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Liens de sang
28 novembre 2006, Matsubara, préfecture d'Osaka
Assis sous le porche d'une luxueuse villa, un jeune garçon laisse aller son chagrin en silence. Sa tête enfouie dans ses bras, il ne laisse s'échapper que quelques reniflements agacés. A l'intérieur de la grande maison au toit d'ardoise, un combat d'un genre particulier est engagé depuis plusieurs heures déjà : une femme brune à la beauté distinguée se noie dans ses larmes, s'agrippant de toutes ses forces à un manche à balais. L'objet, brandit devant elle telle une arme, tient en respect un homme tout aussi brun, dont le visage est sévèrement marqué d'anciennes cicatrices. Ce dernier semble essayait de résonner sa jeune épouse qui éructe de colère, sans toutefois y parvenir. Des éclats de voix furieuses s'élèvent, à peine couvert par le bruit d'objets se fracassant en mille morceaux sur le sol. Le beau visage de la femme se tord en un masque de colère effrayant, ses joues sont rougies par les pleurs et les cris. L'homme est couvert de petites coupures superficielles et semble totalement dépassé par la situation.
Soudain, une lampe brise une fenêtre en un bruit inouïe, se retrouvant à quelques mètres du garçon, sans qu'il ne fasse pourtant un seul mouvement de recul. Les cris se répandent alors à l'extérieur, et l'enfant se recroqueville encore plus, tentant d'échapper à la scène qui, chaque nuit, le poursuit. Chaque nuit le même scénario insensé, encore et encore, depuis plusieurs mois maintenant. Mais ça ne peut plus durer, il ne peut plus supporter toute cette débauche de haine et de violence. Lorsque ses parents s'abaissent à de tels comportements, il ne les reconnaît plus, ils deviennent des étrangers à ses yeux, le forçant à prendre part malgré lui à ce spectacle idiot.
Il regarde ses mains tremblantes et serre les poings de rage. Pas plus tard qu'hier, il avait décidé que s'en était assez de cette comédie futile. Et lorsque les premiers cris avaient retentis, il était descendu dans l'immense salon, se plantant entre ses parents. Il avait alors tenté de se faire entendre, de les arrêter, coûte que coûte. Il était même prêt à les retenir s'ils décidaient de se jeter l'un sur l'autre. Mais, le peu d'estime qu'il avait encore pour eux se disloqua douloureusement lorsqu'il comprit qu'aucun des deux ne l'avait ne serait-ce que remarqué. Ils n'avaient pas eu un regard, pas un mot pour leur enfant. Même pas une insulte, juste la pire de toutes les choses qu'il aurait pu recevoir d'eux. L'ignorance, totale et absolue. Ils avaient simplement continué à s'envoyer des injures, des mots qu'il n'avait même pas compris, jetant tout ce qu'ils trouvaient à porter de mains à la figure de l'autre. De force, il les avait alors écartés, juste un peu, mais il avait simplement réussi à recevoir un éclat d'assiette en porcelaine dans la joue.
Aujourd'hui, il avait tenté de s'enfuir, loin de tous ces cris, des deux inconnus dans sa maison, auparavant si calme et propice à la culture. Il s'était pensé prêt à sauter le pas, à partir sans se retourner. Peu importé où. Mais, une fois arrivait devant le trottoir qui séparait sa maison du reste du monde, il n'avait pas pu aller plus loin. Il était si lâche ! Et cela faisait à présent plusieurs heures qu'il patientait dans la nuit glaciale, attendant d'avoir au moins assez de courage pour rentrer. Mais rien ne venait. Il ne voulait juste pas encore avoir à leur faire face, il ne voulait pas revivre, une fois de plus, une de leur dispute destructrice le lendemain.
Enfant, il se sent terriblement impuissant face à la violence d'un monde qu'il commence tout juste à apercevoir. Il se rendit compte que, longtemps il avait été aveugle, baignant dans l'insouciance que son jeune âge pouvait offrir, profitant du bonheur d'une famille unie, des richesses multiples sur lesquels sa vie lui ouvrait des portes. Puis un jour, comme ça, tout avait changé. Il ne comprenait pas comment, pas pourquoi, il savait juste qu'un jour il s'était réveillé, et que tout avait changé. Depuis, il ne reconnaissait plus ces personnes avec qui il vivait, qui s'entre-déchirer sans aucune raison apparente, continuellement. Pendant un premier temps, il avait naïvement crût que c'était de sa faute. Qu'il avait fait quelque chose de mal qui avait pu énerver ses parents, puisque ceux-ci ne semblaient même plus vouloir lui adresser la parole. Mais il n'avait pas pu trouver quoi. C'est un bon gamin, disent ses professeurs particuliers. Très intelligent, calme et réfléchi, et mature pour son jeune âge. Il ne savait pas vraiment ce que toutes leurs paroles voulaient dire, mais il savait que c'était des compliments. Et il était certain qu'ils n'avaient jusqu'à présent pas eu à se plaindre de lui. Alors, il s'était rendu à l'évidence. Mais si ce n'était pas lui, alors quoi ?
Petit à petit et au fil des heures qui s'égrainèrent, la crise se calma enfin, et tout doucement, le silence revint, apaisant. L'enfant poussa un soupir, à demi-soulagé. Il savait pertinemment que le spectacle serait rejoué demain, mais il préférait ne pas y penser, profitant de ce doux instant de répit. Ses yeux se fermèrent doucement, il se balança de droite à gauche, comme pour se bercer. Le sommeil tant espérer commençait à l'envahir, lui procurant une douce chaleur malgré le froid de l'air sur ses joues, son esprit s'évadant vers de meilleurs souvenirs. Si un cri déchirant ne l'avait pas fait sursauter, il se serait sans doute endormi là, sur ce trottoir. Il ne comprit pas vraiment pourquoi, mais ce cri le secoua d'une façon qu'il n'aurait su décrire. Une seconde il se retourna, pensant avec crainte que ses parents recommencé à s'entre-tuer. Mais il n'eut pas besoin d'attendre que le silence revienne pour réaliser que ce cri -là était bien différent de ceux de ses parents, qui ne jouaient qu'une comédie minable, vulgaire imitation d'un combat qui n'avait pour but que la provocation. Celui-ci, à l'inverse, provenait d'un mélange de haine et de douleur, et il sentit immédiatement que ce bruit terrifiant le poursuivrait longtemps après cette nuit, son écho résonant encore dans sa tête et dans sa chaire bien des années plus tard.
Il se releva, affolé, ses jambes tremblantes non plus de froid, mais bien de peur. Cela devait être un animal. Mais d'un autre côté, il ne voulait pas rentrer chez lui maintenant, il n'était pas encore prêt à affronter les regards absents et le mépris de ses parents. De plus, une certaine curiosité, mêlée certes de frayeur, l'avait déjà envahit. Il fallait qu'il voit de quoi il retournait. Il rassembla donc ses cheveux bruns foncés et les attacha plus haut sur sa tête, afin de ne pas être dérangé par des mèches rebelles pendant son excursion. Il se sentait presque dans la peau d'un ninja, qui enquêtait sur un monstre inconnu, et cette petite aventure en perspective lui arracha un fin sourire. D'un pas qui se voulait assuré, il progressa doucement dans la rue déserte, tournant au premier croisement. Il lui avait semblé que le cri avait été émis d'un peu plus loin dans cette ruelle-ci. Ses pas se faisant plus mesurés, il repéra un petit espace vert, seul parc aux alentour du quartier. Prenant garde à ne surtout pas faire de bruit, il progressa et arriva vite au niveau des arbres. De là, un frisson parcouru son échine en entendant des souffles et des râles graves émaner d'un buisson. La lune, à présent dévoilé par la dissipation des nuages, découpa son ombre sur le sol recouvert d'herbe devant lui. Prévoyant, il s'accroupit pour ne pas risquer de dévoiler sa présence. Il attendit quelques secondes dans cette position inconfortable, il avait peur de ce qu'il allait trouver s'il s'avançait vers le buisson. Il était conscient qu'il prenait des risques en s'aventurant loin de chez lui, de plus en pleine nuit, mais il savait qu'il s'en voudrait longtemps s'il n'allait pas au bout de cette énigme. Et puis, il n'avait toujours pas envie de rentrer. Il rassembla alors tout son courage, et poussa timidement quelques branches qui lui barraient le passage, produisant un faible bruissement de feuilles. Il se paralysa dans son geste lorsqu'il vit le buisson s'agiter, comme si quelqu'un avait mis un coup de pied dedans.
Il commença à esquisser un mouvement pour se retourné et décamper au plus vite, lorsque tout s'accéléra soudain. Il eut à peine le temps d'entendre le bruit d'une course poursuite, qu'un poids le maintenait déjà par terre. Sa tête, qui avait heurté violemment le sol, lui procura une douleur sourde, brouillant sa vue et son ouïe. Une pression était apposée contre sa gorge, l'empêchant de respirer et même de déglutir. Il tenta de se débattre, mais ses membres étaient désorganisés, à la fois par le choc de la chute, le manque d'air et la peur. Les secondes passèrent et son agresseur ne semblait ni vouloir l'achever, ni le relâcher. Mais à l'instant où, suffocant, il crût s'évanouir, la pression sur son cou s'envola. Se redressant presque immédiatement en position assise, il s'étouffa avec l'air qui rentrait à nouveau dans ses poumons. Il passa une main instable à l'arrière de son crâne, et la retrouva poisseuse d'un liquide qu'il devina aisément être du sang, malgré la faible luminosité.
Son état d'esprit oscillé entre la colère et la peur, mais il décida d'aller jusqu'au bout de son inspection, imitant soudainement la position d'un véritable ninja au combat, genoux pliés et bras déployés en protection. Pourtant, la peur qui le consumait malgré ses efforts pour la contenir, s'évanouit immédiatement alors qu'il tombait nez à nez avec plutôt qu'un animal errant ou un monstre de son imagination, un jeune garçon, qui devait avoir aux alentours de son âge. Le soulagement l'envahit aussitôt, et il éclata d'un rire cristallin sous la réalisation de sa propre bêtise. Mais le bruit parût surprendre l'autre garçon, qui se jeta à nouveau sur lui. Cette fois en revanche, il n'était pas décidé à se laisser faire sans répliquer, et il saisit le bras qui allait à nouveau s'agripper à sa gorge.
Ayant perdu l'envie de rire, il plongea ses yeux noisettes dans ceux d'un noir opaque, de l'autre garçon. Le temps se figea et le silence autour d'eux accentua l'immobilité de leurs corps. Et les yeux marron commencèrent à s'écarquiller face au visage de l'étrange garçon. Il pouvait apercevoir grâce aux rayons de la lune que le visage en face du sien était profondément marqué à plusieurs endroits, sa tempe droite, notamment, était couverte de sang. Les yeux n'étaient pas simplement noir, ils étaient aussi extrêmement étroits, presque en fentes, et il voyait l'autre le sonder à la façon d'un prédateur. Ses lèvres retroussés dévoilaient des dents tellement pointues qu'elles ne pouvaient être naturelles, en une mimique comparable au grognement d'un chien. Il eut un instant l'impression que ses propres doigts pénétraient dans la chair du garçon, lui donnant une sensation chaude et humide comme celle du sang. À la seconde où il réalisa qu'il aggravait une de ses nombreuses blessures, il le lâcha vivement, s'éloignant en vitesse jusqu'à se cogner la tête contre le tronc dur d'un arbre. Cela rajouta à la douleur de son crâne, mais il ne pouvait plus détacher son regard et son attention de l'autre enfant. Il tenait à présent son bras en écharpe contre lui, son expression pourtant resta inchangée. Le brun se racla la gorge, prenant la parole d'une voix qu'il voulait calme et mesurée.
« Excuse-moi, pour ça.
Et il désigna le bras blessé. L'autre ne bougea pas, mais il lui sembla que les yeux en fentes se rétrécirent encore plus. Prenant garde à ne pas faire de mouvement brusque, il tenta de se rapprocher un peu, afin de lui montrer qu'il ne lui voulait aucun mal. Mais plus il avançait, plus l'autre reculait, méfiant. La possibilité de se retourner et de courir le plus vite possible jusqu'à chez lui se fit dans sa tête, mais il ne voulait même pas l'envisager. Non, il ne pouvait quand même pas s'enfuir alors qu'il y avait un enfant de son âge couvert de blessures suintantes juste devant lui. Mais quels autres choix avait-il ? Finalement, alors qu'il pesait le pour et le contre des possibilités qui s'offraient à lui, l'autre garçon fit demi-tour et commença à partir, boitant légèrement. Le brun se décida alors.
« Ne t'en vas pas ! s'écria-t-il soudain, le faisant sursauter.
-Viens avec moi, je peux t'aider.
Un long moment passa, mais il voyait que le garçon hésité, déplaçant son poids d'un pied sur l'autre. À moi que ce ne fût été afin de réduire la douleur. Il crût un instant qu'il n'avait pas compris, mais il finit par se retourner, un air grave et plein de doutes sur son visage, pourtant si jeune.
-Non, c'est faux. Personne ne peut m'aider. Je peux me débrouiller tout seul. »
Il fût surpris de l'entendre si bien parler sa langue, il ne savait pas à quoi il s'attendait, mais certainement pas à ça. Entendre ces mots lui donna cependant des frissons, alors qu'il se demanda pour la première fois ce qui avait bien pu lui arriver. Contredisant ses propres paroles, le garçon ne bougeait pas, et peut-être que le brun l'imagina, mais il lui sembla percevoir un peu d'espoir dans sa voix grave, noyée au milieu d'une profonde douleur. Cela finit de le convaincre. Il fit alors mine de se résigner en faisant demi-tour en direction de sa maison, et comme il l'avait pensé, une voix paniquée ne se fit pas attendre, et il l'interpella.
« Attends... ! »
Il se retourna alors, lui jetant un regard faussement interrogateur. Le garçon amoché détourna la tête, gêné et finit par marmonner d'une voix presque inaudible et avec un air renfrogné qui le rajeunit immédiatement :
« Je... Je veux pas y retourner... S'il te plaît attends... »
L'expression de son visage, qu'il pouvait légèrement apercevoir à travers ses mèches marron désordonnaient, lui retourna le ventre, et il ne se forçait même pas lorsqu'il l'invita à le suivre. D'abord réticent, l'autre finit par l'accompagner, cheminant difficilement et en silence plusieurs pas derrière lui. Ils arrivèrent rapidement devant la grande bâtisse, et le brun remarqua la gêne de l'autre garçon qui détaillait les lieux avec de grands yeux, mal à l'aise.
« Ne t'en fais pas pour mes parents, ils sont bien trop occupés à autre chose pour nous remarquer. »
Ils passèrent la porte en silence, et le brun s'empressa de prendre la direction de sa chambre, au troisième étage. Les rideaux étaient tous tirés, et le verre et les différents objets brisés au sol n'avaient pas été nettoyés, donnant un air sombre et oppressant à ce lieu. Les canapés, la cheminée et tous les autres meubles décorant la pièce étaient si immenses qu'on ne pouvait que se sentir ridicule à côté d'eux. L'hôte des lieux était presque arrivé à un énorme escalier recouvert de moquette, lorsqu'un de ses pieds déchaussés heurta douloureusement un morceau de verre pointu, venant probablement d'un vase. Il poussa un cri qu'il fit de son mieux pour atténuer et finit le trajet à cloque pied. Il entendit distinctement que le garçon derrière lui tentait d'étouffer un rire, mais préféra l'ignorer. Une fois difficilement arriver deux étages plus haut, l'escalier maculé du sang que perdaient chacun des garçons, ils se retrouvèrent enfin devant la chambre.
« C'est vraiment ta maison ? Il y a tellement de pièces et de chambres qu'on dirait la maison close à côté de chez moi. »
Passé la surprise d'entendre parler son invité, le brun fût encore plus étonné des paroles prononcées, si nonchalamment. Préférant ne rien ajouter, il acquiesça seulement. Il invita le garçon à s'installer sur le lit et s'empressa d'aller chercher la trousse d'urgence que ses parents gardaient dans la salle de bain. Son pied le faisait souffrir, mais il trouvait injuste de se plaindre pour une petite coupure quand il y avait un autre enfant, sévèrement blessé, dans sa chambre. En revenant un peu plus tard, il surprit l'autre qui admirait sa large collection de livres. Il s'approcha sans bruits pour ne pas le déranger, mais il savait qu'il l'avait entendu arrivait. Dans ses mains à vif, il tenait un mince livre dont la couverture semblait lui arracher un sourire. Penchant un peu la tête, il le reconnut immédiatement : C'était un de ses livres préférés, dont l'histoire était centrée sur un jeune orphelin qui voulait devenir le plus grand des ninjas.
« Si tu veux, je peux te le donner, j'en ai pleins d'autres de toute façon.
Les épaules du garçon se raidirent et il lâcha le livre, ses traits se tordant douloureusement. Il détourna la tête et retourna se rasseoir. Le brun ne comprit pas sa réaction et retourna chercher le livre, pour lui remettre d'office dans les mains.
- Tu peux le prendre, vraiment.
Cette fois, l'autre enfant ne retint pas un accès de colère qui projeta le livre à travers la pièce.
- T'as pas compris, je sais pas lire ! »
D'un seul coup, le brun se sentit idiot. Évidemment, qu'il ne savait pas lire. Il avait déjà deviné qu'il ne venait pas de ce quartier, et à le regarder, on comprenait tout de suite que sa vie n'était pas faite de journées d'école et de goûters chez des amis. Et puis, en voyant le visage gêné que l'autre tentait de masquer par de la colère, il comprit ce qu'il avait raté. Il fait partie de ces personnes, ces personnes profondément blessés, qui font passer leur sensibilité pour de l'agressivité, ou parfois de l'indifférence. Il était encore jeune et, même s'il avait rencontré ces cas-là maintes fois dans les livres qu'il passait son temps à dévorer, jamais il n'en avait rencontré dans la réalité. Reprenant ses esprits, il se mit à organiser les affaires de premiers soins qu'il était allé récupérer. Il avait déjà vu ses parents faire et savait qu'il pourrait à son tour se servir de la trousse. Il sortit tout d'abord un spray désinfectant, puis quelques compresses. Enfin, il déroula les bandages crèmes, et alors qu'il s'apprêtait à saisir le bras du garçon, celui-ci eu un mouvement de recul. Le brun leva la tête, surpris.
« C'est juste pour désinfecter la plaie, ça ne va pas faire mal. Enfin, ça pique un peu, mais je pense...
Le coupant dans sa phrase, le garçon aux yeux noirs saisit en un mouvement rapide et vif la main qui allait se poser sur lui. Il la retourna soudainement, paume vers le plafond en bois.
- Tu saignes. »
Lui déclara-t-il simplement. Le brun comprit alors qu'il avait dû se couper en retirant le morceau de verre dans son pied, un peu plus tôt. Une idée, aussi idiote qu'inattendue, lui traversa l'esprit, sans qu'il ne comprenne d'où ça pouvait bien lui venir. Son regard noisette s'éclairant, il se saisit à son tour d'une des mains du garçon, de la sienne qui était blessée. Le regardant avec un sourire en coin, il pressa leur deux paumes l'une contre l'autre, quelques goûtes de sang glissant sur leurs avant bras.
- Maintenant, on est frères de sang. »
