CHAPITRE 2 ; DOUTE

La première semaine avait été placé sous le signe du silence. Armin avait dû se contenter uniquement de la présence de la jeune femme et rien d'autre; Depuis qu'ils étaient arrivés ici, il était seul à parler. Du moins si on excepté la prise de parole de la blonde à leur arrivée, bien qu'il commençait sérieusement à croire qu'il avait tout simplement halluciné par manque de sommeil, après tout, cette hypothèse était plus que plausible. Aujourd'hui était un jour assez exceptionnel et à dire vrai, il commençait vraiment à douter; Était-ce une bonne idée? Son esprit lui hurlait que non mais il n'avait pas vraiment le choix, les vivres se faisaient rares et Annie avait besoin de vêtements. Prenant son courage à deux mains, il se leva du fauteuil et alla réveiller la meurtrière qui s'était assoupie sur la table à manger. Il s'approcha doucement, ne souhaitant pas la réveiller de manière brutale.

- Annie? Annie réveilles-toi, on va devoir y aller.

La jeune femme ne bougeait pas d'un pouce et cela fit soupirer Armin. Il n'aimait vraiment pas jouer les méchants et il voyait très bien qu'elle avait besoin de récupérer... Alors que faire? Il posa délicatement sa main sur son épaule et la secoua légèrement. Aucune réaction. Il essaya un peu plus fort et, alors qu'il ne s'y attendait pas le moins du monde, il se retrouva plaqué sur le sol, Annie sur lui, le regard plus que menaçant. Le message était très clair, plus jamais il ne ferait ça.

- C'est moi, c'est Armin! Je voulais juste te réveiller pour que tu te prépares, nous devons remplir les placards et t'acheter des vêtements tu te souviens?

La jeune fille retrouva vite son visage neutre et se releva, l'air de rien, pour partir dans la chambre commune pour se préparer. Il avait réussit à éviter une catastrophe et désormais il savait qu'il ne devait plus la réveiller. Se levant, tout en s'époussetant, il rejoignit Annie en haut, s'assurant tout d'abord que celle-ci ne se changeait pas; il ne voulait pas la gêner. Finalement, même pas deux minutes plus tard, elle sortit de la chambre, encapuchonnée. Elle était prête.

- Je te fais confiance Annie, je sais que tu ne vas pas t'enfuir donc il n'y a pas de raison pour que je te tienne par la main telle une enfant n'est-ce-pas?

Pour toute réponse, la jeune fille lui passa devant. Cette simple réaction le fit sourire; Elle était toujours la même, du moins, elle était la jeune fille dont il appréciait la présence, celle qui ne tuait pas. Vérifiant une dernière fois qu'il avait bien prit l'argent avec lui, il s'empressa de fermer la porte d'entrée à clés une fois qu'ils furent dehors. Changer d'air ne pouvait leur faire que du bien, malgré l'angoisse qui le rongeait un peu. «Non, elle ne s'enfuira, elle ne s'enfuira.» Pensait-il. Comme à leur arrivée il y a une semaine, ils mirent une bonne demi-heure pour enfin arriver au cœur de la ville et il ne pu s'empêcher de noter que cela pouvait être particulièrement contraignant si jamais ils avaient une urgence.

Il ne devait pas être loin de midi et la place du marché était tout simplement bondée de monde. Cela n'allait en aucun cas faciliter sa tache quant à la surveillance d'Annie mais soit, il devait faire avec de toute manière. Il fit rapidement le tour du petit marché et ne prit que le strict nécessaire; Son salaire était bien trop maigre pour qu'il puisse se permettre des excès (Par excès, il entendait bien évidemment par-là l'achat de livres. Qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour en lire un!). Une fois les achats de nourritures faits, ils se dirigèrent vers la ruelle commerçante. Il devait a présent acheter des vêtements pour la jeune femme. Lorsqu'il avait regardé par curiosité la somme qu'Erwin lui avait laissé pour cela, il avait été assez surpris; C'était certes, la moitié de son salaire mais c'était tout de même énorme à ses yeux. Pour une fille coquette il n'aurait fait aucun doute que cela aurait été trop peu mais pour une fille comme Annie... Il avait apprit par le passé qu'elle n'aimait pas spécialement les vêtements. Elle s'achetait le nécessaire uniquement. Entrant dans une boutique, il la laissa faire le tour pendant que lui occupait le vendeur, histoire qu'il ne remarque pas qu'il s'agissait du Titan qui n'avait pas hésité à tuer bon nombre de citoyens. Voyant finalement qu'elle se dirigeait vers les cabines d'essayage, il la suivit et s'installa sur l'un des sièges. Elle en ressortit que peu de temps après avec une petite pile de vêtements qu'elle tendit à Armin pour qu'il aille les payer. Rapide et efficace, ça lui allait parfaitement. Finalement leur petite sortie ne dura pas plus de deux heures et ils arrivèrent à leur maison sans problèmes. C'était une bonne chose. Annie n'avait pas fait de débordement et en plus de cela, ils ne s'étaient pas fait remarquer. Non vraiment, c'était une bonne journée. Il s'en alla vers la petite cuisine et il rangea les petits sacs. Ils n'avaient pas acheté beaucoup, mais ils en avaient assez pour minimum deux semaines.

- Annie? Appela-t-il sans pour autant hurler.

La jeune fille, qui affichait un air ennuyé, le rejoignit et il lui tendit le petit sac de vêtements qu'elle prit sans aucunes douceurs avant de repartir dans la chambre du haut. Qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour avoir une conversation...

- Peut-être que quelqu'un passera aujourd'hui, ça ne me ferait vraiment pas de mal.

Se rappelant qu'il devait rendre un rapport au commandant Smith, il partit chercher une feuille de papier ainsi qu'un stylo dans le salon mais n'en trouva pas. A quoi diable pensait le caporal-chef Levi en ne laissant pas de quoi rédiger un rapport dans cette maison?! Il monta finalement dans la chambre et trouva Annie sur le lit, assise en face de la fenêtre. Il ne pouvait voir son visage. Il récupéra son nécessaire avant de redescendre non sans jeter un regard a la blonde, quelque peu attristé par son comportement.

Le rapport de la semaine allait être rapide à rédiger; Déjà, il était tout simplement hors-de-question qu'il parle de sa pseudo-rêverie lors de leur arrivée. Cela pourrait fausser le rapport, et ce inutilement qui plus est. Son regard se perdit sur le petit salon, vide, et il soupira avant de reprendre son activité. A dire vrai, il ne s'était rien passé d'extraordinaire pendant cette semaine. Ce n'est qu'au bout d'une bonne vingtaine de minutes qu'il jugea que son rapport était parfait. Nettoyant la pièce de son passage en rangeant les feuilles sur le petit meuble placé négligemment contre le mur, il retourna voir l'ex-captive, papier en main.

- J'ai reçu pour ordre d'envoyer une fois par semaine un rapport sur ce qu'il se passe ici. J'aimerai que tu le lises et le valides. Je ne tiens pas à te cacher quoique ce soit. Je veux que tu saches ce qu'il va se savoir à ton sujet au Bataillon d'Exploration... Ça te va?

Pour toute réponse, Annie daigna tourner son regard vers lui et pendant un instant, il reconnu la petite lueur présente dans ses yeux; La curiosité. Elle avait toujours été curieuse bien qu'elle restait très discrète. Son visage avait beau n'exprimer que l'indifférence, il avait appris à la comprendre avec le temps, du moins, suffisamment pour savoir lire ses émotions. Lentement, il la vit prendre le rapport pour le lire dans les moindres détails. Armin aperçu néanmoins un léger froncement de sourcils lorsqu'elle arriva à la fin de celui-ci. Avait-il omit ou rajouté quelques choses? Non, si ce n'est sa prise de parole.

- Ça te convient?

Elle lui rendit aussitôt le papier, en signe de son accord. Sa petite réaction venait de lui enlever tout doute la concernant; Finalement, il n'avait pas rêvé. Elle avait bel et bien parlé, et elle jouait donc un rôle. Malgré tout, il voulait lui laisser sa chance. Après tout, si elle était en parfaite santé, ce dont il ne doutait désormais plus, elle devait être parfaitement consciente de ce qui l'attendait si jamais elle parlait. Dès lors qu'elle se serait exprimée puis que ses dires auront été jugés suffisants, elle serait exécutée. Il avait beau être particulièrement intelligent, la jeune fille l'était tout autant, et ça jamais il ne se permettrait de l'oublier.

- Tu sais Annie, ce n'est pas parce que je n'ai pas parlé de ta prise de parole que tu dois continuer à jouer la comédie, pas avec moi.

Les deux adultes se fixèrent pendant de longues minutes, plus silencieux que jamais. Annie fixait Armin, et Armin fixait Annie. C'était calme, beaucoup trop calme. Ce silence des plus dérangeant fut brisé par le rire cristallin, presque hystérique, de la petite blonde. Le soldat l'avait déjà vu rire ainsi. Une fois. Et ça ne lui rappelait pas forcément de bons souvenirs.

- Je n'ai pas l'intention de mourir maintenant Armin. Si je ne parle pas, je vivrai. Je l'ai bien compris.

- Tu peux toujours essayer de te racheter une conduite.

- C'est impossible. Tu le sais, tu n'es pas stupide. Il n'y a qu'une seule fin pour moi, et elle n'est pas forcément des plus joyeuses.

- Je-

- Fin de la discussion.

Armin regarda la jeune femme se lever et il soupira, une énième fois. Cette situation ne lui convenait pas, à lui non plus. Cette mission n'entrait pas vraiment dans son code moral. Il tourna la tête vers la fenêtre et se perdit dans sa contemplation. Non, vraiment, il devait trouver une solution pour qu'il y ait une chance, même minime, de survie pour Annie, et qui ne le fasse pas passer pour un traître.


Réponse(s) au(x) Review(s) ;

Shakyla ; Bonjour/Bonsoir à toi! Tout d'abord, merci d'avoir prit le temps de lire mon écrit, ça me fait plaisir! Je te remercie vraiment pour l'intérêt que tu portes pour celui-ci et j'espère vraiment ne pas te décevoir pour la suite! Ps; Ne t'excuses pas, ça fait toujours plaisir!