Note de l'auteure : Et voilà un nouveau chapitre ! Il est assez semblable au chapitre 10, « quelques réflexions », en cela qu'il se penche sur quelques éléments auxquels j'ai pas mal réfléchi. On va parler des Malefoy d'avant Lucius (Le père d'Ophéliana, son frère, Corvus l'Animagus, Clélia Malefoy…), mais aussi du monde sorcier actuel et plus spécialement des Maisons ! En particulier Serdaigle, ici x)
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Mais d'abord... Les réponses aux reviews !
Salut Lulu-folle ! Oui, les Serpentards sont tous différents... Il y en a de sgentils, des agressifs, des romantiques, des loyaux, des braves... Astoria est une Serpentard à part. Comme de nombreux autres !
Ah ah, Marie la petite, mes précédentes fics te feraient un choc ! Dans le Parfum je prend parti pour les Serpentards, sans excuses ni compromis pour les Gryffondor. Et dans Renouveau, les Weasley en prennent plein la tronche xD Quelques faits est ma fic la plus posée, sans doute parce qu'il s'agit d'une analyse plus que d'un récit, où il serait facile de se laisser emporter...
Merci Rose-Eliade ! J'espère que ce chapitre là (et les suivants) te plairont tout autant =D
Hey Carminny ! Oui, ça aurait pu être plus joyeux x) Mais l'année des Ténèbres a été rude pour tout le monde... Même pour Astoria, Serpentard et Sang-Pure. Elle est trop gentille. Et pauvre Jonathan quoi... Enfin, j'espère que ça t'a plu !
Coucou Mayoune ! Oui, cette fic est en fait une pile de réfléxions et de headcanons plus qu'un véritable récit. Même, si, okay, il y a une histoire en filigramme. Mais c'est plus de l'analyse et de la méta qu'autre chose. Et je suis contente qu'Astoria gagne des points x) Elle est géniale cette fille. On peut inventer tout ce qu'on veut sur elle, JKR nous a donné le champ libre !
Yo, ! Ah ah, Doctor (apparemment ton pseudo ne passe pas en plus) t'as pleuré à Poufsouffle ? x) Cette Maison est géniale quand même. J'ai un côté Poufsoufflien que j'assume parfaitement, et ça se voit x)
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Note de l'auteure : J'ai ENFIN pu écrire mes pensées sur Severus Snape. L'opinion est très divisée dans le fandom à son sujet. Etait-il un héros ? Un odieux connard ? Un incompris ? Un mec glauque obsédé par une femme assassinée, ou un ami loyal au-delà de la mort ? Du coup, j'ai pris le point de vue de Lucius sur la chose pour rétablir la vérité. Le débat qui m'a donné le coup de pouce nécessaire est crédité dans le disclaimer, mais les faits (comme la méchanceté de James après Poudlard ou l'amour platonique de Snape et Lily) sont des faits canons de la grande JKR.
Enfin bref. De toute façon, tous les personnages sont toujours sujets à débat. Sirius, James, Remus, Peter (aaah, Peter, je rêve d'en savoir plus sur ce rat) : Snape, Lucius, Dumbledore, Minerva, etc. Alors n'hésitez pas à exprimer votre avis en commentaire !
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Disclaimer ! L'inspi du kiwi :
Un long post (Tumblr, ivorytowermind et dominique-inique-inique) sur Serdaigle.
« Renouveau », ma fic, pour Vincent Sterling et Thomas Hestivon.
Un post (Tumblr, Socialmediasocrates) sur les rapports des différentes Maisons avec les règles.
Un long post (Tumblr, shady-brain-farm et snaps7) pour Severus Snape.
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Voilà ! Et à partir du prochain chapitre (qui s'appellera "le mariage"), j'aurai un nouveau Bêta ! Ceux qui lisent Renouveau connaîtront peut-être Doctor, le créateur de Kethoum x)
Bonne lecture !
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Idées préconçues
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Le monde sorcier était plein d'idées préconçues sur tout. Sur les Gobelins. Sur les Nés-Moldus. Sur l'or, l'argent, la mode. Sur les Moldus. Sur les pays voisins. Sur le reste du monde. Sur les différentes Maisons, sur les politiciens, sur le Ministère, sur certaines familles, sur les elfes de Maisons.
Le monde sorcier était plein d'idées préconçues mais parfois les gens ouvraient les yeux. Ils réalisaient que les Moldus avaient fait de belles inventions ou que tel ou tel politicien n'était peut-être pas si mal, au final. Alors les Malefoy, qui comme tous les sorciers avaient eu leur lot d'idées préconçues, avaient aussi ouvert les yeux. Chacun à leur rythme, chacun à leur époque. Bien souvent, la Maison Malefoy étant une composante prééminente de la société, cette révélation s'était alors propagée.
Le monde sorcier était plein d'idées préconçues. Du moins jusqu'à ce que quelqu'un se donne la peine de regarder au-delà.
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Au 11ème siècle, il était communément admis que les Gobelins et les sorciers pouvaient faire affaire occasionnellement, mais qu'une entente durable était clairement impossible. Ils avaient des notions de propriété bien trop différentes.
Claudius et Guillaume étaient les troisième et quatrième enfants d'Armand Malefoy, et furent parmi les moins connus. Claudius Malefoy (le père de la célèbre Ophéliana qui chassa un dragon à elle seule) était un Serpentard songeur et réfléchi. Son frère Guillaume, ainsi nommé en l'honneur de Guillaume le Conquérant, était un Poufsouffle beau parleur et avide de nouveautés. Entre leur frère Leo qui attirait toutes les lumières, leur frère Ariarathe concentré sur ses recherches et son ambition, et leur sœur Estella qui brillait en Sortilèges, Claudius et Guillaume semblaient presque quelconques.
Ils furent les premiers à établir un accord de commerce véritable avec les Gobelins, grâce au sens des affaires de Claudius et à la culture des Gobelins que possédait Guillaume. Leur père Armand leur donna quelques conseils, également : en France, il avait déjà eu affaire aux Gobelins et connaissait donc leurs principes. La famille Malefoy, quelques années après, servit d'entremetteur, permettant à d'autres familles aisées de passer commandes aux Gobelins pour des travaux d'orfèvrerie. Certes, Gobelins et sorciers ne furent jamais vraiment réconciliés, et cela n'empêcha pas les guerres futures d'avoir lieu : mais Claudius et Guillaume Malefoy sont, dans les registres des Gobelins, les premiers humains à être désignés comme des partenaires commerciaux, et non comme des escrocs.
De nos jours, plus personne ne penserait à dire que Gobelins et sorciers ne peuvent faire affaire, tant cette idée est devenue commune. Et pourtant, si Claudius et Guillaume n'avaient pas tenté l'aventure, il n'y aurait même pas de banque Gringotts sur le Chemin de Traverse !
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Au 18ème siècle, perpétuer la lignée devait être la priorité absolue pour un Sang-Pure, et plus spécialement pour les femmes Sang-Pures, qui étaient guettées par leur horloge biologique… Alors il n'était pas envisagé qu'une Sang-Pure (ou un Sang-Pur d'ailleurs, quoique la pression sociale soit un peu moins forte pour les hommes) ne se marie pas et se consacre à son ambition politique.
Eh bien, c'était avant que Clélia Malefoy, laissant sa sœur Daphnée épouser un charmant jeune homme de la lignée Hawking, ne décide de faire exactement ça. Elle fit des alliances économiques, passa des accords, négocia avec des Gobelins et signa même un traité avec des êtres de l'eau. Elle était une oratrice brillante et une femme extrêmement charismatique, en plus d'être intelligente et rusée. Sa sœur Daphnée était très fière, son petit frère Eléazar était atrocement jaloux.
Clélia grimpa tous les échelons de l'échelle sociale, clamant qu'elle ne perpétuerait la lignée des Malefoy que quand elle aurait satisfait son ambition. Elle finit Manitou, c'est-à-dire l'une des plus proches Conseillères du Ministre, un poste que Lucius Malefoy occuperait plus tard. Elle épousa un Sang-Mêlé irlandais du nom d'Oswald Tuathail, et leur fils, premier Sang-Pur du nom, fonda la Maison des Tuathail. Cette Maison devint l'une des plus puissantes d'Irlande.
Ils disaient qu'une femme ne pouvait avoir le pouvoir. Ils changèrent d'avis après avoir rencontré Clélia Malefoy.
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Au 14ème siècle, il était admis que vivre aux alentours d'un sorcier vous protégeait des malédictions telles que les épidémies ou les catastrophes naturelles. A l'époque de la peste noire, des tas de Moldus se réfugièrent dans les villages peuplés de sorciers et furent souvent épargnés par la maladie : cette idée avait donc peut-être un fondement.
Nicholas Malefoy vivait entouré de métayers Moldus qui le harcelaient de plaintes sur l'état des récoltes ou bien le fait que ses fils (deux turbulents Gryffondors, jumeaux et gâtés) séduisaient leurs filles. La plupart des plaintes étaient fondées : Nicholas était un poltron et détestait la confrontation. En revanche, il était irritable, rancunier, et… Il était doué avec les Charmes des Animaux. Quelques rats contaminés amenèrent la peste chez les Moldus qui lui cassaient les oreilles, et il élimina ainsi ses métayers sans le moindre état d'âme.
La rumeur selon laquelle la présence des gens magiques était protectrice se tarit bien vite.
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La plus stupide des rumeurs à parvenir aux oreilles de Corvus Malefoy fut que sa famille était mauvaise en métamorphose.
C'était une idée assez répandue parmi les enseignants à Poudlard, en 1512, quand il commença sa scolarité. Après tout, ces professeurs avaient vu passer son père, son oncle, sa mère, ses deux grand-pères, et tous avaient été nuls dès qu'il s'agissait de transfigurer quoi que ce soit. Le père de Corvus, Lowell Malefoy, avait été un Serdaigle brillant dans de nombreux domaines : mais la Métamorphose avait été sa bête noire. Il avait tout juste passé son examen des BUSES, et spectaculairement raté ses ASPICS.
Corvus fut incroyablement offensé quand, lorsqu'il rata sa transformation d'une brindille en aiguille lors de son tout premier cours, son enseignant lui dit qu'il n'avait sans doute pas ça dans le sang. Ledit enseignant ne lui assigna même pas de devoirs, assumant simplement que Corvus était une cause perdue.
Corvus Malefoy devint Animagus avant sa cinquième année, s'enregistra au Ministère en faisant bien savoir à tout son entourage ce qu'il avait réussi, puis demanda à ce que son professeur de Métamorphose soit viré pour incompétence. Le Ministre de l'époque, absolument mort de rire, approuva de tout cœur : et Lowell Malefoy fit pression avec enthousiasme auprès du Conseil d'administration pour que la directrice de l'époque renvoie cet enseignant démoralisateur. Finalement, elle céda, et le professeur si indifférent dut plier bagages.
Parfois les idées préconçues heurtaient l'ego des Malefoy.
Ça ne se passait pas bien pour les idées préconçues.
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Mervyn Malefoy était le fils aîné de Phinée Malefoy, celui qui instaura les cours de Défense à Poudlard et siégea au premier Conseil d'administration. Contrairement à son père Phinée, un Serpentard tenace et plein d'idées, ou à son petit frère Richard, un Serdaigle créatif et intelligent, Mervyn Malefoy était un Gryffondor beau, populaire et incroyablement vain.
Il était dit que les Malefoy étaient ambitieux, mais Mervyn n'avait pas d'aspirations plus grandes que de se faire une nouvelle coupe de cheveux.
Mervyn vécut au 13ème siècle, une période agitée chez les sorciers, et il aurait fait un très mauvais héritier. Il était à peu près aussi spirituel qu'une brique et avait le sens politique d'une chouette décédée, comme le disaient les familles rivales à qui voulait l'entendre. Richard tirait les ficelles depuis les coulisses tandis que son frère se prélassait. Les Black, les Nott, les Ollivander, les Londubat et les Potter se préparaient au désastre. Alors quand Mervyn épousa Ariane Prewett, une jeune femme caractérielle, les gens espérèrent que cela secouerait un peu ce mollasson narcissique de Mervyn.
Ça le secoua tellement que, deux mois après le mariage, Mervyn disparut.
Longtemps, on crut qu'il avait été assassiné par son père exaspéré, ou par son frère désireux de prendre sa place. Il fut révélé presque cinquante ans après que Mervyn avait juste plié bagages et était allé vivre près de la Méditerranée, où il passa des jours heureux et insouciants pendant près de trente ans, avant de se faire poignarder dans une ruelle sombre par un clochard Moldu qui voulait lui prendre son argent.
Les Malefoy firent comme si Mervyn n'avait jamais existé. Il dérogeait terriblement à cette certitude acquise selon laquelle les Malefoy étaient destinés, sinon à la grandeur, du moins au succès. Et parfois, les idées préconçues arrangeaient bien les Malefoy…
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Il y avait une idée reçue assez stupide à Poudlard. Une certitude selon laquelle la salle commune de Serdaigle était un endroit tranquille pour lire. C'était très loin d'être vrai. A vrai dire, Scorpius était complètement sidéré qu'on puisse même envisager que sa salle commune soit un lieu paisible. Certes, la pièce était spacieuse et lumineuse, avec des fournitures légères. Mais c'était moins pour l'esthétique que parce que les élèves devaient être en mesure d'ouvrir les fenêtres et de jeter dans le vide les trucs qui partaient hors de contrôle quand ils expérimentaient dans la pièce.
(L'expérience d'Al avec le Charme de Vitalité sur la table basse avait durablement terrorisé les premières années quand le meuble s'était mis à se gondoler, à grandir des cornes, et à bondir dans tous les sens dans la salle comme un cheval fou…)
Les Préfets avaient systématiquement les mains pleines, car des bagarres éclataient régulièrement sur le fait que « "post ergo propter hoc" n'est pas un argument légitime, Diana ! » et « Tu penses vraiment que les cartes astronomiques d'Hestia sont meilleures que les miennes ?! Mais quel genre d'ami est-ce que tu es ? ». Ce qui était un boulot à temps plein.
Albus et Scorpius ne se disputaient jamais entre eux, mais ils avaient leur part de concours de hurlements quand Molly Weasley deuxième du nom ou bien Vincent Sterling décidaient de lancer un débat sur l'Histoire, la thèse d'un doctorant en Sortilèges qui venait de sortir, ou bien les mouvements des planètes. Plusieurs fois par an, il arrivait que ça tourne presque au duel. Les Préfet résolvaient l'affaire en ordonnant aux belligérants d'aller à la Bibliothèque consulter leurs sources. Si duel il y avait, alors, ça se passait à coup d'arguments sifflés à mi-voix dans la Bibliothèque, par-dessus une table couverte de bouquins.
Bien sûr, tout ce trouble était déjà conséquent. Mais ça, c'était sans compter le fossé qui séparait les Serdaigle de la vieille école, et les sarrasins nouveau-monde-nouveau-Serdaigle qui envoyaient au diable les vieilles conventions magiques et innovaient avec des trucs interdits et dangereux mais tellement fun, comme par exemple le Voodoo. Et cette lutte entre leurs deux méthodes était très difficile à contrôler, surtout quand le professeur Flitwick n'arrivait non seulement pas à les arrêter, mais décidait en plus de se joindre à la fête !
Et ce n'était pas le pire. Les Serdaigle étaient des élèves avides de connaissances, qui aimaient théoriser, argumenter, expérimenter. Ils avaient une certaine fierté dans leur intelligence… Et les choses ne se passent pas bien quand on a quatre-vingt personnes dans une même pièce, essayant toutes de démontrer leur supériorité et leur domination intellectuelle.
Oh, les Serdaigles pouvaient s'admirer et se respecter mutuellement. Ils avaient aussi beaucoup de plaisir à travailler ensemble, et certains étaient très sociables et avaient un grand nombre d'amis. Mais voilà, ils étaient des Serdaigle, et ils étaient aussi tous différents. Certains aimaient vraiment, vraiment avoir raison. Mais ils aimaient aussi se voir démentis, parce que changer sa vision du monde était incroyablement excitant. Et puis, il y avait une grande quantité d'ego impliqué dans le fait d'être considéré comme un génie. Du coup, il existait aussi un certain dédain pour ceux qui déclaraient "humblement" n'être que des chercheurs de vérité. Molly Weasley, Vincent Sterling, Thomas Hestivon, Camilla, Kathleen, Alfonso…
Et puis bien sûr, il y avait ceux qui disaient qu'il n'y avait pas de vérité : et que ça voulait dire pas de règles, le chaos, l'infinité de possibilité. Scor et Al étaient de ceux-là.
Il y avait une grande pièce cachée sous la salle commune, accessible par un passage derrière le buste de Rowena Serdaigle : une pièce où chaque élève de septième année devait laisser son livre préféré avant de quitter Poudlard. Il y avait des livres jusqu'au plafond, dans cette pièce. Des grimoires, des manuels : des recueils de poésies, des thèses de Métamorphose : mais aussi des romans, des sagas de fiction, et depuis quelques années, des fanfictions imprimées sur des feuilles A4 soigneusement agrafées entre elles. Des livres, de toutes les sortes : des tas de livres. Sur la matière, l'espace, le destin, le hasard, les probabilités, l'éthique, la morale, les expériences, l'aventure, le tabou.
(La salle était interdite d'accès à partir d'une certaine heure, car sinon les élèves y auraient passé leurs vies.)
Alors, bien évidemment, il y avait (et ça, tout le monde y passait à un moment où un autre) les Serdaigle qui passaient par des crises existentielles toutes les deux semaines à cause de ce qu'ils lisaient.
Comment ça on a des devoirs ? Je peux pas, j'essaie de comprendre si des moyens de tortures alternatifs sont plus éthiques que le Doloris ! Et si c'est le cas, pourquoi ils ne sont pas juridiques ?!
Ok, l'entraînement de Quidditch est ANNULÉ parce que je dois comprendre pourquoi le Quidditch est divisé entre les MAISONS !
Non je ne peux pas aller en Runes, je suis trop bouleversée. Vous vous rendez comptes, ces chasses aux sorcières aux Moyen-âge, c'était…
Vous pensez qu'on est seuls dans l'univers ?
Pourquoi notre monnaie est tellement illogique, ça ne peut pas être la faute des Gobelins, ça doit être les sorciers qui sont stupides…
D'où vient notre magie ?! Est-ce que c'est transmis par les gènes ? Mais ça peut également sauter une génération, c'est aléatoire, comment l'expliquer, est-ce dans nos corps, nos esprits, QUELLE EST L'EXPLICATION ? NON JE NE ME CALMERAI PAS !
Si tu fais disparaitre un objet et ensuite que tu conjures le même à nouveau, c'est la MÊME CHOSE ! Ça veut dire que l'essence est la même ! COMMENT C'EST POSSIBLE. J'AI FAIT DISPARAITRE ET REAPPARAITRE CE MÊME COUSSIN TROIS FOIS ET C'EST LE MÊME, CE COUSSIN A RUINÉ MA VIE.
La vie était animée chez les Serdaigles. Scorpius Malefoy n'avait aucune idée de pourquoi, après tous les gens qui étaient allés dans cette Maison, les sorciers s'obstinaient à croire que Serdaigle était un refuge pour les gens studieux.
– Je crois que les gens sont simplement stupides, dit-il un jour à Al.
Le jeune Potter hocha gravement la tête :
– N'est-ce pas une certitude acquise ?
– Si j'étais vous, je me méfierais des idées reçues, les informa tranquillement Thomas Hestivon en passant à côté d'eux.
Le jeune Malefoy s'en étrangla d'indignation.
…
Quand il s'agissait d'idées reçues sur les Maisons, Orion et Callistia en avaient également leur lot. Venant des deux Maisons les plus impopulaires et s'évertuant à les réhabiliter, ils discutaient souvent des traits qui définissaient les gens de Gryffondor, Serpentard, Serdaigle ou Poufsouffle, faisaient la part des bonnes et des mauvaises choses.
On disait que les Gryffondor respectaient les règles, ne les brisant que dans un élan d'abnégation, pour faire ce qui était juste. En réalité, c'était bien plus simple : les Gryffondors n'en avaient rien à faire des règles. La plupart d'entre eux n'en avaient même rien à faire des gens. Ils se préoccupaient seulement de la justice. Bien ou mal, blanc ou noir, il n'y avait pas de zone de gris avec eux. Si c'est juste, c'est toujours bien : si c'est injuste, alors c'est Mal. Le caractère impitoyable d'Hermione Granger-Weasley ou de son fils Hugo faisait forcément d'eux des Gryffondor. Ils étaient toujours absolument sûrs d'être du bon côté de la justice quoi qu'ils fassent, et c'était un trait typique de leur Maison.
(Le monde aurait été bien différent si Sirius ou James s'étaient remis en question, si Hermione avait cherché à analyser et à s'adapter aux coutumes sorcières au lieu d'essayer d'imposer sa justice, si Dumbledore s'était un peu plus préoccupé des gens. Mais ils n'auraient sans doute pas changé le monde…)
Les Serpentard étaient appelés tricheurs, menteurs, égorgeurs, traîtres. Idée reçue et idée mensongère… Parce que même si les Serpentard pouvaient eux aussi être impitoyables, ils se souciaient des règles. Leurs propres règles, habituellement, mais des règles quand même. Ils s'imposaient à eux-mêmes des limites, des paramètres à respecter pour fonctionner et avancer dans la vie. Si quelque chose violait leur propre code de conduite, alors ils ne le faisaient pas. Même Voldemort, tout psychopathe qu'il était, n'avait pas brisé son propre code de conduite : il avait violé chaque règle et chaque loi du monde sorcier, mais pas les siennes. Parce que les Serpentard prenaient les règles incroyablement au sérieux.
Les Serdaigle étaient appelés rats de bibliothèques, conformistes, ennuyeux. Ça faisait bondir Scorpius au plafond et sa fratrie comprenait le sentiment. Les Serdaigles détestaient les règles, et ça faisait d'eux la Maison la plus dangereuse de tout Poudlard : parce qu'ils étaient intelligents, et créatifs et ambitieux et fiers, et que quand ils craquaient, ils n'avaient aucune inhibition. Il n'y avait qu'à voir Scorpius et Albus et leurs expériences, ou Megane Olson et ses sorts hasardeux. Les Serdaigle avaient un potentiel de destruction quasiment illimité.
Et puis il y avait les Poufsouffle : c'était là que le préjugé était le plus fort, parce qu'il était extrêmement confortable. Et ça, Callistia ne le supportait pas. Les Poufsouffle mettaient l'accent sur l'équité, ils disaient que si les règles du jeu étaient justes, alors tout irait bien. Les gens entendaient ça et pensaient que les Poufsouffle étaient des mauviettes. Des moutons. Ils les pensaient timides, craintifs, peu sûrs d'eux. Alors qu'en réalité, les Poufsouffle n'étaient rien de tout ça.
Certes, les Poufsouffles étaient gentils, tolérants, amicaux, c'était vrai : mais les Poufsouffle étaient aussi entièrement prêts à combattre le premier qui oserait essayer d'arnaquer le monde. Les Poufsouffle se défendaient, eux-mêmes mais aussi les autres gens, et ils se battaient jusqu'à ce qu'ils tombent raides morts, et ça rendait Callistia folle de rage de voir que ce trait était attribué aux Gryffondor. Parce que la grosse différence, c'était que les Gryffondor croyaient en l'idée de « pertes acceptables », et que les Poufsouffle vous fracasseraient le crâne pour ne serait-ce que suggérer une idée aussi répugnante. Pour les Poufsouffle, il n'y avait pas de pertes acceptables. Toute perte de vie était complètement inacceptable.
Beaucoup de gens parlaient de stéréotypes de Maisons, et puis perpétuaient ces idées reçues quand même. Eh bien, Scorpius, Callistia et Orion n'étaient pas de ceux-là. Ils étaient réalistes.
Les Gryffondor n'étaient pas nécessairement des chevaliers en armure étincelante, les Serpentards n'étaient pas forcément de cruelles crapules, les Serdaigles étaient beaucoup plus que simplement intelligents, et Poufsouffle était la Maison que vous ne vouliez vraiment pas vous mettre à dos.
Franchement, ce n'était pas si dur à comprendre !
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Lucius Malefoy était un tueur. Il était froid, posé, efficace, intelligent, calculateur. Les gens le savaient. Sur son passage on murmurait « Mangemort » et on maudissait le Ministère qui laissait vagabonder un assassin.
Mais Lucius Malefoy n'était pas un monstre.
Mis à part les membres de sa famille, personne n'y pensait. Ils songeaient tous que Lucius était un être de glace et de pure méchanceté, raciste et cruel, incapable d'amour. Les Greengrass avaient refusé de le rencontrer durant des années, après la chute de Voldemort. Andromeda aussi, et elle avait enjoint à Teddy de faire de même (bien sûr, le gamin avait vite transgressé l'interdiction, et Lucius avait concédé que le petit garçon n'était peut-être pas un cas désespéré. Il était malin, et il adorait Draco : deux bons points pour lui).
Lucius était capable de tuer de sang-froid, de se battre, de ramper, de supplier, de torturer. Il était capable de sombrer plus bas que beaucoup d'autres hommes. Mais Lucius était aussi capable d'amour, d'empathie, de compassion. Lucius était un Mangemort mais il était aussi un père, un ami, un mari, un camarade, un homme.
Lucius aimait sincèrement Narcissa et Draco. Vraiment. Son mariage avec Narcissa était un mariage d'amour, un mariage pour lequel Lucius avait supplié le Seigneur des Ténèbres, pour lequel il avait poussé toute une génération de Sang-Purs à prendre la Marque. Quant à Draco, son fils unique et héritier, Lucius l'avait choyé et adoré de toutes ses forces. Si une personne était capable de faire changer d'avis Lucius sur les théories puristes, ça aurait été Draco : parce que son fils comptait plus que tout le reste, à ses yeux.
(Draco était un odieux sale gosse raciste, cependant, alors pour la rédemption, c'était raté. Quand Draco s'adoucit et se modéra dans ses opinions politiques, lui et son père avaient pris leurs distances, et il était trop tard pour espérer faire changer d'avis ce dernier…)
Lucius était un mari, un père, et un grand-père. Il aimait sa femme, il aimait son fils, il appréciait même l'intelligence acérée de sa belle-fille. Il aimait la vivacité d'esprit et la créativité de Scorpius, il admirait la férocité et la puissance de Callistia, et il était fier de la ruse et de l'intelligence d'Orion. Ils étaient sa famille : Lucius avait beau avoir enterré ses rêves de grandeur et ses talents en magie noire, il n'aurait pas hésité un seul instant à les utiliser de nouveau pour eux.
Lucius était un tueur, après tout.
Mais il avait aussi été un jeune homme, un élève, un ami, un rêveur. Un garçon qui prédisait son avenir amoureux en Arithmancie et sautillait dans les couloirs, qui arbitrait les disputes de dortoirs et réconfortait les premières années harcelées (avant d'envoyer les Préfets faire la peau aux Gryffondor suspectés). Il avait été un étudiant concentré et déterminé qui brillait en Sortilèges et en Défense, et que Slughorn adorait autant pour son nom de famille que pour son talent. Il était un jeune homme ambitieux, rêvant de succès et de gloire : et il était un ami dévoué, qui avait soutenu Goyle et Selwyn en cas de coups durs, qui avait offert sa protection à Severus Snape.
Ah, Snape. Parfois Lucius était étonné de l'incompréhension flagrante qu'avaient les gens de son vieil ami, même après que Potter ait révélé ses motivations.
Nombreux étaient ceux qui disaient que Snape était un héros. Ils n'avaient pas vraiment tort, Severus avait toujours été incroyablement courageux et dévoué : mais il avait aussi été amer et aigri, tyrannisant cruellement des enfants et des adolescents durant des années. Snape était un héros, certes. Mais il n'était certainement pas un saint. Il avait à peine moins de sang sur les mains que Lucius.
D'autres disaient que Snape était un odieux connard et refusaient de lui donner des excuses. Ils disaient que Snape voulait seulement coucher avec Lily Evans et qu'il était pathétique de s'accrocher alors même qu'elle l'avait rejeté. Ils disaient que Snape se moquait de laisser Voldemort tuer Harry et James, qu'il voulait juste sauver Lily. A ceux-là, Lucius avait envie de rire au nez.
La seule personne à croire que l'amour de Severus pour Lily était purement physique, c'était Voldemort. Severus et elle étaient inséparables depuis leur enfance : ils avaient évidemment une connexion émotionnelle. Leur amour était platonique et peut-être même romantique, mais en rien charnel. Pour penser que Snape bavait juste sur le corps d'Evans et que c'était la raison de son dévouement, il fallait avoir une compréhension de l'émotion humaine à peu près comparable à celle de Voldemort.
Severus aimait Lily. Il était détesté par ses parents à cause de sa magie, détesté par son voisinage à cause de son apparence physique disgracieuse : et à Poudlard, les quatre stars de l'école l'avaient pris en grippe. Severus n'avait que Lily. Lucius avait honnêtement cru, au début, qu'il n'y avait aucune chance que Snape rejoigne les Mangemorts : il avait juste protégé ce gamin sinistre et graisseux parce qu'il était un Serpentard, et que les Serpentard se serraient les coudes.
Lucius avait quitté Poudlard quand Snape était en troisième année, et il n'avait eu vent de ce qui se passait à l'école que grâce à Narcissa, puis à Regulus. Snape était amer et triste, mais il n'était pas anti-Moldu : il ne pouvait pas l'être, avec son amitié pour Lily. Mais les Maraudeurs le pourchassaient, le battaient, l'humiliaient sans cesse : et Severus avait besoin de protection. Les seuls qui voulaient bien s'opposer aux Maraudeurs étaient les Serpentards en voie pour devenir Mangemorts. Rien d'étonnant si Severus se mit à les suivre, à acquiescer à ce qu'ils disaient, à faire ses devoirs avec eux. Quand il était dans leur entourage immédiat, il était moins susceptible d'être agressé.
Sans les Maraudeurs, Snape ne serait jamais devenu un Mangemort. Pour Lucius, c'était évident. Même sans connaître l'histoire du Saule Cogneur et de la mauvaise blague de Sirius, il savait que les Maraudeurs auraient tué Severus un jour, pour rire. Il ne comprenait pas comment ça pouvait être une notion aussi abstraite pour le reste des gens.
(Imaginez-vous dans un pensionnat où vous échappez à une famille pauvre et abusive, un pensionnat magique qui vous émerveille. Imaginez-vous que les quatre chouchous des profs vous suivent, vous insultent, vous frappent, vous humilient, vous déshabillent devant l'école entière. Ils n'ont pas de raison. Ils trouvent juste ça drôle. Vous n'avez pas de proches amis ou parents riches pour vous protéger, contrairement à eux. Les profs se détournent de cette violence qui vous détruit, et se contentent de rire en disant qu'il s'agit de gamineries. Est-ce que vous ne chercheriez pas le soutien des gens de votre dortoir ? Certes, les Serpentards étaient bigots et leurs idées étaient dérangeantes. Mais ils étaient les seuls à vouloir protéger Snape, et franchement sans eux, il serait mort avant ses dix-sept ans.)
Lucius ignorait pourquoi Severus et Lily avaient coupé les ponts. Il pouvait le deviner cependant. Lily était brillante, promise à un avenir radieux, mais Snape était rejeté et détesté. Elle était Gryffondor et quasiment destinée à rejoindre l'Ordre, tandis que les Mangemorts resserraient leur prise sur Severus. Et surtout, elle avait quinze ans et vivait dans le dortoir des Maraudeurs, et elle devait en avoir assez, assez de leur harcèlement. Son amitié avec Severus, qui s'effilochait et se parsemait de disputes de plus en plus fréquentes, ne valait tout simplement pas le coup. Elle avait d'autres amis : des amis que ses parents approuveraient, des amis qui étaient moins irascibles, qui ne fréquentaient pas de Mangemorts, qui ne seraient pas vus par les Maraudeurs comme une menace. Lily avait quinze ans et elle en avait assez : elle n'avait pas la résistance ou le désespoir de Severus, et elle avait craqué.
Avec le temps, Lily aurait repris contact, Lucius en était sûr. Severus et elle étaient trop liés pour qu'il en soit autrement. Mais Voldemort était intervenu, et tout espoir de réconciliation avait été détruit avec la vie des Potter.
Lucius était estomaqué d'entendre dire que les gens croyaient toujours que Snape avait trahi Voldemort uniquement à cause de son obsession avec Lily. Ce n'était pas vrai. Severus avait rejoint Voldemort par peur et colère et désespoir, pour survivre à ses dernières années à Poudlard. Une fois hors de l'école, Severus aurait voulu se faire la malle en Australie ! Il était trop fier, pas assez Puriste, pas assez pur : il voulait faire des potions et des découvertes, pas ramper devant un psychopathe. La seule raison pour laquelle Snape n'avait pas quitté les rangs des Mangemorts, c'était qu'il craignait pour sa vie. Les traîtres étaient traqués sans pitié. Mais quand Lily avait été menacée… Il avait voulu la sauver, elle et sa famille. Peu importait qu'il y laisse sa peau.
Lucius ne savait pas comment ça s'était passé. Il ignorait que Snape était allé voir Dumbledore et que comme les premiers mots à sortir de sa bouche étaient relatifs à Lily, Dumbledore avait assumé que Snape était un monstre qui ne se souciait pas de James ou Harry, et s'était alors mis à insulter Severus. Mais Snape n'avait jamais été un monstre. Il avait été un petit garçon taciturne et renfermé, puis un adolescent traumatisé et furieux, puis un jeune homme désespéré et en colère : mais jamais un monstre. Jamais. Il n'aurait peut-être pas sauvé James, peut-être, mais Harry ? Il aurait sauvé Harry. Ce n'était qu'un bébé, un innocent : et en plus, c'était le bébé de Lily. Severus serait mort pour les sauver tous les deux.
Lucius connaissait Snape mieux que la plupart des gens, et parfois les idées préconçues qu'avaient les gens à propos de Severus le rendaient malade.
Les gens disaient que Snape était un monstre. Que disaient-ils de James Potter, alors ? Etait-il excusé parce qu'il était beau ? Riche ? Sang-Pur ? Gryffondor ? James Potter avait été un enfant puis un jeune homme absolument odieux. Il blessait les gens pour le plaisir, parce qu'il aimait la sensation de pouvoir que ça lui donnait. Même après Poudlard, dans le dos de Lily, lui et Sirius continuaient à faire du mal aux plus faibles qu'eux, pour le fun. James était cette brute qui se pavanait avec arrogance, qui menaçait Lily pour qu'elle sorte avec lui, qui menaçait ses amis, qui se moquait complètement de ce que Lily pensait et de l'antipathie évidente qu'elle avait pour lui.
James n'avait pas conscience de faire quelque chose de mal, sans doute. Il avait été élevé de la même manière que Draco, après tout : gâté, choyé, adoré, habitué à ce que l'insistance et la violence lui donnent tout ce qu'il voulait. Et même s'il avait réussi à se contenir et à s'adoucir devant Lily grâce au miracle de l'amour, James n'avait jamais vraiment grandi…
Ou plutôt si, songeait Lucius. James avait grandi, et c'était bien ça le problème. La méchanceté qu'il avait en lui durant Poudlard, une méchanceté de gamin, s'était muée en une cruauté désinvolte, indifférente, banale.
Severus Snape avait été quelqu'un d'odieux, de sec, méchant et amer, qui déversait sa rancœur contre le monde sur de pauvres élèves : mais cette noirceur lui avait été imposée, à grands coups de maléfices et d'humiliations tout au long de sa vie. Il n'avait pas vraiment eu le choix. Et quand les gens disaient qu'il avait choisi d'être Mangemort par racisme, soif de pouvoir ou désir de faire souffrir des innocents, Lucius réprimait la farouche envie de lancer quelques Maléfices Cuisants.
(Au lieu de ça, il raconta l'histoire à ses petits-enfants. Et Scorpius, Callistia et Orion, baguette à la main et mots glacés sur le bout de la langue, rétablirent la vérité à sa place.)
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Uh uh uh. A suivre ! J'espère que ça vous a plu =D
