Me revoilà tout de suite, parce que comme prévu, je publie maintenant mes chapitres deux par deux ! J'espère que le chapitre précédent vous a plu, on continue avec un POV Regina !
Oh, Regina aimait tellement les petits cris étouffés, les légers gémissements et les longs soupirs que pousse une femme quand elle prend du plaisir. Elle aimait la manière dont sa respiration se coupait lorsqu'elle haletait, les lèvres entrouverte. Mais ce que Regina aimait par-dessus tout, c'était être la cause de tous ces tourments.
Elle attrapa sa lèvre inférieure avec ses dents, mordit, et se fit violence pour rester immobile alors qu'elle désirait au contraire danser, onduler, et se frotter contre le premier objet venu comme une chatte en chaleur.
Elle tendit de nouveau la main, traçant le contour du téton d'Emma. Elle haussa les sourcils. Elle faisait toujours attention, très attention, mais là, Emma était endormie. Est-ce que ce serait si mal si – elle ouvrit complètement la main, prenant tout le sein d'Emma en coupe, taquinant son téton.
Elles gémirent d'une seule voix.
A la base, elle était venu pour rabrouer la blonde, pas parce qu'elle avait l'impression que c'était nécessaire ou quoi que ce soit dans le genre – Baelfire n'inscrirait pas leur fils au foot, point barre, elle n'était pas inquiète pour ça. Elle n'était pas inquiète, mais ça lui faisait une bonne excuse pour venir voir Emma. Oui, c'était idiot et pathétique romantiquement parlant, ça équivalait à sonner chez la voisine sexy en fin de soirée, soit disant pour emprunter un pot de sucre.
Elle n'en était pas fière – mais bon, c'était ce que c'était.
Et pour ajouter à la colonne « Regina est pathétique » : son cœur avait manqué un battement quand elle avait trouvé la jeune femme avachie sur son bureau, ronflant doucement. Sans blague, il avait vraiment manqué un battement, comme si elle avait trébuché en public ou qu'elle avait manqué une marche d'escalier dans le noir.
Bon sang, Emma était vraiment adorable. Comment était-il possible que Snow White et Prince Charming aient pu concevoir quelque chose de tellement désirable ?
Et sexy.
Comment quelqu'un pouvait-il être à la fois mignon et en même temps terriblement sexy, bon Dieu ?
Ses doigts crépitaient de magie… elle recula vers le fond de la pièce sur la pointe des pieds. Elle voulait l'observer. Elle allait se mettre juste devant la machine à café comme ça elle pourrait prétendre qu'elle était occupée si son toucher réveillait Emma.
Puis, elle se mit au travail.
Elle avait vraiment essayé de ne pas retomber dans cette habitude, et son manque de détermination lui faisait presque honte… enfin, elle avait honte avant ou après - en ce moment précis son cœur battait à tout rompre, elle avait la bouche sèche et elle sentait chacune de ses inspirations se répercuter jusque dans son intimité. C'était comme avec un bonbon, un chocolat à la liqueur : toute son humiliation et toute son inquiétude s'évanouissaient lorsqu'elle pensait à ses doigts fantômes sur la peau d'Emma.
Elle aurait aimé pouvoir dire qu'elle avait fini par sortir du droit chemin à cause de quelque chose d'important qui se serait passé – une confession de la part d'Emma ou même un signe envoyé par les dieux, mais – ce n'était pas le cas.
C'était juste parce qu'elle était Regina-La Harceleuse.
Un matin, elle était arrivée tôt au bureau, incapable de trouver le sommeil – une fois de plus. Elle s'était tournée et retournée dans son lit pendant des heures, puis, finalement, elle s'était levée en grognant. Pourquoi ne pas en profiter pour rattraper un peu du travail qu'elle avait en retard ? Quitte être debout, autant être productive.
Après ça, il avait suffit qu'elle aperçoive une touche de jaune alors qu'elle conduisait et elle était fichue - une vraie droguée en manque et prête à tout pour sa dose.
C'était juste la pancarte de la boulangerie locale, mais ça n'avait aucune importance : ses pensées étaient maintenant fixées sur Emma.
Qu'est-ce qu'elle faisait ?
Est-ce qu'elle était déjà levée ?
Est-ce qu'elle était toujours en pyjama, décoiffée après sa nuit de sommeil ?
Elle s'était laissé tomber sur sa chaise de bureau, déterminée à ne plus y penser. La clé, c'était de trouver une distraction.
Seulement maintenant qu'elle était là, la dernière chose qu'elle avait envie de faire c'était de travailler.
Elle s'était mise à ranger son bureau, qui était déjà impeccable.
Elle avait réorganisé ses étagères, qui étaient déjà méticuleusement classées.
Puis elle s'était assise près de la fenêtre, observant la ville en savourant une deuxième tasse de café.
Rien n'avait marché. Elle ne pouvait pas s'empêcher lancer un regard au miroir sur le mur – fixé au mur - toutes les cinq minutes.
Tu as juste besoin de jeter un coup d'œil, se raisonna t-elle. Il n'y a aucun mal à ça.
Elle n'avait pas vu la Sauveuse depuis un moment – quelques jours – elle n'en savait rien, ça faisait trop longtemps.
Tu étais Reine. Tu étais maire. Tu as un fils. Comment peux-tu avoir un self-control aussi faible ? Tu es en train de devenir comme Snow White, Regina. Oui, c'est bien ce que j'ai dis. On dirait que tu suis à la lettre une page du livre de Snow pour les voleurs de secrets. Ferme-là et met-toi au travail.
Elle avait mit son manteau sur le miroir.
Loin des yeux. Loin du cœur.
Elle s'était rassise à son bureau, triomphante.
Voilà. C'était pas si di-
Le manteau était tombé par terre, comme pour se moquer de Regina.
- Espèce d'incapable, l'avait-elle rabroué d'un ton cassant, avant de le faire voler pour l'accrocher au porte manteau en grommelant.
Elle avait pesé le pour et le contre pendant une heure, s'approchant du miroir et s'en éloignant de nouveau.
Finalement, elle avait cédé et un « whoosh » plus tard, elle apercevait Emma, faisant la queue à Granny et discutant d'un air enjoué avec Archie.
Regina avait soupiré.
Elle avait l'air d'aller bien… elle avait l'air d'aller bien… surtout dans ce jeans…
Regina avait levé les yeux au ciel en réponse à ses propres pensées.
Elle avait porté son café à ses lèvres et s'était appuyée contre le portail magique pour regarder Emma accomplir sa routine du matin.
Elle avait pensé que ça aiderait, mais ce ne fut pas le cas.
Au début, Emma souriait et s'esclaffait de son rire contagieux et, seule dans son bureau, Regina s'était laissé allé à sourire en réponse à l'hilarité d'Emma.
Emma riait avec Henry et son enseignant. Elle saluait gaiement Blue, puis, les mains dans les poches, elle se dirigeait vers le poste.
Mais à ce moment-là, le visage d'Emma avait commencé à changer.
Dès qu'elle ne s'était plus trouvée sous le regard scrutateur du peuple, dès qu'elle s'était retrouvé seule, son sourire avait disparu, ses traits s'étaient assombris ses yeux avait perdu leur lumière et étaient devenus mornes et – absents.
Regina l'avait observée avec appréhension, son café oublié, avant de finir par décider que ce regard ne pouvait vouloir dire qu'une chose. La Sauveuse se sentait seule… et il y avait quelque chose d'autre… Chaque fois que son portable vibrait, Emma levait les yeux au ciel et soupirait – et Regina devait se retenir de grogner tout haut.
Elle savait de qui venait les textos. Pourquoi n'avait-elle pas flanqué le feu à la forêt et piégé les deux crétins qui se battaient pour Emma dans l'incendie quand elle en avait eu l'occasion ? Ça aurait été une affaire rondement menée.
Elle avait gigoté, mal-à-l'aise, comme si les murs avaient pu l'entendre penser.
Parce que tu n'es plus comme ça, Regina, tu te souviens ? Tu es – quelqu'un de bien – tu essayes de l'être – tu es – sur le bon chemin…
Plus elle l'avait regardée, plus elle avait eu du mal à se contrôler. Elle voulait toucher. Elle voulait la rendre moins – malheureuse.
Elle allait le faire.
Non.
Si.
Non !
Oh, mais elle en avait tellement envie.
Okay, juste pour cette fois. Juste pour dire bonjour. Juste des chatouilles, quelque chose qui la ferait sourire.
Non !
Mais, Emma lui manquait.
Alors appelle-là, idiote. Dis-lui.
Cette conversation interne ne la menait nulle part. Juste pour une fois, ça irait.
Ne le fais pas. Ça ne sera pas juste une fois.
Avant de pouvoir s'en empêcher, elle avait tendu les doigts, effleurant doucement la colonne vertébrale d'Emma, et Emma – elle avait sourit. Elle avait sourit comme quand on retrouve un ami qu'on n'a pas vu depuis longtemps. Un petit sourire secret, alors qu'elle remontait le long de l'avenue principale.
Ensuite, bien sûr, était venu le choc, et au grand amusement de Regina, Emma avait failli mettre un coup de poing dans la figure de Jefferson !
Bon. En même temps, ça n'aurait pas été si terrible.
A partir de là, elle avait été sur une pente très glissante, et maintenant, elle était là, observant Emma qui dormait et se délectant des petits bruits qu'Emma faisait lorsqu'elle passait ses doigts sur ses tétons, sur sa colonne vertébrale, sur ses joues, sur ses bras.
Une sensation de pression grandit à l'intérieur d'elle alors qu'elle regardait la jeune femme endormie gémir et gigoter, sa main bouger et – elle agrippait l'entre jambe de son jean !
Regina sentit la tête lui tourner.
Oh, elle aurait tout donné pour être cette main. Cette main était tellement chanceuse.
Même si elle jouait souvent avec le corps d'Emma – elle n'était jamais allée aussi loin. Elle n'avait jamais touché aucun endroit qui aurait pu être recouvert par un bikini… par un bas de bikini…
Mais elle en avait envie. Arg, elle en avait tellement envie.
Elle voulait faire disparaître les sous-vêtements d'Emma par magie, puis tomber à genoux devant elle, ici et maintenant, la goûter, poser sa bouche sur elle et rendre ces gémissements réels qu'ils soient à elle.
Elle voulait – sa main se crispa sous le coup de son soudain accès de passion et Emma poussa un gémissement long et fort, se réveillant en sursaut du même coup.
Regina se retint de pousser un cri de surprise et fit volte face, son cœur tambourinant dans sa poitrine. Oh non non non non non. Regina, espèce d'idiote ! Tu t'es fait surprendre ! Imbécile !
Seulement, Emma ne s'assit pas tout de suite.
Regina l'observa, les mains occupées avec la cafetière et un gobelet, prête à les attraper comme pour montrer que c'était tout ce qu'elle avait été en train de faire.
Emma prit une grande inspiration et laissa échapper un nouveau gémissement.
Regina sentit une lueur d'amusement papillonner dans son ventre.
Qu'est-ce qu'elle fabriquait ?
Elle haussa les sourcils et croisa les bras.
Elle attendit qu'Emma se lève, mais Emma resta avachie sur son bureau. Elle grogna encore un peu, de mécontentement ? Comme si elle… mais oui, elle était en train de jouer avec ses seins ! Elle était en train de se toucher.
Un désir brûlant la traversa, et elle sentit chaque partie de son corps entrer en éveil.
Emma Swan était en train de se toucher. Elle était réveillée et elle était en train de se toucher.
Et bon sang, qu'est-ce qu'elle était censé faire ? L'informer de sa présence ? Euh, lui demander si elle avait besoin d'aide ? Est-ce que ce serait… impoli ? Ses lèvres s'entrouvrirent pour dire – quelque chose, elle ne savait pas quoi.
En regardant la main d'Emma presser doucement son sein, Regina eut envie de se toucher elle aussi. Pendant combien de temps allait-elle continuer ? Quelqu'un pouvait entrer à tout moment !
Elle se mordit la lèvre pour étouffer un rire et passa rapidement un doigt invisible le long de la colonne vertébrale d'Emma juste un effleurement rapide.
Emma glapit et se raidit d'un coup, manquant de tomber de sa chaise.
Regina s'éclaircit la gorge, supprimant toute expression de son visage, et attrapa la cafetière tiède.
- Tu as un Cheeto sur la figure.
La tête que fit Emma était à mourir de rire. Ses yeux s'écarquillèrent, sans aucun doute parce qu'elle repensait à ce qu'elle avait été en train de faire, et ses lèvres s'ouvrirent grand et ne se refermèrent plus.
Regina s'imagina marcher à quatre pattes sur le bureau pour venir lentement passer sa langue entre elles. Le fantasme déclencha des éclairs électriques brûlants et glacés sur sa peau. Elle déglutit et la fixa d'un regard impassible.
- Tu fais des bruits très bizarres dans ton sommeil.
Emma pâlit et Regina dut se mordre la joue pour s'empêcher de rire.
Puis, Emma commença à bafouiller.
Elle adorait quand Emma était tellement nerveuse qu'elle bafouillait. C'était – adorable. Arrh, elle n'arrivait toujours pas à y croire.
La Sauveuse !
Elle était tombée amoureuse de la Sauveuse.
Ah, elle faisait une belle ex-méchante. S'il y avait eu des points à gagner pour être méchant, elle les avait sans doute tous perdus, maintenant. Elle ne voulait même pas penser à ce que Maleficent dirait si elle savait.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
Regina fit la moue. Elle allait juste dire qu'elle avait eu envie d'une tasse de café, et ensuite elle sortirait du bureau. Oui. Elle allait partir. Tout de suite.
- Je suis venue te parler de l'individu que tu as ramené dans ma ville.
Et elles recommencèrent à se chamailler gentiment, comme au bon vieux temps. Elles se lançaient des piques, haussant les sourcils, levant les yeux au ciel.
Enfin, jusqu'à ce que les deux crétins n'arrivent en coup de vent, manquant de peu de lui marcher dessus. Elle grogna – à cause du presque accident ou de l'interruption soudaine, elle n'en savait rien.
Hook et Baelfire commencèrent tout de suite à s'accrocher, comme au Pays Imaginaire – deux chiens qui se disputaient pour un morceau de viande alléchant.
Elle croisa les bras et les chevilles en s'appuyant contre le mur et leur lança des regards tueurs.
Elle était là avant. Ils ne pouvaient pas attendre leur tour ? Elle, elle n'interrompait pas le temps qu'ils passaient avec Emma, si ? Elle s'immisçait juste dans leurs plans… de temps en temps.
Elle ricana intérieurement. A l'entendre, on aurait dit qu'elle avait encore une place dans la compétition, qu'elle menait toujours la partie d'une stratégie silencieuse mais efficace et qu'elle en sortirait sûrement vainqueur du grand prix : les faveurs d'Emma.
Mais elle avait déclaré forfait lorsqu'ils étaient revenus – non ? Elle n'était plus dans la course.
Elle observa les deux hommes lui mettre la pression pour un repas, et ses yeux se plissèrent en remarquant la détresse évidente d'Emma.
Quelle question stupide.
Si. Elle était toujours de la partie. Bien sûr, qu'elle en était toujours.
Et elle allait gagner.
Elle savait par où commencer.
Etape une. Avoir une place dans la vie quotidienne d'Emma.
Etape deux. S'y prendre différemment des deux hommes. Pour tout.
Voilà, elle y était. Elle regardait se dérouler une matinée normale sur son petit miroir de poche – comme elle le faisait tous les matins mais cette fois-ci, elle se trouvait juste devant la porte des Charming. Imprévue, et feignant d'avoir toute confiance en elle.
Elle se reprit, se prépara pour le show, et frappa à la porte.
Et ça avait été un succès.
Elle avait accompagné Emma et Henry jusqu'à l'école.
Emma avait préféré son gobelet à celui des autres.
Emma avait sous-entendu qu'elle ne voulait sortir avec aucun des deux hommes – en tout cas pas pour le moment.
Emma lui avait donné un morceau de son toast. Elle le lui avait donné directement. Elle l'avait fait mordre dans le même toast qu'Emma était en train de manger !
Et bien sûr, le meilleur pour la fin. Regina avait réussi à l'inviter pour la soirée alors qu'aucun des deux hommes n'y était parvenu.
Elle se sentait presque mal pour eux. Ils n'avaient aucune idée de ce dont elle était capable.
De la torture. C'était de la torture. De la torture pure et simple une torture merveilleuse.
Elle s'était maquillée. Elle s'était bien habillée.
Elle s'était rasée deux fois sans vraiment savoir pourquoi.
Elle avait passé une heure devant son miroir, à s'encourager.
Etape trois. Elle allait expliquer à Emma qu'elle était le toucher fantôme, et espérer que tout se passerait bien. Elle allait lui en parler ce soir – mais – son assurance s'était évaporée au moment même où Emma était entrée dans sa maison, abordant un grand sourire heureux.
Au final, elles s'étaient simplement assises – elles avaient ri – et regardé un film – profitant de la compagnie l'une de l'autre.
Regina ne pouvait pas tendre le bras pour la toucher. Elle ne pouvait pas l'embrasser. Elle ne pouvait pas –
Le toucher le pouvait.
Le toucher pouvait tendre la main et la toucher où il le souhaitait, à n'importe quel moment.
Le toucher avait la permission d'Emma. Elle ne savait pas bien comment, mais le toucher avait le droit.
Le seul problème, c'était que Regina avait fait une croix sur le toucher. Plus de toucher.
Peu importe à quel point elle en avait envie.
Peu importe à quel point elle en avait besoin.
Bon sang, si elle ne pouvait pas faire l'effort de grandir un peu et de dire la vérité à Emma, elle ne méritait pas la récompense de sentir la peau d'Emma sous ses doigts.
Mais quand même, elle s'était fait violence pendant tout le film. Assise de l'autre côté du canapé, Henry avachi entre elles, Regina avait imaginé, s'était demandé – avait voulu savoir ce qu'Emma ferait si le touchait apparaissait maintenant, même si c'était juste pour une étreinte innocente.
Elle voulait… elle voulait juste passer ses doigts dans les cheveux d'Emma… juste une fois… ou deux.
Qu'est-ce qu'Emma ferait ? Est-ce que Regina apercevrait un autre de ses sourires secrets ?
Elle voulait savoir, et elle n'arrivait pas à s'empêcher d'y penser.
Elle avait été la Méchante Reine, bon sang. Ne pas pouvoir prendre ce qu'elle voulait, ça commençait à sérieusement la gonfler.
Elle ne pouvait pas faire ça… pas à Emma Swan. Elle ne pouvait pas juste prendre Emma Swan. Même si elle en avait envie. L'approche directe et bourrine aurait peut-être pu marcher avec Emma avant les deux hommes, mais maintenant qu'elle était en plein milieu d'un tournoi de tir à la corde… non, elle ne pouvait pas s'y prendre comme ça. Elle espérait qu'avec le temps elle réussirait à gagner le cœur d'Emma, avec beaucoup de chance, mais ça lui demanderait de la finesse et de la douceur.
Elle ne pouvait pas se contenter de la prendre. Il fallait qu'elle attende, qu'elle prenne son temps et qu'elle évalue la situation.
Malgré tout, ses doigts avaient continué de trembler pendant le reste des 90 minutes de torture.
- S'il-te-plaîîîîîîîîît, supplia Henry.
- Oui, Regina, s'il-te-plaîîîîîîîîîîît, répéta Emma en se penchant par-dessus le comptoir, affichant le plus grand regard de chien battu que Regina avait jamais vu.
Regina fit la moue, les mains sur les hanches.
- Allez, on le partagera, proposa Henry d'un air plein d'espoir.
- Quoi ? T'es malade, gamin ! se moqua Emma en le poussant d'un air blagueur. J'en veux un pour moi toute seule !
- 'Maaaaaan ! grogna Henry. Si on ne lui dit pas qu'on va partager, elle ne va jamais accepter de nous en donner un !
Regina pinça les lèvres plus fort, cette fois pour retenir un rire.
- Ah oui ? dit-elle. C'est comme ça, jeune homme ?
Emma abordait un sourire en coin, et Regina regarda ce sourire trouver son parfait reflet sur le visage de son fils. Diabolique. Adorable. Joueur.
- C'est juste un deuxième chausson aux pommes ! Allez !
- Je suis assez pessimiste, mon grand. Je crois qu'elle ne vit que pour nous torturer.
Ils avaient arrêté leur marathon du Long Game Of Life pour goûter les chaussons aux pommes de Regina, avec un poil de sauce caramel, spécialement ajouté pour Emma. Ces idiots avaient englouti leur pâtisserie en deux minutes et s'étaient, d'un même geste (tel mère, tel fils) tourné vers Regina pour lui en demander encore.
Ce qui laissait à Regina l'opportunité de s'amuser profondément.
- A vrai dire, Ms Swan, puisqu'apparemment vous ne vous souciez pas du bien-être dentaire de notre fils, il faut bien que je m'en occupe.
- Et mes dents, à moi ? répliqua Emma en souriant largement, découvrant toutes ses dents. Je te jure qu'elles sont toutes en bonne santé.
- Hé ! Traître ! cria Henry en la poussant.
- Désolé, gamin. Tu es déjà en train de gagner à Life. Chacun pour soi.
Les lèvres se Regina tressaillirent elle eu beau avaler sa salive pour le cacher, Emma afficha un sourire rayonnant et Regina su qu'elle l'avait vu et qu'elle était heureuse.
- Faisons un marché. Si tu me promets de ranger ta chambre demain, tu peux en avoir une moitié.
Le sourire d'Emma s'agrandit.
- Ma chambre à moi est déjà rangée.
Regina leva les yeux au ciel et se retourna pour couper un chausson en deux, pour qu'Emma ne la voie pas sourire.
La situation entre elles était assez bizarre. Elles se cherchaient encore Regina – supposait que c'était parce qu'Emma était toujours en quête de la pièce manquante du puzzle – celle qui s'appelait Regina-a-des-sentiments-pour-toi. Mais ce soir là, c'était différent. C'était facile. Agréable.
Le lendemain, elles recommenceraient sans doute à se chercher et à se lancer des regards en coin, mais pour l'instant –
Le téléphone d'Emma bipa au moment où Henry commençait sa deuxième pâtisserie.
Elle y jeta un coup d'œil et le fourra dans la poche arrière de son jean en soufflant.
- Tout va bien ? demanda Regina du ton morne habituel qu'elle empruntait lorsqu'elle voulait masquer son intérêt.
- Hein ? Oh. Ouais. C'est Hook. Il veut qu'on se voit demain.
- Oh ?
- Ouaiiis.
- Je vois.
Le silence s'installa.
- Mmh, soupira Regina, comme si elle réfléchissait. J'imagine que tu pourrais lui dire que tu as déjà quelque chose de prévu ici.
Le chausson aux pommes d'Emma tomba sur le sol et elle fixa Regina, les yeux figés dans une expression de surprise.
Et voilà, cette fois-ci c'est VRAIMENT terminé pour aujourd'hui ! Alors, qu'est-ce que vous pensez de cette introspection dans les pensées de Regina ? Moi, au début, j'étais triiiiste parce que je voulais savoir ce qui se passe après la scène dans le caveau, mais ne vous inquiétez pas, chaque chose en son temps ;) Bien à point qui sait attendre, ou un machin dans ce genre, comme dirait Perceval :3 J'essaie de poster les deux prochains chapitres demain !
