Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2016 avec du boulot, la réussite dans les études, de bons moments en famille et entre amis, mais surtout la santé.
Un grand merci pour toutes vos reviews. J'ai eu un peu de mal à les lire à cause d'un bug de FF mais quel plaisir de les découvrir une fois tout remis en ordre ! Je craignais, avec la baisse des commentaires sur les précédents chapitres, que l'histoire ne vous plaise plus mais vous m'avez prouvé le contraire. Alors, de nouveau MERCI !
Je vous laisse lire et surtout, n'oubliez pas vos reviews !
Chapitre 26: « Et pourtant il faut vivre, ou survivre, sans poème, sans blesser ceux qu'on aime»(Vivre ou survivre / Daniel Balavoine)
(BPOV)
Le groupe se répartit sur plusieurs mètres et nous continuâmes à avancer, marchant à ma vitesse. Mais après quelques minutes, je ne pus que trébucher dans les racines et ne dus mon salut qu'à la main puissante de Felix qui me rattrapa sans même sourciller.
-Felix sera ton garde du corps et Sulpicia t'aidera à t'acclimater à notre famille. m'annonça Aro.
-Felix ? mais…ne pus j'en m'empêcher de remarquer.
Ce vampire était celui qui avait failli tuer Edward et je devais avouer que je le craignais un peu.
-Il ne t'arrivera rien parmi nous, chère Isabella. Car celui qui oserait te toucher devrait en subir les conséquences…autrement dit, ma colère. Felix contrôle très bien son appétit et tu pourras lui demander tout ce dont tu auras besoin jusqu'à ce que tu deviennes l'une des nôtres. expliqua-t-il, me rappelant ainsi le pacte que j'avais conclu voilà quelques minutes. Felix, bien que je ne veuille pas brusquer notre nouveau membre, les voitures attendent…s'adressa-t-il ensuite au vampire qui venait de me relâcher.
Felix acquiesça et me tendit la main. Ne comprenant pas son geste, je me stoppai, regardant avec méfiance sa large paume blanche.
-Aro souhaite que nous courions pour rejoindre nos voitures. Tu vas donc voyager sur mon dos. m'indiqua le vampire.
Je me raidis mais finis par acquiescer. Il se retourna, me présentant son dos, comme on le ferait pour un enfant. Fébrilement, j'approchai de celui qui allait désormais être mon ombre et passai mes bras autour de ses épaules. Une fois installée, il se redressa et commença sa course. Instinctivement, comme avec Laurent, je fermai aussitôt les yeux. Et le vent froid se mit à cingler sur mes joues, signe que nous courrions désormais.
Felix était plutôt « attentionné » si l'on pouvait décrire cela ainsi. Je ne ressentais que de faibles secousses et aucun changement brutal de direction ne me déstabilisait. Puis tout s'arrêta net. J'ouvris aussitôt les paupières. Nous étions sortis des bois et nous trouvions sur ce qui ressemblait à un de ces petits parkings avec une aire de pique-nique que l'on trouvait disséminés dans tous les parcs nationaux américains. De gros vans sombres, aux vitres teintées, étaient garés, semblant nous attendre. Ils me faisaient penser au van de Tyler ou à celui des Newton, avec deux banquettes à l'arrière, qui nous avaient permis de passer un bon moment avec toute la bande sur la plage de la Push voilà si longtemps…
Felix me reposa sur le sol et aussitôt Aro se matérialisa à mes côtés, tenant la main de son épouse, me faisant sursauter. Mon cœur, lui, battait la chamade. Alors, comme lorsque j'étais chez Victoria, je repris mes anciennes habitudes. J'inspirai profondément pour me calmer, serrai les dents, fis plus attention à mon environnement et surtout fis tout ce qu'il fallait pour faire ralentir mon cœur qui lançait des appels bien trop tentants pour les vampires aux yeux rouges qui m'entouraient et me fixaient tous.
-Tu es décidément une bien étrange humaine, Isabella. me dit Aro en s'éloignant d'un pas, me permettant de me décontracter un peu plus. Irina, monte donc avec nous. ordonna le roi en me tendant la main pour m'amener vers le premier véhicule.
Aussitôt, Renata ouvrit la porte latérale, laissant apercevoir l'intérieur de la voiture. Irina et Jane se placèrent sur la banquette la plus à l'arrière, Sulpicia s'installa également, tandis que Felix se mettait au volant. Aro m'escorta jusqu'à la portière et nous prîmes place tandis que la porte se refermait derrière moi. Renata réapparut à l'avant, sur le siège passager, et le moteur se mit en route.
Felix sortit du parking et nous passâmes à vitesse réduite auprès d'un grand panneau de bois indiquant que nous quittions le parc d'Olympic. A cette vue, une larme s'échappa, silencieuse, glissant lentement le long de ma joue avant de s'écraser sur le dos de ma main déposée sur ma jambe. Lorsque je relevai les yeux, je croisai le regard de Felix m'observant par le rétroviseur intérieur. Il me sembla y lire quelque chose…de la tristesse ? de la pitié ? Ce fut tellement fugace que je ne pus le confirmer.
Puis les minutes passèrent tandis que nous avions rejoint la voie express. Je fus surprise par la vitesse de déplacement des véhicules…contrairement à tout ce que j'avais connu lorsqu'un vampire était au volant, nous roulions…en respectant les limitations de vitesse. Mon étonnement devait se voir sur mon visage car Felix crut bon d'intervenir :
-il serait de mauvais ton de nous faire arrêter pour excès de vitesse. ricana-t-il alors que Renata arborait un sourire également.
-et puis Aro ne veut pas que nous fassions d'un policier notre repas alors que tu es parmi nous. ajouta Jane de sa voix si tranchante, derrière moi.
Aro leva la main et le calme revint.
Après quelques kilomètres, alors que Felix prenait un échangeur vers l'est, je pris enfin la parole.
-Où allons-nous ? risquai-je d'une voix faible, ne sachant si j'avais le droit de parler parmi eux.
-nous allons prendre l'avion à Seattle. me renseigna Aro.
-L'avion ? mais…réagis-je aussitôt pensant à ces dizaines de vampires confinés dans un avion avec des humains.
-Nous avons notre propre jet qui nous y attend. ajouta le roi en m'observant, un sourire sur les lèvres.
J'acquiesçai, soulagée d'apprendre que des innocents ne seraient pas tués durant le vol, et retournai à la contemplation du paysage extérieur en silence.
Depuis que nous avions pris la route, je ne cessais de rejouer dans mon esprit tous mes souvenirs de ces derniers jours avec les Cullen, espérant ainsi que je ne les oublierais pas.
-Isabella, ma chère enfant. demanda soudainement Aro, sa voix brisant le silence qui régnait depuis notre départ, maintenant que tu sais que tes amis ne craignent plus rien de notre part, j'aimerais entendre ton histoire. Comment une humaine en arrive-t-elle à évoluer au sein d'un clan comme celui de Carlisle ? à clamer qu'ils sont ta famille alors que…
-ils sont ma famille. le coupai-je malgré moi, d'une voix plutôt décidée. Je n'ai plus qu'eux. Ils…ils ont bien plus joué le rôle de parents pour moi que mes propres parents…pas que mes parents n'aient pas été présents mais…balbutiai-je sous le coup de l'émotion que cela évoquait.
Sulpicia tendit une main vers moi et la posa sur mon genou, faisant cesser mon verbiage.
-Isabella, calme-toi. me demanda-t-elle d'une voix douce.
C'était la première fois que j'entendais celle qui était donc une reine des vampires, et sa voix me fit immédiatement penser à celle d'Esmée. Douce, calme, maternelle…loin de l'image que je m'étais faite d'elle…juste à cause de ses yeux rouges…
-je…ça risque d'être long…tentai-je d'esquiver.
-nous avons tout le temps du trajet pour cela. rétorqua Aro.
Je soufflai longuement, tentant d'organiser au mieux mes pensées. Encore une fois, je tournai la tête vers l'extérieur, préférant voir le paysage qui défilait plutôt que d'être tétanisée par leurs yeux carmin. Puis je me lançai. Après tout, j'allais devoir évoluer parmi eux durant un certain temps. Et puis je voulais revoir tous mes souvenirs une dernière fois…avant que je ne m'éveille avec des yeux rouge sang…Alors, je leur racontais ma vie…ma naissance à Forks, le divorce de mes parents…la vie auprès de Renée, plus sœur que mère, la distance avec Charlie… puis ma rencontre avec les Cullen.
-Dès la première minute, au beau milieu de la cantine, j'avais ressenti cet étrange lien avec Edward. Nos débuts ont été difficiles…mais j'étais entêtée et je ne pouvais me résoudre à me contenter de leurs versions officielles. expliquai-je en souriant à ce souvenir.
Combien de fois Edward avait pesté contre mon entêtement et ma volonté…
-puis il y a eu cette première rencontre avec toute la famille…ils m'ont emmenée jouer au baseball. Moi ! Jouer au baseball ! expliquai-je dans un sourire en repensant à cette invitation qui avait beaucoup fait rire Charlie. Et puis James est arrivé avec Victoria et Laurent…poursuivis-je, beaucoup plus grave.
J'expliquai ensuite la confrontation puis notre fuite dans la jeep d'Emmett. Ma scène devant mon père à qui j'avais brisé le cœur ce soir-là. Je racontais, sans lâcher la fenêtre des yeux, notre plan de bataille, mon départ vers Phoenix, la machination de James et ma fuite vers le studio de danse, pensant que James détenait Renée.
-Attend, tu as réussi à semer deux vampires pour aller rencontrer ce James de ton plein gré ? réagit Felix, me faisant le regarder par l'intermédiaire du rétroviseur.
-Oui, je sais, c'est absurde. Mais à cet instant-là, il me semblait que c'était la meilleure solution : je sauvais Renée, je sauvais Charlie, et James ne s'attaquerait plus aux Cullen…
-tu étais prête à mourir pour des vampires… murmura Aro, complètement hébété.
-Non, j'étais prête à mourir pour ma famille, pour ceux qui font battre mon cœur. Pour moi, ce n'était qu'un petit sacrifice face à tout ce que cela pouvait engendrer. le repris-je doucement en le regardant à son tour.
-Je comprends. me répondit-il en me faisant un signe de tête.
Soudain, la voiture ralentit, me mettant en alerte. Les lumières qui apparurent me renseignèrent aussitôt sur le lieu de notre arrêt. Ce n'était qu'une étape : une station-service attenante à un vieux resto-route se tenait là, au beau milieu de nulle part. Deux vieux pickup étaient garés près de l'entrée et, au travers des vitres, on distinguait les silhouettes de leurs conducteurs assis au bar, surement à boire un café.
Aussitôt, mon cœur se mit à battre de manière désordonnée. Allaient-ils en profiter pour s'abreuver, comme le faisait Victoria ? Je n'eus pas le temps de penser à plus qu'Aro prit immédiatement la parole.
-Isabella, rassure-toi, l'arrêt est uniquement pour toi. Cependant, pour donner le change, Sulpicia et Irina t'accompagneront à l'intérieur. Tu as 10 minutes, compris ?
-Oui. Merci. répondis-je.
Quelques minutes plus tard, je me trouvais dans les wc pour dames de la station service, à me laver les mains. En levant la tête pour observer mon reflet, je pus remarquer qu'Irina m'observait. Les souvenirs de notre dernière « discussion » me revinrent immanquablement et je ne pus empêcher le frisson qui remonta le long de mon échine. Je ne lâchai pas son regard une seule seconde, guettant le moment où elle tenterait de nouveau de me sauter dessus. Mais, contrairement à ce que je pensais, cette dernière me fit un petit sourire contrit avant de détourner le regard.
-Bien. Prend donc quelque chose pour te nourrir. me dit Sulpicia en me tendant un billet de 10 dollars.
Je la remerciai d'un signe de tête avant de me diriger dans les rayons de la petite supérette pour y dénicher deux paquets de biscuits et une bouteille d'eau. La serveuse m'observa longuement avant de passer sur les deux vampires qui m'attendaient à la porte de sortie.
-Elles sont bizarres vos amies. me dit-elle en mâchant son chewing gum.
Je lui souris sans répondre, récupérai ma monnaie et attrapai le sac en papier empli de mes courses avant de faire demi-tour pour retrouver les vampires. Félix patientait, debout près de la portière qu'il ouvrit dès notre arrivée.
Je me réinstallai sans un mot dans le van et nous reprîmes la route.
-Comment as-tu pu te retrouver poursuivie par l'armée de Victoria si ta vie avec les Cullen se passait si bien ? réengagea aussitôt Aro, curieux.
Et je repris la parole, expliquant la décision d'Edward, notre rupture et le kidnapping de Victoria. Et Aro n'eut plus besoin de poser une nouvelle question. Je racontais tout, disant même pour la première fois certaines choses qui m'étaient arrivées auprès de Victoria et que je n'avais pas osé avouer à Carlisle ou Jasper. Je décrivis tout : les sévices, les privations, les brimades, mon rôle d'appât pour de pauvres humains innocents, ses idées de plus en plus folles et abominables comme lorsqu'elle choisit pour cible un parc pour enfants…Alors que tous ces souvenirs horribles sortaient ainsi de mes lèvres, le regard des vampires près de moi changeait.
-je n'ai tenu que parce que je voulais absolument prévenir Carlisle. C'était mon objectif : réussir à les avertir du danger. Même s'ils étaient partis à l'époque, je ne pouvais oublier que je ne m'étais sentie vivante et réellement à ma place qu'auprès d'eux. Si je n'avais pas eu cela, je serais morte depuis bien longtemps. Ils m'ont retrouvée, ils m'ont sauvée et aujourd'hui…
-c'est toi qui les sauve…termina pour moi le roi. Incroyable ! Une humaine qui se sacrifie pour des vampires.
-Qu'ils soient n'importe quoi, ils sont ceux qui ont montré pour moi le plus d'humanité. Qui m'ont fait connaitre ce qu'est de vivre dans une famille unie, avec des frères et des sœurs, avec une maman pour me faire des câlins… Je sais qu'ils se considèrent comme des monstres, mais pour moi, le véritable monstre était Victoria. les défendis-je. Même vous êtes surement moins sadiques qu'elle.
-Ne parle pas sans savoir. ricana Aro, faisant rire les autres.
-Non, Carlisle m' a souvent parlé de ses années à vos côtés. De votre culture, de votre gout pour les arts. Aussi, je ne peux penser que Carlisle se soit trompé. Alors, même si je ne suis qu'une pauvre humaine jusqu'à ce que vous décidiez de mon sort, je sais très bien reconnaitre si je suis en présence de personnes « civilisées ». m'emportai-je en mimant les guillemets avec mes doigts.
Aro m'observa longuement, sans répondre, et finit par sourire. Le silence se fit dans la voiture et je retournai à ma contemplation du paysage. Alors que Felix s'engageait sur une énième rocade, un grand panneau indicatif me révéla l'endroit où nous étions…L'aéroport de Seattle était à dix kilomètres.
Dans quelques minutes, j'allais quitter mon pays...j'allais quitter ma famille…
Ma main attrapa d'elle-même la petite enveloppe de papier brun que Seth m'avait remise lorsque nous avions quitté la villa précipitamment et que j'avais glissé dans la poche intérieure de mon manteau. J'ouvris le passeport siglé de l'aigle américain pour y lire ce qui aurait dû être ma nouvelle identité : « Isabella Cullen ».
Cullen…
Edward m'avait promis ce nom et je ferais tout pour l'avoir…mais le chemin serait sans aucun doute long, très long…
-Nous arrivons. annonça Felix en se garant devant un hangar flambant neuf.
Je relevai la tête du bout de papier et tombai sur le regard pensif du roi des vampires. Je ne savais pas vraiment quoi y lire mais il me sembla que la tristesse était présente.
-Le jet nous attend. dit simplement Renata, surement étonnée de notre immobilisme.
Aro cligna des paupières et acquiesça. Alors, les portières s'ouvrirent et les vampires sortirent.
(CPOV)
Bella….mon Dieu qu'avais-je fait ? Comment en étions-nous arrivés à cette situation ? Les Volturi avaient quitté les lieux, emmenant avec eux notre Bella, revêtue d'un de leurs manteaux sombres puisqu'elle s'était sacrifiée pour nous…pour que nous puissions vivre alors qu'elle…
Je fermai les yeux un quart de seconde et secouai la tête pour tenter de reprendre mes esprits. Mais lorsque je les rouvris, je ne pus que constater que rien n'avait bougé. Edward était toujours assis au sol, les genoux repliés, le front posé contre ceux-ci, tandis que Jasper, debout à quelques mètres derrière lui, retenait Alice et Esmée. A quelques pas de moi, Emmett tenait fermement Rose dans ses bras, tous deux tournés vers le lieu où avait disparu Bella quelques minutes plus tôt.
Tout autour de nous, se tenaient nos amis. Loups. Vampires. Tous semblaient hébétés par ce départ et l'acte d'amour incommensurable d'Isabella pour nous.
Ma fille s'était sacrifiée pour nous laisser saufs. Tous, vampires comme Quileutes, lui devions désormais la vie et notre liberté. Car Aro pouvait être fourbe et calculateur, mais quand il donnait ainsi sa parole devant tant de témoins, elle était respectée.
Esmée, après quelques secondes, se retourna et revint dans mes bras, plongeant son visage dans mon épaule, pleurant ainsi le départ de notre fille. Je la laissai faire, caressant lentement son dos pour tenter de la réconforter. En vain puisque cette blessure resterait en nous pour l'éternité, et cela même lorsque Bella reviendrait parmi nous.
Et ce fut cette dernière pensée qui me fit reprendre pied.
Oui Bella ferait tout pour nous retrouver, comme elle l'avait fait il n'y avait pas si longtemps. Et elle hurlerait lorsqu'elle apprendrait que nous étions restés ainsi prostrés. Aussi, je relevai la tête et observai tous mes compagnons. Je remarquai alors pour la première fois que certains loups étaient restés au sol tout en ayant repris leur forme humaine, signe d'une blessure. Alors, je relâchai mon épouse et me dirigeai vers eux. Mes pas furent comme un signe de ralliement et tout se remit en mouvement dans la clairière.
Alors que je rejoignis la meute qui s'était rassemblée autour des blessés, je remarquai une chose : il manquait un loup…mais où était donc Léah ? Je me tournai rapidement vers Seth pour le trouver debout, observant Edward sans dire un mot. Et je compris alors le drame. Seth n'attendit pas plus longtemps et rejoignit d'un pas décidé mon fils, toujours assis. Edward ne bougea pas d'un pouce à son arrivée, la tête dans les genoux.
-Je suis désolé Seth. Tellement désolé. lui dit mon fils d'une voix cassée par des larmes qui jamais ne couleraient. Elle s'est vaillamment battue mais Victoria a profité d'une demie seconde de faiblesse pour…c'est ma faute…J'ai perdu Leah et j'ai perdu Bella…
Seth ne dit rien et s'agenouilla pour passer ses bras autour des épaules du vampire, et ce fut seulement à cet instant que le jeune homme se mit à pleurer, le front déposé sur l'épaule d'Edward…
Autour de moi, le silence s'était fait. Tout le monde semblait prendre conscience des pertes que nous avions subies.
Jasper et Alice me rejoignirent, me demandant ce que nous devions faire.
-Rentrons à la villa. Je dois soigner les loups. Ensuite, nous verrons. finis-je par décider.
Jasper opina et la minute suivante, nous courrions vers notre maison, les Quileutes blessés portés par les nôtres. Edward, lui, nous avait suivis sans dire un mot. Il était entré dans le salon, et était tombé sur les affaires que Bella avait déposées lorsqu'elle et Seth avaient finalement fait demi-tour pour nous rejoindre. Il avait saisi le sac de la jeune femme et était monté à l'étage.
De mon côté, j'avais fait installé les loups blessés dans nos chambres et avais attrapé ma trousse de secours avant d'aller les voir. Leurs blessures n'étaient pas mortelles mais certains étaient sévèrement touchés. Heureusement, leur particularité lupine leur offrait une rapidité de guérison et je n'eus qu'à compléter quelques soins, leurs os ou muscles étant déjà en train de se réparer. Nous avions décidé avec Jared qu'ils allaient se reposer un peu avant de rentrer à la réserve pour annoncer aux anciens la mort de Leah. Esmée et Alice avaient fait une apparition rapide, amenant des boissons et de la nourriture.
Tout cela ne me prit qu'une vingtaine de minutes puis je laissai les Quileutes entre eux, à l'étage.
Lorsque je regagnai le rez-de-chaussée, j'y trouvais tous mes amis plongés dans leurs pensées.
Je retrouvai Esmé au côté de Siobbhan.
-Siobbhan, je suis profondément désolé. Je…je suis responsable de tout cela et je comprendrai tout à fait que tu…
-Non, Carlisle. Si nous sommes venus ici, c'est parce que nous croyions en ta cause. Je suis persuadée que si nos places étaient inversées, tu dirais la même chose. Me coupa mon amie.
J'acquiesçai alors qu'elle reprit la parole.
-Malheureusement, nous n'avons pas réussi à sauver Isabella…souffla-t-elle tandis qu'Esmé lui frottait doucement le dos.
-Je trouverais une solution. murmurai-je, plutôt à l'attention de mon épouse qui avait quelque peu tremblé lorsque Siobbhan avait parlé de notre fille.
Dans le salon, les discussions avaient repris, surtout sous l'impulsion de Jasper, Eleazar et Peter qui analysaient toute la bataille. Parfois, l'un de nos alliés intervenait pour donner des renseignements complémentaires. J'écoutai leurs remarques d'une oreille distraite et me rendis à l'étage.
La porte de la chambre d'Edward était ouverte, laissant apparaitre Seth en grande discussion avec mon fils.
-Je peux ? soufflai-je en m'arrêtant sur le seuil.
Edward répondit d'un vague hochement de tête et je les rejoignis sur le canapé noir.
-Seth, je suis profondément désolé pour Leah. Si tu as besoin de quelque chose, ou ta mère, n'hésite pas à nous le dire. Je tiens à prendre en charge tous les frais…
-Merci Carlisle. me coupa Seth en déposant sa main chaude sur la mienne. Je…il va falloir que je le dise à ma mère…souffla-t-il, se battant contre les larmes.
-Je vais m'en charger. Je vais vous raccompagner à la réserve. le rassurai-je.
-Elle est morte en remplissant son rôle. me dit-il en plantant ses yeux sombres emplis d'eau dans les miens.
Je serrai un peu son épaule de ma main en signe de réconfort.
-Ses dernières pensées ont été pour Sam, votre mère et toi. nous révéla Edward.
Le silence se fit durant quelques minutes, respectant les larmes silencieuses du jeune garçon.
-J'ai perdu Bella. finit-il par dire après s'être repris.
-Non, je t'interdis de penser cela, Seth. dis-je aussitôt.
-Mais si j'avais obéi à vos ordres, nous serions loin d'ici et…
-Nous pensions tous que Bella accepterait de parti loin d'ici mais…
-elle est tellement têtue… me coupa Seth en riant un peu. Elle…elle s'est sacrifiée pour nous, n'est-ce pas ? demanda-t-il, plus grave.
-Oui. Pour nous tous. chuchota Edward.
Vingt minutes plus tard, je roulai en direction de la maison de Billy Black, les jeunes blessés assis à l'arrière de la berline. Ils allaient déjà nettement mieux et après une bonne nuit de sommeil, plus rien ne serait visible. Jasper avait pris le volant de la jeep d'Emmett et me suivait. J'allais avoir besoin de son don lorsque nous allions devoir expliquer la situation. Emmett voulait nous accompagner mais j'avais souhaité qu'il reste à la villa auprès de son frère, totalement défait par la situation.
Bien vite, la petite maisonnette apparut et je stoppai mon véhicule là où je m'étais garé voilà quelques jours, accompagné de Bella.
La porte s'ouvrit aussitôt et Billy apparut, accompagné d'une femme brune. Nous sortîmes tous des voitures et l'indienne comprit aussitôt lorsque Seth s'avança vers elle, tête baissée. Elle plaça sa main devant sa bouche, retenant encore ses sanglots, mais lorsque son fils arriva près d'elle, elle le serra le plus fort qu'elle put en laissant éclater son chagrin.
La meute passa près d'eux, les laissant à leur peine, et rentra dans la maisonnette. Je m'avançai alors, flanqué de Jasper, vers Billy, qui patientait sur le pas de la porte. Comme plusieurs jours plus tôt, il nous invita à nous asseoir à la table. Et je pris la parole, une fois de plus, épaulé par Jared. Jasper, lui, était dans un coin de la pièce et envoyait des ondes de calme dans la pièce. Billy prit le temps de regarder un par un les loups qui s'installaient çà et là.
-Vous allez bien ? les questionna-t-il.
-Oui, ne t'en fais pas. Le docteur Cullen s'est occupé des bobos avant notre retour ici. lui répondit Jared.
Billy lui sourit avant de se tourner vers moi.
-est-ce que tout est terminé ? demanda-t-il.
-l'armée de Victoria n'existe plus et les Volturi sont repartis. répondis-je simplement.
Je pus lire sur le visage du vieil homme un peu de soulagement malgré la tension qui l'habitait encore.
-des morts parmi les votres ? poursuivit-il.
-un vieil ami. me contentai-je de répondre, ce à quoi Billy hocha la tête en silence.
-et Bella ? finit-il par demander.
-Nous étions en mauvaise posture et…elle…elle a accepté de suivre les Volturi…avouai-je difficilement.
-Quoi !? Mais comment avez-vous pu laisser faire ça ! cria-t-il en tapant sur la vieille table en bois.
Jasper s'approcha un peu et renvoya une nouvelle vague de calme.
-Je…je n'ai rien pu dire, Billy. Bella s'est interposée entre nous et Aro en déclarant qu'elle acceptait de les suivre s'il lui promettait de tous nous laisser en vie et qu'aucun de nous ne serait jamais importuné.
-Bella s'est sacrifiée pour nous tous, vampire comme loup. ajouta mon fils en déposant une main sur mon épaule, pleinement conscient de ce que je ressentais.
Les yeux de Billy s'emplirent de larmes et je sus qu'il était temps pour nous de rentrer chez nous. Je me levai alors de ma chaise et m'avançai vers Billy pour lui serrer la main.
-Mais…elle reviendra ? chuchota-t-il en retenant ma main.
-Elle nous l'a promis…elle nous l'a promis…me contentai-je de répondre avant de passer la porte.
Lorsque je garai la voiture devant la porte de la villa, je ne pus que constater que tous étaient encore là. Comme si aucun n'avait encore vraiment pu se remettre de ce qu'il s'était passé voilà près de trois heures.
Sous le porche, Garett et Kate discutaient, assis très proches l'un de l'autre. Cette proximité me tira un sourire, tout comme à Jasper. Nous retrouvâmes nos épouses dans le salon, discutant avec les autres. Esmé me rejoignit aussitôt et passa sa paume douce contre ma joue.
-Jamais je n'aurais pensé te dire cela mais tu sembles fatigué. nota-t-elle alors que je la prenais dans mes bras pour la sentir contre moi.
J'embrassai longuement son front, tentant de faire le vide mais je savais que, désormais, cela ne serait plus possible tant que je n'aurais pu entendre la voix d'Isabella.
-Où est Edward ? demandai-je, ne le voyant nulle part.
-Dans la chambre de Bella. me dit simplement ma femme avant que je ne la serre encore plus fort.
Nous restâmes ainsi, dans les bras l'un de l'autre, durant de longues minutes avant qu'Esmé ne m'attire dans la cuisine pour nous isoler un peu.
-qu'allons-nous faire, Carlisle ? me dit-elle en s'appuyant sur le plan de travail, là où Bella s'installait immuablement lorsqu'elle venait en cuisine avec ma femme.
-Je ne sais pas, chérie. Pour la première fois de ma vie, je n'en ai aucune idée. lui avouai-je, complètement désemparé.
