Me revoilà ! J'ai été très contente de recevoir vos reviews, comme je l'ai dis à certain je m'attendais un peu à traduire dans le vide et ça me fait très plaisir d'avoir des lecteurs/trices ! Comme je l'ai aussi dit à certains, l'histoire complète comporte 10 chapitres, je les ai tous traduit. Je les posterai régulièrement, tous les 2/3 jours normalement. Vous savez tout ! :)
J'avais complètement oublié de mentionner que je poste aussi cette traduction sur AO3, si certains préfèrent ce site. Même pseudo, même titre !
Sans plus attendre...
Emma avait décidé que, puisque choisir l'un des deux garçons donnerait l'impression qu'elle faisait du favoritisme, elle déclinerait les deux invitations et irait au festival avec son garçon préféré d'entre tous – Henry.
Le festival n'était pas immense, rien de ce qui se passait à Storybrooke ne l'était jamais, mais c'était assez chouette. Quelques attractions, quelques stands, quelques manèges dont Emma n'était pas sûre qu'ils passeraient les tests de sécurité avec succès, et un train fantôme.
Henry et elle jouèrent au quilles, participèrent à une course à trois jambes – qu'ils perdirent de manière assez spectaculaire – et s'empiffrèrent de sucreries de toutes les saveurs possibles et imaginables.
Elle s'amusait bien, mais sa soirée fut teintée de quelques notes de tristesse. Henry était presque un adolescent maintenant, et pour la première fois, elle remarqua qu'après avoir joué à attrape-pomme, ses joues avaient rougi et il s'était ébouriffé les cheveux lorsqu'un qu'un groupe de filles était passé en gloussant et en chuchotant entre elles.
Il lui souriait toujours autant quand ils discutaient, mais quand Emma lui proposa de lui tenir la main, comme ils avaient l'habitude de le faire, il refusa, répétant qu'il était tout collant à cause de la barba papa.
Elle comprit, et lorsqu'un groupe de garçons dégingandés vint à leur rencontre pour entraîner Henry vers le train fantôme, elle le laissa partir.
Elle trouva un banc en bordure du parc et s'assit pour l'attendre, écoutant ses hurlements de rire en réponse aux pitreries de ses amis.
- J'espérais te trouver ici. Tu as l'air d'avoir besoin d'un verre de cidre.
Hook apparut à côté d'elle, s'appuyant sur le banc à l'aide de son genou.
Ils firent semblant de trinquer, soucieux de ne pas briser le polyester fragile des verres.
- A ta santé.
Elle but une gorgée et fronça les sourcils.
- Ça ne vaut pas celui de Regina. Si elle avait été là, elle aurait sûrement râlé. Je ne comprends vraiment pas les gens. Est-ce qu'ils sont au courant qu'elle en a déjà des bouteilles entières dans sa cave ? Des alcoolisées, des non-al…
Hook ricana et murmura un commentaire sarcastique dans son verre.
- Quoi ?
Il haussa les épaules.
- Où est Henry ?
- Dans le train fantôme. Il voulait aller y faire un tour avec ses amis.
- Je vois. Il grandit, hein ?
Emma rit et acquiesça :
- Ouais, il grandit.
Ils restèrent là un moment, discutant tranquillement, et pour une fois Emma trouva que tout se passait sans encombre. Il ne bataillait pas pour obtenir son attention il n'était pas impoli et ne faisait aucun geste déplacé. Il était plus détendu, presque agréable. C'était – assez chouette. Enfin, jusqu'à ce que son récent ennemi – et rival – ne se joigne à la partie.
- Salut, Em, lança Neal, abordant un grand sourire avant de déposer un baiser sur sa joue et de lui tendre une énorme barba papa couleur rose pétard.
Il poursuivit :
- Tu te souviens de la fois où on était allé à la fête foraine de Baltimore ? Tu avais tellement mangé de ce truc que tu avais vomi rose pendant, quoi, vint-quatre heures ?
Emma rit légèrement en se souvenant de ses erreurs de jeunesse.
- Et pourtant, tu en manges encore ? lui demanda Hook, l'air nauséeux.
- Mmm, répondit Emma en riant, la bouche pleine. Je suppose que je n'ai pas appris la leçon.
Elle but une gorgée de cidre et grimaça.
- Eurk, ces deux goûts ne vont vraiment pas ensemble.
- Tu ne crois pas si bien dire, soupira Hook, avalant à son tour une gorgée de cidre.
- Ce qui veut dire ? demanda Neal d'un ton agressif.
- Ce qui veut dire, reprit Hook avec un rictus narquois, que peut-être que tes goûts puérils ne font pas bon ménage avec mes préférences d'adultes telles que ce cidre pour adultes.
- Ah ouais ? Et tu la vois boire de ton truc ? Parce que moi, je la vois en manger. Tu comprends, Em et moi, on a toujours trouvé que les meilleurs épisodes de la vie d'adulte résident dans les moments où on se laisse aller à redevenir enfant. Tu devrais essayer, Killy. Oh, mais non, suis-je bête, ça pourrait te rendre moins chiant, et loin de moi cette idée. Plus tu es chiant, plus j'ai mes chances avec elle.
- Euh, les garçons…, tenta de les interrompre Emma.
- Peut-être que tu as surestimé ton charme enfantin.
- Les gars, c'était vraiment chouette y a deux…
- Ouais, ben je sais pas si tu as remarqué, Hook, mais je ne suis plus vraiment un garçon. Toi, en revanche, tu…
- Les gars, vous êtes pénibles, là, je…
- Ecoutes, Bae, Je vais clarifier quelque chose. Tu es un garçon. De nous deux, le seul homme qui convient à Emma, c'est moi.
- Hé !
- Peut-être que tu ne devrais pas crier ton grand-âge sur les toits, grand-père.
La main de Hook jaillit et saisit Neal au collet, son crochet luisant sinistrement sous la lumière du réverbère.
- STOP ! hurla Emma en se jetant sur Hook, interceptant le bras qui se préparait à frapper. Putain !
Emma sentit son ventre se tordre de peur, une peur épaisse et amère. On y était. Elle devait empêcher ce genre de conneries de reproduire, et tout de suite. Elle en avait marre. Qu'ils aillent se faire foutre. Elle ne choisirait aucun des deux. De toute façon apparemment, elle n'en voulait pas, sinon, elle aurait déjà fait son choix depuis longtemps. Terminé. En avant.
Une brise souffla sur sa peau et Emma se sentir rougir en sentant le frôlement d'une main qui courait le long de son épaule et de son bras, et jusque dans la paume de sa main, comme pour lui donner du courage. Elle failli rire tout haut. C'était comme si le toucher savait qu'elle était sur le point de retourner en prison pour le meurtre de ces deux hommes, et qu'il l'encourageait fortement à abandonner l'idée. Ou peut-être qu'il savait qu'elle allait leur remettre les pendules à l'heure et qu'il lui faisait part de tout son soutien.
- Sans déconner, le premier qui frappe l'autre, c'est moi qui lui casse la gueule, hurla t-elle par-dessus leur voix.
Ses pieds quittèrent le sol lorsqu'elle qu'elle s'accrocha au bras de Hook.
Les têtes des passants se tournaient pour profiter du spectacle, leurs yeux grands ouverts. Elle s'éclaircit la gorge, mal-à-l'aise, et leur chuchota d'un ton rageur.
- Ça suffit. J'en ai jusque là !
Pendant un instant, les deux hommes parurent amusés par sa voix de maman en colère. Puis, elle gronda férocement :
- Je veux que tout ça s'arrête. Vous voir vous battre, c'est ridicule. Vous avez quel âge, seize ans ?
Elle essayait de rester concentrée, mais le toucher avait commencé à masser ses épaules.
Est-ce qu'il était possible qu'elle sente son hilarité ? Comment pouvait-elle savoir que le toucher était en train de s'amuser sans méchanceté de ses malheurs ?
- Est-ce que c'est comme ça qu'on vous a appris à courtiser une femme ? aboya t-elle en tapant du pied pour cacher un tressaillement provoqué par une caresse voyageant entre ses omoplates.
Les deux hommes toussèrent pour couvrir un rire en réaction au verbe juvénile choisi par Emma. Elle poursuivit :
- Parce que laissez-moi vous dire que c'est vraiment des conneries !
Elle soupçonna plus qu'elle ne sentit le rire aérien du toucher alors que les doigts invisibles descendaient en effleurant sa colonne vertébrale, puis ses fesses, pour se concentrer un moment à masses l'arrière de ses cuisses. Ses yeux s'élargirent de panique quand les doigts commencèrent à la chatouiller légèrement. Elle se tortilla, mais son visage resta de marbre.
- Je suis désolé, Emma, mais je suis sûr que tout pourrait être simple et facile à vivre pour nous tous si ce crétin…
Emme n'écoutait plus. Les chatouilles s'étaient transformées en longues caresses brûlantes et sensuelles sur sa peau, et malgré ses efforts pour résister, son corps était en train de céder.
Non, non, non, non, non, non pas maintenant ! Arrête ! Non, non, non, bordel !
Il fallait qu'elle fasse quelque chose. Qu'elle se masturbe tous les jours. Peut-être que si elle faisait ça, son corps ne réagirait pas comme un chiot affamé chaque fois que le toucher reparaissait.
Elle toussa pour étouffer ses soupirs de plaisir alors que le toucher s'occupait à lui masser les fesses. Elle s'ébroua et se frotta vigoureusement le visage pour cacher son visage quand elle sentit un petit pincement sur son téton.
Merde, merde, merde, merde, merde, jura t-elle intérieurement.
Les garçons étaient trop occupés à se disputer pour remarquer qu'elle avait commencé à se balancer imperceptiblement d'un pied sur l'autre. Oh, arrête. Arrête, putain. Quoi que tu sois, n'y pense même pas !
Comme s'il savait exactement ce à quoi elle pensé, le toucher frôla doucement son sein, juste à son endroit le plus érogène.
- Hé ! aboya t-elle une fois de plus, d'une voix plus forte qu'elle avait voulu et un peu trop aigue.
Les deux hommes sursautèrent et Emma rougit.
- Désolé, c'est juste que, ça ne peut plus continuer comme ça, les gars. C'est pas…
Elle s'interrompit quand elle sentit que les doigts quittaient la zone sensible de ses seins pour commencer à descendre le long de son ventre, à plat sur sa peau, leur destination évidente.
Non. Impossible, il n'était jamais allé jusque là avant !
- C'est pas ce que je veux, répéta t-elle. C'est insoutenable. Vous êtes tout le temps en train de vous battre, et je nesupportepasçadoncarrêtez.
Le rythme de ses mots s'accéléra lorsqu'elle sentit que le toucher approchait de sa culotte, et elle finit par ressembler à un commissaire-priseur de vieux western. Le toucher fit le tour de son nombril, et Emma glapit. Des étincelles jaillirent du bout de ses doigts.
Les deux hommes sursautèrent en jurant.
- Swan, ça va ?
Elle soupira, soulagée quand le toucher remonta au niveau de son estomac.
- Ecoutez, dit-elle tout bas, les obligeant à se pencher pour pouvoir entendre. Je ne serai pas en colère, mais que celui d'entre vous qui fait ça me rende service et arrête immédiatement. Je ne vais pas dire que je n'apprécie pas, parce que ce serait un mensonge, mais là, tout de suite, c'est vraiment pas le moment.
Les deux hommes se regardèrent.
- Qui fait quoi ?
- Viens ici, dit-elle en saisissant le menton de Hook et en maintenant son visage en place pendant qu'elle le scrutait attentivement.
Hook lui lança un sourire fier, pensant peut-être qu'Emma allait se pencher pour l'embrasser. Quand il comprit qu'elle regardait dans ses yeux d'un air furieux, il gigota, mal-à-l'aise, essayant de se libérer de l'étau dans lequel elle emprisonnait son menton.
- Euh…
- La ferme.
Elle continua de l'étudier, à la recherche de n'importe quel indice qui prouverait que c'était lui qui tirait les ficelles du toucher magique. Elle ne trouva rien.
Frustrée, elle le repoussa et attrapa Neal. Elle était déjà sûre que ce n'était pas lui, mais il fallait qu'elle vérifie.
Rien. Elle ne comprenait pas, mais ses genoux commencèrent à trembler lorsque le toucher recommença à se promener sur son corps.
Emma examina leur visage déconcerté et hébété et finit par admettre que s'il s'agissait bien d'une personne, ce n'était aucun de ces deux là.
Peut-être qu'elle était vraiment en train de perdre les pédales. Peut-être qu'elle s'était fait piquée par une plante exotique bizarre, ou mordre par une araignée aux vertus hallucinogènes.
Elle se mordilla la lèvre et rougit sous le regard des deux hommes.
Elle se retenait de remuer, de soupirer et de se frotter contre le premier truc qui pourrait la soulager un peu au lieu de quoi elle se mit à piétiner sur place, se balançant d'avant en arrière en tremblant un peu.
- Quoi ? siffla t-elle, sur la défense, comme si elle n'avait pas l'air d'être en train de danser la polka.
Elle se tortilla et sautilla, dans un sens, puis dans l'autre.
- Emma, tu, euh…, commença Killian en montrant du doigt ses jambes serrées.
- Euh, ouais, renchérit Neal, tu, euh…
- Il faut que j'aille faire pipi ! s'écria t-elle en s'agitant brusquement.
- D'accooooord, finirent par répondre les garçons, fronçant les sourcils.
- Bien, euh…, Hook essaya de se tourner vers Neal, mais il ne pouvait pas s'empêcher son regard de revenir sur Emma. Je, euh, tu es sûre que ça va ?
- Mmmhmm, répondit elle.
Elle faisait de son mieux pour rassembler ses pensées et pour ignorer le toucher. Après une minute, ça eut l'air de fonctionner, les effets se firent moins puissants, et elle avança d'un pas.
- Ecoutez les gars, je comprends que tout ça est….
Sa jambe faillit se dérober sous elle lorsqu'elle sentit des ongles traînant sur le point sensible qui se trouvait derrière son genou. Peut-être que ça se passait dans sa tête, mais en tout cas le toucher s'amusait bien. Elle continua tant bien que mal :
- …difficile pour vous, donc je vais faire ce que j'aurais dû faire depuis un moment déjà.
Le toucher caressa et pressa sa cuisse, juste en dessous de la courbe de ses fesses.
- Quoi ? s'écrièrent les deux hommes, s'approchant d'elle comme pour la toucher.
Elle les tint à distance, levant vers eux une main qui crépitait légèrement.
- Je tiens beaucoup à vous deux, mais c'est trop pour moi.
Emma glapit soudain, comme un chien à qui on aurait donné un coup de pied. Ses yeux s'ouvrirent grand, et, sans le vouloir, elle laissa tomber le verre de cidre et la barba papa.
- Emma ? Emma, qu'est-ce qui se passe ?
Le toucher caressa son sexe une deuxième fois, comme s'il essayait de recueillir l'humidité qui s'y créait.
Emma faisait tout ce qu'elle pouvait pour rester silencieuse, parce qu'elle savait que si elle ouvrait la bouche, ses yeux rouleraient dans leur orbite et elle serait obligée de céder au plaisir grisant que le toucher lui procurait. Il repassa sur son sexe une troisième fois.
- Hmm ? Mmmm, umum, marmonna t-elle.
Elle essayait de former des mots, elle voulait en finir avec eux, mais elle n'y arrivait pas.
- Swan, tu veux t'assoir ?
Emma ricana intérieurement en posant ses mains sur ses genoux, à bout de souffle.
« Je… putain, je ne peux pas faire ça maintenant ! » Elle se redressa et laissa échapper un rire sans joie en contemplant l'air choqué qui s'affichait sur leur visage.
S'ils savaient.
- Ok, dit-elle, sa respiration aussi erratique que si elle venait de finir un marathon, peu importe, je disais…
Un doigt invisible remonta le long de son sexe et appuya brutalement sur son clitoris. Elle tomba à genoux en criant. Le réverbère qui les surplombait explosa et laissant retomber une pluie d'étincelle sur le sol, courtoisie du pouvoir d'Emma qu'elle venait involontairement de libérer.
- Emma, hurlèrent les deux hommes.
Au loin, Emma entendit quelqu'un dire :
- Maman ?
Le toucher disparut immédiatement, à son grand grand soulagement. Henry se précipita vers elle et fut à ses côtés en quelques secondes.
- Coucou mon grand, comment c'était, le train fantôme ?
- Ça va ?
Elle se releva rapidement, en faisant de son mieux pour ralentir sa respiration haletante.
- Hein ? Bien sûr. J'ai eu une crampe.
Il la fixa d'un air suspicieux.
- Hum, allez, on rentre.
Ignorant les appels désespérés des deux hommes qu'elle laissait en plan, elle ramena Henry à la maison. Elle n'avait pas résolu la situation avec eux comme elle aurait souhaité le faire, mais là, tout de suite, il y avait des choses plus importantes dont elle devait s'occuper.
Une fois qu'Henry fut installé dans l'appartement avec Mary-Margaret pour garder un œil sur lui, elle fit demi-tour et ressortit dans la rue.
Toute cette histoire était allée trop loin, et elle avait besoin de trouver des réponses à certaines de ses questions. Tout de suite.
Elle se dirigea avec détermination en direction du magasin de Gold. Le signe sur la porte affichait « fermé », mais elle s'en foutait pas mal. Elle tambourina sur la vitrine jusqu'à ce que Belle finisse par passer la tête dans l'entrebâillement, l'air scandalisé.
- Salut, Belle. Désolé, mais j'ai vraiment besoin d'aide.
- Sheriff, la salua Gold depuis son comptoir. Ce n'est pas que votre manière détestable et impolie de frapper – si on peut appeler ça comme ça - me surprenne. Mais, comme vous auriez pu le voir si vous aviez pris la peine de regarder, la porte dit que nous sommes fermés. Belle et moi étions en train de partir.
- Ecoutez, Gold, répondit-elle et se faufilant dans le magasin avec une grimace d'excuse pour Belle. Je suis désolée, mais j'ai vraiment besoin de votre aide. Ça ne peut pas attendre.
- Qu'est-ce qui se passe, Emma ?, s'enquit Belle en lui posant une main amicale sur l'épaule.
Emma aurait voulu qu'elle s'abstienne, son corps était encore à fleur de peau et sensible au toucher.
- Oui, qu'est-ce qui se passe, Emma ?, répéta Gold en lançant un regard rancunier à sa petite-amie.
- En fait…, elle s'arrêta, sa motivation enflammée s'affaiblissant brusquement.
Comment pouvait-elle expliquer ça ? Est-ce qu'elle pouvait même le dire tout haut ?
- Crachez le morceau, ma chère.
Elle prit une grande inspiration et se lança.
- Est-ce que, récemment, quelqu'un est venu vous demander de la magie pour – moi ? Enfin, n'importe quand, je ne sais pas… est-ce que c'est déjà arrivé ?
- Quelle sorte de magie ? Qu'est-ce que vous étiez censée recevoir ?
- Non, je veux dire pour l'utiliser sur moi ?
- Il va falloir que vous m'en disiez un peu plus.
Elle poussa un grognement.
- Très bien. Soit j'ai attrapé une saloperie au Pays Imaginaire, soit quelqu'un s'amuse avec mon cerveau. Je n'arrête pas de sentir des… choses.
- Des choses ?
- Des doigts.
- Des doigts ?
- Des mains ?
- Des mains ? répéta Gold, de plus en plus étonné.
- Tu veux dire, comme quelqu'un qui te toucherait ? essaya Bella.
- Oui. Mais – je ne vois personne. Je peux voir les traces que les doigts laissent sur ma… sur ma peau…. Mais je ne peux pas voir les doigts eux-mêmes. S'il-vous-plait, dîtes-moi que vous savez qui c'est. Ou est-ce que c'est dans ma tête ? Peut-être que j'ai, j'en sais rien, marché sur un buisson vengeur ou un truc comme ça, dans la jungle.
Gold la fixa avec dégoût pendant quelques secondes, et Belle et Emma soutinrent son regard, l'air confus.
- Où êtes-vous quand vous sentez ces – doigts ?
- Ça peut être n'importe où.
- Et à quels endroits vous touchent-ils ? Sur votre corps, je veux dire.
Emma rougit.
- Euh, dans des endroits.
- Des endroits ?
- Ouais ? Et, des points et des trucs.
- Des trucs, répéta lentement Gold avant de reprendre un air antipathique.
- Quoi ? s'écria finalement Emma, nerveuse et anxieuse.
Quel que soit le problème, se faire fixer comme ça par un homme qui avait un fétichisme des noms n'arrangerait rien !
- Est-ce que ça fait comme ça ? finit-il par demander en fléchissant ses doigts dans l'air.
Elle sentit tout de suite une main invisible se refermer sur son poignet.
Elle répondit :
- Oui, mais normalement c'est plus une caresse. Il ne m'a attrapé comme ça qu'une seule fois.
Ses doigts bougèrent de nouveau, et une gentille caresse effleura sa joue.
- Oh, bah mince. Oui, c'est exactement ça. Ça veut dire que c'est obligatoirement une personne réelle ?
- Oui, c'est certain.
Emma sentit alors un nombre surprenant d'émotions la traverser : du choc et de l'énervement, du dégoût et de la curiosité – mais, plus important, de l'espoir. Une vague d'espoir assaillait soudain Emma.
- Bon sang. Qui ?
- Et bien, je ne sais pas. Quelqu'un qui manie la magie, évidemment.
- Oh mon Dieu, ce n'est pas vous, hein ? dit Emma en le regardant avec dégoût.
Il gloussa.
- Non.
Belle s'éclaircit la gorge et regarda fermement dans la direction opposée.
- Très bien, parfait. Euh, désolé, Belle.
- En revanche, on m'a volé un objet magique.
- Quoi ?
- En effet. Je vous avoue que je ne sais pas très bien depuis combien de temps je ne l'ai plus puisque ça s'est passé pendant notre absence, mais il a pu être utilisé comme source de magie par l'un de vos nombreux admirateurs.
Elle lui lança un sale regard avant de conclure :
- En clair, ça pourrait être n'importe qui – et pas seulement un sorcier ou une sorcière.
- Exactement.
Emma sentit le découragement s'abattre sur elle. Qu'est-ce qu'elle allait faire, maintenant ?
- Et comment je vais faire pour trouver qui c'est, moi ?
- Il me semble que trouver les gens, c'est votre spécialité. Vous êtes une Charming, après tout. Maintenant, si vous permettez.
Elle se retrouva dans la rue et eut l'impression de ne pas avoir avancé du tout.
Cette nuit-là, elle se tourna et se retourna dans son lit sans parvenir à trouver le sommeil. Qui est-ce que ça pouvait bien être ? Elle passa tout le monde en revue, depuis les deux idiots à Leroy, en passant par la serveuse de deli. Ça pouvait littéralement être n'importe qui.
Mais, si on prenait les choses du bon côté, c'était quelqu'un. Peut-être qu'elle ne passerait pas sa vie seule, finalement.
Mary-Margaret commençait à se faire du souci pour sa fille. Elle avait pris de nouvelles habitudes que Mary-Margaret n'avait jamais vues auparavant. Emma se réveillait tous les matins et préparait le petit-déjeuner pour tout le monde. Une fois, sans qu'Emma s'en aperçoive, elle avait descendu les escaliers et avait trouvé sa fille, clairement délirante, dansant autour de la poêle… sans musique… et discutant avec quelqu'un qui n'était visiblement pas là. Elle marquait même des pauses, comme pour écouter les réponses. Le plus inquiétant était qu'Emma n'arrêtait pas de sourire et de rire, malgré son éloignement de plus en plus clair avec ses prétendants… sa fille, toujours grincheuse et éternellement anxieuse riait avec cette… chose qu'elle voyait.
Elle avait pensé en parler avec Regina pour lui demander son avis, mais elle ne pensait pas avoir la force de dire à son ancienne ennemie que sa fille avait finit par perdre la tête.
Elle regarda Emma sourire lorsque que quelqu'un frappa à la porte pour la troisième fois de la matinée, et qu'Emma dit à Regina d'entrer. Elle les regarda faire leur rituel du matin habituel, se dirigeant l'une vers l'autre dans un mouvement bizarre, comme si elles voulaient se serrer la main ou s'étreindre, pour finir par se saluer d'un signe de tête rigide, échanger un sourire complice et rediriger leur attention sur Henry, ou sur ce qu'Emma était en train de cuisiner.
Elle regarda Regina poser le gobelet qu'elle avait apporté sur le comptoir à petit-déjeuner, à côté des tasses de café journalières et des cochonneries sucrées de Neal et de Hook qu'Emma avait délaissées, pour finir par s'appuyer contre le comptoir à côté de sa fille. Un éclair de compréhension la traversa quand elle vit le regard de Regina balayer rapidement les deux hommes, puis se poser sur Emma, une lueur de tendresse brillant soudain dans les yeux. Non ! Hors de question !
- Qu'est-ce que tu as amené, aujourd'hui ? demanda Emma par-dessus son épaule, en remuant les œufs dans la grande poêle.
- Du Chai avec un peu de lait et de miel.
- Du Chai ? Comme celui qu'ils ont à Starbucks ?
Regina leva les yeux au ciel.
- Non, Emma. Pas comme celui qu'ils ont à Starbucks. Peut-être que vous pourriez simplement le goûter, Ms. Swan ?
Mary-Margaret plissa les yeux en regardant Emma prendre une gorgée et s'illuminer comme un sapin de Noël. Les lèvres de Regina s'étirèrent en un sourire. Oh non. Non. Elle avait vu juste. Oh non ! Elle ne pouvait pas se tromper. Ce regard, elle l'avait déjà vu sur le visage de Regina – avec Daniel.
- C'est vraiment trop bon. Maman, goûte ça.
Elle obéit, observant l'air décomposé des deux hommes. Leurs offrandes étaient délaissées pour la septième fois de suite.
Mary-Margaret pesa le pour et le contre. Si Regina – oh non. Si ce qu'elle pensait était vrai, Regina était effectivement la personne à consulter pour aider Emma, mais non d'un chien, elle devait arranger ça. Ça ne pouvait pas arriver. Son estomac se remplit de dégoût lorsqu'elle envisagea donner tant de pouvoir, et une place aussi définitive dans la vie d'Emma, à Regina. Non. Elle devait intervenir.
- Donc, euh, Emma, commença Hook en gigotant sur son tabouret.
Emma perdit son sourire et tourna son attention vers son interlocuteur.
- J'ai l'impression qu'on ne s'est pas beaucoup vu, ces derniers temps. Est-ce que tu voudrais, euh…,
- MAMAN, beugla Henry depuis l'étage.
Les deux femmes tournèrent la tête en l'entendant.
- Où est ma chemise rouge ? J'en ai besoin aujourd'hui !
Regina se tourna vers la fille de Mary-Margaret.
- Tu l'as lavée ? Je t'avais parlé de la journée Chemise Rouge.
Emma leva les yeux au ciel, mais son sourire refit surface.
- Je sais, et je l'ai lavée ! Elle est dans ton armoire, Henry !
Il y eut un instant de silence, et Hook essaya de poursuivre.
- Euh, Emma…
Des bruits de pas dignes d'un éléphant le coupèrent dans sa lancée, et Henry apparut entre ses deux mères, habillé en rouge et sautillant d'un air anxieux.
- On y va ! On va être en retard ! Allez !
- Mais je…, essaya Hook, avant de renoncer. Passe une bonne journée, mon garçon.
Sur ce, Emma, Regina et Henry sortirent de la pièce.
- Je peux savoir ce qui cloche chez elle, en ce moment ? ronchonna Hook en se tournant vers Mary-Margaret.
Pour une fois, Neal avait l'air 100% d'accord avec sa Nemesis.
- Euh, et bien…
- Peut-être qu'elle a ses règles, grogna Hook.
Mary-Margaret et Neal poussèrent un cri de dégoût.
- Je vais faire comme si j'avais rien entendu !
Comment est-ce que son plan était censé fonctionner si ce bouffon faisait parti de l'équipe ?
Emma commençait à se faire à l'habitude de se lever tôt tous les matins pour préparer le petit déjeuner. Ça faisait environ dix jours qu'elle avait essayé de mettre un terme aux espoirs des deux garçons, et franchement, elle était heureuse de ne pas l'avoir fait. Depuis qu'elle avait appris que le toucher était bel et bien une personne réelle, se détourner définitivement d'eux n'était pour l'instant plus une possibilité, pas tant qu'elle n'était pas certaine de savoir de qui il s'agissait. Après tout, elle ne tarderait pas à le découvrir… hein ?
Elle prit une douche et se passa un coup de brosse dans les cheveux, s'habilla et se planta devant son miroir pour quelques secondes. Souvent, à ce moment là de sa routine, son admirateur fantôme l'effleurait légèrement, comme s'il était encore à moitié endormi. Une manière simple et rapide de lui dire bonjour. Mais apparemment, aujourd'hui, qui que soit le toucher fantôme, il était encore au lit. Sifflotant, elle se dirigea donc vers la cuisine pour commencer à préparer un petit-déjeuner destiné au groupe de personnes assez important qui serait dans une heure assis autour de la table à manger.
Elle avait longuement réfléchi à la ligne de conduite à adopter depuis qu'elle savait que son toucher anonyme se baladait quelque part en ville. Elle avait hésité entre deux sentiments contradictoires. D'abord, elle ressentait du mépris et de la colère à l'idée que quelqu'un puisse lui faire toutes ces choses personnelles et intimes – avec ou sans sa participation active – sans avoir les couilles de lui révéler qui il ou elle était ! Ensuite venait un profond et douloureux sentiment de dépression lorsqu'elle pensait au fait que, peu importe son identité, la personne en question avait trop peur ou était trop timide pour venir en personne la rencontrer. Les images de personnes qu'elle associait au toucher n'arrêtaient pas de changer. Une seconde, c'était quelqu'un de fort et d'enjoué, qui la taquinait et la faisait rire comme une gamine. Et la seconde suivante, c'était quelqu'un de sage et de séduisant, qui la touchait comme jamais personne ne l'avait touchée auparavant, qui apaisait son anxiété malgré le fait qu'Emma ne pouvait ni la voir, ni l'entendre. Elle se décidait pour une image, ou pour l'autre, avant de se rappeler que, même si elle était sage et séduisante, cette personne était aussi lâche, trop effrayée pour venir la confronter et pourtant trop attachée à elle pour la laisser tranquille. Ce qui l'empêchait de deviner, même au pif, de qui il pouvait bien s'agir, bordel de merde.
Emma avait cherché des réponses dans des livres et dans le magasin de M. Gold, et elle avait trouvé de nouveaux sortilèges de localisation, mais au final, ça n'avait servi à rien. Tous avaient besoin d'un objet appartenant à la personne recherchée pour fonctionner – ce qui, selon Emma, allait complètement à l'encontre du principe d'un sortilège de localisation. En plus, la seule fois où elle avait essayé de faire fonctionner un des sorts, elle avait juste réussi à mettre feu au parchemin – et par extension à son canapé. Il s'en était fallu de peu. Heureusement que David était rentré pile à ce moment-là lui, au moins, avait eu le réflexe de jeter une casserole d'eau sur les flammes au lieu de rester figé sur place, l'air horrifié, comme avait fait Emma.
Après ça, elle avait décidé qu'elle disposait de deux possibilités à propos de son Rencard Mystère. Elle pouvait se rebeller. Ignorer les caresses. Attendre qu'elles reviennent et dire à la personne qui la regardait et qui l'écoutait qu'elle ne prendrait plus part à ce jeu sauf si elle cessait d'être lâche et se révélait à elle. Ou, choix numéro deux, elle pouvait faire exactement l'inverse. Elle pouvait jouer avec elle. Flirter avec elle. La couvrir de douceur et insister continuellement sur le fait que, peu importe son identité, elle voulait juste savoir et peut-être voir où tout ça pouvait les mener.
Elle avait décidé de choisir l'option numéro deux, parce que, pour être honnête, elle n'était pas sûre de pouvoir ignorer complètement le toucher.
Elle cassa un nombre excessif d'œufs dans la poêle et ajouta quelques épices que Regina lui avait récemment conseillé d'utiliser. Elle était en train de mettre la sixième tranche de pain dans le grille-pain lorsque Mary-Margaret apparut, souriante.
- Bonjour, ma puce !
Emma lui sourit en retour et retourna à sa pile d'œufs frémissante.
- Bonjour ! Bien dormi ?
- Oh, pas trop mal. Et toi ?
Emma haussa les épaules avec un petit sourire hors de question qu'elle raconte à sa mère les rêves qu'elle avait fait cette nuit.
- Henry est levé ? demanda David en se versant une tasse de café.
- Pas encore. Tu peux y aller ?
- Pas de problème, lui répondit son père, affichant son plus charmant sourire avant de sortir de la pièce.
- Emma, chérie, tu es allée chercher le journal sur le pas de la porte ?
- Ah, merde, j'ai oublié. Désolé, maman.
Mary-Margaret ne put s'empêcher de sourire, ne s'étant toujours pas remise du bonheur d'entendre ce mot sortir de la bouche de sa fille.
- C'est pas grave. Je vais y aller.
Elle sortit de la pièce en sautillant.
Quelqu'un tapota gentiment l'épaule d'Emma. Instinctivement, elle lança un regard par-dessus son épaule, mais il n'y avait personne. Elle fronça les sourcils, et retourna à ses œufs. Le tapotement revint, cette fois du côté opposé. Emma releva brusquement la tête, un sourire naissant au coin des lèvres.
- Ah, tu veux jouer ? demanda t-elle, immobile.
Le tapotement revint encore de l'autre côté, mais Emma se retint de regarder, riant intérieurement.
- Non, non, non.
On la tapota encore sur l'épaule par-dessus laquelle elle avait refusé de regarder.
- Nope. Je ne regarderai pas.
Encore une fois.
- Nope. Tu ne peux pas m'obliger.
Encore une fois, un peu plus fort, et Emma lâcha un rire.
- Hors de question !
Une tape plus forte tomba durement sur son épaule et elle sursauta, cédant enfin et tournant la tête.
- Quoi ? cria t-elle.
Le tapotement s'arrêta, mais un doigt lui donna un petit coup joueur sur le nez.
Emma éclata d'un rire franc et content.
- Tu es d'humeur joueuse, aujourd'hui, hein ?
Il lui donna un léger coup dans l'épaule.
- Tu sais, tenta furtivement Emma, si tu me disais qui tu es, on pourrait peut-être, être joueurs ou – peu importe, mais en personne.
Le toucher hésita.
- Oh, allez ! Pourquoi pas ? Je te jure que je ne mords pas ! Enfin, sauf si tu veux que je te morde, bien sûr, finit-elle avec un mouvement de sourcil suggestif.
Silence du toucher.
- Oh, mais ! Il va bien falloir qu'on se rencontre, un jour.
La porte s'ouvrir et Mary-Margaret balaya la pièce du regard.
- A qui tu parles, ma chérie ?
Emma soupira, ravalant son hilarité.
- Oh, à mes démons, maman. Rien qu'à mes démons.
Le toucher lui donna un coup de coude dans les côtes, l'obligeant à se tortiller et à se mordre la lèvre pour s'empêcher de recommencer à rire. Peu importe de qui il s'agissait, elle adorait son humeur espiègle.
Mary fronça les sourcils.
- Tu es sûre. J'aurais juré…
Emma lui offrit un sourire innocent.
- Nope, c'est juste moi, maman.
Le toucher commença à la caresser dans un mouvement régulier le long de son cou en la chatouillant comme pour dire, non, non, tu étais en train de me parler ! Emma rougit.
- Ça t'arrive jamais, de te parler à toi-même ?
- Je suppose que si.
Après une dernière chiquenaude sur le lobe de son oreille, le toucher disparut, au même moment que David revenait dans la pièce et que quelqu'un toquait sèchement à la porte.
- Entrez ! dit la famille d'une seule voix.
Regina entra, finissant de se poudrer le nez avant de glisser son miroir de poche dans son sac à main.
- Bonjour à tous, dit-elle avec raideur.
Emma marqua un temps d'arrêt, persuadée d'avoir aperçu un éclat d'hilarité dans ses yeux, mais non, elle avait dû l'imaginer.
- Qu'est-ce que tu as amené, aujourd'hui ? demanda Emma, retournant à sa cuisine.
Elle et Regina suivirent leur routine du matin, s'enlaçant presque pour finir par se saluer d'un simple signe de tête, puis continuèrent leur conversation.
Regina lui tendit un melon, répétant que c'était pour aller avec le petit-déjeuner, et lui tendit un gobelet de sa nouvelle boisson favorite : un simple café crème.
Neal et Hook arrivèrent peu de temps après avec leurs propres boissons expérimentales : un Eark Grey noir et une tranche du quatre-quart de Granny pour Hook, et un café festif à la citrouille avec un sablé pour Neal. La semaine dernière, Emma avait insisté pour qu'on arrête de lui apporter de la nourriture tous les matins, mais apparemment, tout le monde s'en fichait, tous espérant que leur offrande soit la favorite du jour.
Elle but un peu d'Earl Grey et de la boisson sucrée à la citrouille, puis elle reprit le café crème et le sablé.
Du coin de l'œil, elle était sûre de voir Regina lancer un regard narquois aux deux hommes, mais lorsqu'elle focalisa son attention sur elle, son regard était impassible.
- Merde, je crois qu'on n'a plus de jus d'orange ! s'écria Emma en posant les aliments sur la table.
- Quoi ? cria Henry avant de jeter des regards noir à tout le monde, essayant de déterminer qui avait terminé la bouteille.
- Oh, mais ce n'est pas grave, mon chéri, commença Mary-Margaret en haussant les épaules.
Mais Emma secoua la tête. Henry tenait vraiment à son verre de jus le matin.
- C'est bon, je vais aller en acheter.
Elle mit ses clés dans sa poche, enfila rapidement sa veste et sortit de la pièce.
- Ms – Emma ! l'appela Regina, ses talons claquant sur le sol alors qu'elle la rattrapait.
- Regina ?
- J'espère que je n'aurais pas à me répéter. Ne me laisse. Jamais. Seule. Avec ces gens.
Les lèvres d'Emma s'étirèrent.
- D'accord. Allez, on y va.
Elles marchèrent en silence, jusqu'à ce que, entre deux gorgées de son propre latte, Regina lance un sujet de conversation.
- Ms. – euh, Emma. Qu'est-ce qu'il se passe avec Tweedledee et Twiddledum ? Ils sont là tous les matins, mais je suppose que puisqu'ils sont là tous les deux, tu n'as pas encore pris de décision.
Emma fourra ses mains dans ses poches et haussa les épaules.
- Pas exactement.
- Vraiment ?
- Je ne sais pas.
Elles entrèrent dans le magasin et se dirigèrent tout de suite vers les frigos.
- Tu ne sais pas ?
La voix de Regina était sèche et froide.
- Enfin, si, mais…
- Je peux te demander lequel des deux est l'heureux gagnant ?
Emma était presque sûre que si Regina s'approchait plus près de l'énorme réfrigérateur avec cette voix glaciale, le bordel allait finir par se congeler depuis l'extérieur.
Emma haussa les épaules, attrapa le jus d'orange et piétina sur place. Est-ce qu'elle devait lui en parler ? Elle pourrait essayer de se confier à elle et voir ce que Regina en pensait. Mais bon, en même temps, c'était Regina, elle allait sûrement lui conseiller de se faire interner.
- Ben, euh, probablement aucun des deux.
- Aucun des deux ?
- Ouais. Enfin, je pense.
- Tu ne veux sortir avec aucun des deux ?
- J'en sais rien. C'est des mecs bien, c'est sûr. Mais, euh, non, finit-elle brusquement. J'ai juste, euh, j'ai quelques trucs à régler avant de, euh, avant de leur dire.
Regina serra les lèvres jusqu'à ce qu'elles soient devenues fines et rigides.
- Bien, je suppose que c'est pour ça que tu les évites.
- Je ne les évite pas !
- Si, Ms Swan, vous les évitez.
Un ange passa.
- Est-ce que ça veut dire que tu…
Regina trébucha anormalement sur une boîte qui se trouvait au milieu de l'allée et Emma dut l'attraper pour qu'elle retrouve son équilibre.
- Um, merci. Je disais : est-ce que ça veut dire que tu as un nouveau prétendant ?
Emma s'éclaircit la gorge, mal-à-l'aise.
- Um…
Ce qu'Emma ignorait, c'était que pendant qu'elle et Regina étaient en train d'acheter du jus d'orange, Mary-Margaret, David, Hook et Neal en profitaient pour avoir une discussion.
- Je ne sais pas, je pense que même cerveau-haricot l'a remarqué quelque chose a changé chez elle. Elle est… je ne sais pas.
- Distante, termina Neal, son regard noir fixé sur la tempe de Hook.
Mary-Margaret prit le temps de mâcher sa bouchée de melon, lançant un regard à Henry qui les ignorait pour se concentrer sur les quelques minutes de jeux-vidéos dont il disposait avant le petit-déjeuner.
- J'ai remarqué moi aussi. Peut-être, hmmm, peut-être que vous devriez arrêter de lui laisser le choix de vous repousser.
- Euh, quoi ? répondit Neal en clignant des yeux.
- Et bien…
Emma et Regina revinrent dans la salle-à-manger quelques minutes plus tard, déposant tendrement un baiser de part et d'autre de la tête de leur fils avant de lui ordonner d'arrêter son jeu vidéo et de venir se mettre à table.
Quelque chose était changé dans l'atmosphère, et Emma n'aimait pas ça. Un nuage de silence épais flottait sur la pièce alors qu'ils commençaient tous à manger, et Emma et Regina ne pouvaient pas s'empêcher de regarder les autres avec incompréhension.
Plus le temps passait, plus la tension montait, et quand le repas fut terminé Emma se sentait nerveuse et tendue.
- Qu'est-ce qui se passe ? chuchota Regina en l'aidant à poser les assiettes dans l'évier.
- Je ne sais pas, mais putain, ils me font flipper.
Hook apparut à côté d'elles, un sourire en coin confiant sur les lèvres.
- Emma, je peux te parler une minute ? Dehors ?
Emma fronça les sourcils mais hocha la tête, certaine qu'elle n'allait pas aimer ce qu'il voulait lui dire.
- Euh, je – reviens. Regina, tu peux ?, dit-elle en montrant Henry qui regardait dans le vide, assit en bout de table.
Elle s'interrompit lorsqu'elle remarqua le regard de Regina. Elle était devenue livide les bras croisés rigidement sur la poitrine, elle lançait des regards meurtriers à Hook.
- Regina ?
Elle était de marbre, et ses yeux seuls se déplacèrent pour se fixer sur Emma.
- Ça ne va pas ?
Regina sursauta, comme si on lui avait donné un coup, et ses traits redevinrent normaux, traduisant son air habituel d'agacement désinvolte.
- On part dans cinq minutes, Ms Swan, avec ou sans vous.
Emma fronça les sourcils, mais Hook l'attira dans le hall avant qu'elle ne puisse répondre.
- Ecoute, Emma, commença t-il, sa confiance en lui disparaissant maintenant qu'ils étaient seuls. Je ne sais pas ce que tu as en ce moment, mais j'ai l'impression que tu es plus distante avec moi, récemment. Ce n'est pas étonnant, avec Baelfire et moi toujours sur ton dos. Donc, j'ai pensé que j'avais deux possibilités. Je pourrais me comporter en grand seigneur, et laisser ma place à un autre, ou je pourrais passer à la vitesse supérieure, et te dire que c'est moi que tu dois choisir.
Emma sentit la peur agiter son estomac. Oh nooooon !
- Après mûre réflexion, j'ai décidé de choisir la deuxième option.
- Hook -
- Je pense qu'il n'y a pas d'autre solution.
- Killian –
Avec une douceur surprenante, Hook attira Emma dans ses bras.
- Emma Swan, je pense être l'homme qu'il te faut, murmura t-il. J'aimerais tellement que tu me donnes une chance.
Il recula légèrement et le cœur d'Emma bondit. Merde. Elle savait ce qui allait se passer.
Et en effet, ses yeux cerclés de noir commencèrent à brûler et il se pencha lentement vers elle pour l'embrasser.
Avant qu'Emma puisse le repousser, une brise légère caressa sa peau et BAM ! Emma fut saisie par la peau du cou et tirée violemment hors des bras de Hook. Elle trébucha et atterrit sur ses fesses avec un ouuhouf, les yeux écarquillés par le choc. Elle regarda rapidement autour d'elle, mais personne n'était là, personne ne l'avait attrapée, et pourtant, une main fantôme se posa fermement sur sa poitrine, comme si elle voulait la maintenir hors de portée de Hook.
- Je, euh, qu… balbutia Emma.
- Tu, euh, dit Hook en baissant les yeux sur sa poitrine avant de les fixer sur Emma. Tu peux m'expliquer ce qui se passe, bon sang ? Swan ?
- Quoi ?
Emma prit une inspiration sèche en réalisant que son toucher, quoi que ce s – qui que – il gardait aussi une main solide sur le torse de Hook, l'empêchant d'avancer. C'était presque comme si le toucher se tenait entre eux, les empêchant de s'approcher l'un de l'autre.
La porte s'ouvrit à la volée et le toucher disparut aussi vite qu'il était venu. Soudain relâché de son emprise, Hook trébucha en avant et lança un regard furieux à Emma.
Neal sortit de l'appartement et se dirigea vers elle, en marmonnant d'un air déterminé :
- Non, je suis désolé mais je ne peux pas l'accepter. Je ne sais pas ce que vous êtes en train de faire, mais je ne suis pas d'accord. Nope, je – qu'est-ce que vous foutez ? Emma, qu'est-ce que tu fais par terre ?
Emma se releva en vitesse.
- Je, euh…
- Emma, pas besoin d'utiliser ta magie sur moi, grogna Hook, blessé.
La porte s'ouvrit de nouveau, et Henry fut poussé dehors par une Regina écarlate.
- Bon, Emma, je ne sais pas ce que ce connard te raconte, mais ignore-le, commença Neal.
Emma gémit d'irritation. Si seulement ils pouvaient arrêter de faire ça en présence de son fils.
- Toi et moi, on a un passé, et je refuse d'envoyer tout ça aux oubliettes. On a eu un fils ensemble, P-U-T-A-I-N.
- Neal ! Il comprend même si tu épelles, ça ne change rien !
- Emma, je t'aime !
- Swan, cet homme n'est même pas un vrai homme ! C'est un gamin ! Comme je viens de te le dire, je…
- C'est quoi, votre problème, aujourd'hui ?
Neal haussa les épaules.
- Ta mère a pensé que peut-être, on devait…
- Ses mots exacts étaient : se jeter à tes pieds.
- Quoi ? s'exclama Emma, incrédule. Elle a dit ça ? Vraiment ?
Regina lança un dernier regard aux deux hommes, puis se faufila entre eux, tirant Henry derrière elle.
- Regina, att-
Regina vit volte face.
- Oh, laissez-moi deviner, Ms Swan. Vous avez besoin d'une échappatoire ?
Emma fit un pas en arrière.
Le visage de Regina avait soudainement changé contracté, il était devenu le masque enragé de la froide et acerbe Méchante Reine. C'était – un visage qu'Emma avait cru disparut depuis longtemps.
- Oh, je suis désolé les garçons, mais je ne peux pas sortir avec vous ce soir -.
- Maman ! la réprimanda Henry.
Emma cligna des yeux, choquée et blessée par le ton sarcastique qu'utilisait Regina pour l'imiter.
- Je viens juste de prévoir quelque chose avec Regina ! Désolé Ms Swan, mais pas aujourd'hui !
- Quoi ? Mais de quoi tu parles ?
- Je parle de ça ! s'écria Regina en montrant d'un geste sec les deux hommes. Je n'ai peut-être aucun rôle à avoir dans le choix que tu fais de tes relations, mais j'ai mon mot à dire en ce qui concerne le genre de comportement dont mon fils est témoin ! Et ce genre de comportement lubrique et hypocrite est le premier que je raye de la liste !
- Comportement hypo – quoi ?
Le choc et la fureur d'Emma s'éteignirent immédiatement, disparaissant, et ses espoirs moururent, ne laissant derrière eux qu'une douleur engourdie et déconnectée.
- Re...
- La deuxième chose que je devrais faire, c'est l'éloigner de certaines personnes tellement lâches qu'elles ne peuvent pas et ne veulent pas gérer les désastres qu'elles créent elles-mêmes !
Sa voix résonnait dans le petit couloir, et la porte se rouvrit quelques secondes plus tard, David passant sa tête dans l'embrasure pour savoir d'où venait tout ce bruit.
- Je ne sais pas ce que tu imagines, mais je suis un être humain ! J'ai des sentiments !
Emma voulait crier en réponse aux cris de Regina, mais elle se rendit compte qu'elle n'en avait pas la force. Au lieu de ça, sa voix sonna sèche et monotone.
- Je sais très bien que tu en as. Je n'ai jamais dis le contraire, Regina.
David lança un long regard à sa fille, une lueur de frayeur pulsant dans ses veines. On aurait dit que toute émotion venait de l'abandonner, laissant seulement une coquille vide et creuse. Elle s'était complètement renfermée. Il s'éclaircit la gorge et passa dans le couloir.
- Je, euh, je vais emmener Henry à l'école.
- Merci, David, répondit Regina acquiesçant d'un signe de tête.
Dès qu'Henry fut parti, Regina attaqua de nouveau.
- Tu sais quoi, c'est incroyable, la manière dont tu te sers des gens, Emma Swan. Ça t'arrive de penser à quelqu'un d'autre que toi ?
- Quoi ? demanda t-elle faiblement, le coin de ses lèvres se desserrant pour former un rictus tordu.
Elle était tellement stupide. Ce regard, ce regard sur le visage de Regina – elle avait oublié combien ça pouvait lui faire mal, au plus profond d'elle-même. Qu'est-ce qu'elle avait imaginé ?
- Tu te fiche complètement de gens autour de toi, hein ? continua Regina dans un grondement prédateur.
Elle se concentrait sur sa proie et s'apprêtait à porter le coup fatal.
Emma se rendit compte qu'elle rougissait, l'humiliation et la colère bataillant en elle pour surmonter l'engourdissement qui l'empêchait de se faire sérieusement amocher l'engourdissement qui lui permettait de rester une survivante, et pas une victime. Elle pensait qu'elles avaient dépassées ce stade, toutes les deux. Elle pensait que ce genre de dispute était terminé.
- Je t'interdis de me dire ce que je ressens, Regina. Putain, qu'est-ce qui va pas chez toi, aujourd'hui ?
Si Regina avait pris la peine de regarder Emma dans les yeux, de la regarder vraiment, elle aurait réalisé qu'elle était en train de la blesser profondément, mais elle avait libéré sa méchante intérieure.
- Très éloquent, Ms Swan. Comme d'habitude.
Elle se tourna pour partir, mais voulu en finir :
- J'avais bêtement pensé que nous étions devenus amies, mais nous ne sommes pas amies, pas vrai, Emma ? Non, je suis juste ton plan de secours quand tu as besoin de t'échapper de Machin Un et de Machin Deux.
- Quoi ? Ce n'est pas-
La voix d'Emma n'était plus qu'un souffle.
- Pourquoi ne pas leur dire ? Hein, Emma ? Dis-leur que tu les as fait marcher tout ce temps pour tes raisons personnelles idiotes.
- Quoi ? s'écria Hook.
- Emma, c'est vrai ?
Léthargique, Emma leva une main pour leur demander de se taire. Elle fixa Regina, le regard vide, les sourcils froncés.
- Je croyais…
A sa grande honte, ses yeux commencèrent à se remplir de larmes.
- Je croyais qu'on était amies. On n'était pas… ?
La fissure de vulnérabilité qui s'était crée en elle se referma, et la colère se répandit en elle.
- Moi aussi, je croyais qu'on était amies, maintenant, mais je suppose que je me suis bien fait avoir. Bordel, tu changeras jamais, hein Regina ? Chaque fois que je me laisse aller à penser que notre relation a des bases solides, tu les détruis avec des conneries, comme maintenant.
Elle étudia la Vipère qui se tenait au bout du couloir, elle se laissa une fois de plus envahir par le brouillard.
- Tu sais quoi, j'en ai marre. J'en ai marre d'essayer d'être ton amie. Va te faire foutre !
Le dos de Regina se tendit, et elle brossa minutieusement sa jupe de tailleur, un regard de haine glaciale sur le visage.
- Très bien. Si vous voulez bien m'excuser, Ms. Swan. Il y en a qui ont autre chose à faire que s'occuper de leur vie amoureuse désastreuse.
- Et il y en a qui n'ont pas de vie amoureuse du tout, cracha Emma.
Regina leva un sourcil avant de se tourner et de s'éloigner.
Un sentiment d'horreur sourd et assommant s'abattit sur Emma, recouvrant la colère, la douleur et l'impression d'avoir été trahie. Au moment où Regina ouvrit la porte pour sortir, Emma lança :
- On sait toutes les deux que tu n'as jamais été un plan de secours, Regina. J'arrive pas à croire que j'ai été assez stupide pour croire que la Méchante Reine et moi pouvions être amies.
Regina hésita un moment sur le pas de la porte, puis disparut.
L'air était lourd et tendu dans la pièce, et son regard était fixé sur le vestibule désert. Emma se sentait vide, idiote, et elle avait l'impression qu'on s'était servi d'elle. Elle se rendit vaguement compte que des larmes minuscules s'étaient mises à rouler sur ses joues et elle renifla rapidement.
- Emma…, commença Neal, s'interrompant lorsqu'Emma sursauta, réalisant qu'ils étaient toujours là.
Elle se mordit la lèvre et se tourna vers eux. Sans le vouloir, ils firent tous les deux un pas en arrière, soudainement nerveux d'être en présence de cette femme aux yeux éteints. Emma remarqua leur mouvement de recul et laissa l'engourdissement insupportable l'envelopper complètement, toujours plus épais et toujours plus lourd. Avec beaucoup d'effort, elle réussit à dire :
- Ecoutez, les gars…
Sa voix se casse et elle dut marquer une pause pour prendre une grande inspiration.
- Elle avait raison sur un point. Je ne veux pas sortir avec vous. Ni avec l'un, ni avec l'autre.
Les garçons s'approchèrent d'elle, mais elle recula d'un pas.
- Non. Je suis désolée de ne pas vous l'avoir dit plus tôt. J'ai eu tord.
Sa voix se cassa de nouveau, et elle se dirigea vers la porte de l'appartement.
- Je suis désolée, mais c'est la vérité.
Elle poussa la porte et la referma solidement derrière elle, laissant finalement ses larmes couler librement.
Un sentiment de mépris la traversa lorsqu'elle posa les yeux sur le visage choqué de sa mère.
- Emma, murmura t-elle.
Mais rien que le fait de la regarder était insupportable à Emma. Comment avait-elle pu dire à ces hommes, ces deux hommes qui se disputaient pour elle depuis des semaines et qui rendait sa vie stressante – comment avait-elle pu leur dire de la pousser encore plus ? Elle ne la connaissait vraiment pas, hein ?
- Tu peux dire à David que je viendrais au poste plus tard, s'il te plait ? dit-elle d'une voix étouffée par l'émotion.
En deux pas, elle fut dans sa chambre et les vannes s'ouvrirent.
Elle tomba à genoux sur son lit, désirant plus que tout la libération que pouvait apporter de vraies larmes, apaisantes et purifiantes face à cet engourdissement qu'elle connaissait trop bien. Elle ne s'était pas rendu compte de l'importance que l'amitié de Regina représentait à ses yeux. Elle n'avait pas réalisé à quel point elle était devenue un appui pour elle, ces derniers temps. Jusqu'à maintenant, jusqu'à ce moment où les mots de Regina l'avaient laissée meurtrie et ensanglantée. A quel moment Regina était-elle devenue si importante pour elle ?
Comment avait-elle pu être si stupide ? Elle avait oublié qu'elle était Emma Swan ? Emma Swan n'avait pas d'amis. Emma Swan n'avait pas de relations. Emma Swan serait toujours seule, et elle avait été bête de penser, ne serait-ce qu'un instant, que ça aurait pu changer.
De la haine – de la haine envers elle-même – de la haine pour sa vie la traversa et elle laissa tomber sa tête jusqu'à ce qu'elle repose sur le lit, entre ses genoux.
Sa vie ne changerait jamais, hein ?
Ça avait été tellement dur, quand elle était arrivée ici et qu'elle avait dû se battre constamment avec le Maire/la Méchante Reine. Il n'y avait pas eu un jour où elle n'avait pas pensé à partir pour le bien de la ville, pour le bien de son fils. Est-ce qu'elle en était revenue là ? Est-ce qu'elle avait vraiment une mauvaise influence sur son fils ? Elle avait fait quelques erreurs, mais –
Les larmes recommencèrent à perler alors qu'elle songeait à sa folie, mais elles ne lui étaient d'aucun soulagement. Elle n'était même pas réellement en train de pleurer c'était un simple réflexe – comme éternuer ou cligner des yeux. Les larmes mouillaient le lit sur lequel elle était agenouillée, mais l'emprise vicieuse que la douleur maintenait autour de son cœur ne s'atténuait pas pour autant.
Une brise la caressa et elle sentit un effleurement léger comme une plume sur son dos. Elle sursauta, incapable d'accepter le toucher, sa peau trop sensible, enflammée. Doucement, le toucher se posa sur son dos et resta immobile pendant un long moment pendant qu'un flot insensible coulait de ses yeux.
- Tu ne peux pas comprendre, murmura t-elle à la chose invisible. La tête qu'elle faisait – elle m'a regardé comme si elle me détestait de nouveau. Comme si j'étais un insecte… je suis un insecte.
Elle imagina Regina, le visage contracté par la haine et une lueur de douleur. Sa poitrine se serra un peu plus.
- Putain, mais qu'est-ce qui m'est passé par la tête ?
Gentiment, le toucher la tira par le bras. Emma obéit à ses directives sans réfléchir, jusqu'à ce qu'elle soit allongée, la tête sur les oreillers. Doucement, tendrement, le toucher caressa son front et ses tempes, pour la calmer. L'enveloppe de froideur dans laquelle Emma s'était par mégarde enfermée se fissura.
Une nouvelle caresse.
Emma prit une bouffée d'air, les larmes aux yeux.
Une fois de plus, le toucher caressa sa peau.
Emma explosa en sanglots.
Ça avait été le même schéma pendant toute sa vie. Toute sa vie. Quelqu'un la ramassait, puis la rejetait un peu plus tard. Et elle venait de se faire jeter une nouvelle fois. Mise à la poubelle. Un déchet dont on ne voulait plus.
Son corps tremblait, ses yeux fermés, savourant l'effet apaisant du toucher sur son esprit.
Elle n'avait aucune idée du temps qu'elle passa à pleurer, ses pensées fixées sur les moments les plus profonds et les plus sombres de son existence. Finalement, les larmes s'arrêtèrent, et, épuisée, Emma commença à glisser dans un sommeil profond. Juste avant de s'endormir complètement et de quitter son monde cauchemardesque actuel pour un monde de rêve, une dernière phrase sortit de sa bouche.
- Et toi, murmura t-elle, laissant échapper une autre larme qui roula le long de son nez. Si tu tiens vraiment à moi, pourquoi tu ne veux pas me dire qui tu es ?
Le toucher hésita, marquant une pause dans ses caresses régulières, avant de recommencer prudemment, laissant Emma tomber dans un sommeil désolé, le cœur brisé.
"C'est tout pour le moment", comme dirait la voix. J'espère que ce chapitre vous a plu, que vous êtes heureux et que vous allez passer un bon week-end ! Je vais probablement passer le mien à déplorer de ne pas être à Paris pour rencontrer l'équipe de Once... Pour ceux qui sont toujours à bord du navire, ne vous inquiétez pas, je vais pas laisser Emma comme ça longtemps ! Je posterai le prochain chapitre dans le cours du week-end !
