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Sombre est la nuit


7 Avril 2014, arrondissement de Minami-ku, Sakai, préfecture d'Osaka

Il était plus de trois heures du matin lorsque Chôji s'éveilla, dérangé dans son sommeil par un bruit perçant et agaçant. Il mit du temps à émerger du beau rêve plein de pâtisseries qu'il avait fait, et marmonna des insultes en se frottant vigoureusement le visage. Le bruit redoubla d'intensité, maintenant mêlé à un autre plus ténu, une sorte de reniflement.

Se levant précipitamment de son lit dans un grincement du matelas, il se tourna immédiatement dans la direction d'où semblait provenir l'agitation persistante, soit le lit de Shikamaru, qui se trouvait à quelques mètres à peine du sien.

Malgré la nuit déjà bien avancée, il le repéra aisément à la lumière blanche et spectrale que produisait la lune presque pleine en ce début de mois d'Avril. Il avala difficilement sa salive et ses yeux le piquèrent violemment lorsqu'il réalisa.

« Shi... Shikamaru ? »

Sa voix était rauque, pas de sommeil mais d'appréhension. Il s'approcha plus près, à pas lents et les membres tremblants, comme pour ne pas effrayer l'autre alors que celui-ci n'avait même pas conscience de sa présence.

« Shika... tu m'entends ? »

La boule dans sa gorge bloqua sa respiration, qui devint éreintée. Des larmes dégringolaient déjà sur son visage rond alors qu'il n'avait pas encore vu toute l'ampleur des dégâts.

« Mais tu vas te tuer, putain ! » hurla-t-il entre ses larmes, dépité lorsque son ami, son meilleur ami, se retourna vers lui.

Un air hagard, un sourire faux et étiré au possible, un flux discontinue de larmes recouvrant son visage pâle. C'était tel qu'il le voyait lui, pendant que les autres ne voyait qu'un air blasé de façade.

Ses cheveux détachés, lâchés dans son dos le rendaient encore plus exposé, si c'était possible. A la merci de ses démons.

Il avait l'air pitoyable.

Il se détruisait et c'était à Chôji de ramasser les morceaux. Il en avait assez de le trouver dans cet état catatonique une nuit sur deux. Il se devait de toujours être là pour lui, mais lui, il n'avait cure de ses problèmes. Et s'il n'avait pas été là hein ? S'il n'était pas là pour le ramasser à la petite cuillère à chaque fois qu'il s'abandonnait à une nouvelle crise? Que pourrait-il bien devenir sans lui ?

C'en était assez. Il sentit remonter des profondeurs les plus sombres de son âme tout un flot de reproches, d'insultes, d'émotions trop longtemps refoulées. Il avait besoin de relâcher la pression qui n'avait de cesse de s'accumuler en lui, de lui dire ce qu'il pensait vraiment de lui et de ses pratiques auto-destructrices.

Il tomba à genoux et saisit Shikamaru par les épaules, usant de sa force pour compresser son corps qui paraissait en cet instant décharné, vidé de toute vie. Vulnérable. Il ne pouvait supporter la vue de ce côté à vif de son ami, lui qui d'habitude était là pour le protéger, comment pouvait-il se permettre d'être si faible, de le laisser tomber ?

« Quand est-ce que tu vas arrêter ça bordel? Quand tu n'auras plus la force de sortir de ton lit ? Et bien tu es sur la bonne voie, vas-y continue ! Tu aurais plus vite fait de te planter un couteau dans la poitrine à ce rythme-là ! Tu n'es plus qu'un zombi de toute façon, un cadavre ambulant !

Il le secoua, le provoqua, mais l'autre n'eut aucune réaction. Il attrapa son cou de sa main droite et releva son visage à sa hauteur, mais les yeux vides étaient fuyants, instables. Fous. Il avait l'air d'un fou.

Ses pupilles verrouillées au pantin de chair en face de lui, il contacta ses phalanges qui blanchirent, ne s'arrêtant pas lorsque l'autre produisit un couinement misérable. Son visage à présent devenu livide, Shikamaru paraissait inerte, inanimé. Et Chôji ne pouvait s'empêcher de penser : ne serait-ce pas mieux d'en finir maintenant ? Maintenant alors qu'il lui restait encore un semblant de son esprit ? Ou bien fallait-il qu'il le laisse dépérir à petit feu, jusqu'à ne plus pouvoir endurer la souffrance physique mais surtout psychique qu'il endurait depuis des années? Pourquoi était-ce donc à lui de prendre cette décision, pourquoi le laissait-il disposer de sa propre vie comme si elle n'avait aucune espèce d'importance ?

Prit de sanglots violents et réalisant finalement ce qu'il était en train de faire, Chôji le relâcha ébranlé, les mains agitées en tout sens, et le garçon tomba inanimé tel une poupée de chiffon.

Plusieurs minutes durant, Chôji laissa aller ses nerfs, et il pleura alors comme il s'était toujours interdit à le faire. C'est alors que toute l'absurdité de la situation lui apparut. C'était lui qui osait faire la morale à Shikamaru ? Lui qui le traitait de fou ? Lui qui se permettait de le juger ? Mais comment pouvait-il faire une chose pareille ? Quand il le regardait, c'était comme s'il se voyait dans un miroir. Il avait ses propres vices, ses propres addictions, sa propre part de supplices, de peines et d'épreuves insurmontées. Après tout, c'était bien pour ça qu'ils s'étaient trouvés.

Réprimés, blessés, rabaissés, tourmentés, torturés. Oubliés.

Ils étaient semblables en tout point, seuls les détails différaient.

Chôji se releva difficilement, faible, la vision brouillée par les larmes et une violente migraine commençant à se manifester. Regardant Shikamaru tristement, il se dit intérieurement : « Voilà à quoi tu ressembles quand c'est lui qui te retrouve après tes crises. Voilà la partie de toi que tu l'obliges à contempler. Voilà ce que tu lui fais endurer depuis tout ce temps. »

Il saisit aussi délicatement qu'il le pût le garçon par les bras et tenta de le redresser. Voyant qu'il ne pouvait soutenir son propre corps, drainé de toute force, il le plaça contre un coussin appuyé au mur.

Il se plaça face à lui et lui sourit tristement, ses traits s'étant radoucis.

« Mais qu'est-ce que t'as encore fait Shika... »

L'autre ne répondit pas, mais au bout de quelques secondes, Chôji vit ses lèvres bouger.

Il s'approcha et attendit patiemment.

Puis les mots sortirent, difficilement. Ils étaient hachés, presque murmurés. Mais Chôji distingua très clairement ses paroles. Pour cause, ce n'était pas la première fois qu'il les entendait, loin de là. Alors il l'écouta, désolé. Il l'accompagna toute la nuit durant, jusqu'à ce que les deux s'abandonnent enfin au sommeil, dans un triste état, les yeux gonflés, la peau brûlante, la gorge sèche.

« Pourquoi... Pourquoi tu m'as abandonné... ? J'ai tellement besoin de toi... Ne pars pas... Ne me laisse pas seul... »

« Je t'en prie, je t'en supplie... »

C'était une nuit, en somme, pas si exceptionnelle. Peut-être était-ce l'une des plus intenses de ces dernières semaines, mais elle était loin d'être unique en son genre. Depuis environ trois ans qu'ils se connaissaient, c'était les mêmes mots que Shikamaru prononçait dans ses crises, c'était les mêmes nuits, interminables, à se soutenir l'un l'autre, qu'ils vivaient. C'était le même détachement qu'ils arboraient au lendemain, comme si les mots n'étaient pas nécessaires, comme s'il n'y avait rien de plus à ajouter que ce qui avait été dit, dans la confidence de la nuit.

Ils étaient détruits. La vie, ou plutôt l'humanité, les avait brisés. Et il n'y avait rien d'autre à dire.


Naruto n'arrivait pas à fermer l'œil. Même s'ils étaient loin de l'intensité de ceux de Kiba, il lui arrivait régulièrement et depuis qu'il était enfant de faire des cauchemars. Conséquence des nombreux vides présents dans ses souvenirs, il se savait revivre épisodiquement la période passée avant de rencontrer Iruka, mais il ne s'en souvenait jamais à son réveil. Comme si son esprit essayait de le protéger contre ce qu'il pourrait y découvrir, à la manière de Tenten voulant lui cacher l'histoire derrière le manoir. Il en avait assez qu'on le protège, assez qu'on le juge faible, il se sentait terriblement incompris. Tellement las que parfois, il avait envie d'avoir mal. De ressentir la réalité du monde, de sortir de ce putain de couloir insonorisé et doublé de coton dans lequel tout le monde semblait vouloir l'enfermer. Il n'était pas la personne que les autres voyaient en lui : ni innocent, ni effrayé par son passé, il souhaitait au contraire pouvoir s'y confronter mais en était incapable, bloqué par les barrières érigées par son propre esprit.

Son impuissance était difficilement supportable et chaque jour il manquait d'exploser pour de bon, et il savait que si ce jour arrivait, ce ne serait pas beau à voir. Dans quelques heures, il se trouverait devant une de ces portes qu'il était si désespéré à ouvrir. Mais il avait pris peur, et en avait eu honte. C'était ce qu'il souhaitait, se confronter aux monstres de son passé ! Finalement, il prenait le retour de l'école dans sa vie comme une revanche à prendre. Maintenant que cette opportunité se présentait, il n'allait pas laisser passer sa chance et il comptait bien prouver à tous, à Iruka, à Tenten à ceux qui le rabaissaient sans cesse, qu'il était plus fort que ce qu'ils croyaient et qu'il n'avait pas besoin de leur protection et surement pas de leur pitié.

Comme un automate dont les propres destinations lui seraient inconnues, il se sentait poussé de son lit par de fortes bouffées d'adrénaline qui allaient jusqu'à lui donner des fournis dans les extrémités de ses membres engourdis. Il n'était même pas certain d'être éveillé et errait entre conscience et rêve, descendant l'échelle sans savoir comment, marchant d'un pas décidé mais non moins discret devant un Kiba aux prises avec ses couvertures, les traits tendus et une fine pellicule de sueur sur le front. Plus vite qu'il ne le pensait il se retrouva devant la porte d'entrée. Il en saisit la poignée, la pivota dans un bruit grinçant et la claqua derrière lui bien plus fort qu'il ne l'avait voulu. Maintenant réveillé par le froid de la nuit, il se retourna d'un bloc pour constater que toutes les lumières de la maison étaient bien éteintes et qu'il se retrouvait seul à l'extérieur, les pieds nus sur l'asphalte rugueux, l'air frais venant caresser ses jambes exposées sous son short blanc et sur ses bras découverts par un fin tee-shirt de la même couleur. Le vent se leva, accompagnant sa marche inégale, et une bourrasque plus forte que les autres rougit son visage.

Une force irrésistible l'attirait toujours plus loin, lui faisait avancer un pied devant l'autre. Il n'avait pas conscience de ses tremblements, dû à son corps qui tentait de se réchauffer, ou de la douleur dans sa jambe droite qui venait de se déchirer contre une ronce dans le parc, et teintait maintenant sa peau de gouttelettes rouges. Ses yeux absents, sa bouche entrouverte sur un souffle régulier, il faisait face à l'objet de son questionnement des derniers jours. Le manoir.

Massif et toujours entouré de cette aura qui l'écrasait, si près, alors qu'il pourrait toucher les piques du portail en tendant simplement la main (ce qu'il fit par ailleurs). Une décharge l'envahit aussitôt qu'il rentra en contact avec le matériau froid qui se révéla être du métal forgé. Créée dans un fourneau, la forme malléable une fois durcie ne propageait plus qu'un froid glacé comme le plus triste des cœurs. Sa main ne pouvait plus desserrer sa poigne, ou plutôt le manoir refusait qu'il lâche prise et il avait l'impression d'être absorbé par les profondeurs du lieu. Sa vision était floue et il n'avait même pas remarqué que la porte avait été décelée, les planches qui bloquaient son entrée à présent éparpillés dans la courette devant elle. Les nombreux cadenas qui retenaient autrefois le portail avaient étés mis en pièces, et la grande porte menaçante était ouverte sur l'obscurité. L'attirant.

L'emprise sur sa main s'évanouissant, sans quitter des yeux l'entrée vacante il sentit son corps suivre l'appel. Et lorsque, après avoir gravi les quelques marches il se retrouva dans l'encadrement de la porte, il se sentit défaillir tellement tous ses sens étaient pris d'assaut. L'odeur du lieu était terrible, mélange de renfermé, de poussière mais surtout c'était comme s'il pouvait encore percevoir l'odeur caractéristique de la suie et des cendres. Et du sang. Les murs n'avaient de cesse de craquer et de se complaindre en plaintes bruyantes et effrayantes, on entendait presque les flammes craquer sur le bois des murs intérieurs, les cris résonnaient contre la vieille pierre et traversaient le plancher épais et rongé par les insectes. Quelque part, des volets ouverts claquaient violemment contre les parois, le faisant sursauter à chaque martellement. Devant lui s'étendait un court couloir entouré de pièces aux portes encore scellées, sombre. Au bout de celui-ci un arbre abattu, sûrement par un violent orage, avait perforé le plafond sur tous les étages. Noirci et en décomposition, il laissait entrer le rayonnement lunaire en une flaque brillante au milieu de ce qui avait dû autrefois être un salon.

Naruto voulait toucher le tronc brûlé, ressentir à travers lui la force qui avait pu le faire plier alors, se noyer dans la fenêtre qui déversait ce soir une lumière incandescente. L'extrémité de sa main et une partie de son visage furent noyés dans le faisceau lunaire alors qu'il avançait d'un pas. Et puis tout s'arrêta. Il reçut un coup déchirant dans son tibia déjà blessé et s'écroula à genoux en plein milieu de l'obscurité. Paniqué, il chercha des yeux une échappatoire mais seule la nuit lui répondit. Une poigne puissante le releva durement et le plaqua de force contre un mur de bois imbibé d'humidité. Maintenant bien éveillé et son instinct de survit lui criant de se débattre il réussit à heurter son agresseur dans les côtes avec son coude, mais malgré la puissance du coup celui-ci ne desserra pas sa prise d'un centimètre. Il continua malgré tout de s'agiter et de se tordre afin d'inverser leurs positions, en vain, ses muscles engourdis n'aidant pas.

Il s'arrêta soudain de se débattre lorsqu'une lame aiguisée glissa contre sa gorge et appuya assez fort pour faire couler son sang. Le son des gouttes vermeilles heurtant le sol sembla assourdissant alors que tout autre bruit avait comme disparu. Le temps était suspendu autour de la lutte. Il ne put faire autrement que de saisir la main qui n'avait de cesse de s'enfoncer plus profondément dans la chaire tendre de son cou en essayant de la faire reculer, sa respiration était lourde et erratique, ses yeux fouillaient le bois devant lui alors qu'il ne pouvait pas le distinguer, à la recherche d'une solution à cette situation.

Ne réfléchissant pas il relâcha tous ses muscles et tomba durement contre le plancher, récoltant au passage une longue trainée sanguinolente là où se trouvait précédemment le couteau. Il roula sur le dos, se remit debout tant bien que mal dérapant plusieurs fois et tenta de prendre la fuite. Seulement sa perception de la pièce était chamboulée et dans le noir il n'arrivait pas à s'orienter, ne trouvant plus le couloir d'où il était arrivé. Derrière lui la présence se rapprochait à pas vifs et il était à court d'alternatives. Dérapant une nouvelle fois en se penchant vers un carton délaissé et vaguement éclairé il saisit alors ce qui ressemblait à une branche de chandelier et la brandit devant sa poitrine en se retournant d'un seul mouvement, ne pouvant s'empêcher de fermer les yeux en attente de la sentence. Il était foutu.

La poigne de l'autre lui arracha son arme de fortune et d'un coup dans la poitrine qui le laissa le souffle coupé il le fit basculer au sol. Le contact familier de la lame retrouva sa gorge ainsi offerte, prête à finir le travail. Naruto serra fort ses paupières, certain que s'en était fini pour lui. Mais les secondes passaient, et rien ne venait, alors que la pression de l'arme se faisait pourtant toujours sentir. Le temps était figé.

Prenant une grande inspiration, emmagasinant à nouveau de l'air, il ouvrit les yeux. La lumière qui le heurta alors après un long moment passé privé d'elle lui fit cligner plusieurs fois des paupières avant qu'il ne puisse distinguer quoi que ce soit autour de lui. Il réalisa alors qu'il se trouvait en plein sous le trou du plafond qui laissait passer les rayons de la lune. En face de lui, il découvrit un visage complètement différent de ce qu'il avait pensé y trouver. Encore à moitié dissimulé dans l'ombre, Naruto pouvait cependant distinguer que l'autre garçon ne devait pas être bien plus âgé que lui. Ses yeux noirs étaient légèrement écarquillés et, si elles ne s'étaient pas totalement fondues dans ses iris, il était sûr que ses pupilles devaient être dilatées au vu de la surprise non feinte qu'il arborait à cet instant. Sa peau très pâle reflétait la lumière alors que des mèches ébènes tombaient sur son visage.

Ils ne restèrent figés qu'une fraction de seconde peut-être, puis l'expression de l'autre changea du tout ou tout et se ferma de toute émotion. Il détourna le regard, la pression sous la gorge de Naruto s'évanouit et la silhouette de l'autre commença à disparaitre dans les profondeurs de la maison. Naruto resta hébété sur le sol quelques secondes, se demandant ce qui avait bien pu se passer. Le gars l'avait attaqué, il avait essayé de lui trancher la gorge, et maintenant il partait comme si de rien n'était sans même une explication. Sans était trop pour lui.

« Ça veut dire quoi tout ça ? T'es un putain de vampire, t'as peur de la lumière ou quoi ? »

S'il y avait bien quelque chose chez Naruto qui ne changeait pas, c'était qu'il ne savait jamais quand il fallait laisser tomber et passer à autre chose. Et se taire au passage. Quand il avait décidé quelque chose, rien ne pouvait alors l'en dissuader. Et là, tout de suite ce qu'il voulait c'était des réponses à ses questions. Il se releva péniblement et faisant fit de son instinct qui lui disait de partir le plus vite possible, il fouilla la pièce à la recherche de l'autre taré.

Ayant retrouvé le couloir tant espéré plus tôt, il s'assura que les portes des pièces adjacentes étaient toujours scellées, et il lui sembla que l'une d'elle avait été forcée. Il s'approcha avec assurance mais son sang se glaça lorsqu'une main vint se poser d'autorité sur son épaule le faisant reculer, et vaciller par la même occasion son courage. Un souffle chaud caressa son oreille et Naruto frissonna sans trop savoir pour quelle raison. Par peur, par anticipation ? Sa respiration s'accéléra.

« Bars-toi d'ici. Ma patience a des limites. »

Il sentit sans la voir la présence diminuer alors que l'autre avait tourné les talons. Il aurait pu s'arrêter là. Partir et retrouver enfin la chaleur de son lit, la maison rassurante. Mais quelque chose l'en empêchait. Alors, d'un mouvement rapide que même lui n'avait pas anticipé, il se saisit du poignet qui venait de quitter son épaule. Pris par surprise, l'autre n'eut pas le temps de réagir qu'il se retrouva, après s'être débattu, plaqué à son tour contre une cloison, près de l'entrée. Ses poings retenus à côté de son visage, Naruto pouvait à présent discerner son regard noir posé sur lui. Il contrat plusieurs fois son genou, qui se fracassa quelques fois dans ses côtes, mais il résista. Le visage sérieux et les muscles bandés, Naruto ne rigolait plus du tout.

« Qu'est ce qui s'est passé ici ? Réponds-moi et je partirai. »

L'autre eu un rictus amer, mais n'obtempéra pas, se contentant de le défier du regard, des mèches corbeau tombant dans ses yeux de la même couleur. Naruto raffermit sa prise, ils haletaient fort tous les deux, de la buée sortant de leurs bouches entrouvertes, luttant sous l'effort. Ils avaient engagé un duel qui puisait autant dans leurs ressources physiques que mentales. Finalement, sûrement lassé de ce petit jeu, l'autre finit par répondre, brisant le contact visuel.

« Ça ne te concerne pas. Tu n'as rien à faire là, c'est une propriété privée.

- Oh bien sûr, alors c'est pour ça que tu as tenté de me tuer. Me prends pas pour un idiot, tu dois avoir autant de légitimité d'être ici que moi."

L'autre releva des yeux qui semblaient vouloir lui percer le crâne, et Naruto sentit sous ses doigts la peau se tendre, signe qu'il l'avait bien énervé cette foi-ci. Il comprit tout de suite son erreur mais ne fût pas assez rapide à contrer, alors que l'autre propulsait son coude dans la mâchoire du blond, qui fût projeté contre le mur d'en face par un mouvement rapide du pied. Il vit des étoiles pendant quelques secondes, pour se rendre compte que l'autre l'avait maintenant saisit à la gorge, laissant passer à peine assez d'air pour qu'il reste conscient. Approchant son visage, il lui chuchota sur un ton dur :

« Crois-moi, si j'avais voulu te tuer, tu ne serais pas là à raconter autant de conneries. Tu ne sais rien de moi. Je t'assure que si c'était le cas, tu serais en train de te pisser dessus. Reste loin de moi, et ne reviens jamais ici. C'est un ORDRE. »

Naruto finit pas être libéré et il s'effondra le long du mur, tenant sa gorge et inspirant de grandes bouffées d'air et en s'étouffant avec. Plusieurs minutes passèrent avant qu'il n'ait à nouveau la force de se relever, et il se tourna vers la sortie, près à rentrer. Mais il n'avait pas abandonné, pas encore. Peu importait comment, mais il connaitrait le fin mot de cette histoire, il en faisait son affaire. Sur le pas de la porte, il se retourna, mû par une impulsion soudaine et sa bouche tordue en un sourire faux.

« On se reverra ! Si tu me connaissais, tu saurais que je n'abandonne pas si facilement ! »


Merci d'avoir lu ! Si vous avez aimé, n'hésitez pas à laisser un petit message d'encouragement, ou pour me donner simplement votre avis ! A bientôt pour la suite, ereagiel