Note de l'auteure : Un chapitre un peu particulier cette fois ! Il s'agit, en vrac, de réflexions sur la communauté sorcière, de pensées sur l'après de la Bataille et sur Regulus Black, et d'analyse sur un certain évènement qui m'a pas mal turlupiné (oui, je veux bien sûr parler du fait que le trophée ait ramené Harry à Poudlard alors qu'un Portoloin ÇA NE MARCHE QU'UNE FOIS).
Bref, ce chapitre rassemble des idées personnelles mais aussi beaucoup de headcanons trouvés sur Tumblr. Enjoy !
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Les réponses aux reviews !
Merci Lulu-folle =D Serpentard a été un chapitre assez dur à mener, il y avait tellement de choses à dire ! Mais je l'aime bien, finalement. Et si tu as approché les larmes, attend de lire certains de mes chapitres suivants...
Tanks Majamaja ! Ooooh, tu as vu juste, le post sur Tumblr à propos de "unusuals Ravenclaw" m'a pas mal inspiré. Serdaigle est une Maison trop facilement écartée de l'esprit des gens, comme si elle était remplie de rats de bibliothèque. Mais les Serdaigles sont tous différents, originaux, particuliers. Cho, loyale et sensible : Luna la rêveuse : Lockart l'andouille narcissique, Flitwick le prof à demi gobelin... Ouais, Serdaigle méritait absolument d'être sous les feux de sprojecteurs. ENFIN BREF ! Je vois que le chap' sur Gryffondor t'a plu aussi x) Ce chapitre c'était un peu ma catharsis : j'ai pu parler de ce qui m'énerve chez Dumbly, ce que je hais chez Sirius, de ces petits détails de discrimination de sprofs qui me titillent. Et oui, Harry aurait certainement pu aller dans les quatre Maisons... Y compris Poufsouffle. Comme tu l'a dis, Poufsouffle est une maison GENIALE ! C'est l'une de celle qui m'inspire le plus. Je suis déchirée entre Poufsouffle et Serpentard en fait x)
Pourquoi pas Fall-in-love-Kyoko ! Faire un chapitre sur les Fondateurs serait une bonne idée... Ils peuvent facilement être connectés aux Malefoy...
Salut Marie la Petite ! Alors, je dois demander : est-ce que tu est juste petite ou est-ce que ton pseudo fait référece aux "Petits" dans le Pacte des Marchombres, qui cueillent des framboises ?
Hey Melu49 ! Tu n'as rien de Serpentard, tu es sûre ? Pas de grandes inspiratons, de grands rêves ? Pas l'envie de te distinguer ? Pas envie de prouver ta valeur, pas envie de clouer le becs à ceux qui se moquent ? On a tous un peu des quatre Maisons en nous x) Pour ma part c'est Poufsouffle et Serpentard en majorité, mais j'ai l'orgueil d'une Gryffondor et leur propension à l'indignation, ainsi que la crétaivité d'une pure Serdaigle x)
Hello Carminny ! Une POUFSOUFFLE ! Comme Callistia ! C'est trop génial x) Vive les Poufsouffle ! Tu t'es répartie seule, à l'aide d'un ou plusieurs test, ou via Pottermore ? Pour ma part les tests m'envoyent génralement à Serpentard mais je suis une Poufsouffle dans l'âme x)
Merci Rose-Eliade ! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant, on sort de l'arc consacré aux Maisons et on s'intéresse de nouveau aux Malefoy =D
Salut Pupucemoncobey ! J'adore ton pseudo, il est génial xDDDD Aw, tu me fais rougir ! Ce n'est une fiction, évidemment, "Quelques Faits" ne serait rien sans l'oeuvre originale de JKR =)
Hey Varbo93 ! Oui, moi aussi je lis les reviews de certaines fics x) Notamment celles d'Ellana-san ! Bref. Oui, tout le monde connait mon opinion sur Serpentard donc ce chapitre n'a surpris personne. C'était Poufsouffle, le choc. Et quel choc ! J'en revient pas de l'avalanche de réactions que ça a délenché xD Et donc... Tu es fan d'Orion ? Il est diablement génial, ce petit Serpentard xD C'est le Rôdeur de cette fic ! Et, comme Draco qui criait à tout va qu'il allait en parler à son père, le petit Orion qui s'exclame que "MON FRERE ENTENDRA PARLER DE CA" ! Il est génial. BREF ! L'idée que choisir une Maison c'est choisir une façon de grandir, c'est... Bah, c'est le seul headcanon qui me permet d'accepter le Choixpeau. Sinon, quelle logique est-ce qu'i assigner à des gamins de 11 ans des traits de personnalité à rechercher plus que tout ? Personne n'est complètement défini à onze ans ! Mais j'y reviendrai dans un autre chapitre...
Hello Charles Henri ! Un pseudo que je n'avais jamais vu... Merci, merci =D Je n'ai appris que Poufsouffle était la maison préfére de JKR qu'après avoir écrit ce chapitre, parce que j'ai eu beaucoup de remarques en ce sens. Comme quoi, JKR a bon goût... XDDD Enfin bref ! Je fais de mon mieux pour les fautes x) Le chapitre sur Narcissa était destiné à être une participation à un concours, j'ai donc beaucoup peaufiné le style, contrairement aux autres chapitres que j'ai laissé plus bruts de décoffrage. Mais je suis contente que ça te plaise !
Salut Barbiemustdie ! Je répnd généralement aux reviews sur le chap' parce que ça me permet de les connecter entre lles (beaucoup de reviews se rapprochent dans leurs questions, et de remercier les lecteurs x) Ca fait toujours plaisir de voir son pseudo mentionné par l'auteur ! Mais je peux répondre par MP, aussi. Et pour les débats... Tu es sur la Salle sur Demande ? Ou bien sur Au fil de la plume ? Les liens sont sur mon profil =D N'hésite pas! Bon, bref. Ouais, "my brother will hear about this" et les malédctios vietnamiennes, c'est du 100% Ywëna xD Ouais, Slytherpuff power ! Si ça se trouve, on défend Serpentard à cause de notre sens moral de Poufsouffle x) Et ouais, je pensais publier la suite assez vite, mais... Léger empêchement... Ma Bêta is still missing... Du coup, si tu es dispo, moi, je t'engage ! J'ai juste besoin de ton adresse mail x)
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Et voilà ! Du coup, si Barbiemustdie devient mon Bêta, le rythme de publication sera très très accéléré x) Oui, parce que j'ai fini d'écrire la fic. Il faut juste la corriger.
Bref ! Revenons au chapitre. Car ce chapitre est assez sérieux et… Assez triste, oui, carrément x) Et j'espère que vous allez aimé la quantité de réflexions ise là-dedans !
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Disclaimer ! L'inspi du kiwi :
Un post (Tumblr, everambling, wizardingworldpostscripts) sur le piège de la Répartition.
Un post (Tumblr, transremus) sur ce que les Maisons de Serpentard et Poufsouffle révèlent de la société magique.
Un post (Tumblr, miraniel) sur le plan de Voldemort au Tournoi.
Un post (Tumblr, thelethifoldwitch, lastsnowfall) sur les élèves de Poudlard après la Bataille.
Deux posts (Tumblr, snapslikethis, pettigrew, et livesandliesofwizards) sur Regulus Black.
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Quelques réflexions
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Parfois Scorpius songeait que le Choixpeau proposait quatre chemins qui menaient tous à une destination similaire. La Répartition faisait tout paraître prédestiné (Harry Potter était destiné à être un héros, et Draco était destiné à être son ennemi, et Luna destinée à être une exclue…). Mais en vérité, Scorpius ne pensait pas que la Répartition ait tant de signification que ça. Le but du Choixpeau n'était pas de faire rentrer les enfants dans des cases, des critères. C'était plus comme un jeu de « quel ensemble d'obstacles préfèrerais-tu ? Quels avantages et désavantages te correspondraient le mieux ? »
Parce que, franchement, il n'y avait aucun autre moyen qui permette d'accepter sérieusement le concept du Choixpeau à part celui-là.
Scor s'en ouvrit à Al et son ami approuva de tout cœur ses réflexions. Ce fut une occasion, pour eux, de passer une longue après-midi au soleil, à discuter avec passion du Choixpeau et des messages cachés de Poudlard.
La Répartition était un piège. Personne n'était un individu complètement défini à onze ans, personne. Et comme les quatre Fondateurs étaient des éducateurs, des professeurs, ils y avaient évidemment pensé. Alors forcer les enfants à rentrer dans des petites cases, des catégories spécifiques, c'était soit un handicap délibéré, soit un défi… Soit une leçon. Et Albus et Scorpius pariaient sur la leçon.
Tout à Poudlard était une leçon. Le lac n'était pas juste un lac, une vieille civilisation y habitait. Les portraits racontaient des histoires. On apprenait aux élèves les Lois de Gamp et ensuite on leur faisait manger leur dîner dans une pièce où la nourriture apparaissait magiquement dans leurs plats : d'où est-ce qu'elle venait ? Ce n'était peut-être pas intentionnel, mais il y a une signification philosophique ou éducative derrière presque chaque aspect de vie au château.
Si les deux petits Serdaigles se sentaient généreux envers Godric Gryffondor (oui, ça arrivait), ils pourraient dire qu'il y avait pensé avant de faire le Choixpeau, et que son intention était d'exposer ça aux étudiants. « Voici les qualités que tu apprécies. Maintenant, regarde à quel point tu te limites en n'accordant d'importance à rien d'autre. Regarde toutes les connexions manquantes. »
Mais il était probable que Gryffondor (ou l'idée de lui qu'avaient Al et Scor de lui en tout cas) n'avait pensé à rien de pareil, et que la leçon venait… Du hasard. Du moins selon Al.
Scorpius pensait plutôt que c'était l'œuvre de Poudlard elle-même. Que le château était un peu plus qu'un tas de pierres.
Poudlard avait une conscience. Poudlard était une sorte de grand-mère bienveillante et légèrement déséquilibrée qui tissait ces fils d'existences magiques hasardeuses et superficielles en un semblant de tapisserie sensée. Du moins, c'était l'avis de Scorpius. Mais il doutait que quiconque, mis à part Al et les jumeaux Scamander, ne le prenne au sérieux.
…
Callistia pensait souvent à cette étrange importance des Maisons, elle aussi. Le fait qu'on encensait les Gryffondor, surtout, lui apparaissait agaçant. Et pourquoi Poufsouffle et Serpentard étaient si pointées du doigt, hein ?
Orion comprenait bien sa frustration. En tant que Serpentard, il était habitué à ce que les gens se méfient de lui, un peu comme Callistia avait l'habitude en première année d'entendre le terme mouton, rebut la suivre partout. Alors les deux jeunes Malefoy abordaient le sujet, de temps en temps, à la table des Serpentards où Callistia et sa bande s'invitaient sans aucune gêne. Ils parlaient des Maisons de Poudlard, de leur symbolique, de leur complémentarité. Ce qu'elles révélaient des gens, des époques, de la société.
L'exemple le plus frappant était celui de Serpentard et Poufsouffle, les deux Maisons les moins respectées par la majorité de la plèbe. Le fait qu'à Poudlard, il y ait pas mal de dédain envers Serpentard et Poufsouffle, cela montrait quelque chose d'intéressant dans la communauté sorcière. Poufsouffle représentait le travail acharné et la justice, pas vrai ? Mais les gens appelaient les Poufsouffle moutons, losers, rebuts, ils disaient qu'ils étaient ces idiots « trop bons trop cons » qui arriveraient toujours en dernier parce qu'on les arnaquait facilement. D'un autre côté, les Serpentards, qui représentaient la ruse et l'ambition et la détermination personnelle, étaient vus comme des égorgeurs, et de manière générale des gens mauvais et méchants.
Finalement, et comme Narcissa l'avait un jour fait remarquer à Teddy, Poufsouffle et Serpentard étaient toutes les deux basées sur la philosophie de l'auto-amélioration, de la recherche du succès dans la vie, à la fois en ce qui était d'être une meilleure personne et en ce qui était d'être une personne plus puissante et/ou plus riche.
La question évidente qui se posait, quant à la désapprobation des élèves de Poudlard de ces deux Maisons, était donc celle-ci : si réussir à travers le travail acharné fait juste de vous un mouton, mais réussir à travers l'intelligence et une attitude de « tout faire pour réussir » fait de vous un tricheur, comment quelqu'un dans le monde sorcier peut-il espérer gagner un quelconque pouvoir, ou des richesses, ou augmenter son statut, s'il n'était pas déjà né dans la classe privilégiée qui possédait tout cela ?
Cette conclusion les laissa songeurs. Et puis Leah Mevil qui écoutait leur conversation remarqua, presque distraitement :
– C'est encore plus bizarre dans un monde magique.
– Pardon ? firent Orion et Callistia en chœur sans comprendre.
– Désolée, je m'exprime mal. Le plus stupide, c'est que dans un monde où la magie fait votre boulot pour vous, on se moque des Poufsouffles qui sont prêts à travailler ne serait-ce qu'un peu, et des Serpentards parce qu'ils prennent avantage de cette magie.
Et cette nouvelle remarque les plongea à nouveau dans une profonde réflexion. Décidément, les sorciers étaient bien étranges…
oOoOoOo
En exil en Allemagne, Lucius avait du temps pour penser. Une quantité dérangeante de temps. Il aurait pu écrire ses mémoires, s'il l'avait voulu. Mais Lucius n'était pas un nostalgique. Au lieu de ça, il parcourut ses souvenirs, passa au crible ce qui s'était passé, cherchant l'erreur, voulant découvrir les motifs cachés, analysant ce qu'il avait manqué à l'époque.
Il découvrit plusieurs vérités choquantes. Voldemort était forcément issu d'une lignée impure, ils auraient dû le remarquer dès le début (ses manières, son langage, le fait qu'il ait eu besoin d'un pseudonyme…). Ah, et en s'alliant avec des Sang-Mêlé, Lucius aurait gagné plus de crédit auprès de Dumbledore qui croyait tellement aux secondes chances : et puis, donner le journal de Jedusor à Ginevra Weasley était une erreur, il aurait dû donner ce journal à un Serdaigle (la personne aurait été plus ingénieuse, personne n'aurait trouvé étrange sa passion pour l'écriture, et Harry Potter n'aurait pas été impliqué de la même façon) : et Dobby aurait dû être vendu à la première occasion : et le raid au Ministère pour récupérer la prophétie était extrêmement mal préparé…
Et, lors du Tournoi des Trois Sorciers, Lord Voldemort n'avait pas seulement prévu de tuer Potter. Ses projets étaient beaucoup plus vastes.
Lucius s'en rendit compte, au départ, à cause d'un simple détail. Le trophée avait été ensorcelé pour servir de Portoloin deux fois. Ça ne se faisait jamais : mais là, le trophée comportait deux enchantements, il devait être utilisé à deux reprises. Un aller vers le cimetière, un retour vers Poudlard.
Par conséquent, lorsque Croupton Junior (en tant que Maugrey) avait ensorcelé le trophée, il avait prévu de lui faire prendre celui qui le touche d'abord au cimetière, puis devant du labyrinthe. Il n'avait sans doute pas eu trop d'efforts à fournir : la coupe était déjà censée être un Portoloin pour emmener le vainqueur devant le labyrinthe, afin qu'il n'ait pas à se frayer un chemin à nouveau.
Voldemort avait évidemment prévu de tuer Potter. Il le devait. C'était le point essentiel : tuer Potter en face de tous ses Mangemorts, tous ceux qui l'avaient abandonné et avaient douté de son pouvoir. Lucius frissonnait encore de peur en se souvenant de la brûlure sur son bras, après toutes ces années de silence. Il se souvenait de la terreur qui alourdissait l'air, et du rire de son maître alors qu'il allait tuer le garçon.
Mais dans ce cas, pourquoi mettre une option « retour à Poudlard » sur le trophée ?
La première hypothèse de Lucius fut que Voldemort voulait envoyer le corps de Potter à Poudlard, soit pour détourner les soupçons, soit pour jeter sa victoire au visage de Dumbledore. Sauf que Voldemort avait promis à Nagini à plusieurs reprises qu'elle pouvait manger Potter (Pettigrew leur avait raconté la scène d'avant leur arrivée en détail, et à plusieurs reprises). Voldemort semblait y tenir, à cette idée. Potter était donc destiné à finir dans l'estomac du serpent. Alors, qui était destiné à faire ce voyage de retour ?
Voldemort pouvait utiliser le Portoloin comme un billet à Poudlard pour une attaque surprise : mais il n'était de retour que depuis quelques minutes, et ses Mangemorts sortaient de treize ans d'inaction. De plus, il y avait un véritable troupeau de puissants sorciers qui assistaient au Tournoi. Ça aurait été du suicide, et Voldemort était trop prudent pour ça…
Lucius avait alors eu une illumination, et s'était frappé le front contre son bureau de bois avec un grognement dramatique totalement indigne d'un Malefoy. Évidemment.
Non, Voldemort ne comptait pas débarquer en grande pompes à Poudlard. Mais si Harry Potter (ou quelqu'un qui lui ressemblait) était retourné à Poudlard comme si de rien n'était ? En tant que vainqueur du Tournoi des Trois Sorciers et le Survivant, Potter aurait été capable d'aller n'importe où, de faire n'importe quoi. Tout le monde avait confiance en lui.
Il aurait suffi d'un peu de Polynectar…
Et il y avait déjà un Mangemort attendant à Poudlard, un Mangemort qui avait très soigneusement passé toute une année à apprendre à connaître Potter, en regardant tous ses mouvements, en analysant sa manière de penser et de parler. Barty Croupton Junior.
Voici donc quel était le plan complet du Seigneur des Ténèbres, réalisa Lucius. Utiliser Barty Croupton Jr. pour infiltrer Poudlard comme Maugrey Fol-Œil. Puis Barty aurait fait la connaissance de Potter et se serait arrangé pour qu'il soit sélectionné par la suite et pour qu'il gagne le Tournoi des Trois Sorciers. Il avait accompli sa mission et veillé à ce que Potter touche le trophée en premier. Potter avait été ensuite transporté vers le cimetière où Voldemort l'attendait. Voldemort avait utilisé Potter pour ressusciter, appelé ses Mangemorts à lui, et puis humilié le Survivant, et… Bon, il avait prévu de le tuer, aussi, mais cette partie n'avait pas fonctionné.
Ce que Voldemort prévoyait de faire ensuite était de dépouiller le corps de Potter, prendre ses cheveux, et se transformer en lui (ou bien il aurait ordonné à l'un de ses Mangemorts de faire cela). Il aurait alors pris alors le trophée et serait allé à Poudlard en tant que Potter. Plus tard dans la nuit, Maugrey aurait disparu, et Croupton aurait pris la place de Voldemort-en-tant-que-Potter, et se serait fait passer pour lui. Puis, quand le moment serait venu, Voldemort-Potter ou Croupton-Potter aurait assassiné Dumbledore (gagnant d'ailleurs le pouvoir de la Baguette de Sureau, bien que personne ne le sache à l'époque). Ensuite, Voldemort aurait enchaîné avec un coup d'État à Poudlard, puis la conquête du monde sorcier.
En fait, Potter-Polynectar, nommément Croupton, aurait pu garder éternellement son déguisement. Le monde des sorciers avait fait face à Voldemort comme un ennemi auparavant, mais si leur sauveur Harry Potter s'avérait soudain être un tout aussi puissant Seigneur des Ténèbres que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ? Ça aurait été une perspective beaucoup plus effrayant que de simplement traiter avec le retour de Voldemort !
Lucius contempla cette théorie avec satisfaction et un certain effroi. Oui, tout collait parfaitement. Cette théorie résolvait aussi le problème de savoir pourquoi Voldemort avait fait tous ces détours afin d'obtenir Potter à travers le Tournoi des Trois Sorciers, quand il y avait des moyens beaucoup plus faciles de le capturer. Voldemort n'avait pas seulement besoin du sang de Potter : il avait besoin de Potter comme le héros du monde, le Survivant.
(Ce à quoi Lucius ne pensa pas était que bien sûr, rien de tout ça n'aurait marché parce que, même dans un million d'années, Voldemort n'aurait jamais réussi à tromper Ron ou Hermione ou Dumbledore, pas même pour une minute. Mais bien sûr, c'était la plus grande faiblesse de Voldemort, celle qu'il ne comprenait pas : l'amour.)
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Parfois Draco faisait encore des cauchemars de sa septième et de sa huitième année. La septième, il s'y attendait : il avait vu des élèves torturés, son monde s'écrouler… Mais la huitième ? La huitième aurait dû être plus supportable.
Elle ne l'avait pas été.
La huitième année de Draco lui donnait des cauchemars parce que durant cette année, il n'y avait plus la peur pour le pousser. Juste le stress post-traumatique, le chagrin, et une sorte d'apathie désespérée. Parce que c'était fini, ils avaient gagné, du moins ils l'espéraient : mais à quel prix ? Combien de morts ? Combien de vivants ? Combien d'enfants traumatisés, désespérés, combien de sanglots la nuit et de crises d'angoisse dans les couloirs ?
Le château était en ruines après la Bataille. Mais les élèves, eux aussi, étaient en pièces.
Imaginez une toute petite première année dont les porte-aiguilles avaient toujours des plumes, mais à qui le Feudeymon venait facilement. Le deuxième année qui avait essayé de revenir, et dont la bravoure a causé la mort de la Préfète de Serdaigle, quand elle l'a poussé hors du chemin d'un Sortilège de Mort. Le troisième année qui brassait parfaitement les poisons, les mains tremblantes, souhaitant avoir le courage d'en glisser dans les coupes des Carrow. La quatrième année qui avait brisé toutes les tasses, jeté tous ses livres de lecture de la paume, parce que à quoi servait la Divination si elle n'avait rien vu venir ? La cinquième année qui se souvenait à peine de ce qu'étaient les B.U.S.E.S, et encore mois qu'elle était supposée les prendre. La sixième année qui n'arrivait pas à créer un Lumos même si sa vie en dépendait, mais dont le Doloris rivalisait avec celui de Bellatrix.
Imaginez le septième année qui riait jusqu'à en pleurer, pensant aux premières années qui s'endormiront en Histoire de la Magie quand leur histoire à eux sera racontée.
Imaginez les Nés-Moldus de première année qui avaient survécu, pour le peu qu'il en restait. Imaginez ce qu'ils pensaient du monde magique, quand leur introduction à celui-ci avait été les Mangemorts et le fait d'être torturés (par leurs camarades de classe !) pour le seul crime d'être nés. Imaginez les étudiants qui étaient rentrés chez leurs parents (ou gardiens, ou tuteurs, ou orphelinats) et qui leur ont montrés ce qu'ils ont appris : des maléfices sombres, des malédictions, des Impardonnables : que les Moldus sont de la vermine, des animaux, des inférieurs. Il leurs disaient que non, ils ne peuvent toujours pas transformer une montre en aiguille : mais Maman, il y a un sort qui peut te donner l'impression d'être poignardée une centaine de fois ! (Ne leur demandez pas comment ils savent.)
Imaginez les étudiants qui ne pouvaient plus voir Poudlard comme un foyer. Qui ne le pourraient plus jamais.
Draco n'avait pas à les imaginer. Il les avait vus, il les connaissait : il connaissait leurs visages et leurs noms, il connaissait leurs Maisons, la couleur de leurs yeux, leurs âges. Ils étaient si nombreux. Il n'arrivait pas à se les sortir de la tête.
Puis les étudiants revinrent à Poudlard, quand l'école reprit. Les Serpentards haïs, les yeux qui se baissent sur le passage des enfants dont les parents sont en procès (il y avait eu des tas de procès, des centaines de sorciers avaient activement collaboré avec la politique de Voldemort : des Serpentard, mais aussi des Serdaigle, des Poufsouffle, des Gryffondor). Ils ne revinrent pas tous. Les bancs semblaient si vides avec le manque de Nés-Moldus, de traîtres à leur sang, de Sang-Mêlés, morts ou partis. Il y avait si peu d'étudiants à qui enseigner : si peu de professeurs qui voulaient encore le faire.
(Draco rêve, parfois, du désespoir sur le visage de McGonagall quand elle contemplait la Grande Salle : il rêve de la voix fatiguée de Sinistra, des larmes qui montaient aux yeux de Flitwick durant leurs cours. Draco a des milliers de souvenirs pour alimenter ses cauchemars.)
Il y avait des élèves qui ne pouvaient pas passer devant une certaine classe, traverser un certain corridor, marcher dans le hall d'entrée sans avoir une attaque de panique ou une crise nerveuse. Draco faisait partie de ceux-là, et après une presque-crise d'hystérie dans le couloir du septième étage, il évita la Salle sur Demande pendant toute l'année.
Il y avait les mémoriaux, les couronnes de fleurs, les messages. Dans tous les coins, dans tous les couloirs, dans toutes les classes, à chaque pas que vous faisiez.
Il y avait les fantômes.
(Poudlard avait une douzaine de fantômes, avant. Leur nombre passa à trente. Un grand nombre d'entre eux étaient des enfants. Un trop grand nombre.)
Durant toute cette année-là, les étudiants furent incapables de se faire confiance aux uns et aux autres. Tout le monde dénonçait tout le monde, l'année précédente. Ils avaient appris la méfiance à la dure. Les septièmes et huitièmes années de Serpentards furent parmi les rares à présenter un front aussi uni, mais c'était probablement parce qu'ils étaient désespérés.
Le pire, c'était la culpabilité qu'ils portaient (ça aurait dû être moi, c'est ma faute s'il/elle est morte, je leur ai dit, c'est ma faute, ma faute). Tous les élèves incapables de croiser le regard des autres parce que « c'est ma faute si ton meilleur ami, ton frère, ta sœur, ton camarade de dortoir, ton petit-ami est mort ». Sous le règne des Carrow, Theo avait un jour dénoncé une Serdaigle et elle n'était jamais revenue de sa retenue. Draco avait avoué que c'était un Gryffondor de troisième année qui avait tagué un mur, parce qu'Alecto le menaçait du Doloris et que Draco était mort de trouille : et le troisième année avait hurlé durant des heures. Après l'avoir amené à l'infirmerie ce jour-là, Draco avait pleuré comme un môme dans une alcôve sombre. Plus jamais il n'avait réussi à regarder ce gamin de Gryffondor en face, plus jamais.
Imaginez les mémoriaux sur lesquels furent empilées les baguettes des morts. Imaginez les mémoriaux sur lesquels furent empilées les baguettes des vivants, brisées en deux dans un geste de dégoût.
Nombre d'élèves ne purent jamais produire un Patronus de toute leur vie. Les Épouvantards furent retirés du programme scolaire par ce que le Riddikulus était quasiment impossible à saisir, même pour les sixièmes ou septièmes années. Parce que les corps de leurs amis et de leur famille ne seraient jamais, jamais drôles.
Il y avait des élèves, rassemblés devant le feu, qui se chuchotaient parfois qu'ils avaient l'impression que leur magie était souillée. Il y eut des élèves qui quittèrent Poudlard, d'autres qui quittèrent la Grande-Bretagne, parce qu'il n'y avait plus rien pour eux. Il y en eut d'autres qui quittèrent carrément le monde magique, dégoûtés parce qu'ils y avaient vu et fait.
Et Draco, trente ou quarante ans après, se souvenait encore de leurs noms et de leurs visages, de la gamine qui maîtrisait le Feudeymon et de l'adolescent au visage creusait qui murmurait doucement à quel point il se sentait sali jusqu'au fond de son âme : il se souvenait des couronnes de fleurs dans les couloirs et de sa gorge qui se serrait quand il traversait certains corridors, il se souvenait de l'effroi des gamins de douze ans qui voyaient les Sombrals (toute l'école pouvait les voir à présent), il se souvenait, encore et toujours.
Draco avait peut-être été un sacré petit con quand il était jeune. Mais il apprit à regretter, il apprit la souffrance, et il s'en souvint.
…
Astoria avait les mêmes souvenirs. Elle avait les mêmes souvenirs, mais elle en avait d'autres, plus doux, et elle chassa doucement l'amertume et l'horreur de la mémoire de Draco, jusqu'à ce que ça ne fasse plus aussi mal. Durant leur année de voyage, le soir, ils parlaient de Poudlard : et quand Draco parlait de douleur et de deuil, Astoria lui parlait d'espoir.
Elle lui disait de penser aux septièmes années qui étaient revenus. Parce que personne n'avait fini sa septième année. Cette année était perdue. Mais ils avaient des gamins à protéger, un avenir qu'ils espéraient saisir. Et ils étaient revenus, Serpentard et Serdaigle et Poufsouffle et Gryffondor, tous.
Elle lui disait de se souvenir d'un élève de son âge à elle, qui était toujours debout la nuit parce qu'elle n'arrivait pas à dormir à cause des cauchemars : elle lui disait que cette élève-là avait entendu les pleurs dans les dortoirs d'en dessous, et avait trouvé la fillette qui ne pouvait pas faire de porte-aiguilles mais qui savait maîtriser le Feudeymon, recroquevillée sur elle-même : et la plus grande lui avait dit « Tu sais quoi ? Prends ton oreiller, tu peux dormir sur mon lit pendant que je bouquine. »
Elle lui disait de penser aux nouveaux premières années, ceux qui entendaient l'histoire dans le train. Ceux qui avaient onze ans et étaient encore petits, et qui voyaient des élèves plus âgés assis tout seuls dans un compartiment et regardant dans le vide : elle lui disait de penser aux gamins qui entraient dans le compartiment et proposaient à l'élève solitaire des Chocogrenouilles parce qu'ils ne savaient pas quoi dire d'autre.
Elle lui disait de penser à un petit première année qui avait un jour trouvé Parvati Patil toute seule, regardant dans le vide : et le gamin lui avait demandé d'une toute petite voix si elle avait besoin d'un câlin. Et le petit première année était resté là pendant une heure, pendant que Parvati pleurait et pleurait, et le serrait contre elle. Le petit garçon ne pouvait pas savoir que Parvati pleurait son enfance morte avec Lavande, il ne pouvait pas savoir qu'elle pleurait leur innocence et leur amitié, mais les enfants de onze ans étaient assez malins (ou avaient, tristement, assez d'expérience) pour savoir que ça aide d'avoir quelqu'un à tenir dans ses bras.
Elle lui disait de penser à eux, les élèves plus âgés. Blaise et Theo, et Pansy, et Daphnée et Tracey, et Draco lui-même : et la promotion d'Astoria. Elle lui disait de se souvenir de ces moments où ils regardaient ces petits nouveaux de onze ans, neufs et protégés et joyeux, et où ils se juraient sur la tombe de Merlin que rien n'arriverait jamais à ces enfants-là.
Elle lui disait de se souvenir d'une ancienne membre de l'Armée de Dumbledore, peut-être était-ce Carla ou Caroline ? C'était une Poufsouffle et elle avait refusé de laisser ces foutus Mangemort gagner quand ils étaient là et vivants elle refusait encore plus de les laisser gagner maintenant. Et Carla ou Caroline la Poufsouffle avait pris les choses en mains, souviens-toi Draco. Elle avait trouvé des choses à faire durant les week-ends, elle avait organisé des trucs, secoué les gens et refusé de les laisser sombrer dans la dépression dans leur coin. Elle s'agitait tellement, elle les faisait toujours sourire. Elle avait fait signer un décret à McGonagall et au diable la règle de la troisième année : tout le monde avait été autorisé à aller à Pré-au-Lard. Il suffisait que les plus petits soient accompagnés par les plus grands, parce que par Morgane, qui aurait pu être une menace pour les grands élèves maintenant, hein ? Et Draco et Astoria avaient escorté les deuxièmes années de Serpentard au village pour la première fois en février, et ils avaient fait une bataille de boule de neige, et ils avaient ri. Certains avaient craqué, et pleuré, mais en rentrant, ils s'étaient tous senti mieux.
Astoria lui disait de penser aux élèves inventant des surnoms moqueurs pour leurs vieux ennemis, pour Voldemort et les Carrow et Bellatrix, et leur crachant dessus (métaphoriquement) à chaque fois qu'ils utilisaient ces petits noms méprisants.
Astoria écoutait les rumeurs et elle rapportait les nouveautés à son petit-ami, puis mari. Souvent, elle riait en parlant. Elle raconta à Draco que Ronald Weasley s'était porté volontaire pour détruire l'Épouvantard installé dans un placard d'une des salles de classe, et qu'il avait demandé aux élèves de venir regarder, parce que ce maudit truc était toujours une araignée. Et, comme lors de sa troisième année, il faisait tomber ses pattes et c'était hilarant : il avait même rajouté un nœud rose sur la bestiole, par dérision, et la classe avait ri à s'en tenir les côtes.
Astoria disait à Draco de se souvenir de ces six ou sept fois où, au lieu de dormir dans leurs dortoirs respectifs, tous les élèves avaient campé dans la Grande Salle et bu de la Bièraubeurre et raconté des histoires. Il y avait eu des pleurs, et parfois des disputes et des hurlements à cause des nerfs à vif : mais à la fin, ils s'étaient tous endormis en une grosse pile, couleurs et Maisons mélangées.
Astoria disait à Draco de se souvenir des blagues totalement inappropriées que faisaient les survivants. Blaise, Parvati, Hannah, Neville, Luna, Tracey, tous : ces petits traits d'humour cyniques qui faisaient que leurs parents ouvraient de grands yeux remplis de larmes, ceux qui terrifiaient les premières années. Parce qu'en fait, une fois qu'on avait traversé l'Enfer, on trouvait l'humour même dans les trucs les plus monstrueux.
Elle lui disait de penser aux chouettes qui ne restaient plus dans la volière, parce que les enfants avaient besoin de garder les animaux avec eux. Elle lui disait de se souvenir des gamins qui avaient perdu leur animal, ou qui n'en avaient jamais eu : elle lui disait de se rappeler des autres enfants qui se cotisaient pour leur offrir un chat, un chien, une chouette.
Elle lui disait de se souvenir de la gamine qui connaissait le Doloris (une Gryffondor, une petite Sang-Mêlé au visage plein de tâches de rousseur). Elle lui disait qu'un jour la fillette s'était écroulée en pleurant parce qu'elle n'arrivait pas à croire qu'elle puisse avoir fait ça, qu'elle n'arrivait pas à croire qu'elle ait pu, et qu'elle savait qu'elle était mauvaise et corrompue. Astoria lui disait que Luna Lovegood l'avait tenue dans ses bras et l'avait bercée quand elle pleurait, et quand elle s'était calmée, Hermione était venue la voir et lui avait raconté l'histoire de Regulus Black. Et elle lui avait dit que juste parce qu'on a fait de mauvais choix jadis, ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas en faire de bons maintenant.
– Tu entends ça, Draco ? Ce n'est pas parce qu'on a fait de mauvais choix jadis qu'on ne peut pas en faire de meilleurs maintenant.
Et Astoria lui disait que des gens avaient traversé ce genre d'horreur au cours de toute l'Histoire humaine, et des gens encore aujourd'hui géraient ce genre de traumatismes. Et oui, c'était horrible et les cicatrices que ça laissait étaient douloureusement réelles, et parfois les gens souffraient trop pour avancer. Mais il y avait chez les Moldus d'anciens enfants-soldats qui jouaient et riaient devant des histoires drôles : et il y avait des enfants dans des camps de réfugiés qui avaient vécu des histoires effroyables mais qui aimaient colorier des livres d'images et jouer avec les amis qu'ils s'étaient faits dans le camp.
Oui, ce qu'ils avaient vécu avait été terrible. Oui, les lendemains qui les attendaient pourraient être horrible, une chute, une année (ou décade ?) de dépression et de malheur et de vide.
Mais ça n'avait pas à se passer comme ça. Ce n'était pas garanti.
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Narcissa songeait parfois à Regulus, son cousin préféré, timide et vaillant et si terriblement brave, dont Harry lui avait raconté le véritable sort, un soir alors qu'ils dînaient chez elle.
Narcissa aurait voulu traiter Regulus d'idiot, mais elle savait qu'elle se serait menti à elle-même. Regulus n'avait pas été un Gryffondor, il n'agissait pas de façon téméraire et imprudente. Il avait juste pensé très sérieusement à propos de pourquoi son elfe devrait être forcé à mourir dans cette grotte. Et il avait réalisé, toute ambition mise de côté, qu'il n'y avait juste aucune justification à ça.
Les gens disaient que c'étaient les Gryffondor les héros plein d'abnégation, mais Regulus était la preuve parfaite du contraire. Son courage à lui était celui d'un Serpentard. Ce n'était pas téméraire ou brutal, c'était intelligent. Les instructions de Regulus empêchaient complètement Kreattur de se sacrifier pour lui, et Regulus n'avait pas hésité une seconde, parce que c'était la bonne chose à faire. Il savait, bien sûr, que ça allait anéantir Kreattur : mais il savait aussi que c'était son choix de mourir et qu'il ne pouvait pas passer ce fardeau à son elfe. Ça, c'était le courage d'un Serpentard. Un courage né du calcul, de la connaissance des émotions des autres, et de la capacité de mettre ses propres sentiments de côté pour protéger ceux qu'on aimait.
Regulus avait organisé son plan avec beaucoup de soin, réalisait Narcissa. Il savait qu'il devait prendre ce médaillon, il savait qu'il allait en mourir : et il avait tout planifié pour qu'il n'y ait aucune faille : et il savait que le succès de cette mission voulait aussi dire que personne ne saurait jamais.
Il avait juste laissé un mot pour que Voldemort sache que c'était lui (un mot dont les lettres étaient souples et élégantes, sans trace de peur, et Narcissa savait que Regulus avait les mains qui tremblotaient avant de simples examens, alors comment avait-il fait pour que ce message ne soit pas écrit en lettres tremblantes ? Et elle aurait préféré ne pas se poser la question, car elle savait à présent Regulus avait écrit billet après billet jusqu'à ce que sa main cesse de trembler que son message ne montre aucune trace de peur). Regulus ne recherchait aucune gloire. Il avait le courage d'un serpent. Ce n'était pas une question de renommée, il ne voulait pas narguer quiconque : c'était une vengeance froide et calculée. L'héritage qui laissait Regulus dans ce monde n'était pas aussi important, à ses yeux, que la chute du Seigneur des Ténèbres.
Il avait pesé ses options avec beaucoup de soin. Il avait tout calculé : il ne s'était pas précipité vers la mort, défendant quelqu'un d'autre, comme son frère : il ne savait même pas si sa mission allait succéder sur le long terme : mais il l'avait fait quand même.
– Le courage ce n'est pas l'absence de peur mais le choix de protéger quelque chose de plus important, fit sentencieusement Harry.
Narcissa le regarda par-dessus sa tasse de café et retint un sourire un peu amer. Harry Potter possédait ce courage-là lui aussi. Quand il avait traversé la Forêt Interdite, se dirigeant vers son trépas avec une certitude absolue et terrifiante, il avait dû envier les morts de ses parents. Ils avaient agi dans la fièvre du moment, pour protéger quelqu'un de cher : comme des Gryffondor. Lui, il avait dû marcher seul et lentement vers sa propre mort.
Et Narcissa songeait qu'Harry Potter avait fait quasiment la même chose que Regulus, à presque le même âge (Regulus n'avait pas encore dix-neuf ans, Harry pas encore dix-huit, quand ils avaient avancé vers leur propre trépas). Et leurs marches vers la mort avaient été désagréablement semblables : les yeux grands ouverts, concentrés sur la tâche à accomplir, mesurant leurs respirations, et sachant qu'ils allaient mourir.
– Je sais, fit doucement Narcissa. C'est toi qui me l'as appris.
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A suivre !
