Note de l'auteure : BWAHAHAHA JE SUIS RENTREE ! Oui mes amis, j'étais en stage durant deux semaines, sans ordi, sans accès internet mis à part sur mon téléphone, pas moyen d'écrire, une TORTURE ! Bon, le stage était intéressant, mais bref, quinze jours sans écrire c'est une épreuve. La nuit je rêvais d'Harry Potter. De ma nouvelle fic, surtout. Car oui, je prépare une nouvelle fic !
... Mais ce n'est pas le sujet. Je vous en parlerai plus tard si ça vous intéresse !
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Et voici les réponses aux reviews !
Salut Casildamalefoy ! Merci x) Et après, je ferai sur les enfants ! Ben oui, c'est une suite très commune au mariage. Et tous les enfants de Draco ont eut des gosses, je vais m'éclater à les imaginer !
Ah Mayoune, je te comprends ! Théo est une ordure dans cette version. Alors qu'en fait il serai plus timide, renfermé et sombre. Mais je venais de lire une méta très complexe selon laquelle Théo se retrouve dans une situation similaire à celle de Rogue (solitude, isolation, attrait des arts noirs, brutalité, père alcoolo) mais sans Lily, et devient de plus en plus cynique et cruel et brutal. C'était déprimant mais tellement bien inspiré que voilà, Théo est devenu mon méchant. Bref. Ouais, il y avait tellement de fics sur Rose et Scor que je me devais de leur faire un clin d'oeil !
Merci Rose-Eliade ! J'espère que ce chapitre-là te plaira tout autant (après tout on y parle de Lucius et Narcissa !) =D
Hey Lulu-Folle ! Non je n'ai pas d'arbre généalogique des Malefoy, mais j'ai noté leurs noms sur un Doc Word x) J'ai donc une liste de tous les Malefoy inventés, avec à chaque fois leur Maison, le nom de leur époux/épouse, et le nom de leurs enfants. Ca m'aide à m'y retrouver x) Et ouais, j'aime les histoires tristes ! Mais j'aime aussi les happy end donc. Bon. Voilà quoi x) Ca fini bien.
Salut Varbo93 ! Oui le chapitre précédent était moins drôle. Et celui-là aussi va être un poil sinistre (mais avec de l'humour, tu verras !). Enfin bref, oui, j'ai essayé de parler de tous les types de mariages : arrangés et heureux, arrangés et malheureux, spontanés et malheureux, spontanés et... Heureux x) Et les gamins Malefoy ont tous le strois eut des situations pas très conformistes mais s'en sont bien sortis quand même x) On reviendra à leurs déboires dans le chapitre d'après !
Ah ah cat240, oui peut-être pour un mariage Potter-Malefoy ! Mais là je pense qu'il est trop tôt xD La génération suivante... J'y réfléchirai ! Ca donnerai à Draco et Harry un ulcère quand même xD
Yo Imthebest ! Oulà, plein de commenaires auxquels répondre... Ouais, je me suis bien marrée avec Astoria et Draco x) Et pour Callistia... Un peu de diversité quand même ! x) Scorpius a eu une vie amoureuse malheureuse avant l'amour de sa vie, quand même. Mais il n'a pas connu le deuil, lui. Voilà. Et pour Gloria et Celestia... Oui, j'avoue, c'ets trop triste... Toutes les deux ont été victimes des circonstances et de leur propre familles. Pour Célia, Corvus et compagnie, je me suis éclarée. Surtout pour Mervyn ! ET pour Severus j'ai lu un headcanon récemment comme quoi c'était un perso agressif, comme un écorché vif, mais qu'en parallèle c'était un des persos qui avait le plus de moralité. Dumbly manipule, Lupin est lâche, Sirius a un petit côté sociopathe (... Que ceux qui ne se sont pas remis de sa tentative de meurtre de sang-froid à quinze ans lèvent la main), mais Severus essaie toujours de faire ce qui est bien : quand dans le tome 3 il reprend conscience devant le Saule Cogneur, il embarque tout le monde sur des civières avec la même délicatesse : dans le tome 7 il tente de sauver Lupin alors que ça pourrait griller sa couverture : etc. Bref, I have a lot of feels x)
Salut Foloreille ! Très bon pseudo, es-tu un Animagus lapin ? XD J'ai failli ne pas répondre à ta review dans ma hâte de poster, le drame ! Je suis ravie que la fic te plaise, surtout les histoires sur Salazar, sa lignée et sa Maison. C'est une de mes parties préférées x) N'hésite pas à réutiliser ce genre de headcanon, la Maison Serpentard manque de défenseurs dans le fandom...
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Disclaimer ! L'inspi du kiwi :
Une fic (dont je ne me souviens plus du titre ni du site ni de l'auteur), sur la difficulté de Jedusor à trouver un anagramme correct pour son pseudonyme ! Je ne sais pas d'où c'est sorti, mais c'était pliant. Entre autre, ça donnait un truc comme Mr Didlo Lover !
« D'azur et d'acier » (ce site, Anadyomede) pour Lucius, Narcissa et la Marque des Ténèbres.
Un post (Tumblr, bonusvampire) pour la chartre de placement des Mangemorts.
« Renouveau », ma fic, pour la Rue Errante où Narcissa fait du shopping.
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Note de l'auteure : Damned ! C'est quand même le chapitre 14 ! On approche de la fin… Comme je le fais avec mes fics de Renouveau, je posterai un bonus spécial avec des détails supplémentaires et les réponses à vos questions (sur l'avenir de Scorpius, Callistia et Orion : sur le sort d'Albus : l'amitié de Narcissa et Harry… Tout ce que vous voudrez !).
Ce chapitre est consacré au Seigneur des Ténèbres tel que vu par les générations des Malefoy les plus proches de lui : Abraxas, Lucius, Draco, Scorpius-Callistia-Orion. Et bien sûr, on parlera de Narcissa, Astoria, et Teddy x)
Enjoy !
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Le Seigneur des Ténèbres
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Lord Voldemort marqua la communauté magique comme un fer chauffé au rouge, comme un coup de hache, comme une maladie débilitante. Il ravagea le pays et y laissa de telle cicatrice que, lorsqu'il revint des années plus tard, la terreur qu'il suscita était presque plus grande que celle qui avait accompagnée sa première montée au pouvoir. Même après sa mort définitive, même après les procès de ses fidèles, après la disparition de ses discours, après la condamnation de ses idées : même après tout cela, jamais les cicatrices ne disparurent.
Il y eut les insultes de « Mangemorts ! », jetées comme des serpents au visage de Lucius et Draco et de ses enfants. Il y eut les nuits sans sommeil de Narcissa qui songeait, encore et encore, au rire sauvage de sa sœur et au regard voilé de son mari, et de ce que Voldemort avait fait d'eux. Il y eut les cauchemars de Lucius et les remords de Draco, ces moments dans la conversation qui leur rappelait soudain une terreur commune et où ils échangeaient un regard hanté par leurs actions passées.
Et puis il y eut les remarques cinglantes d'Astoria qui appelait Voldemort par des surnoms ridicules (Voldy, Face-de-Serpent, etc.), tournant ce cauchemar en dérision et arrachant petit à petit Draco de son emprise. Il y eut les questions de Scorpius et Callistia et Orion : il y eu leur compréhension de l'effroi qu'inspirait cet homme, et il y eut leurs plaisanteries désinvoltes à son sujet.
Il y eut le temps, et il y eut des rires, et il y eut la guérison.
Et un jour, les Malefoy cessèrent de se tendre ou de frémir en entendant le nom du Seigneur des Ténèbres, parce qu'il n'était plus qu'un vieux souvenir datant de plusieurs décennies. Un vieil Epouvantard caché dans un coffre qu'on ouvrait plus. Présent, mais inoffensif. Tout juste bon à faire ricaner les adultes avec défi, et à fournir un sujet de blagues scandaleuses aux enfants rebelles.
Les Malefoy n'avaient plus rien à craindre du Seigneur des Ténèbres.
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Abraxas Malefoy fut le premier de la famille à rencontrer Tom Jedusor.
Jedusor avait environ trois ans de moins que lui mais très vite, il était devenu amis avec tous les jeunes Sangs-Purs qu'Abraxas surveillait du coin de l'œil (histoire qu'ils aient de bonnes fréquentations). Abraxas s'intéressa donc très vite à ce gamin. Il était charismatique, éloquent, intelligent. Il avait d'excellentes idées sur la société sorcière. Quelle dommage qu'il soit si mal né !
Par son aînesse, sa richesse et son sang pur, Abraxas se considérait au-dessus de Jedusor. Oh, il ne le lui disait pas ça en face, ça aurait été trop inélégant. Mais ça se voyait. Abraxas traitait Tom comme un cadet enthousiasme davantage que comme un égal aux idées lumineuses. Alors Jedusor courtisait l'amitié d'Abraxas avec une obstination et un dévouement qui forçait l'admiration : il voulait être reconnu par l'héritier des Malefoy plus que tout. Mais sans succès… Abraxas le respectait, mais il ne l'admirait pas. Il ne fut jamais Mangemort, d'ailleurs. Et Jedusor voulait plus, toujours plus. Il brûlait d'attirer enfin le regard des grands héritiers qui, plus âgés et plus riches que lui, représentaient tout ce qu'il aurait voulu être. Orion et Cygnus Black, Marcus Selwyn, Bakary Parkinson… Et surtout, Abraxas Malefoy.
Mais peine perdue. Abraxas n'admira jamais lord Voldemort. Il éprouvait du respect, de l'intérêt. Mais ce gamin avait trois ans de moins que lui : si elle avait vécu, Ellebora aurait eut son âge. Ce gamin était juste ça : un gamin. Il était né d'un Moldu sale et était plus pauvre qu'un Weasley. Certes, il avait de l'ambition et irait loin : mais jamais aussi loin qu'un Malefoy.
Car Abraxas était un Malefoy et, avec l'arrogance caractéristique de sa famille, il savait qu'il était destiné à laisser les autres traîner derrière lui.
… Et puis, il ne pouvait pas vraiment prendre Tom au sérieux après avoir assisté à sa découverte des anagrammes.
C'était cet idiot de Croupton qui était en faute pour ça. Il s'était moqué du prénom Tom, disant que c'était un nom de Moldu tellement c'était commun. Ils étaient tous dans la salle commune, plusieurs personnes avaient entendus la remarque et avaient commencé à rire, Avery le premier. Jedusor avait rougit de colère. Alors Alizarine Rosier, qui jouait au Scrabbles magique avec Eleanor Yaxley, avait négligemment laissé tomber que Tom n'avait qu'à utiliser son deuxième prénom : ou, mieux, recomposer son nom.
Et le petit Jedusor, treize ans, avait passé trois semaines à faire joujou avec des petites lettres découpées dans du papier pour se trouver un nom correct.
Abraxas avait trouvé mignon, puis drôle, puis franchement risible. "Lord Voldemort" ! La bonne blague. Déjà, ça sonnait français. Et ils étaient britanniques, par Morgane. Qui pouvait vouloir un pseudonyme français ? Et il comptait se faire appeler ainsi maintenant ? Parce qu'imaginer les Serpentards dire "Lord, passe-moi le sel", et "Voldemort arrête de laisser traîner tes slips sales", c'était franchement ridicule. Libre à Rosier ou Avery de se prêter à cette mascarade s'ils le désiraient, mais Abraxas allait conserver ses vieilles habitudes et appeler le gamin "Jedusor", comme n'importe quelle personne un tant soit peu douée de raison.
"Lord Voldemort". Pffff. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre.
…
Abraxas quitta Poudlard, épousa Callisa Pritchard, eut un fils Lucius. Il continuait à suivre avec attention l'avancée de Voldemort, souriant parfois tout seul avec dédain à l'entente de ce surnom. Il avait toujours beaucoup de respect pour Jedusor.
– Il ira loin, dit-il un jour à Callisa qui se plaignait de sa correspondance avec ce Sang-Mêlé. Il ira plus loin que des gens mieux nés que lui. Il est brillant, et ce serai une erreur que de l'ignorer. Regarde cet idiot de Dumbledore qui se bouche les oreilles pour ne pas voir à quel point il perd le contrôle de l'opinion publique ! D'ici quelques années, les gens cesseront de s'extasier sur les exploits de ce vieillard. C'est un âge nouveau qui s'avance, et Jedusor est le catalyseur qui en précipite la venue.
Mais malgré ses discours, Abraxas avait ses réserves. Jedusor détestait les Gryffondor, les Cracmols, les Moldus. Abraxas les dédaignait, mais de là à souhaiter leur mort ? Sans doute pas. Il écoutait, emporté par la passion que mettait Jedusor dans ses discours, mais il se contentait de ça. Il ne prenait pas d'actions, et il gardait ses distances. Après tout, il n'était pas directement concerné, si ?
Et puis un jour, lui aussi eut un enfant Cracmol.
Il y avait eu Lucius, talentueux et fort : il y avait eu César, le petit intrépide mort noyé à deux ans dans l'étang du parc : et puis il y eut Augustin, si fragile. Augustin, qui n'avait pas la moindre magie en lui. Callisa pleura et hurla, et Abraxas ouvrit une bouteille de whisky qu'il descendit dans l'heure. Il avait toujours trouvé que Voldemort avait de bonnes idées. Et voilà qu'il se retrouvait avec une des créatures qu'il devait haïr, la chair de sa chair, son propre fils, qui était… !
Abraxas et Callisa cachèrent le bébé dans une famille de l'aristocratie anglaise, embrouillant l'esprit des parents et d'un notaire pour qu'un acte d'adoption soit signé. Aux familles Sang-Pures, ils dirent que l'enfant était mort dans un tragique accident.
A Voldemort, Abraxas ne dit rien. Il ne lui adressa plus jamais la parole. Quelque part, il était terrifié de penser que Jedusor, le gamin fan d'anagrammes, était devenu un tel monstre. Un monstre qui, petit à petit, avait empoisonné son âme au point que pendant une seconde, Abraxas ait pu envisager de tuer son propre fils.
Abraxas se coupa progressivement du monde sorcier, laissant son épouse et son fils gérer le domaine, le patrimoine, le Ministère, la société. De temps en temps, il se rendit incognito chez les aristocrates qui élevaient son fils. Il n'en disait rien à personne. Il en avait fini avec le poison des idées Puristes. Il en avait fini avec Voldemort.
(Abraxas était sans doute très courageux, de se détourner ainsi de ses convictions. Mais jamais il ne révéla cette histoire à Lucius. Jamais il ne se confronta ensuite à ses pairs. Il était assez riche et puissant pour amener Voldemort à sa perte rien qu'en s'opposant à lui sur le plan politique. Pourtant, il ne fit rien. Il se cacha, vieillit et mourut en silence, ruminant son effroi et son dégoût.)
(Abraxas avait été brave, oui, mais finalement il mourut en lâche.)
oOoOoOo
Abraxas connu Voldemort comme un gamin brillant, un peu fantasque et arrogant mais promis à un brillant avenir, avant de réaliser avec horreur l'étendu de la noirceur de son âme. Abraxas connu Jedusor comme un enfant, puis comme un homme dangereux.
Lucius le vit quasiment comme un dieu.
Abraxas se coupa du monde alors que Lucius commençait à peine Poudlard. Lucius voulait un modèle, une image à laquelle aspirer. Et tous, à Serpentard, parlaient de ce Lord Voldemort et de ses idées qui rendaient au Sang-Purs leur place, de ces théories révolutionnaires qui prouvaient à quel point les enfants nés de sorciers étaient supérieurs.
Lucius vit Voldemort comme un dieu. Un être aux idées et au pouvoir si grands qu'il en était terrifiant. Lucius ne se jeta pas à ses pieds, il faut le savoir. Non, au début, il avait peur. Il ne voulait pas passer d'accord avec lui ni se mettre à son service. Jamais de la vie ! Sa mère Callisa se méfiait de Voldemort. Passer un accord avec lui c'est faire un pacte avec le diable, avait-elle murmuré un jour quand le jeune Lucius de seize ans lui avait posé la question. Il te promettra de la gloire et du sang et des richesses, mais il ne te parlera pas de la terreur, des remords et du chagrin. Ton frère… Ton père… Le Seigneur des Ténèbres les a à peine effleuré, et vois ce qu'ils sont devenus.
Abraxas n'était plus que l'ombre de lui-même, et quand à Augustin… Il n'était plus évoqué chez les Malefoy. Lucius frissonnait, autant de peur que de révérence, et il décida de ne pas se mêler aux affaires de ce Lord Voldemort qui semblait bien au-dessus des simples mortels.
Mais il y eut la fuite d'Andromeda, le destin qui bascule, la menace de perdre Narcissa. Lucius décida que vendre son âme au diable était bien peu de chose, s'il pouvait épouser la femme qu'il aimait, la femme qui l'aimait en retour. Alors Lucius trouva Voldemort, lui parla, obtint un accord. Le Seigneur des Ténèbres était écrasant de prestance et de pouvoir, mais plein de politesse et de promesses pour l'héritier des Malefoy (Voldemort y voyait sa revanche sur la pusillanimité d'Abraxas). Lucius fut subjugué, comme une souris hypnotisée par un serpent. Deux mois plus tard, Lucius portait la Marque et toute sa génération le suivait. Les dés étaient jetés.
Bellatrix prit la Marque elle aussi, et Lucius ne cacha jamais son propre tatouage à Narcissa. Mais quand elle voulait l'accompagner, l'aider, le protéger, il refusait. Il ne fallait pas qu'elle soit impliquée, disait-il. Il ne fallait pas qu'elle se salisse les mains. Qu'elle soit vue. Qu'elle soit soupçonnée. Elle devait être au-dessus de toute salissure. Lucius avait passé un accord, il combattait pour la gloire de sa lignée et pour l'honneur de sa parole : mais il y avait un revers à la médaille. La peur, l'effroi, la nausée devant les cadavres. Les Aurors qui, parfois, passaient très près de les capturer.
– Tu ne dois jamais participer aux raids, dit un jour Lucius à Narcissa. Ni prendre la Marque. Si tu te fais prendre… Si tu te fais prendre et que tu as la Marque…
Le visage de son épouse se tordit d'angoisse.
– Et toi ?
Lucius la prit dans ses bras, enfouissant son nez dans les cheveux blonds qui sentaient la pêche et la sécurité.
– On avisera, lui chuchota-t-il en fermant les yeux. Je l'aurais bien mérité.
Et Lucius devint l'esclave d'un dieu. Un dieu vengeur et dément qu'il ne parvint jamais à voir comme un homme : c'était un dieu, le mélange du Messie venu leur offrir un chemin meilleur et du diable venu les damner pour l'éternité. On le vénérait autant qu'on le craignait. Même dans son absence, après le miracle du petit Potter, Lord Voldemort était là, tapi dans l'encre qui souillait le bras de Lucius. Comme une ombre, un parasite.
Tu ne peux pas m'échapper, semblait ricaner le crâne tatoué sur sa peau.
Lucius le savait. Il voyait Voldemort tout lui prendre. Avant même que le Seigneur des Ténèbres ne revienne, alors que la Marque s'assombrissait, Jedusor lui prit sa tranquillité d'esprit, son sommeil, sa confiance en l'avenir. Puis il revint, en chair et en os comme un cauchemar sorti de sa tombe : et il prit à Lucius la paix, son or, puis son manoir, puis l'espoir. Il menaça sa femme. Son fils.
Lucius vit Voldemort comme un dieu jusqu'au bout. Ce ne fut qu'environ un an avant la Bataille que Lucius cessa d'éprouver toute admiration, toute révérence pour les idées du Lord. Il ne ressentait plus, alors, qu'une abjecte terreur et un profond désespoir. Lord Voldemort était un dieu, oui : celui de la souffrance et des ténèbres, et ils paieraient tous dans le sang le prix du petit marché qu'avait un jour conclu Lucius pour épouser la femme de ses rêves.
Quand Harry Potter tua Jedusor, pendant un instant, Lucius ne put y croire tant ça défiait l'ordre de l'univers. Et, jusqu'à sa mort, Lucius se réveilla parfois le matin complètement hébété, songeant que la divinité terrible dont il avait été esclave était mort. Mort comme un homme. Mort comme un idiot.
Et parfois, dans les rares occasions où il croisait le regard de Potter, Lucius sentait une révélation lui tomber dessus comme une chape de plomb et d'effroi. Potter avait tué Voldemort. Potter avait renversé l'ordre du monde et la logique, non pas une, mais deux fois.
Après la mort de lord Voldemort, le monde de Lucius vacilla sur ses fondations. Beaucoup, et longtemps. Toujours, même. Lucius faisait bonne figure, laissait son fils vaquer à ses affaires et ses petits-enfants emprunter des chemins qu'il n'aurait jamais envisagé : et le monde lui semblait sans dessus-dessous, parce que le Seigneur des Ténèbres était parti. Oh, c'était une bonne chose. Moins de terreur, moins de cauchemars.
Mais ça avait si peu de sens !
Avec Voldemort, Lucius n'avait guère trouvé la paix. Mais après Voldemort, tout espoir de sérénité lui échappa définitivement…
oOoOoOo
Draco Malefoy fut élevé par son père avec l'idée que Lord Voldemort était un dieu, mais une déité du passé, une sorte d'icône perdue. De toute façon Draco avait un ego tellement surdimensionné qu'il était complètement incapable d'imaginer une sorte d'identité suprême. Surtout une identité suprême qui aurait été tuée par un bébé.
Draco avait une imagination débordante et un aplomb formidable pour un enfant, et très vite il se mit à poser des questions complètements inappropriées. D'abord à voix haute, à ses parents. Puis, après que sa mère ait hurlé de rire et que son père l'ait privé de dessert une semaine suite à sa question sur le placement des Mangemorts durant leurs réunions, Draco se mit à se poser ces questions à lui-même.
Pourtant, sa question sur la chartre de placement des Mangemorts lui semblait totalement légitime.
D'après les histoires de son père, les Mangemorts savaient exactement où se placer dans le cercle autour de Voldemort. Genre, ils avaient une place spécifique, et quand certains d'entre eux manquaient à l'appel, ils laissaient leur place vide parce qu'ils savaient exactement où ceux-là étaient placés. Ils avaient donc forcément une chartre de placement.
Et du coup Draco n'avait pas pu s'empêcher d'imaginer le Seigneur des Ténèbres s'énerver sur ce truc, en se disant "zut, je ne peux pas mettre Alecto côté de Crabbe ou elle va passer tout son temps les yeux fixés sur ses biceps… Et en parlant de Crabbe, Goyle et lui devraient vraiment être à l'un côté de l'autre, comme ça ils s'aideront mutuellement à suivre ce qui se dit. Et peut-être que je vais mettre Nott à côté d'eux juste au cas où. Il est assez patient avec eux. Et le jeune Black est mort donc je peux mettre Avery à sa place… Dois-je donner les places des traîtres ? Ça pourrait porter malchance. Peut-être que je devrais juste serrer les rangs et ouvrir une nouvelle place… Hum… Rodolphus et Bella ont été côte à côte dans le cercle pendant des années, mais ils vont se marier. Devrais-je séparer les Mangemorts mariés ? Non, Rod et Bella sont très bien là où ils sont. Mais si je les garde ensemble, ce que cela signifie que je dois continuer à mettre tous les couples mariés ensemble ? Nan, j'aviserai, ça sera juste avec eux. Mais Rabastan! Je ne peux pas mettre Rabastan côté de Barty ou alors ils ne vont jamais la boucler…"
Draco ricanait, imaginant le Seigneur des Ténèbres gardant une copie papier du cercle dans sa poche et l'étudiant avant les réunions, car tout le monde allait porter un masque et il ne voulait pas risquer d'oublier le nom de quelqu'un ou de confondre deux personnes. L'image était hilarante.
(Draco l'ignorait, mais c'était exactement comme ça que ça se passait.)
Alors quand Voldemort revint, Draco Malefoy ne fut pas impressionné outre mesure. Voldemort n'était qu'un nom, une idée qu'il pouvait agiter devant le visage de Potter pour l'effrayer. Draco voyait que son père était stressé et fatigué, mais ça arrivait de temps en temps. Voldemort faisait peur à Potter et, peut-être, vaguement, avait dans l'idée de rendre les Sang-Purs encore plus supérieur qu'ils ne l'étaient déjà. Draco n'y voyait rien de mal.
Bien sûr, ça c'était avant de rencontrer Lord Voldemort. Avant d'être pétrifié d'effroi et d'admiration, puis gonflé de sa propre importance devant sa mission. Avant de découvrir qu'il était voué à l'échec, avant de comprendre que ce n'était qu'un jeu, une torture sadique. Avant de voir ses certitudes s'écrouler, avant de réaliser que Voldemort n'était pas une icône passée qu'il pouvait agiter à loisir devant Potter, mais une menace, une menace terrifiante pour laquelle il n'était qu'un insecte.
Après avoir été une vague idée dont il pouvait disposer à loisir, Voldemort devint le monstre qui hantait ses cauchemars. Un monstre qui collait à ses pas, souillait son manoir de sa présence, ternissait tout bonheur ou impression de sécurité comme un Détraqueur. Draco avait peur, peur pour lui : mais pour la première fois il eut aussi peur pour sa famille. Sa mère, si intouchable, son père, si puissant. Eux aussi, Voldemort pouvait les écraser comme des insectes. Combien de fois avait-il ricané qu'il allait envoyer Greyback loger chez eux ? Combien de fois avait-il torturé Lucius, Draco ? Combien de fois Narcissa s'était-elle terrée dans l'ombre, les yeux écarquillés par la terreur ?
Draco finit par cesser de transpirer de peur dans son propre manoir, il finit par cesser sursauter quand quelqu'un criait brusquement, il finit par surmonter son horreur des loups-garous ou les crises de panique qui le prenaient à la gorge quand on parlait d'Impardonnables. Mais il ne cessa jamais de craindre le Seigneur des Ténèbres, cette incarnation vivante et meurtrière de tout ce qui le terrifiait, la seule entité qui avait été capable de lui arracher sa vie.
L'Epouvantard de Draco ne cessa jamais de prendre la forme de Lord Voldemort.
…
Draco se demanda longtemps pourquoi Potter n'avait jamais craint Voldemort, et il en vint à la conclusion que c'était parce que Potter avait découvert le Seigneur des Ténèbres grâce à Dumbledore, et uniquement grâce à lui. Pas de rumeurs, pas de murmures révérends, pas d'histoires de gloire et de terreur. Potter savait tout juste que Voldemort avait tué ses parents : parce que Dumbledore lui avait toujours dépeint Jedusor comme un homme. Un homme puissant, et fou, mais un homme. Un sorcier, capable d'être vaincu, tué, regardé en face. Pas un dieu, pas une idée, pas un monstre. Un homme.
N'importe quel homme est capable des choses les plus monstrueuses. Il n'en est pas moins mortel, et humain. Capable du pire, et du meilleur.
C'est ainsi qu'il voulait que ses enfants apprennent l'Histoire. En pensant à Voldemort comme à un homme aux désillusions de grandeur et à la folie destructrice, et pas comme un dieu ou un monstre.
Et ce ne fut pas facile.
Teddy Lupin fut la première personne à prononcer le nom de Voldemort chez Draco, sans s'embarrasser de "Seigneur des Ténèbres", ou "Vous-savez-qui". Teddy avait douze ans. Andromeda et Narcissa étaient en train de faire du shopping dans la Rue Errante, une rue commerciale qui changeait sans cesse de place dans Londres, et Teddy était sous la surveillance de Draco et Astoria. Normalement, c'était Harry qui avait préséance pour cette tâche : mais ce jour-là Harry était de garde chez les Aurors.
Teddy était en train de parler des Aurors avec Scorpius, justement, tandis que Callistia et Orion construisaient un château de Legos juste derrière eux. Teddy était de train de parler des mages noirs que son parrain avait arrêté la semaine précédente, puis il était parti sur les louanges habituelles qu'il réservait à Harry (le plus grand, le plus forts, il chasse des méchants, bla bla bla) et le nom de Voldemort lui était venu à la bouche.
Astoria s'était tétanisé, Draco en avait fait tomber le verre de vin qu'il avait à la main, et les trois enfants des Malefoy avaient regardé leur cousin avec des yeux immenses, comme s'il avait dit une grossièreté particulièrement odieuse.
– Harry le dit tout le temps, s'était défendu Teddy en réalisant que le silence s'alourdissait.
Draco se força à se détendre, puis esquissa un mince sourire :
– Potter et le Seigneur des Ténèbres étaient des adversaires égaux. Ma famille n'avait pas les mêmes armes, tu sais.
Teddy réfléchit un instant, puis déclara :
– Grand-mère dit que je ne devrais pas avoir peur du nom d'un homme mort et que ça serai un affront à mes parents.
Ce en quoi il n'avait pas tort. Draco hocha la tête, déclara qu'elle avait raison, et changea de sujet. Mais pendant longtemps, il tressaillit quand le nom honni fut prononcé : pendant longtemps, il n'osa prononcer ces quelques syllabes, Voldemort, pétrifié par la crainte irrationnelle que le Seigneur des Ténèbres le retrouverait s'il violait le Tabou.
Draco avait quarante-deux ans quand il entendit pour la première fois le nom de Voldemort sans frémir, et pourtant une sueur froide lui coula dans le dos. Teddy (c'était lui qui avait prononcé le nom de l'ennemi) ne remarqua pas sa peur, juste son impassibilité, et lui adressa un immense sourire ravi. Draco le lui rendit. Il aimait à penser que son cousin le trouvait brave.
C'est deux ans plus tard que Draco prononça le nom de Voldemort, durant une conversation avec sa mère. Il ne s'en rendit compte que quand Narcissa grimaça. Il s'excusa, mais sa mère l'interrompit avec férocité. Il ne devait pas être désolé, lui dit-elle. Il ne devrait jamais être désolé pour ça. Il avait finalement vaincu les fantômes du Seigneur des Ténèbres, et il devrait être fier.
(Draco s'arrangea pour prononcer le nom de Voldemort durant sa prochaine conversation avec Harry. Il fut très déçu que le Gryffondor n'y réagisse pas.)
(Il ignorait qu'Harry ne réalisa la chose qu'en rentrant chez lui, et qu'il en fut tellement retourné qu'il se précipita chez Ron et Hermione pour leur dire à quel point Malefoy avait changé, et qu'il y pensa ensuite sans arrêt pendant quasiment une semaine.)
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Scorpius, Callistia et Orion ne connurent Voldemort qu'au travers des livres d'Histoire et des récits à demi-mot de leurs parents. Pour eux c'était une calamité du passé, un truc à craindre, une référence du Mal, un peu comme les Nazi dont nous autres Moldus avons entendu parler à travers nos livres d'Histoire et parfois quelques histoires terribles de nos grands-parents.
…
Scorpius et Albus trouvèrent leur savoir principalement à la bibliothèque. Aucune de leur famille n'était très disposée à parler de la guerre. Les Weasley lâchaient parfois des miettes d'informations, tout comme Narcissa ou Astoria ou Daphnée, mais ce n'était pas assez. Alors Al et Scor fouillaient les rayonnages de la bibliothèque, livres d'Histoire et de magie noire : ils fouillèrent la salle aux livres des Serdaigle, cherchant le coin où les élèves des années 70, puis des années 90, avaient laissé leurs livres préférés : et ils essayaient d'y découvrir un indice sur cette époque.
A l'âge de quatorze ans, Scorpius trouva le journal intime d'un garçon nommé Adam, un Né-Moldu qui avait eut l'âge de Regulus Black et qui avait d'ailleurs souvent révisé ses BUSES avec lui. Adam parlait de terreur et de solitude et de chagrin, de rubriques nécrologiques qui semblaient ne jamais finir, des gens qui retenaient leur souffle quand la Gazette du matin entrait dans le hall parce qu'ils savaient tous qu'ils allaient au moins reconnaître un nom parmi ceux des morts : Adam parlait des élèves qui pleuraient et de ceux qui ne pleuraient pas, et il parlait des élèves qui souriaient d'un air sinistre et crachait le mot "Sang-de-Bourbe" à Adam et ses amis. Ces élèves-là étaient surtout à Serpentard, mais aussi à Poufsouffle, à Serpentard, à Gryffondor. Il n'y avait pas d'abri, pas de sécurité.
Après, Scorpius montra le journal à son parrain, Blaise. Ce n'était pas vraiment une conversation qu'il voulait avoir avec ses parents. Il montra le journal à Blaise et lui demanda de lui parler de la guerre. Blaise avait toujours refusé jusque-là : mais cette année Scorpius avait quinze ans, alors Blaise hocha la tête et parla. Blaise lui raconta des bribes du passé, de l'arrogance et du pouvoir intoxicant qui leur montait à la tête, du dédain des autres Maisons pour Serpentard et de l'obstination de leur Maison à accentuer sa différence, par défi et par fierté : il lui parla de cette fierté, démesurée, destructrice et enivrante, qui enveloppait les Serpentards, il lui parla des belles promesses de gloire et d'or, de cette figure lointaine et terrifiante qu'était le Seigneur des Ténèbres : et puis il lui parla de la nausée qui leur serrait la gorge quand les Carrow torturaient les élèves.
C'est ainsi que Scorpius rencontra le Seigneur des Ténèbres : à travers les mots d'un journal et les confessions de son parrain. Ce fut un choc, et en même temps un soulagement, de savoir enfin ce qui était arrivé. Ça ne changea pas la façon dont Scorpius voyait sa famille. Mais à vrai dire, ça changea un peu sa façon de voir le monde.
Scorpius était un optimiste, cependant. Il ne lui fallut pas longtemps pour faire remarquer que Voldemort sonnait français, et se mettre à questionner le choix contestable du Seigneur des Ténèbres en matière d'anagrammes…
…
Callistia fut relativement protégée de toutes ces histoires de Seigneur des Ténèbres et de guerre, du moins durant sa scolarité à Poudlard. Elle était à Poufsouffle, après tout : ils avaient eut leur lot de Mangemort mais c'était l'un des endroits où on en parlait le moins.
Ce fut chez les Aurors que Callistia fut confrontée à l'Histoire. Voldemort, sa folie, ses Mangemorts. Il y avait des regards méfiants qui la suivaient, des marmonnements injurieux dans son dos. Très vite Callistia ne put ignorer le rôle de son père et de son grand-père dans la guerre, et à vrai dire, ça l'éloigna un peu de sa famille.
Ce fut Narcissa qui lui parla de ça, finalement. Pas Draco, pas Astoria, pas même sa marraine Daphnée. Narcissa, qui un jour, alors qu'elle et Callistia prenaient le thé au manoir Malefoy, leva les yeux sur sa petite-fille et lui dit paisiblement :
– Maintenant que tu as entendu les histoires des Aurors, peut-être que tu devrais entendre le nôtre.
Et Callistia, honteuse de s'être fait prendre en train de douter des siens, rougit jusqu'aux oreilles, puis hocha la tête et écouta.
Narcissa lui parla d'honneur et de famille, de vieilles croyances, de gloire, de convenances : mais elle lui parla surtout d'amour et de loyauté, de chagrin, de désespoir et de choix impossibles, de nuits sans sommeils et de pleurs silencieux. Elle lui parla de leur culpabilité. Elle lui dit aussi que de certaines choses, ni elle ni Lucius ne se sentiraient jamais coupables, parce qu'au fond, en cela, les Aurors avaient raisons : ils étaient des Serpentards et ne s'encombraient pas de remords inutiles.
Callistia n'arrivait pas à faire coïncider les histoires de Mangemorts et de cruauté des Aurors avec le récit posé de sa grand-mère, la tristesse dans les yeux de son grand-père. Elle décida de croire sa grand-mère. Le prochain Auror qui insulta sa famille se retrouva avec les organes génitaux au milieu du front, ce qui fit hurler de rire Harry Potter : et comme à Poudlard, Callistia fit clairement savoir que s'ils avaient quelque chose à dire, ils pouvaient venir le lui dire en face et qu'elle leur ferait rentrer leurs paroles dans la gorge.
Callistia n'apprit pas grand-chose du Seigneur des Ténèbres, mais elle apprit l'existence de sa guerre et de ses serviteurs : et surtout elle apprit que le Mal était inhérent à la nature humaine, mais que peut importait votre naissance, c'était votre façon d'agir qui vous définissait.
Callistia fut une Auror brillante. Et quand Harry Potter parti à la retraite, elle lui succéda.
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Orion fut le seul des enfants Malefoy à apprendre l'histoire du Seigneur des Ténèbres de la bouche de leurs parents.
Durant la première année d'Orion à Poudlard, un livre fut édité sur les mages noirs. C'était une étude posée de tous les mages noirs du dernier siècle : Grindelwald, l'Alchimiste Rouge qui avait sévit en Chine, la prêtresse Esket d'Egypte, et puis… Voldemort.
Ce petit livre fut censuré à Poudlard alors évidemment, tout le monde essaya de se le procurer. Seuls deux exemplaires réussirent à passer dans le château : l'un d'eux se retrouva entre les mains d'un Préfet de Serpentard, qui le confia ensuite à Orion et les jumeaux Scamander. Alors, à Noël, Orion rentra chez lui avait tout un panel de questions. Voldemort était-il vraiment un Sang-Mêlé ? Pourquoi aucun Sang-Pur n'avait vérifié ? Abraxas Malefoy avait du être à l'école en même temps que Jedusor, n'avait-il pas parlé de lui à Lucius ? Qu'est-ce que c'était que cette histoire de Marque de Ténèbres ? Comment est-ce que Draco et Lucius pouvaient se retrouver dans le même panier que tous les noms froidement énumérés par l'auteur de l'ouvrage comme les "hommes de main" du Seigneur des Ténèbres, comme s'ils étaient des valets ?
Ce fut une conversation difficile pour Draco, Astoria, et leur fils de onze ans. Ce fut une conversation qui ne finit jamais vraiment, d'ailleurs. L'année suivante puis l'année encore d'après, puis dans ses lettres, puis plus tard à l'âge adulte, Orion ne cessa jamais d'avoir des questions. Au départ ces interrogations étaient lacées d'effroi, d'angoisse, de doute, puis cela devint de l'incrédulité, de la perplexité, puis de la simple curiosité.
Draco ne fut même pas le responsable pour la disparition de la peur d'Orion. Un jour le gamin de douze ans demanda avec hésitation si le Seigneur des Ténèbres était vraiment mort, cette fois. Draco chercha ses mots, mais ce fut Lucius qui abaissa le journal qu'il lisait, fixa son petit-fils droit dans les yeux, et déclara posément :
– Oui. Je le jure.
Alors Orion se détendit, rassuré, et ne posa plus jamais la question. Lucius et ses petits-enfants avaient leurs différents, certes… Mais à leurs yeux d'enfants, Lucius et son regard d'acier représentaient une sorte de puissance inébranlable. Et s'il le disait, alors c'était vrai : le temps du Seigneur des Ténèbres était bel et bien terminé.
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Le temps passa, et les générations avec lui. Les enfants de Scorpius, de Callistia ou d'Orion apprirent l'histoire de Voldemort en cours d'Histoire, et ce fut avec un grand étonnement (et une certaine révérence) qu'ils apprirent que leur grand-père Draco s'était rebellé contre le monstre. Avec le temps, l'Histoire s'enjoliva. Aux yeux de ses petits-enfants puis de ses arrière-petits-enfants, le Seigneur des Ténèbres ne fut plus que le méchants d'une vieille histoire qui servait seulement à mettre en relief l'héroïsme de Draco Malefoy, Celui-Qui-S'était-Rebellé, ou celui de Narcissa Malefoy, Celle-Qui-A-Sauvé-L'Elu.
Voldemort avait empoisonné les Malefoy, les avait asservit, avait faillit les détruire. Mais il mourut, et petit à petit, même son souvenir s'effaça.
Les Malefoy cessèrent de se tendre ou de frémir en entendant le nom de Voldemort, parce qu'il n'était plus qu'un vieux souvenir datant de plusieurs décennies. Un vieil Epouvantard caché dans un coffre qu'on ouvrait plus. Présent, mais inoffensif. Tout juste bon à faire ricaner les adultes avec défi, et à fournir un sujet de blagues scandaleuses aux enfants rebelles.
Les Malefoy n'avaient plus rien à craindre du Seigneur des Ténèbres.
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A suivre !
