contre moi me permettait d'évacuer un peu tout ça.

Des bruits de pas se firent entendre dans les escaliers, tout du moins pour mes oreilles vampiriques, et je reconnus immédiatement ma femme accompagnée de Carlisle.
-Rose et Carlisle arrivent. dis-je doucement pour ne pas brusquer ma petite sœur.
La porte s'ouvrit et les vampires entrèrent dans la pièce tandis que Bella se redressait un peu, brisant ainsi notre étreinte
-Bella, veux-tu venir avec nous à l'étage pour que je puisse te soigner correctement ? dit Carlisle alors que Rose m'adressait un sourire attristé devant l'état de notre nouvelle sœur.
-La salle de bain est prête et Esmée t'a préparée des vêtements propres et chauds. indiqua-t-elle d'une voix douce à Isabella qui hocha la tête.
Mais soudainement, comme si elle avait été électrocutée, elle s'échappa de ma prise.
-Oh non ! Pardon Rosalie ! Je..Je ne le ferais plus ! se mit-elle à hurler en sanglotant, reculant rapidement sur le carrelage jusqu'à se retrouver bloquée, le dos contre le meuble, tandis que nous nous regardions, complètement surpris.

(BPOV)

Je me tenais serrée contre le torse immense d'Emmett depuis plusieurs minutes. J'avais retrouvé celui que je considérais depuis si longtemps comme mon grand frère. Je commençais à avoir froid, blottie contre son corps de marbre mais qu'importe…le sentir ainsi contre moi m'obligeait à prendre conscience qu'ils étaient là ! Réellement là ! et que je ne vivais pas trop intensément un énième rêve enfermée dans l'une des pièces gardées par les sbires de Victoria.

Emmett m'avertit dans un murmure que Rose et Carlisle arrivaient. Mais malgré cet avertissement, lorsque la porte s'ouvrit, je ne pus retenir le frisson qui remonta dans mon dos.
Carlisle indiqua vouloir me soigner et Rosalie enchaina en expliquant que la salle de bain était prête pour moi. Mon regard passa sur les trois vampires qui se tenaient autour de moi puis revint sur Rosalie. Nous n'étions pas très proches mais qu'importe. A cet instant, la voir ici me réchauffait tout autant le cœur que de voir ses frères ou « nos » parents. Mais je réalisai alors que j'étais toujours dans les bras d'Emmett et mon sang se glaça. J'avais osé toucher son compagnon !
Comme si j'avais été électrocutée, je m'échappai de la prise d'Emmett.

-Oh non ! Pardon Rosalie ! Je..Je ne le ferais plus ! hurlai-je en sanglotant de plus belle, tentant de reculer le plus vite possible, heurtant les meubles.
Je ne pouvais plus me sauver alors je fis ce que je faisais depuis bientôt deux ans. Je me jetai à genoux au sol, courbant le dos, mon front touchant quasiment le béton.
-Pardon Rosalie…Pardon…Pitié...Je ne le ferais plus…pardon…sanglotai-je, implorant sa clémence pour mon geste déplacé.
Plusieurs secondes de silence suivirent, alors que je tentai de contrôler mes sanglots bruyants.
Une main froide toucha doucement mon épaule.
-Bella, relève-toi s'il te plait. dit doucement Rosalie.
Je levai les yeux sur elle, tremblante. Mais elle ne semblait pas en colère. Plutôt attristée.
Je me redressai prudemment, ne lâchant pas son visage des yeux, guettant le changement de réaction qui annoncerait ma punition. Mais à la place, elle tendit sa main vers moi.
-Bella, je t'en prie, relève-toi. Je ne te ferai rien. continua-t-elle en approchant doucement.
Je ne bougeai toujours pas, guettant les moindres gestes de la blonde.
-Tu ne crains rien, petite sœur. répéta Emmett immobile, derrière sa femme.
Rose m'observait, un masque de tristesse voilant son beau visage. Que pouvait-elle penser de moi à cet instant ? Comment percevait-elle mon arrivée parmi eux ? Etais-je si défigurée ? Quantité de questions défilaient dans mon esprit. Nos regards ne se lâchaient pas tandis que je me relevais très lentement.
-puis-je te serrer dans mes bras, Isabella ? demanda-t-elle timidement, prenant finalement les devants.
Et tout aussi timidement qu'elle, j'acquiesçai sans dire un mot. Le mannequin blond s'agenouilla alors et m'enferma alors dans ses bras, sans jamais me faire sentir sa force.
-Je suis tellement désolée pour mon comportement quand tu es arrivée chez nous, Isabella. Si tu savais comme je peux le regretter. J'étais jalouse que quelqu'un d'autre que moi puisse attirer l'attention de ma famille et je n'ai pas cherché à te connaitre. Pardonne-moi. s'excusa-t-elle d'une voix chevrotante.
Je ne répondis rien, me contentant de la serrer de toutes mes faibles forces à l'aide de mon bras valide.
-Sache qu'à partir de maintenant, je vais devenir la plus collante des grandes sœurs. A un tel point que tu en auras rapidement assez de moi. ajouta-t-elle en se reculant un peu pour m'observer.
Je pouffai quelques secondes en retenant mes larmes avant d'ajouter :
-j'ai toujours voulu avoir une grande sœur, Rosalie.
Un immense sourire vint illuminer le visage de la jolie blonde, m'obligeant à sourire un peu plus moi aussi.
-Alors tu vas être servie…au fait, la famille m'appelle Rose. conclut-elle en prenant ma main pour m'aider à me mettre debout. Puis elle plaça son bras sur mes épaules et m'attira vers elle. Je me laissai faire et profitai de cette étreinte glacée qui m'avait tant manqué.
-Bella, tu grelottes. Viens. Alice et Esmée sont à l'étage. On va s'occuper de toi. dit un peu plus fermement Rosalie, tenant toujours ma main.

Carlisle et Emmett me laissèrent devant la porte de la salle de bain, non sans m'avoir demandée si j'avais besoin qu'ils restent avec moi. Mais je devais avancer et prendre un peu sur moi alors, après avoir longuement soufflé pour calmer ma respiration et mon cœur, j'étais finalement entrée dans la salle de bain.

La chaleur était douce et l'immense baignoire était déjà remplie. Une odeur de fraise flottait dans l'air. Esmée vint aussitôt vers moi et je la laissai volontiers me serrer dans ses bras quelques secondes. Elle m'aida à ôter les vêtements que je portais depuis mon « sauvetage ». Alors que je me retrouvais en sous-vêtements, un hoquet me fit tourne la tête vers l'origine du bruit. Je tombai alors sur Alice, aux côtés de Rose, les mains sur la bouche, les yeux peinés. Si Alice avait encore été humaine, des larmes auraient immanquablement coulé.
Je n'avais pas encore vraiment renoué de contact avec Alice et pourtant Dieu seul savait à quel point elle m'avait manqué. Rose se pencha et murmura quelque chose à l'oreille d'Alice qui acquiesça avant d'enlever les mains de son visage.

-Suis-je tellement repoussante ? finis-je par demander en baissant un peu la tête.

Je n'avais plus vu mon corps dans un miroir depuis de longs moments. Je savais pertinemment que de nombreuses cicatrices étaient visibles un peu partout et que j'avais perdu quelques kilos mais en voyant la réaction d'Alice, je commençai à prendre peur. Je me décalai donc de quelques pas pour me retrouver devant l'un des miroirs éclairés de la pièce. Mon reflet apparut alors, me laissant découvrir mon visage mais également mon torse et mes bras. Je m'attardai quelques minutes sur mes joues que je savais déjà creusées mais surtout sur mon torse. Des traces de coups, des ecchymoses, des cicatrices, tout cela, je le savais. Mais autre chose me choqua. Mes cotes étaient clairement visibles, me faisant prendre conscience que j'avais perdu bien plus de kilos que je ne le pensais. Instinctivement, je me tournai un peu pour observer mon dos, lui aussi clairement marqué. Mes longs cheveux descendaient toujours jusqu'au milieu de mon dos mais dans un fouillis brun et terne.

-Je ne suis guère plus qu'un cadavre…murmurai-je pour moi, fascinée par mon reflet morbide.
-Non, Bella, tout cela va s'arranger. On va tous s'occuper de toi ma chérie. me réconforta Esmée en s'approchant de moi.
Elle posa sa main sur mon épaule et sans lâcher notre reflet des yeux, je penchai la tête pour faire reposer ma joue sur le dos de cette main maternelle.
-Je suis tellement désolée…éclata soudain en sanglots secs Alice, me faisant sursauter.
Je me tournai alors vers elle, ne sachant comment réagir.
-Je…je n'ai rien vu de tout cela…et…pourtant, j'aurais dû voir quelque chose…le sentir…bégayait-elle alors que Rosalie avait passé un bras réconfortant sur ses épaules.
-Ce n'est pas ta faute, Alice. réagis-je alors, n'écoutant que mon cœur. Je…c'était tellement dur à supporter…mais j'étais sure qu'un jour ou l'autre, tu verrais quelque chose qui me permettrait d'enfin vous revoir…poursuivis-je en laissant couler les larmes tout en m'avançant vers elle.
Alice se propulsa alors vers moi et mon corps percuta le sien moins d'une demie-seconde plus tard, sans que j'ai eu le temps d'avoir peur.
-Oh Bella, je suis tellement désolée…répéta-t-elle.
-Tu m'as tellement manquée…pleurai-je en même temps.
Ses petits bras entourèrent alors ma taille et je pus retrouver l'odeur rassurante de celle que j'avais tant pleurée. Mes pleurs se calmèrent rapidement sous les caresses d'Alice qui ne cessait de toucher mes cheveux.
-Allez, occupons-nous de toi. décida Alice en se détachant de moi, non sans garder ses mains sur mes épaules.
J'acquiesçai et moins de cinq minutes plus tard, je me retrouvai plongée dans une eau à température idéale.