Merci pour tous vos commentaires et vos petits messages.
Bonne lecture de ce chapitre et surtout, n'oubliez pas vos reviews !
Chapitre 14: « Goûter l'amour…Oublier un instant l'enfer autour… » (Jenifer - Le souvenir de ce jour)
(BPOV)
Après plusieurs minutes, je finis par m'asseoir sur l'immense lit, ne sachant pas vraiment quoi faire. Aucun bruit ne venait du rez-de-chaussée, même si je savais pertinemment que toute la famille y était.
Dehors, le vent sifflait, faisant danser les arbres plutôt fortement. Instinctivement, je me portais vers l'immense baie vitrée à travers laquelle se dessinait une partie du jardin ainsi que la forêt. Le ciel s'obscurcissait plutôt rapidement et bientôt la pluie allait apparaitre. Je ne pouvais me détacher de cette fenêtre, me laissant regarder Forks après tant de mois et de souffrances.
Mon esprit vagabonda malgré moi vers Charlie.
La dernière fois où nous nous étions parlés, je sortais de ma chambre, me plaignant, grincheuse, de la robe qu'avait choisi Alice pour l' « évènement ». Il avait pouffé à ma réaction, m'attendant en bas de l'escalier de notre maison. Mais son regard moqueur se changea au fur et à mesure que je descendais prudemment les marches, les échasses d'Alice au pied. Il avait souri en me regardant lorsque j'étais enfin arrivée sur le plancher des vaches. D'un sourire empli d'émotions et de fierté.
-Tu es ravissante, chérie. Je me rends compte que les années sont passées bien vite. dit-il sans me lâcher du regard.
Soudain, le bruit d'une voiture se garant devant chez nous se fit entendre et quelques secondes plus tard, trois coups résonnèrent sur le bois.
-Encore ton Edward…grogna Charlie qui avait gardé une dent contre lui depuis Phoenix.
-Sois gentil, papa. le stoppai-je tout en me dirigent vers la porte d'entrée.
Derrière, le vampire de mon cœur patientait, tout sourire. J'attrapai mon sac posé dans l'entrée et passai la porte. Avant de fermer celle-ci, je jetai de nouveau un œil vers mon père qui n'avait pas bougé d'un pouce.
-Bonne soirée, papa. lançai-je, heureuse.
-Bonne soirée, chérie. Ne rentre pas trop tard. ajouta-t-il.
-Je t'aime, articulai-je silencieusement avant de lui faire un clin d'œil. Puis je fermai la porte.
C'était notre dernier moment ensemble…
Le bruit de la pluie frappant sur le verre me fit reprendre pied dans la réalité. Il faisait nuit noire désormais et la chambre était dans l'obscurité. Je n'avais pas vraiment envie de dormir mais j'avais furieusement envie de me blottir contre mon oreiller. Je fis donc le tour de l'immense lit pour me saisir de l'énorme oreiller garni de plumes. Et alors que j'allais m'installer sur le matelas, mon regard fut attiré par les portes du gigantesque placard quasi vide.
x
Je me réveillai en sursaut, persuadée d'avoir entendu un bruit. Instinctivement, je resserrai mon emprise sur l'oreiller tout en retenant au maximum ma respiration. Je clignai des yeux, adaptant le plus rapidement possible ma vision à l'obscurité dans laquelle je me trouvais. Après quelques clignements, je distinguai enfin correctement le bas des housses de vêtements sous lesquelles j'étais assise, tout comme le faible écart marquant l'embrasure des portes du dressing.
Aucun bruit ne me parvenait de l'autre côté et cela fit battre mon cœur encore plus vite. Des flashs de souvenirs m'assaillirent et je serrai alors vivement les paupières pour tenter de les effacer. Ce fut un léger bruit contre le bois de la porte de l'immense placard qui me fit ouvrir les yeux.
-Bella, Darling, est-ce que je peux ouvrir la porte ? me demanda prudemment Jasper tandis que je sentais mon corps se détendre lentement malgré moi.
Je couinai quelque chose ressemblant à un « oui » sans pour autant lâcher le coussin et vis la porte s'entrouvrir tout doucement.
-C'est moi, Darling. Calme-toi. ne cessait de répéter le vampire jusqu'à ce que la porte soit complètement ouverte, me laissant voir la silhouette de Jasper se dessinant dans la lumière tamisée de la chambre. Que fais-tu là ? me questionna-t-il tout en envoyant plus de calme vers moi ?
Encore tendue, je ne pus répondre que par un haussement d'épaules. Comment lui expliquer pourquoi j'en étais arrivée à me tapir dans cet immense dressing ?
Jasper tendit la main vers moi mais je refusai de faire un mouvement. Son regard inquiet et quelque peu attristé me scruta quelques secondes, dans le silence.
-Je peux te rejoindre ? finit-il par demander, sa main toujours tendue vers moi.
J'acquiesçai et Jasper vint s'asseoir juste à côté de moi. Voir Jasper se plier sous les portants de vêtements me fit légèrement sourire malgré moi.
-Pourquoi cet amusement, Bella ? questionna-t-il alors que j'attrapai sa main.
Je sentis le pouvoir de Jasper agir sur moi, m'envoyant de la confiance, de la sérénité et une pointe de bonheur et finis par lui répondre.
-Je pensais juste à la tête d'Emmett tentant de s'asseoir dans cette penderie s'il avait été à ta place. avouai-je avant de déposer ma tête sur l'épaule de mon voisin.
Jasper embrassa aussitôt mes cheveux et je perçus le sourire sur ses lèvres. Il passa son bras sur mes épaules et je me fondis contre lui, ayant enfin retrouvé un rythme cardiaque normal.
-que fais-tu là, Darling ? demanda-t-il après plusieurs minutes de silence confortable.
-Je…j'avais besoin…j'avais besoin de me sentir en sécurité. Fins-je par dire.
-Tu es en sécurité ici, Bella…répondit-il aussitôt.
-Je sais, Jasper…c'est juste que…chez Victoria…tentai-je d'expliquer sans me laisser submerger par mes émotions.
Je sentis aussitôt le pouvoir de Jasper agir de nouveau, me permettant de rester « lucide ».
Il fallait qu'ils sachent. Il fallait que je leur raconte tous ces mois loin d'eux. Simplement pour qu'ils puissent évaluer le danger qui allait immanquablement se présenter devant eux. Mais aussi parce que je n'en pouvais plus de garder tout cela pour moi. Je perçus un léger bourdonnement, si caractéristique pour mon oreille désormais. Je savais pertinemment que la famille Cullen communiquait ensemble à sa façon et dans un sens, cela me soulagea car je n'aurais pas à me répéter sur cet épisode.
-où sont les autres ? questionnai-je.
-au salon. Veux-tu les rejoindre ?
-Non. le coupai-je aussitôt. Je préfère rester ici... avec toi…murmurai-je cette partie, me recréant ainsi un cocon rassurant et privilégié.
-OK. m'accorda mon frère alors que je me replaçai plus confortablement contre son épaule.
Longtemps, je cherchai mes mots, refaisant dans mon esprit le déroulement de ces deux dernières années.
Jasper, toujours aussi patient, ne disait rien, se contentant de caresser le dos de ma main de son pouce. Je fermai les yeux, soufflai longuement pour me donner une once de courage et rouvris les yeux pour fixer nos mains entrelacées.
-chez Victoria, je n'avais pas le droit de me déplacer. Je…j'étais un peu comme un animal de compagnie…je…la journée, je devais rester assise au sol dans un coin d'une pièce, sous la surveillance de Laurent ou Victoria. Je ne pouvais pas sortir de cette pièce car des nouveau-nés « vivaient » avec nous…mais quand Victoria ou Laurent avaient besoin de quitter la pièce où j'étais, je devais rester dans le placard. Les nouveaux-nés avaient interdiction formelle d'approcher des portes du placard sous peine de mort…..En fait, c'était le seul endroit où je me sentais en sécurité…dis-je d'une voix basse.
Jasper ne dit rien, se contentant d'attraper doucement mes doigts pour les serrer dans les siens. Pour me réconforter. Pour me soutenir. Pour me montrer qu'il était là, avec moi, et par extension qu'ils étaient là dorénavant.
Alors, je poursuivis un peu mon récit.
-Victoria en a tué trois devant moi parce qu'ils avaient réussi à m'approcher dans mon sommeil. Je ne les avais pas entendus parce que je dormais trop profondément. Alors je n'ai plus pu dormir plus d'une heure à la fois. Au début, mon gardien me réveillait en frappant violemment dans les portes du placard. Mais ensuite, mon corps a pris le rythme tout seul. Tu sais, un peu comme l'instinct de survie…interpellai-je mon confident.
-oui. admit-il d'une voix douce avant de laisser le silence nous envelopper de nouveau.
Au bout de plusieurs minutes, Jasper reprit la parole :
-Bella, je sais que ce n'est pas facile pour toi mais nous avons besoin de savoir ce que Victoria prépare.
-Victoria veut se venger pour la mort de James. Quand elle m'a enlevée dans les bois, elle voulait simplement me tuer un peu plus loin. Mais Laurent lui a dit que je valais surement plus comme monnaie d'échange pour affronter directement Edward. Mais Victoria a vu plus loin, elle a alors choisi de prendre la tête d'une armée et de m'utiliser pour vous forcer à vous montrer. Elle voulait être sure que vous vous battriez donc quoi de mieux que de me tuer devant vous ? annonçai-je en retenant mes larmes.
-Je lui aurais arraché la tête avant même qu'elle n'ait pu te toucher, Darling. grogna-t-il un peu avant de se reprendre. Combien sont-ils ?
-ils sont une vingtaine, peut-être plus maintenant. soufflai-je. Ils veulent vous tuer. Elle leur raconte des choses totalement horribles sur vous et…
-elle ne nous fera rien, Bella. Ne nous sous-estime pas. me coupa-t-il.
-mais vous n'êtes que 7 et si jamais il arrivait quelque chose à l'un d'entre vous, je ne me le pardonnerai pas ! Nous devons fuir ! commençai-je à paniquer.
-Bella, Darling, calme-toi. Nous avons des amis, des alliés. Je t'en prie, calme-toi. me contrôla-t-il tout en utilisant un peu son don alors qu'il me serrait contre son torse. Où sont-ils, Bella ? Où vivais-tu ? finit-il par demander.
-Nous avons un peu bougé mais quand je me suis enfuie avec Laurent, nous nous trouvions dans la banlieue d'Austin, au…
-Texas. finit-il pour moi, C'était chez moi…ajouta-t-il d'une voix empreinte d'émotions.
Je connaissais ce pincement au cœur ressenti lorsque l'on entend parler de chez soi, de son « pays », du berceau de son enfance, et je ne pus que me déplacer légèrement pour me tourner vers mon frère et le prendre dans mes bras.
Je ne savais rien de Jasper, ou presque. Juste ce qu'Edward avait bien voulu dévoiler, par respect pour son frère et arguant que Jasper m'expliquerait s'il le souhaitait. A son léger accent, je me doutais bien que Jasper venait d'un état du sud mais je n'en avais jamais eu la confirmation.
Nous restâmes ainsi quelques minutes avant que la voix de Jasper ne s'élève de nouveau dans notre « abri » :
-comment Victoria faisait-elle pour gérer ses nouveaux-nés ? questionna-t-il.
-Laurent et Riley l'aidaient…annonçai-je
-Riley ?
-Il était chargé des nouveaux. D'après ce que m'a expliqué Laurent, Victoria l'avait transformé avec l'idée de l'envoyer à ma recherche puis de me tuer. Mais elle a changé de plan après avoir rencontré cette autre vampire qui lui a donné l'idée de créer une armée.
-connais-tu son nom ? me demanda Jasper d'une voix qui me sembla tremblante.
-Maria. répondis-je, inquiète de cette faille chez mon frère.
A ce prénom, Jasper se redressa brusquement, m'obligeant à m'éloigner pour ne pas me faire mal. Ses yeux passèrent au sombre avant qu'il ne tende la main pour ouvrir la porte du placard. Je perçus une vibration et vis le mouvement de ses lèvres attestant qu'il avait une discussion avec les autres vampires de la maison.
-Jasper ? murmurai-je, totalement apeurée désormais.
-Pardon Darling mais je dois y aller…s'excusa-t-il juste avant de disparaitre en une seconde, me laissant complètement hébétée, le cœur battant à 100 à l'heure.
Je n'eus pas le temps de reprendre mon souffle qu'un souffle glacial frappa mon visage, me faisant hurler malgré moi tandis que mon corps reculait instinctivement vers le fond du placard.
-Bella, chut, c'est moi ! dit alors une voix que je connaissais par cœur.
Cette voix dans ma tête qui m'avait permis de tenir durant tous ces mois, cette voix si particulière à mon âme…
Devant moi se tenait Edward, accroupi, tendant prudemment une main vers moi, les yeux emplis d'inquiétude.
-Bella, c'est moi. Pardon, je ne voulais pas te faire peur. répéta-t-il alors que je n'avais pas encore ouvert la bouche.
Dans la chambre, quelques bruits se firent entendre, auxquels Edward répondit sans me quitter des yeux :
-c'est bon. Tout va bien. Je m'occupe d'Isabella.
Entendre son prénom rouler dans sa bouche me ramena alors à cette période heureuse perdue au beau milieu de la forêt de Forks. Sentant les sanglots monter dans ma gorge, je plaquai mes mains sur ma bouche, ne voulant pas montrer ma faiblesse. Mais les larmes gagnèrent et je fondis en sanglots.
Moins de trois secondes plus tard, je sentis deux mains glacées entourer mes épaules. Je relevai alors les yeux et tombai dans les pupilles dorées d'Edward.
Et là, tout se mélangea : la peur, la douleur, la fatigue, mais aussi la joie de le revoir et bien entendu l'amour. Alors je me précipitai vers cette étreinte qui m'avait tant manqué. Et quand Edward referma ses bras autour de moi, je ne pus m'empêcher de sourire à travers mes larmes.
Je savais qu'il ne m'aimait plus. Je savais que tout était fini. Mais je décidai en un instant de profiter de ce moment qui ne se reproduirait peut-être plus. Me sentir en sécurité dans les bras de celui que j'aimerai jusqu'à la fin même si ce n'était plus réciproque. Je savais que j'étais en colère contre lui mais pour le moment, je profitai. La colère viendrait…plus tard…car il n'y aura qu'elle pour masquer la vérité…
EPOV
Je me tenais debout, le pied gauche sur la première marche de l'escalier, la main droite sur la rambarde de fer forgé savamment travaillé, ne lâchant pas du regard le palier de l'étage, bouillant d'envie de monter rejoindre Bella alors qu'elle s'était réfugiée dans la chambre d'amis.
La revoir debout et éveillée m'avait figé au beau milieu du salon tandis qu'elle descendait prudemment de l'étage accompagnée de mes sœurs. Emmett m'interdisait mentalement de l'approcher sans qu'elle ne m'y autorise tandis que Carlisle me rappelait d'être prudent dans mes gestes afin de ne pas l'effrayer. Lorsque mes sœurs me virent en bas, Rose ne put s'empêcher de soupirer alors qu'Alice tentait de voir l'issue de cette première rencontre. Mais rien.
Bella s'était figée au beau milieu de l'escalier, ses yeux accrochés aux miens. Emmett et Jasper allèrent à sa rencontre et elle détourna le regard durant une seconde pour leur sourire timidement. Mais ses prunelles chocolat retrouvèrent bien vite leur chemin.
Je ne réussissais toujours pas à lire ses pensées mais j'avais toujours réussi à la comprendre rien qu'en observant son regard. Mais là, je ne pus que constater que l'éclat qui m'avait tant attiré était éteint.
J'avais brisé Bella...
Je le chuchotai, juste pour moi et Carlisle s'empressa de me contrer mentalement.
« Tu lui as fait du mal, oui. Nous également. Mais le pire est Victoria ».
J'espérais percevoir une vision d'Alice sur le futur immédiat mais rien, Alice était toujours aussi frustrée de ne rien percevoir venant de l'humaine. Alors je tentai un premier pas.
-Bonsoir Bella. dis-je calmement en veillant à ne pas bouger.
-Bonsoir Edward. Murmura-t-elle difficilement en regardant ses pieds avant d'oser relever la tête pour balayer la pièce devenue silencieuse.
Tous étaient attentifs, se demandant comment Bella allait réagir.
-Je vais vous laisser profiter de ces retrouvailles. Bonne nuit. Finit-elle par dire en faisant demi-tour pour remonter vers l'étage.
-Bella…l'appela Esmée, inquiète, mais Bella ne se retourna pas.
Elle rejoignit sa chambre, ferma la porte, le cœur battant la chamade, les émotions totalement bouleversées à en juger par les pensées de Jasper.
-Je devrais peut-être y aller…murmurai-je.
-Non, laisse-la se calmer, Edward. Il faut qu'elle réapprenne à vivre normalement et à affronter le quotidien. me coupa Carlisle alors que j'hésitais, le pied sur la première marche.
Plusieurs minutes passèrent, silencieuses pour nous alors que nous suivions attentivement ce qu'il se passait à l'étage. Bella semblait s'être calmée et après avoir déambulé quelques instants, elle avait fini par se stopper. A en juger par les battements de son cœur, elle devait dormir.
-Je monte jeter un coup d'œil. pensa Jasper avant d'annoncer qu'il montait à l'étage rejoindre Isabella.
De la jalousie m'envahit avant de laisser la place à l'amertume. Après tout, j'avais perdu Bella. Je l'avais abandonnée. Je l'avais laissée aux mains de Victoria. Alors comment pourrait-elle accepter de me reprendre auprès d'elle…
Je suivais Jasper par ses pensées, observant avec peine le petit corps recroquevillé de Bella, assise au fond du placard de la chambre. Puis, à force de persuasion, mon frère réussit à la faire parler. Un peu. Et ce que nous entendions nous mettait dans une colère folle. Carlisle peinait à calmer Emmett qui voulait se mettre en route immédiatement pour retrouver Victoria. Victoria qui avait créé une armée contre nous. Les pensées de tous étaient à la vengeance, au combat. Y compris Carlisle.
Mais soudain, un nom émergea dans l'esprit de Jasper. Se pourrait-il que cet autre vampire du Texas soir ? J'eus à peine le temps d'en référer aux autres, choquant Alice par la même occasion, qu'un prénom passa les lèvres de Bella. Et je sus que je devais agir.
Maria.
Maria était également avec Victoria.
Maria, le fantôme de la première vie de Jasper.
Ce dernier perdit complètement les pédales, sifflant furieusement.
-Je dois immédiatement prévenir Peter et Charlotte. nous annonça Jasper. Elle va payer. Elle va payer pour tout ! hurlait-il juste pour nous, préservant malgré tout sa nouvelle sœur.
-Jasper ? questionna Bella d'une voix étouffée et emplie de peur.
-Pardon Darling mais je dois y aller. s'excusa-t-il avant de m'appeler par la pensée : Edward, je vais avoir besoin d'Emmett et Carlisle, c'est à toi de venir t'occuper d'Isabella.
Je ne réfléchis pas plus longtemps et croisai mon frère dans l'escalier.
-Je suis désolé Edward mais elle est complètement terrorisée. m'indiqua-t-il alors que je me trouvai sur le pas de la porte désormais.
Je rejoignis en deux pas le placard et pus enfin voir Bella de près. Elle était totalement hébétée, la bouche entrouverte, les yeux exorbités, apeurée. Et mon arrivée « brutale » n'arrangea guère la situation puisqu'elle se mit à hurler.
-Bella, chut, c'est moi ! dis-je le plus sereinement possible en tendant une main vers elle.
Elle ne réagit pas, tremblante. Alors je repris :
-Bella, c'est moi. Pardon, je ne voulais pas te faire peur.
Esmée et Alice apparurent sur le seuil, inquiètes.
-Edward ? veux-tu que nous entrions ? me demanda Esmée, juste pour nous.
-Alice ? as-tu vu quelque chose de particulier ? questionnai-je ma sœur.
Je ne quittai pas ma belle des yeux et vis sur son visage qu'elle savait que quelqu'un était là.
-Pas du tout. grogna Alice.
-c'est bon. Tout va bien. Je m'occupe d'Isabella. dis-je alors tout haut, sachant très bien que Bella n'aimait pas se sentir mise de côté lorsque nous parlions de notre manière vampirique.
-Nous sommes dans le salon si tu as besoin. m'indiqua ma mère avant de faire demi-tour.
-Très bien. répondis-je sans peur autant quitter du regard Bella.
J'hésitai sur le comportement à adopter mais lorsque je vis ses yeux s'emplir de larmes, je m'approchai et ne retins plus mes gestes.
Tout naturellement, mes mains remontèrent sur ses épaules. A mon contact, Bella releva la tête tandis que je guettai sa réaction. Si jamais elle montrait le moindre signe de peur, j'étais résolu à laisser ma place à Esmée.
Mais, fidèle à elle-même, Bella me surprit et se propulsa dans mes bras. Instinctivement, je refermai mon étreinte autour d'elle, retrouvant les courbes de son corps qui m'avait tant manqué, sentant à plein nez son parfum naturel.
Nous restâmes ainsi quelques secondes mais Bella ne parvenait pas à calmer ses sanglots. Alors, je la soulevai dans mes bras et la déposai sur son lit. Mais elle renforça encore plus sa prise sur ma chemise lorsqu'elle sentit le matelas sous elle. Alors, comme avant, lors de nos rencontres dans sa petite chambre d'adolescente, je m'installai avec elle et la laissai se pelotonner contre mon torse. Mes lèvres embrassèrent malgré moi ses cheveux et je me mis à fredonner doucement. Après plusieurs minutes, elle finit par se calmer mais ni l'un ni l'autre ne brisa l'étreinte.
Que devais-je faire ? que devais-je dire ? Des dizaines de scénarios passaient dans mon esprit. Mais lorsque je me décidai enfin à ouvrir la bouche, ma belle s'était endormie. Contre moi. Comme avant.
Je me détachai d'elle prudemment et lorsque ses mains lâchèrent le tissu de ma chemise, Bella marmonna dans son sommeil avant de soupirer clairement mon prénom.
Alors le sourire aux lèvres, je l'installai plus confortablement sous les couvertures avant de redescendre. Je savais ce que j'avais à faire. J'allais me faire pardonner. J'allais la reconquérir. Qu'importe le temps que cela prendrait…
