Coucou tout le monde ! Voilà le nouveau chapitre ! Vous avez été nombreux/ses à vous demander ce qui allait se passer maintenant qu'Emma est au courant de l'identité du toucher... mais je pense qu'aucun de vous n'avait pensé au petit détour que nous allons faire ! Merci encore à tous pour vos reviews, c'est toujours chouette d'avoir des retours ! On se retrouve à la fin du chapitre, bonne lecture !
Elle avait une épine qui lui piquait les fesses… une épine qui était en train de rentrer dans un des endroits les plus intimes de son anatomie, et elle était presque sûre que si elle ne faisait pas attention, elle allait choper une infection vénéneuse insolite dans un endroit… et bien… dans un endroit où elle n'avait pas envie d'avoir à appliquer de pommade à l'arnica.
Etait-elle vraiment tombée aussi bas ? La Méchante Reine en était-elle réellement réduite à s'accroupir sur le sol – comme elle était en train de le faire – dans un foutu buisson – tout ça pour faire – elle ne savait même pas ce qu'elle était en train de faire, bon sang. Séduction ? Réconfort ? Sexe ? Elle n'en savait rien ; peu importe le nom qu'on pouvait donner à ce qu'elle faisait à Emma Swan – la Sauveuse, bon sang – en se cachant dans un bosquet – avec une épine qui lui piquait les fesses.
Fantastique.
Mais qu'est-ce qu'elle pouvait faire d'autre ?
Emma Swan était en train de pleurer. Est-ce qu'elle était censée faire comme si elle ne l'avait pas vu ? D'ailleurs, comment se faisait-il qu'elle soit la seule à l'avoir remarqué ? Les deux hommes qui se battaient ouvertement pour Emma ainsi que ses parents se trouvaient à quelques pas de là, et pourtant elle avait l'impression d'être la seule à faire preuve de discernement.
Bien sûr, Regina savait pourquoi Emma Swan – La Sauveuse – cette femme sérieuse et adorable en toute circonstance – était en larmes ce soir.
Emma avait tout donné, aujourd'hui. Lorsqu'ils étaient tombés d'accord pour coincer le garçon perdu, Regina était persuadée que leur petit plan idiot ne pourrait jamais fonctionner. Evidemment que ça ne marcherait pas, la loyauté du garçon envers Pan ne disparaîtrait pas à la vue d'un simple bout de chocolat. Elle avait failli argumenter, mais argumenter avec les Charming était… pénible et souvent vain, elle avait donc laissé tomber ; elle savait qu'ils se rendraient compte de leur erreur bien assez tôt. Ils s'étaient cachés jusqu'à ce que le garçon tombe dans leurs filets, puis, de sa voix la plus douce, Regina lui avait offert une barre du chocolat préféré d'Henry.
Elle avait eu du mal à rester concentrée, et elle avait failli manquer le signal pour faire apparaître le chocolat. Emma était tellement… distrayante quand elle était passionnée par une cause, et même si Regina n'était pas sûre que ce qu'elle disait était complètement vrai, elle avait fait de son mieux pour se tenir à ses côtés - un support solide auprès de son amie-mais-pas-tout-à-fait.
A un moment, elle avait presque cru qu'ils allaient réussir à faire flancher le garçon, mais, comme l'avait prédit Regina, il avait finit par balancer au loin la sucrerie – la rendant immangeable – et leur faisant perdre leur temps en répétant qu'Henry était devenu mauvais – vicieux.
Elle n'avait pas eu le choix.
Ça ne voulait pas dire que son action avait été simple à accepter pour Emma, surtout qu'à entendre Snow, on aurait dit qu'elle allait faire quelque chose d'horrible.
Elle n'allait pas le tuer non plus, ce garçon, et comme pouvait en témoigner tout le monde, son plan avait réussi.
Ils avaient pu parler à Henry.
Il savait qu'elles étaient là.
Mais maintenant… Emma Swan était en train de pleurer.
Elle se repositionna sur ses pieds, essayant de se retenir de grogner quand l'épine bougea et s'enfonça dans sa cuisse, essayant de lui sucer le sang.
Tout ça était – très inconvenant pour une Reine.
Mais lorsqu'elle entendit un nouveau sanglot provenant d'Emma, qui s'était recroquevillée en position fœtale, l'agacement de Regina disparut.
Elle avait juste envie de sortir de sa cachette et d'aller la voir – mais elle ne pouvait pas faire ça. Regina était la dernière personne qu'Emma voudrait voir en ce moment. Au lieu de ça, elle lui jeta un coup d'œil, plissant les yeux sous la lumière du crépuscule, et contracta prudemment sa main.
Elle soupira lorsqu'elle sentit le dos tremblant d'Emma sous ses doigts.
Emma sursauta, et Regina dut se couvrir la bouche pour s'empêcher de rire.
- Hey, salut, murmura Emma, si bas que Regina put à peine l'entendre.
Elle laissa le toucher tendre de Regina la tirer sur le dos et rit d'un rire faible quand Regina sécha une de ses larmes.
- Je suppose que si tu étais réel, je serai gênée que tu me surprennes dans cet état, mais puisque – je suis probablement cinglée, ou tu es, j'en sais rien… genre… un fantôme ou… Le Lapin de Pâques ou quelque chose comme ça, j'imagine que je n'ai pas besoin de l'être.
Regina pressa doucement sa main, puis se mit au travail, et commença à masser les tempes d'Emma. Elle aimait bien cette nouvelle avancée ; Emma qui lui parlait – qui parlait au toucher.
- Hmmm, ça fait du bien. J'ai mal à la tête depuis ce matin. Est-ce que la magie de quelqu'un d'autre peut donner mal à la tête ? Je pense que la magie de Regina est trop forte pour moi. Ou peut-être que j'y suis allergique. C'est possible d'être allergique à la magie de quelqu'un ?
Les lèvres de Regina tressaillirent. Si Emma savait à quel point elle n'était pas allergique à sa magie…
Emma se tut un instant, puis soupira longuement. Les doigts de Regina marquèrent une pause, et Emma sembla comprendre de message.
- Je suis juste – inquiète. Je suis tellement inquiète pour Henry. Il pense peut-être qu'on ne l'aime plus. Et ce gamin. Est-ce que ça va aller pour lui ? J'ai eu la trouille de demander à Regina ce qu'elle allait faire de son cœur.
Regina fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'elle voulait qu'elle en fasse ?
- J'imagine qu'elle va le lui rendre, ou, je sais pas – bon sang, à entendre ma mère – Mary – Sn – Ma – uh, peu importe - à l'entendre, on aurait crû que Regina allait le bouffer.
Emma gloussa.
- Enfin, je pense pas qu'on ait à s'inquiéter de ça.
La note de confiance surprenante qui teintait la voix d'Emma la laissa songeuse. Comment se pouvait-il qu'Emma soit si sûre des intentions de l'ancienne Méchante Reine ?
Regina se perdit dans ses pensées, laissant ses doigts jouer furtivement sur la peau d'Emma. D'où venait cette soudaine confiance ? Pourquoi avait-elle toujours l'impression qu'Emma la connaissait – la comprenait comme personne d'autre ne pouvait le faire ? C'était vrai, elle avait en effet prévu de rendre au garçon son cœur. Elle – elle essayait de changer… pour Henry.
Un éclat de rire attira son attention. Levant les yeux, elle vit qu'Emma gigotait un peu, les joues rosies, comme si elle essayait de se retenir de faire du bruit.
Un sourire étira les lèvres de Regina. Elle s'était mise à chatouiller Emma sans s'en apercevoir, ses doigts se promenant à quelques centimètres de sous ses bras. Intentionnellement cette fois, elle la chatouilla de nouveau, provoquant un cri perçant et un rire étrangement féminin. Regina aimait… énormément ce son.
- Attention, mon pote, la prévint Emma. Tu es sur une pente glissante, et je ne sais toujours pas si je suis d'accord ou non avec ce qui…
Elle s'interrompit pour s'éclaircir la gorge.
- … avec ce qui s'est passé la dernière fois.
Regina se figea sur place et sentit une vague de chaleur envahir son entre-jambe. La dernière fois ? La dernière fois, elle avait, et bien, elle était allée trop loin – tout comme la fois d'avant – et celle d'encore avant – quand elle avait touché Emma. Elle n'était pas fière de ses actes, ni de son manque de retenue, mais – la pression licencieuse grandit entre ses cuisses – est-ce qu'Emma voulait dire qu'elle avait trouvé ça excitant ?
La chaleur, l'humidité et l'excitation s'emparèrent de sa bouche.
Peu importe qu'elle ait trouvé ça excitant ou non.
Regina s'était promit que ça n'arriverait plus.
Ce n'était pas juste envers Emma.
Emma avait le droit de savoir qui elle était.
Ses doigts chatouillèrent le même endroit, et Emma se remit à rire.
Non. Elle n'allait pas le faire. C'était ridicule. Elle n'avait pas besoin de savoir à quel endroit exactement se trouvait le point sensible qui la ferait rire aux éclats.
Ses doigts remontèrent le long de son épaule, et Emma soupira, profitant de nouveau du massage.
Si elle voulait vraiment recommencer à toucher Emma comme ça, elle devait sortir de ce buisson épineux et étouffant pour aller la confronter.
Elle ne s'abaisserait pas à rester cachée pour faire l'amour à cette femme terriblement attirante en secret.
Ses doigts redescendirent, effleurant la courbe des seins d'Emma, puis ses côtes. Emma hoqueta et étouffa une inspiration haletante.
Regina sentit son corps se tendre, son cœur battant jusque dans son clitoris soudain très sensible, et elle laissa échapper un petit cri de surprise. Oh, bon sang. Pourquoi s'était-elle laissé aller à recommencer ?
Emma riait joyeusement en s'excusant, mais Regina ne l'écoutait pas, trop occupée à réajuster son pantalon pour qu'il ne la serre pas tant.
Elle allait arrêter tout de suite. Hors de question que ça se termine comme la dernière fois – ou les fois d'avant.
Oh, comme elle aimerait pouvoir inverser le sens du sort. En l'inversant, elle pourrait elle aussi sentir chaque toucher, chaque sensation de plaisir qu'Emma éprouvait lorsque ses doigts traçaient secrètement les lignes de son corps, mais –
NON !
Il était hors de question qu'elle recommence.
- … Je crois qu'en fait, j'ai bien aimé.
Immédiatement, l'attention de Regina se focalisa de nouveau sur sa presque amante. Qu'est-ce qu'elle venait de dire ? A propos de la dernière fois qu'elle avait perdu le contrôle et s'était laissée aller à exprimer son affection très secrète pour la jeune blonde ?
Est-ce qu'elle venait de dire qu'elle avait aimé ça ?
Emme devait sentir sa surprise, car elle devint soudain toute gênée.
- Je ne sais pas si c'est normal d'avoir aimé ça enfin, dans un sens, les fous aiment probablement leur folie, non ? C'est juste que – je veux dire, c'était… bon.
Bon sang. Regina sentit son niveau de désir monter un peu plus. Ses doigts descendirent lentement le long du corps d'Emma, en effleurant sa peau.
Emma sursauta et se couvrit le visage pour cacher ce que Regina savait être un rougissement adorable.
- Euh, ouais. Comme ça.
La concentration de Regina se focalisa sur un seul but. Elle contracta sa main et ferma les yeux, laissant la sensation de la peau chaude contre ses doigts l'envahir. Lentement, en prenant son temps pour le plaisir de la jeune femme comme pour le sien, elle fit glisser un de ses doigts sur le petit sein d'Emma et commença à faire des cercles autour de son téton qui durcissait rapidement.
Emma haleta.
Regina ferma les yeux pour se concentrer. Elle voulait aplanir sa main. Si elle y arrivait, elle pourrait prendre en coupe le sein d'Emma, sentir son téton se raidir contre sa peau - mais elle ne pouvait pas faire ça. Emma se rendrait sûrement compte-
Enfin, peut-être qu'elle s'en était déjà rendu compte.
Elle caressa le ventre d'Emma de ses doigts et savoura le gémissement qu'elle provoqua.
Oh, oui.
- Oooh, soupira Emma en s'étirant, le corps tout en longueur, envoûtant.
Elle poursuivit :
- J'avais oublié à quel point ça faisait du bien d'être touchée après une journée stressante.
La respiration de Regina fut coupée.
- Même si tu es juste dans ma tête, comme, j'en sais rien, un genre de placebo sexuel, c'est… boooooon.
Seigneur. Regina était mal barrée.
Comment était-elle censée s'arrêter quand Emma disait ce genre de choses ?
Ce foutu bateau volant lui donnait le mal de mer… ou le mal de l'air ? Ou peut-être le mal de Storybrooke.
Elle n'en savait rien, mais en tout cas la vue de son fils et de la magnifique jeune femme blonde en train de descendre du bateau était suffisante pour la rendre malade. La ville acclamait ses héros, et tout ce que Regina arrivait à penser, c'était : « c'est fini ». Elle avait construit une sorte de relation avec Emma - inhabituelle et secrète, certes, mais qui leur avait appartenu rien qu'à elles. En voyant les gens qui auraient dû faire parti de sa famille à elle se faire embrasser par la très pénible et très verbeuse Granny, Regina sut que c'était terminé, et qu'elle avait échoué.
Elle avait peut-être réussi à détourner l'attention d'Emma des deux idiots qui se battaient pour elle, mais elle n'avait pas pour autant attiré son attention sur elle. Elle ne lui avait pas révélé ses sentiments…, et maintenant, il était trop tard.
Maintenant…
Maintenant, Regina redevenait invisible.
Elle observa la foule alors que les Charming débarquaient. Elle observa la foule, et la manière dont leurs yeux passèrent de Snow et David à Rumplestiltskin en glissant sur elle comme si elle n'était même pas là.
Elle grimaça et fourra ses mains dans les poches de son long manteau.
Elle n'aurait jamais cru voir un jour le sournois et vicieux Rumplestiltskin avoir quelqu'un pour l'accueillir avec une étreinte chaleureuse et un baiser de bienvenue pendant qu'elle demeurait seule, sur le côté, oubliée de tous. Bon sang, si même lui pouvait avoir sa fin heureuse, pourquoi ne le pouvait-elle pas ?
Un des nains – Winky ou Sunshine ou quelque chose comme ça – lui lança un coup d'œil gêné, et eut le réflexe de s'éloigner légèrement d'elle. Au bon vieux temps, elle aurait grondé, essayant de voir si elle pouvait le faire fuir encore plus loin, mais elle se contenta de détourner les yeux, espérant éviter son regard.
La foule autour d'elle s'embrassait et versait des larmes de joie, et elle s'appuya un peu plus contre le bateau. Pouvait-elle partir ? Pourquoi devrait-elle rester, après tout ? Elle avait besoin d'une longue douche.
Non. Elle n'avait aucune raison de rester.
Mais pourtant elle devait rester - partir attirerait l'attention sur elle. Elle resta donc là, étudiant ses ongles et attendant que tout ça se termine.
Depuis quand sa vie ressemblait-elle à ça ?
- Et nous lui devons énormément. Regina nous a aidés à sortir de là vivant.
Elle leva les yeux, surprise, et constata que tous les regards étaient fixés sur elle, certains choqués, d'autres heureux, et la plupart d'entre eux, méfiants.
Son cœur se mit à battre plus vite quand une paire d'yeux verts qui lui manquaient déjà se posèrent sur elle. Emma lui sourit, un sourire juste pour elle, et Regina ne sut pas si elle avait envie de pleurer ou de sourire en retour.
Puis, Emma vint se placer à ses côtés et Regina put de nouveau respirer normalement.
Nom de Dieu, comment allait-elle retourner à la vie de Storybrooke, dans laquelle elle ne voyait Emma qu'en tant que Sheriff ou deuxième mère d'Henry ?
Elle ne pensait pas pouvoir recommencer ça, recommencer cette vie sans le toucher. C'était le seul moyen pour Regina d'être proche d'Emma – et elle avait besoin d'être proche d'Emma, étant donné qu'elle était, après tout, profondément, irrévocablement, douloureusement amoureuse d'elle.
Aha ! Je parie que vous ne vous attendiez pas à ça, hein ? Certains d'entre vous se sont demandé pendant les premiers chapitres ce qui pouvait bien se passer dans la tête de Regina pour avoir élaboré un plan séduction comme ça, voilà un début de réponse ! On se retrouve au prochain chapitre :)
