Disclamer : l'univers et les persos appartiennent à J. K. Rowling et Stéphanie Meyer.

Blabla de l'auteur : Qu'advient-il de tout ce petit monde après la troisième tâche ?

Usurpation d'identité

Chapitre 2

Quand Harry se réveilla, il faisait grand jour et tout était calme dans l'infirmerie. Plutôt étonnant vu l'heure probable et le fait qu'il soit ici mais la table croulant sous les cadeaux divers à côté de son lit l'informa que ses amis et fans étaient déjà passés et avaient probablement été chassés par Mme Pomfresh. Celle-ci arriva d'ailleurs et lui lança toute une série de sorts avant de s'estimer satisfaite et de lui présenter son déjeuner – qu'il avait intérêt à manger entièrement. Harry demanda quelles étaient les dernières nouvelles et elle lui répondit qu'elle l'informerait après son repas – foutue maître-chanteuse. Il se dépêcha donc d'engloutir son plateau sous l'œil désabusé de l'infirmière qui lui rappela quand même de ne pas se rendre malade.

- Chomps, chomps, gloups. Alors ?!

Mme Pomfresh se permit un soupir faussement désespéré avant de lui sourire, attendrie comme toujours par ces bons Merlin d'élèves dès lors qu'il n'était plus question de soins.

- Bon. Le mage noir et celui qui s'était fait passer pour Maugrey ont pu être arrêtés avant de réussir à fuir Poudlard et le Magenmagot s'est réuni en séance exceptionnelle pendant la nuit. Ils ont voté le baiser du détraqueur pour Tu-sais-qui et la sentence a été exécutée séance tenante. Cette fois-ci il est bel et bien mort. Quand à son acolyte, Barty Croupton Junior, il a rejoint Azkaban pour continuer à purger sa condamnation à perpétuité à laquelle son père l'avait soustrait en le remplaçant par sa femme mourante sous polynectar. Idée qu'il a reprise à son compte après que Tu-sais-qui l'ait retrouvé.

- Eh bien... je vais peut-être réussir à ne pas finir à l'infirmerie l'année prochaine.

- Ça me ferait des vacances ! Mais je ne rêve pas, vous trouverez bien le moyen de vous blesser en jouant au Quidditch.

Harry sourit à la grimace de l'infirmière, qui était bien l'une des rares personnes de sa connaissance à ne pas aimer le Quidditch.

- Est-ce que je peux sortir ?

Malgré lui la question sortit sur un ton limite implorant. Mme Pomfresh roula des yeux face à son regard suppliant.

- Vous sortirez pour le dîner si vous vous sentez bien ! En attendant reposez-vous. Même si je suis sûre que ce terme vous est inconnu.

Harry abandonna, sachant que rien ne ferait fléchir le dragon de l'infirmerie, et se rallongea tandis que les restes de son repas s'envolaient. Il n'aimait pas rester oisif – ça lui rappelait quand il restait enfermé des heures dans son placard chez les Dursley – mais si c'était juste une après-midi, il pouvait bien le supporter. Avisant à nouveau la pile de cadeaux de bon rétablissement, il se dit qu'au moins il avait de quoi s'occuper.

Lire les messages de ses amis était réconfortant et amusant – surtout la lettre des jumeaux – mais quand il tomba sur un parchemin signé Cédric, bizarrement il sentit son cœur s'emballer. Le message n'avait rien d'extraordinaire mais Harry ne pouvait s'empêcher de repasser les doigts sur chaque mot en imaginant Cédric les prononcer en lui souriant.

« Harry,

J'espère que tes blessures guérissent bien et que tu ne fais pas trop de cauchemars avec cette histoire.

Rétablis-toi vite

Cédric »

Harry ne savait pas trop quoi mais quelque chose s'était passé entre lui et Cédric pendant cette dernière épreuve. Avant ils avaient juste donné à l'autre des informations par pur esprit... euh... Gryffi-Pouff. Mais la troisième épreuve les avait amenés à se protéger l'un l'autre et à travailler en équipe – même si Cédric était un niveau au-dessus en plus de visiblement partager la résistance au sort de mort d'Harry. En tout cas ils avaient développé un lien, une certaine complicité. Ce n'était peut-être pas – pas encore – de l'amitié comme il ressentait pour Ron et Hermione, ou pour d'autres élèves avec moins de force mais c'était un sentiment aussi intense. Il était soucieux de comment Cédric allait et avait envie de le voir, juste comme ça pour discuter.

Mais Cédric ne fit pas partie des personnes qui lui rendirent visite dans l'après-midi et comme c'était la fin de l'année et du tournoi des trois sorciers, et que le « reste » avait été réglé, la remise du trophée des trois sorciers eut lieu pendant le dîner, que tous les élèves puissent y assister avant de repartir le lendemain. Harry se sentait gêné de recevoir des éloges, encore plus pour l'ordre de Merlin 1ère classe qu'on leur avait rajouté pour avoir empêché Vous-savez-qui de revenir. C'est pas comme s'il avait fait grand chose à part gémir et se faire sauver par Cédric comme une demoiselle en détresse. Mais Cédric ne voulait pas qu'on sache pour le sort de mort et sans doute pas non plus pour le tranchage de gorge de sang froid. C'était plus simple et plus crédible de prétendre s'en être sorti par chance en s'y mettant à deux. Mais Cédric aurait vraiment mérité d'avoir toute la gloire. Même si il semblait étrangement aussi gêné qu'Harry alors qu'il s'était inscrit au tournoi pour ça. Entre le discours du Ministre et les félicitations de ses camarades, Harry n'eut guère l'occasion d'échanger un mot avec Cédric.

Il ne l'aperçut même pas le lendemain alors que tout le monde prenait le Poudlard Express. Sans doute avait-il embarqué dans les premiers, Harry et ses amis avaient été bons derniers, Harry et Ron ayant dû finir de boucler leurs valises qu'Harry n'avait pas pu commencer à l'avance étant à l'infirmerie et Ron... bah c'est Ron. Ne se voyant pas faire le tour des wagons – et de sa notoriété mise à jour – pour se pointer comme une fleur dans celui où Cédric et ses amis devaient être – sans compter sa petite-amie Cho – il décida d'oublier cette étrange envie de voir Cédric. Après tout peut-être le verrait-il cet été s'il allait chez les Weasley, il habitait dans le coin, non ? … Malgré les conversations joyeuses avec ses amis, il eut du mal à ne plus penser au Poufsouffle, jusqu'à ce qu'ils arrivent à la gare de King Cross et qu'il aperçoive Sirius.

Le cadavre d'un Peter Pettigrow mangemort avait permis à Dumbledore de ressortir l'histoire de l'innocence de Sirius. Ayant déjà été forcés de revoir leur croyance sur la mort de Voldemort, le Magenmagot avait été plus ouvert à réexaminer le cas. Au final Sirius avait rapidement été blanchi et avait reçu une forte compensation pour son emprisonnement à tort. On lui avait même concédé la garde d'Harry, sous contrôle cependant, le temps qu'on établisse qu'il avait bien gardé toute sa tête. Sirius s'était empressé d'acheter un petit cottage en bord de mer pour s'offrir des vacances de rêve avec Harry. Ce qui n'était pas pour déplaire aux Aurors qui se relaieraient pour assurer la sécurité d'Harry – entre possibles vengeances d'ex-mangemorts dépités par la mort définitive de leur maître, fans envahissants et tuteur un peu fou-fou. Encore que quand ce fut au tour de sa cousine Tonks, les deux faisaient la paire. Ce premier mois d'été était comme un rêve, à se baigner, faire des châteaux de sable, louer un bateau – pour tourner en rond avant de louer un navigateur – faire le tour culinaire des restaurants, découvrir le cinéma et surtout la vie avec une famille qui vous aime.

C'est un homme et un adolescent radieux qui rejoignirent le Terrier des Weasley pour fêter l'anniversaire d'Harry et passer le reste des vacances avec ses amis. Tout le monde était ravi – à part Mme Weasley de voir Sirius collaborer avec les jumeaux, voire les entrainer dans de nouvelles blagues. Mais ça ne brisait pas la bonne humeur ambiante, bien au contraire ! Même si de temps en temps Harry sentait l'envie de voir Cédric revenir le titiller. Il ne pouvait pas y faire grand chose à part prendre son mal en patience jusqu'à la rentrée, se sentant trop gêné à l'idée d'avouer son étrange manque.

Finalement la chance lui sourit quand Mr Weasley proposa de profiter du beau temps en invitant leurs voisins à un pique-nique. Harry ne savait pas qui étaient les Lovegood mais il était trop occupé à prier Merlin que Cédric, enfin les Diggory acceptent de venir – surtout Cédric – pour s'en soucier. Merlin l'exauça et il se retrouva à choisir avec soin sa tenue. Ce qui était ridicule alors il essaya de ne pas prendre trop de temps pour que personne ne le remarque. Pas envie de se faire charrier par Ron, Sirius et encore moins les jumeaux, ni d'être fixé par Hermione comme un sujet d'étude. Du coup il ne fallait pas que sa tenue soit trop recherchée. Quelque chose de cool mais simple et peu délicat pour s'asseoir dans l'herbe. Au moins, depuis qu'il avait refait sa garde-robe avec Sirius, il avait le choix. Il finit par se fixer sur un pantacourt – pour cacher ses genoux noueux – kaki et un débardeur rouge – vive Gryffondor !

Mine de rien il trouva les Lovegood très sympathiques. Encore plus perchés que Dumbledore mais ça l'amusait au contraire d'Hermione dont l'esprit cartésien – même après quatre ans d'école de magie – avait du mal avec les gens ayant un hippogriffe au plafond. Par contre, si revoir Cédric lui fit chaud au cœur, il ne tarda pas à déchanter. L'osmose qu'il y avait eu entre eux lors de la troisième tâche avait complètement disparue. Certes Cédric s'était enquis de la santé d'Harry et avait sourit quand il l'avait rassuré sur ce point, mais il ne semblait pas particulièrement à l'aise avec Harry. Leurs échanges étaient plutôt maladroits et Cédric conversait plus naturellement avec les jumeaux. Le cœur douloureux sans trop savoir pourquoi, Harry préféra se concentrer sur la conversation animée – et loufoque – que tenaient Sirius et les Lovegood. Ron et Ginny écoutaient plus qu'ils ne participaient, un air amusé sur le visage. Bizarrement, Hermione et Mme Weasley préféreraient bavarder avec les Diggory. Quelque chose disait à Harry que Mr Weasley s'était joint à eux uniquement parce qu'ils parlaient des différences entre le monde moldu et celui magique. S'il n'avait pas été suspendu aux paroles d'Hermione, sûrement qu'il serait venu s'amuser avec eux.

Au final ce fut une belle et joyeuse journée, et tout le monde promit de se revoir – à Poudlard pour certains. Mais elle laissa un arrière-goût amer à Harry qui ne put s'empêcher de jeter un dernier regard déçu à Cédric... avant de se détourner rapidement quand celui-ci regarda dans sa direction. Il allait devoir se faire une raison : leur entente particulière n'avait été due qu'à l'atmosphère de la troisième tâche.

A SUIVRE

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Iroko