Note de l'auteure : C'est définitif : ceci est l'avant-dernier chapitre de cette fic ! Je posterai un épilogue, puis un bonus pour répondre aux questions et donner les infos que vous voudriez avoir (quelle est l'histoire des petits-enfants de Draco ? Lui et Harry se sont-ils complètement réconciliés ? Qu'est devenu Reginald Castle ? Carrie Bannes ? Elias Greengrass ? Que sont devenus les oncles d'Astoria et Daphnée, les frères de Caerwyn qu'Europa a jugé quantité négligeable ? Voldemort était-il puceau ? Etc.)… Donc n'hésitez pas à inonder votre revews d'interrogations ou de simples remarques !
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Et voici... Les réponses aux reviews !
Merci Lililouna ! J'ai mis toute ma passion dans cette histoire, ces headcanons, ces théories, alors je suis contente que ça te plaise x) N'hésite pas à lire mes autres fics ! Surtout Polydipsie quand je l'aurais publiée, tu vas l'adorer !
Hey Lulu-folle ! Le truc du cercle m'a fait hurler de rire quand je l'ai vu sur Tumblr x) Ce chapitre-ci va te plaire, il est drôle =D
Salut Carminny ! Contente que le chapitre t'ai plu, j'espère que celui-là te plaira aussi... Il y aura du rire et des larmes aussi ! Ma nouvelle histoire (fraîchement publiée) c'est "Polydipsie", et c'est une crack-fic qui se déroulerai pendant la scolarité de Tonks, à peu près (durant l'année scolaire 1987-1988). Ca suivait les aventures de Kathleen Diggory, Lucas Ogden, Cassie Jorkins et Delmar Hirapati durant leur septième année. Et comme ce sont des tarés pires que le Quatuor, je vais bien m'amuser xD La fic est truffée de référence à la fanfiction "Amphisiologie", si tu connais...
Coucou Matsu ! Contente que ça te plaise. Celui du mariage était pas mal non plus, ouais. Mon préféré reste quand même celui sur Poufsouffle x)
Yo Mayoune ! Ouais, Voldy a fait un plan de classe pour ses Mangemorts x) Et moi, le nom de Voldemort ne m'avait pas choqué tant que je lisais les livres en français, mais dès que j'ai lu la verson originale et que j'ai vu que son nom restait le même... J'ai quand même sourcillé parce que ça faisait vraiment très french. Donc voilà. Le coup de l'annagramme DEVAIT être évoqué xD Anyway, j'espère que ce chapitre-là te plaira tout autant !
Merci Rose-Eliade ! Je pense que ce chapitre-là te plaira plus, quand même, celui sur Voldemort pouvait être un poil sinistre x)
Merci Melu49 ! Oui, diffiile d'oublier Voldemort si facilement, je pense que ça va traumatiser au moins deux générations avant qu'il ne sombre dans l'oubli définitif...
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Sinon ! La suite traditionnelle du mariage, c'est… Eh oui, c'est bien d'avoir des enfants xD Voilà pourquoi le chapitre du jour est centré sur les gosses, le fait d'être parent, les angoisses existentielles et les nuits blanches quand le morveux fait ses dents !
Et ce chapitre est aussi l'occasion de refaire le tour de cette audite généalogie des Malefoy x)
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Disclaimer ! L'inspi du kiwi :
« D'azur et d'acier » (ce site, Anadyomede) pour les problèmes parentaux de Lucius et Narcissa !
« Renouveau » (ma saga) pour Steve Carter.
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Parents et enfants
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Avoir un héritier était une priorité pour les Sang-Purs. C'était une tâche importante, un devoir à accomplir, et également une évidence pour quiconque avait un peu de bon sens.
Néanmoins, avoir un enfant était parfois complètement terrifiant pour de jeunes parents.
Les Malefoy n'échappaient pas à la règle. Sang-Purs ou non, héritiers ou juste issus d'une branche secondaire, doués en magie ou non, Serpentard, Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle, ils furent nombreux à appeler leurs parents à trois heures du matin parce que le bébé était malade, à paniquer pour un vomissement à la couleur suspecte ou des langes souillés mal changées par les elfes de maison. Chacun eut ses déboires, les moments où il voulu démissionner, et ceux où il se tourna en grognant vers son épouse dans le lit conjugal pour dire d'un ton accusateur "c'est ton fils" quand le fils en question hurlait à plein poumons dans la chambre voisine.
Oh non, les Malefoy n'échappaient pas à la règle…
…
Armand et Augusta Malefoy avaient peu d'elfes de maison. Deux, en fait. Dont un seul savait changer les langes des bébés. Ils furent donc obligés, comme un grand nombre de sorciers, de mettre la main à la pâte… Si on peut employer ce terme-là.
Leo fut un enfant braillard et incapable de tenir en place. A peine avait-il appris à marcher qu'il courait déjà partout, à la grande horreur de sa mère (Augusta était enceinte d'Ariarathe et ne pouvait donc pas lui courir après). Ariarathe, au moins, fut un enfant sage : tellement calme, en fait, que ses parents le perdirent plusieurs fois dans le manoir sans faire exprès. Claudius fut lui aussi assez sage, prenant modèle sur Ariarathe : du moins jusqu'à ce que Guillaume sache marcher et jouer. Les deux frères devinrent alors inséparables et, l'un entraînant l'autre, ils furent aussi remuants que Leo, bien que causant moins de catastrophes. Ensuite, dans une maison avec cinq garçons constamment en train de déclencher la fin du monde, la petite Estella faisait figure d'ange.
Quand les enfants allèrent à Poudlard, Armand et Augusta poussèrent un gigantesque soupir de soulagement. Et ils décidèrent d'instaurer une règle absolue chez eux. Les Malefoy devraient toujours avoir assez d'elfes de maison pour s'occuper des enfants !
Mais Armand et Augusta n'en avaient pas fini avec les gosses. Parce que, même majeur, leurs enfants continuèrent à leur en faire voir de toutes les couleurs. Plus précisément : ils eurent des enfants à leur tour. Mis à part Léo, qui n'eut pas d'enfant mis à part sa bâtarde illégitime qui finit reine d'Angleterre…
Ariarathe eut un fils unique, Marius. Marius était un enfant curieux et créatif, qui mit un jour accidentellement le feu à sa chambre : mais il était seul, et il était gérable. Armand, dans ses vieux jours, en remerciait Merlin. Il n'aurait pas pu faire face à une seconde génération de petits monstres.
Claudius eut une fille seulement : Ophéliana, la chasseuse de dragon. Ophéliana était assez sage dans son enfance, jusqu'au jour où elle découvrit que si deux elfes tenaient un balai à l'horizontale entre eux, elle pouvait prétendre que c'était un cheval et cavaler dans les couloirs en poussant des rugissements guerriers, poursuivie avec bonheur par ses trois cousins. Plusieurs elfes furent ainsi traumatisés par le jeu de la jeune Malefoy, qui les faisait galoper dans les couloirs, généralement pourchassés par Marius, Lydia et Adarielle qui jouaient le rôle des trolls.
Guillaume, le Poufsouffle, eut deux filles : Lydia et Adarielle, toutes deux actives et curieuses, et absolument enchantée de jouer avec leur grande cousine Ophéliana. Mais Lydia et Adarielle étaient, mis à part cela, très calmes et obéissantes : au grand soulagement de leur père… Et de leur grand-père.
Estella n'eut jamais d'enfants. Ce n'était pas ce qu'elle voulait. Parfois, après un après-midi particulièrement rempli de hurlements, ou l'agitation provoquée par un peu de magie accidentelle, Armand Malefoy se disait avec émotion qu'Estella était vraiment sa fille préférée.
Mais, malgré l'angoisse et la fatigue, les nuits blanches, les repas baveux, les langes sales, les drames au moindre jouet cassé, et le même manège se répétant avec la génération d'après : même malgré tout ça, Armand Malefoy ne pouvait pas se voiler la face. Il aimait ces enfants. Les siens, et les leurs. Il les adorait. Même quand il fut vieux, veuf et à moitié sourd, il accueillit toujours avec ravissement leur visite.
(Armand Malefoy, malgré ce qu'en dirent les livres d'Histoire, était un papi-gâteau.)
…
Après la mort de son grand-père et de ses oncles, Marius Malefoy devint le chef de famille des Malefoy, le Paterfamilias.
Il n'eut que deux enfants : Hélène et Phinée. Plus tard, ils feraient de grandes choses. Phinée révolutionnerait l'enseignement à Poudlard, et Hélène ferait passer une loi révolutionnaire. Mais durant leur enfance, ils furent absolument intenables. Ils se chamaillaient sans cesse, provoquaient de vraies catastrophes de magie accidentelle, et hurlaient au moindre bobo. Il est dit que c'est leur père qui décida d'installer la nurserie le plus loin possible de sa chambre !
Phinée eut deux enfants : un fils Mervyn, Gryffondor indolent, et Richard, le Serdaigle studieux. Tous les deux étaient plutôt faciles à vivre. Mervyn était sage et posé, contemplatif : et Richard était curieux et éveillé. Ces traits de caractère s'accentuèrent avec l'âge. Pour finir, Richard devint un grand Alchimiste, et Mervyn… Une vraie larve.
Si Mervyn disparu sans enfants, Richard, lui, eut un fils : Arthur.
Arthur fut un Serpentard tranquille et songeur, qui mena des études avancées sur les Gobelins et leur économie, mais dont la voix ne changea guère le monde sorcier. Il préférait se mêler de ses propres affaires… Et les améliorer. Ce fut un trait qu'il transmit très bien à son fils.
Car Arthur eut un fils unique : Livio, le fameux Poufsouffle. Et d'un coup, les Malefoy devinrent riches. Arthur, qui avait été un peu déçu par la Répartition de son fils à son entrée à Poudlard, passa la fin de sa vie à se vanter partout de l'intelligence de son fils.
Ces trois générations-là eurent de la chance avec les enfants. Pas de scandales, pas trop de chahuts, et des enfants uniques, donc plus facile à surveille qu'une fratrie de démons. Mais ensuite… Ensuite, ce fut le tour de Nicholas.
Car le fils de Livio, Nicholas, eut à peu près autant de chance avec ses enfants qu'avec son mariage. C'est-à-dire qu'il eut le karma d'une vache morte avec les deux.
Ses jumeaux Aldéric et Isidore étaient intenable, et ce dès qu'ils surent marcher. Ils étaient turbulents, cassaient la vaisselle et leurs jouets, exaspéraient leurs parents. Ils se faisaient des tentes et des drapeaux avec les robes de leurs parents, des tentes avec les rideaux, se tapaient dessus avec des bûches, quittaient leurs chambre en pleine nuit pour aller explorer la cave (ils manquèrent de peu de tomber dans les oubliettes).
Constance, leur sœur, était sage et calme. Du moins, en apparence… Elle était incroyablement sournoise, et sa vengeance était impitoyable. Ses frères essayèrent de l'asticoter une fois, quand ils eurent huit ans. Mauvaise idée. Constance les empoisonna, leur donnant une colique monstrueuse : puis elle vola leurs affaires : et pour finir les frangins se retrouvèrent dans l'étang du manoir et faillirent se noyer. Après ça, ils ne s'approchèrent plus jamais de leur sœur !
Lydia et Alban furent les seuls enfants normaux du lot. Sans doute parce que Nicholas ne les éleva pas.
…
Mais tous les Malefoy ne furent pas malchanceux avec leurs enfants. Oh, certes, Aldéric n'eut que des filles : six, plus précisément, et toutes dotées d'un caractère assez semblable à celui de Bellatrix (autant dire qu'Aldéric expia durant de longues années le comportement irresponsable de sa jeunesse).
Isidore eut trois enfants. Son fils aîné était un véritable ange, aimable mais rusé, très terre-à-terre et presque aussi manipulateur que Dumbledore. Il devint un politique brillant et un stratège très connu. Ses deux sœurs, écrasées par le mauvais caractère de leur père et la célébrité de leur frère Caïus, se marièrent sans faire de vague et Isidore n'eut jamais de problème avec elles.
(Il y eut néanmoins une rumeur, à la mort d'Isidore au terme d'une longue maladie, que c'était son propre fils qui l'avait empoisonné… Mais il ne faut pas prêter l'oreille à de tels commérages.)
Caïus, le fils d'Isidore, était un sorcier impitoyable. Il battait tant ses épouses qu'il faillit ne jamais avoir d'enfant, chaque grossesse se soldant par une fausse-couche. Il eut trois épouses : deux moururent en couche, la troisième survécu et ne laissa jamais son époux s'approcher de leur fils. Cet enfant-là grandit choyé et aimé, élevé par sa mère avec tendresse et une certaine crainte. Il s'appelait Dominico (sa mère était italienne et avait choisit le prénom), et comprit tout seul que son père n'était pas quelqu'un de bien. Dominico alla à Serpentard. Son père ne comprit pas pourquoi : il avait peu d'ambition. Mais Dominico était roublard, rusé, et avait un instinct de survie très prononcé. Il ne tua pas son père, non : mais il se gagna le soutien des elfes de maison du manoir et s'arrangea pour que Caïus soit perpétuellement abruti par les drogues et les potions glissées dans ses plats. Ainsi Dominico récupéra les richesses familiales très tôt, son père devenant incapables de les gérer : et il se vengea de son enfance vécue dans la peur.
Ce fut sans doute Dominico qui instaura chez les Malefoy cette habitude de chérir leurs enfants comme des trésors. Car Dominico et sa femme eurent beaucoup de mal à avoir un enfant. Et quand Lowell Malefoy naquit, ce fut un miracle. Dominico lui passa presque tous ses caprices, terrifié à l'idée d'être un père trop strict, et apprit à Lowell qu'un père doit toujours faire passer sa famille en premier, ou bien il n'est pas digne d'être un sorcier ni même un homme.
Lowell fut appliqua ce conseil à la lettre.
Son fils fut Corvus, l'Animagus. Corvus était un garçon sérieux mais qui supportait très mal l'échec. Alors Lowell engagea des tuteurs et prit sur son propre temps pour s'assurer que son fils puisse tout réussir. Vol sur balai, connaissances historiques, rapports avec les gobelins. Corvus voulait être parfait, et Lowell s'échina à lui en donner les moyens. Visiblement, ça paya.
Corvus eut quatre-filles mort-nées avant que sa femme n'accouche d'un garçon, qui eut une santé fragile et que Corvus couva comme une vraie mère-poule. Et puis il y eut Lotharius, qui vit mourir sa fille Ellebora avant même qu'elle n'aille à Poudlard. Puis il y eut Lucius et Narcissa, la Marque des Ténèbres, la peur et la guerre. Tout cela sans compter les nombreuses fausses-couches des épouses Malefoy dans le manoir, à cause de cette étrange malédiction qui tendait à ne laisser qu'un seul héritier en vie…
Mais il y eut des familles heureuses, et complexes, et drôles : il y eut des déboires banals, des problèmes domestiques absolument communs. Il y eut les crises de colère d'épouses hormonales qui faisait fuir leur époux comme s'il avait un Cerbère à ses trousses (demandez donc à Lucius !), les disputes sur le couleur du papier-peint ou le fait d'acheter un balai de course à un enfant de trois ans. En bref, il y eut des histoires tragiques ou dramatiques : mais chez les Malefoy, il y eut aussi, et heureusement, des histoires marrantes et qui finissaient bien.
Comme celle de Lucius et Narcissa et de leur fils Draco : ou celle, justement, de Draco et Astoria et de leurs trois enfants : ou, encore mieux, celle desdits enfants et de leurs propres rejetons.
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Lucius et Narcissa vivaient une période troublée quand Draco fut conçu. Ils étaient nerveux, inquiets, et évidemment, la grossesse de Narcissa et l'arrivée imminente du bébé étaient des sujets qui dégénéraient assez vite. Sans compter qu'Abraxas et Callisa, les parents de Lucius, vivaient toujours au manoir : et que Druella Black ne pouvait s'empêcher de fourrer son nez dans leurs affaires pour s'assurer que son premier petit-fils serait éduqué convenablement. Callisa était compréhensive et calme : mais Abraxas faisait plus de mal que de bien en leur disant perpétuellement de se calmer, et Druella était une véritable nuisance.
Je n'aime pas la couleur de ce papier-peint. Du jaune ! Vous tenez à ce qu'il finisse à Poufsouffle ? Ou à Gryffondor ?!
Ces rideaux sont affreux, ils vont perturber le sens de l'élégance de mon petit-fils !
Eh bien mon gendre, vous ne parlez pas beaucoup. Vous êtes nerveux ? Vous pouvez l'être. C'est une grande responsabilité qui vous attend ! Heureusement je serai là très souvent…
Comment ça, vous allez donner à cet enfant le prénom de son grand-père en second prénom ?! Il lui faut un nom de constellation ! C'est un Black ! COMMENT ÇA C'EST UN MALEFOY, EST-CE QUE VOUS AVEZ QUELQUE CHOSE A DIRE MON GENDRE ?
Heureusement pour tout le monde, Druella tomba malade peu avant la naissance de Draco, et ne quitta plus son manoir. Deux ans après, elle mourut, sans jamais avoir vu son petit-fils (Lucius plaidait qu'il avait une santé fragile), ni avoir davantage cassé les pieds de la famille Malefoy. Bien sûr, elle leur envoya un tableau d'elle, mais Narcissa et Lucius l'accrochèrent d'un commun accord dans le grenier : pas question que cette vieille folle traumatise leur petit Draco !
Non, Lucius et Narcissa n'eurent pas besoin de Druella pour leur casser les pieds. Être parent était suffisamment terrifiant comme ça.
Être parent d'un bébé, d'abord. "Tiens, porte-le." "Oh Merlin, moi ?! Comment on fait ? Oh douce Morgane, il crie, il crie, il est malade c'est ça ?!" "Calme-toi Lucius…" Il y eut la panique, les moments d'embarras. Les nuits blanches quand le bébé était malade ou faisait ses dents. Les désaccords sur ce qui était ou non un jouet approprié… "Pas de balai de course !" "Eh bien si c'est comme ça, pas de télescope non plus !" "C'est une coutume chez les Black !"
Et puis, il fallut être parent d'un enfant. "Non, tu as déjà eut six bonbons. Tu vas être malade… Oh, bon, d'accord, prends-en encore une poignée." Il fallut gérer les caprices, mais aussi les chagrins, les joies, la curiosité. Il fallut parler des lignées Sang-Purs, de l'honneur, de l'Histoire des sorciers. Il fallut aussi trouver une réponse aux questions existentielles du petit Draco, telles que "comment on fait les enfants ?". Plus tard, quand il alla à Poudlard, il fallut lui envoyer des bonbons et des lettres pleines de rassurances parce que c'était la première fois qu'il était si loin d'eux : et il fallut lire avec amusement ses missives pleines d'indignation à cause de Potter.
Ensuite vint l'adolescence. Et surtout, Voldemort revint.
Un adolescent sorcier s'interroge normalement sur son avenir, sa place dans le monde. Mais pour Draco, pour ses parents, il n'y eut rien de cette heureuse banalité. Comment pouvaient-ils s'interroger sur un éventuel projet de mariage, une augmentation de leur fortune, alors que Voldemort était revenu ? Draco exultait, persuadé que sa famille allait revenir au sommet du monde, et ignorant de la réalité. Lucius et Narcissa étaient terrifiés. Travailler avec Voldemort, c'était travailler avec le diable, avec un serpent : nul ne savait quand est-ce qu'il allait soudain décider que vous ne lui étiez plus utile, et planter ses crochets dans votre chair.
En prison, plus tard, Lucius songeait avec désespoir "il va se venger sur mon fils" : il songeait qu'ils étaient déjà tous perdus. Draco, encore aveuglé par ses rêves de revanche et de gloire, se disait "je vais racheter les fautes de mon père, je vais éblouir le Seigneur des Ténèbres, je vais me venger de Potter." Et Narcissa, belle et glaciale Narcissa, se taisait, et s'endurcissait, se répétant comme un mantra "je ne le laisserai pas me prendre mon fils."
Et puis il y eut un jour où Draco songea aux théories Puristes, à ses parents, à Voldemort, et où il réalisa qu'ils avaient tort. Il réalisa qu'ils avaient tort, et il se demanda ce que ça faisait de lui. Un abruti, sans doute.
Draco émergea des épreuves et des ténèbres neuf, adulte, dépossédé de ses convictions et de sa foi en son père. Il émergea du chaos sans certitudes ni fierté ancestrale pour relever la tête, et reparti de zéro. Il se bâti sa propre histoire et ses propres principes, seul puis avec Astoria. Ses parents l'aimaient, il le savait : et ils avaient été de bons parents.
Mais lui, quand il aurait des enfants, il ne les élèverait pas comme ça.
…
Draco et Astoria eurent trois enfants, et Draco tint sa promesse. Oh, lui et Astoria étaient morts de trouille : quel jeune parent ne l'est pas ? Mais ils étaient déterminés à faire de leurs enfants des gens bien, de ceux qu'on ne traiterait jamais de Mangemort.
D'abord, il y eut Scorpius.
Ils nommèrent Blaise parrain de leur fils, à la fois parce que Blaise avait eut le mérite de distraire Draco pendant qu'il paniquait lors de la grossesse de sa femme, et parce qu'ils avaient promis de le nommer parrain de leur premier enfant durant leur voyage autour du monde. Certes, cette promesse avait été donnée sous l'emprise de l'alcool et durant une fête dont le souvenir était un peu flou, mais Blaise n'avait pas cessé de la leur rappeler depuis leur mariage… Sa détermination forçait l'admiration.
S'ils espéraient un coup de main de Blaise dans l'éducation de l'enfant, ils en furent pour leurs frais. Blaise leur rendit souvent visite, avec toujours un bon whiskey et des potins croustillants à partager, et parfois un cadeau pour Scor : livre de contes arabes, amulette aztèque, fragment de pyramide égyptienne, pépite d'or péruvien, petit grimoire sur les mythes d'Inde… Blaise arrivait, émerveillait le gamin, puis repartait. Le côté responsable de la parenté n'était pas fait pour lui !
(Blaise avait une fille du même âge que Scorpius, Lucy Zabini, qu'il avait eut avec une Sang-Pure italienne dont il avait aussitôt divorcé. Il avait la garde partagé de l'enfant, mais était incapable de s'occuper de la gamine. A vrai dire, Lucy passa les trois premières années de sa vie uniquement avec sa mère, avant que celle-ci ne juge l'enfant trop encombrante et n'aille engager un avocat pour que Blaise mette la main à la pâte dans l'éducation de leur fille. Lucy Zabini se retrouva donc six mois par an chez son père, et Blaise se retrouvait alors aussi tétanisé que Neville Londubat face à une Potion de Rattatinage. Blaise confiait donc souvent sa fille à Daphnée ou Tracey, ou même Luna. Il était complètement affolé à l'idée de mal faire. Il la couvrait de cadeaux et se pliait à ses quatre volontés, mais en passant aussi peu de temps que possible en sa compagnie. Le résultat fut que la petite Lucy devint un véritable requin, capable de faire culpabiliser son père en quelques mots larmoyants.)
(Lucy devint une Serpentard brillante, que Scorpius adorait autant qu'il craignait.)
Gérer Scorpius parut incroyablement difficile aux jeunes parents. Les pleurs de bébé, ses silences, les cadeaux, les cris, les siestes, les petits rhumes… Et pourtant, Scorpius était un enfant étonnamment sage. Doux, rêveur, un brin excentrique, mais assez malin et responsable pour comprendre les consignes qu'on lui donnait. En grandissant, Scor devint plus créatif et plus réfléchit, et parfois ses questions déroutaient complètement ses parents (par exemple, "qu'est-ce que les limbes ? D'où viennent les fantômes ? La magie vient-elle de notre sang ou de notre cerveau ?"). Mais il n'était ni gâté, ni capricieux, ni particulièrement destructeur. Il était plutôt sociable et agréable, en plus. Il s'entendait bien avec les petits sorciers de son âge : Reginald le fils des Castle, Mary Redheard, ou les frères Diregrey. Scorpius pouvait être vraiment bizarre, avec ses expériences et sa passion pour les sorts étrangers, mais il était franchement adorable.
Ensuite, il y eut Callistia.
Callistia eut pour marraine Daphnée Greengrass, parce qu'elle était infiniment plus responsable que Blaise, et parce que ça ennuya les parents de Daphnée au plus au point. En effet, Daphnée venait d'avoir Elias, son fils dont elle ne voulait pas révéler l'identité du père, et c'était un terrible scandale aux yeux de sa famille. Astoria voulait ainsi montrer son soutien à sa sœur.
(Le père d'Elias fut, Daphnée l'avoua plus tard aux Malefoy, un Moldu pour qui Daphnée avait craqué lors d'un bref voyage à Monaco. Une histoire d'un soir, rien de plus. Daphnée réalisa huit ans plus tard, en feuillant un journal Moldu dans un café, que le Moldu en question était devenu un acteur célèbre. En grandissant, Elias et Callistia allèrent donc voir avec Daphnée tous les films de cet acteur, sans réaliser le moins du monde ce qui faisait tellement ricaner Daphnée Greengrass…)
Contrairement à Blaise, Daphnée savait gérer un gamin. Du coup, elle vint prêter main-forte à sa sœur à plusieurs occasions, en cas de nuits blanches, de coups de froid, d'elfe de maison incompétent. Et franchement, son aide ne fut pas de trop !
Draco et Astoria ne réalisèrent à quel point leur aîné avait été un enfant facile que lorsqu'ils durent élever Callistia. C'était était une enfant remuante, curieuse, fière et caractérielle. Elle apprit à parler plus tard que ne l'avais fait Scorpius, mais elle apprit à se déplacer beaucoup plus vite. Astoria ne pouvait pas la lâcher du regard sans qu'elle ne disparaisse de la pièce. La magie accidentelle de Callistia fut aussi beaucoup plus violente. Au lieu d'éteindre les lumières qui la gênaient ou d'amortir sa chute (comme Scorpius l'avait fait), Callistia provoquait l'explosion des ampoules quand elle hurlait, ou faisait voler les livres de la bibliothèque quand elle s'était perdue entre les rayonnages.
Callistia était aussi une gamine curieuse et intelligente. Elle et Scorpius pouvaient passer de longues heures absorbées dans un même livre, où discuter pendant des jours d'un sujet sérieux qui les tourmentait. Mais c'était Callistia qui entraînait son frère et leurs amis dans des jeux de course-poursuite dans le jardin, ou bâtissait des tentes dans leurs chambres avec des draps.
Et finalement, Orion.
Son parrain fut Steve Carter, un sorcier qui était devenu ami avec Draco au cours des dernières années. Steve était calme, posé, Serdaigle jusqu'au bout des ongles et 'british' jusqu'à la racine des cheveux. C'était aussi un excellent avocat magique, retors et sournois. Sur ce plan-là, il influença lourdement son filleul…
Orion fut sans doute le pire du lot car il avait l'énergie de Callistia et la créativité de Scorpius, mais ses parents avaient déjà les bras plein avec ses aînés. Orion appris à marcher plus tard que Callistia, apprit à parler plus tard que Scorpius : mais il suivit ses aînés avec enthousiasme dans leurs jeux, les regardant avec adoration et les suivant vaillamment dans l'espoir de les dépasser. Orion apprit à lire grâce à Scorpius, qui lui lisait des histoires avec patience quand Callistia, Elias et Megane étaient en train de jouer avec leurs figurines de mages et de dragons dans la chambre d'à côté. Orion apprit l'art de la répartie grâce à sa sœur, qui avait toujours la réponse facile et le sarcasme juste, et dont les répliques vives faisaient mourir de rire ses frères et désarçonnaient ceux qui osaient l'asticoter.
Orion imitait ses aînés en tout point, mais avec plus de prudence. Il était plus silencieux, pas d'un genre pensif comme Scorpius, non : d'un genre calculateur, observateur. Scorpius était celui qui parlait d'aller voler les cookies dans la cuisine, et Callistia celle qui avait le cran de le faire, mais c'était Orion qui proposait de courir après le chat dans le salon pour distraire les elfes de maison. Ses parents auraient pu prédire sa Répartition à Serpentard dès le début. A six ans, déjà, Orion était le plus rusé de la bande, celui qui se prenait pour un ninja dans les couloirs et trouvait les meilleures cachettes quand Callistia et ses amis jouaient à cache-cache.
Scorpius, Callistia, et Orion.
A Poudlard, malgré leurs différentes Maisons, les trois enfants de Draco restèrent unis. Scorpius, toujours suivi d'Albus, vagabondait dans les salles communes des autres Maisons et s'intégrait tranquillement à n'importe quel groupe, errant au gré de ses envies et de sa curiosité. Il n'était pas rare qu'il se joigne à son frère, ou à sa sœur. Quand l'un d'eux avait des ennuis, il se précipitait à la rescousse sans hésiter. Callistia était une meneuse, toujours suivie de sa petite bande, et chaque brute qui se croyait tout permis avait droit à un petit face-à-face avec la cadette Malefoy. Elle n'était pas du genre à laisser couler une insulte, et plus d'un ahuri ayant appelé Scorpius un "taré de Serdaigle" ou Orion une "graine de Mangemort" fit face à sa colère. Orion, lui, était impliqué dans tout ce qui se passait au château, depuis le trafic de farces et attrapes aux règlements de compte entre élèves. Orion attirait les ennuis : il s'en tirait généralement tout seul, mais n'hésitait jamais à appeler son frère et sa sœur à cor et à cris. Et bien sûr, Scorpius et Callistia répondait à l'appel… Il aurait fait pareil pour eux. Et puis, combien de Gryffondors à langue de vipère avaient finis tous nus collés au plafond d'un couloir après avoir dit une méchanceté de trop, hum ?
Scorpius, Callistia et Orion restèrent très proches, même après Poudlard. Différents, mais solidaires. Envers les moqueries qui parvenaient à leurs oreilles, les insultes de Mangemorts qu'on jetait de temps en temps : contre le temps, le destin, les disputes, le travail, le quotidien.
Ils restèrent unis, mais ils restèrent aussi très proches de leurs parents, et même de leurs grands-parents. Draco et Astoria vécurent vieux et eurent largement le temps de se disputer avec leurs enfants, mais jamais Scorpius, Callistia ou Orion ne mit entre eux et leurs parents la distance que Draco avait jadis mis avec son père. Même quand les souvenirs de la guerre se furent effacés et que les insultes ne fusèrent plus, les Malefoy restèrent soudés face à l'adversité, face au moindre problème. La vie de parent de Scorpius ou Orion fut beaucoup plus facile, avec l'expérience de Draco et Astoria à leur disposition…
Cette proximité s'étendit aussi aux grands-parents de la petite fratrie. Lucius mourut à quatre-vingt-trois ans, et Narcissa le rejoignit huit ans après : mais jusqu'à la fin de leur vie, et malgré les tensions qui apparaissaient quand la conversation portait sur les Nés-Moldus, les enfants de Draco leur rendirent visite. Callistia, surtout, resta proche de sa grand-mère, plus proche que Draco lui-même.
Et puis, bien sûr, ils grandirent. Scorpius se maria. Orion aussi. Callistia, non. Mais tous eurent des enfants, des problèmes, de l'émerveillement : et l'histoire se poursuivit avec eux.
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Scorpius et Joséphine eurent deux enfants. Une fille énergique et assoiffée d'aventures, Aliénor Andromeda (ainsi nommée car la vieille "tante Andy" s'était paisiblement éteinte dans son sommeil peu avant la naissance de la gamine) : et un garçon plus calme et à la santé fragile, Aureus Aquila, qui avait une magie assez faible et dont la survie fut longtemps incertaine.
Scorpius connu son lot de problème parentaux, lui aussi, avec la turbulente Aliénor qui dégringolait les escaliers, ou Aureus et les multiples guérisseurs aux diagnostics toujours de plus en plus pessimistes. Mais Scorpius encaissa, vieillit heureux et entouré, et il aima ses gamins à en crever. Peu importe le nombre de tracas que lui apportèrent ses enfants, le bonheur qu'il retira de leur présence les compensait largement.
…
Callistia pensait faire une croix sur les enfants comme sur le mariage. Mais quand Elizabeth, sa petite-amie, se retrouva enceinte de leur amant commun (Callistia vivait dans un ménage à trois à cette époque), Callistia n'eut pas le cœur d'abandonner cet enfant qui n'était même pas le sien. Le père de l'enfant quitta Elizabeth et Callistia au bout de deux mois : Elizabeth parti de son côté juste après la naissance de sa fille. Ne resta que le bébé dans son berceau, et Callistia désemparée.
Avec sa relation brisée et une gamine sur les bras, Callistia se retrouva terrifiée et démunie. Ce jour-là, elle n'alla pas voir Draco ou Astoria pour chercher du secours. Elle courut chez sa grand-mère, sa grand-mère Narcissa qui lui répétait toujours que les Black se serraient les coudes. Ce fut Narcissa qui la convainquit de faire ce qu'elle voulait, Narcissa qui lui dit qu'elle l'aiderait. Ce fut en l'honneur de Narcissa que Callistia décida de donner à sa fille le nom d'une fleur de la famille du narcisse.
Et ainsi Callistia se retrouva mère d'une fille, Amarillys Stella Malefoy.
Être Auror, mère adoptive et célibataire s'avéra ardu, et ils furent nombreux à lui compliquer la vie. Mais Callistia les envoyait au diable, ces langues de vipères qui doutaient de la parenté d'Amarillys ou de la compétence de Callistia. Elle les envoyait au diable, et elle apprit à sa petite à faire de même.
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Orion eut quatre enfants. Antarès Orion fut le premier. Balthazar fut le second, car même si Orion n'était pas son géniteur, ce fut lui qui l'éleva, et ce fut lui qu'il appela Papa… Ce jour-là, d'ailleurs, Orion fondit en larmes.
Après son mariage avec Aurore, Orion eut une fille, Phidia Cassiopée. Une vraie petite Malefoy, celle-là : son premier nom signifiait serpent, son deuxième prénom était celui d'une constellation royale, et elle avait les cheveux aussi blonds que Lucius ou Draco. Elle naquit à peu près en même temps qu'Aliénor et Amarillys, et les trois cousines devinrent inséparables.
Deux ans plus tard naquit un garçon, Nero Regulus, un petit brun pensif et plein de grandes idées que le Choixpeau faillit envoyer à Gryffondor. Nero fut un peu écrasé par ses aînés, et fut le plus facile des enfants d'Orion. Son père l'aima autant que les autres, pourtant.
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Et le monde continua à avancer, le temps à s'écouler. Longtemps encore le manoir Malefoy allait résonner de piaillements et de rires d'enfants. La lignée ne s'éteignit pas avant de très, très longues décennies.
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Avoir un héritier était une priorité pour les Sang-Purs. C'était une tâche importante, un devoir à accomplir, et également une évidence pour quiconque avait un peu de bon sens.
Néanmoins, avoir un enfant était parfois complètement terrifiant pour de jeunes parents.
Mais il y avait aussi les rires et l'émerveillement qui compensait les tracas, il y avait la fierté ou la colère, la déception, la rage, le bonheur et le changement. Et d'Armand à Ariarathe à Marius : d'Aerus à Lotharius puis à Abraxas, puis à Lucius, puis à Draco, puis à Scorpius et Callistia et Orion : de génération en génération, le nom se transmis et d'autres enfants naquirent et grandirent et vécurent dans le monde sorciers, pour le meilleur et pour le pire.
Et l'histoire se poursuivit avec eux.
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A suivre !
