NOTE D'AUTEUR
Ce chapitre ne me satisfait pas vraiment, je n'ai pas l'habitude de manier ce genre de registre. Si je parviens à l'améliorer, je l'éditerai en conséquence à l'avenir, mais pour le moment je bloque. J'espère donc votre clémence !
Je me réveillai dès que les premiers rayons du soleil se posèrent sur mes paupières closes à travers les rudimentaires fenêtres dépourvues de rideaux. Je mis quelques secondes à me rappeler que je n'étais pas chez moi.
Je contemplai un instant avec tendresse le jeune homme dont je partageais le lit et que je tenais enfin dans mes bras. Je ne pus résister longtemps à l'envie de déposer un baiser dans sa nuque, qui semblait n'attendre que moi.
« Hmm Zelos ? »
Je l'avais visiblement réveillé, il se mit à se frotter vigoureusement les yeux. Je l'embrassai sans attendre pour lui souhaiter le bonjour, et j'eus la grande satisfaction de le sentir sourire contre mes lèvres.
« Bien dormi ? me demanda-t-il d'une voix encore ensommeillée.
- La meilleure nuit de ma vie.
- Pour moi aussi. »
J'avais toujours aimé sa voix. Le moindre de ses mots avait le don de me subjuguer. Qu'il m'appelle en criant pour retenir mon attention. Qu'il me dise qu'il m'aime. Qu'il me chuchote des mots doux à l'oreille. Qu'il gémisse quand je le faisais mien. Toutes ces nuances, toutes ces inflexions et intonations différentes me fascinaient chacune à leur manière.
« Je t'aime, me confia-t-il dans un sourire.
- Moi aussi. »
Quand avais-je déjà connu un tel bonheur ? Une telle proximité avec quelqu'un qui comptait pour moi ? Probablement jamais. Mais avec du recul, toutes les noires années de solitude que j'avais endurées pour en arriver là en valaient définitivement la peine. Mes remords concernant Sélès s'étaient instantanément envolés lorsque j'avais enfin pu goûter aux lèvres de celui que j'aimais. La culpabilité ne m'atteignait pas le moins du monde lorsque je sentais son corps chaud et finement musclé contre le mien. Je ne pensais qu'à nos cœurs battant à l'unisson et à nos souffles se mêlant avec harmonie.
Cet instant si romantique fut interrompu par un bruit disgracieux provenant de l'estomac de Lloyd, qui éclata d'un rire gêné avant de me lancer un regard d'excuse.
« Je crois qu'il est grand temps de se lever si je ne veux pas être dévoré tout cru ! plaisantai-je.
- Hey… Je ne suis pas un tel goinfre, répliqua-t-il avec un air boudeur.
- Cela ne me dérangerait pourtant pas. » répondis-je sur un ton malicieux en lui mordillant la lèvre inférieure.
Nous restâmes ainsi enlacés en silence, à échanger de nombreux regards et baisers langoureux, jusqu'à ce qu'il brise notre étreinte pour se lever. Je le laissai faire à contrecœur, non sans laisser échapper un grognement pour exprimer ma frustration. J'avais peur que le charme soit brisé si je le laissais s'échapper. Ne pas le sentir contre moi était devenu oppressant. Comment avais-je donc fait jusqu'à présent pour survivre sans l'avoir à mes côtés ? Cela me paraissait désormais impossible.
Cependant, je reconnaissais volontiers que la vue qui s'offrait maintenant à moi en valait le détour. J'étendis le bras jusqu'à atteindre sa cuisse, que je caressai doucement du doigt, jusqu'à ce qu'il finisse de mettre ses vêtements.
« Allez, il est temps de te lever !
- Tu es sûr que tu ne préfèrerais pas rester encore un peu au lit finalement ? Il y a encore beaucoup de choses que j'aimerais faire avec toi. »
Il rougit instantanément et bafouilla quelques mots incompréhensibles avant de me jeter mes vêtements à la figure et de descendre en trombe les escaliers. Sa timidité était tellement touchante. Je n'avais jamais pensé que nous irions aussi loin la veille, lorsqu'il m'avait embrassé pour la première fois. Et pourtant… Il m'avait tout donné. Son corps et son cœur n'appartenaient désormais qu'à moi. Je n'aurais pu recevoir plus beau cadeau.
J'espérais du fond du cœur être digne de son amour et de sa confiance. Je savais donner du plaisir à quiconque, mais j'étais bien conscient que je ne savais pas encore apporter de bonheur. J'étais cependant on ne peut plus désireux d'apprendre. Pour lui. Pour nous.
Lorsque je descendis, une délicate odeur de pain grillé régnait déjà dans la cuisine. Je me plaçai derrière Lloyd, l'enlaçai de mon bras gauche, et glissai ma main droite dans la sienne.
« Qu'a prévu mon chéri pour le petit déjeuner ?
- Des tartines de confiture et du lait. Rien de bien exceptionnel en somme.
- Le cuisinier est déjà exceptionnel en lui-même, alors que demander de plus ? »
Je déposai un nouveau baiser sur sa nuque avant d'aller m'asseoir à la table de la cuisine. Il ne tarda pas à me rejoindre, et j'en profitai pour entrelacer nos doigts dès qu'il fut assis.
« J'aimerais te parler de quelque chose, me dit-il d'une voix soucieuse.
- Ce ton ne me dit rien qui vaille.
- En effet. Je suppose que cela ne va pas te plaire… »
Comptait-il me dire qu'il regrettait ce qu'il s'était passé entre nous ? Qu'il souhaitait que nous en restions là ? J'étais mortifié à cette simple pensée. Non, je n'étais plus capable de vivre sans lui. Retourner dans les bras aimants de femmes à la beauté vertigineuse mais pour lesquelles je ne ressentais rien ne me sauverait pas cette fois. Pas maintenant que je connaissais la réelle signification d'un tel acte.
« Ne fais pas cette tête, me rassura-t-il. Ce n'est pas aussi grave que cela.
- Je t'écoute alors.
- Je pense que nous devrions en parler à Sélès. »
Je poussai inconsciemment un soupir de soulagement, reprenant ainsi ma respiration là où je l'avais arrêtée.
« Nous avons tout le temps pour cela.
- Non, ce n'est pas correct de notre part.
- Ce n'est pas si urgent, cela ne date que d'hier. Ou de cette nuit plus exactement.
- Quand comptes-tu lui en parler dans ce cas ? »
Jamais à vrai dire. La situation me convenait parfaitement comme cela. Ce qu'elle ignorait ne pouvait pas lui faire de mal. J'aurais moi-même préféré de ne jamais être au courant de leur relation. Mais ce n'était certainement pas la réponse qu'il voulait entendre.
« Je ne sais pas. Est-ce vraiment nécessaire ? »
Je sentis sa main devenir plus lâche dans la mienne, et je le vis baisser le regard vers la table.
« Je suppose que non… »
Je lui caressai doucement la joue de ma main libre.
« Qu'y a-t-il ?
- Rien de bien important.
- Tu ne peux pas me mentir à moi tu sais ?
- C'est juste que… Je crois que j'ai mal interprété la situation. Je pensais que cela avait une signification pour toi aussi, mais je n'étais qu'une simple personne de plus avec qui passer la nuit.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- C'est pour cela que tu ne veux pas en parler n'est-ce pas ? Parce que cela n'a pas d'importance à tes yeux. J'ai conscience que tu m'as déjà repoussé plusieurs fois, et que c'est moi qui t'ai embrassé, alors que je savais parfaitement que tu ne voulais pas d'une relation avec moi pour ne pas blesser Sélès, alors je suis le seul fautif, mais… »
Je le coupai net dans son discours en l'embrassant.
« Je lui dirai. Je le dirai à tout le monde si c'est nécessaire pour que tu comprennes que je t'aime.
- Zelos… Merci. »
Un bref silence s'installa avant qu'il ne reprenne la parole.
« Est-ce que tu as honte de dire que tu es avec un homme ?
- Non. Aucune femme n'a pu me procurer ce que tu m'apportes à présent, et c'est tout ce qui compte. Je n'ai que faire du regard des autres, tu devrais le savoir.
- Je le sais, je voulais juste être rassuré. »
Personnellement cela ne me gênait absolument pas de cacher notre amour au reste du monde. Le secret rendait même la chose plus excitante à vrai dire. Les baisers volés et les regards à la dérobée avaient un charme inégalable. Mais je comprenais également son point de vue, et j'étais prêt à n'importe quel sacrifice pour lui. Affronter Sélès m'angoissait certes énormément, mais s'il fallait en passer par là, et bien soit. Il était probable qu'elle soit tout simplement heureuse pour nous deux, car elle semblait avoir déjà commencé à tourner la page. Si tel n'était pas le cas et bien… je préférais ne pas y penser pour le moment.
« J'ai du mal à croire que tout se termine si bien, souffla-t-il.
- Il est vrai que les choses s'annonçaient plutôt mal, ris-je de bon cœur.
- Surtout quand tu as sauté de ce toit.
- Tu ne vas pas encore remettre le sujet sur le tapis tout de même ? Il y a prescription depuis le temps, non ?
- J'ai cru que j'allais te perdre définitivement !
- Je me demande bien pourquoi.
- Parce que tu avais sauté du haut du toit d'un manoir tout simplement ! Il n'y a pas vraiment besoin de chercher plus loin ! Je crois que n'importe qui se serait inquiété ! Même pour quelqu'un possédant une exphère ce n'était vraiment pas raisonnable – et venant de moi ce n'est pas peu dire – tu aurais pu te tuer ! Surtout que tu n'avais pas l'air dans ton état normal.
- Peut-être bien, mais cela ne vaut que pour les simples humains n'est-ce pas ? répondis-je en déployant mes ailes pour illustrer mes propos.
- Ce n'est pas exactement le genre de chose auquel on pense en situation d'urgence. Je n'ai pas vraiment l'habitude de te voir avec.
- Pourtant tu as sauté également. Comment comptais-tu donc me sauver sans les tiennes ?
- Je n'y ai pas réfléchi. J'ai juste agi par réflexe. Je crois que les choses se seraient d'ailleurs assez mal passées si tu ne m'avais pas rattrapé à temps.
- Toujours à ton service ! »
Il me sourit chaleureusement et je sentis mon âme chavirer.
« En tout cas maintenant tu le sauras pour la prochaine fois.
- S'il y a une prochaine fois je te laisserai te briser le cou tout seul, marmonna-t-il.
- Je suis ému par tout cet amour mon cœur. »
Il fronça les sourcils et m'adressa un regard boudeur auquel je répondis par un sourire entendu, avant de poser ma main sur sa cuisse.
« Dépêche-toi de finir de manger, je crois que j'entends le lit nous appeler. » lui chuchotai-je à l'oreille.
