Me voici enfin ! Après des fêtes de noël dans ma belle-famille, je suis passée par la case « malade » durant 4 jours. Super pour écrire… Mais voici enfin le chapitre. Pour me faire pardonner, je vous ai fait 2 pages de plus. Comme vous pourrez le constater, on approche de la fin de cette fic.
J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de Noël et vous souhaite un bon réveillon de la St Sylvestre. N'abusez pas trop du foie gras et du champagne et surtout attention sur les routes du retour du réveillon.
Merci pour vos avis et commentaires.
Je vous laisse lire et surtout, n'oubliez pas vos reviews ! Ce sera un joli cadeau de fin d'année.
Chapitre 25: « I would fight for you, I'd lie for you, walk the wire for you, I'd die for you»(Everything I do, I do it for you / Brian Adams)
(BPOV)
Avant même que je ne puisse réagir, Aro se saisit de nouveau de ma main et me tira vers lui, passant habilement ma paume sur son bras, me prenant ainsi en otage sans vraiment l'annoncer clairement. La seconde suivante, Edward se matérialisa devant moi, les yeux assombris par la rage qui l'habitait à cet instant.
-Voyons Edward, tu ne voudrais pas apeurer notre amie, n'est-ce pas ? demanda faussement Aro.
Edward le fixa sans un mot jusqu'à ce qu'Esmée ne dépose doucement une main sur l'épaule de son fils. Ces deux-là se regardèrent moins d'une seconde et Edward retrouva une posture plus « normale ».
-Après tout, nous sommes entre gens civilisés. ricana Aro. Carlisle, approche donc. lança-t-il alors que la silhouette de mon nouveau père s'approchait à vitesse humaine, passant près de nos amis.
Carlisle s'arrêta aux côtés d'Esmée, passant un bras autour de sa taille.
-Aro. salua-t-il de nouveau le vampire d'un léger mouvement de tête avant de planter ses yeux dans les miens. Tu vas bien chérie ? demanda-t-il.
J'acquiesçai, tentant de greffer un sourire sur mes lèvres pour rassurer les vampires qui se trouvaient face à moi.
Emmett et Rose finirent par arriver eux aussi, accompagnés d'Alice et se placèrent près d'Edward, montrant un front uni.
-Mais il manque Jasper ! remarqua le roi.
Où se trouvait mon frère ? De ma position, je ne pouvais le voir et je n'osai bouger pour regarder derrière moi.
-Il est auprès d'une vieille connaissance. lança Alice de sa voix fluette sans pour autant s'avancer.
Aro se retourna pour observer l'autre côté de la clairière avant de reprendre sa position tout en tapotant légèrement le dos de ma main blessée, coincée sur son bras.
Pourquoi ce geste ? Peut-être pensait-il que j'allais tenter de m'échapper de son emprise ?
-Si surprenante…dit-il doucement en me fixant, me laissant totalement muette d'étonnement.
-Aro se demande comment réussis-tu à rester au beau milieu de nous tous sans être terrorisée et essayer de t'enfuir par tous les moyens. me dit doucement Edward, ayant surement détecté mon étonnement sur mon visage, si expressif.
Le roi italien m'observait continuellement, ses yeux sondant mon visage.
-Commençons par le commencement, voulez-vous ! annonça-t-il en tendant la main vers Carlisle.
Le docteur l'observa quelques secondes, le doute passant dans ses pupilles dorées.
A ce qu'ils avaient bien voulu m'expliquer, Aro avait le don de lire dans l'esprit des gens juste en leur prenant la main. En choisissant Carlisle, le roi saurait tout, depuis le début.
Soudain, Alice s'avança et, sans un mot, tendit sa propre main à Aro.
Ce dernier chassa d'un geste ses gardes du corps, qui s'étaient rapprochés. Il prit les doigts d'Alice avec une avidité sans pareille. Baissant la tête, il ferma les paupières et se concentra. Immobile, Alice ne trahissait aucune émotion. J'entendis Edward claquer des mâchoires. Personne ne bougeait. Aro paraissait statufié au-dessus de la main d'Alice. Les secondes s'écoulèrent, et je cédai à un énervement de plus en plus intense, inquiète que la situation ne dégénère encore plus.
Tout à coup, la voix d'Aro rompit le silence.
-Ha! Ha! Ha! s'esclaffa-t-il, les iris allumés par la joie. C'était fascinant.
-Ravie que ça vous ait plu, rétorqua Alice avec un sourire sec.
-Voir ce que tu as vu, surtout ce qui n'est pas encore arrivé, s'émerveilla-t-il.
-Mais qui ne manquera pas de se produire, insista-t-elle.
-Cela va de soi, chère Alice. Ne veux-tu pas rejoindre notre maisonnée ? J'imagine déjà la joie que tu y apporterais…
-Non merci. Je n'ai que la simple ambition de rester auprès de mon époux et de ma famille.
-Ton époux…tiens, en parlant de lui, ton histoire m'a montré que nous n'avions non pas une mais deux choses à régler ici. annonça Aro en se redressant. Jane ? Demetri ? Allez donc chercher nos deux amis là-bas au fond. ordonna-t-il un sourire sur les lèvres.
Les deux vampires disparurent dans l'instant, me faisant sursauter.
-Allons très chère, ne craignez rien pour le moment. Nous allons d'abord attendre que nos retardataires daignent se présenter. ricana Aro, faisant brusquement monter mon angoisse.
Deux secondes plus tard, Jasper apparut, devançant d'un pas Jane alors que Demetri suivait, sa main serrant l'avant-bras d'une vampire brune aux yeux rubis.
Cette vampire, je la connaissais. Enfin, non. Elle ne m'avait jamais réellement approchée mais je l'avais aperçue quelques fois auprès de Victoria. J'avais cru entendre son prénom… Maria… ce qui m'avait été confirmé bien plus tard par Emmett qui m'avait raconté dans les grandes lignes le passé sombre de Jasper auprès de cette Maria.
A cette pensée, je relevai quelque peu la tête pour observer la petite femme brune, d'une peau matinée par le soleil durant sa vie humaine. Ses yeux tombèrent aussitôt sur moi, m'emprisonnant, et elle releva ses lèvres en un sourire dévoilant ses dents immaculées, me faisant frissonner. Un sifflement collégial vint briser cette tension, me libérant de son pouvoir alors que je sentais des vagues de calme m'envelopper, provenant de Jasper.
Aro tendit sa main vers celui-ci mais la main blanche de Peter se glissa dans la paume du roi, prenant tout le monde par surprise.
Je compris que tous essayaient de cacher des informations aux Italiens, surement pour nous donner la chance d'une issue heureuse en ne révélant pas toute l'histoire.
Aro le relâcha après quelques secondes, le visage fermé. Il m'observa sans un mot puis pivota vers Maria. Il lui fit signe d'approcher mais elle refusa, le toisant avec défi. Il n'en fallut pas plus pour que Jane n'utilise son pouvoir sur elle, après un simple signe d'Aro. Maria se mit à hurler, tombant au sol, ses cris déchirant le silence du lieu. Esmée, face à moi et la plus proche, me tendit la main que je m'empressai d'attraper sans pour autant échapper à la prise du vieux roi car je ne voulais pas que sa colère se retourne sur nous.
Après plusieurs secondes, Jane stoppa son action et Maria se releva seule, comme si rien ne s'était passé. Néanmoins, elle avait perdu de sa superbe et son attitude fut tout de suite plus soumise. Aro tendit une seconde fois la main vers elle et elle obéit, baissant la tête. La scène ne dura pas plus d'une minute mais cela me semblait terriblement long.
-Bien. conclut Aro en reprenant sa place.
Il regarda ma main dans la main de ma mère et consentit d'un sourire à me lâcher pour me laisser regagner les miens. Je me plaçai d'office entre Carlisle et Esmée et Edward apparut en un clin d'œil derrière moi, passant ses bras autour de ma taille.
-Tu n'es pas obligée de regarder ça. me susurra ma moitié à l'oreille.
Je me doutais bien qu'il surveillait les pensées du vieux roi et choisis de l'écouter sans poser de questions. Cela viendrait plus tard. Quand nous serons sortis de cette histoire. Aussi, à ces mots, je me tournai légèrement pour pouvoir me fondre dans son flanc, la joue posée dans son épaule.
-Notre monde est régi par des règles et des lois ancestrales. débuta Aro. Et ceux qui enfreignent les règles doivent être jugés. Je découvre aujourd'hui tes méfaits, Maria, ainsi que ceux de ton acolyte, le créateur de cette armée. Où est-elle d'ailleurs ?
- Elle s'appelait Victoria, intervint Edward.
- S'appelait ?
Il inclina la tête du côté des bois. Ouvrant grandes les paupières, Aro se concentra sur l'horizon.
-La colonne de fumée qui s'élève à 5 kilomètres peut-être ? questionna-t-il.
J'évitai de bouger la tête pour vérifier. Et puis, je savais pertinemment que je ne pourrais rien détecter avec mes pauvres yeux humains.
-En effet. répondit Edward, sa voix résonnant dans son torse.
-Tu sais que j'aime…
-les preuves…oui…le coupa-t-il en tendant son autre bras.
A ce geste, j'eus un frisson. Aro venait de trouver le moyen de finalement toucher Edward et pourrait tout y voir.
Aro s'en empara, comme assoiffé et le relâcha deux secondes plus tard, une étrange lueur dans les yeux.
-Bien… bien… J'ai déjà suffisamment de preuves mais soyons respectueux de la procédure. Jane, Félix, s'il vous plait, amenez-moi donc un membre de cette armée.
Jane s'exécuta, suivie de cet immense vampire. Un cri aigu monta aussitôt dans la clairière, me glaçant de nouveau le sang. Puis le duo réapparut, tenant fermement un vampire. Petite, très jeune, plus jeune que moi, elle avait tout au plus quinze ans et des cheveux bruns. Son regard se fixa sur moi, et ses iris étaient d'un rouge écarlate déstabilisant, bien plus vif que le cramoisi des prunelles de Laurent ou de Victoria. Les siennes roulaient, totalement incontrôlées. L'adolescente rejeta brusquement la tête et lâcha une plainte perçante tout en se laissant tomber à genoux. Edward gronda aussitôt, rejoint par d'autres, et elle se calma, bien que ses doigts fussent plantés dans le sol, pareils à des griffes, et qu'elle secouât le menton d'avant en arrière sous l'effet de l'angoisse.
-Comment arrivez-vous à supporter son sang? geignit la gamine d'une voix claire. Je la veux. Maintenant.
Ses iris rouges se portèrent sur Edward, au-delà de lui, sur moi, donc, et ses ongles crochetèrent derechef la terre dure.
J'eus un mouvement de recul et Carlisle, habilement, fit un tout petit pas me mettant hors de la vue de l'adolescente. Edward, lui, tentait de reprendre une position stoïque mais je pouvais percevoir la tension extrême qui émanait de lui.
-Toi ! lança Aro durement, cessant toute interaction avec cette jeune fille complètement perdue par son nouveau statut. Ton nom ?
La gamine lui jeta un regard méprisant et serra les lèvres, ce qui amena un sourire sur le visage de son interlocuteur. Celui-ci leva juste l'index et Jane acquiesça. Le hurlement de souffrance de la nouvelle-née fut assourdissant. Son corps se raidit dans une torsion qui était tout sauf naturelle. Je baissai le menton, à deux doigts des larmes même si à cet instant elle était mon ennemie. J'aurais pu être à sa place, transformée de force par Victoria, complètement perdue et loin de tous mes repères…
Je serrai les dents, retins ma nausée. Les cris s'intensifièrent, et je m'efforçai de me concentrer sur les caresses créées par le passage incessant du pouce d'Edward sur le dos de ma main.
Enfin, le silence revint.
- Ton nom, répéta Jane, inflexible.
- Bree, haleta la gosse.
Jane sourit, l'autre se remit à brailler. Je retins mon souffle jusqu'à ce que ses cris cessent. Puis Aro reprit la parole :
-Bree, cette histoire est-elle vraie ? demanda-t-il en pointant du doigt Maria. Cette Victoria t'a-t-elle créée ? et Maria ici présente t-a-t-elle entrainée ?
L'accusée acquiesça sans un mot, semblant toujours se battre pour ne pas me sauter dessus.
-Quelle était ta mission ?
- Nous devions détruire les étranges vampires aux yeux jaunes car ils avaient tué son âme-sœur. D'après Victoria, ce serait facile car ils étaient peu nombreux. Comme la ville leur appartenait, ils viendraient à notre rencontre. Quand nous en aurions fini avec eux, tout ce sang frais serait à nous. Mais celle-ci s'est échappée avec Laurent et Victoria a décidé que nous devions nous mettre en route. répondit Bree en pointant du doigt vers moi. Des nouveaux ont été créés en cours de route. Mais quand nous sommes arrivés ici, ceux-là étaient beaucoup plus nombreux que ce que Victoria avait dit. termina Bree d'une voix tremblante.
-Nous pourrions expliquer les règles à cette jeune fille. Elle pourrait apprendre. Elle ignorait ce dans quoi on l'entraînait. annonça Carlisle
Aro eut un sourire moqueur avant de s'avancer vers son ami.
-Tu as toujours eu des idéaux très élevés, Carlisle. Mais, comme tu le sais, nous ne tolérons aucune exception, décréta Aro, et nous ne donnons pas de deuxième chance non plus. Cela nuirait à notre réputation. A genoux. trancha le roi en désignant Maria.
Celle-ci le regarda une dernière fois avec cet air de défi puis tourna la tête vers Jasper et Peter.
-Tu n'auras pas le plaisir de me détruire de tes mains, Major. Nous aurions pu faire de grandes choses tous les deux et botter e cul de ces vieux séniles complètement déphasés ! siffla-t-elle avant que Jane ne la fasse taire par son pouvoir.
- Ne regarde pas. chuchota Edward à mon oreille et j'enfouis mon visage complètement dans son épaule.
Soudain, un craquement lugubre résonna, se répercutant dans toute la zone, me faisant trembler. Après quelques secondes, je relevai la tête.
Aro me sourit puis se tourna vers ses sbires qui gardaient la tête et le corps de Maria à leurs pieds.
-Règle-moi ça, Félix, ordonna-t-il avec un signe du menton en direction de Bree.
Le vampire l'attrapa puissamment tandis qu'une partie des gardes disparut.
-Où sont-ils…murmurai-je à peine.
-ils vont détruire l'armée de Victoria. me souffla Carlisle. Ferme les yeux, chérie.
Je ne fus que trop heureuse d'obéir de nouveau. Je fermai les paupières et la main d'Edward vint plaquer ma tête dans son épaule réconfortante. Hélas, je ne pus m'empêcher d'entendre. D'abord, un grondement grave et rauque, puis des hurlements aigus et trop familiers pour mes oreilles qui s'interrompirent brutalement, suivis de bruits écœurants de chairs broyées et d'os brisés. Quelques secondes plus tard, une odeur puissante et acre vint chatouiller mes narines et je ne pus retenir quelques toussotements. Alors que je relevai la tête de nouveau, je constatai que deux grands feux brulaient au beau milieu de l'étendue d'herbe, dégageant une épaisse fumée violacée.
-Bien, maintenant que ceci est réglé, venons-en à l'origine de notre venue. Une effraction me semble-t-il… annonça Aro, brisant le silence qui s'était installé après tous ces cris.
-Tu n'es donc pas venu ici après toute l'attention que cette Victoria a amené sur nous aux journaux télévisés ? demanda aussitôt Carlisle, d'un ton empreint de stupéfaction.
S'en suivit un échange « vampirique » entre mon père et le roi dont je ne percevais que des sifflements et des chuintements. Edward, dans mon dos, était tendu à l'extrême et je n'osai lui dire que sa prise sur mon bras était douloureuse. Je me penchai légèrement, apercevant ainsi Alice et Jasper, côte à côte, totalement immobiles, les visages fermés. Une main glacée toucha mon épaule et je tournai rapidement la tête dans l'autre sens pour tomber sur le visage d'Esmée, me faisant un pâle sourire, surement pour me rassurer. Je poursuivis mon mouvement et m'aperçus que tous nos amis, loups y compris, s'étaient rapprochés de nous.
-Personne n'a enfreint la loi, Aro. Permets-moi de t'expliquer. réagit ensuite mon père en offrant sa main au roi.
-Nous avons un témoin, Carlisle, qui est venu me rapporter la vérité de tes agissements ici. Toi, là-bas ! Viens ici ! ordonna Aro en se tournant complètement.
Le groupe de vampires derrière lui s'écarta et laissa apparaitre un autre des leurs…une silhouette que je reconnus aussitôt et qui fit monter mon niveau de terreur d'un cran supérieur. Ce vampire qui était leur témoin, c'était Irina ! Les Denali réagirent aussitôt, murmurant son prénom. Irina rejoignit le roi et le regarda sans sourciller.
-Est-ce bien la jeune humaine que tu as vue, vivant chez les Cullen ?
Irina se tourna vers nous – enfin vers moi – et me détailla de son regard dur. Edward siffla entre ses dents et elle finit par regarder ailleurs. Lorsqu'elle osa porter un regard vers l'endroit où se tenaient les membres de sa famille, les traits de son visage se modifièrent. D'une attitude dure et fermée, elle parut hésiter, déroutée.
-Alors ? réitéra Aro.
-oui, c'est elle. finit-elle par répondre après avoir regardé sa famille plusieurs secondes.
-Irina ! N'as-tu pas honte ? Pourquoi fais-tu cela ? Qu'est-ce qu'Isabella t'a fait ? cria alors Eleazar.
-Elle a tué mon âme-sœur ! répondit-elle en hurlant, faisant totalement volte-face pour se planter la seconde suivante juste devant moi.
Aussitôt, les Cullen réagirent et je me retrouvai dans les bras d'Esmé, à l'arrière d'une ligne formée par Edward, Carlisle et mes frères.
Le silence pesant fut brisé par un éclat de rire. Celui d'Aro qui, après avoir ri quelques secondes, se mit à applaudir.
-Une tragédie ! J'adore les tragédies ! riait-il en tapant dans ses mains, comme un enfant au beau milieu d'un spectacle de cirque.
Le roi avança jusqu'à se placer entre Irina et Edward et les fit reculer chacun de quelques pas.
-Bien…après ce petit intermède, reprenons notre sérieux. Donc. Carlisle, cher ami, tu assures qu'aucune loi n'a été enfreinte mais tu ne peux pas nier que cette jeune fille est informée de notre existence et de notre monde. Et puis….
-Ils ne nous appartiennent ni ne nous obéissent. le coupa Edward, ayant surement lu dans l'esprit du roi qui avait curieusement tourné son regard sur les loups. Ils sont ici parce qu'ils l'ont choisi.
-Ils ont pourtant l'air d'être très attachés à vous, marmonna Aro. À ta jeune compagne et à ta... famille. Ils vous sont loyaux.
Sa voix avait prononcé ce dernier mot comme une caresse.
-Ils se sont engagés à protéger l'espèce humaine. Voilà pourquoi ils peuvent cohabiter avec nous, et pas avec vous. Pour cela, il faudrait que vous revoyiez votre mode de vie.
-Ce n'était rien qu'une idée en passant, répéta Aro en s'esclaffant joyeusement. Tu sais comment ça marche. Personne ne peut entièrement contrôler ses désirs inconscients.
-En effet, grimaça Edward.
-Deux manquements tels à nos lois fondamentales mériteraient la peine de mort. Tu le sais bien n'est-ce pas Carlisle ? Mais votre façon de vivre les uns avec les autres, votre loyauté, m'intriguent. Aussi, voilà je vais, dans ma grande mansuétude et par respect de notre très longue amitié, vous laisser le choix pour résoudre cet épineux procès : soit vous venez avec nous en Italie pour intégrer ma garde, y compris notre chère Isabella, soit…
-Non ! rugit alors Edward m'envoyant en une fraction de seconde de nouveau dans les bras d'Esmé sans que je puisse avoir le temps de cligner des yeux. Non !
-soit, reprit le roi en levant un doigt vers Edward, tu te bats en duel avec Felix. Si tu gagnes, vous restez ici et nous repartons chez nous, si tu perds, elle vient avec vous tous à Volterra. Après tout, voilà bien longtemps que nous n'avons pas eu de nouveaux invités et le château est bien vide…
-Pourquoi ? Pourquoi la voulez-vous ? cracha mon adonis, totalement emporté par sa fureur.
-Voyons Edward, tu ne peux pas ne pas avoir remarqué l'immense potentiel de notre invitée. Ou alors, l'amour rend vraiment aveugle. Eleazar pourra surement te le confirmer : elle fera une vampire sensationnelle. Et puis ainsi, je m'assurerai qu'elle n'éventera pas notre secret. répondit Aro, un sourire aux lèvres.
Je cherchai immédiatement Eleazar du regard, complètement éberluée par le discours tenu. Moi ? Un futur vampire avec un pouvoir immense ? Eléazar dut lire mon questionnement car il intervint, ne me lâchant pas du regard.
-Un bouclier. Ses pouvoirs sont déjà présents alors qu'elle n'est qu'humaine. nous informa-t-il, me laissant bouche bée.
-Vraiment fabuleuse ! répéta encore une fois le roi.
-Je prends le duel ! s'écria alors Edward en se plantant au pied du roi, le fixant droit dans les yeux.
Je sentis mon corps se liquéfier.
-Non Edward ! intervins-je.
Mon fiancé fit un pas pour me rejoindre et leva d'un doigt mon menton pour que je le regarde dans les yeux.
-Jamais Bella, jamais je ne te laisserai revivre un second cauchemar. Car c'est bien ce que cela sera, là bas, en Italie. Alors, je préfère mille fois me battre face à Felix si cela peut t'offrir une vie de liberté. m'expliqua-t-il, ses yeux dorés ne lâchant jamais les miens.
-Mais, si jamais tu…tu meures…que…qu'est-ce que je vais devenir ? murmurai-je, incapable de contrôler autrement ma voix pour ne pas laisser sortir les sanglots qui se bousculaient déjà.
-Je ne vais pas mourir, Bella. Mais quand bien même, je le fais pour toi. Pour la plus belle chose de mon existence. Pour que tu puisses avoir une chance de vivre libre. me répondit-il alors que des larmes coulaient désormais sur mes joues.
Edward les essuya tendrement de ses pouces, même si de nouvelles reprenaient instantanément leur place.
-Je t'aime, Isabella Swan. chuchota-t-il dans le creux de mon oreille avant de déposer furtivement ses lèvres glacées sur les miennes.
A peine eus-je le temps de comprendre ce qu'il se passait qu'Edward se matérialisait plus loin dans la clairière, face à Felix.
Et commença alors un combat fait, pour mes yeux d'humaine, d'ombres fantomatiques qui se heurtaient dans un fracas sourd. Parfois, je pouvais distinguer les deux hommes lorsqu'ils ralentissaient quelque peu leur allure. Aucun ne parvenait vraiment à prendre le dessus sur l'autre. Edward se retrouvait souvent au sol, aux prises avec Félix mais il parvenait toujours à se dégager pour envoyer à plusieurs mètres son adversaire.
-Allez Edward ! me pris-je à chuchoter, complètement prise dans l'action, souhaitant encourager mon amour.
Je ne sus s'il avait entendu mon message mais quelques secondes plus tard, il réussit à prendre Felix de revers et à passer son bras autour de son cou, de façon à l'étrangler. Emmett ne put retenir une exclamation, ce qui me laissait croire que tout cela était en bonne voie. Mais je perçus un infime mouvement près de moi et je remarquai aussitôt la main levée d'Aro, un sourire sadique sur les lèvres, qui fit un signe à l'encontre de…Jane…
-Non ! voulus-je crier mais les hurlements d'Edward étouffèrent mes mots.
Avant que j'aie eu le temps de réagir, avant que quiconque n'ait pu s'interposer, avant même que Félix n'ait pu bouger, Edward se retrouva gisant au sol.
Personne ne l'avait touché, et pourtant il se tordait de douleur sous mes yeux horrifiés, comme Maria et Bree quelques instants plus tôt. Jane ne souriait plus qu'à lui, regardant la scène à s'en délecter, tout comme Aro.
Je me précipitai dans l'espoir de me mettre entre les deux adversaires. Malheureusement Esmée m'intercepta et m'emprisonna dans ses bras de fer, totalement indifférente à mes ruades. Plus un son ne s'échappait des lèvres d'Edward, qui se démenait sur le sol. Comme s'il souhaitait me préserver de ses souffrances. J'eus l'impression que ma tête allait exploser tant il m'était douloureux d'assister à pareille torture.
Puis Felix se releva en un bond à un sifflement venant surement d'Aro et se plaça à genoux près de la tête d'Edward, ses mains larges se plaçant sur les épaules de mon vampire. Tout autour de moi, personne ne bougeait, personne ne parlait…personne n'allait venir en aide à Edward alors qu'il se démenait sous mes yeux pour préserver sa famille… Des larmes se mirent à couler sur mes joues lorsque son regard implorant croisa le mien et je voulus me blottir contre Esmée pour ne pas voir son funeste sort. Ce fut à ce moment précis, alors que les mains de ma mère auraient dû bloquer mes mouvements, que je compris qu'ils étaient tous paralysés eux aussi. Comme lors de mon arrivée ici. Je n'attendis pas plus longtemps, comprenant qu'aucun de ces pouvoirs néfastes ne me touchaient et je m'élançai en hurlant pour rejoindre Edward.
-Non ! Pitié ! Laisse-le ! laissez-les tous ! Et je viendrai. Je viendrai avec vous ! hurlai-je alors que je me retrouvai à genoux, à moitié couchée sur son torse.
Felix, lui, était figé d'étonnement derrière moi mais je n'en avais que faire, mes yeux plantés directement dans ceux d'Aro.
-Félix ! Jane ! Alec ! Assez ! ordonna-t-il simplement avant de s'avancer vers moi.
Sur le côté, les vampires qui avaient choisi de me protéger reprenaient leurs esprits. Dans mon dos, Edward déposa son front contre moi, alors que son bras enserra ma taille.
-tu n'aurais pas dû. murmura-t-il suffisamment fort pour que je le perçoive avant qu'Aro ne stoppe devant moi.
-Isabella, ma très chère enfant. me demanda le roi en tendant sa main, m'invitant à le rejoindre.
Je l'observai quelques secondes avant de tourner la tête vers ma famille. Tous, les vampires comme les loups, avaient leurs regards marqués par la tristesse. Mais ils devaient vivre. Et j'étais la seule à pouvoir arranger cela.
-Je viens avec vous si j'ai votre parole que tous ceux ici présents, vampires comme loups, ne seront aucunement importunés dans le futur. dis-je d'une voix claire, ce qui me surprit quelque peu.
D'où me venait ce courage ? Simplement de la volonté de mettre en sécurité ma famille.
-tu n'es encore qu'une humaine et tu te permets de poser tes conditions. commenta l'Italien, faisant rire son groupe.
Quelques secondes passèrent où je vis les gardes royaux s'esclaffer.
-Accordé ! Et ma parole est toujours respectée. accepta-t-il, faisant s'étouffer les rires.
-mais…maître ! se plaignit Jane.
-Il suffit Jane ! la rabroua-t-il aussitôt. Je n'avais pas vu pareil potentiel depuis ton frère et toi. Isabella sera une vampire extraordinaire et elle accepte de son plein gré de venir avec nous. Alors, je peux bien lui faire ce plaisir. commenta-t-il en agitant sa main, me faisant comprendre qu'il était temps pour moi de les rejoindre.
Je me tournai alors légèrement pour voir le visage d'Edward, toujours allongé au sol, et déposai ma main blessée sur son si beau visage.
-Je fais ça pour nous, Edward. Pour ma famille. Je reviendrai, je t'en fais la promesse. Un jour, je reviendrai auprès de vous tous et nous pourrons nous marier. lui dis-je en retenant difficilement mes larmes.
J'étais pleinement consciente que tous m'entendaient mais je ne m'en souciais pas. Il ne me restait que quelques secondes auprès de lui et je ne voulais pas les gâcher.
-Je t'aime Edward. Je t'ai toujours aimé. Dès la première minute et jusqu'à la fin des temps. poursuivis-je avant de déposer doucement mes lèvres sur les siennes.
Il répondit à mon baiser un peu brusquement, sachant lui aussi que c'était le dernier. Lorsque nos lèvres se détachèrent, je tombai sur son regard empli de tristesse et de douleur.
-Promets-moi de ne pas venir à Volterra. Prends soin de ma famille en attendant mon retour. lui dis-je simplement avant de me relever.
Edward suivit le mouvement aussitôt, sans me lâcher. Je souris à ce geste qui, si je ne réussissais pas à m'en détacher, signerait l'arrêt de mort de tous mes nouveaux compagnons. Alors, mes mains glissèrent sur les siennes et mes doigts entreprirent de dénouer les siens.
-Je t'aime. lui murmurai-je une dernière fois avant de reculer pour saisir la main tendue d'Aro sans quitter Edward du regard.
Le roi saisit ma main fermement mais sans douleur et me fit marcher, à vitesse humaine, vers son groupe.
-Aro, il y a certainement un moyen…tenta Carlisle mais Aro leva la main, le faisant taire.
-Puis-je ? demandai-je au roi qui m'observa quelques secondes avant d'acquiescer sans pour autant me lâcher.
Je pivotai légèrement pour faire face au docteur et pris la parole :
-Papa, ne t'en fais pas. Tout ira bien…
-Mais Bella…me coupa-t-il alors que son visage trahissait son désarroi.
-C'était la meilleure solution, papa. Ne vous en faites pas. Tout ira bien. Vous serez tous saufs et cela sera mon meilleur soutien. Et puis, je vous promets que je reviendrai. Un jour ou l'autre, on se retrouvera. me dépêchai-je de dire avant que mes bonnes résolutions ne partent à vau-l'eau.
Je les regardai tous alors, sans exception, les uns après les autres, souriant malgré les sanglots qui se rassemblaient au fond de ma gorge. Loups. Vampires. Pupilles dorées comme pupilles rubis. Tous avaient voulu me sauver. Et c'était à mon tour de le faire pour eux.
Je souris une dernière fois à Seth, à mes frères et sœurs, à mes parents puis à Edward, et je me remis à marcher. Aro suivit le mouvement et lorsque je franchis le premier rang constitué des gardes royaux, je ne me retournai plus. Cela aurait été beaucoup trop difficile pour mon pauvre cœur déjà en miettes. Alors que notre groupe arrivait à la lisière ouest de la clairière, Aro passa sur mes épaules un lourd manteau de velours sombre, pareil au sien. Et lorsque je franchis la ligne d'arbres pour quitter définitivement ce lieu, un hurlement de loup s'éleva dans mon dos.
Alors ? Qu'en pensez-vous ? Un chapitre à la hauteur ? On approche de la fin, un ou deux chapitres je pense... Vos pronostics ?
