Et voilà, les bonnes choses ont une fin…les vacances sont finies…Après trois semaines sans ordinateur et sans internet, je reviens avec des idées plein la tête et les doigts qui fourmillent devant le clavier !
Sans plus attendre, voici le nouveau chapitre.
Attention aux cœurs sensibles : prévoyez peut-être des mouchoirs...
Je vous laisse le découvrir et surtout, n'oubliez pas vos reviews !
Chapitre 17: « In the night, I hear them talk the coldest story ever told… » (Christine & the queens – Heartless)
(EsPOV)
Un lourd silence envahit la pièce.
-Putain mais de qui vous parlez ? s'énerva Emmett après dix secondes.
-Maria…avoua Jasper.
Jasper nous avait parlé longuement de ce vampire depuis son arrivée parmi nous.
De celle qui l'avait transformé alors qu'il pensait, en officier gentleman, aider un groupe de jeunes dames en détresse aux environs des champs de bataille de la Guerre Civile.
Il nous avait également expliqué le rôle qu'elle lui avait dévolu lorsqu'elle avait remarqué ses capacités… Et voir Jasper si…fermé alors que Peter venait d'annoncer la nouvelle m'inquiéta.
Et si mon fils replongeait dans ses travers ? Si elle reprenait l'ascendant qu'elle avait sur lui auparavant ?
-Ne t'inquiète pas, maman. me souffla Jasper qui s'était levé sans que je ne m'en rende compte, et avait déposé sa main sur mon épaule. J'aurais dû lui régler son compte voilà bien longtemps. poursuivit-il.
-Mais…cela ne sera pas difficile pour toi ? La revoir…murmurai-je, ne quittant pas mon fils des yeux.
-je ne la laisserai pas faire du mal à Isabella ! me coupa-t-il. Et encore moins à l'une d'entre vous. compléta-t-il alors qu'Alice nous rejoignait.
Jasper irradiait de détermination et je ne pus qu'acquiescer à sa promesse.
-Jasper, Charlotte et moi connaissons suffisamment Maria pour vous préparer à la rencontrer. Mais il nous reste une inconnue : Victoria. Et surtout son groupe. reprit Peter. Il faut absolument faire parler Bella. Elle seule peut nous renseigner sur tout cela.
Pensant aussitôt à la peine que ressentirait la jeune femme lorsque ce moment arriverait, je ne pus m'empêcher de serrer plus fort la main de mon époux.
Carlisle se tourna vers moi, me faisant un petit signe de la tête avant de répondre à ma prise sur sa main.
Alors que le clan Denali demandait quelques explications à Jesper et Peter, Alice émit un petit rire cristallin, brisant ainsi pour une seconde la tension qui régnait dans la maison.
-Chérie ? demanda Jasper aussitôt.
-Rien…continuez. répondit-elle un immense sourire sur les lèvres.
Elle sautilla jusqu'à moi, attrapant ma main avant de m'emmener vers la cuisine, suivies par Rose.
-Alice, enfin ! Dis-nous ! Tu as enfin eu une vision de Bella ? Tu la vois de nouveau ? grogna Rosalie, impatiente.
-Je commence à la revoir. Je pense qu'elle reprend confiance en elle et qu'elle prend de nouveau des décisions sur sa vie. Ou du moins sur son futur immédiat.
-Ok, ok…mais qu'as-tu vu ? reprit-elle, toujours aussi enjouée.
-Bella a embrassé Edward ! lâcha-t-elle avant de tournoyer sur elle-même, son rire si communicatif résonnant dans la cuisine.
-Alice ! Tu ne devais pas les laisser tranquilles ? la réprimandai-je pour la forme, car j'étais des plus heureuses grâce à cette nouvelle.
-Maman…voyons…je sais que tu es aussi curieuse qu'Alice et moi quand tu t'y mets ! me répondit Rosalie avec ce regard pétillant qu'elle ne réservait qu'aux membres de la famille lorsque tout allait bien.
Je grognai un peu pour la forme mais ne pus me retenir de demander quelques détails qu'Alice nous révéla en sautillant comme une adolescente.
-Ils sont sur le chemin du retour. annonça Alice après avoir terminé le récit de sa vision.
Nous nous réinstallâmes donc dans les canapés, reprenant d'une oreille distraite le fil des discussions.
Cela allait prendre un peu de temps pour que tout redevienne comme avant mais Bella avait fini par se rendre compte qu'elle aimait profondément Edward et qu'elle ne pouvait aller contre cela. A mes yeux, c'était déjà un pas énorme.
Après quelques minutes, un battement cardiaque se fit entendre, lointain.
-Ils sont dans le jardin. me souffla Alice, ravie.
Elle se pelotonna contre l'épaule de Jasper, souriante, tandis que des légers bruits de pas résonnaient désormais.
La porte d'entrée s'ouvrit sur Bella, emmitouflée dans le manteau d'Edward, le nez rosi par le froid hivernal. Elle finit par se tourner vers nous et se figea, son cœur se mettant à accélérer.
-Elle a peur. nous souffla Jasper, de telle sorte que Bella n'entende rien.
Edward acquiesça et passa son bras dans le dos de la jeune femme en lui murmurant à l'oreille qu'elle ne craignait rien.
Cette petite phrase m'attrista, nous rappelant immanquablement qu'Isabella avait de nouveau peur de nous.
-Elle n'a pas peur de nous, maman. me coupa Edward, ayant lu dans mes pensées, mais elle craint seulement de se retrouver face à Irina.
Sans attendre plus et ne supportant pas de voir les tremblements de ma fille qu'elle tentait de dissimuler en se contrôlant au maximum, je me levai et rejoignis le couple.
Bella me sourit aussitôt avant de se blottir contre moi en chuchotant un faible « maman » qui aurait fait palpiter durement mon cœur s'il n'avait pas été transformé en pierre.
-Je m'occupe d'elle, Edward. Tu devrais discuter un peu avec Peter et Jasper, nous avons un problème supplémentaire. glissai-je à mon fils avant de me pencher sur ma fille.
Je l'embrassai tendrement sur la joue et passai mon bras sous le sien pour l'emmener vers le canapé que j'occupai. Je l'installai aussitôt entre Carlisle et moi alors qu'Edward s'informait de l'apparition de Maria.
-ça va, chérie ? demanda Carlisle, sur le ton de la confidence.
-où est Irina ? réagit aussitôt Bella qui cherchait des yeux la vampire.
-Elle est partie. répondit aussitôt Eléazar, faisant légèrement sursauter la jeune humaine. D'ailleurs, nous voulions nous excuser pour…
-Non, moi pas. Ne parle pas en mon nom, Eléazar. le coupa Tanya alors que Bella se tassait contre le dossier. Je n'ai rien contre toi mais, il faut que tu saches que si ma très chère sœur est partie, c'est de ta faute. ajouta-t-elle.
-Tanya ! ne pus-je m'empêcher d'intervenir, rejointe par Eléazar et Carmen tandis que de notre ton vampirique, Emmett et Rose promettaient à Tanya une correction terrible si elle ne se taisait pas.
Mais Tanya poursuivit ses sifflements en se relevant légèrement. Instantanément, les garçons apparurent devant nous, épaule contre épaule, formant un mur que je savais infranchissable, surtout si c'était pour protéger Bella. Carlisle, lui, avait passé un bras sur les épaules de la jeune femme et la tenait contre son torse, prêt à intervenir si cela dégénérait. Bella restait silencieuse, le visage complètement fermé, ne quittant pas des yeux ses protecteurs.
-Tanya, arrête tout de suite ! demanda Eléazar, d'une voix ferme.
-Ecoute-le sinon, je m'occupe personnellement de ta ravissante petite tête ! renchérit Peter.
-Elle est terrorisée…siffla Jasper en se détournant légèrement vers nous pour regarder Bella.
-C'est plutôt compréhensible, non ? réagit sèchement Rose
-Non, ça ressemble beaucoup plus à ce que j'ai ressenti d'elle quand je l'ai retrouvée…expliqua Jasper alors que Bella venait se bouger pour se recroqueviller totalement dans le fond du canapé, ses bras enserrant puissamment ses jambes.
Je voulus défaire doucement son emprise mais Jasper ne m'en laissa pas le temps, s'agenouillant brusquement devant Bella avant de placer sa main sur le visage de sa sœur.
-Elle ne respire plus, elle retient sa respiration…murmura Carlisle.
-Fais quelque chose, chéri. soufflai-je, mon angoisse remontant en flèche.
-Elle me résiste. répondit Jasper. On dirait qu'elle contre mon pouvoir. compléta-t-il alors que je ressentais également les fortes doses de calme émises par Jasper.
-Comment est-ce possible… murmura si bas Carlisle que je crus avoir rêvé.
-Vous voyez ! Elle n'est bonne qu'à attirer des ennuis ! Irina souffre à cause d'elle et elle vous fera souffrir aussi ! renchérit Tanya.
Edward et Emmett se mirent à grogner très bas, et Edward fit un pas en avant.
-Je ne te laisserai plus insulter ma moitié, Tanya ! gronda-t-il.
-Tu ne me feras rien, Edward ! répondit Tanya, connaissant très bien les manières d'Edward envers les femmes.
Et alors qu'Edward faisait un second pas, Bella nous surprit tous. Elle bondit du canapé, passa le mur de vampires et se retrouva debout face à Tanya, sa main empoignant le chemisier de Tanya.
-Oui ! Je sais ! Tout est de ma faute ! se mit-elle à hurler. Tout est de la faute de la pauvre petite Isabella ! Tout ! Je suis responsable de la mort de James et de Laurent ! Ah, si je n'avais pas eu un sang si parfumé ! Je n'y peux rien, putain ! ragea-t-elle en essayant de pousser Tanya, comme si elle avait oublié que cette dernière était un vampire.
-Si tu touches un seul de ses cheveux, je t'aplatis ! gronda sauvagement Emmett tandis que Tanya semblait abasourdie du comportement de note dernière fille.
-Elle est en colère. murmura Jasper.
-Renforce ce sentiment, Jasper. demanda Carlisle.
-Quoi ? réagit aussitôt Edward, verbalisant surement notre étonnement collectif.
-Elle ne parle d'elle et de ce qu'elle a subi que lorsqu'elle est en proie à de fortes émotions. expliqua mon époux.
Jasper comprit et se concentra alors sur Isabella.
-Tu peux me faire porter la mort de James et Laurent, je n'en ai absolument rien à faire. Par contre, j'ai bien des morts sur la conscience…poursuivait Bella, plongée dans sa colère.
-Il faut qu'elle parle…nous devons savoir…murmura Peter, visiblement très attaché à la jeune femme lui aussi.
-Je n'étais qu'un appât ! Elle m'utilisait comme appât ! Je devais attirer des gens et ensuite, elle m'obligeait à choisir qui devait lui servir de repas ! expliqua-t-elle en relâchant la chemise de Tanya. Alors, crois-moi, j'ai tellement de morts humaines sur les mains à cause de ceux de ton espèce que quelques morts de plus ne me font plus rien, même si Laurent m'a bien aidée ces derniers jours…finit-elle en se détournant de sa cible pour faire quelques pas dans la pièce.
-Jasper, il faut qu'elle continue à parler. demanda Carlisle alors qu'Edward observait son aimée, le visage torturé.
Jasper acquiesça et utilisa surement son don car ma fille reprit son récit :
-Je…elle m'a obligée à attirer des jeunes hommes, sortant de bars ou de boites de nuit. Puis je devais choisir…lequel méritait de vivre…lequel méritait de mourir…Je les vois tous. J'ai leurs visages gravés dans ma mémoire. Leurs yeux exorbités par la peur quand je finis par les désigner et… poursuivit-elle alors que des sanglots se faisaient entendre dans sa gorge.
-C'est trop difficile Carlisle ! invoqua Edward de notre ton vampirique.
-Mais c'est nécessaire…tenta de lui expliquer le médecin.
-Une fois, elle a voulu que j'aille dans un parc avec des enfants…avoua-t-elle en pleurant.
Tout comme moi, Rose ne put s'empêcher de hoqueter à la pensée de ce que Bella avait dû ressentir face à ces enfants.
-Comment a-t-elle pu la torturer de cette manière ? souffla Rosalie en se rapprochant d'Emmett pour qu'il l'enlace.
-Jasper, arrête s'il te plait. demanda Edward, la voix brisée par des larmes pourtant inexistantes.
-Papa a raison, Edward, tu le sais. Et nous n'avons malheureusement plus le temps d'attendre que Bella se sente suffisamment en sécurité pour nous parler. le contra gentiment Jasper.
-Alors, je vais le faire. Je vais l'éblouir. décida Edward.
N'y tenant plus, il s'approcha lentement de Bella, ne voulant pas l'apeurer, et déposa sa paume sur la joue de la jeune femme en pleurs.
-Chérie…Bella…tenta-t-il pour qu'elle relève la tête mais Bella restait le menton collé à la poitrine. Chérie, regarde-moi. réessaya-t-il en plaçant un doigt sous son menton.
Bella finit par obéir et plongea dans le regard doré d'Edward.
-Chérie, où Victoria te gardait-elle ? commença-t-il à l'interroger, suivant les conseils de Carlisle et de Jasper.
-Elle m'a emmenée dans le Colorado. Mais comme je ne voulais pas lui obéir, elle m'a emmenée à Phoenix…
Phoenix…où vivaient Bella et Renée…réalisai-je, frissonnant à l'idée de ce qu'avait pu faire Victoria.
-Je…comme je ne voulais pas lui obéir, elle a menacé ma mère et Phil…reprit Bella en pleurant un peu plus fort. Si je ne lui trouvais pas de proie, elle s'en prendrait à ma mère…
(BPOV)
-Quand nous sommes arrivés à Phoenix, je l'ai suppliée de les laisser saufs, que j'allais lui obéir… expliquai-je, les mots sortant sans contrôle aucun, totalement hypnotisée par l'or liquide qui captait toute mon attention.
Je savais parfaitement ce qu'Edward était en train de me faire. Et dans un sens, je l'en remerciais vivement car jamais je n'aurais eu le courage d'expliquer tout cela sans m'effondrer encore et encore…
Pourtant, tous ces mots, je voulais les retenir, les taire, ne rien divulguer. Tout était tellement horrible. J'en avais tellement honte.
Que penseraient-ils de moi ? Après tout, j'avais tué toutes ces personnes moi aussi. Depuis ce premier jeune homme blond que j'avais pris au piège jusqu'à cette infirmière qui avait voulu venir m'aider, pensant que je me sentais mal, seule, au fond de cette ruelle glauque…
-J'ai obéi au moindre de ses ordres… « Ne parle pas ! » « Ne bouge pas », elle ne savait que me dire cela….poursuivis-je. Elle me réveillait plusieurs fois durant la nuit, me frappant mais j'ai serré les dents et je n'ai rien dit… Ça a duré plus d'une semaine et elle ne me parlait plus de Renée. Alors, j'ai cru qu'elle était passée à autre chose…
Quelle imbécile avais-je été à cet instant…croire qu'un vampire puisse oublier quelque chose, ou changer d'idée…Malgré moi, mes mains se mirent à trembler, de plus en plus fortement tandis que mes lèvres bougeaient, débitant toutes ces horreurs.
-Elle…Un soir, Victoria est sortie avec plusieurs nouveaux-nés, me laissant avec Laurent. Au milieu de la nuit, il m'a tirée de mon placard puis s'est mis à courir pendant des kilomètres, ricanant de temps à autre.
Je voulus m'arrêter, baisser la tête pour reprendre mes esprits mais la prise glacée sur mon menton m'en empêchait. Un sanglot douloureux traversa ma poitrine puis ma gorge et je crus un instant que le vampire allait cesser son emprise. Mais à la place, je sentis une vague de courage s'insinuer en moi.
-Quand Laurent m'a jetée par terre, nous étions dans un terrain vague, alors que la nuit commençait à tomber…
Et je replongeai alors dans mes souvenirs de cette nuit si particulière…
Je tentais de me repérer à quelque chose mais des pleurs me figèrent.
-Bella, chérie…sanglota une voix de femme que je reconnaitrai entre mille.
-Maman ! Maman ! hurlai-je encore plus fort avant de m'élancer vers le son mais la main froide de Laurent me retint.
Tout à coup, une lumière puissante éblouit toute la zone et Victoria se matérialisa devant moi. Aveuglée par la lumière, je mis une seconde de trop à reculer et sa main vint solidement attraper ma mâchoire, enfonçant ainsi son pouce et son index dans mes joues pour me forcer à regarder quelque chose.
-Regarde Isabella ! Regarde nos invités ! ricana-t-elle en orientant mon visage vers la zone éclairée par ce qu'il me semblait être des phares de voiture.
Dans cette zone, ma mère et Phil étaient au sol, à genoux, dans les bras l'un de l'autre.
-Mon Dieu, mon bébé ! pleura ma mère alors que j'essayais d'articuler quelque chose, mais la poigne de fer de Victoria m'en empêcha.
Je secouai la tête de rage et ne pus retenir un grognement.
-Oh, regardez ! comme c'est touchant ! La petite Isabella qui se rebelle pour défendre sa maman ! singea-t-elle avant d'éclater de rire, accompagnée de ses sbires.
Qu'allait-elle leur faire ? Allais-je devoir choisir, comme à chaque fois ? Mais comment pourrais-je faire cela ? Choisir entre ma mère et mon beau-père ? Mais même si Phil était un homme vraiment très bon, mon choix était déjà fait.
-Vois-tu, très chère Isabella, habituellement, je te demande de choisir entre les deux mais là, on va changer les règles du jeu. se reprit-elle, plus sérieuse. Je te donne la possibilité de sauver ta mère et son époux si…
A cet instant, une vague d'espoir s'insinua en moi…J'allais peut-être pouvoir sauver ma mère…Non, j'allais tout faire pour les sauver tous les deux !
-tu passes un coup de téléphone à une personne bien particulière à mon cœur. annonça Victoria alors que je ne comprenais pas vraiment de qui elle parlait.
Elle dut le remarquer à mon visage car elle se mit à rire avant de reprendre la parole.
-Vois-tu, dans cette forêt de Forks, j'ai rencontré des loups garous et j'aimerais tant me battre contre l'un d'eux. Alors je veux que tu appelles ton ami…Jacob, je crois…me lança-t-elle.
Mais de quoi parlait-elle ? J'avais bien entendu ces vieilles légendes racontées au coin du feu sur la plage de la Push lors des veillées avec les Quileute. Et pourquoi mêlait-elle Jake à cela ? En quoi Jacob pouvait-il bien être une de ces créatures mythologiques ?
Ne répondant pas aussitôt, Victoria me poussa violemment, me faisant tomber au sol, provoquant les cris de ma mère. Je me redressai aussitôt, sachant très bien que si je restais ainsi au sol, d'autres coups pourraient pleuvoir rapidement.
-Regarde, Isabella, ta chère petite maman qui s'inquiète pour toi ! ricana-t-elle de nouveau en me montrant Renée, en larmes, au sol.
Je croisai le regard de ma mère, que je n'avais plus vu depuis presque deux années, depuis mon départ de Phoenix…
J'avais attiré mes parents dans ce monde dangereux malgré moi. Charlie était déjà mort et aujourd'hui, il me restait une mince chance de sauver Renée…
La vampire rousse me tendit un petit objet argenté. Je le pris sans un mot avant de le fixer longuement.
-Tu hésites ? Isabella hésite à appeler un clébard puant, voyez-vous ça…reprit Victoria en se mettant à marcher devant moi, comme un humain le ferait pour réfléchir. Alors, tu vois, je vais t'expliquer cela plus clairement. asséna-t-elle durement en s'arrêtant devant moi avant de disparaitre dans un courant glacial.
Je n'eus même pas le temps de chercher ma tortionnaire car les cris terrorisés de ma mère résonnèrent, me faisant prendre immédiatement conscience du lieu où elle se trouvait.
-Non ! Je vous en supplie ! hurlait Renée tandis que la vampire tenait, au bout de son bras tendu…Phil, les jambes se débattant dans les airs, cherchant un appui.
-Non ! hurlais-je à mon tour.
Je voulus me précipiter vers eux mais Laurent me retint en serrant puissamment mon bras. A coups sûrs, des ecchymoses allaient apparaitre dans quelques heures mais à cet instant précis, je ne m'en souciais guère…
-Tu vois Isabella, tu n'es pas très coopérative alors…reprit-elle en levant encore son bras, Phil se débattant de plus belle dans les airs. Il te faut une petite leçon…
-Non, c'est bon ! J'ai compris ! J'ai compris ! Je serais… la coupai-je.
-Non, tu as besoin d'un exemple, Isabella. Alors…finit-elle avant de briser la nuque de Phil comme un simple fétu de paille, me laissant complétement éberluée tandis que Renée hurlait à pleins poumons le prénom de son mari.
Victoria relâcha le corps de sa victime, le laissant s'écraser au sol. Aussitôt, un des nouveaux-nés se précipita sur le cadavre pour y planter ses dents, tandis que la vampire se matérialisait au pied de ma mère, recroquevillée au sol, des sanglots déchirants la secouant. Elle s'agenouilla près de Renée et me fixa :
-Alors, tu as le choix Isabella : si tu appelles ton ami Jacob et qu'il vient à Phoenix, je lui laisse la vie sauve. Sinon…
-Je…Je l'appelle ! Je l'appelle tout de suite ! la coupai-je, ne réfléchissant même plus.
-Il ne doit se douter de rien, bien entendu ! demande-lui juste de te rejoindre au plus vite. m'ordonna Laurent, à quelques pas de moi.
-Que…que dois-je lui dire…balbutiai-je difficilement.
-Débrouille-toi mais sois convaincante !
Pardon Jake. Pardon mais je devais faire un choix.
Laurent et Victoria se mirent à rire tandis que, de mes mains tremblantes, je tentai de composer le numéro de téléphone de Jacob.
-Chérie, calme-toi, ça va aller. tenta de ma rassurer ma mère, m'obligeant à lever les yeux sur elle.
Entre ses larmes, elle réussit à me sourire et me donna le courage d'appuyer sur la dernière touche.
Les sonneries s'égrenèrent, me faisant prendre conscience qu'il devait être la pleine nuit à Forks. Et si Jake ne décrochait pas ? Victoria tuerait-elle aussitôt ma mère ou me laisserait-elle un nouvel essai ?
A la quatrième sonnerie, il décrocha enfin et entendre sa voix, bien qu'endormie, après tout ce temps, fit bondir mon cœur.
-Black…se présenta-t-il, encore groggy.
-Jacob ! Jake ! réagis-je aussitôt, en larmes.
-Be..Bella ? comprit-il aussitôt. Bella, où es-tu ? Bon sang, ça fait presqu'un an qu'on te cherche et…poursuivit-il d'une voix stressée.
Devant moi, Laurent et Victoria semblaient s'impatienter.
-Jake ! le coupai-je alors tandis que des larmes couler sans discontinuer. Jake, s'il te plait, viens me chercher !
-Où es-tu ?
-Je…à Phoenix…je…viens, s'il te plait…Jake, s'il te plait.
-Bella, que se passe-t-il ? Que t'est-il arrivé ? Es-tu en danger ? insista-t-il.
-Jacob, j'ai besoin de toi…je…pleurai-je encore plus fort.
-Ok, je prends le prochain avion pour Phoenix. abdiqua-t-il, faisant redoubler mes pleurs. Où puis-je te joindre ? C'est ton téléphone ?
-Oui. répondis-je faiblement.
-Je t'envoie mes horaires et je t'appelle dès que je me pose.
-Merci Jake.
-Bella, que t'est-il arrivée ? tenta-t-il mais Victoria me fit un signe que je compris aussitôt lorsqu'elle pointa la tête de Renée.
-Je…je n'ai pas le temps Jake. Je dois y aller…
-où dois-je te retrouver ? demanda-t-il.
Je jetai un regard sur les vampires m'entourant en quête d'une réponse mais je me heurtai à des visages impassibles et une main blanche caressant lentement les cheveux de ma mère. Alors, je répondis instinctivement, en donnant l'adresse de mon ancien lycée, situé en périphérie de la ville.
-Avec qui es-tu ? demanda-t-il à nouveau
-Pardon Jake…terminai-je avant de couper la conversation.
Pardon pour tout, Jacob… pensai-je avant de redéposer le téléphone dans la main ouverte de Laurent.
-Bien, ton ami devrait être rapide. commenta Victoria, souriant à pleines dents. Pendant ce temps, je vais être généreuse avec toi, tu vas pouvoir rester avec ta chère maman. expliqua-t-elle alors que Laurent me laissait le passage libre.
Je courus comme je pus auprès de ma mère et elle tomba dans mes bras en pleurant. Elle voulut me parler mais Victoria siffla. Aussitôt je murmurai le plus bas possible à Renée de ne plus parler et nous attendîmes, dans les bras l'une de l'autre.
Parfois, je traçai du bout du doigt des lettres sur le bras de ma mère, communiquant ainsi un minimum. Je voulais la rassurer mais n'avais pas la possibilité de lui expliquer tout ce monde auquel elle était confrontée violemment. Alors, je ne faisais que m'excuser. Pour Phil. Pour papa. Pour ma disparition.
Après un moment, alors que la nuit était bien avancée, un bip de téléphone se fit entendre, m'alertant.
-Haha ! Il sera à 14h20 à Phoenix demain. s'exclama Laurent après avoir regardé l'écran qui projetait un faible halo bleuté sur la peau de marbre du vampire.
-Bien. Bonne nouvelle. répondit simplement Victoria. On peut rentrer alors. lança-t-elle en faisant un signe à Laurent.
Ce dernier se déplaça jusqu'à mes pieds et tendit une main vers moi.
-Toi, viens avec moi. m'ordonna-t-il tandis que ma mère s'accrochait désespérément à mon bras, comprenant que nous allions être séparées.
Mais je savais pertinemment que si je n'obéissais dans la minute, la situation allait dégénérée.
-Ne t'en fais pas, maman. Fais juste ce qu'ils te demandent, d'accord ? lui dis-je tout bas avant de l'embrasser sur la joue.
Elle acquiesça, en larmes, et je me relevai pour suivre Laurent. Victoria demanda à ma mère de se relever à son tour et Victoria l'amena vers un groupe de vampires qui patientait devant la voiture qui nous servait de projecteur. Et j'eus une mauvaise intuition…
-Qu'allez-vous faire d'elle ? murmurai-je le plus bas possible à Laurent.
Celui-ci, malgré son comportement parfois violent envers moi, tolérait que je lui parle. Mais il ne répondit pas.
-J'ai obéi…Jake va venir…j'ai obéi…réagis-je alors aussitôt un peu plus fort alors que je lisais une certaine…gêne sur le visage du vampire.
-Oui, brave petite Isabella, tu as été bien obéissante ! ricana Victoria.
Et lorsque je vis le groupe se rapprocher de Renée, je compris ce qui allait se passer.
-Maman ! Non ! hurlai-je en me débattant tandis que Laurent me maintenait puissamment le bras.
-Chut ! Ce n'est rien ma chérie ! Tout va bien se passer ! ça va aller ! me répondit alors ma mère malgré ses sanglots, comme pour me rassurer.
-Maman ! poursuivis-je
-Je t'aime ma chérie. Ne pleure plus…ajouta-t-elle mais elle ne put en dire plus car Victoria lança sa meute sur elle.
Choquée, je ne pus sortir un seul son et mon corps se mit à trembler violemment. Ma tête me tourna, mon cœur se serra…puis plus rien…
