Guren découvre enfin ce que cache le sang apparemment toxique de Yuzuki. Mais quelles en seront les conséquences ?

Bonne lecture ^^


Une enveloppe à la main, le médecin ayant procédé à l'analyse du sang de Yuzuki frappa au bureau de Guren.

« Ah oui, vous m'apportez les résultats je présume.» devina-t-il.

« En effet. Je dois dire que je m'attendais pas à cette découverte.»

Le médecin prit place dans un canapé à la demande de l'officier, qui se plaça en face. Il attendit ensuite que l'homme s'exprime. Ce dernier sortit une feuille de son enveloppe.

« À première vue, le sang de Mlle Miharo est tout à fait commun, de type O+. Je me suis donc demandé ce que vous espériez bien y trouver. Et puis, vous m'avez parlé lors de notre premier entretien d'une possible capacité toxique pour les vampires. Je me suis donc penché dessus. L'analyse a pris un peu plus de temps que d'ordinaire dû à cette recherche, mais le résultat est positif.» commença le toubib.

« Vous voulez dire … que son sang peut réellement empoisonner nos ennemis ?» reprit Guren.

« Tout à fait. Je vais vous expliquer comment une telle chose est possible. Voyez-vous miss Miharo a contracté le virus Hyakuya qui a réduit la population à un dixième. Seulement chez elle … il est inactif en tant que tel.»

Guren fronça les sourcils, attendant la suite avec grand intérêt.

« Cela arrive parfois chez certains individus, comme on l'a constaté avec le virus du Sida. De rares personnes possédaient le virus, mais elles parvenaient on ne sait comment à le rendre inoffensif : on les appelait des porteurs sains. Dans le cas présent, non seulement le virus est dormant, mais nous avons également constaté une mutation. Associée à une protéine particulière le virus a perdu de sa capacité offensive pour en acquérir une défensive. J'imagine que le processus naturel a pris quelques années, mais il a bel et bien muté se transformant en poison pour les vampires. Et comme il s'agissait d'un virus particulièrement puissant, sa toxicité en est que plus élevée.» exposa le docteur.

C'était donc ça. Une simple mutation, une évolution du virus -dans le bon sens- et voilà le sang de Yuzuki devenu une arme létale. Il repensa à ce que Tomoyo avait raconté : le sang de son aînée avait commencé par avoir de plus en plus mauvais goût. Le jour de sa fuite, il avait achevé sa mutation.

« Est-elle contagieuse ? Le fait qu'elle possède le virus la rend-elle dangereuse pour le reste de l'humanité ?» s'enquit Guren.

« J'en doute. La protéine retrouvée correspond à celle que nous utilisons dans notre vaccin. Toutefois, je conseille la prudence : le cas est inédit après tout. Passons maintenant aux expériences menées sur quelques sujets vampires.»

Le médecin sortit une deuxième feuille qu'il tendit à Guren.

« Comme vous le constatez, la bonne nouvelle est qu'il suffit qu'une très petite quantité, de l'ordre de 5 ml, pour que le poison fasse son œuvre. Nous connaissons les capacités régénératives des vampires, mais elles sont totalement inefficaces contre une attaque interne. Vous m'avez dit que chez un noble l'effet avait été rapide.»

« En effet, mais j'ignore son rang. Il faudra peut-être davantage pour un vampire de haut rang.» fit le lieutenant-colonel.

« Possible. Je dois maintenant vous demander ce que vous comptez faire de cette découverte. Car je ne vous cache pas son importance. Imaginez ce que nous pourrions accomplir avec : la guerre pourrait s'accélérer et assurer notre victoire.» continua le médecin.

« Doucement. Je suis bien conscient de tout cela, et Yuzuki également. J'en discuterais avec elle. De votre côté, continuez vos recherches : voyez par exemple si vous pouvez dupliquer le virus.» conseilla Guren.

« Très bonne idée. Si nous y parvenons, nous pourrons développer un tout nouveau type d'arme qui évitera peut-être de nombreuses pertes.» approuva le médecin.

« Et silence radio. Je me charge des révélations à qui de droit.» précisa encore le militaire.

Le médecin prit congé, laissant un Guren la tête pleine de réflexion. Quelle découverte en effet. Le sang de Yuzuki pourrait sans nul doute contribuer non seulement à une avancée majeure voire décisive, mais également limiter les pertes. S'ils pouvaient fabriquer un type d'armement longue distance … ils n'auraient ensuite plus qu'à achever les vampires ou laisser faire le poison. En attendant, il devait lui en toucher un mot. Elle n'avait pas classe aujourd'hui lui semblait-il. Guren sortit donc de son bureau direction l'appartement de la jeune femme. Le pire ne serait sans doute pas sa réaction à elle, mais plutôt celle des Hiiragi. Jamais ils ne laisseront passer une telle opportunité.

Guren eut soudain la vision de la pauvre jeune femme enchaînée à un lit dans un laboratoire, tandis qu'une machine la vidait de son sang. Un frisson lui dévala l'échine. Il cligna des yeux pour chasser cette image. Pourtant, il n'était pas étranger aux expérimentations humaines ... il en pratiquait sur les vampires. Et il en avait fallut pour parvenir à obtenir les armes qu'ils avaient maintenant. Alors pourquoi ça le dérangeait maintenant ? Il arriva devant la porte de la brune, leva la main puis suspendit son geste un instant pour finalement toquer.


« Ah ! C'est tonton !» clama Tomoyo en ouvrant.

Guren lui caressa la tête en la saluant. Elle le laissa passer puis l'accompagna au salon.

« Hé salut Guren ! Qu'est-ce qui t'amènes ?» dit Yuzuki en paraissant.

Vêtue d'un simple jogging, elle prit place sur le sofa à côté de lui. Tomoyo se mit de l'autre côté en s'accrochant au bras de l'officier.

« Je suis venu te voir ce matin car j'ai reçu les résultats d'analyse de ton sang.» commença Guren.

« Ah. Et donc, je suis toxique c'est ça ?» fit Yuzuki avec un petit sourire.

« Exact.»

Guren lui rapporta ce que le médecin avait découvert. La jeune femme s'inquiéta aussitôt de la présence du virus dans ses veines. Le militaire la rassura sur sa non contagion, ajoutant que le fait qu'elle ait vécu à proximité des enfants et qu'ils soient bien portants confortait cette idée. Yuzuki soupira de soulagement. Cette première partie réglée, Guren décida d'aborder le côté difficile. Il l'informa qu'il devait en informer la famille à la tête du pays de cette découverte. Yuzuki ne cacha pas son inquiétude, en dépit de la continuité de la recherche sur son sang. Certes si le virus tel quel pouvait être cultivé ce serait l'idéal. Au moins n'aurait-elle pas à en fournir jusqu'à devenir une éponge sèche.

« Tu sais tout maintenant.» conclut Guren.

Elle garda le silence, réfléchissant aux proches conséquences. Elle savait dès le départ qu'elle ne pourrait garder cela secret : cela serait été un égoïsme sans nom et très naïf. Pourtant … l'angoisse commençait doucement à l'envahir.

« J'ai peur …» lâcha-t-elle à mi-voix, le regard dans le vide.

Guren détourna les yeux.

« Je n'ai rien contre le fait d'apporter ma contribution à cette guerre, surtout que je sais posséder une arme décisive. J'ai juste peur … de la manière dont cela va se faire.» confia Yuzuki, le menton sur un genou.

Eh bien, où était passée la jeune femme qui avait menacé de casser un bras à Seishirou, se demanda l'officier. D'un autre côté, sa situation n'était guère rassurante.

« Dis tonton.» intervint Tomoyo.

Elle resserra sa prise sur la manche de l'intéressé.

« Il va lui arriver quoi à ma sœur ? On va lui faire du mal ?»

« Je ne crois pas non.» répondit Guren.

« Tu es sûr ? Tu vas pas les laisser faire ces Hiiragi, s'ils veulent la blesser, hein dis ?»

Guren se sentit désarmé devant les prunelles implorantes de l'enfant. Misère, que pouvait-il bien lui répondre ? Que les Hiiragi étaient tout-puissants et qu'il ne pourrait sans doute que courber l'échine ? Qu'ils pouvaient fort bien agir dans son dos ?

« Je ferais ce que je pourrais, Tomoyo. Mais ce n'est pas simple tu sais.» répondit-il enfin.

« Pourquoi ? T'es fort non, tu peux la protéger.» répliqua la petite.

Ah la franchise des enfants ! Ça valait le détour.

« Bah t'en fais pas Tomoyo. Avec ce qu'on a vécu pendant huit ans, c'est pas trois pelés et un tondu qui vont me faire peur. Et puis … maintenant que tu le dis, on ne sait pas ce qu'il vaut le tonton.» répondit Yuzuki en enfonçant un index dans le ventre de Guren.

« Hein ?»

« Oh mais dis donc … t'as pris du poids ? Déjà la brioche ?»

« Quoi ? T'as amené de la brioche et tu ne l'as même pas dit ? Vilain !» s'exclama Tomoyo.

« Non j'ai pas de brioche, et non j'ai pas pris de poids ! C'est quoi ces insinuations ?» s'exclama Guren en se redressant.

« De simples observations.» répondit Yuzuki, sarcastique.

« Attends un peu toi, je crois que tu as besoin qu'on te remette d'équerre !» lança Guren en se saisissant d'un coussin.

Il tenta de lui en flanquer un coup, mais la brune bascula en arrière. Un peu juste toutefois, le bord du coussin lui balaya le visage. Cependant, elle en avait attrapé un de son côté, et répliqua immédiatement.

« Calme-toi que tu vas me faire une attaque. C'est pas raisonnable vu ta condition.» lança Yuzuki.

Tomoyo éclata de rire, prit le dernier coussin et en assena un coup sur la tête de Guren, en criant que c'était la bataille des coussins. L'officier y répondit, doucement tout de même, mais fut vite assaillit par les filles. Assez rapidement, il finit par immobiliser le poignet tenant le coussin.

« Là ! Qui c'est qui commande ?»

Les deux se regardèrent, puis lancèrent simplement le coussin dans l'autre main avant de le rabattre sur la tête de Guren.

« C'est nous !»

« Bon … je crois que ça ira comme ça. J'ai un métier moi.» dit-il en se relevant.

Il se recoiffa, puis salua les filles avant de quitter leur logement. Yuzuki afficha alors un air grave.

« Tomoyo. Convoque toute la famille.» dit-elle.

« Tout de suite.»

L'enfant quitta le domicile pour aller frapper aux différentes portes, invoquant un conseil de famille dès qu'on lui ouvrait. Sans hésiter, chacun quitta son domicile.


De son côté, Guren arriva devant la salle de réunion du conseil militaire. Il entra à la suite des autres, chacun prit ensuite sa place. Tenri Hiiragi, le chef suprême, était déjà présent. La réunion commença par les habituels comptes rendus sur l'activité vampirique. Guren les écouta à peine. Il luttait contre son sentiment partagé : devait-il annoncer dès maintenant sa découverte, ou attendre que le médecin parvienne à un autre résultat ? Il fallait bien que cela se sache un jour, et ils risquaient de ne pas apprécier qu'il leur cache pareille information. Déjà qu'ils n'étaient pas dans les meilleurs termes. Il fallut un coup de coude de son voisin pour qu'il revienne à la réalité. Guren se leva.

« En ce qui me concerne, je vais vous parler de tout autre chose aujourd'hui. Une découverte qui pourrait bien être capitale dans ce conflit.» commença-t-il en se levant.

Il vit au regard des officiers supérieurs qu'il avait piqué leur intérêt, quoique mêlé d'incrédulité. Guren rappela sa mission d'il y a trois mois et demi, durant laquelle un noble avait été vaincu et un groupe d'humains accueilli dans la base.

« Le fait est que je n'ai pas réellement tué ce vampire. C'est autre chose qui s'en est chargé.» continua-t-il.

Là, étonnement pur et simple. Shinya pour sa part, avait déjà tout compris. Néanmoins, il écouta avec intérêt, désireux de connaître les détails. Guren révéla alors toute l'histoire, goûtant non sans plaisir la surprise sur les visages de son auditoire.

« Comment est-ce possible ?» souffla Seishirou.

« Ainsi que je l'ai expliqué, il s'agit d'une mutation unique en son genre. Mais j'ai moi-même constaté les faits de mes propres yeux, ainsi que le médecin qui a procédé à des tests. Vous pouvez avoir confirmation auprès de sa part.» répondit Guren.

« Pourquoi nous avoir caché pareille découverte ?» intervint Tenri.

« Parce que je n'ai pu obtenir un échantillon que dernièrement. Les résultats, comme vous pouvez le constater sur les papiers, m'ont été apportés ce matin. Tant que je ne pouvais rien affirmer je n'ai pas jugé utile de divulguer l'information.» répondit sereinement le lieutenant-colonel.

« Et donc ? Que faisons-nous maintenant ? Cela mérite sérieusement qu'on s'y arrête, car cela remet en cause notre tactique.» souligna Shinya.

« J'ai déjà demandé au médecin de tenter de cultiver ce type de virus. S'il obtient des résultats concluants nous pourrions élaborer un nouvel armement, capable de les atteindre à distance. Non seulement nous accélèrerions nos avancées, mais nous limiterions considérablement les pertes.» informa Guren.

« Bien. La concernée se trouve donc déjà en laboratoire.» en déduisit Kureto.

« Du tout.»

« Comment cela ? Tu viens de nous annoncer que nous disposons d'une arme tout aussi efficace si ce n'est plus que celles actuelles, et le sujet ne se prête pas aux recherches ?» questionna Kureto, autoritaire.

« Yuzuki Miharo n'est pas un vulgaire cobaye de laboratoire. Etant donné qu'elle est l'unique source, je suggère de ne pas nous précipiter. Inutile de gaspiller cette ressource, car nous n'en n'aurons pas d'autres.» rappela Guren.

« Tu viens pourtant de dire que quelques millilitres suffisent. Or le corps humain en compte plusieurs litres. De quoi débarrasser le pays tout entier de cette vermine.» continua Kureto.

« Et que ferons-nous si jamais le sang se dégrade ? Nous parlons d'une de nos citoyennes je te rappelle, avec des droits en dépit de la situation. Il est de plus trop tôt pour savoir de quelle quantité exacte nous aurons réellement besoin. Si le virus se duplique bien, nous n'aurons alors pas d'inquiétude.» repartit Guren.

Les regards se tournèrent vers le décisionnaire, à savoir le chef de famille.

« J'approuve la patience. La source est en effet très limitée, et doit encore démontrer de ses réelles capacités. Le premier noble tué par ce poison n'était peut-être pas de très haut rang. Qui sait si cela marchera avec tous. Nous avons patienté pour les armes maudites, nous patienteront pour celle-ci aussi.» annonça Tenri.

Guren retint un grand soupir de soulagement. Yuzuki pourrait dormir tranquille. La réunion se poursuivit sur des sujets plus classiques.


« Voilà, je vous ai tout raconté.» termina Yuzuki.

Les enfants gardèrent le silence, assimilant le récit de leur aînée et ce que cela impliquait. Ils avaient beau être jeunes, ils n'en étaient pas pour autant aveugles. De plus, il leur avait fallu développer une certaine intelligence et maturité pour survivre aux vampires.

« Merci de nous tenir au courant, en tout cas.» commença Riku.

« C'est bien normal, on est une famille.» répondit Yuzuki, un brin surprise.

« Tu aurais pu ne rien dire pour ne pas nous inquiéter.» sourit Mayumi.

« Comme si j'aurais pu le cacher. Et plusieurs têtes valent mieux qu'une. Nous avons vécu des jours tranquilles, et il va falloir trouver un moyen efficace pour ça continue. Tout le monde est concerné, alors autant réfléchir tous ensemble. Faisons le point sur nos atouts actuels et devisons sur différentes possibilités.» continua la jeune femme.

« Bon je commence. Notre atout à nous, c'est que déjà on décode très bien le langage non-verbal, très utile pour connaître les véritables sentiments des gens. Un talent qui pourrait servir à un gouvernement.» dit Mayumi en levant la main.

« En effet, reste à savoir si on peut décoder les militaires. Cacher leurs émotions c'est leur apanage, or nous savons également que le langage passe par le corps. Mais ton idée est bonne, reste à voir comment l'exploiter.» approuva Yuzuki.

« Guren est un allié potentiel, à condition qu'il ne voit pas ton sang comme un tremplin pour la promotion. Perso, il m'a paru sincère dans toutes ses réactions, ce qui est un bon début. Il n'est pas idiot, il a dû mentionner que toi seule avait cette capacité. C'est donc très limité et le gaspillage serait pratiquement un crime.» continua Ikki.

Yuzuki approuva. Sur un champ de bataille, il fallait être capable de savoir attaquer au bon moment. Foncer bille en tête menait trop souvent à sa perte.

« Nous avons aussi gardé notre réflexe d'explorateurs, ce qui nous a permis de nous approvisionner en diverses choses. Toutefois, nous ne l'avons pas fait en profondeur ici. Je souhaiterais appliquer cette capacité à cette forteresse.» intervint Makoto.

« Oh excellent ! Si vous trouvez à vous faufiler, on pourrait avoir accès à beaucoup d'informations. Le savoir est une arme, mais la sagesse est un bouclier : il faudra dispenser les infos à la bonne personne.» sourit Yuzuki.

« Autrement dit, on va se livrer à de l'espionnage. Dans ton livre d'histoire, j'ai lu que tout roi ou empereur a ses espions. Qu'en est-il ici ?» ajouta Riku avec un sourire.

« Je me chargerais d'approcher le patriarche si nous avons du solide à marchander. Si j'ai un autre talent que du sang empoisonné à lui proposer, cela devrait consolider notre sécurité. Nous avons déjà un début de solution. Riku, Makoto, voyez ce que vous pouvez tirer de l'endroit. Une carte serait pas mal si vous pouvez. Tomoyo, tu vas te rapprocher un peu de l'équipe de tonton Guren. Laisse traîner tes oreilles pour surveiller leur avancée. Tu y arriveras ?» dit Yuzuki.

« Oui je crois. Ils ne font plus attention à moi au bout d'un moment.» sourit la petite.

« Je recrute les jumeaux, on ne sera pas trop de quatre pour notre mission.» intervint Riku.

« Ça me va.» répondit Ikki.

« Bien. De mon côté, je vais observer un peu les militaires, voir comment ils communiquent.» décida Yuzuki.

Le conseil de famille s'acheva sur ces bonnes paroles. Guren avait également fini sa réunion, et put souffler tranquille dans son bureau. Il grogna lorsqu'on toqua à sa porte.

« Coucou c'est moi !» lança Shinya avec son habituel sourire.

« C'est pour quoi ?» lâcha Guren, toujours avachi sur son fauteuil.

« Ta joie de me revoir m'émeut jusqu'aux larmes. Je viens savoir où tu en es avec ta nouvelle famille. Est-ce que tu leur as dit pour les résultats ?» annonça le blond en entrant.

« Oui bien sûr, juste avant la réunion.»

« En parlant de ça, tu m'as eu l'air singulièrement soulagé en apprenant que Tenri était de ton avis.» reprit Shinya.

« Et ?» fit Guren sans comprendre.

« Eh bien ça m'a interpellé. Voilà longtemps que je n'avais pas vu ce genre de sentiment chez toi. Tu t'inquiètes pour Yuzuki on dirait.»

« C'est quoi ce sourire ? Et cet air ?» questionna Guren.

« Juste que … je te trouve meilleure mine ces temps-ci.»

Guren le fixa, l'air t'es-débile-tu-le-sais-ça on. Il ferma ensuite les yeux puis demanda si son ami voulait autre chose. Le concerné répondit par la négative et s'en alla comme il était venu. Le lieutenant-colonel soupira. Quelques minutes plus tard, il se leva et sortit. Il souhaitait rendre compte de la réunion à la famille Miharo. Après cela … il n'en savait rien. Il verrait bien, surtout que la bataille de Shinjuku approchait. Là-bas il avait une petite chose à vérifier.

« Les choses prennent une tournure intéressante tu ne trouves pas ?» entendit-il dehors.

Kureto se tenait appuyé contre un angle de mur.

« Que veux-tu dire ?» demanda Guren.

« Eh bien avec cette histoire de sang la guerre pourrait être gagnée plus vite que prévu. Si ce poison est aussi efficace sur tous les nobles, nous aurons un atout considérable. Tu devrais accélérer les recherches.» dit-il en approchant.

« Et de quelle manière ? » s'enquit le brun.

« Plus de personnel avec plus d'échantillons. Tout simplement.»

« Je leur en fournirais au fur et à mesure.»

« Allons, ne me dis pas que tu n'es pas plus pressé que ça d'en finir. Au point nous en sommes, une mort de plus ou de moins …» susurra l'héritier Hiiragi.

« Notre devoir c'est de protéger les civils je te rappelle !» s'exclama Guren.

Kureto haussa un sourcil devant cet énervement soudain. L'intéressé s'en rendit compte et se maudit intérieurement.

« On ne peut pas se permettre d'aller trop vite et tu le sais.» reprit Ichinose, plus calmement.

« Tu as peut-être raison au final. La précipitation peut tout gâcher. Cependant, tâche d'obtenir des résultats et vite, sinon je prendrais l'affaire en mains.» conseilla Kureto.

Un peu plus loin, l'objet de cette conversation un peu tendue arriva.


« Oh attends Yuu, un membre de ma famille semble avoir des ennuis.» dit-elle en s'arrêtant.

Elle accéléra ensuite le pas vers les deux hommes. Elle se rendit compte que Yuu la rattrapait.

« Je te suis, il est de ma famille aussi.» dit-il.

« Pareil, et je déteste ce Kureto depuis qu'il nous a interrogé à coup de poignard.» annonça Kimizuki en les rejoignant.

« Cool, on est tous cousins alors.» commenta Yuzuki en référence à la famille.

Les garçons sourirent. Yuzuki se mit directement entre les soldats.

« Bien le bonjour. Tout va bien ?» lança-t-elle.

« Salut, on a cru voir comme un problème.» ajouta Yuu, à gauche de Guren.

« Alors on vient voir si notre supérieur aurait besoin d'aide.» ajouta Kimizuki à droite.

Guren les regarda tous les trois en se demandant quelle mouche les avait piqué.

« Tiens. Miss Miharo je suppose.» répondit Kureto.

Guren serra les dents. Il aurait préféré qu'il ne connaisse pas son visage.

« Bonjour bonjour ! Y aurait-il un souci par hasard ?» claironna Shinoa qui arrivait avec Mitsuba et Yoichi.

Elle se plaça à côté de Yuu, pendant que Mistuba se rangeait aux côtés de Kimizuki avec Yoichi.

« Que c'est mignon, tout ce petit monde qui se lève pour toi Guren.» se moqua Kureto.

« Lui au moins il en a.» rétorqua Yuzuki.

« Voyez-vous ça. Il vous a bien élevés en tout cas, de gentils petits toutous bien dociles.»

« Oui, il nous a bien élevés. Il fait des efforts, lui.» riposta Kimizuki.

Kureto lui retourna un regard à le faire rentrer sous terre. Mais les jeunes ne démontèrent pas, et formèrent une ligne entre lui et le lieutenant-colonel. Kureto sourit puis tourna le dos. Guren était abasourdi. Une pensée lui vint : depuis quand quelqu'un s'était-il levé pour prendre sa défense ?

« Pauvre type.» siffla Yuu.

« Et il va prendre la tête de l'armée un jour ? Dieu nous aide.» ajouta Mitsuba.

Les ados rompirent le rang tout en commentant l'attitude du lieutenant-général.

« Tu vas bien ?» interrogea Yuzuki.

« Oui, à part que maintenant il connaît ton visage.»

« Et je connais le sien. Donc je sais de qui me méfier.»

Pas faux, pensa-t-il. Cela étant, il l'informa qu'il la cherchait afin de lui annoncer ce qui s'était dit parmi les têtes pensantes. Yuzuki fut soulagée d'apprendre qu'elle ne serait pas recluse dans un labo. Elle remercia Guren de son aide. Ce dernier hocha simplement la tête, avant de continuer sa route.