Note de l'auteure : Et voici donc le dernier chapitre de cette fic, yoohoo ! Ce chapitre-ci m'est venu sur un coup de tête à la fin de mes partiels, alors que je pensais pouvoir boucler cette fic avec quinze chapitres. Erreur ! Il fallait bien un chapitre évoquant le chiffre sept, non ? Le chiffre de la magie !

Bon, j'avoue, ce chapitre est un prétexte pour parler des enfants de Scorpius, Callistia et Orion parce que… Ben, ils sont sept ! Du coup, voilà, chiffre sept. Bon, alors, je suis désolée, je n'ai pas parlé de tous les éléments où il y a sept choses dans l'univers de la magie (sept joueurs de Quidditch, sept années à Poudlard, bla-bla-bla). J'ai essayé d'être originale et d'y aller avec sept Malefoy d'un coup. Seulement, comme ces andouilles ont peu d'enfants, sept Malefoy dans une seule génération, c'est assez rare… Je n'ai pu en trouver que deux occasions. Les petits-enfants de Draco, bien sûr, mais aussi… Les petits-enfants d'un certain Malefoy, qui a eu quatre gosses… Allez, réfléchissez… Un Malefoy qui a eu quatre enfants, chacun dans une Maison différente… Vous trouvez pas ? Bah, tant pis. Lisez !

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Réponses aux reviews !

Salut Lulu-folle ! Ah, les gamins, leurs bêtises, les moments de frayeur des parents, et les bons souvenirs que ça crée ! Perso, je ne veux pas d'enfants, trop de responsabilité et trop de boulot x) Je laisse ça à Draco et compagnie xDDD

Yo Mayoune ! Oui, Lucius a beaucoup de défauts (racisme, violence, froideur, est un meurtrier, etc.) mais il aime sa famille. Il est allé cherché Draco en pleine bataille dans Poudlard alors qu'il était désarmé, souviens-toi ! L'amour pour leur famille est un trait fort chez les Malefoy... Même quand ils ne sont pas de leur sang, comme Callistia et sa petite Amaryllis x)

Merci Rose-Eliade ! Pas de préfernce pour une génération de Malefoy ? Perso j'aime beaucoup la famille de Scorpius, à moitié française et avec des noms en A pour les enfants x) J'aime beaucoup les prénoms en A, mais ça, ça se voit de loin dans mes fics... XD

Salut Foloreille ! Je maintient que ça serait un nom cool pour un lapin x) Eh, les Potter, ça c'ets une idée... Hum mais je préfère écrire sur les Malefoy, j'ai toujours eu un faible pour les Serpentard de toute façon. Et une famille qui flirte constament avec le pouvoir, c'est une mine d'inspi ! Et la fratrie répartie dans différentes Maisons est un sujet qui revient souvent dans mes fics... Renouveau, Quelques Faits, Polydipsie... Toutes mes fics en fait xD

Salut Imthebest ! Cette idée de Lucius qui s'engage pour Narcissa, je l'ai découvert grâce à Ellana-san et depuis c'est devenu l'un des mes headcanons les plus costaud. Stupides Serpentards, ils ne sont pas doués pour les décisions rationnelles... XD Eh ouais, Callistia est BADASS, c'est ma Malefoy préférée x)

Hello Carminny ! Tes review me font toujours ultra-plaisir, elles sont longues et marrantes et sincères =D Quelques Faits est très différente du type d efics que je fait d'habitude, et je ne pense pas que je referai une fic de ce genre bientôt. Une fois ça sufit ! Mais cette fic va me manquer, avec ses persos, ses idées... Et Callistia, ah là là... Enfin bref, merci encore !

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Disclaimer ! L'inspi du kiwi :

« Renouveau », ma fic, pour le headcanon selon lequel les sorciers américains sont légèrement en retard au niveau des droits civils.

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Sept d'un coup

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Sept est le nombre magique le plus puissant. Pourquoi pensez-vous que le symbolisme du chiffre sept revient si souvent dans les tableaux du manoir, ou dans les gravures de Poudlard, ou la configuration du Ministère ? On dit que quand, dans une famille, il y a sept enfants dans une même génération, ils peuvent renverser des montagnes…

Molly et Arthur Weasley eurent sept enfants. Aucun couple Malefoy ne fut aussi fertile : mais à vrai dire, une grossesse sorcière peut être particulièrement épuisante, et rare étaient les femmes à survivre à leur quatrième ou cinquième enfant (trop peu de gens, en songeant à la taille de la famille Weasley, remarquent l'évidence : Molly Weasley était une battante).

Non, il n'y eut jamais sept enfants Malefoy dans une même couple. Mais dans une même génération… Ça arriva en deux occasions.

Deux fois, un grand-père Malefoy eut l'occasion de compter sept petits-enfants, de les voir grandir, mûrir, éblouir. Sept Malefoy ! Ils pourraient soulever des montagnes et déchirer des océans, ces gamins. Et, effectivement, à chaque fois, ils conquirent leur époque, et leur monde : du moins la Grande-Bretagne. Rien n'arrête un Malefoy, alors sept d'un coup ? Le succès leur tendait pratiquement les bras !

Sept est un nombre magique. Puissant. Puissant, et surtout chanceux.

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La première fois, il s'agissait des petits-enfants de Septimus Malefoy. Rappelez-vous de Septimus, ce grand politicien, manipulateur et terriblement intelligent, qui eut quatre enfants et dont chacun alla dans une Maison différente. Septimus, le père de Celestia la Poufsouffle, Orestus le Gryffondor, Hector le Serpentard et Auguste le Serdaigle. Septimus vécut assez longtemps pour connaitre ses petits-enfants, les voir grandir, les voir briller, les adorer. A lui aussi, le chiffre sept porta chance.

Celestia Gaunt, née Malefoy, eut deux enfants : Cassius, et Mérope. Orestus n'eut jamais de descendant. Mais Hector, lui, en eut trois : Cedrella et Callidora, les jumelles, et Aerus, leur petit frère. Quant à Auguste Malefoy, lui, il eut deux enfants, tous deux illégitimes, avec sa maîtresse : Maxime et Ludivine.

Sept cousins. Sept petits Malefoy. C'était la première fois que cela arrivait, et Septimus retenait son souffle, observant ses descendants grandir, changer, et s'emparer du monde.

Cassius fut le premier né. Fruit d'un viol, dans un mariage malheureux et violent, sa mère aurait dû le haïr : mais Celestia était une Malefoy et les Malefoy, malgré leurs tares et leurs défauts, aiment leurs enfants. Alors Celestia chérit ce gamin, le protégea de son père, lui apprit des sorts, puis des maléfices, puis des stratégies de bataille. Cassius ressemblait énormément à sa mère : blond et courageux et passionné, avec une dureté qui frisait la cruauté.

Cassius était un sorcier âpre, dur, agressif, et Puriste jusqu'à la moelle : mais il était également juste et courageux, et fut sans doute le dernier des "bons" Gaunt. Il ne fut pas riche, loin de là : mais il eut un pouvoir considérable dans le monde sorcier, même s'il n'avait rien d'autre que son nom de famille. Il faisait peur, il impressionnait, il inspirait le respect et l'admiration, ou la jalousie.

Le chiffre sept est chanceux, et puissant. Cassius hérita définitivement du côté puissant… Mais sa sœur Mérope, elle, hérita de la chance.

Mérope, première du nom, naquit deux ans après son frère. Elle ressemblait beaucoup à son père, physiquement, avec ses cheveux bruns et sa mâchoire lourde. Mais mentalement, elle était beaucoup plus tempérée. Contrairement à Cassius qui devenait agressif en réponse à la violence de leurs parents, Mérope apprit à se tenir en retrait, à se cacher, observer, jouer ses coups avec parcimonie et justesse.

Elle n'était pas puissante, mais elle était maligne, et avait une chance de tous les diables. Sa vie fut une collection de coïncidences heureuses. Elle se lia avec Dorea Black, qui serait sa meilleure amie, en la croisant par hasard dans le train. Elle entendit malencontreusement deux profs discuter peu avant les BUSES, et devina ainsi le sujet de l'épreuve théorique de Métamorphoses, où elle ne brillait guère. Elle apprit par hasard un sort de guérison durant une heure de retenue effectuée auprès de l'infirmière, et sauva ainsi la vie d'Urtis Lestrange (son futur époux), quand il tomba de balai…

Mérope ne fut guère connue. Mais, contrairement à sa lointaine descendante qui serait la mère de Voldemort, fut heureuse. Elle ne connut presque aucun coup dur dans la vie, vit sa famille s'enrichir et leur influence s'épanouir, et le tout par un minimum d'effort.

Cassius et Mérope n'étaient pas nés destinés au bonheur, avec l'ombre de Lowell planant au-dessus d'eux, et la haine de leurs parents. Mais finalement, peut-être à cause de leur bonne étoile, ou du hasard du chiffre sept, ils ne s'en sortirent pas si mal.

Hector Malefoy épousa Diana, une Serpentard de la lignée des Shacklebolt, une belle sorcière blonde aux yeux vert pâle, délicate mais également retorse et manipulatrice. Hector et Diana eurent trois enfants. Cedrella, Callidora, et Aerus.

Cedrella et Callidora furent toutes deux Serpentard, l'une dotée d'un cœur de Gryffondor et l'autre d'une âme de Poufsouffle. Elles furent belles et terribles, brillantes, populaires, charismatiques, et menèrent Poudlard à la baguette. Cela, vous le savez déjà. Ce que vous ignorez, c'est qu'elles ne s'arrêtèrent pas après Poudlard.

Cedrella se maria sur un coup de tête avec un très riche Sang-Pur américain. Elle alla vivre aux Etats-Unis avec lui, mit un bazar de tous les diables dans la communauté sorcière locale parce que ce pays était bâti sur des injustices flagrantes (entre autres, l'apartheid, qui n'avait pas pris fin chez les sorciers), divorça (ce qui fut un vrai scandale mais lui rapporta une montagne d'or), revint en Angleterre, et géra sa fortune personnelle durant le reste de sa vie.

Callidora, elle, était lesbienne. Elle ne se maria jamais et vécut ouvertement avec l'amour de sa vie, une très belle sorcière du nom de Léonore Summers. Callidora était passionnée et dure, mais également juste, et intelligente. Elle siégea au Magenmagot, et plus tard, fut Manitou du Ministre, comme son grand-père Septimus jadis.

Callidora s'occupa du pouvoir politique, Cedrella de la fortune : à côté d'elles, Aerus se sentait souvent trop petit…

Benjamin de la fratrie, Aerus était mince, gracieux et nonchalant, vaguement dédaigneux. Il respectait ses deux sœurs mais les jalousait un peu : elles étaient si libres, si fières, si populaires. Aerus ne fut jamais autant aimé par son père Hector, ou même par sa mère Diana. La gloire revenait toujours aux jumelles. Pourtant, Aerus faisait de son mieux : il eut des notes brillantes, siégea comme sa sœur au Magenmagot, scella plusieurs contrats financiers importants, agrandit le haras des chevaux ailés. Aerus n'en fut jamais satisfait : mais il était l'héritier des Malefoy, il était richissime, et dans les rues les gens le saluaient bien bas et s'empressaient de complimenter sa tenue, sa nouvelle affaire avec Gringotts, son talent, sa famille.

Aerus ne fut jamais satisfait de sa vie, de sa famille, de ses enfants (comme en témoigne le sort de la pauvre Lucellia, qui fut mariée prématurément à l'héritier des Nott), de sa fratrie. Mais il était l'héritier Malefoy. Il avait tout. S'il y eut bien un des sept de sa génération qui conquit le monde magique, ce fut lui !

Auguste, le Serdaigle et petit-dernier des enfants de Septimus, ne se maria pas. Il avait toujours le nez dans ses affaires, et avant qu'Aerus ne prenne le relais, c'était lui qui faisait fructifier les finances des Malefoy. Il était d'ailleurs si doué en matière d'argent, de crédits, de prêts, d'intérêts, d'achat et de vente, qu'on prétendait qu'il avait un toucher d'or.

Auguste, donc, ne se maria pas, car il avait bien trop à faire avec ses livres de compte. Mais il avait une amante, une jeune femme de Sang-Mêlé qui était désespérément amoureuse de lui et qu'il aimait un petit peu : Elizabeth Willow, son amie d'enfance. Elizabeth était mariée, et ses enfants portèrent le nom de son époux. Mais Auguste, tout comme son père Septimus, connaissait la vérité…

Maxime Willow, Serpentard déterminé et autoritaire, voulut très tôt se distinguer de ses parents. Un père mollasson et cocu, et une mère qui se pâmait devant un homme qui ne l'aimait même pas ! Ce n'était pas à ça qu'il voulait ressembler. Maxime était brillant, et Septimus (qui gardait un œil sur lui), le remarqua très vite. Il en parla à son fils Hector, qui le présenta mine de rien à son fils Aerus.

Maxime et Aerus devinrent les meilleurs amis du monde, partageant à peu près le même âge, ainsi que les mêmes idées de grandeur et la même frustration vis-à-vis de leurs familles qui les retenaient en arrière. La carrière de Maxime décolla, et il devint Auror, puis Capitaine Auror, puis Chef Auror. Maxime ne fut pas le plus talentueux des chasseurs de mages noirs, loin de là : mais il était charismatique, malin, et grâce à l'or d'Aerus, le Ministère l'adorait.

Ludivine, sa sœur, était une Serdaigle, et avait six ans de moins que lui. Elle devina bien vite que les Malefoy étaient une voie royale vers le succès. Elle entra au Ministère et devint l'assistante personnelle de Callidora, qui avait alors dix ans de plus qu'elle. Elles savaient qu'elles étaient cousines, et sur qui pouvait-on mieux compter que sur la famille ? Ludivine se rendit vite indispensable, et apprit tout ce qu'elle pouvait sur le fonctionnement du Ministère, les rouages du pouvoir.

Elle se lia également avec Cassius (à vrai dire, il la fascina complètement, ce sorcier qui semblait perpétuellement auréolé de violence contenue), et travailla avec lui sur de nombreux contrats qui enrichirent la Maison des Gaunt. Mais Ludivine ne s'arrêta pas là. Elle s'infiltra dans le milieu des Sang-Pur, cette aristocratie qui dédaignait normalement les enfants de Sang-Mêlé comme elle, et s'intégra à leur monde. Quand elle se maria, ce fut avec l'héritier des Potter, et elle était à la tête d'une fortune et d'un pouvoir important, qu'elle avait amassée toute seule, par son propre talent… Et un petit coup de pouce de ses cousins.

A quoi bon être sept, si on ne se serrait pas les coudes ?

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Sept Malefoy dans une même génération. Sept cousins. Les petits-enfants de Septimus semblaient être l'unique occasion connue… Du moins, avant que ne naissent les enfants de Scorpius, Orion et Callistia.

D'abord vint Antarès, le fils d'Orion, orphelin de mère avant même d'avoir vécu une heure. A quelques mois d'intervalle arriva également Balthazar Dunstan, qui un jour serait adopté par Orion Malefoy. Presque neuf ans plus tard naquit Amaryllis, fille de Callistia par tout sauf le sang. Un an plus tard naissaient, durant la même année, Phidia, le deuxième enfant d'Orion, puis Aliénor, première-née de Scorpius. Deux ans après arriva le second enfant de Scorpius : Auréus, faible et maladif, condamné d'avance. Puis, un an après, le petit dernier de tous ces cousins : Nero, le benjamin des enfants d'Orion.

Ils étaient cinq Malefoy par le sang : mais sept avec Balthazar et Amaryllis, sept Malefoy par le nom. Sept. C'était un bon chiffre. Un chiffre chanceux.

De la chance, ils en eurent à foison. Ils traversèrent des tempêtes et parfois voulurent baisser les bras : ils connurent le deuil et les disputes, la solitude, la passion, la colère, la maladie. Ils moururent, un jour. Mais que voulez-vous que je vous dise ? C'est le sort de chacun. Le but était d'avoir une belle vie, et quelqu'un né sous le signe du chiffre sept commençait déjà sur la bonne voie.

Scorpius et Joséphine eurent deux enfants. Une fille, Aliénor Andromeda, et un garçon, Aureus Aquila.

Aliénor naquit un peu plus d'un an après le mariage de ses parents. Scorpius voulut qu'Al Potter soit le parrain, sans surprise : mais il insista spécialement pour que le deuxième prénom de sa fille soit Andromeda, car sa grand-tante Andy s'était éteinte paisiblement le mois précédent, à l'âge avancé de quatre-vingt-quinze ans. Scorpius avait toujours aimé cette tante à l'humour sec, qui se chamaillait avec Grand-mère Cissy et leur racontait des histoires de rébellion et de fugues adolescentes. Sa mort dévasta Teddy, mais peina aussi beaucoup Narcissa et sa famille. Si Scorpius avait eu un garçon, il l'aurait sans doute prénommé Andrew afin de pouvoir le surnommer Andy.

Aliénor, comme son père, était une rêveuse avec de grandes questions métaphysiques : mais elle avait aussi l'entrain et l'énergie de sa mère, sa soif d'aventure et de mystère. Elle fut choyée par ses parents, adorée par ses grands-parents, entourée par ses cousins. Elle s'avéra très tôt être bavarde, curieuse et éveillée, avide de savoir et d'excitation, et incroyablement difficile à surveiller…

Son frère Aureus Aquila naquit trois ans plus tard, et son parrain fut Reginald Castle, qui avait présenté Josie et Scorpius. Contrairement à sa sœur blonde et dynamique, Aureus était brun, petit, et faiblard. Il portait bien mal son nom d'aigle doré ! Il était né prématuré, et d'une santé très fragile. Ses parents, grands-parents et arrière-grands-parents passaient leurs journées à s'inquiéter. La moindre toux dégénérait souvent en infection des poumons, et à l'arrivée de l'hiver, il n'était pas rare qu'Aureus se retrouve cloué au lit par un virus quelconque…

En grandissant, Aureus se révéla plus timide et plus discret que sa sœur ou ses cousins. Rondouillard, un peu maladroit, il évoquait à Draco le Neville Londubat du début de leur scolarité, bien que Draco ne le dise jamais à haute voix. Aureus était un sorcier médiocre, et en fut beaucoup complexé. Oh, il n'était pas un Cracmol : mais sa magie était faible, tout comme sa santé. Scorpius s'en inquiéta beaucoup et longtemps, mais il n'aima pas moins son fils pour un si petit détail.

Aliénor et Aureus ne furent pas aussi proches que ne l'avaient été Scorpius, Callistia et Orion. Mais ils allèrent tous les deux à Serdaigle, et quand l'un d'eux avait des ennuis, l'autre se précipitait toujours pour le défendre.

Callistia pensait faire une croix sur les enfants comme sur le mariage. Déjà, elle était mariée à son job. Ensuite, elle était Auror et donc risquait d'être exposée à de la magie noire : pas question d'imposer ça à un fœtus, ça pouvait avoir des conséquences dévastatrices. Callistia se voyait donc vivre toute sa vie sans élever d'enfants.

Pourtant, l'idée lui vint assez vite, avec sa relation avec Elizabeth. Oh, Elizabeth ne voulait pas être mère, mais parfois Callistia se prenait à rêver d'un garçon ou d'une fille à qui elle apprendrait à jeter des sorts et qui l'appellerait maman, et ça la faisait sourire.

Callistia était Auror depuis trois ans quand elle rencontra Elizabeth Selwyn. Elizabeth avait un an de moins qu'elle et était la dernière descendante de la lignée Selwyn. C'était une rebelle déshéritée par ses parents, une punk aux cheveux teints de couleurs vives et à l'entrain contagieux. Callistia tomba tout de suite sous le charme. Ce fut une romance banale, faite de cafés pris ensemble et de discussions passionnées, de petits cadeaux et de sourires rêveurs. Deux ans plus tard, elles eurent le même coup de foudre pour le même homme… Et elles invitèrent dans leur lit Raphael Tuathail, un sorcier issu d'une puissante famille Sang-Pur d'Irlande. Leur ménage à trois dura deux ans, et les Malefoy ne soupçonnèrent jamais rien. Ce fut l'un des périodes les plus heureuses de la vie de Callistia.

Puis Elizabeth se retrouva enceinte. Ni elle ni Raphael ne voulaient être parents, mais Callistia se refusait à abandonner le gamin à un orphelinat. La grossesse d'Elizabeth fut émaillée de disputes et de hurlements, les désaccords grandissant entre les amoureux : et ils rompirent. Quand la fille d'Elizabeth naquit, Raphael était déjà parti depuis des mois, Elizabeth plia bagage, et Callistia se retrouva toute seule avec une gamine qui n'était pas la sienne.

Elle appela sa grand-mère en panique depuis la Cheminette de St Mangouste, où Elizabeth et sa fille se reposaient. Narcissa avait quatre-vingt-douze ans, mais était toujours aussi alerte et intelligente. Elle calma Callistia, et lui dit que quelle que soit sa décision, elle l'aiderait. Et elle frapperait Draco, Lucius et même Elizabeth s'ils avaient quelque chose à redire !

Callistia se décida. Elle alla trouver Elizabeth, signa les papiers d'adoption, demanda à Elias Greengrass d'être parrain : et elle nomma sa fille Amaryllis Stella. Un nom de fleur en l'honneur de Narcissa, et le nom d'une étoile, le nom de son amour perdu.

Elever Amaryllis fut un défi. Oh, c'était une petite fille intelligente et gentille, pleine d'énergie, qui s'entendait très bien avec ses cousins et se faisait facilement des amis. Au niveau de l'apparence, elle avait tout pris de sa mère, et avait des cheveux blonds-roux et des traits délicats et rieurs. Mais au niveau du caractère, c'était la copie conforme de son père biologique… Et de sa mère adoptive. Elle était dynamique, fière et curieuse, mais elle aimait plaire et aider.

Non, si ce fut un défi, ce fut à cause du reste du monde, pas d'Amaryllis. Callistia n'était pas mariée, elle avait un boulot très prenant, et plusieurs personnes se demandaient d'où venait cette gamine. Europa Greengrass, sa grand-mère maternelle, lui fit même l'affront de demander si l'enfant était de sang pur. Mais Callistia releva la tête, arrangea son emploi du temps avec son chef (Harry Potter se montra très compréhensif), fit fréquemment garder Amaryllis par Scorpius ou Orion, et elle s'en sortit admirablement bien. Elle dénicha même une vieille procédure qui permettait de jurer magiquement que sa fille adoptive était bien de sang pur. Elle, elle s'en moquait, mais ça aiderait sans doute Amaryllis dans l'avenir.

Amaryllis fut une Poufsouffle, comme sa mère. Elle se retrouva dans la même année, et la même Maison, que le fils de Lily Potter… Pour le plus grand amusement de leurs mères respectives.

Orion fut le plus chanceux avec les enfants.

Malgré les circonstances tragiques de la naissance d'Antarès, Orion l'éleva très bien, et tout seul. Le parrain de l'enfant, Lorcan Scamander, jouait davantage le rôle d'un grand frère farceur que d'un gardien… Mais grâce à Orion, Antarès grandit pour devenir un homme charismatique et posé, avec une intelligence acérée et calculatrice, et un sens de l'humour à toute épreuve. Ce fut Antarès qui reprit les rênes du patrimoine et des investissements des Malefoy, plus tard.

Balthazar, le fils d'Aurore, avait deux ans de moins qu'Antarès et Orion le couvrit de cadeaux, essayant de gagner l'affection du gamin pour mieux atteindre le cœur de sa mère. Balthazar fut d'abord réticent : mais c'était un gamin émerveillé et au cœur d'or, et il finit par considérer Orion comme son père. A vrai dire, quant il l'appela « Papa » pour la première fois, Orion pleura de bonheur.

Deux ans après leur mariage, Orion et Aurore eurent une fille, qui hérita d'un prénom typiquement Malefoy : Phidia Cassiopée. Un prénom latin signifiant serpent, et le nom d'une constellation royale. Elle avait un an de moins qu'Amaryllis, quelques mois de plus qu'Aliénor, et les trois cousines furent inséparables. Le parrain de Phidia était Lysander Scamander, et tous deux s'entendaient comme larrons en foire. Pas étonnant : Phidia avait le même caractère que son père. Elle était maligne, farceuse et débrouillarde : et par-dessus le marché, elle copiait tous les maniérismes de son frère Antarès. Aussi blonde que Draco ou Scorpius, elle détonait dans sa famille de bruns, mais n'en était que plus fière.

Deux ans après la naissance de Phidia, Aurore eut un autre petit Malefoy. Un petit brun aux yeux gris, à l'air pensif et sérieux, qui hérita du prénom de Nero Regulus. Celui-là, ce fut la meilleure amie d'Aurore (une certaine Olivia Wood, ancienne Gryffondor mordue de Quidditch) qui en fut la marraine. Comme le reste de sa fratrie (y compris Balthazar !), Nero alla à Serpentard, même si le Choixpeau avait longtemps hésité pour Gryffondor. Nero était posé et réfléchi, mais il avait un sens féroce de la justice.

Sept cousins. Lucius (du moins tant qu'il vécut) trouvait à râler, disant que c'était bon pour les Weasley de se reproduire autant ! Mais Narcissa l'ignorait et souriait avec amusement. Draco, lui, s'en foutait. Il avait sept petits-enfants et l'avenir était radieux. Il n'avait jamais été aussi heureux.

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Et le nom des Malefoy se transmit, ainsi que les histoires de famille, les vieilles complicités et les vieilles rivalités. Furent-ils heureux ? Oui, certainement. Eurent-ils des enfants ? Non, pas tous. Marquèrent-ils le monde magique ? Oh oui, ça c'était sûr.

Antarès devint un redoutable politicien, et réforma grandement la législation relative à l'adoption des enfants magiques. Plus tard, il épousa la fille de Megane Olson et d'Elias Greengrass, une Serpentard de sept ans plus jeune que lui avec une langue de vipère et une intelligence acérée. Le fait qu'Antarès et sa femme soient cousins au second degré ne les gêna jamais. Ils eurent des jumeaux, Lyra et Léo Malefoy : une petite Serpentard et un petit Gryffondor. Et Antarès fut le Malefoy le plus comblé de sa génération.

Balthazar, son frère adoptif et meilleur ami, devint Ministre de la Magie. Lui et Antarès formèrent un terrible et éblouissant duo qui boosta la communauté magique. Balthazar était gay, et légalisa par ailleurs le mariage homosexuel sorcier. Il n'eut jamais d'enfants, à son grand regret. Qu'importe : il fut un oncle adoré pour tous ses nièces et neveux.

Amaryllis Malefoy fut Auror comme sa mère durant quelques années, puis quitta la profession pour devenir dragonnière en Russie, puis en Chine, puis en Norvège. Elle devint extrêmement populaire dans ces pays, véritable réincarnation d'Ophéliana Malefoy. Finalement, elle prit sa retraite en Grande-Bretagne et devint professeur de Défense à Poudlard, terrorisant ses élèves autant qu'elle les subjuguait.

Phidia Malefoy entra dans la politique, comme son frère Antarès : mais son domaine fut celui de la Coopération Magique Internationale. La Grande-Bretagne avait longtemps été détachée des autres pays, et Phidia s'efforça de changer cela. Elle se maria par intérêt politique, et elle n'eut qu'un seul enfant : un fils qui hérita du nom épouvantable de Méphisto et qui alla à Serpentard comme elle, sur lequel elle reporta tout son amour. Phidia eut une vie assez semblable à celle de Narcissa, en retrait mais manipulant les puissants et protégeant les siens, et elle en fut très satisfaite.

Aliénor Malefoy fut une aventurière, comme sa mère. Elle voyageait sans cesse aux quatre coins du monde, d'abord seule puis avec son mari, un Sang-Pur français qui se disputait constamment avec Antarès et qu'elle adorait. Aliénor eut un fils qu'elle appela Armand, puis une fille, Astrée : ils allèrent tous deux à Beauxbâtons. La famille d'Aliénor vécut constamment dans un mélange de culture anglaise, française, mais aussi étrangère puisqu'ils partaient fréquemment en voyage.

Nero Malefoy échoua au concours de sélection des Aurors, fut Briseur de Sorts durant cinq ans en Grèce, puis un professeur de Runes très doué à l'Université Sorcière. Mais surtout, il fut un philosophe aux grandes idées, qui écrivit plusieurs livres dont au moins trois se retrouvèrent par la suite tous les ans dans les livres des fournitures scolaires de Poudlard. Nero se maria sur un coup de tête avec une Gryffondor, et ils divorcèrent avec pertes et fracas sept ans plus tard. Mais de cette union étaient nées quatre filles : Cassiopée l'ambitieuse, Sélène la talentueuse, Dorea la téméraire, et Célimène la rêveuse. Chacune alla dans une Maison différente à Poudlard, à la grande hilarité de leur père.

Auréus Malefoy fut co-auteur de nombre des thèses de Nero. Les deux cousins étaient très proches et le petit Auréus, faible et fragile et pensif, construisit toute sa vie autour des rêves de son cousin Nero. Auréus mourut jeune, à trente-cinq ans, d'une infection aux poumons qui le dévorait depuis des mois et contre laquelle les guérisseurs furent impuissants. Il n'eut pas d'épouse, pas d'enfants, ni même beaucoup d'amis. Mais il eut une belle vie, et mourut sans regret.

On dit que quand, dans une famille, il y a sept enfants dans une même génération, ils peuvent renverser des montagnes. Si c'est vrai pour le sorcier lambda, imaginez ce que ça donne avec sept Malefoy. Ils pourraient conquérir le monde.

Et, effectivement, à chaque fois, c'est ce qui se passa. Etait-ce parce que le chiffre sept, puissant et chanceux, avait marqué leur destin ? Ou était-ce juste par eux-mêmes qu'ils avaient tracé leur chemin ? Peu importait, finalement.

Qu'il s'agisse des petits-enfants de Septimus ou de ceux de Draco, ils furent sept enfants, puis sept sorciers, puis sept mémoires chéries par leurs propres enfants. Ils furent sept, et ils transmirent le nom des Malefoy, ainsi que les histoires de famille, les vieilles complicités et les vieilles rivalités.

Ils furent sept, et ils furent brillants.

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Allez, il ne reste plus que l'épilogue maintenant =D