Me revoilà avec un nouveau chapitre l'avant dernier en fait, si vous avez tout suivi ! Je vous remercie pour toutes vos gentilles reviews qui illuminent mes journées, vous me faîtes sourire et rire et c'est top, mais enfin bref, je vous laisse à votre lecture !
Le pire, c'était qu'il n'avait aucune raison valable de la déranger, cet abruti.
Ce putain de crétin était venu la « réveiller », la bouche en cœur, parce qu'elle avait laissée allumées les lumières intérieures de sa voiture.
Elle aboya :
- Et c'est pour ÇA que tu es venu cogner comme un malade sur ma porte en plein milieu de la nuit ? Quoi, tu t'es inquiété pour la santé de ma batterie ?
Il la regarda d'un air penaud et désolé.
- Ma fille m'a dit que tu te couchais souvent tard, j'ai pensé que tu serais probablement debout. Et comme la maison est, euh, assez grande… j'ai frappé fort.
Elle siffla entre ses dents, lui fermant violemment la porte au nez et claquant des doigts de sa deuxième main.
Elle s'arrêta net.
Elle refit claquer ses doigts, essayant d'éteindre la lumière de sa voiture – et se rendit compte que toute sa magie avait disparu.
- Nooooon, cria t-elle, faisant claquer ses doigts, encore et encore. Non !
En temps normal, elle s'en ficherait, mais là elle avait quelque chose sur le feu, bon sang !
La magie était une chose très pointilleuse, et apparemment, tout arrêter d'un coup alors qu'on était sur le point d'avoir un orgasme en étant magiquement connecté à une deuxième personne était suffisant pour que ça déconne.
Elle essaya de ravoir Emma pendant plusieurs minutes, sans succès.
Elle jura – énormément. Puis elle se força à aller se coucher.
Du sommeil. Si elle dormait, sa magie reviendrait. Elle avait besoin de sommeil, et peut-être aussi d'un bon petit déjeuner.
En plus. Demain, on était lundi. Demain, si elle suivait sa routine habituelle, elle se rendrait pour la première fois depuis vendredi chez les Charming.
Elle devait se décider.
Le matin suivant, elle se doucha et s'habilla avant de se placer devant le miroir de la salle de bain. Un mouvement sec de poignet, et la surface argentée se transformait en une fenêtre qui lui montrait Emma, devant la machine à café.
Un sourire étira les lèvres de Regina, qui caressa doucement le bras de la jeune femme.
La mâchoire d'Emma se serra.
- Tu… Je… Tu n'es pas en position de venir me parler !
Regina prit un air indigné. Elle plaisantait là, ou elle était vraiment en colère ? Elle pressa doucement l'épaule d'Emma avec des doigts, et fut soulagée de l'entendre approuver sarcastiquement ses excuses.
- Crois-moi, si ça c'était passé comme je l'avais prévu, les choses se seraient terminées différemment hier soir, dit-elle au miroir, une note d'amertume dans la voix.
Emma lui lança quelques piques de plus, sans se douter que Regina se tenait devant la porte d'entrée de sa propre maison.
Etait-ce bien raisonnable ?
Elle voulait y aller.
Mais – elle ne devrait pas.
Mais elle en avait envie.
Vu de loin, elle devait ressembler à une danseuse automate dans une boîte à musique. Elle se dirigeait vers la porte, puis faisait demi-tour et s'éloignait – avant de faire volte-face et de se rapprocher de la porte – encore et encore.
Elle ne devrait pas y aller.
Dans le miroir, Emma lui lança quelques remarques cinglantes, insistant sur le fait qu'elle était vraiment en colère contre elle - mais Regina n'était pas très inquiète pour ça.
Sans doute parce qu'elle venait de sortir de sa maison et qu'en ce moment précis, elle ne s'inquiétait que de ce qui allait suivre.
C'était le visage de Snow qui l'avait décidée. Le visage de Snow, qui l'avait menacée.
Peut-être qu'elle n'avait pas changé – mais il était absolument hors de question que Snow soit celle qui en juge pour elle.
Regina avait donc traversé les quelques pâtés de maisons qui la séparait de l'appartement des Charming.
Et tout s'était bien passé.
Elle s'était délecté de l'expression débile qu'avait prise Snow lorsqu'elle était entrée dans la pièce - les yeux exorbités, du lait coulant de son menton. Il était clair qu'elle avait crû avoir fait un travail fantastique pour faire sortir Regina de la vie d'Emma.
Son air d'incompréhension total avait donné un peu plus de confiance en elle à Regina.
Après ça, tout s'était déroulé comme d'habitude.
Parfaitement bien.
Tellement bien que Regina n'avait pas arrêté de penser à autre chose depuis. Elle avait essayé de travailler, mais elle retombait toujours dans la rêvasserie.
Finalement, à la pause déjeuner, elle céda.
Elle avait besoin de la revoir aujourd'hui. En personne.
Cette histoire de rester loin d'elle pour son propre bien, c'était impossible à tenir.
Le simple fait d'aller… la voir… ça n'engageait à rien… de toute façon… si ?
Elle avait marché deux fois plus vite que d'habitude, attrapant un repas pour deux au passage, et s'était rendu au poste.
- Regina !
Emma avait sursauté comme si quelqu'un lui avait soudain collé un tisonnier brûlant à même la peau. Que venait-elle d'interrompre ?
Regina plissa les yeux. Ça sentait de nouveau la fumée de cigarette. Elle l'avait déjà sentie ce matin et avait pensé qu'il n'était pas impossible que la Sauveuse soit retombée dans de mauvaises habitudes. Elle se demandait si ça devait l'inquiéter – ou la flatter ?
Et Emma avait aussi l'air un peu endormie.
Est-ce qu'elle était en train de dormir sur son bureau avant que Regina n'arrive ?
Est-ce qu'elle était en train de - rêver ? Cette pensée amena un grand sourire sur le visage de Regina.
Est-ce qu'elle venait de lui mater les jambes ? Depuis quand Emma lui matait-elle les jambes ?
- Tu as une mine affreuse, Emma. Qu'est-ce qui se passe ?
Elle renifla une fois de plus et réalisa que c'était sa propre magie qu'elle sentait sur Emma. Ses lèvres tressaillirent mais elle ravala son sourire. C'était donc là que sa magie s'était envolée la nuit précédente. Emma rougit et gigota un peu - et Regina écarquilla les yeux, la bouche sèche.
Elle ne devait pas se sentir très bien. Lorsqu'Emma lui avait dit qu'elle se sentait encore faible, elle avait pensé qu'elle n'était pas bien réveillée, ou qu'elle était un peu excitée. Mais apparemment, la totalité de la magie de Regina s'était infiltrée en elle et coulaient dans ses veines, torturant ses nerfs à fleur de peau.
Elle se lécha les lèvres en imaginant le niveau d'excitation qu'Emma devait ressentir en ce moment même.
Elle regarda Emma qui regardait ses jambes, et elle comprit.
La libido d'Emma avait clairement été boostée. Et ça, c'était – parfait.
- Tu m'as apporté à manger ?
Le sourire de Regina s'agrandit, malgré le doute qu'elle ressentait.
Elle observa Emma sortir le sandwich de son emballage avec une confiance totale et mordre dedans, soupirant de plaisir.
Regina sentit ses yeux s'exorbiter lorsque le bruit se transforma en un grognement de plaisir charnel, avant qu'Emma ne l'étouffe complètement.
Oooh.
Emma écarquilla les yeux et jeta un regard anxieux à Regina.
Elle eut un mal fou à s'empêcher de rire. La querelle interne d'Emma se reflétait sur son visage. Elle gigotait comme une folle sur sa chaise. Pensait-elle vraiment que ça pouvait ne pas se remarquer ?
Le pied de Regina commença à taper régulièrement le sol. Une vague de chaleur traversa son corps. Merde. Elle n'avait vraiment pas le temps de céder à son désir. Mais Emma l'observait – comme si – Emma n'était pas au courant, si ? Il était absolument impossible qu'Emma se doute qu'elle était le toucher, hein ?
Et pourtant, elle rougissait et lançait à Regina des regards enflammés, comme si elle voulait goûter chaque parcelle de son corps.
Mon Dieu, est-ce qu'elle savait ?
Regina ne réfléchit pas, et passa à l'offensive :
- Ça y est, j'en ai marre. Tu as un problème depuis plusieurs jours et j'en ai assez de faire semblant que tout va bien. Qu'est-ce qui. Se passe.
Pitié, ne dis pas que tu es au courant. Pitié, ne dis pas que tu es au courant. Bon sang, j'aurais dû arrêter. Je n'aurais pas dû aller si loin !
Le regard d'Emma se figea, comme une biche surprise par les phares d'une voiture, et elle s'affaissa sur son siège.
- D'accord, d'accord, mais Regina, s'il-te-plait. Tu ne peux en parler à personne.
Regina se pencha vers elle, très intriguée, le cœur battant à tout rompre.
Lorsqu'Emma explosa et lâcha : « Il y a un toucher ! », Regina avait faillit s'étouffer en essayant de retenir le rire aigu façon Rumplestiltkin qui avait failli sortir de sa bouche.
- Un quoi ?
Emma se rapprocha jusqu'à être au bord de sa chaise, et commença à expliquer dans un chuchotement rapide.
- Je vois, finit par dire Regina, son cœur martelant dans sa poitrine. Ça a commencé quand, exactement ?
- Au Pays Imaginaire.
- Et Rumplelstiltskin pense quand même qu'il s'agit de quelqu'un à Storybrooke ?
Seigneur, son amour pour cette femme stupide et toujours dans la lune n'avait pas de limite. Gold, ce crétin de macaque, lui avait pratiquement donné la réponse. Et pourtant, elle n'avait visiblement pas fait le rapprochement. Pourquoi ?
- Oui ?
- Je vois, répéta t-elle, scrutant le visage rouge et sérieux de son interlocutrice. Emma, commença lentement Regina, fascinée par le regard affamé et timide qui se lisait sur le visage d'Emma. Elle persista :
- Quand tu dis que cette chose te touche, qu'est-ce que tu veux dire, exactement ?
Emma tressaillit et devint écarlate.
- Ben. Euh.
- Tu ne veux pas dire que – Emma ! s'écria Regina, feignant d'être surprise.
- Je sais, je sais ! s'écria t-elle. C'est bizarre, je sais !
Regina se pencha prudemment vers elle. Tout ça était – éprouvant. Son sang commençait à bouillir dans ses veines. Il fallait qu'elle fasse attention, ou bien – elle se pencha plus en avant encore, plus qu'il n'était convenable.
- Tu couches avec lui ?
Regina sentit un frisson courir sur sa peau lorsqu'une lueur de désir se mit à briller dans les yeux d'Emma.
- Non ! cria Emma en s'éloignant brusquement d'elle.
Pendant un instant, l'odeur de la magie de Regina se fit plus forte.
Les lèvres de Regina s'entrouvrirent de choc. Le ton d'Emma traduisait la colère et le regret qu'elle ressentait. Et les choses que ça faisait à Regina – elle dû croiser les jambes, ou –
- Mais tu en as envie !
- Ben ! Je ne sais pas comment l'expliquer, Regina. Je sais que ça a l'air dingue, mais qui que ce soit, bon sang, il est génial !
Le brouillard de désir qui avait commencé à envelopper Regina s'évapora aussitôt.
- Quoi ?
Elle ne comprenait pas. Géniale – comme dans, géniale pour la toucher ? Une amante géniale ? Elle fronça les sourcils, et se pencha de nouveau en avant.
- Je te jure. Je sais, tu dois penser que je suis folle, mais j'ai l'impression d'avoir appris tellement sur lui. Je n'ai jamais ressenti ça pour personne, et je ne l'ai même pas encore rencontré, bordel !
- Pas encore ? Tu, euh, tu penses que tu vas le rencontrer ? demanda Regina, l'air de rien, malgré le fait que son cœur essayait visiblement de sortir de sa cage thoracique.
- Pff, j'espère que oui, grogna t-elle. Je sens que je vais tuer quelqu'un, sinon. Tout ça…
Emma marqua une pause pour réfléchir, et Regina, intriguée, attendit impatiemment. Cette conversation lui donnait l'impression d'être dans des montagnes russes.
- Regina. Peut-être que tu pourrais me renseigner sur…
- Sur quoi, m- ?
Elle s'interrompit brusquement. Elle s'était tellement habituée à appeler Emma « mon cœur », « ma chérie » ou « mon amour » lorsqu'elle lui parlait dans le miroir que ça lui avait presque échappé.
- Essaye de ne pas me juger, ok - j'ai jamais couché avec cette – personne, mais c'était pas loin de se faire.
- Ah oui ? demanda Regina en fixant Emma, captivée.
Elle n'en croyait pas ses oreilles. Emma était en train de parler d'une proximité – en tant que personnes – pas juste pour le sexe. Elle en était sûre. Pendant un instant, elle se demanda si elle devait tout avouer sur le champ et voir ce qui se passerait.
- Euh, ouais. La nuit dernière, il a, putain, j'en sais rien. C'était comme s'il m'avait enveloppé dans une sorte de champ magnétique sexuel ou un truc comme ça. J'en sais rien, mais putain – j'étais à deux doigts de… Je sais pas, j'ai jamais ressenti ça avant.
- Pourquoi, euh, pourquoi est-ce que tu n'as pas… tu sais ?
Elle avait un peu de mal à respirer correctement, et lorsqu'elle se rappela à quel point Emma avait été proche de l'orgasme, elle eut l'impression que sa culotte était soudain un peu trop serrée.
Combien de temps – se demanda t-elle – combien de temps ça lui prendrait de ramener Emma à ce degré d'excitation – ici, sur ce bureau bas de gamme ?
- Parce que ce con s'est arrêté ! Putain, j'étais à deux doigts d'un orgasme tellement fort que j'étais même pas sûre que mon corps pouvait le supporter, et il s'est juste barré !
- Vraiment ? haleta Regina en tendant la main vers sa bouteille d'eau.
« Un orgasme tellement fort que j'étais même pas sûre que mon corps pouvait le supporter. » Regina prit une grande inspiration et la relâcha lentement, manquant sa bouteille et renversant de l'eau sur tout le bureau.
Emma ne le remarqua pas.
- Mais oui ! Je ne sais pas pourquoi ! Tu pense qu'il ne peut pas faire ça à moins d'être là en personne ?
Une vague d'arrogance et de suffisance traversa Regina alors qu'elle nettoyait l'eau, puis ses habits. Oh, si elle savait à quel point sa vision du problème était erronée. En fait, si cette conversation durait encore longtemps, elle était presque sûre qu'elle allait le lui faire comprendre.
Elle étudia le visage plein d'espoir d'Emma, et se demanda, une fois de plus : est-ce qu'elle sait ? Est-ce que cette conversation était censée servir d'appât ? Etait-elle en train d'essayer de forcer Regina à confesser ?
- Tu dis que tu ne sais pas qui c'est ?
- Non !
- Alors…, commença t-elle en cherchant quelque chose à dire.
Elle ne voulait pas dire que le toucher avait peut-être été dérangé, parce qu'elle avait peur que David ait dit à Emma qu'il était passé chez Regina, la nuit dernière. Elle y alla donc au feeling, et termina :
- Je pense que peut-être il n'a pas voulu faire quelque chose qui pourrait te déplaire. Ce n'est pas comme si vous aviez pu avoir une conversation à propos de ça.
- Impossible. J'étais littéralement en train de le supplier !
Oui. Oui ! Ooooh. Bordel. Oui. Putain… Les mots résonnèrent soudain dans la tête de Regina, et elle laissa échapper un halètement.
- Crois-moi, j'en avais envie – ce qui est toujours très bizarre en sachant que, tu sais, je n'ai aucune idée de son identité. Oh putain, est-ce que ça fait de moi une salope ? Parce que, je te jure, j'ai vraiment l'impression d'être en couple avec quelqu'un que je ne peux pas voir ! Je ne suis pas juste en train de me jeter sur quelque chose, enfin quelqu'un, de complètement aléatoire sans même savoir qui c'est.
Regina afficha un grand sourire, clairement amusée.
- Est-ce que tu as pensé à lui dire ce que tu voulais exactement ?
Elle imaginait Emma sur son lit, sur le dos, suppliante. Elle l'imagina supplier Regina de la faire jouir.
Son corps était de nouveau à fleur de peau, et elle commença à gigoter imperceptiblement sur son siège.
- Non ! Parce que ce que je voudrais vraiment, c'est avoir une relation à deux avec cette personne, bordel.
Regina hésita.
- Mais, si jamais tu ne rencontrais jamais cette personne-
Merde. Est-ce qu'Emma irait jusqu'à se séparer du toucher ? Parce que Regina n'était pas sûre d'être prête à envisager cette possibilité – pas du tout – jamais.
- Bon sang, ne dis pas ça !
Emma se frotta vigoureusement le visage. Elle reprit :
- Mais j'imagine que si c'est tout ce que je peux avoir – ouais, je prends. Mais je veux tellement, tellement savoir qui c'est ! Enfin bref, ce que je voulais savoir, c'est…
Emma leva les yeux et ses yeux s'écarquillèrent.
- Ça va ?
- Quoi ?
Regina relâcha la lèvre qu'elle était en train de mordiller. Ne te trahis pas toute seule !
- Est-ce que ça va ?
- Um, bien sûr. Pourquoi tu demandes ?
- Tes joues sont vraiment rouges. Tu as chaud ?
- Toi non ?
Le sous-entendu n'échappa pas à l'esprit de Regina. Comment faisait-elle pour ne pas avoir chaud ? Pour parler de tout ça en restant posée ? Regina sentait que sa chemise commençait à lui coller au dos. Elle n'allait sûrement pas tarder à exploser. Est-ce que ce serait une si mauvaise chose ? Emma avait l'air tellement désespérée de savoir qui se cachait derrière le toucher qu'elle envisagerait de s'engager dans une relation avec n'importe qui – même une personne qui l'avait profondément blessée quelques jours plus tôt.
Elle pourrait juste –
Emma haussa les épaules.
- Bref, j'ai pas réussi à dormir, du coup. C'était comme si j'étais sous tension toute la nuit, um, si tu vois ce que je veux dire. Est-ce que c'est – normal ?
Regina sursauta. Elle était en train d'imaginer – pfiouuu – elle prit une grande inspiration. Reprend-toi.
- Honnêtement, Emma, je n'en sais rien. Je pense.
- Je, euh…
Regina se demanda si Emma avait remarqué à quel point elle s'était rapprochée d'elle.
- Je ne peux pas m'empêcher de penser que si je… tu sais quoi –
- Quoi ?
- Ben, tu sais.
- Quoi ? Oh !
Regina ferma brusquement les jambes. Emma était en train de lui parler de masturbation. Les montagnes russes venaient de recommencer. Elle imagina Emma se débarrasser de ses sous-vêtements, écartant les jambes, exposant son sexe excité par les doigts de Regina.
- Ouais, que si je – tu sais quoi – ce soir, je me sentirais mieux. Je veux dire, putain, j'ai l'impression que ma peau est en feu depuis ce matin !
Regina devint soudain très consciente de la rapidité de sa respiration. Les battements de son cœur s'accélérèrent et elle avait l'impression que sa propre peau était en feu. Instinctivement, elle avait envie de respirer plus vite, mais elle avait peur que ça la trahisse. Elle ne devait pas laisser Emma deviner à quel point elle avait envie de se jeter sur elle par-dessus le bureau.
Sa respiration s'étouffa et trébucha en essayant de garder un rythme normal.
A quel moment de la conversation s'étaient-elles rapprochées à ce point ? Les lèvres d'Emma étaient à quelques centimètres des siennes. Tout ce qu'elle aurait à faire, c'était de se pencher un peu plus.
Sa respiration trébucha une fois de plus.
Soudain, les yeux d'Emma se mirent à parcourir son corps, ses lèvres, ses seins, ses yeux.
Bon sang, si elle ne sortait pas très vite de cette pièce, elle allait prendre cette femme - elle allait posséder Emma.
Ses mains tressaillirent, son bas-ventre douloureusement excité.
- Oh, je ne sais pas, Emma. Je veux dire, je n'ai jamais vécu ça, mais j'ai l'impression qu'avec de la magie comme celle là (elle improvisait, s'écoutant à peine) – se masturber ne ferait qu'empirer les choses.
Sans qu'Emma ne se doute de rien, elle commença à planifier la soirée qu'elles allaient partager. Sans personne pour les interrompre, cette fois.
- Imagine, vu ce que tu m'as dis, que la magie t'empêche d'atteindre l' – de finir. Ou un org – que ça double les effets ?
Hors de question qu'elle encourage Emma à terminer toute seule.
- Si j'étais toi, la prochaine fois que le toucher, comme tu l'appelles, vient te voir, je lui ferai comprendre de manière très claire que je voudrais-
- Jouir. De préférence avec lui.
Regina grogna silencieusement, sentit une vague de plaisir la traverser, et ne tergiversa plus sur la réalisation de ses projets mentaux.
Ce soir, coûte que coûte, elle ferait jouir Emma Swan.
- Exactement. Et je dirai même…
- Oui ? demanda Emma en se penchant un peu plus.
Regina se lécha les lèvres, laissant sa sensualité envelopper le corps Emma. Elle se pencha vers elle, sûre de son plan.
- Supplie-le.
Le visage d'Emma redevint très sérieux.
- Ouais. Je pense que tu as raison.
Regina mordit l'intérieur de sa lèvre et se leva de sa chaise.
- Tu pars ?
Elle haussa les sourcils et répondit :
- J'ai du travail.
- Oh, lâcha Emma, visiblement déçue. D'accord.
Son sang bouillait toujours dans ses veines lorsqu'elle plongea dans ces yeux verts qui réfléchissaient au meilleur moyen pour que Regina lui fasse l'amour.
Cette pensée faisait tourner la tête de la concernée.
- On se voit demain matin ?
Regina hocha fermement la tête pour contrebalancer le ton séducteur que sa voix avait décidé d'adopter sans sa permission.
- Demain matin, oui.
En sortant de la pièce, elle sentit le regard d'Emma dans son dos.
Dès qu'elle eut tourné au coin du bâtiment, elle s'arrêta et s'appuya contre le mur en soufflant bruyamment, la respiration erratique.
L'effort qu'elle avait dû fournir pour garder une respiration normale et régulière lui donnait le vertige. Mais de toute façon, la sensation de vertige ne disparut pas lorsqu'elle s'autorisa à respirer vite et fort, alors bon.
Elle se mordit la lèvre et commença à attendre que le soir arrive.
Ce soir-là, Emma Swan devint le projet téléréalité personnel de Regina. Regarder la jeune blonde essayer de se détendre devant la télé alors que son corps n'arrêtait pas de sursauter et de tressaillir était le spectacle le plus amusant que Regina avait jamais contemplé.
Elle gigotait et se déplaçait vers la gauche – et quelques instants plus tard, revenait à sa place initiale. Elle se tortillait et posait ses jambes sur la table – avant de glapir et de rougir immanquablement.
Enfin, en poussant un cri exaspéré, Emma se leva, jetant la télécommande sur la table basse.
Elle la regarda marcher à grand pas vers la salle de bain et tourner la température de la douche vers très froid.
- Tu es là, hein ?
Un sourire séducteur étira les lèvres de Regina, et elle effleura son ventre avec un seul doigt. Elle voulait qu'Emma enlève son t-shirt.
Emma abordait un sourire relaxé mais fier. Au lieu de retirer le vêtement, elle défit le bouton de son jean.
Regina se raidit sur son lit.
Emma baissa la fermeture éclair et se tint debout, haussant un sourcil.
Regina gémit doucement en posant une main sur les muscles plats et durs du ventre qu'elle voulait désespérément voir.
- Tu peux m'aider ?
Regina haussa les sourcils. Elle pouvait. Ça ne voulait pas dire qu'elle allait le faire.
Après une minute d'attente, Emma afficha un sourire narquois.
Le t-shirt disparut.
Elle avait vu Emma à différents stades de nudité durant leur – communication, mais jamais jusque là. Emma avait retiré son t-shirt et avait pris une pose provocante et séduisante, son jean toujours bien serré autour de sa taille, son soutien-gorge sombre sur sa peau.
Regina prit une grande inspiration. Emma était magnifique.
Elle soupira. En général, elle n'était pas patiente, mais certaines choses valaient la peine qu'on attende pour les avoir.
Elle observa Emma retirer ses chaussettes, puis marquer une pause, les mains posées sur son jean.
Regina grogna impatiemment sur le miroir.
Le sourire en coin d'Emma s'agrandit et elle commença à se déhancher pour faire descendre son jean centimètre par centimètre.
Les mains de Regina tressaillirent et le verre de vin qu'elle tenait se fendit soudain, laissant apparaître une longue fissure tout du long. Son Shiraz 2008 coulait le long de son poignet, mais elle n'y prêtait aucune attention.
Emma ne portait pas de culotte !
Regina croisa et décroisa ses longues jambes, essayant vainement de calmer sa respiration.
Toute la journée ? Elle avait été nue sous son jean toute la journée ? A midi aussi ?
Inconsciemment, elle commença à caresser les mollets d'Emma, l'eau à la bouche, fixant sa peau d'un air affamé. Elle sentait sa magie bouillonner dans le corps d'Emma, et dégager un parfum enivrant et excitant.
Et là, Emma commit une grave erreur. Elle afficha un sourire espiègle, et lâcha : « C'est tout ce que tu auras » avant de se placer sous le jet d'eau glacé.
Regina sentit que sa magie abandonnait le corps de la blonde, le froid de la douche finissant par l'emporter sur l'excitation de la nuit précédente.
- Bon sang !
Son verre se fissura un peu plus.
Cette femme ! Elle savait comment – jouer – avec Regina.
Elle était irritée, énervée même, mais aussi fière, en un sens.
Elle regarda Emma se doucher en réfléchissant. Ce qu'elle venait de faire n'était pas la seule raison qui faisait penser à Regina qu'Emma la connaissait vraiment. En fait, Emma semblait la connaître de A à Z. Parfois, ça en devenait même agaçant. Elle faisait quelque chose, puis croisait le regard d'Emma qui lui souriait d'un air entendu.
Le désir – purement sexuel – qu'elle ressentait commença à s'évaporer – ou plutôt à se transformer. Il s'adoucit, et soudain, elle se sentit triste. Elle voulait tellement être là-bas avec elle.
Tellement.
Emma sortit de sa douche en chantonnant doucement. Elle se sécha et se dirigea vers sa chambre, de toute évidence pour s'habiller - mais Regina l'attendait de pied ferme.
Délicatement, elle attrapa son épaule et la tira vers elle, joueuse.
Emma gloussa et atterrit sur son lit, sur le dos, provocante.
Le coin des lèvres de Regina tressaillit alors qu'elle scrutait le visage d'Emma. Elle abordait un sourire content. Doucement, Regina fit passer deux doigts sur ses lèvres et sourit en retour, satisfaite de l'expression heureuse qui se reflétait sur le visage d'Emma.
Elle caressa ce visage et imagina ce que ça serait, de se pencher et de presser sa joue contre celle d'Emma. Un petit soupir s'échappa de ses lèvres.
Elle se mit sur le dos, se débarrassa de ses habits et fit un geste du poignet, rétablissant sa connexion en temps réel avec Emma. Puis elle commença à toucher, à caresser, à taquiner chaque parcelle de son – du corps d'Emma. Elle la touchait avec la plus grande attention, espérant transmettre la douceur de ses gestes à Emma – espérant qu'elle comprenait combien elle comptait pour Regina – à quel point Regina la désirait.
Elle s'arrêta sur tous les endroits favoris d'Emma, puis sur les siens, sentant que leurs sens devenaient à fleur de peau - leurs corps commençant à s'éveiller ensemble.
Elles laissèrent d'abord échapper quelques soupirs ici et là, la respiration haletante. Puis, elles devinrent plus bruyantes. Un petit gémissement, un cri de plaisir.
Leurs épaules se mirent à tressauter, leur ventre à trembler.
Finalement, des mots entiers sortirent de leur bouche.
Oui.
Oh.
Tendrement, Regina caressa le visage d'Emma, son pouce en traçant les contours avec amour pendant que son autre main jouait avec ses tétons érigés.
Elle effleura de nouveau les lèvres d'Emma, en imaginant que c'était ses propres lèvres, et entendit la voix d'Emma se casser en murmurant :
- S'il-te-plait, viens. S'il-te-plait.
Regina sentit son cœur se briser. Elle savait, elle savait à la voix d'Emma et à ses mots qu'elle désirait réellement que Regina soit là, avec elle. Elle se fichait de l'identité du toucher, elle voulait juste savoir qui c'était.
Le visage enfouit dans ses draps, Regina se mit à pleurer, parce que – parce qu'elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas céder.
Alors, au lieu de rejoindre Emma, elle lui ferma de nouveau les yeux, déterminée à ce que cette relation anonyme en vaille la peine.
Emma accepta de fermer les yeux et Regina tendit la main, la faisant passer le long de son ventre et plongeant dans la chaleur du sexe d'Emma.
Elles haletèrent.
La tête appuyée contre son miroir, Regina la caressa un instant, puis elle la pénétra en frissonnant.
Emma laissa échapper un cri aigu et Regina ferma les yeux, ondulant contre sa propre main.
Ses doigts bougeaient avec précision, récoltant un plaisir teinté de magie comme elle n'en avait jamais ressenti auparavant.
Le dos de Regina s'arqua sur le lit, et, se prélassant dans les gémissements de son amante à distance, sa deuxième main rejoint la première, caressant, taquinant.
- Oh mon Dieu, crièrent-elles toutes les deux.
Les soins de Regina se firent plus insistants, elle bougeait plus vite, plus fort.
Emma babilla un peu alors que Regina continuait à travailler, à provoquer leur corps, sentant qu'elles commençaient à s'approcher de l'orgasme.
Elles étaient proches, Regina le sentait. Ses doigts pulsaient en elle dans un va et viens incessant. Elles y étaient presque.
- Attend.
Emma s'était assise d'un coup, surprenant Regina.
Elle sourit en contemplant l'ébahissement qui brillait dans ses beaux yeux verts. Doucement, elle effleura sa joue et tenta de la rallonger. Mais Emma ne se laissa pas faire.
Inquiète, Regina prêta une plus grande attention à l'expression d'Emma, et finit par remarquer son regard.
- Non !
Quoi ? Qu'est-ce qui n'allait pas ? Elle lui chatouilla l'oreille, essayant de la calmer et de la pousser sur son dos, mais Emma ne voulait toujours pas se rallonger.
Regina fronça les sourcils et plissa les lèvres. Est-ce qu'elle avait fait une bêtise ? Elle avait l'air si –
Les yeux s'Emma s'écarquillèrent, et elle lâcha :
- Regina !
Regina s'enfuit aussitôt.
Elle avait dit son prénom. Oh non, elle avait dit son prénom. Elle savait ! Elle savait ! Qu'est-ce qu'elle allait faire, maintenant ? Oh non !
Regina avait paniqué. Regina s'était enfuit de la pièce dès que son nom avait été prononcé, coupant le lien – même si ça lui avait fait physiquement mal.
Elle avait longuement fixé son miroir en argent avec horreur, paniquée, ne parvenant plus à penser clairement.
Puis, elle s'était rhabillée à l'aide de sa magie et était venue ici.
Son caveau.
Emma allait la chercher.
Ce serait le seul endroit où elle ne penserait pas à venir voir.
Enfin, non.
Elle y penserait, mais elle ne pourrait pas entrer.
Oh non, elle avait dit son nom !
Ça s'était passé plusieurs heures plus tôt, et depuis, Regina n'avait pas arrêté de faire les cent pas, répétant dans sa tête les mêmes mots indéfiniment : elle avait dit son nom !
Qu'est-ce qu'elle allait faire, maintenant ?
Le soleil était en train de se lever.
Dans quelques minutes, il ferait jour.
Qu'est-ce qu'elle allait faire ?
Bon sang, qu'est-ce qui lui avait pris ?
Elle allait probablement la détester.
Elle la détestait sans doute déjà.
Et si Emma ne la cherchait pas ?
Oh non, et si elle ne prenait même pas la peine de la chercher ?
Si elle avait juste pris Henry et qu'elle était déjà à mi chemin pour Boston ?
Oh non !
Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle devait faire. Elle était figée.
Il n'y avait rien à faire.
Elle faisait les cent pas. Parfois, elle s'asseyait. Parfois, elle recommençait à faire les cent pas.
Jusqu'à ce qu'elle entende un bruit de pas dans les escaliers.
Aha ! Plus qu'un chapitre pour résoudre l'affaire, y arriveront-elles ? Elles rament tellement qu'on se le demande ! Je sais que j'avais dis que je postais les chapitres deux par deux, mais je vais vous faire mijoter un peu pour le dernier quand même, je le posterai... (non, c'est pas une blague, je réfléchis vraiment en même temps que je tape)... après-demain ! Bisous à tous !
