Disclaimer : Pokémon, son univers et ses personnages ne m'appartiennent pas (Sauf mes personnes et lieux originaux)


La visite ne va pas être des plus calmes, vous vous en doutez bien :).

L'attente fut longue, mais le chapitre est un peu plus long que d'habitude. J'espère que l'action ne sera pas trop brouillonne et que cela vous plaira.


Chapitre 8 - Des pokémons préhistoriques

Les visiteurs ne pouvaient entrer dans le terrarium que par petits groupes d'une vingtaine de personnes maximum. Un environnement naturel y avait été recréé : rochers, plantes, et même un bassin s'y trouvait.
Un écriteau présentait deux espèces de pokémons aquatiques : amonita et kabuto.

Tout de suite après avoir lu les informations, Samuel s'approcha de la vitrine la plus proche pour tenter d'apercevoir les fameux pokémons fossiles. Ce ne fut qu'après plusieurs secondes qu'il la remarqua. Une créature glissa lentement entre les hautes herbes. Il vit d'abord un tentacule puis deux yeux ronds. Le reste de l'animal suivit. La large coquille en spirale semblait peser lourd et entraver ses mouvements.

- "En voilà un." glissa le garçon à l'oreille de son amie.

La jeune fille s'approcha de la vitre et posa sa main près du nautile. Le son étouffé du choc contre le verre attira l'attention de ce dernier qui se s'approcha d'elle avec lenteur.

- "Coucou toi." L'Amonista fixait de ses yeux ronds la jeune fille. "Tu crois qu'il comprend ce qu'on dit?" demanda-t-elle au garçon sans se retourner.
- "Il vient d'une époque reculée, ça serait étonnant que ..." Samuel n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Le pokémon avait placé un tentacule contre la vitre au même niveau que la main de son amie.
- "Il est trop mignon, tu ne trouves pas?" la blonde souriait béatement.
- "Mignon, peut être pas, mais attachant certainement." confessa le garçon. "Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas." Clarine se retourna vers lui. "Ces pokémons existaient sur terre bien avant nous. Ils devraient avoir un instinct bien plus marqués. J'ai l'impression que c'est comme s'ils avaient l'habitude de nous côtoyer."
- "Ils ont été ressuscités, et sont présentés dans des musées où les gens viennent les voir. Ils ont l'habitude de voir du monde, voilà tout. Je pense qu'ils se sont acclimatés."
- "Peut être effectivement ..."
- "Tu n'as pas l'air emballé." fit-elle remarquer à voix basse.
- "Si bien sûr ..." répondit-il. "C'est juste ... Je ne sais pas ... J'ai un pressentiment ... Il y a quelque chose qui cloche, mais je n'arrive pas à dire quoi." finit-il dans une tirade.
- "En tout cas, ce n'est pas l'enthousiasme qui va t'étrangler." ricana la jeune fille.

Il leva les yeux et les épaules au ciel. Dans le fond, il était sincèrement intrigué, mais tous les évènements de la journée l'avait peut être légèrement anesthésié. Goupix s'agita soudainement dans son sac.

- "Reste tranquille veux-tu?" chuchota-t-il. "On a de la chance d'être rentrés, tu ne voudrais pas te faire remarquer n'est-ce pas?"

Le renardeau couina et les oreilles plaquées en arrière se laissa glisser plus profondément dans le sac.
Quelque part sur la droite du garçon un homme balafré les observait en silence.

Samuel longea le terrarium et tomba nez à nez avec un kabuto agrippé à un rocher. Les yeux luisant sous la carapace le mirent mal à l'aise.

- "Ne me dis pas que tu le trouves mignon celui-là aussi?" s'exclama-t-il tandis qu'il était rejoint par son amie.
- "Non, j'avoue, il est plutôt flippant ..." pouffa-t-elle.

Goupix s'agita à nouveau dans son sac. Un mouvement sur sa droite attira l'attention du garçon. Un homme à la carrure large se rendait de l'autre côté de la pièce d'un pas décidé. Il ne vit que son dos, mais l'individu ne lui semblait pas inconnu. Si seulement, il pouvait en avoir le cœur net. La blonde l'emmenait déjà loin de là. L'homme disparut dans la foule. Goupix se calma puis sortit à nouveau la tête du sac.

Ils restèrent un long moment à observer les pokémons fossiles. Les explications sur leur résurrection étaient fascinantes.
Alors qu'ils s'apprêtaient à quitter le terrarium, un bruit assourdissant se fit entendre et les murs tremblèrent. Dans une dernière secousse, les lumières clignotèrent avant de s'éteindre complètement. La foule s'était réfugiée instinctivement loin des vitrines, mais il y avait peu d'abris sûrs; le plafond semblait sur le point de s'écrouler. Clarine avait bondi dans les bras de son ami et lançait des regards inquiets alentours tandis qu'une clameur confuse, angoissée et angoissante montait progressivement dans l'assistance.
Ce fut le glapissement de Goupix qui ramena la jeune fille à la réalité.

- "Désolée, bonhomme. Je ne voulais pas te faire mal." murmura-t-elle à l'attention du renardeau qui se réfugia à nouveau au fond du sac.
- "Il faut qu'on sort de là rapidement. Suis-moi." déclara le garçon en l'attrapant fermement par le bras.
- "J'ai l'impression que ta poisse de ce matin te poursuit encore."
- "J'ai surtout l'impression que je n'arrête pas de me trouver au mauvais endroit au mauvais moment aujourd'hui. Allons-y ..."

La foule hébétée reprenait progressivement conscience et bientôt la raison allait certainement laissée place à la panique. Mieux ne valait pas être dans le coin lorsque cela se produirait.
Par chance, les deux élèves se trouvaient à proximité d'une porte qui les ramena dans la salle principale du musée. Une étrange odeur les assaillit dès qu'ils pénétrèrent plus en avant dans la pièce. C'est alors qu'ils remarquèrent deux hommes équipés de masques à gaz, affairés au dessus d'une vitrine. L'un deux, tenailles en mains, était occupé à couper des câbles autour du piédestal. L'autre surveillait les environs et ne regardait fortuitement pas dans leur direction.

Samuel tira vivement son amie au sol et ils rampèrent jusqu'à la vitrine la plus proche afin d'être hors de vu des bandits.

- "On est mal ..." souffla la blonde

Le garçon lui fit signe de se taire.
L'odeur, étrangement boisée, devenait de plus en plus présente. La jeune dresseuse fut la première à remarquer l'absence de tumulte.

- "Il y a quelque chose qui cloche." murmura-t-elle plus bas.
- "Quoi?" répondit muettement le garçon.
- "Je n'entends rien." mima-t-elle en retour.

Samuel ne comprit pas tout de suite ce qu'elle essayait de lui dire, puis il se rendit compte également que la foule aurait déjà du envahir les lieux. Il scruta les environs, puis il aperçut, par la porte d'où ils venaient, une femme allongée sur le sol. Il se releva légèrement et s'approcha du chambranle pour mieux voir.
Un autre homme masqué se tenait debout au milieu des visiteurs endormis. Il était accompagné de deux Mystherbes qui semblaient pulvériser leur pollen. Il reprit précipitamment sa place derrière la vitrine tandis que l'individu se tournait dans sa direction. Il avertit son amie en remontant son écharpe au niveau de son visage.

- "Poudre dodo."

Elle écarquilla les yeux. Elle n'avait rien d'autre pour se protéger que son manteau. Elle remonta son col et le plaqua contre son nez et sa bouche. Il fallait qu'ils sortent de là de toute urgence, mais la tâche semblait fortement compromise.
Leur cachette risquait d'être découverte d'un moment à l'autre. Il fallait qu'ils se déplacent sans perdre de temps.

L'entreprise fut stressante et leur parut incroyablement longue. Il leur fallait éviter l'homme qui montait la garde dans la pièce où ils se trouvaient tout en surveillant l'entrée par laquelle ils étaient arrivés de peur que l'autre individu ne fasse irruption. Ils changèrent de place tour à tour, se cachant à la vue des malfrats grâce à chaque élément de l'exposition qu'ils pouvaient utiliser comme abri. L'opération était particulièrement pénible pour Samuel dont le sac obstruait les mouvements.

Ils purent quitter la pièce principale sans être remarqués. Ils traversèrent sans encombre plusieurs salles avant d'atteindre l'escalier. Le parfum boisée se fit plus intense et il se mélangeait à l'odeur plus irritante de la fumée. En effet, l'entrée, en contrebas, baignait dans une épaisse couche de fumée grise qui s'échappait par un trou béant dans le mur Est du musée.
Plusieurs personnes étaient allongées sur le sol. L'hôtesse d'accueil, quant à elle, était affalée sur son comptoir, visiblement profondément endormie.

- "On ne peut pas les laisser comme ça avec cette fumée." s'exclama la jeune blonde en toussant. "Ils vont suffoquer."
- "Accrochez-vous à ce que vous pouvez, ça va secouer!" s'écria quelqu'un dans leur dos.

Les deux élèves sursautèrent et se retournèrent simultanément pour faire face au nouvel arrivant. Il s'agissait un jeune homme roux, de quelques années leur ainé. Son regard était camouflé par une grosse paire de lunettes d'aviation et le reste de son visage par un bandana rouge à motifs.
Il dégaina une pokéball de sa ceinture d'où jaillit un Roucarnage brassant l'air de ses ailes immenses.

Clarine fut la première à réagir cette fois et poussa son ami contre la rambarde de l'escalier à laquelle elle s'accrocha vivement. Samuel l'imita. Dans les secondes qui survirent, ils entendirent le jeune homme scander d'une voix forte :

- "Balaie moi tout ça! Cyclone!"

Dans un glapissement aquilin tonitruant, le pokémon vol se mit à battre des ailes de plus en plus rapidement jusqu'à créer des bourrasques violentes qui dissipèrent progressivement la fumée. S'il ne s'étaient pas retenus à la rambarde, les deux élèves auraient probablement chuté.

- "Vous n'aviez rien de plus discret?" fulmina à voix basse la jeune fille en se relevant. "On a passé je ne sais combien à se faire tout petits pour sortir sans se faire remarquer et vous, vous déboulez en hurlant."

Le jeune homme n'eut pas l'occasion de répondre alors que quelque chose s'abattait sur son crâne, l'assommant sur le coup. Il s'écroula de tout son long aux pieds de la blonde choquée. Un des bandits masqué, certainement alerté par le bruit, avait profité de la commotion pour s'approcher. Le Roucarnage, à l'autre bout de la pièce, remarquant l'attaque portée à son maître, se précipita pour lui porter secours. L'homme au masque fut hélas le plus rapide, en ordonnant à son Ortide planqué derrière lui de les asperger de poudre dodo.

Le rapace, touché par la poudre à bout portant, s'effondra sur son maître inconscient, le recouvrant de ses larges ailes.
Clarine fut la suivante à subir l'effet somnifère. Elle tituba en arrière et rata une marche de l'escalier. Samuel eut juste le temps de la rattraper avant qu'elle ne chute franchement. Avec son sac à dos toujours porté devant, il n'avait pas beaucoup de latitude pour manœuvrer. Il la fit glisser au sol et la coucha sur le dos. En se relevant, il sentit la tête lui tourner. Sa maigre protection ne lui était plus d'aucun secours. L'air s'était chargé de trop de pollen. Rapidement, le sommeil le gagna. Il se laissa glisser le long de la rambarde, trouvant appuis sur les marches pour ne pas basculer et faisant attention de ne pas écraser son amie. Dans l'opération, l'une des bretelles de son sac se décrocha et ce dernier tomba à côté de lui dans un bruit sourd.

La dernière chose qu'il vit alors que la poudre venait d'atteindre le sol fut la frêle silhouette de Goupix s'extraire de son sac et faire face à l'homme qui les menaçait.


Note perso : Rien de tel qu'un gros manque de motivation au boulot pour écrire un chapitre, presque d'un seul bloc XD