Bonjour à tous ! Tout d'abord, pardon pour mon retard mais un décès dans ma famille m'a obligée à rentrer quelques jours dans ma région natale. Je n'avais pas vraiment la tête à l'écriture et au retour, puisqu'il faut bien reprendre le cours de la vie, j'ai dû rattraper mon retard au boulot donc…

Enfin, le principal est que le nouveau chapitre soit là. Je dois vous avouer que c'est la première fois depuis mes débuts sur FF où j'ai beaucoup de mal à écrire un point de vue « Edward ». J'espère malgré tout qu'il vous plaira même si je n'en suis pas satisfaite.

Comme à mon habitude dans mes EPOV, les pesées entendues par Edward sont en italiques.

Bonne lecture et surtout, n'oubliez pas vos reviews !


Chapitre 12: « La solitude, le temps qui passe…et l'habitude…regarde-les…» (Michel Berger, Seras-tu là?)

(EPOV)

Je courrais. Droit devant…ou presque.
Evitant les obstacles, ne ralentissant pas l'allure.

Je devais rentrer. Vite.
Rentrer vite.
A Forks.

Auprès de ma famille.

Auprès de Bella.

Depuis l'appel de Carlisle, je courrais. Droit devant. Un seul nom résonnait dans mon esprit, accélérant ma course : Bella.

Son visage était aussi clair dans mon esprit que le premier jour où je l'avais aperçue à Forks. Et comme à chaque fois, nos souvenirs se mirent à défiler, aussi clair qu'un film : notre premier rendez-vous, notre premier « je t'aime », notre premier baiser…mais également son visage empli de peur lorsque nous avions rencontré James et son groupe, ses yeux inondés de larmes lorsqu'elle avait dû mentir à son père pour nous protéger, ses traits figés par l'effroi lorsque je l'avais quittée…

Cette image était la dernière que j'avais d'elle puisque j'avais aussitôt quitté la région pour rejoindre ma famille en route vers l'Alaska. J'étais resté auprès d'eux quelques temps mais je n'avais pu supporter la vie avec eux… les reproches silencieux d'Alice et Emmett, les soupirs peinés d'Esmée que j'avais séparé de celle qu'elle considérait comme sa petite fille si fragile, les regrets constants de Jasper qui me rappelaient l'accident et ma folie d'avoir osé approcher une humaine aussi fragile, même si elle était l'âme qui me manquait. Carlisle, lui, ne disait rien, comprenant mon choix même s'il n'était pas totalement d'accord avec celui-ci.
Seule Rosalie me soutenait.
Enfin…soutenir était un bien grand mot. Elle n'avait pas vu d'un bon œil mon rapprochement d'Isabella. Non pas parce qu'elle ne l'aimait pas puisque depuis la traque de James et sa bande, Rose avait profondément revu son jugement sur Bella. Elle avait été ébahie par les risques qu'avait pris Bella pour protéger sa mère et notre famille. Mais pour Rosalie, rester auprès de Bella signifiait la transformer en l'une des notres. Et cela était impensable pour la grande blonde. Pour elle, Isabella devait vivre sa vie d'humaine, se marier, travailler, avoir des enfants, vieillir, voir grandir sa famille…et cette vision, c'était la mienne également. Je ne voulais pas infliger à mon ange les souffrances de la transformation, le tumulte psychologique et émotif des années de nouveau-né, la soif constante, la perte de sa famille humaine et de ses amis… Et c'était pour cela que Rosalie m'avait soutenu.
A sa manière…c'est-à-dire en étant la seule à ne pas me renvoyer constamment des images fugaces de Bella au milieu de nous ou blottie dans mes bras.

Alors, même si je souffrais éternellement pour l'avoir éloignée de moi, je supportais tout cela en silence. J'étais parti à l'aventure, vers le sud du continent, ou plutôt j'avais fui. J'avais traversé les états les uns après les autres puis les frontières, me cachant des humains, m'enfermant dans des lieux sombres lorsque le soleil était haut, courant la nuit. J'avais couru jusqu'au bout du continent, me cachant quelques temps en Argentine. Puis j'avais décidé de rejoindre un peu le Brésil. J'étais là bas depuis trois ou quatre mois lorsque mon téléphone avait sonné. Ce qui n'arrivait que très très rarement.

Au début de mon « voyage », il sonnait plus régulièrement. Alice, Esmée, Emmett…mais à force de les repousser, le téléphone ne sonnait plus. Je me donnais bonne conscience en appelant Carlisle ou Esmée une fois de temps en temps mais je préférais m'enfoncer dans ma solitude. Les entendre me raconter leur vie en famille était trop pour moi. J'étais des leurs mais ma place n'était plus parmi eux.

Lorsque j'avais décroché, j'avais été surpris d'entendre la voix de Carlisle. Pensant qu'il allait encore chercher à me faire rentrer parmi eux, je répondis sèchement, comme toujours pour les repousser. Mais lorsqu'il prononça le prénom de mon ange, je ne pus que l'écouter. Isabella…Victoria… oh mon Dieu, qu'avais-je fait ? Je n'avais pu écouter plus longtemps Carlisle, rangeant mon téléphone, puis j'avais filé comme le vent, en direction de l'aéroport le plus proche. J'avais pris un billet sur le premier vol ralliant les Etats-Unis et lorsque j'avais mis le pied à Portland, il m'avait semblé que je respirai pour la première fois depuis l'appel de mon père. Encore une fois, je me remis à courir et il me sembla que je n'avais jamais couru aussi vite. Deux heures après, j'avais contacté Emmett.

J'avais rendez-vous avec ma famille dans moins d'une heure. Les bois m'étaient familiers désormais. Je les avais tant arpentés depuis l'acquisition de la villa à Forks. Dans quelques minutes, je retrouverai ma famille. Par habitude, je longeai la frontière du territoire quileute, pour marquer de mon odeur et prévenir de mon retour dans la zone. J'y détectai les odeurs de mes frères ainsi que celle, plus fugace, de Carlisle mais aucune odeur de loup. Je stoppai ma course quelques secondes, tentant de capter une bribe de pensées mais rien. Je repris mon chemin et rejoignis notre terrain de base-ball, lieu que m'avait fixé Emmett lors de notre dernier appel. Et très vite, j'entendis les autres. Leurs pensées étaient teintées d'inquiétude et de colère. Je savais qu'ils m'en voulaient, Emmett m'avait averti…Et de toute façon, je me sentais bien trop coupable pour leur en vouloir. Ils avaient raison après tout…

Je stoppai ma course alors que j'entrais dans la clairière. J'observai le groupe qui attendait, silencieux, sachant très bien comment contrer mon don. Jasper tenait Alice contre lui, puis venaient Rose et Carlisle. Je pris la décision de les rejoindre en marchant, à vitesse humaine, tandis que leurs pensées m'arrivaient désormais.
Alice et Jasper étaient ceux qui me cachaient le plus, pensant uniquement à ce qu'ils pourraient faire pour Isabella mais sans laisser filtrer aucune image. Carlisle, fidèle à lui-même, réfléchissait à des diagnostics, des protocoles de soins, des expériences médicales, comme depuis toutes ces années. Rose, elle, émit un léger grognement mais ne dévoilait rien de ses pensées hormis un « Je vais te faire la peau, Edward Je te jure que tu vas payer » silencieux.
Une vague de calme flotta dans l'air, me faisant comprendre que nous étions tous tendus à l'occasion de ces retrouvailles.

Je ralentis encore mon allure et m'immobilisai à trois mètres du reste de ma famille, baissant la tête, accablé par mes doutes, mes regrets et la honte que je ressentais. Quelques secondes passèrent, lourdement silencieuse. Mais un mouvement brisa cela : Carlisle fit un pas vers moi. Ne voulant croiser son regard de peur d'y lire toute la peine dûe à mes gestes dans ses yeux, je restai le regard fixé sur mes pieds. Puis une main blanche apparut dans mon champ de vision.

-Bonjour Edward. Bon retour parmi nous. m'accueillit Carlisle, sans aucune animosité dans la voix.

Étonné par ce geste, mais qui était tellement fidèle à son image, je relevai la tête pour l'observer. Il attendait, main tendue vers moi, un léger sourire sur les lèvres. Il m'attendait. Moi. Moi, son premier compagnon qui avait fui, qui avait laissé la famille l'accusant de tous les maux, qui avait abandonné dans un mensonge son âme-sœur humaine et qui, en plus, l'avait laissée aux mains de nos congénères.

« Allez, fils, tu fais toujours partie de la famille. On surmontera ça tous ensemble » pensa-t-il à mon attention.

Et je fis ce qu'il attendait : je répondis à son geste et tendis moi aussi la main.

J'osai ensuite tourner la tête vers Jasper, Alice et Rosalie qui attendaient, extrêmement silencieux…trop silencieux…Et alors que je tentais un pas d'approche vers eux, je me retrouvai aussitôt cloué au sol, une main fine et manucurée enserrant ma gorge. Au-dessus de moi, Rosalie me surplombait, de la colère dans les yeux.
-Si je m'écoutais, je te tuerais à l'instant pour tout ce que Bella a enduré pour toi et pour nous ! cracha-t-elle alors qu'une image assez floue de Bella prostrée dans ce qui me semblait être une salle de bain tournait dans l'esprit de la vampire. Tu nous avais assurés qu'elle était en sécurité à Forks ! poursuivit-elle sur sa lancée en me mettant une gifle.
Je n'y répondis pas et cela sembla décupler sa colère.
-Elle a supporté tout ça pour nous ! et…cria-t-elle encore alors que Jasper s'interposa pour la retenir.
-Rose, je ne pense pas que ce soit le bon moment. intervint Carlisle, calmement mais fermement.
-Mais Carlisle ! se rebiffa-t-elle en plantant son regard assombri par la colère sur le vampire.
Carlisle fit non de la tête et Rose répondit en sifflant de mécontentement.
-Mais papa, tu as vu Bella et…tenta-t-elle une nouvelle fois, en vain.

Depuis quand Rose appelait-elle Carlisle « papa » ?

-Justement Rose, pour le moment, Edward ne sait rien. Alors rentrez à la villa et occupez-vous de votre petite sœur. Je vais accompagner Edward pour une chasse et nous vous rejoindrons. ordonna-t-il, mettant fin à l' « affrontement », du moins pour le moment. Car je savais que je n'y couperais pas.
Les autres acquiescèrent et disparurent la seconde suivante, nous laissant silencieux au beau milieu de la clairière de jeu.
-Allons-y. annonça simplement Carlisle et je le suivis docilement

Rapidement, nous trouvâmes un troupeau de cerfs qui me permit d'étancher ma soif. Lorsque je sortis de mon état « animal », Carlisle était assis sur un rocher à plusieurs centaines de mètres derrière moi. Il n'eut pas besoin de parler ou de penser car je me dirigeai automatiquement vers lui pour prendre place sur un rocher à côté du sien. Je savais que ce que j'allais entendre n'allait pas me plaire mais je devais savoir.
J'avais entraperçu dans les esprits de mon frère et de mes sœurs quelques images fugaces de Bella mais ce n'était pas suffisant. Carlisle m'observait, soucieux, réfléchissant à ce qu'il allait dire. Dans son esprit se bousculaient de nombreux sujets et il ne savait pas vraiment comment commencer.

-Je…je crois qu'il est plus simple que je reprenne tout ce qu'il s'est passé cette dernière semaine et ensuite, nous discuterons. Beaucoup de choses ne te plairont surement pas mais il fallait parer au plus pressé et mon seul objectif était de récupérer Bella dans le meilleur état possible. finit-il par annoncer.
J'acquiesçai, ne pouvant réprimer un léger frisson à la fin de sa phrase qui me confirmait qu'Isabella n'était pas dans un bon état. Mais avant même que je ne puisse ouvrir la bouche pour le questionner à ce sujet, il débuta son récit. Ainsi, je découvris avec stupeur les appels mystérieux d'Isabella, les entendant parfaitement dans l'esprit de mon père tandis qu'il choisissait ses mots.

Entendre la voix brisée, à peine murmurée de Bella était une torture abominable et je ne pus m'empêcher de gronder quelques fois, réagissant par instinct à la détresse de mon âme-sœur. Ses pleurs, ses murmures…et le chantage de Laurent qui osait jouer avec la vie de la jeune femme. Carlisle me parla également de ses longues discussions avec Jasper, espérant trouver une solution rapide à la situation et lorsque je pus voir, par l'intermédiaire des yeux de Carlisle, la décision de Jasper de partir en éclaireur, je ne pus que me sentir honteux de ma réaction lorsque mon père m'avait annoncé que Jasper était auprès de Bella.

-je suis désolé, Carlisle. Je n'aurais pas dû douter des capacités de Jasper. soufflai-je alors.
-Ce n'est pas auprès de moi que tu dois t'excuser, Edward, mais auprès de ton frère. Jasper s'en veut terriblement pour l'accident de l'anniversaire d'Isabella et depuis, il a beaucoup travaillé sur son contrôle.

Puis le vampire poursuivit, m'expliquant son arrivée auprès de Bella. Et ce fut là que je plongeai dans la peine et la douleur : voir Bella complètement recroquevillée contre Jasper, apeurée et amaigrie, bien loin de l'image que j'avais de ma douce Isabella. La voir si proche de Jasper alors qu'il était le plus mal à l'aise en sa présence voilà deux ans me fit un sentiment bizarre. Si Bella était capable de croire en la sécurité que Jasper pouvait lui apporter, je ne pouvais que faire amende honorable auprès de lui et surtout le remercier d'avoir sauvé Isabella d'une mort certaine.

-Je ne vais pas te cacher que Bella est dans un état préoccupant, Edward. Je vais pouvoir aisément m'occuper du côté physique, la soigner, la nourrir, mais elle est très marquée psychologiquement…reprit-il d'une voix un peu plus faible. Et encore, nous n'avons qu'une toute petite idée de ce qu'elle a vécu.
-Je ferais tout ce que je peux pour elle, Carlisle.
-Je sais, Edward. Mais il faut que tu comprennes que tout cela va prendre du temps… Enormément de temps. Et nous avons également une menace à gérer.
-Je peux m'occuper de Victoria. le coupai-je, décidé à lui faire souffrir mille supplices pour avoir osé s'en prendre à ma fragile Bella.
-Non, ce n'est plus le moment de nous séparer, Edward. Aussi bien pour Bella que pour le reste de la famille. me contra mon père.
J'acquiesçai, pleinement conscient que j'allais devoir discuter avec tous les membres de la famille et m'excuser auprès de chacun. Mais surtout, j'allais devoir aider Bella.
-Rentrons chez nous. Je dois faire quelques soins à Bella. me souffla Carlisle après un long moment de silence.
Je le suivis sans un mot, mais interrompis vite ma marche lorsque nous longeâmes la frontière.
-Edward ? s'inquiéta Carlisle.
-Où sont les loups ? demandai-je, ne percevant toujours aucune odeur ou aucune pensée, ce qui était vraiment étrange désormais.
-C'est encore quelque chose que nous devons éclaircir. répondit-il en soupirant un peu alors que nous nous arrêtions au pied d'une rivière marquant la frontière. Emmett et Jasper se sont posés la même question et…ajouta-t-il en faisant un bond pour atterrir en terre quileute.
-Carlisle ! criai-je, stupéfait du geste du vampire et qui allait, à coup sûr, nous valoir des soucis avec la meute.
-La meute a perdu ses alphas et elle est partie. expliqua Carlisle, me laissant lire ses souvenirs de la rencontre avec le vieux Black.
-Mais comment-est-ce possible ? réagis-je alors que la voix de Billy Black expliquait la disparition de son fils et de Sam.
-Je ne sais pas encore les raisons mais Bella est la clé de tout cela. dit Carlisle en regagnant notre territoire.

Nous nous retrouvâmes dans le jardin de la villa en moins de cinq minutes. La maison était éclairée. J'y détectai aisément les pensées de tous les membres de la famille qui avaient perçu notre arrivée.

Je glissai furtivement, telle une ombre, jusqu'à la baie vitrée donnant sur le salon, lieu d'où résonnait un cœur que je reconnaitrai entre mille. Et je la vis. Elle était assise tout contre Emmett, silhouette affaiblie enfoncée dans un énorme sweat. Sa tête reposait sur l'épaule du vampire, l'une de ses mains enroulée autour du bras de mon frère, les yeux clos, semblant dormir.
-Elle se repose, Edward, alors ne viens pas la perturber pour le moment ! et puis, ne crois pas que je te laisserai approcher d'elle sans m'avoir affronté d'abord ! m'apostropha Emmett par la pensée.

Je savais très bien qu'il allait falloir gagner mon retour auprès de ma famille. J'avais souffert de ma séparation mais, enfoncé trop égoïstement dans ma douleur, je n'avais pas pris en compte qu'ils puissent souffrir également. J'allais devoir m'excuser auprès de chacun mais également auprès d'Isabella…Si elle m'autorisait à l'approcher de nouveau…

Plongé dans mes pensées alors que mes yeux n'avaient pas abandonné l'observation du corps blotti contre mon frère, je sursautai presque lorsqu'une voix s'éleva derrière moi.
-Pourquoi as-tu oublié que nous étions une famille, Edward ? demanda-t-elle de sa voix toujours aussi douce qui me broya le cœur mort qui était figé dans ma poitrine de marbre.
Car c'était cela. J'avais oublié que je n'étais pas seul. J'avais laissé de côté des personnes qui se préoccupaient de moi….
-Je…je vous voyais réussir à vivre alors que, de mon côté, j'avais perdu la seule raison que j'avais d'avancer…finis-je par lui murmurer, les yeux fixés sur mes chaussures.
-pourtant, c'est toi qui a voulu t'éloigner de Forks…argumenta-t-elle en s'éloignant lentement, à vitesse humaine, pour s'asseoir sur un tronc abandonné au beau milieu de la pelouse.
-je sais…et regarde ce que j'ai fait…soufflai-je, torturé. Je…J'ai rejeté ma famille, j'ai blessé ma compagne…j'ai fui… finis-je par répondre en jouant du bout du pied avec une branche restée là. Je…Peut-être serait-il mieux pour tout le monde si je repartais…Je…
-tu fuis encore une fois ! me coupa d'une voix plus forte Alice. Tu crois que tu n'as pas fait assez de conneries, non ? Alors, maintenant, tu vas rester avec nous, que tu le veuilles ou non, tu m'as bien comprise Edward Cullen ?! s'énerva-t-elle encore plus.
« Edward, nous avons tous besoin que tu reprennes ta place parmi nous. Et Bella aura besoin de toi aussi » pensa Esmée alors qu'Alice trépignait devant moi.

Je posai les yeux sur le petit lutin qu'était ma sœur. Elle était celle qui avait toujours eu le plus d'affinités avec moi. La première à m'avoir clairement encouragé à interagir avec Isabella voilà deux ans. La seule à oser me tenir tête lorsque mes choix n'étaient pas les bons. Je revoyais encore son visage et entendais encore ses mots lorsque nous roulions à tombeaux ouverts dans la jeep d'Emmett vers la maison des Swan. Alice avait eu raison de me tenir tête. Alice avait toujours eu raison. Pour tout. Et je l'avais oublié depuis le désastreux anniversaire de Bella ici même. J'avais fait mon choix…le choix de la quitter…puis plus tard le choix de les quitter…malgré tout ce qu'elle avait pu me dire…malgré tout ce qu'elle avait pu me montrer…Je m'étais borné à ne pas l'écouter et je ne pouvais que constater aujourd'hui combien j'avais eu tort.

-J'ai toujours œuvré pour le bien-être de ma famille, Edward ! De TOUTE ma famille ! Toi y compris ! Et il va falloir que…poursuivit-elle, toujours aussi en colère.
-Pardon Alice. dis-je simplement, la coupant dans sa diatribe, la laissant hébétée et silencieuse. Pardon. répétai-je avant de m'asseoir à mon tour à l'autre bout du tronc, me prenant la tête dans les mains.

Combien de minutes passèrent sans un seul bruit autre que celui de la forêt environnante ? Aucune idée. Aucune notion. Je ne m'étais jamais senti aussi faible que depuis que je les avais quittés…que depuis que je l'avais quittée…
Soudain, une main délicate posée sur mon épaule me sortit de ma torpeur. Puis lentement, prudemment un bras passa autour de mes épaules. Je n'avais pas besoin de relever la tête pour savoir qui agissait ainsi avec moi. Elle avait toujours agi ainsi avec moi et je l'avais également oublié…

-Oh maman…murmurai-je avant de pencher la tête pour me retrouver contre son épaule.
-tout va s'arranger Edward. répondit-elle sans que nous ne bougions.
-Je vous ai tous blessés…je…et j'ai blessé Bella…comment pourra-t-elle me pardonner alors qu'elle…poursuivis-je.
-Elle pense à toi Edward. me coupa ma sœur à son tour, me faisant lever la tête, surpris par cette annonce. Elle se soucie de toi et s'inquiète de ton absence. enchaina-t-elle. Elle est perdue, apeurée, épuisée mais malgré tout, elle pense à toi. Je ne vois plus son avenir pour je ne sais quelle raison mais je suis intimement persuadée qu'elle ne pourra reprendre pied que si nous sommes tous autour d'elle, et toi également. termina-t-elle en s'asseyant elle aussi à côté de moi.
J'opinai sans un mot et elle plaça sa main sur mon genou.
-Bon retour à la maison, grand frère. murmura-t-elle avant de filer à notre vitesse au travers du jardin pour retrouver la villa.
-Bon retour, chéri. souffla à son tour Esmée avant d'embrasser fugacement ma joue.