Disclamer : l'univers et les persos appartiennent à J. K. Rowling et Stéphanie Meyer.
Blabla de l'auteur : Alors, serez-vous comme Harry ?
Usurpation d'identité
Chapitre 3
Les jours suivants Harry ne put s'empêcher de se sentir un peu morose. Là où auparavant il était fébrile et impatient de revoir Cédric, il avait à présent la nostalgie de son Cédric. Celui de la troisième tâche qui l'avait tenu dans ses bras avec un air concerné et pas celui qui n'arrivait même pas à lui parler normalement et avait hâte d'être à la rentrée pour revoir sa petite-amie. Harry soupira encore une fois, assis contre la fenêtre de la chambre de Ron où il s'était isolé. Au moins aujourd'hui il avait une excuse pour ruminer, le soleil avait finalement décidé qu'il avait assez travaillé cet été et il avait plu toute la journée. A présent le ciel semblait avoir épuisé ses larmes et Harry observait les gouttes qui continuaient à perler des branches des arbres.
Soudain il aperçut une silhouette à demi-cachée derrière un tronc. Ce n'était pas tout près mais il jurerait que c'était Cédric. Sa curiosité de Gryffondor et l'étrange manque qui lui serrait le cœur l'empêchèrent d'y réfléchir à deux fois et il dévalait déjà les escaliers – aussi silencieusement qu'il pouvait – sous sa cape d'invisibilité. Il s'approcha, aussi discrètement qu'il le pouvait, du mystérieux observateur. C'était bien Cédric. Même s'il semblait quelque peu différent de quand il l'avait vu au pique-nique sans qu'Harry sache dire en quoi. Et que faisait-il là à observer le Terrier en cachette ? Harry aurait voulu que ce soit pour le voir mais il se faisait du mal à espérer des choses improbables. Brusquement Cédric bougea rapidement vers lui et lui ôta sa cape d'invisibilité.
- Trouvé ! Alors, tu joues à cache-cache, Harry ?
La surprise fit sursauter Harry et il se mit à bégayer, troublé par la manière dont Cédric avait prononcé son nom, en roulant légèrement les « r » comme s'il les savourait.
- Ouah ! Que... tu... tu as commencé le premier ! Qu'est-ce que tu... fais caché là ?
- Eh bien je suis dans une situation délicate. Je voulais te voir mais personne d'autre ne doit apprendre le secret que j'ai à te dire.
- Un secret ?
- Oui. Tu promets de n'en parler à personne ?
- … D'accord, je promets de ne révéler à personne ce que tu vas me confier.
Harry était curieux. Quel secret ? Pourquoi lui dire à lui ? Il rougit un peu quand Cédric lui prit les mains et le regarda droit dans les yeux.
- Je ne suis pas Cédric.
…
Gnein ? Harry resta comme pétrifié par une mandragore, les connexions logiques n'arrivant pas à s'établir. Comment, au nom de Merlin, pouvait-il ne pas être Cédric ?! Est-ce qu'il utilisait aussi du polynectar ? Ou alors il était un métamorphomage comme Tonks ?
- Je suis son frère jumeau Edward.
Depuis quand Cédric avait-il un frère jumeau ?! Et pourquoi n'était-il pas à Poudlard ?
- Je suis cracmol alors la plupart des gens ne sont pas au courant de mon existence. Ça ne pose pas de problème à ma famille mais ça n'est pas le cas de tout le monde et on a préféré rester discret. Je suis allé étudier côté moldu aux États-Unis.
Okay. L'histoire se tenait sauf que...
- Mais c'était toi pendant le tournoi, non ?
- Uniquement lors de la troisième tâche. Je ne voulais pas... tricher, ou priver Cédric de s'élever par lui-même, mais j'ai une amie qui est voyante. Et elle avait vu que si Cédric entrait dans le labyrinthe il mourrait, mais que si c'était moi j'en sortirai vivant. Alors tant pis pour les règles, je ne pouvais pas laisser mon frère mourir.
C'est sûr. Harry frissonna en revoyant Cédric... non Edward, se prendre le sortilège mortel. La douleur quand il avait cru l'avoir perdu...
- Je suis content que tu résistes au sort de mort.
- Moi aussi.
- C'est pour ça alors que Cédric était aussi mal à l'aise à la cérémonie de récompense et avec moi au pique-nique, parce qu'il n'avait rien fait de ce qu'on lui attribuait ?
- Oui. C'est vraiment dur pour un type honnête et droit comme lui de mentir ainsi, mais même avec les circonstances exceptionnelles, ça reste de la tricherie. Mais j'ai pris un sort de mort pour lui, il peut bien prendre cette célébrité usurpée. Surtout que c'est lui qui a choisi de participer à ce tournoi, moi la gloire éternelle ça ne m'intéresse pas. Mais je suis content qu'il l'ait fait, comme ça j'ai pu te sauver.
- Moi aussi. Mais comment tu as fait pour traverser les obstacles du labyrinthe si tu ne pouvais pas te servir de la magie ?
- Eh bien... j'ai utilisé d'autres dons. Ce n'est pas pour rien que j'ai attendu que le ciel soit couvert pour chercher à te voir. J'ai eu un accident mortel il y a quelques mois mais la chance a voulu qu'un coven de vampires végétariens soient dans les environs et me transforment pour me sauver la vie. Avec ma vitesse vampirique j'ai pu échapper ou contourner les obstacles.
Vampires. Transformé. En vampire ? Un vampire... Edward est un vampire ? Avec des quenottes pointues ? Un sourire timide mais ouvert sur deux canines protubérantes le lui confirma. Ah. Bon. Donc... c'est pour ça que le sort de mort n'avait pas fonctionné. Cool. Et... euh... Donc c'était un vampire. Bon, et après ? Est-ce que ça avait une quelconque incidence dans la relation qu'ils avaient ? Relation qu'Harry était incapable de définir. Il pouvait juste fixer Edward et être heureux qu'il soit là avec lui. Il ne bougea pas lorsque Edward leva lentement sa main pour venir la poser contre sa joue. Harry frissonna et ferma à demi les yeux alors qu'il savourait la caresse. Il eut à peine conscience du rapprochement d'Edward avant que les lèvres de celui-ci ne se posent sur les siennes. Un hoquet de stupeur lui échappa en même temps que montait en lui un irrépressible désir. Son cœur chantait « plus, plus ! ». Plus de quoi ? Il n'en savait rien mais il le voulait désespérément. Comme lisant dans son cœur, Edward raffermit son étreinte, sa main glissant vers son cou pour l'attirer sur ses genoux et passer son autre bras autour de sa taille. Enserré dans un cocon de fraîcheur, Harry sentait son sang s'enflammer alors qu'Edward l'embrassait à perdre haleine.
Malgré l'oxygène qui commençait à manquer pour son fonctionnement, le cerveau d'Harry réussit à s'arracher un instant au plaisir des sens pour faire remonter le souvenir d'un cours sur les vampires qui n'avaient pas besoin de respirer. Heureusement Edward le libéra avant qu'il ne meurt asphyxié et Harry reprit difficilement son souffle sur l'épaule fraîche du vampire qui lui massait agréablement la nuque. A mesure que son corps s'apaisait, Harry avait conscience de plus en plus nettement de la présence d'Edward. Bien sûr, il savait qu'il était là, sentait ses cuisses – pas aussi moelleuses qu'un bon coussin mais néanmoins confortables – sous ses fesses, son torse sur lequel il se reposait et les bras frais qui l'entouraient, mais... c'était un peu comme quand un sorcier puissant est en colère et qu'on peut sentir sa magie dans l'air. Harry avait l'impression de sentir Edward avec son esprit et que si ils s'éloignaient l'un de l'autre – pas qu'il en ait envie à l'instant présent – il le pourrait toujours. Edward commença à lui bécoter le cou et Harry miaula d'appréciation. C'était si bon d'être ainsi enlacé, il voulait rester comme ça pour l'éternité !
- J'ai envie de te garder pour l'éternité.
Harry laissa échapper un « hum » d'accord.
- ...mais tes amis risquent de s'inquiéter si je t'enlève sur le champ, et puis tu as encore quelques années d'école.
Harry soupira en jetant un œil au Terrier. S'était-on aperçu de son absence ? Et quand bien même il voulait rester avec Edward, il ne voulait pas pour autant renoncer à ses amis et à Sirius.
- Je crois qu'il est l'heure de se quitter petit cœur.
Harry resserra sa prise en secouant la tête de droite à gauche.
- Ne t'inquiètes pas. Tant que le ciel sera couvert, je viendrais traîner dans le coin. Assures-toi juste de t'éclipser discrètement pour me rejoindre et seulement si personne ne devrait avoir besoin de toi avant un moment.
Harry acquiesça, espérant que ces instants volés ne seraient pas trop rares.
- Et quand tu seras à Poudlard on s'enverra des lettres. Mon frère te les fera passer, ça sera plus discret que si tu te mettais soudainement à recevoir du courrier moldu.
- On peut envoyer du courrier moldu à Poudlard ?
- Oui, c'est plus simple pour les familles de né-moldus. Et il n'y a pas de poste sorcière là où je suis.
- Oh ? C'est vrai que tu étudies aux États-Unis.
- Oui. Mais les semestres à l'étranger sont en général valorisés alors je chercherai s'il n'y a pas une école partenaire en Écosse. Même si c'est pas très légal de m'introduire la nuit à Poudlard pour te retrouver en cachette.
- Bah, après une usurpation d'identité lors d'un événement international, c'est une broutille.
- Je plaide coupable. Vivement que tu ais fini tes études pour que je te kidnappe aux US loin de tes chaînes médiatiques.
Harry sourit à l'idée. C'était la première fois qu'il arrivait réellement à visualiser son futur : un joli cottage perdu dans une campagne anonyme, Edward lui bécotant le cou alors qu'il mijotait un bon petit plat pour son parrain qui leur rendait visite. Un avenir heureux, simple et paisible. Oui, lui aussi avait hâte de finir ses études. En attendant il profiterait de chaque instant qu'il pourrait passer avec son petit-ami. Sur quoi il réclama un dernier bisou avant de rentrer à contre-cœur au Terrier, priant pour que le soleil boude la fin de l'été.
FIN
Bravo à Soln96 qui avait deviné la vérité sur l'usurpation d'identité. Même si du coup c'était plus marrant pour les autres qui ont pu être surpris en découvrant la vérité.
Au plaisir de lire vos reviews
Iroko
