Et un chapitre tout chaud ! Un ! Et dans les temps en plus !

Bon, au chapitre précédent, je vous annonçais de l'action, du sang, de la baston…mais, je me suis mise sur mon clavier et voilà…J'espère que vous ne m'en voudrez pas mais une idée en amenant une autre, je me suis laissée entrainer dans l'écriture… J'attends donc vos avis et surtout, je vous promets que la bagarre sera pour bientôt ! -)

Merci pour votre soutien.

Je vous laisse lire et surtout, n'oubliez pas vos reviews !


Chapitre 20: « I close my eyes only for a moment, and the moment's gone»– Dust in the wind / Kansas)

Les entrainements reprirent alors que Bella avait rejoint sa chambre, l'air visiblement énervée. Je recevais de petits flash, très courts, concernant Bella : elle faisant son sac pour quitter Forks… elle descendant en courant pour sauter sur le dos d'Edward et le gifler…elle mettant Edward dehors de sa chambre et refusant de lui parler, boudant…

Au fur et à mesure que les minutes passaient, les décisions de Bella s'amoindrissaient, sa colère se calmant progressivement. Rosalie remarqua mon sourire et me questionna sur le pourquoi.

-le chaton a finalement quelques griffes. commenta Rose, en souriant tout comme moi.
-oui, elle a changé et…répondis-je avant de recevoir de nouvelles visions courtes d'Isabella.

Bella cherchant à se blesser au milieu de nous pour provoquer un incident comme lors de son anniversaire…elle sautant de la falaise de la réserve quileute…

-Il faut qu'Edward règle rapidement cette histoire de transformation avec elle car elle va chercher à se mettre en danger pour provoquer celle-ci. dis-je à Rosalie.
-Allons la voir, je pense qu'elle est juste triste et blessée. répondit-elle avant de se diriger vers l'étage.

Nous trouvâmes Bella allongée sur son lit, la tête sous l'oreiller. Elle ne bougea pas lorsque Rose referma la porte derrière nous mais son cœur accéléra un peu, signe qu'elle avait détecté une présence près d'elle. Je lançai un regard à Rosalie et nous nous assîmes lentement de chaque côté d'elle sans dire un mot.

-Hé Bella…dis-je après quelques secondes de silence en déposant prudemment ma main sur son épaule.
Elle finit par sortir de sa cachette et s'installa contre la tête de lit. Elle avait pleuré mais nous n'avions pas voulu lui faire remarquer.
-Bella, qu'est-ce qu'il se passe ?

(BPOV)

Je tournais comme un lion en cage depuis mon réveil. Edward était là lorsque j'ouvris les yeux et, tandis que je me dirigeai vers la salle de bain pour une douche bienfaitrice, il descendit préparer mon petit-déjeuner. Je me dépêchai dans ma routine quotidienne, et dévalai l'escalier en courant, ayant repris un peu de force dans les jambes, pour me précipiter devant la télévision du salon.

Depuis ma « découverte » sur l'armée de Victoria, Carlisle avait fini par enlever l'écran qui se trouvait dans ma chambre car je ne réussissais pas à le quitter des yeux, cherchant la moindre information sur une nouvelle disparition, angoissant devant l'écran bleuté.

Lorsque je déboulai dans le salon, plusieurs vampires s'y trouvaient déjà, près de la télévision allumée sans son audible…du moins pour moi…

J'étais un peu plus à l'aise avec le groupe de vampires qui se montrait malgré tout assez prudent avec moi, ne m'approchant pas si je ne le faisais pas.
Hier, j'avais voulu prendre l'air dans le jardin et m'étais installée sur un des bancs, observant leurs entrainements. Emmett, fidèle à lui-même, m'avait taquinée. J'avais répondu, entrant dans son jeu malgré tout et j'avais fini sur son épaule, tel un sac de pommes de terre, à lui taper dans le dos pour qu'il me lâche et à lui promettre que ma vengeance serait terrible. Il l'avait fait, me laissant sur mes pieds, au beau milieu de la pelouse avant de courir se « cacher » au centre du groupe où s'entrainait Rose… Là encore, il m'avait taquinée, persuadé que je n'oserais pas le rejoindre. J'avais hésité, moins d'une seconde, mais j'avais finalement cédé à la tentation et j'avais « couru » derrière lui, le rejoignant au cœur de ce groupe de vampires pour lui sauter sur le dos et faire semblant de lui tordre le cou, comme dans les démonstrations de Peter et Jasper. Un grand éclat de rire s'éleva avant que l'un des amis de Peter ne se plante à côté de moi tout en déposant ses mains glacées sur les miennes. Immédiatement, je me tendis, tout comme les muscles d'Emmett sous mes jambes.
-Si tu veux être efficace, place-les plutôt comme ça. m'indiqua Benjamin, faisant surement comme s'il n'avait rien perçu de notre changement de comportement.
Je tournai la tête vers lui, croisant immanquablement ses prunelles rouge sang. Je perçus dans mon champ gauche, l'arrivée d'Edward qui, pourtant, s'entrainait de l'autre côté de la villa. Je compris tout de suite que la situation allait déraper selon ma prochaine réaction, alors, tout en contrôlant ma respiration pour me calmer, je me tournai complètement vers Benjamin, tentant un sourire en lui disant :
-Hé bien, montre-moi !
Il y eut encore deux ou trois secondes de silence, signe que tout le monde avait remarqué la tension du moment puis le rire de Peter finit par décontracter les vampires, expliquant que, de toute façon, apprendre ces techniques me servirait tôt ou tard car j'allais devenir l'une des leurs.
J'étais ensuite restée quelques minutes supplémentaires au milieu d'eux avant qu'Esmée ne m'offre de rentrer pour prendre un thé bien chaud.

-Salut Bellissima ! Je crois que ton petit-déjeuner t'attend. A moins que tu ne veuilles servir de petit-déjeuner à nos amis. me salua Emmett, essayant ainsi de me diriger vers la cuisine tout en me faisant peur.
-Mets du son, Emmett ! Et arrête de dire des bêtises. répondis-je du tac au tac.
Emmett refusa d'un signe de tête et m'obligea ainsi à franchir la ligne de vampires qui nous séparait encore.
-Donne-moi cette fichue télécommande ! demandai-je plus durement.
Une lueur de tristesse passa dans ses pupilles dorées avant de me tendre l'objet en plastique sombre. Je le pris immédiatement, m'en voulant de peiner ainsi mon frère, mais mon angoisse était bien trop forte pour garder une attitude calme. Je mis du son, me faisant presque sursauter moi-même, tout en scrutant l'écran. Une page de pub vantait les mérites d'une nouvelle lessive mais le plus important était le petit bandeau jaune qui défilait tout en bas de l'écran. Quelques secondes plus tard, alors que je m'étais inconsciemment rapprochée de l'appareil, les présentateurs réapparurent en direct tandis qu'en fond étaient incrustées les photos de 6 jeunes.
-Chérie, tu ne devrais pas regarder ça. me dit doucement Edward en déposant sa main sur mon épaule.
Je me dégageai sans un mot, attendant l'information qui me semblait primordiale…
-Bella, chérie…
-Chut. demandai-je sans quitter l'écran.
Puis elle apparut : une petite carte des environs de Pullman… dans l'état de Washington…
A ce nom, mon cœur eut un raté. Elle approchait. Victoria approchait. Dangereusement. Aussitôt, mon esprit se mit à tourner, cherchant à calculer le nombre de jours et la distance qui nous séparaient d'elle et de son armée…mais j'étais bien trop confuse pour trouver la solution à ce problème de maths…
-Combien de jours ? finis-je par murmurer sans lâcher l'écran des yeux.
Derrière moi, personne ne répondit.
-Combien de putain de jours ?! finis-je par demander en criant.
-ça dépend d'elle, maintenant. Elle peut être là dès demain si elle en a envie. dit Peter en me rejoignant pour me prendre la télécommande et éteindre la télévision.

Peter était le seul, avec Rosalie, à me dire la vérité. Du moins, à ne pas tergiverser durant ce qu'il me semblait être des heures. Je savais que les autres faisaient cela pour me préserver mais j'en avais suffisamment vu ces deux dernières années pour supporter une annonce telle que celle-ci.

J'avais remercié Peter d'une rapide accolade et étais remontée sans un mot dans ma chambre, angoissée, mais je n'avais pas voulu le laisser paraitre devant les autres. Au bout de quelques minutes, la porte s'ouvrit dans mon dos et je n'eus pas besoin de me retourner pour savoir qui était là. Mon corps le reconnaissait de lui-même. Aussi, lorsqu'il passa lentement ses bras froids autour de ma taille pour m'attirer contre lui, je ne tressaillis pas et poussai même à déposer l'arrière de ma tête contre son torse tout en fermant les yeux. Ses lèvres lisses vinrent se poser sur mes cheveux avant de resserrer son étreinte. Je ne dis rien mais me retournai contre lui pour pouvoir enfouir mon visage entre ses pectoraux, soufflant longuement pour tenter de me détendre.
-Bella ? Qu'y-a-t-il ? demanda-t-il d'une voix douce.
Je serrais les dents, ne voulant pas l'inquiéter encore plus. Comment lui dire que même s'ils sont des êtres surnaturels d'une force surhumaine, je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter pour eux ?
-Écoute-moi, murmura-t-il. La tâche va être facile. Les nouveau-nés seront complètement désarçonnés. Je les ai vus agir en groupe au travers des souvenirs de Jasper. Je suis persuadé à cent pour cent que les techniques de combat de Peter et Jasper fonctionneront. Nos adversaires seront divisés parmi nous, perdus. Si ça se trouve, certains seront même réduits à jouer les spectateurs.
- Une vraie promenade de santé, marmonnai-je d'une voix plate sans décoller mon front du pull soyeux.
- Chut ! Tu verras. Inutile de t'inquiéter maintenant. reprit-il en caressant mes cheveux.
Il se mit à fredonner ma berceuse qui, cependant, ne m'apporta nul apaisement.
Des gens - d'accord, des vampires – que j'appréciais allaient surement être blessés, voire pire... À cause de moi. Encore une fois.
Victoria m'était toujours apparue comme une force de la nature, pareille à un cyclone qui partait de la côte et filait tout droit à l'intérieur du pays, inévitable, implacable mais prévisible. Quoique... j'avais tort sans doute de la réduire à cela. Elle était plus que capable de s'adapter et avait une armée avec elle…

Si je voulais éviter un bain de sang et la mort de ma nouvelle famille, il me suffirait de quitter la villa et de me diriger droit sur elle. Après tout, j'avais rempli ma mission en prévenant les Cullen du danger et je pouvais peut-être leur éviter le malheur en me jetant dans la gueule du loup…
-Surement pas ! s'écria Alice en ouvrant grand la porte de la chambre, me faisant sursauter.
-Alice ! grogna Edward.
-Excuse-moi mais quand ta fiancée prend des décisions aussi absurdes, je ne peux qu'intervenir ! expliqua-t-elle, visiblement énervée.
-c'est-à-dire ? questionna Edward alors que je me détachais de lui, sentant la tension dans ses muscles.
Alice ne dit rien, se contentant de me fixer en croisant les bras sous sa poitrine.
-Mais Alice, je…c'est totalement absurde…je ne veux pas être la cause de nouvelles morts…surtout celles des gens que j'aime…dis-je, les larmes aux yeux sans lâcher du regard ma sœur.
-Alice ? intervint mon Adonis, qui, apparemment, n'avait pas accès aux pensées de la vampire.
-Bella envisage de nous fausser compagnie en empruntant la voiture et de se jeter toute seule dans la gueule du loup. Finit par lâcher Alice ans jamais me lâcher du regard.
-Quoi !? Mais…s'exclama Edward, complètement choqué.
-Je ne veux pas que quelqu'un meure de nouveau par ma faute. le coupai-je avant de laisser les larmes couler.
Tout à coup, Edward m'enlaça, caressa mes joues, mes bras. Il me réconfortait alors que je n'avais en tête que des images de mes proches morts…
- Cela n'ira pas jusque-là, Bella, souffla-t-il. Nous réglerons la situation rapidement.
- Ignorer si vous en reviendrez ou non est intolérable, ce n'est pas une question de rapidité.
- Ce sera facile. Tes peurs sont infondées.
- Ah oui ?
- Je te le jure.
- Tout le monde s'en sortira ?
- Oui.
- Tu t'inquiètes trop, Bella, rétorqua Alice. À force, tu vas blanchir prématurément. ajouta-t-elle en me prenant dans ses bras à son tour. Que dirais-tu d'une petite sortie au cinéma entre filles ce soir, après les séances d'entrainement ?
-Alice, Bella ne peut pas se montrer en ville et il n'est pas prudent…
-Il n'arrivera rien ce soir. Et puis, nous n'allons pas loin. Emmett est en train de tout installer dans le cottage. insista Alice.
-Le cottage ? soulevai-je.
Edward eut un petit sourire devant ma question.
-Ce devait être une surprise pour plus tard mais je crois que finalement c'est le bon moment.
-Emmène-la ! Emmène-la ! s'enthousiasma Alice tout en sautillant sur place.
Edward acquiesça et Alice disparut dans la seconde, me laissant encore sous le choc.
-Il y a un vieux cottage à quelques centaines de mètres d'ici. Esmée a commencé à le réhabiliter voilà deux jours pour nous en faire cadeau plus tard…quand tout sera calmé. Avoua-t-il en me dirigeant vers le rez-de-chaussée.
Alice réapparut en bas des marches, tenant une énorme parka qu'elle s'empressa de me passer avant d'y ajouter un bonnet de laine et des gants assortis.
-Je vous accompagne. annonça Esmée en sortant de la cuisine, tenant une brioche entre ses doigts.
Elle s'approcha de moi, me fit une petite accolade avant de me tendre la viennoiserie, consciente que je n'avais toujours rien avalé depuis mon réveil.

Nous quittâmes la maison pour traverser le jardin puis nous nous enfonçâmes dans la forêt. Instinctivement, ma main s'était solidement accrochée au bras d'Edward afin de ne pas m'étaler sur le sol humide. Esmée et Alice, quelques pas devant nous, discutaient. Après quelques minutes, elles ralentirent un peu et bientôt, la forêt laissa la place à une petite clairière dans laquelle nous groupe s'arrêta en silence.

Là, devant mes yeux, se dressait un minuscule cottage en pierre. Un de ses murs était couvert de chèvrefeuille, jusqu'aux tuiles en bois. Des roses tardives s'épanouissaient dans un jardin grand comme un mouchoir de poche sous les fenêtres sombres et renfoncées dans les murs épais. Un sentier de pierres plates menait à la porte en bois arquée très pittoresque. Mes doigts se refermèrent autour de la main d'Edward. J'étais sous le choc.
-Alors, qu'en penses-tu ? s'enquit Esmée.
La douceur de sa voix s'harmonisait avec la quiétude des lieux qui semblaient tirés d'un conte pour enfants. J'ouvris la bouche mais les mots me manquèrent.
-Esmée a pensé que nous aimerions avoir un endroit à nous, expliqua Edward. Pas trop loin d'elle, cependant. Elle adore rénover de vieilles maisons. Celle-ci tombait en ruine depuis au moins un siècle.
Je restais bouche bée comme une carpe.
-Elle ne te plaît pas ? se désola Alice. Je suis sûre que nous pourrions l'arranger autrement, si tu préfères. Emmett voulait ajouter plusieurs centaines de mètres carrés, un étage, des colonnes et une tourelle, mais Esmée a estimé que tu l'aimerais mieux en l'état. Si elle s'est trompée, nous recommencerons. Il ne nous faudra pas longtemps pour...
-Chut ! la coupa Edward. Laisse-lui un peu de temps, s'il te plait.

Mes yeux allaient et venaient sur le bâtiment, ne sachant où s'arrêter. Je ne réussissais pas à faire le lien entre ce que j'avais devant les yeux et ce que venait de me dire Edward. Celui-ci dut sentir mon désarroi car il fit un pas pour se mettre devant moi avant de prendre mon visage entre ses mains pour que je regarde.
-Bella, je sais que la situation n'est pas idéale et je ne pensais pas du tout faire cela aujourd'hui. Mais, après tout…commença-t-il avant de se détacher de moi pour mettre un genou à terre devant mes yeux ébahis.
Il attrapa prudemment ma main gauche et me présenta un petit écrin sombre.
- Avant toi, Bella, reprit-il, ma vie était une nuit sans lune. Très noire, même s'il y'avait des étoiles, des points de lumière et de raison … Et puis, tout à coup, tu as traversé mon ciel comme un météore. Soudain, tout brûlait, tout brillait, tout était beau. Quand tu as eu disparu, quand le météore est tombé derrière l'horizon, tout s'est de nouveau assombri. Rien n'avait changé, sauf que mes yeux avaient été aveuglés par la lumière... par ta lumière. Personne n'a jamais aimé personne comme je t'aime. J'ai conscience que tu as souffert à cause de moi et je sais très bien que cela sera probablement difficile d'oublier ma faute mais…je te veux…pour toujours…
A ces mots, des larmes se mirent à couler, incontrôlables Mais je ne lâchai pas Edward des yeux, me plongeant avec délice dans l'or de ses pupilles tandis qu'une étrange sensation naissait dans mon estomac. Il se tut, me faisant un petit sourire auquel je répondis à travers mes larmes.
-Jamais le temps à tes côtés ne me paraitra assez long…alors, commençons par l'éternité. ajouta-t-il en sortant un bijou étincelant de la boite de velours noir. Isabella, Marie, Swan, acceptes-tu de devenir ma femme ? acheva-t-il tandis que mes mains tremblaient dans les siennes.
-Oui…murmurai-je, ne pouvant dire plus malgré tout ce que j'avais à lui avouer.
Le vampire devant moi sourit de toutes ses dents et fit glisser précautionneusement la bague le long de mon annulaire. Une fois à sa place, il la regarda quelques secondes puis se pencha pour embrasser le bijou, comme pour sceller cette promesse d'éternité ensemble.
Je le laissai se redresser avant de me jeter contre lui, avide de sentir ses bras autour de moi et ses lèvres sur les miennes. Nous ne nous séparâmes que lorsque mes poumons réclamèrent de l'oxygène et je mis quelques secondes à reprendre pied.
-J'espère éternellement te faire cet effet. me glissa-t-il à l'oreille alors qu'il avait passé son bras autour de mes épaules pour m'emmener vers le cottage.
-Éternellement. soufflai-je avant que la porte ne s'ouvre, laissant apparaitre une Alice survoltée.
-Bella ! hurla-t-elle en se précipitant vers moi pour attraper ma main gauche.
Je la laissai faire, totalement surprise.
-Elle est superbe ! s'exclama-t-elle en scrutant la bague qui brillait à ma main.
Et ce fut à cet instant que je me rendis compte que je ne l'avais pas encore regardée moi-même.
Je repris donc ma main et observai scrupuleusement la bague qui désormais scellait mon destin à celui d'Edward. Le cœur en était ovale, bordé de pierres rondes placées en rangs inclinés qui étincelaient. La monture était délicate, fine, et en or, fragile réseau qui sertissait les diamants. Je n'avais jamais rien vu de pareil. Sans réfléchir, je caressai le bijou scintillant.
- Elle est si jolie ! murmurai-je.
-Elle était à ma mère…mon père la lui avait offerte pour leur mariage, voilà bien longtemps. avoua Edward en rattrapant ma main pour passer son pouce de nouveau sur le bijou.
Je le regardai alors et décelai dans son regard toute la joie qu'il ressentait à voir ce bijou sur ma main. Il m'observa lui aussi quelques secondes et me poussa légèrement vers la maison pour que j'y entre.

Je fis quelques pas et me retrouvai au beau milieu d'une pièce tout en longueur. Le sol était un assemblage de pavés bruts. Le plafond bas était constitué de longues poutres et les murs alternaient le bois et la pierre. Dans un coin, une cheminée semblait attendre qu'une âme charitable n'y dépose quelques bûches. Esmée attendait là, souriante. Lorsque je la vis, je ne pus m'empêcher de sourire et elle nous rejoignit aussitôt.
-Je crois que les félicitations sont de rigueur. me dit-elle.
-Oh maman…répondis-je en quittant l'étreinte d'Edward pour retrouver celle de la vampire.
-La maison n'est pas encore finie, l'étage est en travaux et les meubles ne sont pas là mais… expliqua-t-elle.
-Qu'importe maman ! C'est déjà si magnifique ! Merci. Merci pour tout. la coupai-je en la serrant un peu plus fort contre moi.
-Tout ira bien, chérie. murmura-t-elle dans mes cheveux.
-Je sais….j'ai confiance en vous tous…répondis-je de la même manière.
-J'espère bien, p'tite sœur ! retentit la voix d'Emmett qui descendait l'escalier. Tout est prêt pour la soirée de ces dames. Allons-y, Jasper nous attend. expliqua-t-il en se dirigeant vers la porte, non sans m'avoir fait un clin d'œil.
Alice et Esmée le suivirent et la seconde suivante, Edward et moi étions seuls au beau milieu de la pièce.
-Tout ça est tellement…ne pus-je m'empêcher de souffler, faisant de nouveau un tour d'horizon rapide de la pièce.
-Cela n'aurait pas dû se passer ainsi mais nous voulons te rassurer quant à la bataille avec Victoria. Je me doute que tu dois être totalement perdue au milieu de tout cela mais prend ceci…rompit-il le silence en me montrant de la main la maison, et surtout cela…ajouta-t-il en caressant ma bague de fiançailles, comme gages de notre retour, et surtout de mon retour auprès de toi dès que nous aurons éliminé Victoria. Je sais très bien que je ne pourrais effacer tes craintes mais je te promets que tout se passera bien.
-Je vais essayer de te croire, Edward. dis-je en me serrant contre lui.
-Fais donc çà. répondit-il en souriant alors qu'il se recula pour me prendre la main. Je te fais visiter ? demanda-t-il, de la joie dans les yeux.
J'acquiesçai et le suivis vers l'étage. Je le laissai me montrer l'incommensurable travail qui avait été réalisé depuis 2 jours, ou plutôt 2 nuits, Edward m'avouant qu'une fois endormie, tous les vampires mettaient la main à la pâte, occupant ainsi leurs nuits. Seul Edward restait à la villa avec moi, veillant sur mon sommeil.

Nous passâmes une petite demi-heure dans le cottage avant de reprendre le chemin de la villa. J'avais demandé à Edward de rentrer à allure humaine, profitant ainsi d'être dehors pour respirer les odeurs boisées et me dégourdir un peu les jambes qui n'étaient plus aussi faibles qu'à mon arrivée ici. Nous discutions un peu en marchant, Edward ayant tout de même tenue à ce que je passe mon bras sur le sien au cas où ma maladresse légendaire ferait des siennes.

-Edward, je…tu crois que je pourrais aller me recueillir sur la tombe de Charlie ? finis-je par demander.
-Nous devrons faire ça en pleine nuit pour éviter de croiser quelqu'un et puis Emmett et Peter accepterons surement de nous accompagner pour sécuriser la zone. On pourra y aller dès cette nuit si tu le souhaites. me répondit-il.

J'acquiesçai en lui souriant et nous reprîmes notre marche. Bientôt, les arbres se raréfièrent un peu et nous débouchâmes sur le chemin privé menant à la villa. Lorsque je pus enfin la voir, mon cœur se mit à battre un peu plus fort, amusant Edward. Elle me faisait toujours le même effet qu'à ma toute première venue. Tout simplement parce qu'elle était ma maison…
Sur la droite, un petit groupe de vampires s'entrainait avec Peter pour instructeur. En nous voyant arriver sur le terrain, Alice et Rose nous rejoignirent pour me serrer dans leurs bras.

-Oh Bella ! il faut absolument qu'on te montre quelques catalogues pour définir ton style et puis, il y aura aussi les fleurs… débita Alice à une vitesse folle.
-Alice ! la gronda gentiment Edward tandis que Rose avait attrapé ma main pour observer sous tous les angles le bijou tant convoité.
-Il faudra aussi choisir la couleur des robes de tes demoiselles d'honneur. Bien entendu, Rose et moi en sommes, n'est-ce pas ? mais… continua-t-elle sur sa lancée.
Mais soudain, elle stoppa son verbiage et se figea, tendue.
-Alice ? soufflai-je, étonnée.
-Alice ? demanda Edward un peu plus durement que moi.
Rose se rapprocha sensiblement de moi, plaçant son bras sous le mien tandis qu'Edward resserrait sa prise autour de ma taille.
Devant nous, les vampires se figèrent, surement à l'écoute de ce qu'allait dire Alice.
-Je…Je ne vois plus rien. C'est le noir. finit-elle par répondre, légèrement affolée.
-qu'est-ce que ça veut dire ? demandai-je alors que Jasper et Emmett apparaissaient à nos côtés, me faisant sursauter.
-C'est elle ? C'est Victoria ? balbutiai-je, totalement angoissée.
-Bella, tu devrais rentrer. Tu seras à l'abri à l'intérieur. me souffla Rose.
D'un coup, tous les vampires se tournèrent vers le fond du jardin, scrutant la lisière des arbres, sans un mot. Elle allait arriver par là. J'en étais persuadée désormais. Nous n'avions pas eu le temps de nous parler. Je n'avais pas eu le temps de remercier tous nos alliés. Tout comme je n'avais pas eu le temps de me réfugier une dernière fois dans les bras de mes parents…

Les craquements de branches d'arbres résonnèrent, lugubres, et soudain, des formes sombres apparurent entre les troncs. Des grognements montèrent, accompagnés de quelques sifflements. Devant moi, Emmett et Jasper se collèrent, épaule contre épaule, formant un bouclier derrière lequel je ne voyais plus rien. Mes genoux tremblaient, mes dents s'entrechoquaient et pourtant, je ne pouvais me résoudre à rentrer. Finalement, je resterai parmi les miens, affrontant mon pire cauchemar. Comme l'une des leurs.
-Ce sont des loups ! annonça Carlisle
A cette annonce, mes gardes du corps se détendirent un peu, sans pour autant s'écarter de moi.

Des loups ? Comment cela pouvait-il être possible ? Sam… Jake….ils étaient morts par ma faute… Encore tremblante, je passai la main entre les bras de mes frères pour écarter leur bouclier et fis un pas en avant.

-Bella…m'appelèrent-ils mais je ne les écoutais plus.

Devant moi, au milieu de la pelouse, se tenaient 3 loups gigantesques. Ses pupilles sombres observaient les groupes de vampires mais lorsqu'elles tombèrent sur moi, un des loups fit quelques pas en avant.

-Ils veulent te voir. Me dit doucement Edward.
-Ils te parlent ? demandai-je, totalement dépassée par la situation.
-Je les entends. corrigea-t-il.

Le loup marron et noir fit encore un pas vers moi avant de se figer pour m'observer. J'eus l'impression que ses yeux me sondaient. Mais la seconde suivante, il fit demi-tour et s'élança vers les arbres, seul, laissant les deux autres au milieu de nous.

-Il va revenir. Il préfère nous parler sous sa forme humaine. Indiqua Edward.

Moins d'une minute plus tard, une silhouette plutôt apparue et se mit à courir, à vitesse humaine vers nous.

Je connaissais cette silhouette. Je connaissais ces traits encore un peu flous pour moi… et lorsque le jeune homme se stoppa devant ses deux compagnons, je ne pus que me mettre à pleurer. Il était là, devant moi…comme un fantôme de mon passé…


Alors ? un avis ? un pronostic ?

Quel POV aimeriez-vous dans le prochain chapitre ?