Arrive sur la pointe des pieds…
oui, je sais…un mois depuis le dernier chapitre…du boulot par-dessus la tête, des weekends surchargés, des petits tracas de santé…bref…Pardon pour ce retard.
Merci pour tous vos commentaires et vos petits messages.
Bonne lecture de ce chapitre et surtout, n'oubliez pas vos reviews !
Chapitre 15: « Le temps de faire juste reconnaissance… » (Calogéro et Elisa Tovati – Juste un peu de silence)
(BPOV)
Je guettais l'apparition de l'aurore depuis mon lit, tournée vers la baie vitrée. Il ne pleuvait pas. Ou du moins, pas encore.
Voilà trois jours que j'étais de retour à Forks.
Quatre jours que Jasper m'avait sauvée des griffes de Laurent.
Deux jours à peine qu'Edward était réapparu dans ma vie et que j'avais l'impression que mon cœur s'amusait à me faire mal à chaque fois que mon regard croisait le sien. Nous avions un comportement normal, parlant du quotidien, comme de bons amis. Il m'aidait si j'avais besoin de quelque chose, me souriait gentiment, mais rien de plus…
Je me remettais lentement de ces deux années terribles. Le repos, les médicaments, les bons repas d'Esmée et surtout la sensation de sécurité qui m'entourait y étaient pour quelque chose.
La journée, je n'étais jamais seule malgré l'immensité de la maison. Je prenais sur moi, contrôlant du mieux que je pouvais ma terreur, et essayais d'avoir des moments avec Alice et Rose. Jasper était venu me remercier de mes efforts qui apportaient tant de bonheur à mes sœurs puisqu'il était le seul à être pleinement conscient de mes émotions. Et je devais avouer que ces moments « entre filles » me plaisaient de plus en plus.
Carlisle m'avait annoncé la veille que leurs « cousins » d'Alaska allaient nous rejoindre. J'avais acquiescé en silence, tentant désespérément de contrôler la panique qui réapparaissait à la vitesse d'un cheval au galop. Jasper s'était matérialisé dans la seconde, attrapant ma main valide, m'envoyant de fortes ondes de calme. Le reste de la famille était apparue et ils m'avaient longuement parlé des Denali, pour me rassurer.
Et là, dans mon lit, attendant l'aube, je faisais de vains exercices de respiration que l'on m'avait enseigné au lycée, pour contenir mon angoisse. De nouveaux vampires…mais surtout de nouvelles vampires…
Je savais pertinemment qu'elles ne me feraient rien mais je ne pouvais m'en empêcher.
Un léger bruit sur la porte me sortit de ma contemplation.
-Bella, chérie, tu es réveillée ? entendis-je la voix douce d'Esmée.
Son attention me fit sourire. Elle savait pertinemment que j'étais éveillée mais elle respectait toujours mon humanité. Je murmurai un simple « oui » et la porte s'ouvrit.
La vampire entra lentement, un sourire bienveillant sur les lèvres puis vint jusqu'au lit avant de s'asseoir à mes côtés.
-Il est encore tôt, Bella. remarqua-t-elle.
-Je n'arrivais plus à dormir. dis-je simplement.
-Pourquoi ton cœur bat-il aussi vite ? Quelque chose ne va pas ?
-Je…je suis un peu anxieuse. finis-je par avouer avant de me tourner totalement vers elle et de déposer ma tête sur son épaule.
-qu'y-a-t-il, chérie ? tenta-t-elle alors qu'elle avait refermé ses bras autour de moi et que ses longs doigts froids caressaient lentement mes cheveux.
-Je…que vont-ils penser de moi ? Je…j'ai peur de tout et…oh maman…bredouillai-je en serrant les dents pour retenir les larmes qui menaçaient.
-Chut, calme-toi. Ils sont nos amis. Ils te connaissent, tu sais. Nous leur avons tous parlé de toi. me coupa-t-elle.
-Mais…et si Victoria leur fait du mal et que…
-Il ne nous arrivera rien, chérie. Maintenant calme-toi, nous sommes tous là pour toi. conclut-elle la discussion.
Je me pelotonnai entre les bras d'Esmée et fermai quelques instants les yeux pour me calmer.
Un rire me tira brutalement du sommeil. Perdue, je mis quelques secondes à retrouver mes repères. J'étais à Forks et il était près de midi. Je pris quelques minutes pour prendre une douche rapide et sortis de ma chambre. Carlisle apparut alors dans l'escalier, souriant.
-Bonjour Bella. dit-il en me rejoignant.
Un autre rire résonna, léger, et je compris aussitôt : les Denali étaient là. Aussitôt, mon cœur s'emballa et le médecin se matérialisa à mes côtés aussitôt.
-Chérie, calme-toi. Tu ne crains rien. me dit-il doucement en prenant mon visage dans ses mains pour me forcer à le regarder.
Je soufflai longuement, ne lâchant pas ses prunelles rassurantes et mon cœur finit par reprendre sa vitesse normale.
-Bien. Allez viens, tout le monde t'attend. dit-il en relâchant sa prise.
-Attends, papa. murmurai-je en me blottissant contre son torse.
Après deux secondes, le vampire finit par me serrer dans ses bras. Nous restâmes ainsi, silencieux, durant une bonne minute, puisant dans cette étreinte le courage dont j'allais avoir besoin pour agir normalement au beau milieu de ces étrangers.
Carlisle saisit ma main pour la poser sur son bras et nous nous dirigeâmes vers le rez-de-chaussée. Des bruits de discussion se faisaient entendre, provenant du salon. Le médecin caressa le dos de ma main, m'obligeant ainsi à le regarder.
-Tout va bien aller, chérie. répéta-t-il avant de nous faire descendre l'escalier.
Les murmures des conversations cessèrent alors que nous étions maintenant visibles depuis les canapés. Je n'osai lâcher du regard mes pieds, totalement paniquée à l'idée de croiser leurs regards.
-Ah, voilà notre marmotte ! s'exclama Emmett, me faisant ainsi lever la tête pour le regarder.
Immanquablement, je ne pus éviter de voir tous ces vampires installés dans les canapés du salon. Mon regard se dirigea aussitôt vers les nouveaux arrivants et un frisson remonta le long de ma colonne. Instinctivement, je me rapprochai encore de Carlisle jusqu'à passer une partie de mon corps juste derrière son épaule. Il m'emmena jusqu'au centre de la pièce tout en prenant la parole :
-Voici Eléazar et Carmen…débuta-t-il alors que je tentais de contrôler mes tremblements du mieux que je le pouvais.
Un couple, assis tout près d'Esmée, se redressa à l'annonce de mon père.
Lui, plutôt grand, le visage mince, des cheveux sombres, un teint olivâtre et des prunelles dorées qui me fixaient attentivement. Elle, de la taille d'Esmée, également brune avec un visage plus souriant que son mari me faisant penser à ces images des femmes méditerranéennes.
-Bonjour Isabella. m'accueillit-elle d'une voix calme laissant percevoir un léger accent hispanique.
Je ne pus répondre, me contentant d'un simple salut de la tête sous le regard empli de bienveillance d'Esmée.
-et voici, Kate, Irina et Tanya, la chef de ce clan. termina Carlisle alors que trois déesses blondes aussi belles que Rose me saluaient.
Mon cœur battait vite mais il me sembla qu'il rata un battement lorsque je tombai sur Tanya, assise tout près d'Edward.
Tanya, sculpturale vampire blonde à la beauté d'une déesse, comme toutes ses semblables.
Tanya, un sourire sur les lèvres, mais surtout une main sur l'épaule d'Edward. Je savais qu'ils se connaissaient depuis des années mais…mais surtout de quel droit osait-elle poser ainsi sa main sur celui qui avait ravi mon cœur ?
A peine avais-je laissé échapper cette pensée que je m'en voulus immédiatement. J'étais jalouse. Une pathétique ex jalouse…
-Hé, Darling, il y a une place ici. m'interpella Jasper, me sortant de mes pensées.
Je me détachai de Carlisle et rejoignis mon frère qui s'empressa d'attraper ma main et d m'envoyer des ondes de calme et d'amour. Carlisle s'installa face à Eléazar et une discussion démarra. Je n'en écoutais rien, me concentrant pour gérer ma peur mais aussi ma jalousie qui réapparaissait à la charge à chacun des rires de Tanya ou des mouvements de ses mains non loin d'Edward.
-Calme-toi, Darling. dit Jasper au creux de mon oreille.
Je tournai la tête vers lui et tombai dans son regard tendre et compatissant. Il avait ressenti ma jalousie…
-C'est difficile. murmurai-je, consciente que tous pouvaient suivre notre conversation pourtant discrète.
Jasper ne répondit rien mais ouvrit son bras pour que je puisse me blottir contre son épaule. Alice, assise de l'autre côté, tendit sa main que je m'empressai d'attraper.
-Tu n'as rien à craindre de nous, Isabella. intervint Eléazar, pensant surement me rassurer suite à mes mots avec Jasper.
La nuit était tombée à l'extérieur et tout le monde vaquait à ses occupations.
Carlisle, Eléazar, Carmen et Emmett étaient sortis chasser. Jasper, Alice, Rose et Kate étaient partis à Port Angelès faire quelques courses. Edward avait disparu, me laissant avec maman et deux des déesses blondes. J'étais restée aux côtés d'Esmée, à la cuisine, ne souhaitant pas me retrouver face à Tanya, et une fois le diner avalé, je prétextai de la fatigue pour m'éclipser vers l'étage.
Je passai un long moment sous la douche pour tenter de me décontracter et d'oublier ma jalousie et finis par en sortir pour regagner ma chambre.
La villa était calme tandis que je traversai le couloir de l'étage et j'avais hâte de m'enrouler dans ma couette. J'entrai dans la pièce faiblement éclairée et refermai la porte derrière moi avant de me diriger vers le panneau de verre pour tirer les rideaux.
-C'est ta faute. entendis-je soudainement derrière moi, me faisant faire volte-face.
Dans l'entrée de ma chambre se tenait Irina, les traits déformés par la colère. La peur m'envahit aussitôt devant ce masque si reconnaissable devant lequel je m'étais retrouvée de nombreuses fois ces derniers mois.
-Laurent est mort par ta faute ! cracha-t-elle en faisant un pas.
Aussitôt, je fis un pas en arrière pour garder une certaine distance.
Je ne devais pas paniquer.
Je n'avais pas le droit de paniquer.
Comme chez Victoria.
Je fis un effort surhumain pour tenter de calmer ma respiration et rester lucide.
Où étaient les autres ? Personne n'entendait ce qu'il se passait ici ? Et Alice ? N'avait-elle eu aucune vision de cette situation ?
Lorsque j'étais chez Victoria, je pouvais au moins compter sur Laurent qui finissait par arrêter Victoria avant qu'elle ne me tue. Mais là, j'étais seule. Je devais me sauver, me mettre à l'abri. La première idée qui me vint fut de sauter dans le jardin et de rejoindre la forêt.
-Mais je n'ai rien fait…murmurai-je tout en reculant prudemment vers la fenêtre.
-S'il m'a quittée, c'est pour retrouver Victoria et l'aider à se venger de toi ! Toi, vulgaire petite humaine insignifiante ! me coupa-t-elle.
Je fis encore un pas et me retrouvai contre la porte-fenêtre. Je glissai mon bras valide dans mon dos et entrepris de faire coulisser lentement le panneau de verre.
-Il était mon âme sœur mais tu lui as retourné l'esprit avec ton sang si parfumé ! hurla-t-elle encore une fois en faisant un nouveau pas en avant.
Et je pris la décision.
C'était maintenant ou jamais. J'étais à l'étage et j'allais devoir sauter depuis le balcon. Je n'étais pas sûre de me sortir saine et sauve, connaissant ma poisse légendaire surtout en ce qui concernait l'utilisation de mes jambes, mais depuis Victoria, je préférais mourir en essayant de me libérer que de rester ainsi devant un vampire et de subir sa colère qui finirait par me tuer de toute manière.
Et tout se passa en moins de cinq secondes. J'ouvris brutalement la fenêtre et me ruai vers l'extérieur avant de la faire coulisser de nouveau pour la fermer. Tandis que j'actionnai la poignée pour la bloquer, j'entendis des bruits sourds contre la porte de ma chambre auxquels Irina répondit en grognant. Je n'attendis pas plus longtemps lorsque la vampire sauta jusqu'à la baie vitrée, furieuse, et enjambai comme je le pus la rambarde. Je pris une demie seconde pour observer la pelouse, à peine visible à cause de l'obscurité nocturne et me laissai tomber dans le vide tandis qu'un grand fracas se faisait entendre. Mais, alors que je m'attendais à rencontrer le sol dur, je me sentis « attrapée » par des mains puissantes et glacées et ne pus m'empêcher de hurler.
-Hé bien, Petite, on dirait que je suis destiné à te sauver la peau ! me dit une voix masculine que je connaissais.
Rassurée mais encore sous le choc, j'enroulai mes bras autour du cou de mon sauveur et déposai mon front contre son épaule pour tenter de reprendre mon souffle. Je sentis le vent froid autour de nous, signe que nous nous déplacions. Cela ne dura que quelques secondes avant que la course ne s'arrête.
-Je vais te reposer au sol. me glissa le vampire à l'oreille tandis qu'un immense fracas se faisait entendre derrière nous.
Mais je refusai de le lâcher et ne bougeai pas d'un pouce.
-Isabella ? risqua-t-il à nouveau.
-ça va, Peter. C'est juste que… finis-je par répondre.
-Laisse-lui le temps de récupérer un peu, Peter. retentit une voix derrière nous, me faisant sursauter et resserrer de fait ma prise avant que mon cerveau ne réagisse correctement.
-Charlotte…murmurai-je contre le pull couvrant mon sauveur, un léger sourire tremblant se dessinant sur mes lèvres.
-Salut chérie. me répondit-elle en se postant aux côtés de son mari.
-Laissez-la ! rugit brusquement le ténor de mon cœur, me faisant sursauter de nouveau.
-Edward. le salua froidement Peter, me tenant toujours étroitement.
-Lâche-la ! cracha-t-il, me faisant me redresser aussitôt.
-Arrête Edward. murmurai-je avec difficulté, ma gorge me faisant souffrir de nouveau.
Je n'eus pas le temps de parler plus qu'un vrombissement assourdissant emplit mes oreilles et que deux rais de lumière puissante vinrent nous aveugler. La voiture, puisque c'était cela, s'arrêta dans un crissement de pneus et la seconde suivantes, trois vampires se matérialisèrent devant moi.
-Mon Dieu, Bella ! Tu vas bien ? s'écria Alice, le visage totalement paniqué. Mon Dieu ! Je t'ai vue, Bella ! Je t'ai vue ! Je t'ai enfin vue ! Quand tu as décidé de sauter dehors…poursuivit-elle si rapidement que j'en avais le souffle coupé pour elle.
-Chérie, calme-toi, tu lui fais peur. la calma Jasper tandis que Peter me caressait lentement le dos.
-Merci, Peter. chuchotai-je à peine, consciente que tous entendraient, avant de me détacher du vampire pour me remettre debout.
-De rien. me répondit-il en me maintenant, le temps que je me stabilise.
-Ca va Bella ? me demanda Edward, visiblement inquiet pour moi.
J'acquiesçai, toujours un peu tremblante et un sourire soulagé apparut sur ses lèvres. Rosalie m'approcha lentement et déposa sur mes épaules son manteau de laine rouge.
-Nous devrions rentrer, Carlisle et les autres sont au salon. Indiqua Jasper.
Edward s'approcha encore et m'offrit son bras sans un mot avant de nous diriger tous au travers du jardin.
(EPOV)
Je m'étais faufilé, invisible pour l'œil humain, dans la maison Swan. J'espérais y trouver quelque chose qui ferait plaisir à Bella et qui lui montrerait mon attachement envers elle. Car je l'aimais toujours autant, voire plus. Mais je devais la reconquérir. Elle avait si facilement cru à mon mensonge, là-bas dans la forêt… Aujourd'hui, elle avait été blessée par l'un des nôtres, à cause de ma peur.
J'avais eu peur de la blesser si elle restait humaine auprès de moi et finalement, elle avait été blessée tandis que je m'étais éloigné. Et cela hanterait éternellement mon esprit.
La maisonnette n'avait pas changé, fidèle à mes souvenirs, une couche de poussière sur tous les meubles en plus.
La cuisine était rangée et les placards avaient été vidés, surement par la famille Black. Une pile de courriers non ouverts s'entassaient sur le plan de travail, tout comme dans la boite aux lettre près de la porte d'entrée. Un vieux journal datant de 15 mois, jauni, était plié sur le coin de la table de la cuisine. Une photographie de petit format attira mon regard et je m'autorisai alors à déplier le quotidien du comté. Sur le bandeau de gauche, un petit encadré d'avis de recherche avec la photo d'Isabella. Charlie n'avait jamais baissé les bras, même après tout ce temps.
J'attrapai alors un carton vide déposé dans un coin de la pièce et commençai à y entasser quelques petites choses. Des photos de Bella, de Charlie, de quelques parties de pêche avec le vieux Black… quelques DVD que Bella avait apporté depuis Phoenix…
J'étais ensuite monté à l'étage et avais poussé la porte de la chambre de Bella. Rien n'avait bougé. Et plus encore, Charlie n'avait pas dû toucher aux affaires de sa fille puisque que quelques feuilles de cours et des crayons trainaient encore çà et là sur le bureau, comme si Bella allait apparaitre pour poursuivre ses devoirs. J'observais quelques secondes avec nostalgie mais surtout avec regret le rocking-chair placé près de la fenêtre avant d'oser pénétrer dans la pièce. Un livre de poche était déposé sur le chevet, un marque-page dépassant du volume. Je sus bien avant de le saisir qu'il s'agissait du roman préféré de Bella et le plaçai délicatement dans la boite. Je ramassai également l'un de ses sweatshirts ainsi que la casquette de baseball que ma mère lui avait donné.
Mais, alors que j'allais récupérer sous la latte du plancher ce que j'y avais caché voilà deux ans, mon téléphone sonna. Alice.
-Edward, Bella va sauter du balcon pour fuir Irina ! hurla Alice avant même que je ne puisse parler. Cours !
Je ne pris pas la peine de répondre, laissai mon carton sur le lit et rejoignis la forêt.
J'avais rallié notre propriété en moins de 2 minutes et lorsque je pénétrai enfin sur la pelouse, je ne pus que remarquer le vampire qui venait de terminer sa course à l'orée des arbres, tenant ma Bella serrée contre lui.
Je traversai la pelouse en moins de deux secondes, me dirigeant vers eux, avant d'entendre un fracas énorme provenant de l'étage. A en juger par les pensées qui m'arrivaient, Esmée avait fini par pulvériser la porte de la chambre d'Isabella et retenait Irina avec l'aide de Tanya.
-Esmée, tu as besoin d'aide ? lui demandai-je me stoppant dans mon élan sans pour autant lâcher du regard Peter et Bella.
-Non, c'est bon. Où est Bella ? me répondit-elle, tandis que ses pensées s'affolaient à l'idée que sa dernière fille puisse avoir été blessée.
-Avec ce cher Peter…grognai-je alors que Charlotte venait d'apparaitre aux côtés de son mari.
-C'est lui qui a sauvé Bella de Laurent, Edward ! Alors, pas d'esclandre ! pensa-t-elle avec un ton de reproche.
Je grognais de nouveau en réponse et me remis à courir pour rejoindre ma belle.
-Alors, tu viens m'empêcher de gouter ce si bel en-cas ? Il y a comme un air de déjà-vu, n'est-ce pas ? Mais cette fois, tu arrives trop tard… pensa Peter, un sourire narquois sur les lèvres tandis que Bella était agrippée à son cou.
-Lâche-la. crachai-je, ne le quittant pas des yeux.
-Ah, le preux chevalier n'est pas aussi poli que ça. Se moqua-t-il mentalement en me toisant avant de me saluer d'un signe de tête à voix haute. Edward.
-Lâche-la. répétai-je, les poings serrés.
-Du calme, Edward. Il ne lui fera rien. Il tient bien trop à sa nouvelle petite sœur. pensa Charlotte avant de réprimander vampiriquement son mari : C'est sa moitié, Peter. Comment aurais-tu réagi si j'avais été la place d'Isabella ?
-Arrête Edward. chuchota Bella avant même que James ne puisse répondre.
-Tu vois, elle est de mon côté.cancana le vampire, me faisant trembler de colère.
-Arrêtez, vous deux ! Bella n'est pas au mieux de sa forme alors inutile d'y rajouter vos guéguerres de mâles dominants ! nous réprimanda Charlotte alors qu'elle passait une main légère dans le dos de ma belle.
Un ronronnement de moteur se rapprocha rapidement de la propriété et la seconde suivante, la Porsche d'Alice apparut, faisant sursauter Bella lorsque les freins crissèrent dans le gravier de l'allée.
Je captai aussitôt les pensées de ma sœur, oscillant entre la peur pour Isabella mais également la joie d'avoir enfin eu une vision de sa meilleure amie.
-Mon Dieu, Bella ! Tu vas bien ? s'écria Alice. Mon Dieu ! Je t'ai vue, Bella ! Je t'ai vue ! Je t'ai enfin vue ! Quand tu as décidé de sauter dehors…poursuivit-elle en approchant rapidement de Bella.
Jasper la stoppa aussitôt, envoyant de fortes doses de calme tandis que Peter et Charlotte avaient entrepris de rassurer la jeune femme.
Encore une fois, je ne pus empêcher de ressentir de la jalousie envers eux. J'aurais dû être celui qui la rassurait à cet instant. Elle aurait dû être dans mes bras, pas dans les siens.
-Je suis sûr que je pourrais sentir ta jalousie jusqu'à Port Angelès. pensa Jasper en se moquant de moi.
Quelques secondes passèrent ainsi, nous permettant de capter l'arrivée de Carlisle et des autres, partis chasser plus tôt dans la soirée.
-J'ai prévenu papa dès qu'Alice a eu sa vision. nous expliqua discrètement Rosalie tandis que Bella reposait prudemment les pieds au sol.
Elle oscilla quelque peu, toujours tremblante et Peter n'osa pas la lâcher immédiatement.
-Elle est encore sous le choc. Rentrons la mettre au chaud. analysa Jasper tandis que nous percevions une discussion plutôt houleuse dans la villa.
-Ca va Bella ? m'inquiétai-je alors que je la trouvais pâle.
-Elle grelotte. nota Rosalie en ôtant son manteau de laine avant de le déposer sur les épaules de l'humaine qui lui fit un sourire fatigué pour la remercier.
-Qu'allez-vous faire de cette furie qui a voulu lui sauter dessus ? intervint Peter, visiblement peu enclin à laisser Bella rentrer de nouveau à la villa.
-Kate va la contenir et de toute manière, Bella a beaucoup trop de gardes du corps pour qu'elle puisse la toucher. Répondit Emmett de notre manière depuis le porche.
-Nous devrions rentrer, Carlisle et les autres sont au salon. annonça à voix humaine Jasper pour que Bella soit avertie.
Elle leva la tête à l'annonce de mon frère, n'ayant rien perçu de nos derniers échanges et je fis quelques pas dans sa direction pour lui offrir mon bras. Elle déposa sa main sur mon avant-bras en souriant et notre groupe se dirigea à sa vitesse vers la villa.
Emmett patienta quelques secondes mais il ne put résister à nous rejoindre alors que notre progression était plutôt lente. Les jambes de Bella tremblaient tellement que je craignais qu'elle ne tombe mais alors que je lui avais proposé de la porter, elle avait silencieusement décliné, resserrant juste sa prise autour de mon bras.
Mon frère nous rejoignit en 3 enjambées et se planta devant Bella.
-Bah alors, tu as voulu jouer à la cascadeuse ? annonça-t-il dans un grand sourire, totalement opposé à son état d'esprit qui était plutôt versé, à en croire Jasper, dans un soulagement teinté d'angoisse.
Je n'avais pas besoin de chercher les pensées de mon frère pour comprendre ce qu'il faisait. Il voulait simplement dédramatiser la situation.
-Je ne me suis pas laissée manger par Victoria, ce n'est pas aujourd'hui que cela va commencer, Em'. répondit-elle en souriant un peu.
Quand nous entrâmes dans la maison, Bella se raidit quelque peu tandis que son cœur battait un peu plus rapidement.
-Bella ? demandai-je doucement alors que les autres se débarrassaient de leurs manteaux pour rejoindre le salon.
-Où est Irina ? osa-t-elle en chuchotant.
-A l'étage avec Carlisle, Eléazar et Kate. Tu ne crains rien. Lui assurai-je en attrapant ses mains dans les miennes.
Elle leva ses yeux sur moi et je pus y lire toute la détresse qui l'habitait.
-Je ne veux pas…poursuivit-elle dans un murmure.
-Il ne t'arrivera rien. Et si ta présence dérange quelqu'un ici, il partira. Tu es chez toi désormais. tentai-je de la rassurer.
Elle soupira, des larmes montant au bord de ses cils sombres et elle vint se blottir contre moi. Je refermai mes bras autour d'elle et la berçai alors quelques minutes, la laissant reprendre son souffle.
-Comment va-t-elle ? As-tu besoin de moi ? me demanda mentalement Carlisle mais je le rassurai rapidement.
Esmée apparut dans l'entrée à cet instant, un sourire attendri sur les lèvres.
-Vous êtes si beaux ensembles. ne put-elle s'empêcher de penser.
-Où est Irina ? questionnai-je ma mère discrètement.
-En haut avec les autres. J'ai préparé un thé bien chaud pour Bella. Installe-la dans le salon, les autres nous rejoindrons après. me répondit-elle avant de s'éclipser vers la cuisine.
J'amenai donc Isabella dans le salon, près de la cheminée, et elle s'assit pour savourer en silence le breuvage fumant amené par notre mère.
Plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi, moi assis à côté d'elle, l'observant, elle, le regard dans le lointain. Puis sa main gauche vint lentement couvrir la mienne alors qu'elle se tournait légèrement vers moi.
-Tu peux rejoindre Tanya si tu veux. Tu n'es pas obligé de rester ici. me dit-elle d'une voix douce mais sans lever les yeux vers moi.
-Je suis où j'ai envie d'être, Bella. répondis-je sur le même ton, ne comprenant pas vraiment son annonce.
-Je comprendrai très bien que tu veuilles être avec elle plutôt qu'à chaperonner l'aimant à problèmes qu'est ton ex. poursuivit-elle.
-Elle pense que tu sors avec Tanya ! se mit à rire Emmett, réagissant aussitôt alors qu'il était dans sa chambre avec Rosalie.
-En même temps, elle est tellement belle. Et puis, elle est l'une des vôtres et…poursuivit Bella, la tête toujours baissée.
Je restai interdit quelques secondes devant ce discours. Que devais-je faire ? Que lui dire ?
-Allez, réagis bon sang, Edward ! grogna Alice dans mon esprit. Si tu veux avoir une chance de retrouver Bella, c'est maintenant !
