Hello dearies ! Me revoilà avec un nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira :) Je remercie tous mes lecteurs, y comprit les guests auxquels je ne peux répondre qu'ici. Toutes vos reviews me font vraiment plaisir !
Note de l'auteur : Je crois que dans l'univers original de la série, les 4 premières saisons se passent en trois ans, mais pour cette histoire, j'ai décidé que chaque saison se passait en un an.
Emma se réveilla en milieu d'après-midi, patraque, dans un état grippal. Son pouls battait sur ses tempes comme une basse douloureuse, et ses yeux étaient gonflés et collants de larmes. Elle grogna et se couvrit le visage pour faire barrage à la lumière du soleil. Elle sursauta en sentant la brise de son toucher fantôme écarter les cheveux qui cachaient son visage.
- Tu es resté tout ce temps ? demanda Emma dans le vide.
Sa seule réponse consista en une longue caresse le long de sa joue et de sa mâchoire.
Elle ouvrit la bouche, à la fois émerveillée et perdue.
- Tu es resté ?
Une autre caresse.
Elle ne comprenait pas. Cette – personne – quelque part en ville, savait qu'elle avait eu une dispute, l'avait regardée pleurer, l'avait réconfortée et était restée avec elle pendant qu'elle dormait, juste pour être – quoi – être sûre que ça irait ?
- Qui es-tu ? demanda t-elle en chuchotant.
Le toucher effleura son menton.
Emma fronça les sourcils, se sentant à la fois consolée et désespérée.
- Pourquoi tu ne veux pas me le dire ?
- Est-ce que c'est parce que tu n'es pas libre ?
- Est-ce que c'est parce que tu ne veux pas qu'on soit ensemble ?
La raison lui parut soudain évidente, et elle soupira, comprenant enfin.
- C'est parce tu crois que je ne voudrais pas de toi.
Le toucher glissa le long de sa joue.
- Je vois. Mais comment tu peux en être sûr ? Tu pourrais te tromper.
Emma se mit sur le dos et commença à fixer intensément le plafond, comme si son regard avait le pouvoir d'y faire apparaître un visage.
- J'aimerais tellement que tu me dises qui tu es.
Il y eu une autre pause, puis elle sentit un souffle effleurer très doucement ses lèvres puis se retirer en s'évaporant comme de la brume. Les joues d'Emma rosirent et elle ne put retenir le sourire béat qui apparut sur ses lèvres. Elle savait qu'à sa manière, son toucher venait de l'embrasser.
Une minute plus tard, elle regarda sa montre. Elle devrait aller au poste, ce n'était pas juste pour David de devoir être là-bas tout seul, mais…
Elle se leva et descendit sur la pointe des pieds, à l'affut du moindre son qui trahirait la présence de ses colocataires.
Soulagée, elle attrapa un sac de petits pois congelés au freezer et, s'avachissant sur le canapé, elle s'en servit pour couvrir ses yeux gonflés.
Soupirant sous l'effet du froid, elle laissa son esprit vagabonder. Elle se sentait – pas trop mal – peut-être pas super, mais… pas trop mal. Normalement, après le brouillard d'engourdissement, elle se sentait groggy pendant quelques semaines, marchant sans but comme une ahurie en transe. Pourquoi n'était-ce pas le cas aujourd'hui ?
Emma pensait savoir pourquoi. Le toucher. Avant aujourd'hui, est-ce que quelqu'un l'avait déjà réconfortée pendant un épisode de dépression ? Non. Il n'y avait jamais eu personne. Elle n'avait jamais eu aucune famille, aucun être cher.
Cette nouvelle perspective était intéressante.
- Emma ?
Elle se figea en entendant la voix de sa mère, hésitante et inquiète. Evidemment, Mary-Margaret était encore à la maison. Evidemment, elle n'était pas allée au travail après tout ce qui s'était passé ce matin.
- Maman, dit-elle de dessous ses petits pois, je vais le formuler aussi gentiment que possible. Je n'ai vraiment pas envie de te parler pour l'instant, d'accord ?
- Emma ! s'exclama Mary-Margaret dans un souffle.
Emma sentit la colère revenir, et elle enleva le sac de sur ses yeux.
- Pourquoi tu as dit à Hook et à Neal de faire ça ?
Mary-Margaret croisa se tortilla les mains, croisant et décroisant ses mocassins en gigotant.
- Pourquoi je leur ai dis de faire quoi, Emma ?
Emma lui lança un regard noir.
- C'est juste que, j'ai pensé que peut-être que le choix serait plus facile pour toi s'ils s'affirmaient un peu plus, chérie.
Emma voyait bien que même sa mère ne croyait pas à son propre mensonge. Elle lui lança un sale regard, attendant qu'elle craque, mais son visage était impassible, et Emma comprit d'où lui venait son caractère têtu.
- Très bien, ne me dis pas. Mais je suis énervée. Je n'arrive pas à croire que tu aies fait ça. Tu as juste – ugh !
- Ma puce, répondit Mary-Margaret en prenant sa voir de maîtresse/maman, je voulais juste aider.
Emma lui lança un regard en coin, sceptique. Elle ne la croyait pas vraiment, mais il était difficile de se mettre en colère contre sa mère et son petit visage pale lorsqu'elle était vêtue d'un cardigan, d'une blouse et d'une jupe en tweed avec des chaussettes blanches. Emma reposa donc sa tête contre le canapé et recouvrit ses yeux.
- Emm-
- Je ne veux pas en parler.
- D'accord.
xxx
La dispute avec Regina avait eu lieu vendredi matin, ce qui voulait dire qu'elle avait tout le week-end pour réfléchir à la ligne de conduite qu'elle voulait adopter. Elle pensa que peut-être il valait mieux prétendre qu'elles n'avaient jamais été amies. Elles étaient ennemies avant, et elles pouvaient très bien le redevenir – mais si Regina s'imaginait qu'elle pouvait lui enlever son fils une nouvelle fois, elle allait avoir un autre problème. Elle avait mis du temps avant d'être prête à avoir une vraie place dans la vie de ce garçon, mais putain, pas cette fois, hors de question. Henry était son enfant, autant qu'il était celui de Regina, c'était comme ça et ça n'allait pas changer, bordel de merde.
La plupart du week-end, Emma resta toute seule dans sa chambre, recevant des visites occasionnelles d'Henry – lorsqu'il n'était pas avec Regina. Elle n'était pas vraiment seule, pourtant. Apparemment, son toucher avait décidé d'être à ses côtés à chaque instant, et, selon Emma, il ne disparaissait que lorsque ses propres affaires l'appelaient, de l'autre côté du lien invisible.
Le toucher fut majoritairement d'une douceur hésitante durant le reste de la journée de vendredi et jusqu'à samedi matin. Samedi après-midi, il était redevenu joueur, la taquinant alors qu'elle essayait de remplir sa paperasse au poste de police. A chaque fois, elle était sur le point de signer son nom, et soudain le papier se retrouvait à un mètre de là, ou bien elle mettait quelque chose dans la photocopieuse avant de se rendre compte qu'elle avait été débranchée. Elle rebranchait la machine, pressait le bouton start, mais la prise se trouvait de nouveau débranchée, systématiquement.
Quand elle ne travaillait pas, elle parlait au toucher, et lui disait absolument tout ce qui lui passait pas la tête, des commentaires sur les habitants de la ville ou de longues anecdotes sur certaines de ses familles d'accueil.
Samedi soir, Emma se sentait prête à affronter Regina le lendemain matin, quelle que son soit humeur– si elle venait comme à son habitude.
Ce samedi soir, pour la première fois, alors qu'elle se préparait à aller au lit, elle se dit qu'elle aimerait que quelqu'un soit avec elle. Elle aurait voulu que le toucher, son toucher à elle, peu importe son identité, puisse être là, à ses côtés. Comment ce serait ? Est-ce qu'ils seraient aussi joueurs l'un avec l'autre qu'ils l'étaient en ce moment ? Qu'est-ce que ça ferait d'être tenue dans ses bras, au lieu d'être caressée tendrement à cet endroit-ci ou à cet endroit-là ?
Une brise légère effleura son dos alors qu'elle enfilait son haut à rayures et s'attachait les cheveux.
- Hey, salut.
Emma sourit et sentit qu'on tirait légèrement sur le lobe de son oreille pour la saluer.
- Il est tard, qu'est-ce que tu fais encore debout ?
Emma laissa échapper un rire.
- C'est très frustrant d'avoir une conversation avec toi, tu sais. Un coup pour non, deux coups pour oui.
Le toucher tira deux fois sur son lobe, et elle éclata d'un rire franc.
- Bien si tu veux mon avis, tout ça est vraiment très chiant,.
Elle sauta dans son lit et éteint la lumière.
- Tu es dans ton lit, toi aussi ?
Il tira deux fois son lobe.
Emma soupira d'un air suggestif, et une tape légère lui fut administrée en rétribution.
- Très bien, si tu ne veux pas me rejoindre, je vais me coucher !
Elle tira la langue dans le vide, et roula sur son ventre pour s'enfouir dans les oreillers.
Quelques minutes passèrent, et Emma poussa soudain un cri strident en réponse aux chatouilles qui s'était mises à courir le long de la plante de son pied.
- Hé !
Elle allait s'endormir une nouvelle fois, mais une autre chatouille la fit glapir et sursauter.
- Emma ? entendit-elle depuis en bas.
- Arrête ! siffla Emma en s'asseyant, les yeux brillants d'hilarité.
Elle se remit sous la couette, et eut une seconde de répit avant de se retrouver de nouveau en train de se débattre et de crier, plaquée de force sur le lit alors que le toucher lui chatouillait le pied sans s'arrêter.
Des bruits de pas rapides s'approchèrent et sa porte s'ouvrit à la volée.
Son père venait d'entrer dans la chambre, tenant dans ses mains une batte de baseball levée en hurlant :
- Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Bordel ! Tu m'as fait flipper de ouf !
- Qu'est-ce qui se passe ? beugla David.
Emma réfléchit à toute vitesse.
- Désolé ! Il y avait une araignée dans mon lit.
Son père la fixa, les yeux écarquillés d'incrédulité.
- Quoi ?
- Une araignée.
Il abandonna sa posture agressive et cligna des yeux en regardant sa fille, un regard coupable sur la figure, sa couverture sans dessus-dessous. Pendant un instant, il se demanda si elle n'avait pas planqué un homme dans son placard.
- Euh, bon – tu vas bien ? Elle t'a mordue ?
- Non, ça va. Je me suis débrouillée.
- Ok. Um,…
- Je suis désolée !
- T'inquiète pas. Bonne nuit, ma puce, dit-il en lui embrassant le front.
Il lui lança un dernier regard perplexe par-dessus son épaule, puis sortit de la pièce.
Emma fit claquer sa langue, elle pouvait presque entendre le rire du toucher fantôme.
- Tu es un vrai connard, j'espère que tu le sais.
Le toucher tira deux fois sur son oreille et Emma ricana en se rallongeant.
Le toucher se tut pendant une ou deux minutes, puis Emma le sentit commencer à masser doucement ses épaules.
- Mmmm, soupira t-elle de plaisir en fermant les yeux. Ça fait du bien.
Le toucher se concentra sur ses épaules pendant un moment, tirant de légers gémissements d'Emma, avant de se diriger vers son cou et son sternum.
Quelque chose qui ressemblait à la paume d'une main passa allègrement entre ses deux seins, et la respiration d'Emma s'accéléra, mais le toucher se dirigeait seulement vers son ventre, traçant des cercles sur sa peau.
Un peu complexée, elle essaya de garder son corps sous contrôle alors que le toucher massait son estomac et ses hanches, se mordant la lèvre et essayant de réguler sa respiration. Son visage rougit, mais elle essaya de cacher sa gêne. Le toucher avait été très poli depuis le soir du festival, et comme ça avait été la seule activité sexuelle récente d'Emma – son corps était prêt et très excité. Le toucher faisait toujours des cercles sur les muscles contractés de son estomac, et accidentellement – ou peut-être pas, il passa une main sur la ligne de la culotte d'Emma. Emma ne le fit vraiment pas exprès elle ne voulait pas trahir les réactions de son corps, mais malgré elle, un petit halètement s'échappa de sa bouche. Les mouvements du toucher s'arrêtèrent net et Emma geignit, recourant sa tête d'un oreiller. C'était tellement plus embarrassant maintenant qu'elle savait qu'il y avait vraiment quelqu'un de l'autre côté du lien.
- Je suis désolée, dit-elle dans un chuchotement rauque. Ça fait longtemps. Je n'ai pas couché avec quelqu'un depuis – bordel, depuis au moins trois ans. La dernière fois, c'était avec – ah oui, ce gars, au cours de gym. Ah non, attend j'avais oublié que je sortais avec cette fille que j'avais rencontré dans les vestiaires. La dernière fois que je l'ai vue, ça devait être quelques jours avant qu'Henry vienne me chercher. Oh, dit-elle soudain, réalisant quelque chose. Je me demande si elle pense que je me suis juste barrée. Enfin, d'un côté, c'est vrai que je me suis barrée. Bref, ce que je voulais dire, c'est que ça fait vraiment longtemps, et du coup, je suis un peu… à fleur de peau. En plus, j'ai remarqué que tu gardes tes mains dans des endroits politiquement corrects, ces derniers temps. Tu t'es trouvé une conscience ?
Elle attendit, son visage toujours couvert par l'oreiller.
Le toucher tira deux fois sur son lobe, puis recommença à masser ses muscles abdominaux.
Emma ricana sombrement.
- Je vois.
Le toucher s'arrêta, ayant clairement remarqué quelque chose d'anormal dans sa voix. Emma l'avait remarqué également et restait étendue, parfaitement immobile, attendant de voir ce qui allait se passer. Elle savait qu'elle ne devrait pas l'encourager de manière passive-agressive. Elle n'avait aucune idée de qui c'était. Ça pouvait être – Leroy – ou Archi – ou, merde, ça pouvait même être Granny.
Le seul problème, c'était que plus son lien avec le toucher grandissait, plus ces moments de pelotage indécents lui manquaient.
- Tu es parti ? finit-elle par demander à voix basse, dans le noir.
Les mains réapparurent sur ses cuisses, la massant lentement en remontant le long de son corps, sur ses hanches et de nouveau sur son ventre. Emma rit et se mordit la lèvre, sentant le changement soudain de dynamique. Sa poitrine s'arqua lorsque la caresse survola son estomac et vint effleurer ses tétons durcis. Elle grogna dans son oreiller.
Le toucher la taquinait, la pinçait et lui donnait des chiquenaudes envoyant des piques de plaisir dans le sexe d'Emma. Plus il la touchait, plus elle avait envie de sentir un corps solide se presser contre le sien.
Ses jambes dansaient sous les couvertures, incapables de rester immobiles, et du plus profond d'elle s'échappaient des soupirs et des gémissements de plaisir.
- Putain ! Ahhh ! grogna t-elle de frustration, arrachant l'oreiller de son visage et se couvrant fermement les yeux d'une main rigide.
Elle se déhanchait dans le vide, la respiration haletante, erratique.
- Tu sais – si tu (gémissement), si tu apparaissais (soupir), sur le pas de ma porte, là, tout de suite, je, uh, ahhh, je ne te repousserai pas. Je pense qu'on en est plus là.
Le toucher s'arrêta un moment, puis attrapa fermement un de ses tétons et se mit à chatouiller ses côtes de manière délicieuse. Elle ne put pas s'en empêcher. Les doigts d'Emma descendirent le long de son estomac, et elle agrippa son sexe, appuyant fortement sur son clitoris. Ella laissa échapper un cri, cambrant les hanches, le corps tout en courbes.
- Oh mon Dieu, cria t-elle. Bordel ! Oh, c'est pas juste !
Fiévreusement, le toucher commença à la caresser de haut en bas, la pelotant et la titillant. Emma se débarrassa de son sous-vêtement, plongeant avidement dans ses replis intimes et trempés, tournant autour de son clitoris, taquinant son entrée.
Son téléphone se mit à vibrer sur la table de nuit.
- Noooooon ! lui cria t-elle, comme s'il faisait exprès de sonner. Merde !
Elle arrêta ses mouvement avoir d'avoir pu jouir et attrapa son portable. Elle essaya de réguler sa respiration rapide et de décrocher, mais le toucher fantôme maintenait le téléphone collé à la table.
- J'ai pas le choix ! C'est le poste !
Le toucher relâcha l'appareil, et Emma répondit en lâchant un « Allô ? » d'un ton revêche.
Il y avait une bagarre entre ivrognes au Rabbit Hole. Elle geignit en raccrochant, un « Pourquoiiiiii ? » plaintif s'échappant de sa bouche, mais elle sentait que le toucher était parti il l'avait laissé à ses affaires officielles.
Boudeuse, elle s'habilla et partit faire son travail.
xxx
Il était très tard quand elle rentra du Rabbit Hole, et elle fut surprise de trouver sa mère toujours debout, sirotant un verre de vin en lisant un bouquin.
- Heu, maman ?
- Oui, ma puce.
- Pourquoi tu es toujours debout ?
- Quelqu'un a appelé ton père à propos de l'incident avec Leroy, et je n'ai pas pu me rendormir sans lui.
- Aww, dit Emma, ne pouvant pas s'empêcher d'être touchée. Tu l'attends ? C'est trop – mignon.
Elle sentit un frisson de jalousie la traverser. Elle aussi, elle voulait quelqu'un qui l'attende pour aller se coucher !
Comme si elle l'avait appelé, le toucher revint dans un coup de vent, caressant doucement sa nuque. Elle sourit.
- Quoi ? demanda sa mère, examinant son visage.
- Oh, rien, répondit-elle en contournant le canapé pour venir s'assoir en face de sa mère. C'est juste chouette-
Apparemment le toucher l'avait attendue pour qu'ils puissent continuer là où ils en étaient restés, et il n'était pas du tout d'accord avec cette minute « on se pose et on discute un peu avec maman». Soudain, la main qui était en train de flâner derrière le cou d'Emma agrippa possessivement son sein droit.
Emma se releva en vitesse, renversant la table basse, les yeux écarquillés comme des billes.
- Emma !
Paniquée, elle essaya de couvrir la situation en riant.
- Désolé ! Euh, je suis maladroite. Je, euh, il est, euh, il est tard et je devrais…
Elle faillit tomber sur la table basse lorsque le toucher la pinça avec insistance.
- Je, euh, désolé, je dois y aller.
Elle se rendit dans sa chambre en trébuchant et en se cognant aux meubles, refermant la porte sur le visage inquiet de sa mère.
- Bordel, et en plus t'es persuadé d'être drôle, hein ?
Une aura d'hilarité l'entoura, et le toucher disparu après une dernière caresse langoureuse.
xxx
Le dimanche, c'était nul.
Elle était épuisée, et les quantités de café qu'elle avalait ne parvenaient pas à la garder éveillée. Elle s'offrit une journée détente, jouant aux jeux vidéos et regardant des films avec Henry et, dès qu'il fut suffisamment tard pour que ce soit socialement acceptable, elle alla se coucher, essayant de son mieux de ne pas s'inquiéter pour le matin suivant.
Elle rêva de nouveau, pour la xième fois maintenant, de la personne sans visage. Elle se plaçait au dessus d'elle, attaquant la peau sensible et délicate d'Emma, se frottant contre elle et lui soutirant des gémissements.
Son top de pyjama et sa culotte disparaissaient, une main fantôme planant légèrement au dessus de sa peau, commençant par sa gorge et disparaissant juste avant de parvenir à l'endroit où Emma avait le plus besoin d'être touchée.
Des lèvres chaudes jouaient sur sa hanche et une main se glissait sous ses fesses, l'attirant avidement contre la bouche fantôme.
Les mains d'Emma agrippèrent les draps au dessus de sa tête, prête, reconnaissante, suppliante – lorsqu'elle se réveilla.
- Noooooon, cria t-elle au moment où ses yeux s'ouvrirent.
Non, pas encore un de ces rêves à la con sur ces putains de caresses, bordel de…
Son toucher traça la courbe de ses seins, et la respiration d'Emma s'arrêta aussitôt.
- Oh ! Tu es là.
Des ongles éraflèrent sensuellement sa poitrine et remontèrent jusqu'à son oreille deux fois, le toucher tira.
Emma sourit, s'étirant sur le lit de tout son long.
- Salut.
Le toucher la salua d'une longue caresse sur sa peau, finissant par prendre son sein en coupe. Emma hoqueta :
- Oh !
Ses hanches se soulevèrent automatiquement, et elle soupira, satisfaite.
- Je t'ai déjà dis que je rêve de toi ?
Un tiraillement sur son lobe.
- Et ben, je rêve de toi. Enfin, pas de toi exactement, mais d'une personne sans visage, et on…
Elle s'interrompit et ouvrit de grands yeux lorsqu'elle se rendit compte de ce qu'elle était en train de dire.
Son toucher marqua une pause, comme s'il réfléchissait, avant de se jeter sur elle, enflammé. Emma glapit le toucher pinçait ses seins, taquinait sa peau, soudain, il était partout à la fois. Les pensées d'Emma tourbillonnaient et la pièce se chargea de tension, laissant son corps enveloppé dans une couche de magie sensuelle et chaleureuse.
- Oh merde, s'écria t-elle, son dos s'arquant, puis retombant sur le lit dans un bruit sec avant de se soulever de nouveau.
Des doigts survolaient ses cuisses, puis ses fesses, puis son ventre, ses deux tétons, l'arrière de ses oreilles, tirant ses cheveux pour finir par recommencer tout depuis le début.
- Oh mon Dieu ! s'exclama Emma, ses mains et ses orteils se serrant et de desserrant convulsivement.
Ça – ça, c'était nouveau. Elle n'avait aucune idée de ce qui était en train de se passer, mais ça – ses yeux roulèrent et elle mit une main sur sa bouche, qu'elle mordit pour garder le silence. Son fantôme l'écarta doucement, et Emma laissa échapper un long gémissement rauque avant de pouvoir mordre de nouveau la paume de sa main.
Son corps s'agitait dans tous les sens elle avait perdu toute pensée cohérente à part « ooh putain, qu'est-ce que tu es en train de me faire ? »
Une pression fantôme apparut sur la main d'Emma, maintenant sa main fermement clampée sur sa bouche alors qu'une caresse suave passait entre ses plis internes, comme si elle ne portait pas de sous-vêtement.
Un cri aigu essaya de traverser la paume de sa main, et la pression de la main augmenta, la rendant complètement muette.
Une autre caresse, plus lente, fit secouer – supplier – déferler - se courber le corps d'Emma.
- S'il te plait, murmura t-elle en dégageant sa main de la poigne du toucher. Pitié !
Il commença à tracer des cercles lents contre son clitoris, lui soutirant des cris de « Oui. Oh oui. O-putain. Oh merde. Putain. »
Un émerveillement abasourdi l'envahit soudain, et elle réalisa :
- Oh mon Dieu, je vais… je vais… oh put…
Soudain, le toucher disparut complètement, comme si on l'avait éteint avec un bouton « arrêt ».
Emma se figea, son presque orgasme s'évanouissant instantanément.
- Noooooon ! Putain de merde ! Tu es parti où ?
Elle attendit une réponse, en vain.
Bordel, il s'était passé quoi, au juste ? Il était plus de minuit, c'était pas comme si quelqu'un avait pu les interrompre d'un coup. C'était quoi, ces conneries ?
Ses jambes tremblaient lorsqu'elle se leva pour aller ouvrir la fenêtre, respirant l'air frais pour s'éclaircir les idées.
Elle était frustrée. Elle était furieuse.
Colérique, elle balança son oreiller à travers la pièce et hurla aussi fort qu'elle put en chuchotant :
- Tu es qui, bordel de merde ?
Pas de réponse.
Elle fit les cent pas dans la pièce, essayant de se calmer, en vain. Elle passa un bras autour de sa poitrine et se rongea l'ongle du pouce jusqu'à l'os, ses yeux fixés sur le cadre caché au fond de son armoire.
S'il y avait bien un jour où elle pouvait se le permettre – c'était aujourd'hui.
Non, Emma, ne cède pas. Ne cède pas.
Mais ses yeux revenaient toujours à l'armoire.
Ça la soulagerait tellement ! Elle en avait besoin. S'il y avait bien une fois où elle pouvait céder, c'était maintenant.
Ne cède pas, Emma. Tu as tenu si longtemps ! Ça fait presque deux mois, putain ! Ça ne t'était jamais arrivé de tenir deux mois, avant !
Elle se jeta sur l'armoire et arracha le cadre de son emplacement, avant de le retourner.
Un éclair de satisfaction la traversa lorsqu'elle en sorti un paquet de cigarettes à moitié vide de sa prison de carton pour en retirer une American Spirits. Frénétiquement, elle farfouilla dans son tiroir à sous-vêtements à la recherche de son briquet, révérant la petite flamme qui en sortit.
Un calme profond l'envahit au moment où elle tira sa première bouffée, et ses sourcils arrêtèrent de tressauter.
Putain. De. Merde.
xxx
Elle avait arrêté de faire les cent pas lorsque son alarme sonna, mais elle n'était pas pour autant retournée se coucher.
Est-ce que le sexe par magie interposé était différent du sexe normal, parce que ça… c'était comme si on avait injecté un mélange expresso serré et de Viagra directement dans ses veines. Elle n'avait même pas essayé de faire quoi que ce soit. Ça lui avait pris des heures juste pour pouvoir s'assoir.
Sa mère avait essayé d'être compréhensive à propos de la mauvaise habitude d'Emma lorsqu'elle avait emménagé, mais lorsqu'elle avait appris qu'elle était vraiment sa mère, elle lui avait posé un ultimatum, et Emma s'était résolu à arrêter de fumer. Depuis, elle avait rechuté de temps à autres. Toujours est-il que Mary-Margaret serait furieuse si elle apprenait que sa fille avait passé sa nuit à fumer clope sur clope à la fenêtre de sa chambre elle prit donc soin de se doucher pour chasser l'odeur et descendit au rez-de-chaussée.
Elle sortit la boîte énorme d'œufs et marqua une pause. Combien devrait-elle en faire ? Au fond d'elle, elle savait que ce matin serait différent des autres – Hook et Neal – avec un peu de chance – ne viendraient probablement pas, et Regina – elle ne viendrait sûrement pas non plus. Même si le fait qu'Henry ne soit pas venu ce week-end pour transmettre ses instructions officielles, l'informant du lieu il passerait la nuit de lundi et de l'heure à laquelle elle devait l'attendre, l'intriguait.
Elle prit sa décision et commença à cuisiner.
Peut-être aurait-elle dû être un peu plus nerveuse qu'elle ne l'était ce matin, étant donné qu'elle risquait de croiser Regina – elle était sûre qu'elle l'aurait été davantage si son corps ne continuait pas à trembler à cause de son presque orgasme de la nuit dernière. Au moins, ce qui s'était passé avait eu un côté positif.
Elle commençait tout juste à faire le café lorsqu'elle sentit un frôlement aérien sur la peau de son avant-bras.
Emma serra les dents, et malgré la présence de ses parents qui venaient d'entrer dans la pièce en traînant des pieds, elle répondit à voix basse :
- Tu… Je… Tu n'es pas en position de venir me parler !
Le toucher effleura son épaule, en pressant légèrement.
- Uh huh. T'as intérêt d'être désolé.
Deux tiraillements sur son oreille.
Sa frustration atteint son paroxysme, et elle fourra la carafe à café dans la machine avec plus de force que nécessaire.
- Tu sais quoi ?! J'ai un truc à te dire, bordel de merde.
Elle passa près de sa mère et d'Henry, qui leva les sourcils. Elle s'excusa rapidement, et disparut dans sa chambre.
Dès qu'elle fut seule, elle alla droit au but.
- Tu es là ?
Un tiraillement.
- Putain, je te jure que c'est pas le moment de faire le con, je suis pas d'humeur ! Qu'est-ce que tu m'as fait hier soir, bon sang ?
Elle attendit un moment, avant de se rendre compte qu'il ne pouvait pas répondre à la question.
- Ok, bon, ugh ! Est-ce que j'ai encore l'impression que mes genoux vont me lâcher à cause de – la magie que tu utilises ?
Deux tiraillements.
Emma avait voulu poser la question suivante d'un ton penaud, mais son énervement rendit sa voix abrupte.
- Et, si je… euh… si je m'en occupais moi-même, est-ce que ça s'arrêterait ?
Un tiraillement.
- Vrai ? pleurnicha t-elle.
Un tiraillement.
- Est-ce qu'il est possible que tu dises ça juste parce que tu ne veux pas que je le fasse ?
Il y eut une longue pause, puis – deux tiraillements.
- Bordel de merde ! ragea Emma, incertaine elle-même de savoir si elle était sérieuse ou non lorsqu'elle gronda : Tu sais quoi ? Je reprends ce que j'ai dis. Je ne te parle plus pour le moment !
Elle sentit quelque chose tirer sur son épaule alors qu'elle se dirigeait vers la porte de sa chambre.
- Non ! dit-elle en battant l'air pour repousser ce qui la retenait. Putain, je suis tellement en colère contre toi.
Elle ébouriffa les cheveux d'Henry peut-être un peu trop vigoureusement sur le chemin de la cuisine, et recommença à préparer le petit-déjeuner.
- Ok, c'est prêt ! les appela t-elle quelques minutes plus tard en plaçant quatre assiettes sur la table.
Henry traversa l'appartement et entra comme une tornade, se léchant les lèvres et manquant de renverser une chaise sur son passage.
- Hé, gamin ! Calme-toi !
Il se contenta de lui offrir un sourire en coin et avala d'une traite la moitié de son verre de jus d'orange.
Emma venait de s'assoir lorsqu'elle entendit le bruit de quelqu'un qui toquait sèchement à la porte. Se dos se tendit. Peu importait lequel d'entre eux ce serait de toute façon, elle était surprise.
Elle se leva et marcha lentement jusqu'à la porte avant de l'ouvrir à la volée, sans hésitation.
Regina se tenait là, son bras tendus offrant une tasse de café fumante.
Emma plissa les yeux, mais au lieu de sentir une vague de colère comme elle s'y était attendue, elle devint anxieuse. Un mélange tellement complexe d'émotions apparaissait dans les yeux bruns qui la fixaient que ça en était vertigineux.
Regina jeta un regard noir à Emma qui restait immobile, et la tension monta rapidement. Après quelques instants, Emma posa lentement sa main sur le gobelet pour le prendre, mais Regina ne le lâcha pas. Leur regard se croisèrent et Emma comprit. Regina était en train de s'excuser. Emma leva les sourcils, amusée, et hocha légèrement la tête. Regina répondit avec le sourire franc auquel Emma s'était habituée, et la contourna pour entrer dans l'appartement.
- Bonjour, tout le monde.
- Regina ! s'exclama Mary-Margaret, la bouche pleine. Qu'est-ce que tu fais là ?
Regina lui lança un sale regard et cracha :
- Ta mère ne t'a jamais appris à ne pas parler la bouche pleine, Snow White ?
Mary-Margaret tressaillit et baissa ses yeux écarquillés et fuyants sur son assiette.
Emma renifla et fit le geste de s'essuyer le nez pour couvrir un rire qui essayait de s'échapper.
- Um, désolé. On n'a rien de prévu pour toi. Je, j'ai pensé que tu ne viendrais pas.
Regina haussa les épaules.
- J'ai déjà mangé. Mais merci, Ms Swan.
Emma hocha la tête et lui sourit timidement.
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Si Emma avait été surprise de trouver Regina devant sa porte ce matin là, elle fut carrément choquée de la voir apparaître sur le pas de son bureau au poste l'après-midi de la même journée, un sac en papier marron à la main.
- Regina ! s'exclama Emma en sautant hors de sa chaise d'un air coupable.
Durant la dernière demi-heure, elle avait fait exactement tout ce qu'elle n'était pas censé faire. Elle était sortie en douce fumer une clope pendant que son père faisait une ronde, puis elle était revenu s'assoir au bureau pour travailler – et n'avait réussi qu'à s'endormir comme une masse.
- Qu'est-ce que tu fais là ? s'enquit-elle ?
- C'est ce que tout le monde se demande aujourd'hui, on dirait.
- Désolé. Question merdique.
Regina se tira une chaise et s'assit en face d'elle, en croisant comme d'habitude ses jambes interminables. Emma ne put pas s'empêcher de remarquer qu'elle ne portait pas de collants, aujourd'hui. D'habitude, elle portait toujours des collants quand elle mettait des jupes droites.
- Tu as une mine affreuse, Emma. Qu'est-ce qui se passe ?
Les yeux d'Emma se détachèrent immédiatement des mollets de Regina, et elle prit un air coupable.
- Hein ? Rien du tout. Je suis juste, euh, fatiguée.
Regina plissa les yeux, et elle commença à sortir de la nourriture du sac.
- Tu m'as apporté à manger ?
Emma hoqueta à la vue des paninis tout chaud et des fruits qui apparurent devant elle.
- Tout le monde a besoin de manger.
Emma attrapa un des sandwichs et le renifla d'un air comblé.
- C'est à quoi ?
- Caprese Panini.
Sans plus d'hésitation, Emma le tira de son emballage et mordit dedans en gémissant.
- Mmmm. C'est trop bon.
Un spasme brûlant traversa son corps et elle se tut en plein milieu d'un grognement de plaisir. Apparemment, les contrecoups de ce putain de – d'évènement – de la nuit dernière étaient déclenchés par tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à des gémissements de plaisir charnel.
- Ça va ?
- Quoi ?
- Tu fais une tête bizarre.
Emma rougit.
- C'est rien !
Regina posa son sandwich dans un bruit sourd.
- Ça y est, j'en ai marre. Ça fait plusieurs jours que quelque chose ne va pas et j'en ai assez de faire semblant de ne rien remarquer. Qu'est-ce qui. Se passe.
Emma ouvrit la bouche pour protester, mais elle se rendit soudain compte qu'elle n'en avait pas envie. Regina avait peut-être des réponses, et son propre désir de connaître l'identité de la personne commençait à devenir plus fort que sa gêne.
- D'accord, d'accord, mais Regina, s'il-te-plait. Tu ne peux en parler à personne.
- Marché conclu, Ms Swan, répondit Regina en hochant la tête d'un air hésitant.
Regina avait à peine terminé sa phrase qu'Emma explosa :
- Il y a un toucher !
- Un quoi ? demanda Regina d'un ton impassible.
Emma rapprocha sa chaise du bureau pour pouvoir chuchoter.
- Je sais pas. C'est comme un putain de fantôme. Ça a commencé il y a quelques temps. J'en ai parlé à Gold et il a dit qu'apparemment, quelqu'un à Storybrooke utilise de la magie pour… (elle fit une pause pour faire gigoter ses doigts), me toucher.
Emma essaya de sourire, mais elle ne réussit qu'à lâcher un rire nerveux.
- Je vois, finit par dire Regina. Ça a commencé quand, exactement ?
- Au Pays Imaginaire.
- Et Rumplelstiltskin pense quand même qu'il s'agit de quelqu'un de Storybrooke ?
- Oui ?
- Je vois, répéta t-elle. Emma, quand tu dis que cette chose te touche, qu'est-ce que tu veux dire, exactement ?
Tout le corps d'Emma devint écarlate.
- Ben. Euh.
- Tu ne veux pas dire que – Emma !
- Je sais, je sais ! s'écria t-elle. C'est bizarre, je sais !
Regina se pencha légèrement vers elle, et Emma sentait sa respiration sur sa peau et l'odeur riche de son parfum. Elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour vérifier que personne n'était là pour entendre, puis siffla :
- Tu couches avec lui ?
- Non ! cria Emma en s'adossant brusquement au dossier de sa chaise, mécontente.
Les yeux de Regina s'ouvrirent grand sous le choc, et elle haleta :
- Mais tu en as envie.
- Ben ! se plaint Emma en croisant les bras. Je ne sais pas comment l'expliquer, Regina. Je sais que ça a l'air dingue, mais qui que ce soit, bon sang, il est génial !
- Quoi ?
Le visage de Regina se vida de toute expression.
- Je te jure. Je sais, tu dois penser que je suis folle, mais j'ai l'impression d'avoir appris tellement sur lui. Je n'ai jamais ressenti ça pour personne, et je ne l'ai même pas encore rencontré, bordel !
- Pas encore ? Tu, euh, tu penses que tu vas le rencontrer ? demanda Regina, l'air de rien.
- Pff, j'espère que oui, grogna t-elle. Je sens que je vais tuer quelqu'un, sinon. Tout ça…
Un frisson la parcourut lorsqu'elle se souvint de la nuit précédente.
- Regina. Peut-être que tu pourrais me renseigner sur…
- Sur quoi ?
- Essaye de ne pas me juger, ok ? J'ai jamais couché avec cette – personne, mais c'était pas loin de se faire.
- Ah oui ? demanda Regina en fixant Emma, captivée clairement, elle était très intéressée par ce ragot.
- Euh, ouais. La nuit dernière, il a, bon sang, j'en sais rien. C'était comme s'il m'avait enveloppé dans une sorte de champ magnétique sexuel ou un truc comme ça. Je sais pas, mais putain – j'étais à deux doigts de… Je sais pas, j'ai jamais ressenti ça avant.
Elle expira longuement et passa une main dans ses cheveux.
- Pourquoi, euh, pourquoi est-ce que tu n'as pas… tu sais ?
- Parce que ce con s'est arrêté ! hurla t-elle. Putain, j'étais à deux doigts d'un orgasme tellement fort que j'étais même pas sûre que mon corps pourrait le supporter, et il s'est juste barré !
- Vraiment ? haleta Regina, un peu hors d'haleine, en renversant sa bouteille d'eau qui faillit se vider sur le bureau.
- Mais oui ! Je ne sais pas pourquoi ! Tu penses qu'il ne peut pas faire ça à moins d'être là en personne ?
Regina y réfléchit un instant.
- Tu dis que tu n'as aucune idée de qui ça peut être ?
- Non ! s'écria Emma.
- Alors je pense que peut-être il n'a pas voulu faire quelque chose qui pourrait te déplaire. Ce n'est pas comme si vous aviez pu en discuter.
- Impossible. J'étais littéralement en train de le supplier ! Crois-moi, j'en avais envie – ce qui est toujours très bizarre en sachant que, tu sais, je n'ai aucune idée de son identité. Oh non, est-ce que ça fait de moi une salope ? Parce que, je te jure, j'ai vraiment l'impression en couple avec quelqu'un que je ne peux pas voir ! Je ne suis pas juste en train de me jeter sur quelque chose, enfin quelqu'un, de complètement aléatoire sans même savoir qui c'est.
Regina afficha un grand sourire, clairement amusée.
- Est-ce que tu as pensé à lui dire ce que tu voulais exactement ?
- Non ! Parce que ce que je voudrais vraiment, c'est avoir une vraie relation avec cette personne, bordel.
Regina hésita, perdue dans ses pensées.
- Mais, si jamais tu ne rencontrais jamais cette personne…
- Bon sang, ne dis pas ça !
Elle se frotta vigoureusement le visage. C'était juste impossible de considérer ça comme une option. Elle reprit :
- Enfin, j'imagine que si c'est tout ce que je peux avoir – ouais, je prends. Mais je veux tellement, tellement savoir qui c'est !
Elle prit une grande inspiration.
- Enfin bref, ce que je voulais savoir, c'est…
Elle s'interrompit en remarquant les joues rougies de Regina.
- Ça va ?
- Quoi ?
- Est-ce que ça va ?
- Um, bien sûr. Pourquoi tu demandes ?
- Tes joues sont vraiment rouges. Tu as chaud ?
- Toi non ?
Emma haussa les épaules.
- Bref, j'ai pas réussi à dormir, du coup. C'était comme si j'étais sous tension toute la nuit, um, si tu vois ce que je veux dire. Est-ce que c'est – normal ?
Les lèvres de Regina s'étaient entrouvertes en l'écoutant, et elle sursauta légèrement avant de répondre.
- Honnêtement, Emma, je n'en sais rien. Je pense.
- Je, euh…
Emma se demanda si Regina savait à quel point elle s'était rapprochée d'elle.
- Je ne peux pas m'empêcher de penser que si je… tu sais quoi –
- Quoi ?
- Ben, tu sais.
- Quoi ? Oh !
- Ouais, que si je – tu sais quoi – ce soir, je me sentirais mieux. Je veux dire, bon sang, j'ai l'impression que ma peau est en feu depuis ce matin !
La respiration de Regina souffla sur les lèvres d'Emma et un feu furieux et licencieux se déchaîna à travers elle. Emma dut reculer et s'adosser contre le dossier de sa chaise, estomaquée par la réaction de son corps.
Oui, Regina était une femme méchamment sexy, et si elles n'avaient pas été à Storybrooke elle aurait été à ses pieds, mais entre elles ça n'avait jamais été… comme ça.
Regina cligna des yeux, et son regard s'éclaircit.
- Oh, je ne sais pas, Emma. Je veux dire, je n'ai jamais vécu ça, mais j'ai l'impression qu'avec de la magie comme celle là – se masturber ne ferait qu'empirer les choses. Imagine, vu ce que tu m'as dis, que la magie puisse t'empêche d'atteindre l' – de finir. Ou qu'un org – que ça double les effets ? Si j'étais toi, la prochaine fois que le toucher, comme tu l'appelles, vient te voir, je lui ferai comprendre de manière très claire que je voudrais…
- Jouir. De préférence avec lui, l'interrompit Emma, avant de rougir.
Regina retint visiblement un sourire narquois.
- Exactement. Et je dirai même…
- Oui ?
Regina se pencha vers elle, à quelques centimètres de ses lèvres.
- Supplie-le.
Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Je vous préviens dès maintenant, je ne pense pas pouvoir publier le prochain chapitre demain, je vais avoir une journée assez chargée... Mais mardi au plus tard, vous aurez la suite !
