Note de l'auteure : Et voici enfin la dernière Maison ! Serpentard est ma préférée, à égalité avec Poufsouffle x) Probablement parce que c'est la Maison de Draco. Et de l'ambition, de la ruse, et des serpents. J'aime bien les serpents. Si si, je vous jure, je les trouve fascinants et très beaux. Quel dommage que je ne sois pas Fourchelangue…

Enfin bref. Serpentard. J'ai eu du mal à me lancer pour l'écriture de celui-là, j'avais très envie d'écrire un autre chap' ("Réflexions sur la communauté sorcière" ou autre truc du genre : ça sera d'ailleurs le prochain chapitre) ! Mais bon, j'avais dit que je ferai les quatre Maisons, alors je fais les quatre Maisons.

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Réponses aux reviews ! Oh mon dieu la TONNE DE COMMENTAIRES, je vous aime les gens, vous êtes géniaux *.*

Hey Melu49! Oui j'aime beaucoup Poufsouffle, cette Maison ne reçoit pas la considération qu'elle mérite... Et pourtant, elle est pleine de qualités ! Tu es plutôt de quelle Maison toi ?

Merci Lililouna ! Et oui, Poufsouffle c'est beaucoup plus que "pas si mal". C'est UN QUART de l'importance de l'école de Poudlard, quand même ! Un quart de la communauté magique, sans doute ! J'avais lu un très beau texte sur Helga Poufsouffle, qui, alors que les autres Fondateurs formaient de futurs adultes, ne perdait jamais de vue qu'elle avait seulement des enfants sous sa garde : et que du coup, c'était Poufsouffle la dernière ligne de défense de Poudlard contre les Ténèbres, parce qu'ils ne s'accrochaient pas à une qualité particulière mais à la vie dans son ensemble. Faudrait que je retrouve ce texte et que je le traduise...

Hey Marie la Petite ! Merci beaucoup x) J'ai vraiment mis toutes mes tripes dans cet chapitre.

Salut cat240 ! Oui on en saura très vite plus sur Scor et Al : et dans ce chapitre sur Serpentard, on va voir Orion... Et les enfants de Luna ! Quand à James, il apparait deci, delà... J'ai pas trop d'inspi avec lui...

Merci Loupiotte54 x) Ah, Poufsouffle m'a donné du mal (je ne savais par où comencer), mais finalement, c'est un succès ! xD

Thanks Caella ! Oui c'est l'un de mes préférés, j'adore Callistia, elle se démarque beaucoup dans sa famille x)

Hey Varbo93 ! Oui, il fallait que je rappelle tous les Poufsouffle importants qui sont passés par cette Maison xD Et on sait enfin ce qui est arrivé à Callistia x) Et ce n'est pas si surprenant que ça qu'elle ait fini à Poufsouffle, c'est quand même une Maison assez proche de Serpentard... J'expliquerai dans un chap' suivant je pense x) Je suis contente que tu ait aimé ce chap', j'y ait vraiment mis toute mes tripes ! C'est l'un de mes préférés de toute la fic ! Et pour la phrase "nous sommes les gamins qui n'ont pas voulu de vous", ça vient d'une fic en anglais sur Hannah Abbot, citée dans les crédits x) Voilà ! J'espère que le chapitre sur Serpentard te plaira autant que celui sur Poufsouffle !

Salut Akaotsubo ! Contente que cette fic te plaise =D J'espère que le chap' sur Serpentard sera pour toi aussi grand coup de coeur que ceux sur les trois autres Maisons ! Quelle est ta Maison préférée, d'ailleurs ? En tant que chapitre ou en tant que Maison dans les livres ?

Hello Rose-Eliade ! C'est bien, Poufsouffle est une excellente Maison, et pas assez respectée... Dommage que tu ne sois pas sur Pottermore. Tu devrais essayer !

Yo, Imthebest ! Merci beaucoup x) J'espère que le chap' sur la Maison de Serpentard te plaira autant ! Tu as visiblement un faible pour les chapitres qui montrent les gens résister à des situations difficiles... Les chap' les plus émotionnels quoi x) Je ne peux rien dire, ce sont mes chapitres préférés aussi ! Et la scène avec Callistia et Scorpius m'a été inspirée par une scène entre les jumelles Patil dans une des fics de dirgewithoutmusic sur AO3 (Parvati, après la mort de Lavande, se coupant les cheveux, et Padma réparant un peu le désastre). Si tu est bonne en anglais je te conseille toute la série de cette auteure, d'ailleurs !

Merci Lulu-folle ! Ah, elle est mignonne Lily, hein ? Quant à Stella, c'est un peu sorti de nulle part mais j'aime beaucoup ce perso, malgré (ou à cause de) sa mort prématuré. Stella est une étoile filante : éblouissante, mais passagère. Voilà. Pour Serpentard... Bah, tu vas voir !

Salut Barbemustdie ! Je vais devoir faire une réponse de cinquante kilomètres xD Alors oui, c'est bien ce headcanon avec "i f*** with your theory, marry me" qui m'a inspiré pour le Choixpeau xD D'ailleurs le parallèle entre les amitiés Serpentard/Poufsouffle et l'amitié entre Natasha et Clint, c'est aussi un headcanon de Tumblr... On dirait qu'on a les mêmes posts en favoris xD Et pour moi il y a des Sang-Purs aux Etats-Unis, plus rares que dans les autres communautés, mais beaucoup plus puissants car plus riches. Headcanon personnel x) Et pour Orion... ORION IS A LITTLE SHIT, il a une bouille d'ange, une arrogance incroyable, c'est une vraie crapule, il idolâtre ses aînés, c'est genre un mini-Maraudeur en habit de Serpentard xD BON ! Pour "Renouveau" en guise de source d'inspi... C'est une source d'inspi, j'ai choppé le perso de Reg de Renouveau comme j'ai choppé la théorie du Choixpeau de Tumblr, MAIS ce n'est pas une suiiiite ! Ces deux fics sont bien distinctes ! Voilà. Et pour l'arbre généalogique, oui, j'ai fait une loooooongue liste de TOUS les Malefoy mentionnés : noms, Maison, enfants, époux/épouses, particularité... Je suis obsédée par les listes aussi x) ET OUI ON LIT DEFINITIVEMENT LES MÊMES HEADCANONS xD Quant à Astoria, c'était une Serpentard, je sais pas si je l'ai mentionnée... Et OUI, moi aussi j'ai vu cette série de dessins sur Draco et Teddy ! Ils sont GENIAUX xD Bref. J'aime bien le prénom Oprah, il est cool x) Pour Celestia Malefoy, la Poufsouffle mage noire mariée à un Gaunt, c'est cool que tu l'aime, on va la revoir plus tard xD Sinon, à part ça... Tu imaginais Callistia un peu comme Demy je crois x) Erreur ! Callistia est badass et rebelle et totalement unique x) Toi aussi tu est une Slytherpuff ? Moi aussi ! Avec un fort penchant pour Poufsouffle (ma meilleure amie est une fichue Serpertard xD). LESBIAN WITCHES POER ! Oui j'ai été inspirée d'un headcanon sur Tumblr, sauf que c'était Lily la lesbian witch dedans. Et selon mon idée, Callistia ne serai pas lesbienne mais bisexuelle, donc attirée par les deux genres... Mais Calli est quand même davantage attirée par les filles que par les garçons.

Coucou Carminny ! Le chiffre trois a été facile, le coup des Reliques était évident. Quant au chapitre sur Poufsouffle, c'ets mon préféré pour l'instant xD Tu es dans quelle Maison, toi ?

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Note de l'auteur : Voilà pour les réponses x) BON ! Passons au vif du sujet ! Désolée pour cette longue, loooongue attente, mais ma Bêta a disparu et ne répond plus à mes messages, que ce soit sur fb ou par mail... Donc ce chapitre a été écrit mais est resté non-corrigé pendnat très, très, trèèès longtemps. J'espère que l'attente ne vous a pas découragés !

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Disclaimer ! L'inspi du kiwi :

Un post (Tumblr, merlinsbeaver, pottermoreanalysis) sur Salazar Serpentard.

« To shape and change » ( , Blueowl) pour la Fourchemagie (ou Parselmagic)

Un post (Tumblr, fairfaringnelly) sur l'arrogance du petit frère de Scorpius x)

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Serpentard

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Serpentard est la Maison de l'ambition. Elle est la Maison de la ruse et de la détermination, la Maison qui vous pousse à parvenir à vos fins par tous les moyens possibles, qui installe en vous l'envie de prouver votre valeur et la recherche du succès même lorsqu'il semble au-dessus de vos capacités. C'est la Maison qui défendit la valeur des traditions mais aussi la protection de la communauté sorcière tout prix, et même si méthodes furent réprouvées par les autres Maisons, c'était Serpentard qui faisait ce qu'il fallait, quitte à se salir les mains.

(Bien sûr, il ne faut pas tomber dans le cliché. Il y eut des Gryffondors prompts à donner dans l'excès pour protéger leurs valeurs, il y eut des Poufsouffle qui salirent leur âme, des Serdaigle qui prirent de mauvaises décisions, et des Serpentards qui ne purent se résoudre à prendre la solution la plus radicale à leur problème. Ne donnons pas dans le cliché : mais retenons qu'il y eut des généralités, des grandes lignes que les membres des Maisons suivaient pour honorer ceux qui avaient été là avant, ou bien ce qu'un Choixpeau vieillot avait cru voir en eux).

Les Gryffondors font ce qu'ils trouvent noble et brave. Les Serdaigles font ce qu'ils jugent être sage, avisé. Les Poufsouffle font ce qui leur semble juste, ou du moins honnête.

Les Serpentards font ce qui est nécessaire.

Comment s'étonner, dans une communauté magique aigrie et en colère suite aux troubles que leurs causaient les Moldus (leurs guerres, leurs bombes, leurs constructions, leur pollution, leur invasion), que la Maison de Serpentard fut vue par les vieilles familles comme le défenseur de leurs valeurs ancestrales ? Les autres Maisons semblaient si molles, si passives, si aveugles face à Serpentard. Et les valeurs de Salazar lui-même trouvaient un écho dans la colère des Sang-Purs offensés…

Quand le Code du Secret Magique fut édicté, quand les Malefoy se rallièrent aux familles de Sang-Purs qui grondaient contre la décadence de leur monde, il ne fut pas difficile pour eux de s'aligner sur la doctrine des autres. Moldus, inventions Moldues, Nés-Moldus, ils prenaient ce qui n'étaient pas à eux : les vieilles familles étaient meilleures, et elles avaient soif de le prouver.

Alors le Choixpeau, percevant l'envie d'être reconnu et respecté dans le cœur de ces gamins sur la tête desquels on le plaçait, ouvrait la bouche et criait « Serpentard ! ».

Nombreux furent les Malefoy à rejoindre cette Maison avant l'édiction du Code du Secret : Ariarathe Malefoy fut un célèbre Guérisseur, Hélène Malefoy fit passer plusieurs lois sur les formes à respecter lors des héritages afin d'éviter les querelles familiales sanglantes, Phinée Malefoy siégea au conseil d'administration de Poudlard et rendit obligatoire les cours de Défense, qui étaient jadis mêlés à l'enseignement des quatre matières principales…

Après l'édiction du Code, cependant, quasiment tous les Malefoy furent répartis dans cette Maison. Eleazar Malefoy et ses deux sœurs Clélia et Daphnée, les enfants de Theodorus le Gryffondor : Corvus, puis son fils Quintus : Septimus le manipulateur : Hector son deuxième fils, qui eut cinq maîtresses : Callidora et Cedrella, les jumelles : leur frère Aerus Malefoy, puis son fils Lotharius, et puis Abraxas, puis Lucius, puis Draco, puis Orion.

Ils furent nombreux à être envoyés à Serpentard, dévorés par le feu de l'ambition ou seulement, bien souvent, l'envie de rendre leurs parents fiers. Les Malefoy aiment à dire qu'ils se sont tous ressemblés, beaux et blonds et fiers et destinés à de grandes choses : mais ils ont tous été différents…

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Salazar Serpentard fut le Fondateur qui souleva le plus de questions et de dissensions. Il créa une école, instruisit les élèves, protégea des orphelins, fut le meilleur ami de Godric (Godric le brave, Godric le héros) : mais son nom fut, pour des siècles, associé à la bigoterie et à la haine. Pourquoi ? Comment ?

Salazar haïssait les Moldus. Il les détestait, il ne voulait pas de leurs enfants dans son château, il s'opposa violemment à ses amis à ce sujet, et laissa dans Poudlard un Basilic pour exterminer les Nés-Moldus. Alors les gens appellent Salazar un monstre, une ordure. Pas étonnant qu'ils crachent sur la Maison de Serpentard, quand la création même de cette Maison est associée, pour eux, à un sorcier noir et cruel.

Beaucoup de gens oublient de prendre en compte que Salazar vécu au Moyen-âge, à l'époque des chasses aux sorcières. Beaucoup oublient que sa première épouse, une Sang-Pure, fut assassinée par des Moldus qui mirent le feu à leur maison durant la nuit. Beaucoup oublie que, alors que Rowena et Helga et Godric n'avaient pas plus de trente-cinq ans quand ils créèrent Poudlard, Salazar en avait déjà presque cinquante, et était un homme amer et triste.

Et si Salazar avait une bonne raison de ne pas faire confiance aux Moldus ? Et si ses préoccupations étaient en fait raisonnables et appropriés pour son époque ? Et si sa haine contre les Moldus provenaient d'événements réels et des choses terribles qu'ils avaient faites à ceux de son espèce, ou de ceux qu'ils pensaient simplement être des sorciers ? Et si Salazar voulait vraiment protéger les enfants de sorciers de Poudlard, mais était simplement allé un peu trop loin dans sa colère ?

Et si le Purisme des générations d'après venait en fait d'une interprétation erronée des raisons invoquées par Salazar Serpentard ?

(La cohabitation des sorciers et des Moldus se faisait généralement sans problème, mais parfois, dans les petits villages, il y avait une éruption de violence et de haine à l'égard d'une certaine famille qui avait plus de chance que les autres, dont les bêtes ou les récoltes avaient été épargnés par les froid, qui avaient réussis à acheter le terrain qui faisait envie à leurs voisins… Inutile de mentir : souvent, très très souvent, ces familles-là étaient sorcières. Elle ne s'en cachait pas vraiment. Et les Moldus, jaloux ou en colère ou juste perdus, se jetaient sur eux comme une meute de loup.)

(Salazar vécu trois crises de ce genre. La première traumatisa son fils, la deuxième tua son épouse, la troisième faillit avoir sa peau. Comment s'étonner qu'il en ait conçu une colère si intense qu'elle se mua en une haine qui devrait se perpétuer pendant des générations ?)

Salazar Serpentard fut donc un modèle pour ceux qui détestaient les Moldus, mais ça ne veut pas dire que tous ceux qui finirent dans sa Maison devinrent des mages noirs ou des ennemis des Nés-Moldus. Les descendants de Salazar eux-mêmes ne furent pas tous des extrémistes.

Amarice Gaunt alla à Poudlard en même temps qu'Ophéliana Malefoy. L'une fut répartie à Serpentard, l'autre à Gryffondor.

Amarice était l'une des rares sorcières de l'époque à être noire de peau dans ce pays (peu de gens originaires d'Afrique étaient allés jusqu'en Grande-Bretagne, mis à part quelques lointains descendants d'esclaves romains), et elle était une sorte de bête curieuse. Amarice descendait d'un père Sang-Pur d'une longue lignée, mais sa mère était Née-Moldue d'une tribu Masaï qui avait quitté son pays à seize ans pour voyager à dos de griffon. On traitait Amarice de bizarrerie et on murmurait que sa mère était cinglée et avait probablement ensorcelé son père.

Amarice releva la tête avec fierté et laissa les moqueries couler sur elle comme l'eau sur le plumage d'un canard. Tandis que le ton montait entre les Maisons de Serpentard et Gryffondor au sujet du Weasley Sang-Mêlé qui était le grand débat de l'époque, Amarice se concentrait sur ses études, ses dons. Elle était une Fourchelangue, et aimait travailler avec les créatures magiques : mais elle était aussi très douée avec les sortilèges de soin.

Amarice Gaunt fut oubliée par l'Histoire, parce que son père mourut de chagrin lorsque son épouse chérie fut emportée par la dragoncelle. Amararice Gaunt fut oubliée par l'Histoire, car elle avait deux oncles Puristes qui clamaient leur nom de famille à tout-va et eurent assez d'enfants pour remplir l'arbre généalogique. Amarice Gaunt fut oubliée par l'Histoire, parce qu'elle n'était qu'un tout petit nom et que personne ne narra ses accomplissements.

Amarice fut celle qui retrouva la trace de Salazar (il était mort, depuis : mais elle retrouva sa tombe, et y déposa des fleurs). Elle fut celle qui retrouva l'immense bibliothèque cachée dans sa vieille maison, compila tous les ouvrages sur la langue des serpents, et combina les recherches de Salazar à ses propres connaissances en sortilèges de soin. Le Fourchelangue était le langage d'une magie primitive, et non le langage des serpents : en vérité, de nombreux animaux comprenaient le Fourchelangue, mais seuls les serpents se sentaient obligés de répondre parce qu'ils étaient plus sensibles aux vibrations de magie dans la voix. En créant des formules de soin de Fourchelangue, Amarice mit au point la Fourchemagie, une magie de guérison qui pouvait refermer les pires blessures avec quelques mots persifflés avec délicatesse.

Amarice eut un fils, illégitime, qui n'apparut jamais sur l'arbre généalogique des Gaunt. Il parlait Fourchelangue comme elle, et elle lui enseigna les sorts de soins et les miracles qu'on pouvait accomplir pour la guérison avec la Fourchemagie. Plus tard, ce fut son arrière-arrière-arrière-petit-neveu, Mangouste Bonham, qui créa l'hôpital de St Mangouste.

(Il y a toujours un livre sur la Fourchemagie, dans la salle des archives de l'hôpital. Il attend qu'un Fourchelangue ayant hérité de l'altruisme d'Amarice vienne le réclamer).

Sealiane et Seon Serpentard furent les derniers descendants directs du fils de Salazar, et les derniers à porter son nom de famille. Jumeaux, ils n'auraient pourtant pas pu être plus différents. Sealiane était blonde et belle, et avait les yeux d'un noir intense : Seon était brun et maigrichon, aux yeux d'un gris si décoloré qu'il en semblait blanc.

Tous deux furent répartis à Serpentard, bien évidemment. Leur arrière-grand-père avait quitté l'école il y avait bien des années, et Godric était toujours à sa poursuite : Rowena était morte : mais Helga Poufsouffle était toujours là. Comme toujours quand un descendant de ses anciens amis devenait élève ici, Helga surveilla les jumeaux de très près, protectrice et maternelle. La situation de ces deux-là était, en plus, assez alarmante… Les deux petits Serpentards étaient orphelins depuis peu : leur mère était morte à leur naissance et leur père avait été tué peu de temps auparavant dans un duel. Ils étaient venus ici de leur propre chef.

Seon et Sealiane adoptèrent immédiatement Helga. Ils excellaient en Botanique et faisaient honneur à toutes ses recettes. Seon pouvait discuter durant des heures de Potions et d'ingrédients, et Sealiane partageait avec la vieille Fondatrice des silences confortables tandis que l'une lisait au coin du feu et que l'autre tricotait.

Seon devint un grand Maître des Potions, mais refusa de devenir enseignant à Poudlard et préféra se mettre à voyager. Quel dommage, pourtant : il aurait fait un excellent professeur. Il était patient, compréhensif, doté d'un sens de l'humour à toute épreuve, et il était passionné par ce qu'il faisait. Durant des années, il voyagea dans toute l'Europe, devenant un très célèbre expert en plantes magiques, revenant périodiquement à Poudlard pour enrichir les serres et les jardins avec des spécimens rares de plantes magiques. Il parait qu'il eut plusieurs enfants illégitimes dans divers pays d'Europe (comme l'ancêtre de la famille de Belledebois, en France, qui parle Fourchelangue)… Mais à chacun de ses retours, Seon consacrait toujours plusieurs heures aux côtés d'Helga, devenu très vieille, avec une dévotion réelle. Il mourut en Allemagne dans un piège tendu par des Moldus persuadés qu'il ruinait leurs récoltes, et Sealiane n'eut jamais le cœur de le dire à Helga. Ça l'aurait tuée.

(Helga Poufsouffle s'éteignit deux mois plus tard, sans connaître le sort de Seon. Mais elle ne cessa jamais de demander de ses nouvelles, même sur son lit de mort).

Sealiane, elle, resta à Poudlard. En fait, ce fut elle qui érigea quasiment tout le château : les tours, les ponts, les étages. Sealiane voyait grand. Elle épousa un Né-Moldu, Denis Meunier : ils eurent sept enfants, dont un seul qui parlait Fourchelangue (le don s'éteignit cependant à la génération d'après). Sealiane n'eut jamais de fonction officielle à Poudlard : elle n'était pas enseignante, ni employée. Seulement, elle vivait au château, tout simplement. Où aurait-elle pu aller ? C'était ici sa maison, et Helga était sa seule famille.

Sealiane ne quitta Poudlard qu'après la mort d'Helga, après avoir refusé le poste de directrice. Elle alla habiter avec son époux et consacra le reste de sa vie à écrire des thèses et des traités de Botanique et de Potion. Elle mourut moins de cinq ans après, dans la plus totale indifférence.

Amarice, Sealiane et Seon ne sont que trois exemple, mais bien d'autres descendants de Salazar prirent le chemin de l'altruisme. D'autres épousèrent des Moldus ou Nés-Moldus : d'autres défendirent leurs droits. En quoi était-ce incompatible avec leur Maison ? Serpentard est la Maison de l'ambition, la Maison qui vous pousse à parvenir à vos fins par tous les moyens possibles, qui instille en vous l'envie de prouver votre valeur et la recherche du succès même lorsqu'il semble au-dessus de vos capacités. Aucun de ces traits n'est honteux ou mauvais. Et le fait que ces gens-là ont été des gens bien n'en fait pas moins des Serpentards.

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Quand on choisi Serpentard, quand on choisi une Maison, on ne choisi pas juste une qualité à vénérer au-dessus de tout autre. On choisi une manière de se façonner soi-même.

– SERPENTARD ! rugit le Choixpeau posé sur les cheveux bruns d'Orion Malefoy.

Orion rejoignit tranquillement sa nouvelle Maison, un peu déçu de ne pas être avec son frère ou sa sœur, mais intérieurement très fier d'être dans la même Maison que ses parents. Peu après, les jumeaux Lorcan et Lysander Scamander furent placés à Serpentard aux aussi, et Orion leur fit de la place à ses côtés.

– On n'allait pas te laisser tout seul à la merci des Nargoles, fit sentencieusement Lorcan.

– Et puis le vert me va bien, ajouta gravement Lysander.

– Tout à fait, approuva Orion. Eh, vous avez entendu parler de la Chambre des Secrets ?

Et c'est ainsi que commencèrent les ennuis de la population de Poudlard.

Orion avait toujours été un garçon un peu arrogant, mais aussi futé, vif d'esprit, qui adorait les jeux de stratégie, les romans policiers, et le goût de l'aventure. Petit, il échappait constamment à la vigilance de sa mère pour explorer tous les coins de la maison ou du vieux grenier. Les cheveux châtain un peu bouclés, les yeux gris-argent, les traits racés et le menton pointu, Orion avait une bouille d'ange mais il lui suffisait d'un sourire narquois pour donner l'impression qu'il préparait un mauvais coup (ce qui était souvent le cas). Il avait un caractère épouvantable et détestait quand les gens appelaient son frère Scorpius "Scor", ce qui était malheureux parce que tout le monde l'appelait "Scor".

Aussi imprévisibles que les Maraudeurs, aussi farceurs que les jumeaux Weasley, et aussi portés sur les théories abracadabrantesques que Luna Lovegood, Orion et les jumeaux Scamander mirent un bazar de tous les diables à Poudlard. Pire que James Potter et Fred Weasley qui semblaient avoir dédié leur vie à faire la pub (et des tests) des farces et attrapes de Weasley&Weasley. Pire que Scorpius et Albus qui s'introduisaient constamment dans les autres salles communes et lançaient parfois des maléfices exotiques dans les couloirs : pire que Callistia, avec Stella et Lily, qui déclenchait une bagarre pour un regard de travers et rembarrait les brutes si sèchement qu'elle réussissait parfois à les faire pleurer.

Et quand Orion était particulièrement offensé, il hurlait « MON FRÈRE ENTENDRA PARLER DE ÇA », et les jumeaux Scamander hochaient gravement la tête parce que oui, attendez que Scorpius entende parler de ça, et vous pourrez dire bonjour aux malédictions vietnamiennes au détour des couloirs.

(Orion fut le principal responsable de la réputation de caïds de Scorpius et Callistia, car il les entraînait dans des règlements de comptes qui n'en finissaient jamais. Et eux se faisaient prendre, jamais lui).

Orion, Lorcan et Lysander étaient ceux qui rentraient à des heures impossibles d'une exploration des sous-sols, et fichaient une trouille bleue aux elfes quand ils débarquaient à la cuisine pour réclamer à manger (Lorcan et Lysander se montrèrent très ferme envers Orion, et ce dernier apprit à devenir poli avec les elfes : en revanche, tous les trois n'hésitaient jamais à les faire sursauter en apparaissant de nulle part). Ils étaient ceux qui lisaient des thèses sur les théories du complot et des polars horribles au milieu de la Grande Salle, et ensuite parlaient de moyens de s'en sortir avec un assassinat ou de chances de succès d'un empoisonnement aux métaux lourds. Ils étaient ceux qui débattaient des heures durant de l'histoire des Fondateurs, et puis réglaient leurs différents en lançant une grande bataille de boules de neige dans la cour du château. Ils étaient ceux qui achetaient le Chicaneur et lançaient dans leur salle commue d'improbable discussions sur les Nargoles jusqu'à ce qu'à ce que leurs camarades leurs lancent des coussins à la figure. Ils étaient ceux qui débattaient avec les Serdaigle, et avec une immense ferveur, d'inventions Moldues et de sociologie : ils étaient ceux qui distribuaient des bonbons à toute l'école quand ils découvraient un nouveau passage secret vers Pré-au-Lard : ils étaient ceux qui achetaient une caisse pleine de farces et attrape à George Weasley chaque semaine, et qui planifiaient des pièges et des gags minutieux qui faisaient rire aux larmes leurs spectateurs : ils étaient ceux qui signaient leurs méfaits du petit mot « Moriarty », parce qu'ils adoraient Sherlock Holmes, et qui ne se faisaient jamais prendre.

(McGonagall rageait. Elle n'avait même pas de preuve que c'était eux. La moitié du temps l'école pensait que leurs blagues étaient le fait de James et Fred ou d'Al et Scor, malgré les dégénérations véhémentes de ces derniers : l'autre moitié de l'école était divisée entre ceux qui n'avaient aucune idée qui était Moriarty, mais qui s'était mis à lire les romands de Sir Arthur Conan Doyle : et ceux qui avaient des soupçons mais guère plus, et qui trouvaient ça très drôle).

Un jour, les trois petits Serpentards se jetèrent dans une bagarre déclenchée par Callistia. Pour quelle raison ? Bonne question. Peut-être quelqu'un avait-il insulté Stella, ou Lily, ou Elias, ou Leah. Peut-être un garçon avait-il mal traité une fille, ou bien un Préfet avait-il ignoré une injustice. Les raisons ne manquaient pas pour que Callistia élève le ton, et ceux qui n'étaient pas assez futé pour s'aplatir et s'excuser le regrettaient vite.

Toujours fut-il qu'à la bagarre se joignirent les trois Serpentard, Orion le premier, parce qu'Orion était indéniablement un Black et qu'il possédait leur indéfectible loyauté envers sa famille. La bagarre fut stoppée par trois Préfets et un professeur, mais pas avant que deux maléfices scandinaves et un Chauve-Furie très élégants ne soient lancés, et d'abondantes promesses de vengeances échangées.

Durant des mois, Orion-Lorcan-Lysander (ils étaient un tout indissociable dans l'esprit des gens, à présent) s'acharnèrent sur les trois Serdaigles et les deux Gryffondor qui avaient déclenché la bagarre. Ils volèrent leurs sous-vêtements en pleine nuit et en firent des guirlandes qu'ils pendirent aux lustres : ils versèrent laxatifs ou Potion de Babille dans leurs jus de citrouille : ils remplacèrent leurs baguettes par des baguettes farceuses : ils planquèrent des poissons morts sous leurs matelas : ils lâchèrent des poules dans leurs dortoir (nul ne sait encore où ils se sont procurés des poules) : ils trafiquèrent leurs réveils pour qu'ils sonnent au milieu de la nuit…

Ils ne se firent jamais prendre. Ils n'en réclamèrent jamais le crédit. C'était leur petite vendetta personnelle. La seule raison pour laquelle leur implication fut trouvée fut parce qu'ils l'avaient dit à Scorpius et Callistia, et qu'une fois que le trio de Serpentard eut quitté Poudlard, Scorpius raconta tout à Albus qui raconta tout à ses cousins qui se hâtèrent de raconter l'histoire à toute l'école.

(George Weasley écrivit une longue lettre à chacun des membres du petit trio, les félicitant pour leur méfait et leur assurant qu'il serait absolument ravi de travailler avec eux dans un futur proche).

Aristote Brocklehurst se demanda brièvement ce que le Choixpeau avait bien pu penser en mettant ces trois-là à Serpentard. La réponse lui apparu, évidente, et il soupira.

Orion, Lorcan et Lysander étaient des fauteurs de troubles mais ils n'étaient pas des Gryffondor. Ils ne faisaient pas ça dans la recherche d'une gloire brève et éphémère. Leurs plaisanteries n'étaient pas non plus cruelles, et s'ils évitaient de cibler les Serpentard (sauf quand l'un d'eux l'avait vraiment cherché), ils attaquaient à peu près tout le monde et n'en faisaient pas une affaire personnelle.

Orion, Lorcan et Lysander étaient rusés. Ils étaient calculateurs, et malins, et prudents. Ils se méfiaient de toutes les possibilités. Ils se faisaient une confiance absolue, mais leur confiance était justement très difficile à gagner. Orion, Lorcan et Lysander étaient sans nul doute des Serpentards : parce que, même si ces traits n'étaient pas ceux qu'ils possédaient nécessairement en s'asseyant pour la première fois parmi les vert et argent, ils en avaient le potentiel et c'était ça que le Choixpeau avait vu en eux.

Choisir une Maison c'est choisir une façon de grandir, une façon doit on veut se développer et évoluer. Lorcan et Lysander voulaient qu'on les distingue l'un de l'autre, sans forcément se séparer. Orion voulait prouver sa valeur. Ils étaient tous passionnés par les mystères et l'aventure, les théories fumeuses et les histoires de gloire et de grandeur. Serdaigle leur aurait donné l'envie d'étudier, d'apprendre davantage sur tous ces mystères qui les fascinaient : mais seraient-ils devenus des adeptes des batailles de boules de neige ? Gryffondor leur aurait permis de faire exploser leur créativité et leur témérité, de multiplier blagues et complots : mais auraient-ils eut les mêmes discussions passionnées sur des thèses abstraites ou l'Histoire du Moyen-âge ? Poufsouffle aurait renforcé leur amitié, leur cohésion : mais seraient-ils devenus aussi rusés et doués s'ils n'avaient pas appris à se méfier et à tout analyser ?

Orion, Lorcan et Lysander étaient uniques. Drôles et pourtant singulièrement secrets, brillants en cours et originaux, à l'humour tranchant ou léger, et liés par une complicité étonnante. Ils étaient uniques, et c'était ce qu'ils étaient destinés à être, avec leurs défauts et leurs qualités. Des défauts et qualités que la Maison de Serpentard avait cultivés en eux, avec patience et fermeté : des défauts et qualité parfois déjà présents, parfois seulement latents, mais qui n'auraient pas pu s'exprimer pleinement ailleurs qu'à Serpentard.

On ne choisi pas juste une Maison : on choisit une façon de grandir, une façon de se construire. Nombreux furent ceux qui exploitèrent à mal ce que Serpentard leur offrit. L'ambition, l'art du bluff, la perspicacité, la ruse, le sarcasme, la solidarité, la méfiance.

Nombreux furent ceux qui prirent un mauvais chemin grâce aux clefs que leur avait offert Serpentard. Orion, Lorcan et Lysander ne furent pas de ceux-là.

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Les Gryffondors font ce qu'ils trouvent noble et brave. Les Serdaigles font ce qu'ils jugent être sage, avisé. Les Poufsouffle font ce qui leur semble juste, ou du moins honnête.

Les Serpentards font ce qui est nécessaire.

Les membres de la famille Malefoy furent nombreux à être envoyés à Serpentard, dévorés par le feu de l'ambition ou juste parce qu'ils voulaient rendre leurs parents fiers. Ils n'avaient que onze ans quand ce chapeau était posé sur leur tête : souvent, leur plus grande ambition était de plaire à papa et maman. En cela, les Malefoy se sont ressemblés : comme tous les membres des grandes lignées.

Mais les Malefoy ont tous été uniques. Il y eut des Gryffondor et des Serdaigle et des Poufsouffle : il y eut des Serpentard. Et parmi les Serpentard il y eut des braves, des érudits et des justes : il y eut aussi des égoïstes, des héros, des curieux, des charmeurs, des timides. Après tout, personne n'est vraiment pareil, n'est-ce pas ?

Les Malefoy et ceux qui leurs furent proches, à Serpentard, eurent chacun une manière bien à eux d'arpenter le chemin que leur ouvrait cette Maison…

Ariarathe Malefoy fut le premier Malefoy à être envoyé chez les verts et argent. Il était férocement jaloux de son grand frère, Léo. Comme lui, il aurait préféré aller à Gryffondor : son père Armand était très fier que son aîné appartienne à la Maison des héros. Ariarathe brilla en matière de Sortilèges de soin et de Potions, cependant, et décida très vite de se faire un nom pour lui-même dans un domaine complètement différent de celui de son frère.

Ariarathe devint donc un Guérisseur très connu, qui créa plusieurs philtres de guérison ou de régénération, et inventa plusieurs sorts d'assainissements qui, plus tard, permirent à des familles entières de sorciers d'échapper aux épidémies qui ravageaient le pays. Ariarathe n'était pas Puriste, et épousa une sorcière de Sang-Mêlé (qui avait néanmoins l'avantage d'être une descendante de Rowena Serdaigle elle-même).

Ariarathe n'était pas un mauvais sorcier. Il ne s'approcha jamais des arts noirs. Il était ambitieux, il voulait être reconnu à sa valeur, et non plus vivre dans l'ombre de son frère. C'est pour ça que le Choixpeau le plaça à Serpentard. Pas parce que le désir de succès d'Ariarathe était plus fort que son courage ou que sa soif de connaissance ou que son sens de la justice : parce que son désir de succès était ce qu'il voulait privilégier dans sa vie.

Le Choixpeau offrait des choix, pas des interdictions. Ariarathe fit le choix de briller par lui-même. C'était un choix de Malefoy, un choix de Serpentard. Oserez-vous dire qu'il était mauvais ?

Après Ariarathe, de nombreux Malefoy qui marquèrent l'Histoire passèrent par la Maison de Serpentard.

Avant que la famille ne devienne Puriste, les Malefoy étaient à peu près également répartis entre Gryffondor, Serpentard, et un peu Serdaigle, les Poufsouffles étant les plus rares. Les Serpentards et les Gryffondor étaient majoritaires pour la simple et bonne raison que les ressortissants de ces Maisons semblaient destinés à de grands choses, et que les Malefoy ne s'abaisseraient à rien de moins.

Hélène Malefoy, plus tard Hélène Ollivander, fut une sorcière d'une grande intelligence, sévère et inflexible, qui grandit alors que sa famille se déchirait au sujet de l'héritage d'une de ses tantes, morte sans enfant. Plus tard, Hélène harcela le Ministère (ou ce qui en tenait lieu à l'époque) jusqu'à ce qu'ils fassent passer des lois posant des règles de bases pour les héritages sorciers : des règles de bases qui incluaient des critères objectifs de choix entre les héritiers, et qui proscrivaient l'usage de duels à mort. Dans une période assez sauvage et une société si réduite, les « lois d'Hélène » sauvèrent probablement des dizaines de vies.

Le premier conseil d'administration de Poudlard fut créé suite à la mort d'Helga Poufsouffle. Phinée Malefoy (le petit frère d'Hélène !), un sorcier blond et maigre qui était passé par Serpentard mais que le Choixpeau avait bien failli envoyer à Gryffondor, y siégea pour représenter sa famille, et décréta qu'il fallait un cours de Défense contre les Forces du Mal (pour lui : les Moldus). Cela suscita de vives protestations : chaque enseignant apprenait aux élèves à se défendre avec leur propre matière, qu'il s'agisse de Potions où les élèves créaient des poisons, de Métamorphose avec l'apprentissage de pièges, ou de Sortilèges avec l'enseignement de maléfices. Phinée n'en démordit pas et rendit la vie absolument insupportable à tout le conseil, jusqu'à ce qu'une classe spécialisée en Défense soit crée. Après coup, le conseil réalisa que ça avait été une excellente idée, mais ils ne le dirent pas à Phinée. Ce type était déjà assez arrogant comme ça.

Après l'édiction du Code du Secret Magique, les Malefoy envoyés à Serpentard se firent plus nombreux. Sans doute parce qu'ils privilégiaient délibérément cette Maison, au lieu de laisser le Choixpeau choisir objectivement.

Les enfants de Theodorus le Gryffondor allèrent tous à Serpentard. Daphnée, l'aînée, fut une sorcière douce et talentueuse, et la première de sa famille à posséder le Troisième Œil : elle rêvait d'être écoutée et reconnue comme une vraie divinatrice, mais, comme la plupart des prophètes, elle ne fut jamais prise au sérieux… Sa petite sœur, Clélia, était plus dure et plus farouche : née fille, elle était censée se marier et avoir des enfants, mais elle envoya les convenances au diable et escalada l'échelle sociale comme un homme, à force d'accomplissements de bravoure et d'alliances sournoises. Lorsqu'elle se maria, elle avait presque quarante ans, et avait éconduit (selon la légende) plus de quatre-vingt sorciers éperdus d'amour et d'admiration. Son petit frère, Eleazar, était l'héritier mais fut jaloux d'elle toute sa vie : de la fratrie, c'est Eleazar qui fut le plus banal, et il devint un homme amer et méprisant, qui n'existait que pour cracher son venin sur les Nés-Moldus dans l'espoir de se faire remarquer.

(Eleazar n'est pas le plus brillant exemple de Serpentard imaginable. Mais malheureusement, il exista. Et ce fut de lui dont on se souvint, et non de Daphnée qui voyait l'avenir aussi clairement que le présent, ou de Clélia qui rayonnait de succès. C'est le drame de Serpentard : chaque stéréotype renforce l'image noire de la Maison, et on oublie bien trop vite ceux qui ont cherché à donner à Serpentard sa rédemption…)

Leurs descendants allèrent eux aussi à Serpentard. Par choix, par destin : pour plaire, parce que c'était ce qu'on attendait d'eux, parce qu'il pensait que c'était évident, parce qu'ils pensaient du mal des autres Maisons. Chacun eut ses raisons.

Cedrella et Callidora Malefoy, les grandes sœurs d'Aerus Malefoy, étaient jumelles. A Callidora, le Choixpeau offrit Gryffondor : à Cedrella, le Choixpeau proposa Poufsouffle : dans les deux cas, elles préférèrent Serpentard.

Callidora et Cedrella étaient des leader naturelles, et avaient un sens de la justice très prononcé. A chaque fois que Cedrella voyait une injustice, elle bondissait d'indignation : à chaque fois que Callidora voyait sa sœur tourmentée, elle se jetait à l'attaque. A onze ans, elles étaient mêlées à des bagarres mineures, mais comme elles étaient à Serpentard, elles avaient tout leur dortoir pour les défendre. A seize ans en revanche, elles arpentaient le château à la recherche du moindre trouble, faisaient régner plus d'ordre que tous les Préfets réunis, et terrifiaient Peeves lui-même. Un Gryffondor qui embêtait un petit Serpentard, un Serdaigle qui snobait un Poufsouffle ou même un Poufsouffle qui trompait sa prétendue dulcinée se retrouvait systématiquement face aux jumelles extrêmement énervées.

– Ça n'était pas très gentil, disait Callidora d'un ton réprobateur.

– Ni très juste, renchérissait Cedrella.

– Oui, ben la vie n'est pas juste ! tentait de se défendre l'offenseur.

– Ah, tu en as assez de la vie ? Il fallait le dire !

Et les sorts pleuvaient. Alors, évidemment, quand Callidora et Cedrella quittèrent Poudlard, tous les profs poussèrent grand soupir de soulagement, Peeves sortit timidement du placard où il avait été enfermé, et la Maison de Serpentard déprima pendant plusieurs mois. Jusqu'à l'arrivée de Tom Jedusor, Serpentard ne vit aucun leader naturel aussi charismatique s'asseoir à leur table…

Callidora et Cedrella voulaient être à Serpentard pour plaire à leurs parents. Exactement pour la même raison que leur neveu Lotharius Malefoy, que son fils Abraxas, que Lucius, ou que Draco. Ils allèrent tous à Serpentard par envie de plaire et de briller, parce que c'était ça leur définition du succès.

Mais Serpentard les forma, les façonna. Croyez-vous que les jumelles seraient devenues aussi féroces si elles avaient été à Serdaigle ou Gryffondor ou même à Poufsouffle ? Croyez-vous qu'Abraxas aurait si pleinement adhéré aux idées de Jedusor ? Croyez-vous que Lucius aurait réussi à devenir aussi puissant et influent ?

La Maison de Serpentard les forma, tous. Elle leur apprit que leurs camarades de Maison les soutiendraient, mais qu'il fallait savoir être fort et indépendant : elle leur apprit la vigilance, le sarcasme, l'art d'être toujours sûr de soi ou du moins de le paraître (tous les Serpentards étaient brillants, niveau bluff), l'art de voir au-delà des apparences : Serpentard leur appris à être cinglants, féroces, à sauver leur peau quand il le fallait et donc à juger de la dangerosité d'un combat : Serpentard fit d'eux ce qu'ils devinrent, et si au départ ils avaient été placés sur ces bancs pour quelque chose d'aussi puéril que l'envie de faire plaisir à leurs parents, en quittant cette école ils étaient devenus d'authentiques serpents. Vifs, rusés, acharnés, prudents, calculateurs.

Ça n'empêcha pas Callidora de toujours chercher la bagarre et Cedrella d'être sa boussole morale : ça n'empêcha pas Abraxas d'être sensible, Lucius d'aimer désespérément sa famille, ou Draco de se laisser aveugler par ses illusions. Mais les traits de Serpentards, si vous ne les possédez pas à votre Répartition, votre Maison se hâtera toujours de vous les inculquer.

Quand on choisi une Maison, on ne choisi pas juste une qualité à vénérer au-dessus de tout autre. On choisi une manière de se façonner soi-même. Et c'est particulièrement vrai pour la Maison de Salazar Serpentard.

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Et voilàààà x) Prochain chapitre, nommé "Quelques réflexions", à paraître dans deux semaines ou moins. A plch' !