Salut tout le monde ! Chose promis, chose due, voilà le quatrième chapitre de Phantom Touch ! Je vous remercie encore pour toutes vos reviews, ça me fait toujours super plaisir et je suis contente que le dernier chapitre vous ai plu ! J'aimerai vous en dire plus, mais j'ai toujours peur de vous spoiler des trucs importants, alors je me tais et je vous laisse à votre lecture :) Attachez vos ceintures c'est parti !
Le reste de sa journée fut une véritable torture. Au moindre frottement de son jean contre sa cuisse, elle avait l'impression d'être consumée par un feu érotique. Chaque fois qu'elle sentait un parfum ou une eau de Cologne, son cœur s'accélérait. En zappant à la télévision avant d'aller se coucher, elle tomba sur une scène d'amour dans un film, et ça suffit à lui faire tourner la tête elle frottait ses jambes l'une contre l'autre comme un chien mal dressé.
Il y avait une chose qu'elle voulait vraiment faire avant de céder. En entrant dans la salle-de-bain, elle déclencha la douche et tourna le robinet pour que l'eau soit glacée. Elle commença à retirer son t-shirt, mais – elle jeta un regard rapide par-dessus son épaule bien sûr, il n'y avait personne.
- Tu es là, hein ?
Le toucher ne tira pas sur le lobe de son oreille, mais elle sentit un effleurement très léger au niveau de son ventre. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire.
Emma défit lentement le bouton de son jean. Fière d'elle, elle sourit de plus belle, baissa sa braguette, et attendit.
Des doigts remontèrent le long de son ventre.
- Tu peux m'aider ?
Deux tiraillements aériens sur son lobe.
Elle attendit, mais rien ne se passa.
Comprenant le message, Emma sourit d'un air narquois et, lentement, d'un air faussement timide, elle enleva son t-shirt en secouant la tête pour libérer ses cheveux.
Elle retira ses chaussettes, et souriant d'un air diabolique, elle commença à faire rouler ses hanches, faisant descendre son pantalon centimètre par centimètre et révélant qu'elle ne portait pas de culotte.
Comme la nuit dernière, la pièce se remplit peu à peu d'une tension électrique. Emma haussa un sourcil lorsque, sans surprise, les caresses du fantôme commencèrent à masser l'arrière de ses cuisses. Elles laissaient une trace brûlante et glacée sur leur passage.
- C'est tout ce que tu auras tant pis pour toi, haleta Emma en se plaçant sous le jet d'eau froide.
Elle se retint de crier, et toute la tension sexuelle se dissipa dans l'air.
Jusqu'à ce qu'elle ressorte.
Elle sortit de la douche, ses pensées fixées sur Regina et sur la conversation qu'elles avaient eue cet après-midi. Regina s'était bien amusée pendant cette petite discussion, hein ? En même temps, Emma imaginait qu'elle ne participait pas à beaucoup de jacasseries entre filles. Elle n'arrivait pas à croire à quel point elle avait été franche, par contre. Qu'est-ce qui lui avait pris ?
Elle se sécha mais resta nue, et entra dans sa chambre à la recherche de son pyjama.
Au moment où elle s'approcha de son armoire, elle sentit le toucher agripper son épaule et la tirer en arrière.
Amusée, Emma jura en trébuchant à travers la pièce jusqu'à tomber lourdement sur son lit.
- Tiens, salut. Tu avais besoin de quelque chose ?
Des doigts doux et angéliques lui effleurèrent les lèvres, et Emma sourit. Elle adorait quand il faisait ça.
Elle savait à quoi s'attendre – une répétition de la nuit précédente. Est-ce qu'il allait encore disparaître ? Est-ce qu'il avait le choix ? Peut-être que la magie qu'il empruntait n'était pas assez forte pour – ça.
Elle attendit qu'il fasse le premier geste, et fut surprise de ne sentir qu'une caresse aérienne le long de sa joue. Pensive, Emma pencha la tête contre la caresse et sentit une pointe de tristesse la traverser en ne rencontrant que du vide.
Tendrement, du bout des doigts, le toucher couvrit ses yeux, et Emma obéit, complètement nue sous le regard inquisiteur de cet étranger anonyme.
Elle soupira profondément, et se contenta de ressentir les touchers et les caresses contre sa peau, dans ses cheveux, sur ses lèvres. Il prit son temps, donnant à chaque partie de son corps une attention particulière, depuis le bout de ses doigts jusqu'à ses orteils, et lentement, somptueusement, Emma sentit son corps s'enflammer, répondant à son désir.
En se laissant aller à ressentir, elle commença à remarquer des choses auxquelles elle n'avait jamais prêté attention auparavant. Un parfum floral, mélangée à une odeur érogène de terre. Elle avait reconnu la forme vague des mains depuis le début, mais maintenant, elle devenait plus précise elle sentait des doigts minces, des ongles, peut-être même une bague. Et il y avait une aura – quelque chose d'indéfinissable mais de familier, et qui l'excitait profondément.
Peu à peu, les lèvres d'Emma s'entrouvrirent sous les caresses sensuelles, sa respiration s'accéléra lorsque les mains refusèrent de bouger plus vite.
Elle commença à se mouvoir avec elles, son cœur battant plus fort, et elle se mit à murmurer des suppliques presque silencieuses auxquelles le toucher répondit en effleurant ses joues et ses lèvres.
Elle voulait qu'il l'embrasse, et, oh, elle voulait tellement l'embrasser. Elle voulait sentir la chaleur d'un autre corps que le sien.
- S'il-te-plait, viens, supplia Emma en rouvrant les yeux et en se désespérant de la vue de son lit vide et solitaire. S'il-te-plait.
Les doigts fins repassèrent doucement sur ses yeux, glissant le long de son visage pour plonger dans ses cheveux pendant qu'un pouce délicat dessinait des motifs sur sa joue.
Ses yeux se fermèrent et la deuxième main descendit précautionneusement le long de son ventre ses doigts s'enroulèrent autour de ses poils pubiens et glissèrent dans ses plis trempés.
Ils la caressèrent une fois, deux fois, et Emma gémit lorsqu'ils la pénétrèrent.
Un cri exalté s'échappa de ses lèvres, et elle se concentra sur le pouce qui lui caressait la joue et sur le doigt qui bougeait lentement en elle. Chaque fois qu'il tournait, Emma s'éloignait un peu plus de la réalité, poussant des cris de plaisir de plus en plus fort, jusqu'à ce qu'elle bouge avec le toucher, incapable de pouvoir déterminer de quel côté se trouvait le nirvana et de quel côté se trouvait la terre.
La deuxième main descendit le long de son corps, et elle sentit une légère pression sur son clitoris.
- Putain ! s'écria t-elle, agrippant ses cheveux - comme si elle avait besoin de se retenir à une part d'elle-même pour l'empêcher de se mettre flotter dans l'air libre. Oh, s'il-te-plait, supplia t-elle.
A l'intérieur d'elle, elle sentit les doigts fantômes tourner de nouveau puis se tordre le long de ses parois internes.
Elle se mordit fort la lèvre pour s'empêcher de gémir, et son corps se tendit.
Délibérément, les doigts tournèrent et se tordirent une nouvelle fois. Les orteils d'Emma se courbèrent sur eux-mêmes.
- Putain…, elle se fit violence pour murmurer dans la chambre vide. Tu es vraiment très doué, comment tu peux être si doué ?
Les doigts tournaient, se pressaient, et une main aérienne jouait de nouveau avec ses tétons.
- Oh merde…
Elle – une minute… ses yeux s'ouvrirent d'un coup. Elle se débattit pour sortir lentement du brouillard de presque orgasme qui l'enveloppait.
- Attend ! cria t-elle en s'asseyant.
Les mains caressèrent ses épaules, ses joues, mais Emma n'y fit pas attention.
Elle connaissait ça. Elle connaissait cette sensation. Elle connaissait cette manière de faire l'amour… et ces doigts – c'était des doigts, pas un – l'aura, et la sensation de cette aura, tout prenait son sens, maintenant.
Elle eut la respiration coupée.
De la féminité. C'était une femme.
La toucher planait légèrement sur son corps, essayant de l'encourager à se rallonger, mais elle l'ignora.
Putain, c'était une femme, et – à Storybrooke, il n'y avait qu'une seule femme qui –
- Non !
Le toucher caressait doucement son oreille, poussant faiblement son épaule.
Bon sang, mais c'était impossible.
Ça avait commencé au Pays Imaginaire.
Non.
C'était forcément –
- Regina !
Le toucher disparut immédiatement.
Bordel de merde, elle était censée faire quoi, maintenant ? Est-ce qu'elle avait visé juste ? Son toucher avait complètement disparut à la seconde où elle avait dit le nom. Elle l'avait senti – sentie – senti – s'enfuir. Est-ce que ça voulait dire – Regina… putain… c'était vraiment Regina ?
Elle souffla un nuage de fumée de cigarette par sa fenêtre, puis laissa sa tête tomber contre le verre dans un bruit sourd.
Qu'est-ce qu'elle pensait de tout ça ? Elle n'en était pas sûre.
Regina était… sexy. Bordel, Regina était sexy, oui, mais… wow…
Regina n'était pas simplement belle c'était quelque chose qu'Emma avait appris ces dernières semaines, et ça n'avait rien à voir avec le toucher. Elle était gentille. Quelques temps auparavant, Emma n'aurait jamais imaginé dire ces mots, mais maintenant elle savait que c'était vrai. Elle était gentille – et elle était chaleureuse. Elle était aimante et douce. Elle était intelligente et incroyablement tenace. Mais si le toucher d'Emma, le toucher qu'elle aimait tant, appartenait à Regina alors elle aimait aussi faire l'idiote, elle était joueuse et polissonne. Elle était adorablement timide et affectueuse, et c'était une amante drôlement espiègle.
Alors, est-ce qu'elle contente si l'identité de son toucher secret s'avérait être Regina ?
Bien sûr qu'elle le serait.
Bon sang, elle serait chanceuse si Regina était son toucher, et pas Jefferson ou quelqu'un de déjà pris, comme Belle French.
Mais, et si ça avait juste été une coïncidence ? Des choses plus étranges étaient déjà arrivées. Des choses plus étranges lui étaient déjà arrivées, surtout dernièrement.
Elle repensa aux joues rouges de Regina lorsqu'Emma s'était demandé si elle devait se masturber, et elle dut tirer une fois de plus sur sa clope pour empêcher sa tête de tourner.
Non. Il n'y avait pas de doute possible. Le toucher était… Regina. Sur le moment, elle n'avait pas fait suffisamment attention pour remarquer son regard excité pendant cette conversation, et elle était loin de d'imaginer que ça puisse être Regina. Mais maintenant, en y repensant…
Regina.
Un sentiment d'excitation bouillonnait dans son ventre, et un sourire léger se dessina sur son visage.
Regina.
Regina.
Doucement, elle commença à fredonner.
Regina !
Ses épaules commencèrent à bouger en rythme, en accord avec la chanson, pendant qu'elle murmurait à voix basse « can't get enough of your love baaabe. »
Elle commença à taper doucement du pied sur le sol jusqu'à se tenir dans sa chambre, les hanches tremblantes, attrapant son téléphone.
Les écouteurs dans les oreilles, elle laissa la voix de Barry White remplir la pièce et elle explosa de rire, se perdant dans le sentiment de joie qui l'envahissait toute entière.
Ses hanches recommencèrent à bouger lentement, en rythme et sa tête à tourner légèrement, jusqu'à ce que, en plein milieu de la nuit et vêtue seulement d'une culotte, Emma Swan ne se mette carrément à danser.
La musique s'immisça peu à peu dans tous ses sens alors qu'elle sautait et se balançait, les bras levés au dessus de la tête.
Elle dansa dans toute la pièce, en utilisant son portable comme micro pour chanter silencieusement la chanson trébuchant sur les mots des passages qu'elle ne connaissait pas mais elle s'en foutait. Son miroir était son public et elle donnait tout ce qu'elle avait, sautillant et tournoyant en demandant à ses fans imaginaires « how can I explain – all the things I feel ? »
Donna Summers succéda à Barry White, en chantant « ooooooh, love to love ya babay » et finalement, épuisée, elle se jeta sur son lit en chantant silencieusement aux côtés de Billy Paul une chanson à propos de son aventure légendaire avec Mrs Jones.
Elle retira les écouteurs de ses oreilles et alluma une autre cigarette, se dirigeant de nouveau vers la fenêtre.
Bordel de merde, Regina.
Mais pourquoi elle ne lui en avait pas parlé ?
Son visage s'assombrit, éclipsant son soleil intérieur.
Elle aurait pu lui en parler.
Ouais ! D'ailleurs, pourquoi n'était-elle pas simplement venue la voir pour lui dire « Emma, c'est moi, je suis là. »
Elles étaient amies. Qu'est-ce que ça voulait dire, bon sang ? Est-ce que leur amitié signifiait si peu à ses yeux ?
Oh.
Elle se souvint.
« C'est parce que tu crois que je ne voudrais pas de toi. »
Comment Regina avait-elle pu être si stupide ? Quoi, elle avait eu peur parce qu'elle était l'ex Méchante Reine ? Parce qu'elles avaient été ennemies ? Regina ne serait pas la première personne à qui Emma ferait l'amour et qui lui avait auparavant mis un coup de poing dans la figure… ou vice-versa.
Regina n'avait aucune bonne raison valable de ne pas lui en avoir parlé, bon sang. Elle n'avait aucune raison de l'avoir fait marcher comme ça pendant si longtemps. Elle lui avait amplement laissé le temps de lui avouer son identité, putain !
Elle termina de fumer sa clope, songeuse.
Elle se brossa les dents et se mit au lit.
Elle avait quelques petites choses à dire à Madame le Maire.
Elle attendit longuement l'arrivée de Regina le matin suivant. Elle prépara le petit-déjeuner comme d'habitude, son pied tapotant impatiemment le sol, et attendit en vain jusqu'à se résoudre à emmener seule Henry à l'école.
Son absence ne fit qu'augmenter l'irritation d'Emma.
Qu'est-ce qu'elle allait faire, prétendre que la nuit dernière n'avait pas eu lieu ?
Oh, bien sûr. Emma comprit en mettant sa veste que oui, c'était exactement ce que Regina comptait faire. Elle allait se planquer jusqu'à la dernière minute.
Très bien. Elle savait exactement ce qu'elle allait faire, si c'était comme ça.
- Tu penses qu'elle est malade ? demanda Henry, les mains dans les poches, alors qu'ils marchaient.
Le portrait craché de sa mère.
- Non, gamin, je pense pas. Elle devait avoir quelque chose à faire, tu comprends ? Une affaire d'adulte.
Il fronça les sourcils comme si l'idée même d'une « affaire d'adulte » était un concept répugnant et avilissant.
- Ouais, ça doit être ça.
Les yeux d'Emma balayèrent la rue à la recherche de la coiffure impeccable de Regina ou de sa Mercedes noire, mais bizarrement, aucun des deux n'était présent dans les rues tranquilles de Storybrooke.
- Tu penses qu'elle viendra me chercher ?
- Tu veux qu'elle vienne ?
Il haussa les sourcils et afficha un grand sourire.
- Ouais.
- D'ac. Appelle-là à midi. Je suis sûre que ça lui fera plaisir. Vous pourriez aller manger chez Granny ?
- Et tu pourrais peut-être venir aussi ?
- Pas de soucis, gamin.
Elle tendit la main pour lui ébouriffer les cheveux, mais il l'esquiva en se recoiffant.
- 'Maaan !
- Oups. Désolé, mon grand. Je… euh, je te vois plus tard.
Elle hocha la tête d'un air faussement solennel et commença à remonter le long de la rue.
Elle s'alluma une clope sur le chemin pour déstresser, mais poursuivit sa route d'un pas déterminé jusqu'à Mifflin Street.
Regina avait intérêt à être là, ou elle irait sonner à tous les bâtiments de Storybrooke jusqu'à ce qu'elle l'ait trouvée, parole.
Pas question qu'elle se planque aujourd'hui.
La voiture noire n'était pas à sa place habituelle, mais Emma essaya quand même de toquer à la porte.
- Regina ?
Elle frappa poliment à la porte personne ne lui répondit.
- Regina ! cria t-elle en frappant plus fort. Hé ! Ouvre la porte !
- Je ne pense pas qu'elle soit là, Sheriff, l'appela depuis son jardin un petit vieux le voisin de Regina.
Il poursuivit :
- Je l'ai vue sortir tôt ce matin. Tout va bien ?
Les mains dans les poches et l'air coupable, elle fit un pas en arrière.
- Oui m'sieur ! J'essaie juste de la trouver, c'est tout. Désolé de vous avoir dérangé.
Il rit doucement.
- Oh, vous ne m'avez pas dérangé. Ce ne serait pas un mardi matin si personne ne venait tambouriner au 108 rue Mifflin en hurlant et en proférant des réclamations. Elle était reine, vous savez. Je suis juste content qu'il n'y ait plus de foule en colère. Les foules, ça piétine les fleurs.
Emma hocha la tête et se mordit la lèvre pour garder un air sérieux.
- Très bien, dit-il en lui faisant un signe de la main. J'espère que vous la trouverez.
Elle se dirigea vers Granny à grand pas, sentant son irritation monter, mais ni Granny, ni Ruby, ne l'avaient vue ce matin. Gold non plus, ni Belle ou son père, ni personne à la mairie.
Fatiguée, elle commença à descendre le long de la rue principale d'un pas tranquille, un sentiment mi-amusé mi-grognon papillonnant dans le ventre. Après tout ce qui s'était passé, elle n'arriver même pas à la trouver ? Putain, elle s'était bien cachée.
108 rue Mifflin, chez Granny, chez Mr Gold, la Librairie, le poste, la mairie… on était à Storybrooke, bordel, où d'autre pouvait-elle être ? L'hôpital ? Peut-être qu'elle devrait aller voir, juste pour vérifier.
Elle s'arrêta net.
Bien sûr.
Elle fit volte face et se dirigea d'un pas décidé vers le cimetière.
Quelle idée, d'avoir oublié ça.
Il n'y avait aucun signe de la voiture lorsqu'elle arriva, mais en même temps, Emma n'avait aucune idée de l'emplacement du parking pour cet endroit de la ville. Elle marcha sur les feuilles mortes et fit de son mieux pour ne pas les faire craquer sous ses pieds. Regina risquait de vouloir s'enfuir, et elle n'avait pas l'intention de lui en donner l'occasion. Elle pouvait disparaître dans un nuage de fumée avant même qu'Emma ne sache elle-même ce qu'elle venait faire ici.
Elle poussa les lourdes portes sans un bruit, et en effet, le cercueil avait été poussé et on pouvait voir l'escalier qui menait à la chambre forte de Regina.
En descendant les escaliers, elle aperçut Regina, assise, dos à la porte. De l'autre côté de la pièce, le grand miroir affichait le reflet de son visage bouleversé alors qu'elle se tordait les mains, perdue dans ses pensées.
- Regina ?
Les deux grands yeux sombres se levèrent sur le miroir, paniqués, et elle soupira :
- Merde.
- Uh, wow. Merci. C'est, euh, c'est sympa de te voir aussi.
Regina se leva et commença à rajuster ses vêtements, puis à ranger les étagères qui se trouvaient à proximité.
- Qu'est-ce que vous faîtes là, Ms Swan ? Tout va bien ? Henry est arrivé à l'heure à l'école ? J'avais pensé que vous sauriez vous en sortir toute seule.
Emma hocha la tête. Alors elle voulait jouer à ce jeu. Elle était légèrement fière d'avoir déduit ce que Regina allait faire juste à cause du fait qu'elle n'était pas venue au petit-déjeuner.
- Ouais, ouais. Tout va bien. C'est juste que tu n'es pas venu ce matin, et j'étais inquiète.
- Et bien, je vais bien, merci. J'avais juste quelque chose à faire.
- D'accord, répondit Emma en la regardant travailler.
Emma claquait légèrement les doigts et prenait son temps.
- Au fait, j'ai quelque chose d'intéressant à te raconter. Je me suis dis que j'allais te le dire, puisque, tu sais, on est amies et tout ça.
- De quoi s'agit-il ? demanda Regina en dépoussiérant minutieusement une petite bouteille en verre.
- Tu te souviens que je t'ai parlé de mon toucher, hier ? Cette chose super sexy et carrément géniale avec laquelle, en gros, je suis en couple ?
- Mmhmm, répondit-elle en attrapant une autre bouteille et en commençant à la frotter furieusement avec le petit chiffon qu'elle avait invoqué.
- Et ben, j'ai suivi ton conseil.
- Ah oui ?
- Oui, tu vois, je savais qu'il était avec moi la nuit dernière quand j'allais prendre ma douche, et je lui ai fait un petit strip-tease.
Les joues de Regina rosirent, mais elle resta silencieuse.
- Ça a bien marché, je crois, parce que, pfiouuu.
Regina toussa sèchement.
- Je crois que j'avais jamais senti des doigts aussi doués sur moi.
- Ah oui ?
La voix de Regina n'était qu'une pâle imitation de sa majesté habituelle.
- Ouais. Oh, et aussi, j'ai supplié, ricana Emma en s'approchant d'elle fatiguée de ce petit jeu. Elle n'a pas eu à rester longtemps en moi avant que je jouisse.
Les doigts de Regina tressaillirent, et la bouteille qu'elle tenait lui glissa des mains. Emma la rattrapa d'un geste leste, et la lui tendit.
- Merci, la remercia Regina en lui faisant un signe de tête. Donc il, euh, tu as enfin pu jouir, alors ?
- Ben, répondit Emma en haussant les épaules et en faisant claquer sa langue pas exactement, mais une minute de plus et ça aurait été bon.
- Oh. Et bien. Félicitation, Ms Sw-
Emma attrapa le bras de Regina, l'attira à elle et saisit son menton.
- Qu'est-ce que tu fabrique ? Lâche-moi !
Mais Emma resta agrippée à son visage, attendant que ces yeux sombres croisent les siens. Finalement, après un long moment et d'un air hésitant, Regina céda.
- Qu'est-ce que…
- Shhh !
S'assurant qu'elle la tenait fermement, Emma chercha dans ses yeux jusqu'à ce que, juste là ! Enfin, elle la trouvait, cachée entre le chagrin et la joie, cette lueur minuscule de culpabilité qui voulait tout dire. Enfin, elle avait sa preuve !
La raison et le cœur d'Emma réagirent alors de manière radicalement différente. Son cœur lui fit relâcher son emprise pour que ses lèvres puissent se ruer vers celles de Regina.
Cette dernière laissa échapper un petit cri de surprise, mais à la dernière seconde, alors que leurs lèvres se touchaient presque, sa raison lui hurla : « Je t'interdis de céder, Emma ! Qu'est-ce que tu veux ? La vérité ! Et tu la veux quand ? Tout de suite ! »
Les lèvres de Regina s'étaient entrouvertes, et dans ses yeux se lisait une peur vulnérable alors que son regard se portait tour à tour dans le regard d'Emma, puis sur ses lèvres. Même si elle désirait plus que tout franchir cette dernière distance, Emma se força à rester immobile.
- Pourquoi est-ce que tu ne m'en as pas parlé ?
- Te parler de quoi, exactement ? lui demanda le Maire d'une voix froide.
Emma ricana et la repoussa.
- Te fous pas de ma gueule, Regina. Je sais que c'est toi. Personne se serait barré aussi vite à la mention de ton nom.
- Oh, je n'en suis pas si sûre, Ms Swan. Mon nom pouvait faire très peur, il y a quelques temps.
- Regina…, répéta Emma, laissant sa phrase en suspens.
Le débat interne de Regina sembla durer des heures, jusqu'à ce que finalement elle n'explose.
- Et qu'est-ce que vous auriez voulu que je vous dise, Ms Swan ?
- Oh, arrête avec tes conneries de Ms Swan, Regina. Tu m'as vue à poil. Tu as littéralement pénétré à l'intérieur de mon corps. J'étais Emma au Pays Imaginaire, avant que tout ça ne commence, et je suis toujours Emma aujourd'hui !
Le visage de Regina s'enflamma et elle trébucha, surprise par les mots francs d'Emma.
- Très bien.
- Super. Génial, répliqua sèchement Emma.
Un silence tendu s'installa, Emma faisant les cent pas et Regina la suivant des yeux.
- A quoi ça servait, Regina ?, finit pas hurler Emma, sa voix semblant monter le long des murs avant de retomber sur elles.
Regina s'assit sur une chaise et croisa les jambes.
Des collants. Evidemment, aujourd'hui, elle portait des collants.
Bordel, Emma adorait les collants.
Alors que Regina réfléchissait à sa réponse, Emma observa sa vulnérabilité à fleur de peau disparaître peu à peu, ne laissant plus paraître qu'un masque de contrôle. Regina écarta les bras le long des murs en pierre qui se trouvait derrière elle, les yeux provocants, furieux, défiants :
- Avant que les deux crétins n'enlèvent notre fils, je n'arrêtais pas de, disons, de repousser au lendemain. Ce n'était… (elle marqua une pause pour réfléchir), ce n'était jamais le bon moment. Ensuite, on s'est retrouvés sur cette foutue île ensemble, et j'ai été obligée de regarder J'ai-des-problèmes-avec-mon-père et Hedwig-le-pirate-en-colère entrer en compétition pour obtenir ton attention. Et j'ai pensé que j'allais faire la même chose.
Elle haussa les épaules avant de continuer :
- A ma façon. Au début, ça devait être innocent, mais ensuite c'est devenu – intéressant.
- Umhmm.
Tout ça ne faisait pas décolérer Emma à propos du fait qu'elle avait passé des semaines à voir Regina tous les jours sans qu'elle ne lui avoue jamais la vérité. Elle avait été la seule confidente d'Emma !
- D'accord. Et c'est tout ?
Regina lui jeta un regard noir, et Emma se demanda si elle savait qu'Emma voyait clair dans son jeu. Comment pouvait-elle obliger à faire sortir Regina de sa carapace ? Elle avait vu la mascarade s'effondrer lorsqu'elle l'avait attrapée par le bras, mais elle ne pensait pas que ça fonctionnerait une deuxième fois. Donc – elle devait lui dire qu'elle ne rentrerait pas dans son jeu. Elle allait le lui dire et voir ce qui allait se passer. Personne n'osait jamais confronter Regina quand elle montait un bateau.
- Tout ça, dit Emma en faisant avec son doigt un huit approximatif en direction de Regina, c'est des conneries. Ce que tu es en train de faire, là – conneries. Et j'ai pas le temps pour ça. Nope. La petite prestation que tu es en train de faire – ça ne marche pas. Je ne veux pas de ton masque, Regina. Je te veux, toi.
Regina haussa les sourcils, mais resta silencieuse.
- Ok. Je vais te dire. Quand tu auras vraiment envie d'essayer, tu n'as qu'à venir me trouver. Si tu es chanceuse, je ne t'obligerai pas à me supplier.
Elle tourna les talons, et remonta rapidement les escaliers, le cœur battant dans la poitrine.
Emma sortit dans l'air frai d'automne, et commença à se diriger vers la ville, marchant de nouveau sur les feuilles mortes.
Elle connaissait la vraie personnalité de Regina, la chair tendre sous la carapace froide, et avec un sourire en coin, elle se dit qu'elle la reverrait très bientôt.
Elle se contenterait d'attendre, et –
Le vent souffla plus fort, faisant voler les cheveux d'Emma sur son visage, et elle sentit très clairement trois doigts la pincer fort sous les fesses.
S'attendant à tout sauf à ça, elle sauta à un kilomètre de hauteur au moins.
Agitant les bras dans tous les sens, exaspérée, elle hurla en direction du ciel :
- Putain, mais meuf !
Depuis le cimetière, derrière elle, elle entendit un rire enroué.
Et c'est tout pour aujourd'hui ! J'espère que le prochain vous plaira, il arrivera demain ou après-demain ! Probablement demain soir though. Je vous rappelle qu'il y a 10 chapitres en tout, il en reste donc encore 6 ! Bisous à tout le monde et merci de votre fidélité :)
Une demi heure plus tard : En fait, je me suis dit que ça doit être assez pénible de pouvoir lire qu'un chapitre à la fois... A partir de maintenant, j'essaierai de publier mes chapitres deux par deux, comme ça vous aurez pas trop l'histoire en découpé ! Du coup, demain, normalement, chapitre 5 et 6 !
