Note de l'auteure : On ne parle pas assez d'Astoria Greengrass ! Qui est-elle ? Elle n'a même pas une seule ligne de dialogue à Poudlard. Quelle fut sa Maison ? Son histoire familiale ? Comment elle et Draco se sont rencontrés, remarqués, fiancés, mariés ? Quels sont les rapports d'Astoria avec Narcissa et Lucius ? Qui sont ses amis ? Bref, je me suis dis que ça remplirait peut-être un chapitre…
.
Mais avant tout... Les réponses aux reviews !
Salut Carminny ! L'idée du plan de Voldmeort n'est pas de moi (je l'ai trouvé en anglais, et traduit puis arrangé à ma sauce). Ah, la huitième année, tragique à souhaits x) Les pauvres élèves ont vécu une année de traumatismes infernaux, après tout... Bref. Tu es une Poufsouffle de coeur, comme moi ! Ca serai la Maison de mon choix, même si les tests me mettent à Serpentard ! Voilà x) ET sinon, pour ta question, bien sûr que tu peux m'empruter l'histoire des soeurs Black =D
Yep, Melu49, l'après-guerre a été dure pour tout le monde... Mais c'est les Serpentards qui ont eut le moins de compassion, le moins de compréhension. Alors que, bordel de nouilles, c'était des ENFANTS.
Merci Rose-Eliade ! Tiens, puisque tu es une fan de DGM apparemment... As-tu entendu parler de ce spoiler qui agite le fandom, à propos de Neah, Mana et du Comte Millénaire ?
Ouais Yuuki, MORT AUX CLICHÉS ! Et ouais, cette partie sur le trauma des enfants était... Violente. Bah quoi ? C'est un aspect qu'il faut envisager. Heureusement, il y a le point de vue d'Astoria pour équilibrer le truc. Et Regulus pour re-déprimer les lecteurs xD
Coucou Lililouna ! Oui, après la guerre, tout n'est pas devenu parfait. L'épilogue nous en dis si peu ! Et pourtant, avec tout ce qui s'ets passé dans cette école durant l'année des Ténèbres, il fallait bien se pencher là-dessus...
Désolée Lulu-folle, mais ouais, c'était un chapitre un peu déprimant, avec les histoires d'enfants traumatisés, PLUS la mort de Regulus... Argh.
Merci Imthebest ! Ah ah, Callistia est inégalée x) Elle est trop cool ma Pousfouffle ! Mais oui, je me suis éclatée avec les Malefoy Serpentard. Les jumelles, surtout. Et le petit trio d'Orion-Lorcan-Lysander ! Géniaux, non ? x) Et pour la partie post-guerre, l'essentiel vient d'un post sur Tumblr qui m'a littéralement frappé... Et oui, pour ceux qui sont arrivés à Poudlard après la guerre, ça a aussi du être un sacré choc.
.
Voilà ! Bon, désolée du retard dans la publication du chapitre, mais cette fic m'est complètement sortie de l'esprit. J'ai été absorbée dans le RP (sur forum) puis le RP (sur Skype), puis EBI (ma fic sur Supernatural) puis... Des tas d'autres trucs. Bref, l'important est que je me remet à publier ! ET j'ai hâte d evoir ce que vous penserez de ce chapitre !
(Aucun rapport, mais je vais me teindre les cheveux en violet. Vous en dites quoi ?)
.
Diclaimer ! L'inspi du kiwi :
Un post (Tumblr, asstoria) pour Astoria et Draco dans le début de ce chapitre.
Un post (Tumblr, sectumsemprarpg) pour le caractère d'Astoria.
Un post (Tumblr, isamai) sur Astoria fan de Tolkien.
« naive : in defense of hannah Abbot » (AO3, dirgewithoutmusic) pour Ginny et la pitié.
.
.
Astoria
.
Astoria n'était pas la première femme dont Draco était tombé amoureux. Draco n'était pas la première personne à qui Astoria promettait son cœur. Tous les deux, ils avaient connus la perte et la trahison et le deuil, semblable aux angles tranchants d'un couteau. Ils avaient tous les deux survécus à leurs épreuves, se relevant avec des cicatrices toujours plus nombreuses, mais vivants malgré tout. L'amour leur était tombé dessus par surprise au milieu de la nuit, quand ils avaient tous deux abandonné l'idée de le chercher. C'était une part de leur miracle.
C'était leur façon de guérir.
Astoria et Draco tombèrent amoureux sans s'en rendre compte, en se soignant l'un l'autre. Les baisers d'Astoria avaient un goût de pardon, et les sourires de Draco lui rendaient un éclat d'espoir. Ils pansaient leurs blessures et s'offraient des promesses d'avenir au lieu de fleurs. Ils s'écrivaient des lettres et des poèmes, et ils apprenaient à ne plus avoir peur de se briser, ils apprenaient à vivre avec leurs fêlures et leurs vieilles blessures.
Ils apprenaient à accepter leurs cicatrices.
Astoria et Draco avaient chacun leurs fautes, leurs erreurs, leurs secrets. Ce n'était pas une romance à l'eau de rose, c'était une histoire de larmes et de dégoût de soi et de pardon arraché jour après jour à l'univers. Ce n'était pas le conte de la Belle et la Bête. Tous deux avaient une part de bonté : mais tous deux connaissaient le monstre en eux, connaissaient le monstre en l'autre.
Astoria venait d'un foyer désuni, détestait sa mère et était une étrangère pour son père. Elle avait connu une rupture douloureuse. Elle avait assisté à un meurtre, avait un jour froidement envisagé d'assassiné quelqu'un et avait raté son coup, avait dénoncé la cachette de Sangs-de-Bourbes au Ministère en sachant ce allait leur arriver. Elle avait amené des élèves aux Carrows et les avait écoutés hurler sous les Doloris. Elle avait tué un homme.
Draco avait fait entrer les Mangemorts à Poudlard, avait tenté de tuer Dumbledore sans se soucier des victimes collatérales. Toute sa vie, il avait haït et souhaité la mort des Sang-de-Bourbes, des traîtres à leurs sang, de quiconque se mettait hors de sa route. Il avait menti, triché, manipulé, dénoncé. Il avait torturé sous les ordres de Voldemort. Souvent, bien trop souvent, ses actes avaient failli s'achever par la mort de quelqu'un. Souvent, bien trop souvent, il ne s'en était même pas senti coupable.
Ils détestaient ce qu'ils avaient fait, ce qu'ils avaient été. Mais Draco et Astoria pardonnèrent à l'autre, et petit à petit, ils apprirent à se pardonner à eux-mêmes.
Durant leur dernière année à Poudlard, Draco et Astoria étaient presque indissociables. Ils étaient dans les mêmes cours, à présent, et ils se plaçaient souvent en binôme. Il n'y avait guère d'autre volontaire pour se mettre avec Draco Malefoy, et Astoria avait perdu son partenaire habituel… Astoria se joignit tout naturellement au petit groupe de huitièmes années, et personne ne protesta. Ils la traitaient en égale. Draco et elle débattaient durant des heures de Sortilèges ou de théories en Potions, de Quidditch et de politique, et petit à petit ils retrouvèrent le sourire. Ce fut durant cette année-là qu'ils décidèrent de voyager tous ensemble quand ils auraient terminé leur scolarité.
Draco et Astoria cheminèrent côte à côte à Poudlard, mais ce fut durant leur année de voyage que leurs routes se rejoignirent. A Poudlard, ils s'étaient rapprochés, étaient devenus amis, durant leurs deux dernières années. Mais ce fut durant leur voyage autour du monde que leur amitié se mua en quelque chose d'autre… Ce fut en Hongrie qu'ils se tinrent la main pour la première fois, échangeant un regard amusé tandis que Daphnée et Tracey se lançaient dans un débat houleux sur Beauxbâtons. En Grèce, Draco la fit danser lors d'une fête sur la place d'un village : en Turquie, ils s'embrassèrent au crépuscule sur la plage. En Arabie Saoudite, tandis que Blaise et Théo se hurlaient dessus au sujet d'une broutille, ils errèrent dans les rues et parlèrent de ceux qu'ils avaient perdus. En Inde Astoria lui raconta la froideur de sa mère et son foyer désuni : au Népal, ils partagèrent une même chambre d'hôtel : en Chine ils fêtèrent Noël et s'embrassèrent sous une branche de gui enchantée : en Russie, Astoria caressa avec douceur la Marque des Ténèbres, et dit à Draco qu'elle lui pardonnait.
En Alaska puis au Canada, ils firent des batailles de boules de neige où Daphnée et Blaise essayaient toujours de les enfermer à deux dans un igloo : aux États-Unis ils se tenaient la main en visitant les rues des communautés sorcières, et au Mexique ils parlèrent de leurs deuils et de leurs regrets. Au Pérou ils parlèrent d'espoir, et au Cap Horn, face à l'immensité de l'océan, ils se confessèrent leurs secrets et leurs sentiments de culpabilité. En traversant l'Afrique, depuis le sud jusqu'au Maghreb, ils parlèrent d'avenir et de leurs familles, de renouveau, d'espoir, de choix. En France ils se promirent de se protéger, toujours.
De retour en Angleterre, Astoria présenta Draco à ses parents.
(Les Greengrass furent un peu déçus, assez méfiants, mais pas complètement désapprobateur, les Malefoy étant une famille au sang très pur et à la renommée fameuse, malgré les dérapages de ces dernières années. Astoria, de toute façon, de ne leur laissait pas le choix).
Les Greengrass n'avaient pas le prestige des Malefoy, des Black, des Nott ou des Parkinson, mais ils étaient de sang pur depuis des générations, et adhérait de tout cœur à la doctrine Puriste. Le père de Daphnée et Astoria, aîné d'une fratrie de trois, avait d'ailleurs été la honte de sa famille quand il avait épousé la mère de Daphnée (qui était Née-Moldue) et eu une enfant avec elle… Alors, même si les parents d'Astoria gardèrent longtemps des réserves, et s'opposèrent durant plus de dix ans à toute rencontre avec Lucius Malefoy, ils n'opposèrent pas de réelle résistance à leur fille cadette. Certes, ils firent quelques tentatives. Mais quand les Greengrass firent mine d'interdire à leur fille d'inviter Draco, Daphnée fut celle qui l'invita (pour le faire passer dans la chambre d'Astoria sans même s'en cacher), et Astoria parla ostensiblement de quitter la maison. Autant dire que les Greengrass arrêtèrent très vite d'interférer. Astoria organisa sa vie, ses sorties, ses projets : elle n'en excluait pas ses parents, mais ils devinaient très bien qu'elle le ferait sans hésiter s'ils essayaient de la séparer de Draco. Ils renoncèrent.
Il y avait pire qu'un Malefoy, comme gendre. Elle aurait pu choisir Nott.
Narcissa et Lucius (bien que Lucius ne revienne d'exil qu'après le mariage de son fils) furent également circonspect. Lucius ne recevait des nouvelles de sa famille que par leurs lettres, et il voyait d'un œil désapprobateur toutes les allusions à Astoria dans celles de son fils. A chaque fois qu'il en faisait la remarque à son fils dans ses missives, par contre, Draco l'ignorait royalement. Cette rébellion contre son père arrivait un peu tard, mais elle rendait Draco exultant et ravi : il prenait sa vie en main, et ne laisserait plus Lucius lui dictait sa conduite !
Narcissa, de son côté, plissait également le nez. Elle s'était liée avec Harry Potter, mais elle restait convaincue que les Nés-Moldus étaient une gangrène pour la société sorcière, et elle aurait espéré voir son fils épouser quelqu'un de plus porté sur les idées Puristes, ou du moins une descendantes des familles les plus prestigieuses… Alors Narcissa essaya de présenter à Draco d'autres filles : Pansy, Leopolda Goyle, ou même Tatiana Greengrass (la cousine d'Astoria et Daphnée). Draco était poli, mais il souriait d'un air narquois et passait tous ses rendez-vous à parler d'Astoria en long et en large, exaspérant sa mère et ses prétendantes. Après les avoir aimablement reconduites à la cheminée, Draco allait voir Astoria en sifflotant. Narcissa renonça, comme les Greengrass. Elle aussi, elle savait ce que c'était, l'amour. Elle fini par se faire une raison. Lucius et elle s'étaient mariés par amour : ils pouvaient offrir ce luxe à Draco…
De toute façon, Astoria comme Draco firent très bien comprendre à leurs familles respectives qu'elles n'avaient pas leur mot à dire.
Deux ans après leur retour de voyage, Draco alla récupérer la bague de fiançailles de sa grand-mère Callisa Malefoy au fond du coffre familial à Gringotts. Il demanda Astoria en mariage un matin de fin d'août, sous un crépuscule presque aussi flamboyant que celui de leur premier baiser. Ils restèrent discrets et n'annoncèrent la nouvelle qu'à leurs familles et amis, mais Astoria ne fit aucun effort pour dissimuler la bague d'or, d'argent et d'émeraudes qui ornait sa main.
– Tu es sûre de vouloir épouser un Mangemort ? murmura Draco à Astoria un jour, le cœur serré par une angoisse qu'il ne connaissait que trop bien.
Astoria prit son visage entre ses mains, et l'embrassa doucement sur le front.
– Ce n'est qu'une cicatrice, Draco, murmura-t-elle. Ce n'est qu'une marque. Ce n'est pas ce que tu es.
Il sourit faiblement :
– Et qu'est-ce que je suis ?
– Un idiot, fit fermement Astoria. Un idiot, et l'homme que j'aime.
Draco ne lui posa plus jamais la question. Ils se marièrent presque deux ans plus tard, après dix-sept mois à convaincre leurs parents et à faire la paix avec leurs propres démons. Ce fut en janvier, un jour d'hiver lumineux où le monde entier était paré de givre, de glace et d'argent. La guerre faisait encore partie d'eux, avec ses cicatrices et sa douleur : mais ils étaient ensemble, à présent, et un fardeau est toujours plus facile à porter quand on est deux.
oOoOoOo
Astoria et sa mère ne s'étaient jamais entendues.
La mère d'Astoria, Europa Greengrass, venait de la famille Yaxley, une famille de Sang-Pur ambitieux, dont certains membres étaient carrément devenus des Mangemorts. Europa avait des vues sur Caerwyn Greengrass depuis qu'ils avaient été ensemble à Poudlard, et elle n'y avait jamais renoncé. Les Greengrass étaient la plus ancienne famille Sang-Pure du Pays de Galles, et Caerwyn en était l'aîné. Ses frères Rhodri et Dristan étaient quantité négligeable… Europa et Caerwyn avaient donc toujours été proches, parfois même amants : même quand Caerwyn avait épousé Valentina Flores, la belle américaine qu'il avait rencontrée en voyage aux États-Unis.
Valentina mourut deux ans après ce mariage, quelques semaines après avoir donné naissance à sa fille Daphnée. Caerwyn était effondré, et Europa vit là sa chance : elle entra dans la vie du veuf désespéré, et pris la situation en main. Elle était une Sang-Pure de bonne famille, elle savait s'occuper d'un enfant : ses parents y avaient veillé. Elle devint donc la mère de substitution de la petite Daphnée. Par la même occasion, Caerwyn et elle reprirent leur vieille liaison. Ils se marièrent environ un an après, par commodité, par reconnaissance, par intérêt (les Greengrass menaçaient Caerwyn de le déshériter s'il laissait sa Sang-Mêlé de fille être sa seule héritière)… Ou par nécessité : Astoria naquit six mois plus tard, et elle n'était certainement pas prématurée.
(Pour préserver les apparences, ses parents affirmèrent que Daphnée avait deux ans de plus que sa petite sœur : mais personne n'était dupe. Astoria, d'ailleurs, reçu sa lettre d'admission à Poudlard un an après Daphnée.)
Alors que Daphnée était adorée par son père, et tolérée par Europa (après tout, sans cette gamine, jamais la belle Yaxley n'aurait trouvé le chemin du cœur de Caerwyn), Astoria était ignorée par ses deux parents. Son père était distant, ne sachant pas comment s'y prendre avec elle, cette enfant qui n'était guère qu'un prix de consolation. Sa mère s'agaçait très vite avec elle : Astoria lui avait été utile, favorisant son mariage avec Caerwyn et son accès aux richesses des Greengrass, mais à présent que le mariage était formé, sa fille ne lui servait plus à grand-chose. Europa n'en fit jamais grand mystère : elle n'aimait pas avoir Astoria dans les pattes, et la gamine pouvait aller chercher son affection maternelle ailleurs.
Astoria, en tant qu'héritière des Greengrass (elle avait bien des cousins et une sœur aînée, mais elle était la fille de sang pur du fils aîné de la famille), devait répondre à certaines attentes. Être belle, polie, intelligente, froide, digne, et surtout, Puriste.
Astoria faisait de son mieux. Elle était belle, avec ses longs cheveux châtains, ses yeux bleu ciel, ses traits doux, ses joues rondes, son nez retroussé : elle avait une taille fine, une silhouette gracieuse, un pas léger, et un sourire charmeur. Elle était intelligente, vive d'esprit et douée dans toutes les matières. Elle était posée, se tenait droite, prenait soin de ses robes et de son apparence. Elle n'était pas froide, ayant hérité du même tempérament impulsif et rebelle que sa grande sœur, mais elle sauvegardait les apparences bien plus facilement que Daphnée. Astoria était loin d'être aussi glaciale qu'elle le semblait : seulement, les gens se donnaient rarement la peine de prendre le temps de le découvrir.
La jeune Greengrass devint Puriste pour plaire à sa mère, répétant mécaniquement ses discours sur les Sang-de-Bourbes et l'honneur, mais jamais à portée d'oreille de Daphnée (Astoria aimait trop sa sœur pour lui faire ça). Pourtant, elle adorait sa sœur et Tracey David, et elle dévorait la littérature Moldue. Astoria possédait toute la saga de Narnia, et avait un exemplaire lu et relu du Seigneur des Anneaux et du Hobbit. Astoria révérait ces livres, et passait des heures à rêver de la Terre du Milieu ou de fantastiques épopées. Le deuxième prénom de Scorpius faillit être Reuel, le troisième prénom de Tolkien. Tout le monde s'attendait à ce qu'Astoria finisse à Serdaigle.
Elle fut répartie à Serpentard, bien que le Choixpeau lui ait proposé la Maison bleu et bronze avec beaucoup d'insistance. Astoria dut l'admettre, elle aurait été très bien à Serdaigle. Elle ne voyait pas pourquoi les Serpentards avaient ce besoin constant d'agresser les gens : elle, elle était toujours civile quand elle parlait aux étudiants des autres Maisons. Du moins, tant qu'ils étaient de sang pur ou mêlé : aux Nés-Moldus, elle n'adressait pas la parole.
Elle évitait d'être blessante, même si elle répondait vite quand on la provoquait. Ce qui n'était d'ailleurs pas difficile : Astoria avait le même tempérament enflammé que Daphnée, et il n'en fallait pas beaucoup pour la mettre en colère. Elle faisait plus d'efforts que sa sœur pour se contrôler, cependant. Au début, c'était pour ressembler à sa mère, si froide, si posée, qui semblait toujours contrôler la situation. Puis, au fil du temps, Astoria conserva son armure de froideur par simple habitude. C'était seulement avec Daphnée, sa sœur adorée, qu'elle laissait tomber le masque.
Astoria était pourtant quelqu'un de gentil, fondamentalement : une amie de confiance, qui gardait férocement les secrets qu'on lui confiait, et consolait ses amies qui venaient pleurer sur son épaule. Mais la gentillesse d'Astoria était réservée à ceux qu'elle aimait. La froideur de ses parents avait appris à la jeune Serpentard à ne pas offrir d'amour à ceux qui n'étaient pas susceptibles de le rendre.
Astoria ne se lia pas vraiment au reste de sa promotion. Son meilleur ami était un Serdaigle, Jonathan Whitebridge, avec qui elle avait sympathisé dans le Poudlard Express. Il était de sang pur, et les Greengrass n'avaient donc rien à dire sur leur fréquentation : ils espérèrent même les marier, durant un temps. Mais Jonathan et Astoria n'avaient qu'une relation strictement amicale. Jonathan était complètement homosexuel, d'ailleurs, et Astoria s'amusait énormément à essayer de lui faire avouer son béguin pour les jumeaux Weasley.
Astoria était du genre solitaire, Jonathan et Daphnée étant les seuls exceptions. Et pourtant, Astoria était une romantique.
Elle tomba amoureuse pour la première fois à quatorze ans. Il s'appelait Eddie Carmichael et avait deux ans de plus qu'elle. Il était beau, il était gentil, il était à Serdaigle, et ils sortirent ensemble pendant plusieurs mois, jusqu'à ce qu'Eddie se fasse un peu trop pressant. Plus tard, Astoria apprendrait à sa fille que "si un homme pose ses mains sur toi sans ton autorisation, coupe-lui les mains" : mais à quatorze ans, Astoria savait juste qu'engueuler son copain n'était pas digne et bien élevé, elle savait juste que les filles se devaient d'être gentilles, douces et agréables. Elle croyait encore que quand un garçon vous pelote parce que vous avait initié le baiser, ça ne se fait pas de changer d'avis.
A quatorze ans, il fallut un sacré courage à Astoria pour rompre avec Eddie Carmichael. Elle pleura durant des mois, n'osant avouer à personne que si elle l'avait largué ce n'était pas par désamour : c'était parce que son ventre se nouait d'angoisse quand il avait les mains baladeuses, et qu'il la traitait de frigide ou la faisait culpabiliser quand elle lui disait non, jusqu'à ce qu'elle cède.
(Eddie n'était pas quelqu'un de mauvais. Sa famille était du bon côté de la guerre, aida grandement l'Ordre du Phénix, et fut prise pour cible après la mort de Dumbledore. Eddie mourut avec son père et sa mère dans un combat sanglant, et nombreux furent ceux qui le pleurèrent. Non, Eddie n'était pas quelqu'un de mauvais. Il était un homme ordinaire. Mais c'était quelqu'un qui ne l'avait pas respectée, qui lui avait donnée une idée toxique et déformée de ce que devait être une relation, et Astoria mit longtemps à en guérir.)
L'année suivante, alors que Draco essayait de faire entrer des Mangemorts dans le château et qu'Harry et Dumbledore poursuivaient les Horcruxes, Astoria essaya de mener une vie normale. Elle était Préfète, elle avait de bonnes notes, ses parents lui fichaient la paix, pourquoi ne pas faire un essai ? Et comme les filles normales avaient une vie sentimentale, elle sorti avec un garçon de Serpentard. C'était un essai, pour voir : ni lui ni elle n'étaient amoureux. Ça ne dura que deux mois : elle était encore sur la défensive, et entre son manque de patience et la susceptibilité de son petit-ami, ça ne se passa pas bien. Ce fut lui qui rompit avec elle, et pas gentiment. Astoria encaissa, et ne dit rien. Elle n'en eut pas besoin : Daphnée, outragée, rendit infernale la vie infernale à cette enflure pendant tout le reste de l'année.
Quelques mois après, au printemps, elle essaya à nouveau d'avoir une relation. C'était avec un Gryffondor de son année, David Cole, qui révisait de temps en temps avec Jonathan. Ce fut d'ailleurs le Serdaigle qui les présenta. David et Astoria s'entendirent très bien, et se mirent rapidement à passer tout leur temps ensemble. Le jeune Gryffondor était drôle, gentil, intelligent. Ce fut par son intermédiaire qu'Astoria rencontra réellement Ginny. Ils devaient se mettre par trois en cours de Défense, un cours commun entre les Serpentards et les Gryffondors, et la jeune Weasley tenait la chandelle en les taquinant.
Après la mort de Dumbledore, David et Astoria continuèrent à s'écrire, souvent. Ils parlaient de la peur, de leurs espoirs, de leurs amis communs. Quand la famille Carmichael fut tuée, David offrit ses condoléances à Astoria, parce qu'il savait qu'elle était sortie avec Eddie. Elle faillit lui raconter le dégoût et l'incertitude, et puis finalement, elle se contenta de le remercier pour sa gentillesse et de changer de sujet. A mots couverts, ils laissaient l'autre connaître les réactions de leurs familles. Alors que les Greengrass étaient prudents mais pas mécontent, du retour de Voldemort et de la mort de Dumbledore, les Cole étaient épouvantés. Eux, ils étaient de fervents admirateurs de Dumbledore, et l'avaient toujours soutenu. Un des oncles de David était d'ailleurs sur la liste noire des Mangemorts, et fut assassiné en juillet.
Le lendemain, David rompit avec Astoria dans une lettre courte et finale, et quand les Cole quittèrent la Grande-Bretagne, il ne lui dit pas au revoir. Elle ne lui en voulu même pas.
Fin août, alors que les sœurs Greengrass achetaient leurs fournitures scolaires, il y eut une attaque sur le Chemin de Traverse. Ce fut la première fois qu'Astoria frôla la mort, et la première fois qu'elle réalisa l'horreur de la guerre, qui n'avait été jusque là que des murmures et des articles de la Gazette. La guerre, c'était les hommes masqués surgissant de nulle part, c'était les cris, les hurlements, l'odeur écœurant du brûlé et de sang : c'était les appels au secours, les rires déments, les cris d'attaque, le bruit mou d'un corps qui s'écroule. Cachée derrière un tonneau et les yeux écarquillés, Astoria vit tout. A un moment, l'un des sorts verts frappa un homme qui s'enfuyait. Le cadavre tomba à deux pas de sa cachette, et elle poussa un petit cri d'effroi.
Le Mangemort qui l'avait tué la vit. Un instant, son masque blanc fixa Astoria, sa pâleur, sa terreur, ses robes élégantes à l'écusson vert et argent, et le manuel de Métamorphose qu'elle serrait contre elle. Puis il transplana, sans rien dire, sans rien faire, et Astoria resta tétanisée jusqu'à ce que sa mère, à deux doigts de la rupture nerveuse, la retrouve derrière son tonneau.
Elle avait vu la Mort, ce jour-là.
(C'était Thorfinn Rowle, Astoria l'appris plus tard. Mais durant des années et des années, même après son mariage avec Draco, elle ne put s'empêcher de penser à ce masque blanc à chaque fois que son regard croisait celui de Lucius Malefoy.)
Europa Greengrass hurla sur sa fille pour son imprudence, une fois revenus au manoir, et Astoria fondit en larmes. Elle avait l'impression qu'elle ne pourrait jamais s'arrêter de pleurer.
oOoOoOo
Revenir à Poudlard fut, pour la première fois, une torture. Rien que le l'arrivée à la gare fut de mauvaise augure. Astoria faillit faire une crise de panique devant les calèches qui étaient soudainement tractés par des Sombrals. Il fallu que Daphnée lui explique ce qu'ils étaient (elle l'avait vu en cours l'année précédente) pour qu'Astoria cesse de paniquer et de se croire folle. Tout le trajet, Astoria resta pelotonnée entre Jonathan et Daphnée, refoulant des larmes de désespoir et un rire hystérique. Le monde lui semblait être devenu noir, sinistre et bien plus froid qu'avant.
Et ce n'était que le début.
Car à Poudlard il y eut les Carrow et la terreur. Astoria remplissait studieusement son devoir de Préfète, au début, et amenait les élèves punis chez les Carrow sans faillir. Elle se bouchait les oreilles quand ils hurlaient, et allaient chercher l'infirmière avec le cœur au bord des lèvres quand la retenue dégénérait. Elle se sentait de plus en plus mal, en remplissant sa tâche. Au bout d'un mois, elle fit comme Draco Malefoy : elle distribua retenues et heures de colles elle-même, et fit en sorte que seuls les Sang-Purs finissent avec les Carrow. Certes, ils allaient crier : mais au moins Astoria n'aurait pas à courir chercher Pomfresh parce que l'élève avait été torturé jusqu'à l'inconscience.
(Ce fut à peu près à cette époque qu'Astoria devint amie avec Draco, principalement parce qu'il acceptait toujours avec reconnaissance de discuter d'Alchimie ou de n'importe quel sujet scolaire autre que la torture. Astoria et Draco se mirent à réviser ensemble. A l'époque, cependant, il n'y avait rien de romantique entre eux.)
Astoria ne comptait plus les gamins qui fondaient en larmes dans les couloirs, ceux qui paniquaient avant d'aller en classe. La plupart des élèves passaient devant eux, gênés, ou effrayés, faisant semblant de ne pas les voir. Tracey était l'une des seules à s'agenouiller devant eux pour les réconforter, et Astoria l'admirait pour ça. De loin, elle savait que Ginny aussi enviait Tracey. Ginny pouvait se battre, griffer, crier, mentir pour ces gosses, mais elle ne pouvait pas compatir pour eux. Ginny en avait fini avec la compassion. Toute pitié lui avait été arrachée quand elle avait onze ans.
Astoria se demandait, parfois, quand sa pitié à elle était partie.
En novembre, Merlin seul sait comment, les Carrow apprirent qu'Astoria était sortie avec David Cole. Ils la firent venir dans le bureau d'Amycus, et l'interrogèrent. Où étaient les Cole ? Savait-elle qui les avait aidés ? Qui étaient leurs amis ? Ils avaient des voisins Nés-Moldus, où étaient-ils ? Que savait-elle ? Astoria nia en bloc, au début, même quand ils la giflèrent ou lui lancèrent des Maléfices Cuisants. Elle nia toujours et, comme elle n'était pas du genre à s'écraser, elle leur rugit d'aller se faire voir en enfer. Ils passèrent au Doloris, et là Astoria ne tint même pas une minute avant de leur déballer tout ce qu'elle savait. Elle leur aurait écrit des poèmes et leur aurait vendu sa sœur s'ils l'avaient demandé.
Ce fut Snape qui interrompit la séance, et Astoria ne l'avait jamais vu aussi fou de rage. Daphnée l'avait quasiment taclé dans un couloir, hystérique, pour lui dire que les Carrow avaient emmené sa sœur, elle ne savait pas où, et qu'elle allait assassiner quelqu'un si on ne lui rendait pas Astoria maintenant. Et Snape, Snape le terrible avec ses capes noires et le poids de la mort de Dumbledore dans son ombre, obéit à Daphnée Greengrass et sauva Astoria. Longtemps, elle fut incapable de comprendre pourquoi.
Le mal était fait, néanmoins. David en avait trop dit dans ses lettres, et Astoria en avait trop répété. Quatre personnes furent tués dans la semaine, tous des amis des Cole. Astoria ne dit rien en voyant leurs noms dans la Gazette. Elle ne dit rien, mais elle savait que c'était de sa faute. Ni les mots d'encouragement de Jonathan, ni le soutien de Daphnée, ni la compassion de Draco ne parvinrent à la consoler. Par-dessus la table des Gryffondor, Astoria croisa le regard de Ginny et elle eut l'impression que la petite Weasley savait.
Elle se mit à penser à la vengeance.
Aux vacances de Noël, elle rentra chez elle et testa plusieurs sorts plus ou moins noirs. Elle finit par se décider pour le Maléfice Boxeur, un sort qui frappait la victime à plusieurs points du corps avec assez de violence pour briser les os. Ce n'était pas de la magie noire, mais ça en était définitivement plus proche que les simples Chauve-Furies.
A la rentrée, Luna Lovegood avait disparue et les Gryffondors écrivaient « Armée de Dumbledore, le recrutement continue » sur les murs. Les Carrow étaient déchaînés. Jonathan subit la torture pour avoir volé des balais et permis à deux élèves Nés-Moldus de s'enfuir : Daphnée et Tracey enfermèrent dans une oubliette un Poufsouffle qui avait dénoncé un membre de l'Armée de Dumbledore aux Carrow : Draco fit mine d'ignorer Ginny Weasley qui taguait les murs. Astoria attendait son heure, patiente et glacée. Les couloirs n'étaient plus sûrs, alors elle se cantonnait à sa salle commune où elle discutait avec Draco ou Daphnée. A la bibliothèque, elle révisait un jour sur deux avec Jonathan à l'une des tables bien éclairées au milieu de la pièce : le reste du temps, elle s'installait à une table du fond avec Ginny Weasley, en silence, et quand elle le pouvait, Astoria informait la rouquine des heures des rondes des Préfets.
Fin janvier, elle plaça un Maléfice Boxeur sur le fauteuil d'Amycus, dans son bureau. Il allait s'y asseoir, seul et sans témoin, afin de passer en revue la liste des élèves fauteurs de trouble. Il n'y aurait personne pour l'aider. Les coups iraient à sa gorge, à son nez, et à son abdomen. Il y avait assez de puissance pour lui défoncer le crâne, lui écraser la carotide, et lui exploser un ou deux organes internes. Astoria avait froidement étudié la question, empruntant discrètement les livres de Médicomagie de Tracey, et elle était sûre de son coup.
Elle manqua. Amycus perdit un rein, plusieurs de ses côtes furent fracturées et l'appui-tête de son fauteuil fut pulvérisé, mais Crabbe et Goyle étaient avec lui. Amycus avait du les faire venir pour leur assigner des élèves à torturer. Ils l'emmenèrent à l'infirmerie, et passèrent à côté d'Astoria juste au moment où Amycus braillait avec incohérence qu'il allait éventrer cette sale garce de Weasley.
Ginny était à leur lieu de rendez-vous habituel, à la bibliothèque. Astoria la trouva avant tout le monde. Elle ne prit pas le temps de s'asseoir, elle se pencha juste vers elle et chuchota furieusement :
– Il faut que tu quittes Poudlard !
La Gryffondor leva un regard surpris, puis méfiant, sur la Serpentard :
– Pourquoi ?
– Parce que quelqu'un a tenté d'assassiner Amycus Carrow et il pense que c'est toi et va envoyer Crabbe et Goyle te chercher, débita Astoria d'une traite. Il faut que tu disparaisses, ils vont te tuer pour ça, et s'ils ne le font pas ça sera Azkaban !
Elle perdait son sang-froid, elle se sentait au bord de la nausée. Ginny n'avait pas l'air de se presser. La Gryffondor toisait toujours Astoria avec prudence :
– Je n'ai rien fait.
– Je sais ! craqua Astoria.
Elle se reprit, respira à fond. Ses mains tremblaient. Cette fois, quand Ginny croisa son regard, elle écarquilla les yeux avec une compréhension soudaine. Puis la Gryffondor se leva d'un bond et attrapa le bras d'Astoria, l'entraînant vers la sortie d'un pas ferme mais posé, comme s'il n'y avait rien d'anormal.
Elles se séparèrent deux couloirs plus loin. Astoria promit de protéger les élèves autant qu'elle pourrait : Ginny promit d'être prudente. Puis la rouquine disparue en direction du septième étage, et on ne la vit plus guère que la nuit. La jeune Weasley se mit à vivre dans la Salle sur Demande, et à rendre la vie des Carrow encore plus infernale. Astoria la croisait, parfois, durant ses rondes. Elles échangeaient un sourire de connivence et continuaient leurs chemins respectifs sans rien dire.
(Ginny rentra chez elle aux vacances de Pâques, de cela Astoria était sûre. Après, les Weasley disparurent. Astoria garda la tête haute et ne pleura pas. Elle avait appris depuis longtemps à refouler les larmes.)
Astoria ne se joignit jamais à l'Armée de Dumbledore. Neville le lui offrit, quand il la croisa un soir dans un couloir désert. Il lui dit que Ginny l'aimait bien, qu'il savait ce qu'elle avait fait pour elle. Astoria le regarda longuement. Tracey et Daphnée avait la trempe pour ce genre de rébellion. Astoria avait encore une boule dans la gorge quand elle pensait aux adieux brefs de David, elle tremblait en imaginant ce masque blanc qui la fixait de l'autre côté du Chemin de Traverse, et elle cauchemardait toujours au sujet des Carrow lui lançant le Doloris. Elle secoua la tête et se contenta de dire qu'elle n'était pas Ginny Weasley.
Astoria plaça plusieurs autres Maléfice Boxeurs sur les sièges des Carrow, et même sur celui de Snape, après qu'il ait laissé sans rien faire Alecto jeter un sort de magie noire sur Jonathan. Astoria ne visait plus à tuer, comme elle l'avait fait la première fois. Elle ne pensait pas qu'elle en aurait le cran, de toute façon. Non, elle voulait leur faire mal, elle voulait qu'ils souffrent. Weasley, crachaient les Carrow après chaque attaque. Weasley, ou Londubat, c'est forcément eux. Astoria restait en retrait et si parfois Jonathan, Draco, Blaise ou Daphnée lui lançaient un regard entendu, elle se contentait de hausser un sourcil.
Quand Harry Potter revint, Astoria voulu aller vers lui et lui demander où était Ginny, si elle allait bien. Elle n'en eut pas le temps : la foule les avait séparés. Les Serpentard se dirigeaient vers leur salle commune, et Astoria leur emboita le pas. Et puis quelqu'un appela son nom, et elle vit Jonathan lui faire signe, baguette brandie et un air de détermination sur le visage.
Astoria et Jonathan combattirent côte à côte cette nuit-là, jusqu'à ce qu'un sort vert ne fauche le jeune Serdaigle. Il tomba exactement comme l'homme abattu sur le Chemin de Traverse, et Astoria hurla comme elle n'avait pas été capable de hurler là-bas, comme elle n'avait pas été capable de hurler depuis le premier jour de ce calvaire. Elle lança des Impardonnables, des sorts noirs, un déchaînement de magie. Finalement, ce fut l'un de ses fameux Maléfices Boxeurs qui abattit le Mangemort responsable, mais Astoria continua à hurler encore et encore, tombant à genoux près du corps de Jonathan, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus de voix et que ses hurlements deviennent sanglots.
Après la Bataille, tandis que Daphnée caressait le dos de sa petite sœur qui pleurait aux côtés de Jonathan, Ginny vint les voir et étreignit Astoria sans un mot.
Plus tard, quand Astoria tomba sur Draco, ils s'arrêtèrent net tous les deux. Astoria avait les yeux rouges, mais secs. Ce fut sur le visage de Draco que coulèrent les larmes, et ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre en riant et en pleurant, incrédules, terrifiés, soulagés, désespérés.
– Je suis désolé, je suis tellement désolé, hoquetait Draco.
– Je croyais que tu étais mort, sanglota Astoria. Je croyais que tu étais mort !
Draco émit un rire étranglé, essuyant en vain son visage sur lequel les larmes ne cessaient de dégringoler :
– Bien sûr que non, tu me prends pour un idiot ?
– Oui, rit Astoria en cherchant un mouchoir dans ses poches. Je te prends pour un idiot.
Ce fut Draco qui lui tendit un mouchoir, un mouchoir blanc brodé à ses initiales en lettres émeraude comme au siècle dernier. Astoria ne tomba pas amoureuse de lui à ce moment-là : ça lui viendrait plus tard, avec le temps. Mais trente ans plus tard, elle a toujours ce fameux mouchoir, ce carré de tissu immaculé sur lequel elle avait essuyé ses larmes de deuil et de bonheur mêlés.
.
.
A suivre !
Qu'est-ce que vous en dites ? =D
