Bonjour à tous et toutes ! Toujours là ? J'ai peur de vous avoir perdus en route car les reviews ont été plutôt rares par rapport aux chapitres précédents…
Je croise les doigts pour que ce ne soit qu'un passage à vide.

Le chapitre qui arrive monte d'un cran dans la tension (voire deux crans, non ?). J'espère qu'il vous plaira.
Merci pour votre soutien.

Je vous laisse lire et surtout, n'oubliez pas vos reviews !


Chapitre 22: « Quand le présent m'échappe et que le passé me traque… »(Tourner la page / Zaho)

(CPOV)

J'attendis de voir disparaitre les loups avant de rentrer dans la maison. Sans un mot, Edward me suivit, emmenant Bella dans son sillage, silencieuse elle aussi, le visage fermé. Son expression me fit légèrement sourire, me faisant me dire que ma dernière ado me « boudait ». Edward dissimula son rire dans une toux, signe qu'il lisait mes pensées.

-Je crois que c'est à peu près cela. Pour une fois, sa colère n'est pas tournée vers moi. me dit-il discrètement, un sourire dans la voix.

J'entrai dans le salon où tout le monde discutait, attendant mon retour. Esmée nous rejoignit aussitôt, se dirigeant vers Bella après avoir pris ma main dans la sienne une seconde. En bonne mère, elle devait avoir remarqué elle aussi le changement d'humeur de la jeune femme. Elle serra Bella dans ses bras, qui se laissa faire, avant de la diriger vers la cuisine.

-Le loup lui a fait quelque chose ? demanda Liam alors que tous attendaient.
-Non. Il n'a pas touché un seul de ses cheveux. intervint Peter en arrivant par la porte fenêtre, me faisant prendre conscience qu'il n'était effectivement pas là lors de la discussion avec les loups.
-Seth ne fera jamais rien à Bella. indiqua alors Edward. Il la voit plutôt comme une grande sœur ou peut-être une cousine.
-C'est une bonne chose. nota alors Eléazar. Il pourra assurer sa sécurité ici lorsque Victoria arrivera.

A cette mention, Edward grogna légèrement.

-Edward, il faut bien lui assigner un garde du corps et nous ne pouvons pas nous passer de toi. appuyai-je, Jasper acquiesçant.
-Je sais…c'est juste que je n'arrive plus à m'éloigner d'elle ainsi, surtout avec la menace de Victoria. souffla-t-il en s'asseyant près d'Alice.
-Bon, nous avons rendez-vous dans moins de deux heures avec la meute. Je vous propose donc d'aller chasser pour ceux qui le souhaitent. dis-je en observant mon auditoire.

Plusieurs hochèrent la tête, acceptant cette idée, y compris Peter et Charlotte.

-Peter… poursuivis-je, voulant tout de même rappeler nos règles, surtout maintenant que les loups étaient revenus.
-Ne vous en faites pas Carlisle. Charlotte et moi avons envie de nous dégourdir les jambes et nous courrons plutôt vite. répondit-il malicieusement, me confirmant habilement qu'ils iraient suffisamment loin d'ici.

Jasper sourit à notre échange. Il était important pour lui que nos relations avec ceux qui faisaient partie de sa « première vie » soient détendues et cordiales. Elles l'étaient depuis longtemps mais depuis que Peter et Charlotte avaient sauvé Bella, ils étaient devenus des membres de la famille, à part entière.

Les vampires s'animèrent donc tous en même temps pour quitter la villa alors qu'Emmett ouvrait la porte d'entrée.

Ce fut au milieu de cela qu'Isabella se précipita en courant, les yeux agrandis par la peur, criant « papa » avant de me rentrer dedans puis de refermer ses bras autour de moi.
J'eus une demi-seconde de questionnement, tout comme nos compagnons et Esmée qui se tenait deux mètres derrière Bella, ne comprenant pas la réaction de la jeune femme.

-Bella ? finis-je par demander

Un léger sanglot me répondit et j'entourai alors sa taille de mes bras pour la cajoler.

-Bella, qu'y-a-t-il ? redemandai-je alors que les autres nous laissaient un semblant de vie privée en sortant, permettant à la famille de rester seule.
-Je…je suis désolée pour tout à l'heure et…sanglota-t-elle, je ne voulais pas dire ça mais j'étais tellement en colère…

Je compris alors qu'elle me parlait de son coup d'éclat lors de l'arrivée des loups et je me pris à sourire tandis qu'elle enfonçait de nouveau son visage dans mon torse.

-La petite dernière veut se faire pardonner de son papa. se moqua gentiment Emmett.
-Emmett…reprit Jasper en soupirant, tu oublies qu'elle n'a pas eu le temps de parler une dernière fois à Charlie et qu'elle pense qu'il est mort par sa faute. La culpabilité que je ressens d'elle en ce moment est parlante. finit-il en envoyant un peu de calme.
-De quoi se sent-elle coupable ? murmura Rose mais nous haussâmes les épaules, ne pouvant répondre.

Après quelques secondes où Bella se calmait progressivement, je repris la parole en reculant un tout petit peu pour observer le visage de la jeune femme.

-Bella, chérie, qu'y-a-t-il ? redemandai-je encore.
-Je…je ne voulais pas que…tu ne partes sans t'avoir dit pardon et que je t'aime…chuchota-t-elle, mal à l'aise.
-que je parte où ?
-vous partez tous alors j'ai pensé que Victoria était arrivée et que…répondit-elle alors que de nouvelles larmes apparaissaient.
-Non, chérie, nous allons juste chasser un peu car nous rencontrons les loups ce soir. la coupai-je, comprenant désormais ce qui s'était joué dans son esprit.
-ah…murmura-t-elle avant de se mordre la lèvre comme lorsqu'elle se sentait vulnérable.

Je la serrais alors de nouveau dans mes bras et je la sentis se détendre sans aucune intervention de Jasper.

-Elle a eu peur que tu ne partes te battre en pensant qu'elle ne t'aimait plus. répéta Esmée pour nous.
-Elle est tellement persuadée que certains d'entre nous vont mourir face à Victoria que je crois plutôt qu'elle avait peur que tu n'y restes sans qu'elle ait pu s'excuser pour sa crise tout à l'heure. répliqua Edward qui couvait du regard sa fiancée blottie contre moi.

Tanya passa la tête à la porte d'entrée, nous demandant si nous partions chasser. Je refusai, préférant passer un peu de temps au calme avec Bella et envoyai le reste de la famille accompagner nos invités. Il fallut que j'insiste pour qu'Edward ne finisse par partir, lui aussi.

Bella, qui s'était détachée de moi pour embrasser Edward avant son départ, ne savait plus vraiment quoi faire, le regard sur ses pieds, silencieuse.
Je filai jusqu'à la cuisine lui prendre un peu de jus de fruits ainsi qu'un paquet de biscuits et revins m'asseoir dans l'un des canapés la seconde suivante.

-Viens donc t'asseoir un peu, chérie. lui dis-je doucement, comprenant bien que si je ne faisais pas le premier pas, elle ne bougerait pas.

Elle obéit et s'installa à côté de moi. Je plaçai d'autorité dans ses mains le verre qu'elle but entièrement avant de le reposer sur la table. Je pris quelques secondes pour l'observer. Depuis que nous l'avions ramenée ici, elle avait repris quelques couleurs et aussi quelques kilos. Ses traits étaient beaucoup moins marqués par la fatigue et la faim et on pouvait déceler dans sa posture qu'elle était maintenant beaucoup moins sur la défensive. Elle ne souffrait plus vraiment de son poignet mais je continuais néanmoins à lui donner quelques antalgiques car je savais qu'elle ne dirait rien même si elle ressentait des douleurs.

-Bella, je ne t'en veux pas pour tout à l'heure. Je savais que tu n'allais pas être d'accord avec ma décision et tu as le droit d'avoir tes opinons. Ça ne change rien aux relations que tu as avec nous. Tu comprends ? pris-je la parole tandis qu'elle se tournait légèrement vers moi. Je sais que tu nous aimes et tout ce que nous pouvons dire sous le coup des émotions ne modifie rien. Quoiqu'il puisse se passer, tu seras toujours un membre de cette famille. répétai-je pour la persuader.
-Je…Je sais. finit-elle par répondre difficilement avant de laisser couler quelques larmes de nouveau. J'ai juste eu peur que tu partes en pensant que je te détestais et…je ne voulais pas que cela se passe comme avec Charlie et…craqua-t-elle enfin.

Sans attendre, je la pris dans mes bras et la laissai pleurer dans mon cou de longues minutes. Bella n'avait que très peu parlé de son père, nous expliquant juste qu'elle avait appris sa mort par un article de presse. Elle avait dit à Jasper et Edward qu'elle craignait être à l'origine de la mort de Charlie , persuadée que son père avait sauté de la falaise de désespoir.

Je la laissais se calmer tout contre moi, écoutant son cœur qui ralentissait petit à petit.

-Va mettre ton manteau, je t'emmène avec moi. lui dis-je une fois les larmes complètement taries.

Elle m'observa, se questionnant, mais ne dit rien. Elle enfila son manteau et j'attrapai pour elle le bonnet, l'écharpe et la paire de gants posés sur la console de l'entrée. Je lui offris le bras et elle y passa sa main en souriant à mon manège. Nous prîmes la berline et roulâmes en silence dans le chemin. Son cœur accéléra un peu lorsqu'elle reconnut la route menant à Forks. Je me garai près du petit cimetière de la ville et coupai le contact. Bella ne bougeait pas, fixant la barrière. L'obscurité hivernale tombait et personne ne s'aventurait dans les environs sous ce froid de novembre.

-Ce n'est pas dangereux ? finit-elle par demander.
-Nous ne resterons que quelques minutes, au cas où. Mais je sais que tu voulais venir. lui répondis-je.

Elle acquiesça et bientôt, nous remontâmes l'allée centrale vers le fond du cimetière, là où reposait Charlie.

Là encore, Bella versa des larmes silencieuses devant la tombe de son père, mais également la sienne puisqu'y figurait son prénom juste sous un portrait en noir et blanc, ne lâchant pas mes doigts qu'elle serrait fortement de sa main valide. Puis, nous reprîmes la route sans un mot.

-Comment te sens-tu ? la questionnai-je après quelques kilomètres.
-ça va. murmura-t-elle.
-Tu veux rentrer ou veux-tu m'accompagner au rendez-vous ? lui demandai-je, cette idée ayant germé dans mon esprit voilà quelques minutes. Si Alice avait décelé un quelconque danger, elle m'aurait contacté sans attendre et mon téléphone était resté silencieux.
-où allons-nous ?
-à la réserve. Est-ce que tu te sens d'accord avec cela ? Si ça ne va pas, on peut rentrer à la villa…
-Non, ça va aller. Je…après tout, je dois au moins à Jake d'affronter son père…dit-elle sans lâcher l'extérieur du regard.
-Il n'y a pas de question d'affrontement, chérie. J'ai pris la liberté d'expliquer à Billy ce que tu as pu nous dire à propos de Jacob. Ainsi, tu n'as pas à en parler si tu n'en as pas envie, d'accord ? la rassurai-je doucement.

Elle opina encore une fois et nous nous garâmes devant la maisonnette en bois.

-Où sont les autres ? demanda-t-elle en observant les alentours, faiblement éclairés.
-Un peu plus loin, ils viennent de commencer l'entrainement. Viens, allons-y.
-Je…pas tout de suite, papa…murmura-t-elle en ne quittant pas des yeux la porte d'entrée des Black.
-Au retour ? la questionnai-je doucement ayant repérer Billy qui nous observait derrière les rideaux.

Encore une fois, elle acquiesça.

-Ok. Je vais prévenir Billy et nous irons rejoindre les autres. l'avertis-je.

Je vins la chercher au pied de la voiture après avoir expliqué rapidement comment se sentait Isabella. L'indien eut un sourire paternel pour elle, qu'elle ne put voir, me confirmant qu'il ne la forcerait en rien lorsqu'elle accepterait finalement de venir lui parler.

Je l'emmenai alors avec moi, à vitesse humaine, son bras solidement passé sous le mien.

Lorsque nous débouchâmes dans la petite clairière, lieu de notre rendez-vous, des groupes étaient déjà formés. Vampires et loups garous travaillant ensemble. Je rejoignis Edward qui discutait avec Jasper et Jared. Aussitôt, Bella passa de mes bras à ceux d'Edward.

Nous parlâmes encore quelques minutes avant que je ne rejoigne Esmée pour m'entrainer, comme tous les autres.

(BPOV)

Un bruit sec me réveilla brutalement. Le cœur battant à tout rompre, je mis deux ou trois secondes à me resituer et surtout à m'apercevoir que j'étais seule dans ma chambre : Edward n'était pas là.

Une première depuis mon retour ici.

Un claquement se fit de nouveau entendre, semblant venir du rez-de-chaussée, me faisant sursauter.

J'étais sur les nerfs depuis 48 heures désormais, m'attendant à ce que Victoria ne débarque avec sa horde à n'importe quelle minute de la journée et le moindre bruit un peu vif me faisait réagir au quart de tour. Edward avait beau tenter de me rassurer, je ne réussissais pas à me calmer.

Je n'attendis pas plus longtemps, me levai, attrapai l'épais sweater que Jasper m'avait offert pour le passer rapidement et dévalai l'escalier. Je me retrouvai dans le salon envahi par nos alliés, discutant tous entre eux, faisant bourdonner mes oreilles.
Edward et Carlisle furent les premiers à me remarquer et s'approchèrent aussitôt de moi.

-C'est elle cette fois ? demandai-je de but en blanc.

Edward passa son bras sur ma taille pour m'approcher de lui, me confortant dans mes suppositions.

-Dans combien de temps ? poursuivis-je.
-En milieu de matinée. Alice a eu une vision de Victoria sur notre terrain de baseball et nos informateurs viennent d'appeler pour nous expliquer que le groupe avait quitté sa planque voilà quelques minutes. me répondis Edward.
-Ok. murmurai-je, assimilant toutes les informations. Donc vous partez dans…
-une petite heure. me coupa Jasper en approchant. Nous voulons discuter quelques minutes avec les loups avant de nous rendre sur le terrain. m'expliqua-t-il après avoir embrassé ma joue.

Immédiatement, je sentis l'angoisse me serrer l'estomac. Néanmoins, cette sensation fut très vite contenue par le pouvoir de Jasper qui m'observait attentivement.

-Merci Jasper. lui dis-je simplement.
-Tu n'as pas à t'en faire, Darling. me répéta-t-il tandis qu'Edward passait désormais dans mon dos pour me bercer lentement contre son torse.
-Je sais, Jasper…je sais…mais tu ne pourras jamais m'empêcher de m'inquiéter pour vous tous. Vous êtes ma famille et je vous aime. Lançai-je en plantant mon regard dans l'or de ses pupilles.

Je sentis une vague d'amour m'atteindre et Jasper me chuchota à l'oreille avant de se reculer :

-nous aussi nous t'aimons, Darling. Tu en vaux la peine.

Je restai là quelques minutes, observant cette vingtaine de vampires qui était là uniquement pour me protéger et ne pus m'empêcher de leur murmurer un « Merci », tout en retenant mes larmes.

-Viens. m'invita Edward en tirant légèrement ma main pour que nous rejoignions l'étage.

Je le suivis sans rien dire et le laissai nous allonger sur mon lit après avoir refermé la porte. Je posai ma joue contre son torse et ses bras vinrent automatiquement s'enrouler autour de ma taille, me maintenant dans un cocon rassurant.

Nous ne parlâmes pas durant de longues minutes, nous contentant juste de la présence de l'autre. Mais les secondes s'égrenaient, infatigables, et l'heure du départ se rapprochait dangereusement.

-Edward, je…
-Chut. me coupa-t-il en déposant son index sur ma bouche. Tout se passera bien et demain, nous pourrons commencer à préparer notre mariage. me dit-il en prenant mon visage entre ses mains.
-Je t'aime, Edward. Plus que tout. Plus que ma propre vie. me contentai-je de lui répondre en veillant à retenir mes larmes.
-Et je t'aime tout autant. me répondit-il avant de m'embrasser comme si c'était la dernière fois.

Comme lorsqu'il était parti, me laissant à Forks…

Je voulus réagir, batailler avec lui puisqu'il m'avait assuré qu'il reviendrait tous sains et saufs mais Edward approfondit son baiser, me faisant comme toujours perdre mes sens et le fil de mes pensées. Il relâcha son emprise uniquement parce que mes poumons étaient au bord de l'asphyxie. Souriant, il déposa son oreille à hauteur de mon cœur et ferma les yeux. J'enroulai mes bras autour de lui, le serrant contre moi, plongeant mon nez dans ses cheveux pour m'enivrer de son odeur. Mais bientôt Alice vint frapper à la porte, brisant ma bulle de réconfort et nous regagnâmes le rez-de-chaussée.

J'aperçus Seth, debout dans l'entrée, qui me fit un petit signe de la main tout en discutant avec Carlisle. Il avait été convenu qu'il serait mon gardien durant la bataille. Il avait pour consigne de se transformer en loup dès que Jared le préviendrait de leur mise en place, pouvant ainsi correspondre avec la meute et donc indirectement avec Edward.

-Allez, c'est bientôt l'heure. dit Jasper en s'approchant de Peter et Charlotte.

Je ne pus m'empêcher de frissonner à cette annonce, et la seconde suivante, je m'élançai vers le trio pour les serrer quelques secondes dans mes bras.

Le clan des Irlandais sortit, suivi des Denali. Le moment était venu…

Là, autour de moi, se tenait ma famille, les personnes que j'aimais le plus et je n'étais pas certaine que ce moment ne soit pas notre dernier instant tous ensemble.

-Je… Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait et tout ce que vous allez faire pour moi. leur dis-je en les regardant à tour de rôle.

Esmée sourit et s'avança vers moi en ouvrant ses bras pour une étreinte maternelle dont elle avait le secret. Puis ce simple geste de réconfort se transforma en une étreinte collective, ma famille autour de moi, m'envoyant tout son amour, me tirant une larme solitaire.

Puis, il fallut se quitter…les laisser partir…et rester là, dans cette grande maison vide…seule face à mes angoisses…seule, pas vraiment. Seth était là, comme compagnon. Heureusement d'ailleurs car j'aurais pu être capable de n'importe quoi.

J'allais devoir attendre, scrutant la ronde des aiguilles de l'énorme pendule qui trônait dans la salle à manger. Seth proposa de s'asseoir dans le canapé pour regarder un film. Je le laissai faire et m'installer près de lui, tentant de m'occuper l'esprit. Après plusieurs minutes à fixer l'écran, je dus me rendre à l'évidence : jamais je ne pourrais suivre le film. Comme s'il avait lu mes pensées, Seth passa un bras sur mes épaules pour m'attirer contre lui.

-Arrête de t'inquiéter Bella, le combat n'est pas encore commencé. me dit-il gentiment. Et puis, tu peux compter sur moi.

Seth avait beaucoup muri depuis notre dernière rencontre. Non pas qu'il se comportait à l'époque comme un ado empli d'hormones, mais la différence d'âge se faisait sentir, et puis les autres le traitaient toujours comme le petit dernier…Alors qu'aujourd'hui, il agissait envers moi comme Jake avait pu le faire à une époque…

Plongée dans mes pensées, je sursautai violemment, me retenant in extremis d'hurler, lorsque le portable de Seth sonna. Il ne décrocha pas, laissant l'appareil sur la table de salon et se contenta de sortir sur la terrasse. Il en revint moins de cinq secondes plus tard en loup. J'avançai vers lui et osai pour la première fois déposer ma main dans cette fourrure qui semblait si douce et réconfortante. Seth sembla comprendre mon besoin de réconfort car il se déplaça de quelques centimètres pour venir s'appuyer légèrement contre mes jambes tandis que j'entourai son cou de mes bras. Nous restâmes ainsi de longues minutes, le silence à peine troublé par ce que je pensais être l'équivalent d'un ronronnement qui provenait de la gorge du loup. Puis mon ami se raidit un peu et s'éloigna quelque peu de moi pour rejoindre la baie vitrée restée entrouverte. Il leva le nez et renifla fortement l'air avant de grogner un peu. Son regard sombre passa sur moi et je compris à cet instant que la bataille allait commencer.

-ça commence, n'est-ce pas ? chuchotai-je, comme si le fait de rester discret allait rendre la situation plus aisée à vivre.

Le loup geignit une fois et secoua la tête, répondant à sa manière à ma question. Je m'assis à même le sol, complètement bouleversé et encore une fois, Seth s'approcha pour que je puisse l'étreindre. J'enfonçai mon visage dans sa fourrure si épaisse et me mis à lui parler. Lui raconter mes peurs. Comme si les dire tout haut les rendraient impossibles à se réaliser…

Mais je fus coupée par la sonnerie du téléphone de la maison.

Je me relevai, fixant tour à tour l'appareil et Seth, ne sachant que faire. Seth me poussa légèrement vers le téléphone et je finis par le prendre dans les mains.

-Maison Cullen. dis-je d'une voix que je voulais assurée mais qui, en réalité, était tremblante.
-Tu dois être Bella. me dit une voix avec un accent russe prononcé.
-Oui. murmurai-je dans un souffle, incertaine.
-je suis Stefan. Dis à Carlisle que l'armée de la rouquine ne sera pas le pire des fléaux. me dit-il énigmatique.
-Quoi ? que voulez-vous dire ? Je…je ne comprends pas ! répliquai-je d'une voix bien plus forte sous le coup de la peur qui venait d'augmenter à une vitesse phénoménale. Qui êtes-vous ?

Mon interlocuteur rit quelques secondes avant de se reprendre.

-Je te l'ai déjà dit. Je suis Stefan. Je devais un service à Carlisle et j'étais chargé de surveiller les environs de Seattle pour guetter cette Victoria. m'expliqua-t-il alors que j'avais activé le haut-parleur pour que Seth puisse suivre la conversation. La rouquine est bien partie mais je viens de voir passer un autre groupe de vampires en direction de Forks…
-Qui ? m'écriai-je même si je pensais déjà connaitre la solution.
-les Italiens. me confirma-t-il tandis que des larmes silencieuses se mirent à couler sur mes joues.
-Venez…venez nous aider…s'il vous plait… l'implorai-je, désespérée. Carlisle est votre ami…
-Je tiens trop à ma tête, Petite. Préviens Carlisle que Garrett est en route. Il a toujours aimé prendre part aux grandes batailles américaines. répondit-il avant de raccrocher.

Les tonalités résonnèrent dans la pièce et je dus serrer les dents pour ne pas hurler de rage et de peur. Je me roulais en boule au sol, serrant mes jambes de mes bras, fermant les yeux.

Ils allaient mourir…par ma faute…ils ne reviendraient pas…

-Bella ! Bella, lève-toi ! cria Seth, me faisant ouvrir les yeux précipitamment.

Il avait repris sa forme humaine et secouait mon épaule avec une telle force que je dus me relever un peu pour qu'il stoppe son geste.

-Seth…ils vont…
-arrête ! Tais-toi ! me coupa-t-il sèchement. Lève-toi et prends ton manteau. m'ordonna-t-il tandis qu'il disparaissait vers l'étage.

Totalement perdue, je me contentai de rester là, debout, fixant l'escalier. Le jeune indien réapparut moins d'une minute plus tard, deux sacs noirs à la main.

-Bella, ton manteau ! me répéta-t-il alors qu'il attrapait les clés de la jeep d'Emmett dans le meuble de l'entrée
-Seth, qu'est-ce que tu fais ? répondis-je.
-J'ai des ordres de Jasper. Si quelque chose comme ça se présente, j'ai pour mission de t'emmener vers le Canada avec cela. avoua-t-il en déposant les sacs à mes pieds avant de se diriger vers la cuisine.

Je m'agenouillai et ouvris le premier sac : des vêtements, une trousse de toilette, des médicaments…

J'eus un hoquet de stupeur lorsque j'écartai les pans de tissu du second sac : des liasses de dollars l'emplissaient presque totalement à l'exception d'une épaisse enveloppe de papier kraft. A l'intérieur, un portable éteint, des clés et surtout un passeport.

J'ouvris le document et découvris l'identité du propriétaire « Isabella Cullen ».

Un papier s'échappa des pages du passeport et tomba sur les billets. Je m'empressai de le ramasser pour y lire l'écriture élégante de Jasper :

« Darling,

Si tu as ce mot entre tes mains, c'est que la situation n'est pas aussi bonne qu'espérée. En bon stratège, je t'ai prévu une solution de repli. Tu trouveras dans l'enveloppe une adresse. C'est une maison que j'ai acheté lorsque tu es rentrée parmi nous. Je suis le seul à en connaitre l'existence. Vas-y avec Seth. Si cela est possible, nous t'y rejoindrons. Sinon…vis ta vie Darling. Fraternellement, Jasper »

Un toussotement me fit relever la tête. Seth me fixait, triste, tenant dans sa main droite un sac empli de boites de biscuits.

-tu le savais ? demandai-je d'une voix brisée par les larmes.
-Oui. Jasper m'a informé de son plan de secours hier. Même Edward n'est au courant de rien. Pour minimiser les risques de fuite auprès de leurs rois m'a-t-il expliqué. Nous devons y aller, Bella.

Anéantie, j'enfilai enfin mon manteau et le suivis docilement jusqu'au garage. Il déposa les sacs sur les sièges arrières de la jeep, vérifia mon harnais et prit place au volant après avoir refermé correctement la porte du garage.

Le moteur rugit lorsque Seth s'engagea dans le chemin de terre et j'eus l'impression que mon cœur s'arrêta lorsque le reflet de la villa disparut de mon rétroviseur.

Je me concentrai alors sur l'enveloppe de papier brun que je n'avais pas encore lâchée. Je la déposai sur mes genoux et entrepris de fermer mon manteau. Malgré la chaleur qui apparaissait dans l'habitacle, j'étais transie de froid. Glacée…en moi… Ma main passa inconsciemment sur la doublure intérieure et je sentis alors un léger renflement dans la poche intérieur. J'y glissai mes doigts et rencontrai ce que j'identifiai être du papier. Je découvris alors une petite enveloppe blanche, portant la simple inscription de mon prénom.

Cette écriture si fine, c'était celle d'Alice.

Ainsi, Alice avait eu une vision de ce qui allait se passer.

Je décachetai l'enveloppe et soulevai le rabat de papier satiné pour y découvrir…des photos. Les photos de mes 18 ans, juste avant l'incident…je pris la photo de famille que nous avions réalisés ce jour-là dans les escaliers de la villa et m'empressai de passer mes doigts sur chacun de leurs visages tout en essayant de ravaler mes larmes.

Ils n'étaient pas encore morts. Si Alice avait vu cela, elle les avait surement avertis et ils pourraient changer le destin…Ils me rejoindraient et nous reprendrions notre vie de famille…ma famille…

Machinalement, je retournai la photo pour y voir une inscription d'Alice :

« Vis la vie que tu souhaites et ose faire tes choix, Bella »

Cette phrase fut un électrochoc. Je devais faire mes choix et ne plus subir. Mes choix, voilà longtemps que je les avais faits. Bien avant tout ce désastre, bien avant Victoria. Et je sus ce que je voulais faire. Là. Maintenant.

-Seth, on ne peut pas partir. dis-je alors d'une voix plus que décidée que je ne reconnus pas.
-Bella, j'ai des ordres et…répondit-il alors que nous approchions de la route goudronnée qui allait nous mener vers l'autoroute.
-Je fais mes choix et je t'ordonne de t'arrêter, Seth ! Sinon, je sauterai en marche ! l'avertis-je en débouclant les sangles.

La voiture ralentit sensiblement d'allure et je vis sur le visage de mon jeune ami l'hésitation.

-Seth, j'ai laissé mourir Jake et Sam, je ne peux pas laisser mourir ma famille et mes amis comme ça.
-que comptes-tu faire ? demanda-t-il sans me regarder
-Je suis la seule à pouvoir plaider notre cause devant les Volturi. Et si je dois mourir, je veux le faire aux côtés de ma famille. insistai-je.
-Comment ?
-Amène-moi au champ de bataille puis tu pourras repartir.

On fit encore quelques mètres dans un silence lourd puis Seth finit par piler en soufflant bruyamment.

-Seth ? l'interrogeai-je, ne comprenant pas.
Celui qui combat peut perdre mais celui qui ne combat pas à déjà perdu » me répondit-il, énigmatique.
-Tu connais Brecht ? m'étonnai-je.
-Allons mourir en héros. eut-il pour seule réponse en se tournant vers moi.
-Merci Seth. dis-je en l'embrassant fugacement sur la joue.

Puis j'ouvris la portière et me mis à courir dans le chemin.


Alors ? Vos impressions ?