En arrivant à Erebor, Kili fut frappé de voir les mines sombres de tous les nains qu'il croisait. Il ne prit pas la peine de se changer, ni de se restaurer, il se mit immédiatement à la recherche de son frère aîné. Les deux princes se donnèrent une chaleureuse accolade, heureux de se retrouver puis, s'écartant de Fili, Kili scruta son visage. Cela lui suffit pour comprendre que la situation était effectivement très grave.
- C'est vraiment Thorin ? Comment va-t-il ? demanda-t-il seulement.
Il vit l'effort que faisait Fili pour affermir sa voix :
- Il est mourant.
Il ajouta, plus bas, en baissant la tête :
- Je crois que… je crois qu'il s'accroche dans l'attente de ton retour, Kili.
Kili pâlit et serra les poings pour empêcher ses mains de trembler.
- Est-ce qu'il reste une chance…. ? commença-t-il.
Fili se put que secouer négativement la tête :
- Non. C'est la fin. Il n'y a plus rien à faire, fit-il à voix très basse.
Il y eut un court silence puis il ajouta :
- Il n'y a encore rien d'officiel mais je n'ai pas pu empêcher les rumeurs de circuler. Ton retour va précipiter les choses : les gens vont tout de suite comprendre que si tu es revenu après si longtemps, c'est pour une raison grave. Néanmoins, tous ceux qui sont au courant ont pour consigne de continuer à ne rien dire. Jusqu'à la fin. Je veux que Thorin demeure le roi jusqu'au bout. Et puis indépendamment de cela, c'est plus sûr. Comme l'aurait dit Balin, rien n'est plus dangereux qu'un trône vacant. Thorin mort, je prends officiellement la succession. Tant qu'il respire, personne ne peut vraiment dire à qui revient le pouvoir et certains pourraient tenter d'en profiter.
Kili approuva d'un signe de tête.
- Viens, dit Fili.
Ils se dirigèrent vers les appartements de leur oncle. Ils y trouvèrent Maély qui en les voyant entrer se leva pour venir embrasser Kili sur les deux joues. Après quoi, elle quitta silencieusement la pièce pour laisser les deux frères en tête à tête avec leur oncle. Fili eut un mouvement pour la suivre, pensant que Thorin et Kili préfèreraient se retrouver en privé. Une voix faible l'en empêcha :
- Reste un moment, Fili.
Thorin avait les yeux ouverts. Son regard était toujours lucide, dans son visage blafard aux traits tirés.
Les deux frères s'approchèrent d'un même pas et purent voir tous les deux l'effort que fit le roi pour décoller ses bras du lit et saisir leurs mains entre ses doigts. Ses extrémités étaient froides. La vie, bel et bien, se retirait de son corps autrefois si robuste.
- Mes fils-sœur... murmura Thorin.
Il parvint à sourire. Un sourire qui le rajeunit subitement et fit reculer durant un instant les stigmates de la maladie et de la faiblesse.
- Vous êtes devenus des nains de valeur. L'un et l'autre. Vous faites honneur à la lignée de Durin, à notre peuple tout entier. Je suis si fier de vous ! Je l'ai toujours été. Sans vous, ma vie aurait été bien terne et bien vide.
Ses paupières s'abaissèrent et il poussa un long soupir. Inquiets, les deux frères se penchèrent vers lui. Thorin rouvrit les yeux, bien qu'il semble devoir faire un gros effort pour cela. Il tourna péniblement la tête vers Kili et croisa son regard.
- Kili, tu as été longtemps absent. Trop longtemps. Je suis heureux que tu sois là. Vraiment. J'aurais regretté de ne pas te revoir. A présent, je peux partir en paix.
Le prince cadet serra entre les siennes la main de son oncle.
- Ne me fais pas regretter d'être venu au plus vite ! enjoignit-il. Si mon absence pouvait te garder en vie, alors je vais regretter de n'avoir pas traîné en chemin durant des mois. Rien ne me presse pour repartir et je voudrais profiter de ma famille. Toute ma famille. Alors ne prend pas fantaisie de nous fausser compagnie comme ça !
Thorin se contenta de sourire.
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Tard ce soir-là, Fili vint prendre son tour de « garde » auprès de son oncle. Maély, Firgil, Kili et lui-même se succédaient à présent à son chevet. Thorin paraissait dormir. Après s'être assuré qu'il respirait régulièrement (grâce à ses oreillers surélevés et au médicament de Hrolf qui l'y aidait efficacement), le prince héritier s'installa dans le fauteuil qui avait été tiré près du lit. Ça n'avait pas manqué, le retour de Kili avait donné naissance à des milliers de nouvelles rumeurs. Personne n'avait osé lui poser personnellement la question qui trottait dans la tête de tous les nains de la cité, mais Fili se doutait que tous ceux qui avaient le loisir d'approcher les appartements royaux devaient être soumis à un feu roulant d'allusions et de demandes plus ou moins discrètes. Là-dessus, Fili étouffa un petit rire rentré : il imaginait la réaction de Dwalin, si un imprudent avait commis l'erreur de s'adresser à lui à ce sujet. Bien que le vieux guerrier passe actuellement le plus clair de son temps sur son tabouret, à la porte de son frère de cœur, il fallait bien qu'il aille de temps en temps se sustenter, se soulager, ou s'assurer que tout était en ordre à Erebor. Fili savait que Dwalin était épuisé, qu'une bonne nuit de sommeil dans un vrai lit lui aurait fait le plus grand bien, mais il n'avait pas le cœur de le lui dire. Il ne pouvait pas lui donner l'impression qu'il cherchait à l'éloigner en un tel moment. C'était même pour cela qu'il ne l'avait pas envoyé lui-même chercher Kili, bien qu'il soit sans le moindre doute celui dans lequel il avait le plus confiance. Mais vouloir l'écarter de Thorin en son heure dernière, c'était impossible.
- Fili.
Fili tourna les yeux vers son oncle. Ce dernier le regardait mais le prince héritier fut saisi par la terrible pâleur de son visage, qui s'était encore accentuée depuis quelques heures, et par l'épuisement qui se lisait sur ses traits. Son souffle à nouveau était oppressé et difficile. Fili sauta sur ses pieds.
- Tu veux quelque chose ? demanda-t-il. Tu veux que je fasse venir Hrolf ?
Trop affaibli pour parler, Thorin fit un faible signe de dénégation puis, au prix d'un terrible effort, il tourna la tête : sur le meuble d'ébène qui se trouvait près de son lit était déposée la couronne d'or des rois d'Erebor. Il la désigna du regard :
- Prends-la, Fili, dit-il d'une voix expirante, comme si ce simple effort avait usé ses dernières forces. Elle est à toi, désormais.
Le prince secoua négativement la tête :
- Non. Pas tant qu'il te restera un souffle d'existence, mon oncle. C'est hors de question.
Thorin eut un sourire las.
- Prends-la, je te dis. Tu es le nouveau Roi sous la Montagne.
- Tu n'es pas encore mort.
Le « pas encore » lui avait échappé. Mais après tout, ils savaient tous que l'échéance était proche et Thorin le savait mieux que quiconque.
- J'ai froid, murmura-t-il. J'ai froid jusqu'au cœur. Le sommeil me gagne et c'est celui dont on ne s'éveille pas. Mais je n'ai pas de regret, Fili. Aucun. Cela seul compte.
- Je vais faire venir Hrolf, décida Fili.
- Non.
Le regard, une toute dernière fois, se fit impérieux.
- Il ne peut plus rien pour moi. Je ne veux pas gaspiller… le peu de temps qu'il me reste. C'est pour cette nuit, Fili. Je le sens au plus profond de moi.
Fili ne trouva rien à répondre. Qu'aurait-il pu dire ? Se récrier qu'il n'en était rien ? Il avait le funeste pressentiment que Thorin était dans le vrai. Et les nains n'ont pas pour habitude de reculer devant l'inéluctable. Encore moins de le nier.
- Tu as raison, dit-il en prenant les deux mains de son oncle dans les siennes. Ne gaspillons pas le temps qu'il nous reste. Accorde-moi seulement quelques instants. Je vais chercher Kili.
Thorin fit un signe d'assentiment, ses yeux exprimèrent la reconnaissance. Il ne semblait déjà plus en mesure de parler.
Fili se rendit jusqu'à la chambre qu'occupait son frère et fut un peu surpris de le trouver occupé à affûter son épée devant la cheminée. Il était déjà très tard et il avait pensé que Kili dormirait. Il n'eut pas un seul mot à dire : son cadet le regarda, une question muette au fond de ses yeux bruns. Fili inclina légèrement la tête. Kili posa son épée, se leva et le suivit. En silence.
Lorsqu'ils regagnèrent tous deux les appartements de Thorin, Dwalin, toujours assis sur son tabouret, les regarda lui aussi, pour sa part avec inquiétude.
- Il vaut mieux que tu viennes, lui dit Fili. Nul plus que toi n'a jamais été aussi proche de lui.
Une longue veille commença alors pour les trois nains. Thorin s'enfonçait dans une torpeur dont il sortait par à-coups, parfois lucide et reconnaissant son entourage, parfois le regard voilé et apparemment totalement étranger à ce qui l'entourait. Deux heures avant l'aube, il sombra dans le coma.
- Il ne s'éveillera plus, dit Dwalin. C'est fini. Il est déjà loin.
Personne ne répondit. Peu à peu, la respiration du Roi sous la Montagne se fit plus lourde, plus oppressée, emplissant le silence qui avait envahi la chambre. Le souffle du mourant devint erratique, enfin commença à avoir des ratés. Jusqu'au moment où il s'arrêta pour ne plus repartir. Fili posa sa main sur la poitrine de son oncle : il sentit son cœur tressauter, une fois, deux fois… le rythme cardiaque perdit sa régularité, il y eut plusieurs "tap... tap... tap... " sur un seul coup (et non deux comme il se doit), qui allèrent s'affaiblissant... un long silence… un dernier et faible frémissement, très loin… et puis plus rien.
- Il est mort, dit Fili.
Tout en parlant, il sentit les larmes lui piquer cruellement les yeux. Mais il les retint fermement. Il était roi désormais, et il comprit du même coup tout ce que cela impliquait et quel fardeau était le sien dès cet instant. Il n'avait plus le droit de se laisser aller et ne le pourrait jamais plus. Il devrait paraître en toutes circonstances aussi solide et inébranlable que la montagne elle-même. Quitte à paraître insensible. Il se pencha toutefois et appuya un bref instant son front contre celui du mort, pour un ultime adieu.
- Je comprends mieux en cet instant combien il t'en aura coûté durant toute ta vie, mon oncle, chuchota-t-il. Mais je te promets de me montrer digne de toi et de tout ce que tu m'as enseigné au fil des années. Repose en paix : je prendrai soin d'Erebor et de notre peuple.
Lorsqu'il se redressa, il croisa le regard sombre de Dwalin et y vit le même chagrin, la même peine qu'il éprouvait lui-même tandis que Kili s'essuyait les yeux sans la moindre honte. Fili chercha quelque chose à dire, ne trouva rien. Mais après tout, les mots étaient sans doute superflus avec quelqu'un qu'il connaissait depuis toujours. Au même moment, le vieux nain ploya le genou avec raideur et inclina la tête :
- Je veux être le premier à vous jurer allégeance, Monseigneur, fit-il d'une voix très rauque.
- Dwalin !
Fili bondit et releva son ancien maître d'armes.
- Pas ça, je t'en prie. Pas entre nous. Tu n'as jamais fait ça avec Thorin.
Le regard noyé de peine du vieux guerrier se posa sur le mort :
- Nous avons grandi ensemble... nous ne faisions pas de cérémonie. Mais...
Fili eut l'impression que Dwalin, en agissant et parlant ainsi, rendait bien davantage hommage à son ami d'enfance qu'à lui-même. Cela ne l'empêcha pas de répondre avec fermeté :
- Et moi, j'ai grandi auprès de toi. Pas de cérémonie non plus, compris ?
Dwalin s'inclina et voulut répondre. Fili le devança :
- Et pas de "Monseigneur", "Votre Majesté" ni autre titre solennel. Si Thorin jugeait bon que tu l'appelles par son nom, tu m'appelleras moi aussi par mon nom. Je n'ai pas besoin de courbettes ni de salamalecs et je veux que tu me dises exactement ce que tu penses, comme tu l'as toujours fait. Même si c'est pour me dire que je suis le... roi des crétins !
Dwalin sourit malgré sa peine.
- Entendu, dit-il.
Fili se détourna légèrement et regarda le corps immobile derrière lui.
- Je pense que tu as envie d'être seul un moment avec lui... je te laisse. Viens, Kili.
Lorsque Fili, luttant contre son chagrin et suivi de son frère qui traînait les pieds sortit de la chambre, le garde qui se tenait à la porte leur jeta un bref coup d'œil et comprit aussitôt : le fait même que les deux princes soient venus en pleine nuit et aient invité Dwalin à les accompagner voulait tout dire. Il s'inclina profondément devant Fili. Ce dernier faillit exploser. Crier son désarroi. Hurler : "Il n'est pas encore froid, un peu de respect ! Ne faites pas comme s'il était déjà oublié !", mais il se reprit juste à temps. Plus d'émotion apparente, Fili. Imperturbable. A présent, il faut l'annoncer à tous. Et dès l'instant où se sera fait, où la mort de Thorin sera officielle, ils agiront tous comme ça. Comme je le craignais, ils ne me laisseront pas le loisir de le pleurer. Certains commenceront dès aujourd'hui à me tester, à chercher mes failles. Et dès aujourd'hui je vais devoir m'imposer et faire en sorte que tout continue comme auparavant à Erebor.
- Kili, dit-il en se tournant vers son frère, veux-tu rassembler les anciens de la Compagnie ? Juste eux pour le moment ? Dans la salle du conseil. Je vais me changer et je viens.
Kili opina en silence, la gorge trop serrée pour parler. Au moment où ils se séparaient, il serra le bras de son frère aîné dans un geste de réconfort. Il savait quelle charge serait la sienne dès à présent.
Fili regagna ses appartements, puis sa chambre. Maély dormait encore mais son sommeil devait être léger car elle ouvrit les yeux lorsqu'il entra. Elle se redressa, les cheveux en bataille :
- Il fait jour ? marmonna-t-elle. Pourquoi n'es-tu pas venu me réveiller pour que je te remplace auprès de lui ?
Puis elle vit l'expression de son mari et se figea.
- Fili ? dit-elle seulement, d'une voix étranglée.
L'intéressé répondit d'une simple inclinaison de la tête et Maély s'affaissa sur elle-même. Fili vint s'asseoir près d'elle et fit un effort pour parler :
- Préviens les enfants, dit-il. Je ne vais pas avoir de temps pour eux aujourd'hui. Ni pour toi, j'en ai peur.
- Je sais, chuchota-t-elle. Ni aujourd'hui ni aucun autre jour, à partir de maintenant. Enfin, plus jamais comme jusqu'à présent.
- Non, admit Fili.
Elle sourit courageusement, malgré les larmes qui emperlaient ses cils.
- J'ai toujours su que ce jour viendrait, dit-elle. Va. Je m'occupe des enfants. Et de... lui.
Fili la remercia d'un signe de tête et se hâta de se changer, avant de gagner la salle du conseil.
Ils n'avaient pas perdu de temps. Ils étaient tous là. Même Bombur. Le vieux Bombur qui était devenu si gros qu'il ne pouvait plus se déplacer seul (d'autant que ses jambes affaiblies par l'âge n'auraient plus été en mesure de supporter son poids), mais qui s'était fait porter jusque là. Fili éprouva un vif sentiment de tendresse envers tous ces nains, qu'il connaissait depuis toujours et sur lesquels il savait pouvoir compter en toutes circonstances. Le temps avait blanchi leurs cheveux et leurs barbes, ridé leurs visages, mais ils étaient toujours les mêmes, cœurs fidèles et vaillants malgré les années.
Fili comprit qu'ils se doutaient de ce qu'il voulait leur dire, rien qu'à voir leurs visages. Mais il devait le dire quand même. S'il n'y parvenait pas avec eux, comment espérer s'en tirer avec les autres ?
- Thorin... commença-t-il, la gorge affreusement serrée.
Il ne put en dire plus et dut à nouveau faire un terrible effort sur lui-même pour ne pas laisser paraître son chagrin. Il avait un goût de cendre dans la bouche et l'impression que sa gorge était emplie d'étoupe. Heureusement pour lui, les autres firent comme s'ils ne remarquaient rien et tous courbèrent la tête, en proie au chagrin. Fili sut qu'il avait eu raison de commencer par eux, et en privé. Eux aimaient vraiment Thorin. Ils l'avaient suivi et servi durant des décennies et leur peine était sincère. Ce ne seraient pas les seuls, certes, d'autres à Erebor pleureraient en toute sincérité, mais ceux-là, il ne les connaissait pas.
La première vague d'émotion passée, Gloïn se leva. Le vieux Gloïn, aux cheveux et à la barbe de neige, qui en tant que grand intendant du trésor royal était l'un des membres les plus éminent et important du conseil.
- Il faut avertir les autres conseillers, dit-il en affermissant sa voix. Je peux m'en charger. Mais il faudra que tu sois là... pardon, je veux dire, que vous soyez là, Votre Majesté.
- Ne m'appelle pas comme ça, soupira Fili, très las. Je ne suis pas encore roi. Et je préfère que vous continuiez à me tutoyer. C'est assez dur comme ça, n'en rajoutez pas.
- Il va pourtant falloir prendre de nouvelles habitudes, "tu" sais, dit gentiment le vieux nain. Si désormais l'un de nous t'appelait simplement "Fili" devant les autres, cela affaiblirait ta position.
- Je sais...
Gloïn tourna la tête vers Kili, prostré dans son coin.
- C'est pareil pour toi. Jusqu'à présent tu étais le prince cadet, la tête brûlée. Désormais, en tant que frère du nouveau roi, tu vas te retrouver en première ligne. On va te guetter, te surveiller, te tendre des pièges, essayer de t'utiliser contre Fili. Tu devras être sur tes gardes. Et il va falloir aussi prendre l'habitude de te donner ton titre en public.
- Je ne m'habituerai jamais à ça, grogna l'intéressé avec mauvaise humeur.
Gloïn fronça les sourcils, réprobateur, imité par Dwalin. Mais Kili poursuivit :
- Je ferai un effort tant que je serai à Erebor, bien sûr. Je vais rester, pour les funérailles et l'intronisation de Fili. Mais ensuite je repartirai. Je ne pourrai pas vivre ici, comme ça. Je n'ai jamais pu.
Plusieurs regards se tournèrent vers Fili, comme si les nains attendaient qu'il donne son accord ou non. Fili fit un signe affirmatif.
- Je ne sais pas si c'est une très bonne idée, insista Gloïn.
- Nous aurons encore le temps d'en parler, éluda Fili. Pour le moment, il y a plus urgent.
C'était hélas la vérité. Le conseil officiel fut rapidement réuni. Certains anciens de la Compagnie s'éclipsèrent car ils n'en faisaient pas partie, d'autres nains arrivèrent en hâte, la plupart ayant été tirés du lit ou arrachés à leurs toutes premières occupations de la journée.
Une fois que tous furent assis, Gloïn se leva. Fili, les mains posées à plat sur la table, inspira longuement. Du calme. Cela faisait des années et des années que Thorin, et Balin tant qu'il avait vécu, l'avaient préparé à cela. Voilà, on y était. C'était maintenant. Il se souvint de la promesse qu'il avait faite à son oncle, deux heures plus tôt à peine. Il serait à la hauteur. Oui. Il le devait à Thorin, à ses amis et à sa famille.
- Le roi est mort, annonça solennellement Gloïn. Il s'est éteint à l'aube. Thorin Ecu-de-Chêne n'est plus.
Il y eut un silence. Aucun des conseillers nouvellement arrivés n'était très surpris par la nouvelle, ils s'y attendaient tous plus ou moins.
- Nous devons à présent informer la population d'Erebor puis envoyer des messagers non seulement à nos plus proches voisins mais aussi à toute sa parenté et à tous les clans de nains. Dain voudra assister aux obsèques et à l'intronisation du roi Fili. Au pire des cas, s'il ne peut se déplacer il enverra son fils le représenter, mais il doit être le premier prévenu.
Le vieux nain prit une longue inspiration, se décala de quelques pas et se tourna vers Fili :
- Messeigneurs, ajouta-t-il, je vous demande de jurer dès à présent allégeance au nouveau Roi sous la Montagne.
Ils se levèrent tous dans un grand bruit de chaises repoussées et tirèrent leurs épées.
La page était tournée. Fili était roi sinon de fait, du moins de nom.
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Eh non, c'est pas fini. Encore un chapitre.
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Vous qui aimez l'univers de la Terre du Milieu et les films de Peter Jackson : je vous encourage à aller faire un petit tour sur le site : Excursion in Middle Earth. Un petit forum sympa qui aurait besoin d'être dynamisé. Vos fics et créas personnelles (tous fandoms confondus) y seront bienvenus. Entre autres choses.
