Il est pas encore midi, je suis donc dans les temps :P Je vous laisse à ce chapitre qui est un de mes chapitres préférés, on se retrouve à la fin !
Et voilà où ça l'avait menée. Debout dans le couloir du bâtiment où vivaient les Charming, le regard plongé dans les yeux éteints d'Emma Swan. Elle avait joué - à vos marques, prêt, partez, et elle ne savait pas qui avait gagné.
Elle imaginait que ça dépendait de la stratégie déployée – et du but à atteindre. Si le but était de s'éloigner de Regina – le monstre – la méchante – la pire des pestes – alors Emma Swan avait gagné. Parce qu'il n'y avait désormais plus aucune chance pour que la fin heureuse de Regina, celle à laquelle elle rêvait si souvent, ne se réalise.
Quelle idiote. Regina savait que c'était de sa faute. Elle avait su ce qu'elle allait faire dès qu'elle avait vu Hook entraîner Emma dans le corridor. Elle l'avait su lorsqu'elle s'était enfermée dans la salle de bain pour observer leur interaction sur son miroir de poche, l'estomac noué.
Elle l'avait su lorsqu'elle avait pété les plombs et qu'elle avait séparé de force le – couple.
Elle était jalouse.
Elle s'était sentie blessée.
Elle avait fait ce qu'elle faisait toujours.
Parce qu'elle avait mal, elle avait établit une limite et attendu que quelqu'un ose poser un orteil dessus pour pouvoir n'en faire qu'une seule bouchée.
- Il y en a qui n'ont pas de vie amoureuse du tout.
Les mots s'envolèrent dans l'atmosphère comme des ballons affreusement laids.
Son Emma aimait taper là où ça faisait mal, aucun doute là-dessus. Si elle savait.
Mais peut-être qu'elle savait. Peut-être qu'elle connaissait la vérité.
A ce stade, ça n'avait plus vraiment d'importance.
Ce matin encore, il y avait de l'espoir, elle était dans la course contre Hook et Baelfire – qu'Emma soit au courant de sa participation ou pas.
Maintenant, elle était hors jeu.
Deux minutes de colère incontrôlée, et elle s'était éliminée toute seule.
Elle avait mal. Cette pensée lui faisait mal, mais ce qui la blessait par-dessus tout, c'était de savoir qu'Emma se porterait mieux sans elle.
Mais quand même. Elle s'en voulait.
Quelques mois plus tôt, elle avait dis à Pan qu'elle regrettait peu des crimes qu'elle avait commis, car même s'ils avaient été horribles, ils l'avaient conduite au chemin qui l'avait menée à Henry – et à Emma – mais aujourd'hui – elle regrettait déjà cette dispute. Et elle n'avait aucun moyen de revenir sur ses mots.
Elle était stupide.
Elle était toxique – dangereuse pour ses proches. Une maladie contagieuse et mortelle.
Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fais ?
Et maintenant, il fallait qu'elle s'astreigne à rester loin d'Emma – avant que le poison de Regina ne jaillisse de nouveau et ne contamine la Sauveuse.
Comment avait-elle pu penser qu'elle pourrait vivre en coexistence avec des gens normaux ? Comment avait-elle pu croire qu'ils seraient en sécurité avec elle ? Comment avait-elle pu s'imaginer qu'elle pouvait devenir autre chose que la méchante de l'histoire ?
Elle avait haussé un sourcil en réponse aux mots d'Emma une manière de donner le change pour contrer l'accusation qui avait été faite contre sa vie amoureuse inexistante, mais elle reprit rapidement une expression impassible et se tourna vers la porte.
Il était temps de partir.
Elle devait partir – ou s'effondrer sous leurs regards.
Elle avait hésité à disparaître dans son nuage de fumée violette habituelle - mais non, pas devant Emma et ses deux prétendants soi-disant vertueux. En quittant les lieux à l'aide de sa magie, elle avouerait implicitement qu'elle ne ressentait pas que de la colère, et – elle ne pouvait pas se le permettre.
Elle agrippa donc la poignée en fer solide qui la séparait de l'air frais du matin, prête à fuir, lorsqu'Emma murmura :
- On sait toutes les deux que tu n'as jamais été un plan de secours, Regina.
Elle retint sa respiration.
Est-ce que c'était vrai ?
Bien sûr que c'est vrai, idiote.
Elle le savait bien. Emma ne cachait pas ses sentiments comme Regina le faisait. Elle ne jouait pas. Emme était pure. Emma était honnête. Emma était du bon côté. Quand Emma disait quelque chose, elle le pensait vraiment.
Emma n'était pas comme – elle.
- J'arrive pas à croire que j'ai été assez stupide pour croire que la Méchante Reine et moi pouvions être amies.
Les mots la transpercèrent. La poitrine de Regina se serra, l'empêchant de respirer, essayant de réprimer le sanglot qui grossissait dans sa gorge et qui insistait pour sortir.
Mais elle savait gérer ses émotions.
Sa mère lui avait enseigné beaucoup de choses, et lui apprendre à contenir ses larmes avait été la leçon la plus utile de toutes.
Regina tint bon et sortit du bâtiment.
Elle marcha d'un bon pas en remontant la rue, ses talons claquant sur le sol. Elle rentra directement, traversant la tête haute les quelques pâtés de maisons qui la séparait de chez elle. Elle sortit rapidement ses clés comme si tout était normal et qu'elle avait simplement oublié un dossier en partant ce matin.
Elle passa le pas de la porte et referma derrière elle.
Une femme seule se promenait tranquillement le long de la rue déserte pour sa marche à pied habituelle du matin, au moment où la porte du 108 rue Mifflin se referma. Elle avait tout juste passé le 110 qu'un cri pathétique d'animal blessé ou torturé un son déchirant tel qu'elle n'en avait jamais entendu avant, la fit sursauter et s'enfuir en courant.
Regina partit travailler dès que ses larmes se tarirent elle apparut par magie juste à côté de sa chaise de bureau pour n'avoir à parler à - personne.
Elle avait l'impression d'être engourdie, en état de choc.
Comment s'était-elle débrouillée ?
Elle avait été complètement responsable de la dispute.
Et maintenant, tout ce qu'elle arrivait à penser, c'était : Henry avait raison. Je suis une méchante. Je n'ai pas le droit d'avoir une fin heureuse. Je ne mérite pas de trouver la paix, et plus important encore, la Sauveuse ne mérite pas de se retrouver coincée avec quelqu'un comme moi.
La Sauveuse.
Comment allait-elle ?
Elle se mordilla la lèvre inférieure, se demandant si quelqu'un était à ses côtés. Etait-elle triste ? Est-ce que quelqu'un l'avait pris dans ses bras jusqu'à ce que les mots durs que Regina avait crachés ne disparaissent de sa peau douce ? Se sentait-elle en sécurité ? Aimée ?
Est-ce que c'était un des deux hommes, qui prenait soin d'elle ?
Arrivaient-ils à faire ce que Regina n'avait pas su faire ? Arrêter la dispute. S'excuser pour ses paroles. Arranger la situation ?
Un sentiment de haine nauséeuse et écœurante bouillonnait dans son ventre comme du vomi.
Elle les détestait. Elle ne savait pas qui était avec Emma – Hook ou Baelfire – Snow ou Charming – aucune importance. Qui que ce soit, elle le détestait du plus profond de son être. Et elle l'enviait.
Et pourtant –
Est-ce que quelqu'un était avec elle, pour la protéger de Regina ? Elle l'espérait. Elle espérait qu'Emma n'était pas seule.
Ou peut-être qu'elle n'avait besoin de personne. Après tout, on pouvait à peine les considérer comme des amies, non ? Une poignée de mots mesquins et blessants crachée par Regina la belle affaire, qu'est-ce que ça pouvait bien faire à Emma ?
Il fallait qu'elle sache.
Elle ne voulait pas savoir.
Mais il fallait qu'elle sache.
Si Emma souffrait à cause d'elle, il fallait qu'elle voie les dégâts qu'elle avait causés.
Si Emma allait bien, alors Regina saurait qu'elle ne représentait réellement rien aux yeux de la Sauveuse.
Elle se leva, comme une femme attendant la sentence d'un juge, et fit deux pas en direction du miroir.
Emma allait bien, c'était sûr. Elle était sûrement en train de se moquer des mots assassins de Regina. Elle devait être en train de boire une tasse de café avec sa mère, Hook ou Baelfire, et riant de la pique qu'elle avait lancée à Regina à propos de sa vie amoureuse pathétique.
C'était sûr.
Elle fit un geste de la main vers le miroir, et se figea immédiatement, sentant une vague de douleur et une profonde et dévastatrice haine d'elle-même se déchainer dans son ventre, ne laissant derrière elles que le chagrin et le remord.
Emme ne riait pas, et elle ne profitait pas de sa journée non plus.
Emma s'était pelotonnée en position fœtale sur son lit défait, et des larmes coulaient de ses yeux grands ouverts. Elle avait l'air toute petite. Tellement triste. Tellement fragile.
Regina sentit son visage se tordre, luttant pour réprimer le sanglot qui grossissait dans sa poitrine, en vain. Elle était responsable de l'état d'Emma.
Jadis, elle ne vivait que pour le plaisir de voir l'esprit de quelqu'un se briser à cause d'elle.
Ses mots avaient-ils été si durs ? L'amitié de Regina signifiait-elle tant à ses yeux ? Ou est-ce que, secrètement, la Sauveuse avait toujours été une femme brisée ?
La haine qu'elle ressentait envers elle-même lui tordait l'estomac. Elle se haïssait pour ce qu'elle avait fait. Elle se haïssait pour tellement de choses encore. Elle était un démon, personne ne pouvait l'arrêter, et personne ne pourrait jamais se protéger d'elle. Ni Emma. Ni Henry. Ni Storybrooke.
Elle devait arranger les choses. Il le fallait - pas pour Regina, mais pour Emma. Elle ne pouvait pas laisser Emma se sentir si mal à cause d'elle. Elle devait arranger ça, et ensuite, elle devrait lui ficher la paix. Peut-être même s'éloigner d'Henry aussi.
Est-ce qu'elle en serait capable ? Est-ce que c'était la bonne chose à faire ?
Elle était un monstre, un jour ou l'autre elle finirait par le blesser lui aussi.
Elle l'avait déjà fait.
Elle pouvait recommencer.
Tout ce qui s'était passé aujourd'hui en était la preuve.
La Méchante Reine ne serait jamais assez bien pour la Sauveuse. Ni pour leur fils.
Elle attendit donc que ses mains arrêtent de trembler, puis tendit légèrement le bras et toucha le dos tendu d'Emma.
La jeune femme sursauta comme si on l'avait piquée avec une épingle, et Regina retira ses doigts. Elle patienta un instant, puis reposa doucement sa main, immobile. Elle attendait un signe quelconque, pour savoir si le toucher était le bienvenu ou non.
Après un long moment de silence, Emma prit la parole, au grand soulagement de Regina.
Les mots lui firent mal. Ils la cinglèrent douloureusement, et Regina fut heureuse de sentir leur morsure, espérant, peut-être, en recevoir plus encore.
La voix d'Emma était faible et tremblante, comme si était très malade depuis très longtemps.
- Tu ne peux pas comprendre. La tête qu'elle faisait – elle me regardait comme si elle me détestait de nouveau. Comme si j'étais un insecte… je suis un insecte.
Regina haleta, et ses doigts recommencèrent à trembler.
- Oh, mon amour, murmura t-elle. Je ne te déteste pas. Tu ne comprends pas ? C'est moi qui suis détraquée.
Elle avait de nouveau l'impression d'avoir une grosseur désagréable dans la gorge, et bientôt elle ne pût plus retenir ses larmes.
- Putain, mais qu'est-ce qui m'est passé par la tête ?
Et voilà que cette femme merveilleuse - se faisait des reproches.
Regina était le pire des pires personnages. S'il y avait un insecte dans l'histoire, c'était bien elle. Comment Emma pouvait-elle ne pas s'en apercevoir ?
Doucement, elle tira sur le bras d'Emma jusqu'à ce qu'elle pose sa tête sur les oreillers.
Elle avait besoin de la prendre dans ses bras. Elle avait besoin de la sentir dans ses bras –
Elle était vraiment une méprisable égoïste.
Qu'est-ce qui l'avait rendue comme ça ? Elle avait un passé difficile ; la belle affaire. Emma aussi avait un passé difficile. Et pourtant, même dans cet état, elle était plus forte qu'elle - plus sage qu'elle. C'était clair.
C'est parce qu'Emma est quelqu'un de bien.
Ah, oui. Bien sûr.
Doucement, elle commença à caresser le visage d'Emma, en la réconfortant du mieux qu'elle pouvait, essayant de faire tomber les différentes couches de protection dans lesquelles Emma s'était enveloppée pour qu'elle puisse enfin recracher le poison qu'elle avait absorbé.
Effectivement, au fil de ses caresses, le visage d'Emma commença à trembler de plus en plus fort, et des larmes nourries par le comportement néfaste de Regina commencèrent à couler.
C'était insupportable. Ce spectacle. Savoir qu'elle en était responsable.
Mais elle resta.
Elle la caressa jusqu'à s'apercevoir qu'au dessus de ses yeux rouges et gonflés, les paupières d'Emma étaient en train de s'alourdir. Les mots d'Emma au moment où ses yeux se fermèrent furent les plus douloureux de tous.
- Et toi, murmura t-elle. Si tu tiens vraiment à moi, pourquoi tu ne veux pas me dire qui tu es ?
Regina s'immobilisa un instant, se cœur cognant contre sa poitrine, noyé dans un mélange d'amour et de chagrin, puis elle reprit ses caresses.
Emma appréciait le toucher, le toucher de Regina. Il la rendait plus forte, plus heureuse, il la réconfortait. Ça, même Regina pouvait l'admettre.
En caressant le visage de son amour jusqu'à ce qu'elle s'endorme, elle se fit le serment de ne jamais la priver de ce réconfort – et de ne jamais le gâcher en lui révélant que son toucher bien aimé se trouvait en réalité être une bête horrible appelée Regina.
Le problème, c'était qu'en la regardant s'endormir, consolée par le toucher – Regina était bien consciente que ses sentiments pour Emma étaient plus forts que jamais.
Depuis que les touchers avaient recommencé, Regina avait mis en place une réglementation stricte : personne, absolument personne n'était autorisée à entrer dans son bureau sans frapper. Juste au cas où, comme c'était le cas en ce moment même, elle serait assise sur le bord de sa table de travail, une tasse de café à la main, passant doucement ses doigts dans les cheveux de la blonde endormie.
Par conséquent, lorsque sa porte s'ouvrit à la volée, Regina ne fut pas sûre du sentiment qui prédomina en elle : l'embarras ou la colère.
Sa main fit un geste brusque, plus par réflexe que par choix délibéré - et le miroir récupéra instantanément sa surface argenté en même temps son mascara, qui avait coulé, redevenait immaculé sur son visage.
Mais ses gestes rapides n'empêchèrent pas une Snow White clairement enragée de s'arrêter net, ses yeux scrutant tour à tour le visage suspicieusement impassible de Regina et son miroir.
- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, Snow White, ceci est un bureau privé ! Je te prierais de frapper à la porte comme une personne civilisée, ou je te je te jure que je te jetterai dehors en te traînant par le sweater affreux que tu as mis aujourd'hui !
Les yeux de Snow se plissèrent, et continuèrent à étudier Regina et son miroir.
- Quoi ? aboya le maire.
- Qu'est-ce que tu faisais ?
- Pardon ?
Elle sentait que sa lèvre se tordait en un rictus colérique. Elle n'avait pas le temps pour ces bêtises. Elle n'avait aucune envie de participer aux idioties de Snow, quelles qu'elles soient.
- Le miroir. Qu'est-ce que tu faisais dans le miroir ?
Regina laissa échapper un rire moqueur, se leva du bureau et s'assit avec élégance dans son énorme chaise.
Son cœur battait à tout rompre mais elle faisait de son mieux pour prétendre que tout était normal. Elle ne pouvait pas se permettre de se faire prendre la main dans le sac – pas par la mère d'Emma. Nope. Elle allait se battre bec et ongles - il n'était pas question que Snow White la fasse avouer.
- Et bien, je ne sais pas ce qu'il en est pour toi, Snow, mais de temps à autres, je me regarde dedans pour être sûre d'être – présentable. Clairement, ce n'est pas ton cas, sinon tu n'oserais jamais mettre un pied hors de chez toi avec cette coupe de cheveux.
Snow cligna des yeux, et prit le même air absent et stupide qu'elle abordait souvent étant enfant.
- Non ! répliqua t-elle en secouant la tête. Non, il y avait quelqu'un là-dedans ! Je l'ai vu ! Est-ce que… (Snow retint sa respiration, agrippant sa propre gorge et sa poitrine d'un air choqué)… Est-ce que c'était Emma ?
- Pourquoi regarderais-je Emma dans mon miroir, Snow ? Tu as peut-être manqué l'épisode de ce matin. Maintenant, si tu veux bien m'excu…
- Tu mens !
Regina releva brusquement la tête, la vue obscurcie par la fureur – une fureur qu'elle avait ressentie envers elle-même toute la matinée – et qui se transformait maintenant en haine pour cette femme, une haine tellement puissante qu'elle rivalisait avec l'époque où son seul but à atteindre était de la tuer. Si Snow ne faisait pas attention, à force de la chercher, elle allait finir par la trouver.
- Pardon ?
- Tu mens ! Bon sang, je ne sais pas comment j'ai fais pour oublier qu'on ne peut pas te faire confiance.
Les mains de Regina s'accrochèrent si fort aux accoudoirs de son siège que ses phalanges en devinrent blanches. Ses yeux se plissèrent, et elle essaya d'ignorer la vérité évidente de cette affirmation.
- Tu étais en train de regarder quelqu'un dans ton miroir, et maintenant tu me mens. NON ! Ce n'est pas la peine de dire quoi que ce soit d'autre. Je ne saurais pas déterminer si c'est la vérité ou si tu me racontes encore des salades !
Regina prit une profonde inspiration.
- Tu es venue pour une raison particulière, Snow ?
Snow pinça les lèvres, devenant le portrait craché de sa mère Eva.
- Oui. Je suis venu te dire de laisser ma fille tranquille.
- Quoi ?
- Laisse-là tranquille, Regina. Bon sang, maintenant plus que jamais !
- Qu'est-c…
- Je t'ai observée, ces derniers temps, cracha Snow, se transformant en une mère poule féroce.
Regina n'était pas vraiment intimidée, mais elle admettait qu'elle était impressionnée – et furieuse.
- Je connais ton secret.
Le café de Regina se renversa sur son bureau en acajou. Elle jeta un regard furieux au traître. Un geste de la main, et le café disparut puis elle regarda Snow d'un air meurtrier.
- Quel – secret ?
- Je sais que tu es amoureuse de ma fille.
Regina la fixa. C'était embêtant, oui, mais – si c'était le seul secret dont Snow était au courant, ça voulait dire qu'elle ne savait pas ce qu'elle faisait à sa Emma. Elle explosa de rire.
- Non !
Les deux mains de Snow s'abattirent sur le bureau de Regina. Elle reprit :
- Je t'interdis de t'approcher d'elle, Regina. Tout le monde pense que tu as changé, mais je vois clair dans ton jeu. Ce qui s'est passé en est la preuve, qu'il s'agisse d'Emma ou de quelqu'un d'autre. Tu ne changeras jamais.
Regina se leva aussitôt, enragée et prête à combattre. Cette peste ridicule et pleurnicharde, toujours dans ses pattes - elle allait vraiment trop loin.
- On peut savoir pour qui tu te prends ?
- JE ME PRENDS POUR SA MERE ! Et je ne te laisserai pas poser tes mains sur elle. Je ne te laisserai pas l'influencer pour qu'elle devienne comme toi. Je suis désolée, Regina, mais tu as choisi la mauvaise personne.
Snow se tourna pour partir.
- Et si vous êtes suffisamment stupide pour ignorer mon avertissement, votre Majesté, ne vous étonnez de nous voir prendre des mesures, Charming et moi. Tu nous l'as déjà enlevée une fois, et il est hors de question que tu recommences. Je te tuerais de mes mains, si tu essaies.
Regina la regarda partir, le cœur battant si fort que sa vision en tremblait. Ses doigts crépitaient d'une fureur menaçante, et, oh, elle avait également envie de s'arracher la gorge.
Bon sang, elle ne pouvait même pas protester. Snow avait raison.
Regina se tint donc à distance. La dispute lui rendit la tâche plus facile. Elle se tint à distance – physiquement. A la place, Emma passa toute la soirée de vendredi et toute la journée de samedi avec elle – avec le toucher.
C'était merveilleux. Emma était joueuse, ce qui avait rendu espoir à Regina. Peut-être qu'elle n'avait pas causé autant de dégâts qu'elle l'avait craint.
Elles se taquinaient, malgré le fait que la conversation soit à sens unique.
Elles jouaient.
Elles flirtaient.
Beaucoup.
Et rapidement, Regina se rendit compte que les sourires qu'Emma adressaient au toucher ne la rendaient plus triste. C'était mieux comme ça. Elle avait Emma – d'une manière dérisoire, certes, comme ça, Emma était en sécurité – en dehors de la zone de colère et de destruction.
C'était mieux, pour tout le monde.
Même si Regina se sentait terriblement seule.
- Hey, salut, la salua Emma avec un sourire en coin dès qu'elle sentit la présence de Regina. Il est tard, qu'est-ce que tu fais encore debout ?
C'était samedi soir, Regina était dans son lit, sous les couvertures - elle avait prévu de laisser Emma tranquille cette nuit, mais d'une manière ou d'une autre, son miroir de poche s'était retrouvé dans sa main. Elle rit doucement et tira légèrement sur le lobe d'Emma, pour lui dire bonsoir.
- Tu es dans ton lit, toi aussi ?
Regina tira deux fois en s'allongeant sur le ventre, laissant son menton reposer sur ses bras.
La mélancolie de Regina s'évapora. Rapide. Mais bon, c'était Emma. Elle apaisait toutes ses souffrances. Elle avait prévu de rester à l'écart tout le week-end, flânant chez elle en pyjama, mais lorsqu'elle avait vérifié qu'Emma allait bien, elle l'avait trouvée d'une bonne humeur contagieuse, et elle était restée.
Le fait de savoir qu'elle n'allait pas la voir en personne avait également aidé.
Emma soupira, un profond soupir de désir, et étira son corps d'une manière que Regina adorait secrètement.
Emme avait été entreprenante, ces dernières vingt-quatre heures. Elle avait flirté, elle avait été séductrice – comme si elle voulait que Regina fasse – quelque chose. Elle ne savait pas quoi, mais elle était sûre qu'elle aimerait quelle que soit la réponse.
Regina leva les yeux au ciel, mais se mordit la lèvre et donna une petite tape à Emma.
- Très bien, si tu ne veux pas me rejoindre, je vais me coucher !
Emma tira la langue et Regina enfouit sa tête dans ses oreillers en riant. Comment cette femme, faisait-elle pour faire ressortir le côté espiègle de Regina - que la plupart des gens ne savait même pas qu'elle possédait – tout ça sans même savoir qui elle était réellement ? Peut-être que c'était justement parce qu'elle ne savait pas qui elle était. A cause de ça, Regina n'avait pas à se justifier d'avoir un côté - joueur.
Peut-être que la décision qu'elle avait prise de rester anonyme était meilleure qu'elle n'avait pensé.
Mais pour l'instant, Regina avait envie de faire la – folle – un mot qu'elle n'avait utilisé qu'une poignée de fois dans toute sa vie, et jamais pour se décrire elle-même.
Elle avait donc joué avec elle elle l'avait chatouillée jusqu'à ce que David entre dans la pièce avec une batte de baseball.
Regina s'était couvert le visage d'un oreiller - une série de « HA-HA-HA-HA » sonores sortant de sa gorge et manquant de réveiller les voisins pendant qu'Emma essayait d'expliquer les bruits bizarres qu'elle avait fait à son père.
C'était génial.
- Tu es un vrai connard, j'espère que tu le sais, dit Emma en faisant un geste pour attraper l'air une fois que David fut parti.
Deux tiraillements, Regina riait encore en se couvrant la bouche de la main.
- Allez. Je suppose que je t'ai assez torturée pour la soirée, soupira t-elle en gigotant pour se mettre en position assise.
Elle secoua ses mains pour l'amusement de sa chambre vide, et commença à masser les épaules d'Emma, son cou, sa poitrine, son ventre, laissant ses pensées vagabonder et profitant des doux soupirs d'Emma.
Elle se concentra sur les muscles tendus de son ventre. Regina avait – accidentellement – mais pas trop – regardé une – ou deux… trois des séances de sports d'Emma. Ces muscles devaient lui faire mal tout le temps.
Regina se focalisait sur les muscles parfaits qui se trouvaient juste sous son nombril, laissant ses pensées se diriger vers les dernières notes de maths d'Henry lorsque le ventre d'Emma se tendit soudain, et son visage rougissant lorsqu'un halètement s'échappa de sa bouche.
Regina s'immobilisa, surprise. Elle était en train de penser aux maths ! Est-ce qu'Emma était excitée ? Vraiment ?
Elle sentit une pointe de fierté la traverser.
Emma laissa échapper un petit cri hilarant et commença à bafouiller pendant que Regina fixait son miroir, un sourire en coin sur le visage.
- Bref, ce que je voulais dire, c'est que ça fait vraiment longtemps, et du coup, je suis un peu… à fleur de peau. En plus, j'ai remarqué que tu gardes tes mains dans des endroits politiquement corrects, ces derniers temps. Tu t'es trouvé une conscience ?
Regina rit d'un rire auto-dérisoire en s'allongeant sur le dos.
Deux tiraillements.
C'était vrai, elle s'était trouvé une conscience. Elle s'était réveillée de sa nuit encidrée et avait fait les cent pas dans sa chambre pendant une heure entière de culpabilité. Elle ne devait pas toucher Emma – autant. Elle préféra donc être claire, malgré le désir – évident d'Emma.
- Je vois.
Regina retint sa respiration, lâchant Emma complètement.
Elle n'avait pas rêvé, elle avait bien entendu sa voix ! Elle savait qu'Emma voulait – quelque chose de plus, mais – Regina haleta, son corps s'éveillant aussitôt. Si elle avait entendu ce petit « je vois » de la part de quelqu'un qui se trouvait dans son lit, elle se serait appliquée à lui faire méticuleusement perdre la tête – avec sa langue.
Tant d'impatience. Tant de désir.
Bord-
Emma couina :
- Tu es parti ?
Et Regina commença à la toucher.
Elle la toucha jusqu'à ce qu'elles soient toutes les deux haletantes, pantelantes de désir.
Elle la toucha jusqu'à ce qu'Emma lui demande de venir la rejoindre.
Elle la toucha jusqu'à ce qu'Emma fasse glisser une de ses mains dans son boxer – et que Regina fasse la même chose.
Elle la toucha jusqu'à ce qu'Emma arrache son sous-vêtement, et que, pour la première fois, Regina puisse profiter de la vue délicieuse et tentante de son sexe trempé qui l'attirait.
Regina plongea aussitôt dans sa propre intimité, renversant la tête en arrière, les yeux fixés sur ce sexe rose et divin. Elle laissa échapper un gémissement puissant, rétractant ses doigts et les replongeant de nouveau.
Elle observa les doigts longs et forts d'Emma tracer le contour de son clitoris, puis se diriger vers l'entrée de son sexe.
Regina poussa de nouveau ses doigts en elle, crispant ses orteils. Mon Dieu.
Renverse le sort. Renverse-le, Regina !
Elle leva la main, prête à ce qu'Emma sente ses doigts rapides et réguliers plonger dans son –
Le portable d'Emma sonna.
- Nooooon, crièrent-elles d'une même voix.
Elle regarda Emma se préparer à répondre, et, une main toujours ancrée en elle-même, Regina abattit la deuxième sur le téléphone, empêchant Emma de décrocher. Elles étaient sur le point de jouir – ensemble. Elles étaient à deux doigts d'y arriver, bon sang !
Emma pleurnicha en disant que c'était le poste, la voix toujours engourdie à cause de l'orgasme dont elle n'avait pas pu profiter.
Regina relâcha le portable avec un cri de frustration, et se jeta tête la première dans les draps.
Ce genre de relation était insupportable.
Elle envisagea de faire disparaître le téléphone d'Emma, mais non, il s'évanouirait dans un nuage de fumée violette et elle serait grillée.
Elle regarda donc Emma s'habiller en grommelant, puis partir, incrédule et furieuse.
Lorsque Regina s'était réveillée le matin suivant, son corps était encore hypersensible. Elle avait refusé de terminer toute seule la nuit précédente – même si elle en avait eu très envie. Elle s'était retenue.
Elle fut donc d'une humeur massacrante pendant tout dimanche.
Et elle fut également très occupée.
Tellement occupée qu'elle ne rentra chez elle que tard le soir.
Et donc, lorsqu'elle alla se coucher, grommeleuse mais excitée et prête pour une répétition de la nuit dernière – la Sauveuse était déjà endormie.
- Non ! hurla t-elle sur son miroir.
Elle s'allongea sur le dos. Bon sang. Elle avait attendu toute la journée.
Puis, il lui vint une idée.
Elle se mordit la lèvre et se demanda…
Repoussant les couvertures, elle enleva lentement, langoureusement le haut, puis le bas de son pyjama en soie, jusqu'à être étendue, complètement nue, dans l'air frais et nocturne. L'acte coupable qu'elle s'apprêtait à faire, le fait de s'étendre ainsi exposée, et l'air froid qui faisait durcir ses tétons, suffisaient à faire battre son pouls jusque dans son clitoris excité.
Elle profita de la sensation pendant un moment encore, puis, un sourire mesquin sur le visage, elle contracta ses deux mains et sentit sa peau picoter - une sensation chaude et régulière qui la traversait de la tête aux pieds. Elle laissa échapper un gémissement de contentement, profitant de l'effet de sa propre magie.
Elle pensa à la Sauveuse, et commença à caresser de haut en bas son ventre, ses cuisses, ses bras, sa poitrine.
Lentement, elle sentit Emma se réveiller, et ne put pas s'empêcher de se lécher les lèvres quand Emma, haletante, dit :
- Oh ! Tu es là.
- Plutôt deux fois qu'une, répondit Regina à la femme qui ne pouvait pas l'entendre.
Regina prit une grande inspiration, et, la main à plat sur sa peau, elle la fit remonter le long de son corps pour venir prendre son sein en coupe, la sensation décuplée en sachant qu'Emma pouvait la sentir également.
- Je t'ai déjà dis que je rêve de toi ?
Elle entendait la voix d'Emma depuis le miroir qui se trouvait à côté d'elle.
Regina se mordit la lèvre, s'étirant langoureusement dans le noir, et tira une fois sur son oreille.
Des rêves ? C'était – prometteur, comme début.
- Et ben, je rêve de toi. Enfin, pas de toi exactement, mais d'une personne sans visage, et on…
Regina gémit. Emma Swan rêvait d'elle.
C'était trop bon.
Elle ne voulait plus attendre.
Ses deux mains remontèrent rapidement jusqu'à ses seins, faisant rouler ses tétons, et Regina soupira dans le noir en entendant Emma faire le même bruit.
Elle toucha tout, elle toucha partout - pantelante, les yeux égarés.
Elle effleura ses hanches descendit vers ses cuisses, ses jambes, remonta le long de ses cuisses, caressa son estomac, ses seins, son cou, puis plongea dans ses cheveux.
Elle ondulait, noyée dans le plaisir qui traversait son corps encore et encore et encore et encore, laissant échapper un petit « ooh » alors qu'Emma jurait « Oh merde ! Oh mon Dieu. »
Elle voulait regarder dans le miroir, vraiment, mais elle ne pouvait pas garder ses yeux rivés dessus, pas lorsque ces sons merveilleux insistaient pour sortir de la bouche d'Emma.
Les gémissements devinrent étouffés, et Regina se rendit compte qu'Emma s'était mis une main dans la bouche pour couvrir et retenir ses exclamations. Regina imagina ces dents sur son cou et tressaillit en grognant.
- Oh non, dit-elle.
Elle voulait entendre ces bruits. Fermement, elle retira la main d'Emma, et c'était comme ouvrir une bouteille de champagne - un long soupir s'échappa des lèvres d'Emma avant qu'elle ne remette dans main en place.
Regina s'esclaffa, pinçant son téton et gémissant.
Très bien. Emma pouvait avoir sa main.
En fait – elle pressa elle-même sa main sur ses propres lèvres, sachant qu'elle maintiendrait ainsi la main d'Emma à cet endroit, et, avec son autre main, elle descendit le long de son estomac, jusque dans son sexe excité.
Regina cria, cambrant les hanches, alors qu'un cri étouffé d'Emma parvenait à ses oreilles.
Ça ne fit que l'encourager.
Elle allait le faire. Elle allait les faire jouir toutes les deux.
Elle replongea ses doigts en elle-même et appuya doucement sur son clitoris gonflé. D'une même voix, elles laissèrent échapper une longue série de gémissements aigus.
Elle fit glisser un doigt humide autour de son clitoris une fois, deux fois – oh, bon sang, avec les sons qu'Emma faisait – ça n'allait pas être très long. Oh !
La respiration de Regina hoqueta. Emma commença à supplier de lui en donner plus.
Ses cuisses tremblaient. Elle était proche – oh oui. Emma ! Est-ce qu'Emma – son corps tremblait, battait, dansait. Oui ! Elle – elle -
- Oh mon Dieu, je vais… je vais… oh put…, entendit-elle depuis le miroir, et –
Quelqu'un se mit à tambouriner si fort à sa porte qu'elle sauta immédiatement hors de son lit, ses jambes nues la picotant.
La connexion avait été coupée, sa magie s'était évanouie dans un crépitement fugace.
Putain, putain, putain, putain, putain !
Elle pouvait à peine marcher. Elle avait été à ça… !
- BON SANG, MAIS QUI C'EST ?
Elle enfila une robe de chambre et descendit les escaliers en tapant des pieds.
L'adjoint David.
- TU VEUX QUOI, A CETTE HEURE-CI ?
Et voilàààààààà ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Qui veut tuer Snow ? Ou David... Vous savez maintenant que Regina n'était pas vraiment responsable d'avoir laissé Emma en plan comme ça ! Nous l'avons accusé à tord, story of her life. La suite n'arrivera pas avant après-demain ! Bisous à tous !
