2 semaines ! oui, cette fois, je suis à l'heure !

En effet, vous avez été nombreuses à relever la coquille du précédent chapitre ! Merci pour l'info, malgré mes cinq relectures avant publication, je ne l'avais pas décelée. Vous êtes les meilleures !

Vous verrez, j'ai repris des éléments du tome 2 dans ce chapitre, surtout entre Edward et Bella.

N'ayant pas énormément de temps, je préfère vous poster le chapitre sans vous répondre individuellement mais Merci pour tous vos commentaires et vos petits messages.

Comme vous pourrez le remarquer, ce chapitre est un peu plus long que d'habitude (2 pages ½ Word en plus). Pourquoi ? Parce que je suis bientôt en congés et n'étant pas sûre d'avoir le temps de vous faire un nouveau chapitre avant mon départ, j'ai préféré allonger celui-ci.

Bonne lecture de ce chapitre, bonnes vacances, et surtout, n'oubliez pas vos reviews !


Chapitre 16: « You're all that I can trust, facing the darkest days… » (Madonna – Ghosttown)

(EPOV)

-Allez, réagis bon sang, Edward ! grogna Alice dans mon esprit. Si tu veux avoir une chance de retrouver Bella, c'est maintenant !

Trois secondes passèrent encore avant que je ne me décide à intervenir.

Lentement, je plaçai mon index sous son menton et inclinai alors la main pour forcer Bella à me regarder. Dans ses magnifiques yeux chocolat, des larmes étaient apparues.

-Je…Tanya n'est pas ma fiancée, Bella. Elle est comme…une cousine. lui dis-je doucement, ses pupilles tremblantes semblant sonder les miennes.
-On se croirait dans un épisode d'une mauvaise série B…ricana Emmett avant d'être interrompu par le bruit d'une « gifle amicale » dont Rose avait le secret. Je la remerciai d'ailleurs discrètement alors que Bella prenait la parole.
-Je ne comprends pas…je suis pourtant si insignifiante par rapport à elle et… et puis tu m'as dit que je n'étais qu'une passade dont tu t'étais lassé…
-Je…Bella, tu connais ma nature, tu sais que nous sommes et que nous devons être de parfaits menteurs. Mais je ne pensais pas que tu m'aurais cru aussi vite ce jour-là dans la forêt…la coupai-je, tentant de faire abstraction des pensées hurlantes du reste de la famille. Je pensais que tu contesterais, mais tu étais visiblement totalement convaincue par mon mensonge…
-simplement parce que je ne…je suis si insignifiante comparée à … bredouilla-t-elle avant de se fermer totalement, fuyant mon regard.
Je compris qu'elle ne dirait plus rien pour le moment mais nous devions crever l'abcès. Attendre encore plus ne ferait qu'envenimer les choses.
-toujours cette dévalorisation d'elle-même, comme voilà deux ans…avec une pointe de jalousie en plus. pensa Jasper tandis qu'Alice recevait différentes visions, me donnant une idée.
Je me levai alors que Rosalie me menaçait de castration et tendis la main vers Isabella.
-Nous devons parler…acceptes-tu de m'accompagner dehors ? demandai-je.
-Enfin une bonne idée, frangin. pensa Alice sans pour autant me laisser voir ce qu'elle avait pu percevoir.
-Bella ? s'il te plait…poursuivis-je.
La jeune femme hésita quelques secondes et finit par me donner sa main. Je l'emmenai alors dans l'entrée pour qu'elle puisse se vêtir chaudement puis sortis sur le perron.
-Où allons-nous ? murmura-t-elle.
-Tout près mais je vais devoir te prendre sur mon dos. répondis-je, ne sachant pas vraiment si elle allait accepter cette course.
Elle fit oui de la tête et moins d'une minute plus tard, je courrais au travers de la foret. Il ne me fallut pas dix secondes pour reposer mes pas dans ce chemin si spécial en mon cœur.
Isabella avait enfoncé son visage dans mon cou et la chaleur dégagée par son visage ne fit qu'accentuer le fait qu'elle était indispensable à ma vie.

Comment avais-je pu oser m'éloigner d'elle ? Perdre la chaleur de son corps ? Ne plus sentir son parfum si exquis ?

Contre mon dos, le cœur de Bella battait fort, comme s'il voulait bondir hors de sa cage thoracique.
-Bella, tu vas bien ? demandai-je en réduisant l'allure. As-tu peur ?
Elle marmonna quelque chose tout en resserrant sa prise sur mon cou, me faisant sourire. Elle se redressa deux secondes plus tard, une fois ma vitesse considérablement ralentie.
-Je…ça va. dit-elle alors que j'apercevais désormais la destination de notre voyage.
-Je ne voulais pas te faire peur…m'excusai-je.
-non, je n'ai pas eu peur…enfin, si, au début, parce que…cela m'a rappelé mes courses sur le dos de Laurent…expliqua-t-elle d'une voix fragile mais de plus en plus présente maintenant qu'elle reprenait vie au milieu de nous.
-Pardon, je ne voulais pas…
-Non, Edward. Avec Laurent, je…j'étais terrifiée et j'étais malade à chaque fois. Alors, quand je me suis retrouvée sur tes épaules, je me suis laissée submerger par ma peur. Mais après quelques secondes, je me suis rendue compte qu'avec toi, rien de tout cela n'arrivait. Je…Je n'ai pas eu peur avec toi, Edward. termina-t-elle alors que je captai qu'une légère rougeur s'installait sur ses joues.
Je n'ajoutai rien de plus et nous finîmes notre course en silence.

Mais lorsque je franchis les dernières rangées d'arbres moussus, Bella ne put retenir un hoquet de stupeur.
J'entrai prudemment dans ce qui était notre clairière et déposai Isabella en son centre. Ses yeux naviguèrent sur la clairière, ne se fixant pas vraiment sur un point précis. Je la laissais faire, conscient que quelque chose se passait dans son esprit.
Elle tourna lentement sur elle-même, regardant ainsi le lieu dans sa globalité. Elle soupira longuement et je pensai qu'elle allait se mettre à parler. Mais des larmes jaillirent tandis qu'elle plaçait la main sur sa bouche pour retenir un sanglot.
Aussitôt, je fis deux pas vers elle et tendis la main. Elle l'attrapa entre ses doigts blessés et prit la parole d'une voix incertaine :
-Je…j'ai tellement voulu revenir ici pendant tout ce temps…
N'écoutant que mes instincts qui me poussaient à la consoler, je l'attirai prudemment vers moi. Elle fit un petit pas avant de se blottir contre mon torse, enfonçant son visage dans mon pull. Je refermai mes bras autour de son corps et calai sa tête sous mon menton pour la rapprocher le plus possible, l'enfermant dans une étreinte que je souhaitais rassurante.

J'avais rêvé du moment où je la tiendrai de nouveau ainsi, contre moi, des centaines et des centaines de fois, restant persuadé que la quitter était le mieux à faire pour elle. Et je m'étais trompé. Ces deux années loin l'un de l'autre avaient été une torture pour nous deux. Et un véritable cauchemar pour elle. Et aussi pour ma famille. Alors, si je voulais que Bella accepte de reprendre là où nous nous étions arrêtés, je devais lui raconter. Je devais lui dire ce que j'avais sur le cœur depuis la minute où je l'avais abandonnée.

-Je... Je te dois des excuses. Non, je te dois tellement plus ! Mais il faut que tu saches... que je ne me doutais absolument pas... débutai-je, les yeux perdus sur la lisière de la clairière tandis que Bella pleurait toujours contre moi.
En moins d'une seconde, je l'entourai de mon manteau avant de reprendre notre position initiale.
-Je ne me suis pas rendu compte du bazar que je laissais derrière moi. Je te pensais en sécurité ici. Saine et sauve. Je n'imaginais pas que Victoria reviendrait. J'avoue que, lorsque je l'ai vue, la première fois, j'ai plus prêté attention aux pensées de James qu'aux siennes. Je n'ai pas compris qu'elle était du genre à réagir ainsi. Ni qu'elle lui était aussi attachée. Non que j'aie des excuses pour t'avoir laissée affronter seule cette situation…
Je resserrai un peu plus ma prise, comme si fondre Bella en mon corps pouvait effacer la culpabilité qui me rongeait.
-Je t'en prie, crois-moi si je te dis que je n'avais pas du tout prévu cela. J'en suis malade, jusqu'au plus profond de mon être. Même aujourd'hui, alors que je te tiens dans mes bras. Je suis un misérable d'avoir...
-Mais tu ne veux plus de moi à tes côtés…m'interrompit-elle en se détachant un peu pour me regarder. Victoria m'a tout enlevé. Mes parents. Jake. Et lorsqu'elle a voulu s'en prendre à vous, je n'ai pas hésité à m'enfuir pour vous prévenir parce que vous savoir en danger par ma faute était insupportable. Elle m'a fait souffrir mais j'ai encore plus mal depuis que tu es là et que je sais que tu ne veux plus de moi…Le pire est que je ne pourrais pas rester avec vous et…
-Je sais mentir, Bella, j'y suis obligé. Et tu m'as cru si vite ! Ça a été... horrible. la coupai-je, ne voulant plus entendre ce que j'avais instillé volontairement dans son esprit. Dans la forêt, quand je t'ai fait mes adieux... j'ai bien vu que tu ne renoncerais pas à moi. Je ne voulais pas agir ainsi, j'avais le sentiment que ça me tuerait, mais je savais aussi que si je n'arrivais pas à te persuader que je ne t'aimais plus, tu ne tarderais que plus à poursuivre le fil de ton existence. J'espérais que si tu pensais que moi, j'étais passé à autre chose, ce serait plus facile…
Elle se remit à pleurer, ses prunelles chocolat fixées dans les miennes, comme si elle commençait à comprendre ce que je voulais lui dire.
-Et pourtant, je n'avais pas songé que ce serait aussi simple ! Je m'étais dit que ce serait impossible, que tu serais tellement sûre de la vérité que je serais contraint de mentir comme un arracheur de dents pendant des heures afin de semer le doute en toi. J'ai menti, et je le regrette. Je suis désolé de t'avoir blessée, et je le suis parce que ça n'a servi à rien. Je suis navré de n'avoir pas pu te protéger de ce que je suis. J'ai menti pour te sauver, et ça n'a pas marché. Excuse-moi. En même temps, comment as-tu pu me croire ? Après les milliers de fois où j'avais dit t'aimer, comment as-tu pu laisser un mot briser la foi que tu avais en moi ?
-Je…je suis si…ce n'était pas possible, tu es tellement…murmura-t-elle en secouant la tête.
-J'ai lu dans tes yeux que tu pensais, profondément, que je ne voulais plus de toi. La chose la plus absurde, la plus ridicule qui soit. Comme si je pouvais exister sans toi…la coupai-je de nouveau.
-Mais je suis tellement banale et insignifiante…je ne comprenais pas que tu puisses t'intéresser ainsi à moi alors qu'autour de toi,… Ton amour pour moi n'a jamais eu de sens…finit-elle par dire après quelques secondes de silence.
-Avant toi, Bella, repris-je un peu plus calmement, ma vie était une nuit sans lune. Et tu es apparue et j'ai enfin eu la sensation de voir le monde. Tu es la plus belle créature de mon univers. Et cela ne changera jamais.
Bella resta silencieuse durant de longues minutes, ses yeux ne me lâchant pas du regard.
-L'éternité est longue, Edward. Tu ne peux pas savoir ce qu'il se passera dans dix ans, dans un an, ni même demain. Si Victoria m'a bien appris quelque chose, c'est de ne voir qu'au jour le jour, et même heure après heure. Et si jamais je redeviens une « distraction » ? finit-elle par réagir en reculant d'un pas supplémentaire.
-Bella, la coupai-je en reprenant sa main dans la mienne car la voir s'éloigner ainsi me fit craindre qu'elle ne voulait peut-être plus de moi à ses côtés comme je le souhaitais. Tout ce que j'ai pu te dire ce jour-là n'était qu'un élément du mensonge. Ton emprise sur moi est définitive et incassable, n'en doute jamais.

(BPOV)

J'étais là, debout, au beau milieu de cette clairière dans laquelle je m'étais si souvent réfugiée en rêve lorsque la situation chez Victoria était bien trop tendue.
Je m'étais persuadée que jamais je ne pourrais la revoir. Et voilà qu'Edward m'y avait emmenée pour que nous puissions discuter.

Avant de quitter la villa, il m'avait assuré que Tanya n'était pas sa fiancée, comme je le pensais. Cette annonce fut comme un choc pour moi. Bien sûr, dans un coin de mon esprit, l'idée qu'il était libre fusa. Mais comment ne pouvait-il pas être attiré par cette déesse blonde ?
Puis il me parla de mensonge et de leur nature vampirique… L'incompréhension domina bien vite cela, me faisant légèrement paniquer. Je commençai à hyper-ventiler lorsqu'une main blanche se tendit devant moi : Edward me proposait de sortir…pour discuter…

Je redoutais ce moment depuis son arrivée à Forks, craignant d'entendre une nouvelle fois tous ces mots qui m'avaient détruite juste avant que Victoria ne s'occupe de piétiner tout le reste.

Durant notre courte course, je m'étais jurée que je ne pleurerais pas. Mais lorsque mes pieds foulèrent le sol de mon paradis secret, l'émotion était bien trop intense pour que mon corps accepte de suivre mes directives. De lourds sanglots avaient donc explosé et je m'étais réfugiée, faible, contre le torse si rassurant d'Edward.
Il n'avait pas tardé en m'envelopper dans ses bras forts avant de déposer sa joue froide sur ma tête. Puis il se mit à parler, d'une voix tellement torturée, s'excusant auprès de moi. M'expliquant qu'il m'avait menti, persuadé que ma vie serait bien meilleure loin de lui et loin d'eux. M'affirmant qu'il m'avait menti. Délibérément.
Pour mon bien…

Mon bien…

Et là, au fond de moi, se bousculèrent deux émotions : l'espoir de retrouver mon aimé, de pouvoir de nouveau me blottir contre lui, embrasser ses lèvres si douces et laisser de nouveau battre mon cœur…mais également la colère. La colère car à cause de ce mensonge, j'avais tout perdu. Parce qu'il avait pris une décision pour moi sans m'en parler, j'avais vécu l'enfer, perdu mon père et vu mourir Jacob et ma mère…

Edward me tenait toujours la main, mais en proie à ce débat intérieur, j'avais fait un pas de plus pour m'écarter de lui.
-Bella, est-ce parce que j'arrive trop tard ? Parce que je t'ai tellement blessée ? Ce serait... légitime, et je ne contesterais pas ta décision. finit-il par dire d'une voix cassée me serrant le cœur et réduisant de ce fait ma colère. S'il te plaît, ne m'épargne pas. Dis-moi juste maintenant si tu peux encore m'aimer ou non malgré tout ce que je t'ai imposé. Dis-moi...termina-t-il dans un murmure douloureux.
Je ne répondis pas dans la seconde, mon cerveau gérant bien trop d'informations tandis que mon cœur battait à tout rompre.

Que devais-je faire ? Me jeter dans ses bras comme si ces deux dernières années n'étaient pas passées ? Comme si les souffrances endurées n'étaient que des égratignures ? Comme si tout le sang que j'avais sur les mains n'était rien ?
Mais d'un autre côté, Edward m'offrait de retrouver ce pourquoi je m'étais maintenue en vie durant ces deux ans.

Depuis notre première rencontre, Edward était devenu mon astre, le centre de ma vie. Le voir disparaitre m'avait arraché le cœur et coupé la respiration. Et sa réapparition voilà deux jours m'avait permis de reprendre mon souffle, d'enfin emplir mes poumons. Je ne pouvais nier que mon corps répondait instinctivement à sa présence, que son parfum m'enivrait totalement et qua sa voix apaisait mes tourments…Edward était ma vie…

-Je ressentirai toujours la même chose pour toi, finis-je par murmurer. Bien sûr que je t'aime, tu n'y changeras rien. Jamais. Mais…ces deux dernières années…j'ai finalement souffert pour rien…Je…ça va prendre du temps, Edward…
-C'est tout ce que j'avais besoin d'entendre, Bella. J'attendrai. Je t'attendrai. Et je regagnerai ta confiance. me coupa-t-il en attrapant ma seconde main tout en plongeant ses pupilles dorées dans les miennes.
-Ne bouge pas. murmurai-je en avançant à petits pas sans lâcher ses doigts.
J'approchai lentement jusqu'à me retrouver presque contre son corps d'albâtre. Je pris une courte inspiration et laissai alors mon corps agir seul. Je me mis sur la pointe des pieds, fermai les yeux et déposai mes lèvres contre les siennes. Il ne répondit pas tout de suite, peut-être choqué de mon geste et de mes paroles, mais très vite, notre baiser s'enflamma, mon cœur battant une chamade désordonnée cependant que ma respiration devenait halètement et que mes doigts, après avoir abandonné leur prise, palpaient avidement son visage. Son corps marmoréen épousait chaque courbe du mien, et j'étais heureuse qu'il ne m'eût pas repoussée.

Aucune souffrance au monde n'aurait justifié de louper ça.

Ses mains mémorisaient mes traits, comme les miennes jouaient sur les siens et, pendant les rares secondes où ses lèvres se détachaient des miennes, il murmurait mon prénom.
Lorsque je commençai à avoir le vertige, il s'écarta, tombant à genoux au sol, mais pour mieux coller son oreille contre mon cœur. Je refermai mes bras autour de ses épaules, le plaquant ainsi contre moi. Nous ne dîmes rien, profitant ainsi pendant plusieurs minutes de cette sensation grisante. Mais lorsque je commençai à frissonner, Edward se releva pour réajuster son manteau autour de moi.
-Rentrons à la ville, Esmée ne me pardonnera jamais si tu tombais malade. me dit-il en m'offrant son bras.
Je déposai ma main dans le creux de son coude et le suivis.
-Je…Je t'aime Edward. Sincèrement Mais…ne pus-je m'empêcher de briser le silence alors que nous traversions la clairière pour retrouver la forêt.
-Je sais. J'ai compris, Bella. Prend ton temps. Et quand tu voudras, je serais là. Toujours. me coupa-t-il alors qu'il nous stoppa.
Je l'observai quelques instants, enregistrant son sourire, ses traits détendus…
-Allons-y. me souffla-t-il doucement.
-Attend Edward. l'interrompis-je, tirant légèrement sur son bras alors qu'il faisait un pas.
Il se tourna vers moi, attendant. Encore une fois, j'avançai la main et la déposai contre sa joue. Ses lèvres se levèrent dans ce sublime sourire qui m'hypnotisait à chaque fois. Le temps sembla arrêter sa course quelques secondes avant que je ne reprenne mes esprits.
-Ramène-moi à la maison. lui demandai-je en embrassant sa joue.
Edward acquiesça, m'aida à grimper sur son dos et s'envola dans les bois.

Quelques minutes plus tard, nous traversions à mon rythme lent d'humaine la vaste pelouse de la villa. Je déposai mon manteau et celui d'Edward dans l'entrée et rejoignis le salon d'où me provenaient des bruits de discussion. Je me figeai à la porte lorsque je tombai sur le groupe de vampires installés dans les canapés qui me fixaient tous. Edward, que j'avais complètement oublié, déposa prudemment sa main en bas de mon dos pour me pousser gentiment dans la pièce tout en murmurant que je ne craignais rien. Je fis quelques petits pas, les jambes flageolantes, avant qu'Esmée ne se relève pour me rejoindre. Quand elle se plaça devant moi, je ne pus retenir un sourire et me blottis contre elle en chuchotant « maman ». Lorsque je levai la tête, elle me sourit et m'embrassa sur la joue.
-Allez, viens chérie. dit-elle en m'emmenant vers les canapés, me plaçant ainsi entre elle et Carlisle.
-ça va, chérie ? me demanda mon père.
-où est Irina ? chuchotai-je en me tournant vers lui, tentant de me faire la plus discrète possible parmi ces ouïes surhumaines alors que quelques discussions avaient reprise.
-Elle est partie. me répondit aussitôt Eléazar. D'ailleurs, nous voulions nous excuser pour…
-Non, moi pas. Ne parle pas en mon nom, Eléazar. le coupa Tanya.
Instantanément, je me raidis et reculai légèrement vers le fond du canapé.
La grande blonde décroisa et recroisa ses longues jambes avant de se redresser un peu, se penchant dans ma direction.
-Je n'ai rien contre toi mais, il faut que tu saches que si ma très chère sœur est partie, c'est de ta faute. ajouta-t-elle.
-Tanya ! intervinrent aussitôt Eléazar, Carmen et Esmée.
Mais elle ne se démonta pas et se leva. Aussitôt, un mur apparut devant moi, me soustrayant au regard perçant de la vampire.
Mais je n'avais pas besoin de la voir pour que mon esprit ne se sente immédiatement en danger et ne me ramène vers d'autres souvenirs bien plus violents et dangereux. Bien que Jasper, Edward et Emmett ne soient debout devant moi, bien que Carlisle ne me tienne efficacement contre son torse, je ne pouvais empêcher mon cerveau de réagir tel qu'il l'avait fait depuis ces années, me permettant de rester en vie. Je me recroquevillai donc jusqu'à disparaitre, plaquant mon menton contre ma poitrine, enserrant fortement mes jambes de mes bras malgré mon attelle et cessai de respirer.

« C'est ta faute ! Sale petite humaine ! »… Combien de fois Victoria avait-elle pu hurler cela dans mes oreilles ? des dizaines ? non, des centaines de fois…me reprochant la disparition de James, m'accusant de tous les maux lorsque je ne réussissais pas à « attirer une nouvelle proie »…

Devant moi, Jasper avait beau s'être agenouillé juste après avoir déposé sa paume glacée sur ma peau pour permettre à son don d'agir plus fortement, je n'étais qu'une coquille vide, mon esprit bien trop torturé par ces souvenirs de Victoria qui avait à jamais brisé ma confiance en moi.
Enfoncée dans mes ténèbres personnelles, je sentais que quelque chose rampant en moi tentait de me calmer. Le pouvoir de Jasper sans doute qui me faisait prendre conscience que j'étais devenue une chose faible et peureuse, à mille lieues de ce que j'étais.

Et cela me mit en colère. Une colère sourde pour tout ce que j'acceptais encore de subir alors que Victoria n'était plus là. Je devais me battre. Je devais redevenir celle que j'étais. Je devais faire face et arrêter de rentrer dans ma coquille…
Alors, lorsque je perçus un dixième de seconde la voix de Tanya répétant que j'étais fautive du désespoir et de la colère de sa sœur, mon corps réagit à l'instinct.
Je me relevai d'un coup, surprenant les vampires à mon chevet, bondis face à Tanya et osai porter la main sur son chemisier haute-couture, serrant entre mes doigts la riche soie.
-Oui ! Je sais ! Tout est de ma faute ! me mis-je à hurler en poussant, en vain, Tanya qui me fixait de ses yeux ronds. Tout est de la faute de la pauvre petite Isabella ! Tout ! Je suis responsable de la mort de James et de Laurent ! Ah, si je n'avais pas eu un sang si parfumé ! poursuivis-je sur le même ton alors que personne n'osait bouger. Je n'y peux rien, putain ! vociférai-je en la poussant une nouvelle fois.
La vampire ne bougea pas d'un millimètre mais ses mains, en position défensive, redescendaient graduellement.
-Tu peux me faire porter la mort de James et Laurent, je n'en ai absolument rien à faire. Par contre, j'ai bien des morts sur la conscience, à cause de l'une de ton espèce…

(EsPOV)

Mon sang, si je pouvais encore utiliser cette expression, n'avait fait qu'un tour lorsque j'avais compris qu'Irina allait s'en prendre à Bella. J'étais sortie de la villa pour quelques minutes à peine alors que Bella était sous la douche, le temps de montrer à Tanya le chemin menant vers le cottage en ruines que je souhaitais restaurer quand nous aurions résolu le problème « Victoria ». Nous n'avions pas encore fait la moitié du chemin que j'avais perçu des éclats de voix en provenance de la maison. Je n'avais donc pas attendu et étais rentrée en moins de trente secondes. Irina et Bella étaient à l'étage. Et à en juger par les grognements de l'une et les battements de cœur puissants de ma fille, cela allait être un désastre.
Tanya sur les talons, je me retrouvai en deux bonds devant la porte de la chambre de Bella, frappant fortement contre le bois mais retenant mes coups pour ne pas briser la porte et effrayer encore plus ma Bella. Irina grogna férocement à mes coups tandis que le bruit de la baie coulissante s fit entendre. Quelqu'un sortait sur le balcon. Ce ne pouvait qu'être que Bella.
-La garce…Tu crois peut-être t'en sortir en sautant dans le jardin! entendis-je Irina.
-Irina ! cria Tanya.
Mais je n'attendis pas une seconde de plus et brisai la porte en deux. Tanya sauta sur sa sœur alors que celle-ci faisait éclater le verre de la baie vitrée.
L'air froid qui pénétra dans la pièce m'apporta deux fragrances de vampires. Je les reconnus aussitôt, soulagée par l'arrivée impromptue de ce couple, sachant qu'il aiderait Bella alors que je ne pouvais lâcher Irina que nous tenions plaquée au sol, Tanya et moi.
Soudain, la voix d'Edward me parvint :
-Esmée, tu as besoin d'aide ?
-Non, c'est bon. Où est Bella ? lui demandai-je, imaginant bien malgré moi qu'elle était peut-être tombée sur son bras blessé ou qu'elle était terrorisée.
-Avec ce cher Peter…grogna mon premier fils, surement jaloux.
-C'est lui qui a sauvé Bella de Laurent, Edward ! Alors, pas d'esclandre ! l'avertis-je mentalement.
-Lâchez-moi ! grogna Irina, C'est sa faute ! Laurent était mon âme-sœur ! répéta-t-elle en tentant de se libérer.
Le ronflement de la Porsche d'Alice se fit entendre et une minute plus tard, Kate apparaissait dans la pièce.
-Kate ! lui demanda simplement Tanya en désignant Irina alors que nous la tenions toujours serrée.
La vampire acquiesça, nous rejoignit et toucha du doigt Irina qui s'effondra au sol. La seconde suivante, Carlisle et les autres entraient en courant par la porte arrière. Emmett apparut dans la pièce, suivi par Carlisle et les autres.
-Bella ? me demanda Carlisle alors que nous entourions tous Irina, reprenant ses esprits, assise au sol.
-Dehors, avec Edward, Peter et les autres. lui indiquai-je.
-Je les rejoins. annonça Emmett en disparaissant aussitôt vers le rez-de-chaussée.

Puis de longues minutes étaient passées, tout le monde cherchant une explication au geste d'Irina. Je n'écoutais cela que d'une oreille discrète, préférant suivre ce qui se déroulait dans le jardin.
Je me sentais tellement coupable de ce qui était arrivé à Bella. Elle était sous ma garde… J'avais laissé ma fille être de nouveau menacée par l'un des nôtres.

Carlisle me prit dans ses bras, me sortant de mes pensées.
-C'est ma faute, Carlisle…
-Chut…me coupa-t-il, se mettant à me bercer lentement.
-Elle a voulu s'en prendre à Bella et je n'étais pas là pour défendre ma fille… poursuivis-je malgré tout.
-Nous ne pouvions pas avoir de soupçons envers Irina. Elle a toujours été loyale à notre clan. tenta-t-il de me réconforter.
Mais ces mots étaient vains. J'avais déjà perdu un enfant et j'avais failli en perdre un autre…
-Elle va avoir besoin de toi, Esmée. me répéta plusieurs fois Carlisle avant que nous n'entendions les autres rentrer.
Jasper et Alice apparurent les premiers à l'étage, suivis de Rose et Emmett. Je cherchais des yeux le dernier couple mais…
-ils sont dans l'entrée. me renseigna Jasper, comprenant mon angoisse. Elle est un peu secouée mais ça va. compléta-t-il alors que je me précipitai déjà dans l'escalier.

Deux secondes plus tard, je découvrais ma Bella blottie dans les bras d'Edward. Cette image me fit sourire. Un jour, elle reprendrait confiance et se rendrait compte que son amour pour Edward n'avait pas disparu. J'invitai discrètement Edward à s'installer dans le salon tandis que je préparai un bon thé bien chaud et m'éclipsai de nouveau vers l'étage, laissant le couple seul pour discuter calmement.

Je retrouvai les hommes installés dans le bureau de mon époux, discutant. Je m'avançai vers Peter, que je n'avais pas encore salué. Ce dernier, comme à son habitude lors de nos rares rencontres, me tendit la main mais je le surpris en l'enlaçant.
-Merci Peter. Deux fois Merci pour avoir sauvé ma petite fille. expliquai-je.
-De rien, M'dame. Je ne pouvais pas la laisser sur le bord de la route alors que j'avais la possibilité d'agir. expliqua-t-il en me rendant mon étreinte.
-Je t'en prie Peter, appelle-moi Esmée. Charlotte et toi faites partie de la famille. D'ailleurs, où est ta moitié ?
-Tu la connais. Quand Alice et Rose lui offrent de fouiller dans leurs dressings…me répondit-il dans un ton qui me fit sourire.
Carlisle reprit sa discussion avec Eléazar, lui expliquant ce que nous connaissions de Victoria. Au rez-de-chaussée, Edward et Bella discutaient.
J'essayais de leur donner de l'intimité, aussi, lorsqu'Emmett réagit en ricanant, je ne pus m'empêcher de le reprendre verbalement alors que Rose lui asséna l'une de ses célèbres petites tapes.
Alice et Carmen nous rejoignirent quelques minutes plus tard, nous annonçant qu'Irina avait choisi de partir.
-Ce sera surement plus facile pour Isabella. murmura Carmen, qui, même si elle avait été horrifiée du comportement de la vampire, ne pouvait s'empêcher d'avoir un petit pincement au cœur à voir partir l'un des siens.
Je ne pus que lui frotter l'épaule quelques secondes avant que nous n'entendions la porte d'entrée.
-Ils sont partis à la clairière. me souffla Alice, un sourire sur les lèvres.

Avait-elle vu quelque chose au sujet de Bella ? un dénouement heureux dans tout ce tumulte ?

Carlisle offrit de nous installer dans le salon afin de pouvoir discuter de l'arrivée de Peter et Charlotte.
-Peter, Charlotte, encore une fois, merci pour tout ce que vous avez fait pour Bella. débuta Carlisle, ce à quoi Peter répondit d'un léger hochement de tête.
-Je sais que vous vous êtes rapidement attachés à Bella mais, je sais aussi pertinemment que votre arrivée si rapide ici est dûe à quelques découvertes, non ? enchaina Jasper, reprenant son rôle de militaire, comme il l'avait toujours fait lorsque nous avions une crise grave à gérer.
-En effet. Si nous nous sommes permis de venir aussi vite sans vous prévenir, c'est parce que Victoria s'est mise en route. nous révéla Peter, figeant ainsi toute l'assemblée.
-Quand ? réagit Jasper.
-Avec le nombre de nouveaux-nés qu'elle doit gérer, et si elle ne veut pas éveiller l'intérêt des Italiens, je dirais…une semaine. annonça-t-il.
Je ne pus m'empêcher de serrer la main de Carlisle dans la mienne. Il ne nous restait qu'une semaine pour nous préparer à l'affrontement mais également pour mettre Bella à l'abri.
-Ce n'est pas tout…poursuivit-il, d'un ton encore plus grave. Jazz, elle a un acolyte plutôt expérimenté avec elle…
Jasper releva la tête, fixant celui qu'il considérait comme son premier frère dans les yeux.
-Elle ? souffla-t-il.
-Oui. répondit Peter.
Un lourd silence envahit la pièce.
-Putain, mais de qui vous parlez ? s'énerva Emmett après dix secondes.
-Maria…avoua Jasper.


Alors ?