LISTE DU CORPS ET DE L'ÂME
Recueil. Mais c'est un Cataclysme. Et j'ai mal. J'ai mal, mal, mal... La chair de mes bras se consume de Douleur, la peau de mes jambes flétrit, et l'intégralité de mon Corps s'effrite sous la caresse de mes doigts faits de Cendre et de Poussière. Puis mes yeux scintillent d'éclats pétillants de Larmes, contenues par trop d'orgueil : « Souffrance » articulent mes lèvres. « La Liste de tes Maux est aussi longue que le fil pourpre du Destin » répond alors mon Âme.
Personnage : Ultear M.
Genre : Family/Tragedy
Rating : K+
Disclaimer : Personnage à Hiro Mashima, texte m'appartenant
Thème : Aiguilles
Horaire : Dimanche 23/06/13 de 16h à 17h
Participants : Aeliheart, Bymeha, Melody, Rouge, IrisJR
Deuxième thème de la journée ! J'ai commencé un autre truc sur Ultear « A thousand wars » qui sera (si je le finis) bien plus approfondit que ce ficlet… D'ailleurs, j'ai fini l'one-shot comme ça, parce que je me sentais pas le cœur d'écrire la suite.
SPOIL SCAN 335 !
Bref, Bonne lecture.
PS : Je corrige si je survis au troisième thème ! XD
CELLE QUI VOULAIT LACERER LE TEMPS
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«Ma vie a été maudite... J'ai trompé des gens et je me suis moquée d'eux. J'ai volé leurs vies. Mais Gray... Tu m'as donné une chance de vivre comme tout le monde. »
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Les aiguilles de l'horloge tournent. C'est comme si elles venaient s'enfoncer dans la chair de mes bras, me faisant souffrir sans discontinuer. Le temps s'enfuie, plus profondément, et fait couler un sang invisible et noirci le long de ma peau à la pâleur sépulcrale. Puis-je le rattraper, ce temps infini qui glisse chaque jour un peu plus entre les jointures de mes doigts ? Je ne veux pas louper ma chance une nouvelle fois. Aujourd'hui, maintenant, le temps n'a plus le droit de fuir. Je ne peux plus fuir le temps. Il est l'heure de régler nos comptes, lui et moi. Parce que ce que ce que je ne souhaitais pas, jadis, est aujourd'hui ce que je désire au plus profond de mon cœur.
J'ai mal. Mais j'attends. Aujourd'hui, j'offre le temps de ma vie. Parce que j'ai trop péché pour mériter de cheminer encore ici-bas. J'ai mal, mais il est temps de l'affronter. Temps d'affronter les minutes éparses qui viennent se ficher dans ma peau et font fourmiller le sang de sorcière qui coule entre mes veines. Les heures ne me font plus peur, les années ne sont que des nombres. Le temps n'est qu'une paire de ciseaux qui attend le bon moment pour couper le fil de notre destinée. Qu'importe ce qu'ont décidé ces fichus instruments pervertis par la mort et englués de souffrance. Je m'en fiche bien, moi, de ces lames émoussées qui se repaissent des nuances rougeâtres qu'elles font couler. Le temps est précieux et je ne mérite plus de vivre. Alors, les seuls bijoux de valeur que je possède, je les offre à ceux que j'aime. Et j'encercle le cou de mes amis de mes perles de vies aux nuances de rêve.
Et les aiguilles de l'horloge continuent de tourner. Avant, je t'attendais, encore et encore. Et les lames d'argent creusaient ma peau pour piquer mes veines d'un manque encore plus grand que le diamètre du soleil. J'étais seule, sans toi… Seule, seule… Ce mot vrillait mes tympans et venait faire éclore quelques larmes dans mes yeux. Je t'attendais, je souffrais. J'étais tes larmes de bonheur, tu étais les miennes de douleur. Je croyais que tu reviendrais... Je croyais tant ! Alors j'ai couru.
J'ai couru, les pieds dans les neiges glacées, gercés de cicatrices, la peau percée de souffrance et de givre. Mais je n'avais pas mal, je laissais les flocons humides se déposer sur mon corps, le recouvrant d'un long et froid manteau immaculé. Parce que je voulais te voir. Je t'ai vu. Et là, j'ai compris. Un souffle de jalousie a transpercé chaque pore de ma peau. Tu étais là, avec d'autre. Tu ne pleurais pas comme moi, tu ne souffrais pas comme moi, Maman. Tu ne me cherchais même pas… Alors l'horloge du destin a enfoncé ses ciseaux – les deux lames conjointes, lovées l'une contre l'autre comme deux corps aimants enlacés sous une couverture – dans ma poitrine, la taillant en pièces inégales. Ils ont sombrés, se noyant dans mon sang, s'enfonçant le plus loin possible, jusqu'à me transpercer.
Et je suis morte. Sans toi. Alors, j'ai décidé de lacérer le temps.
Et j'ai pêché. Pendant mille guerres qui ont fait couler le sang. J'ai tué, massacré. J'ai anéanti la famille de la seule personne qui a su m'apporter un peu de douceur ! Et je n'ai même pas pu changer pour elle ! Je n'ai même pas pu lui offrir autre chose que sang et mensonge ! Je ne mérite plus rien, même pas la vie. Parce que j'ai livré mille batailles, tué sans verser une seule larme. Parce que tu me manquais. Parce que pendant un millième de seconde, lorsque je t'ai vu, je suis morte. Alors j'ai tué, encore et encore. Plus rien ne pouvait m'en empêcher, j'ai péché.
Afin de lacérer le temps. Et de te retrouver enfin.
J'étais là, sans toi. Les aiguilles de l'horloge sillonnant en arabesques entre mes veines jusqu'à me piquer, encore et encore. Le manque n'était apaisé que par la présence de Meldy, si rassurante, si gentille. Une fillette dont j'avais anéanti l'avenir et qui m'aimait en retour. Je me déteste pour cela. Mais qu'ai-je donc fait à dieu pour mériter autant de souffrance ? Est-ce que tout est en fait de ma faute ? En tout cas, aujourd'hui, je ne mérite plus de vivre. Et même si j'ai tenté d'effacer mes péchés, même si Meldy m'aime comme si j'étais sa mère… Je sais qu'aujourf'hui, je ne mérite plus de vivre. Meldy est jeune, elle pourra se reconstruire… C'est ce que j'aime à penser. Elle n'est pas assez idiote pour suivre mon chemin. Elle n'est pas moi, je n'ai pas eu la même chance qu'elle…
Elle peut vivre sans moi. Il y aura un après pour elle, une vie plus belle et plus lumineuse. Parce que je l'aime, Maman. Je l'aime du plus profond de mes entrailles ! Mais mon sang est trop noirci de péché à présent. Malgré les actions que j'ai entamées, jamais il ne pourra se purifier. Je suis condamner à rester sorcière toute mon existence. Et il me faut partir. Partir te rejoindre. Est-ce que la mort pourra m'offrir la liberté que j'ai perdue en tuant ? Qu'importe. Je vais briser ces ciseaux d'argent et offrir le temps de mon existence à ceux qui me sont chers. Parce qu'eux méritent de vivre, plus que moi. Et parce que, puisque je ne peux finalement lacérer le temps, mourir dignement est sûrement la seule solution que mon orgueil trop immense me permet de réaliser…
Avant, le tic-tac régulier du temps était pour moi comme les aiguilles d'une boussole. Il guidait mon être à travers les âges afin de te retrouver. Le temps était moi, j'étais le temps. Nous ne formions plus qu'un, et j'attendais de faire couler assez de sang pour arriver à lacérer mon compagnon pour réussir à le remonter et te rejoindre enfin. Revenir à ces jours ensoleillés où nous nous aimions toutes les deux. Ces temps merveilleux où à mes oreilles, le clic-clac des ciseaux était inaudibles. Je voulais te retrouver, me jeter dans tes bras. Je voulais te ressembler, je voulais que tu m'apprennes ta magie. Je voulais que ce soit toi. Toi qui me parle, toi qui me berce, toi qui me regarde grandir… Toi, juste toi… Je voulais lacérer le temps.
Et où es-tu, à présent, hein ? Je ne savais pas. J'ai été bête, si idiote. Si seulement je t'avais rejoins, ce jour où je t'ai vu ! Nous aurions formé une famille. J'aurais su que tu pleurais toutes ces nuits d'hivers en me croyant morte. J'aurais su qu'eux ne pouvaient me remplacer. J'aurais été là, tout le temps. Là pour te voir vieillir, là pour t'aimer. On aurait été heureux… J'aurais été là lorsque tu serais morte. J'aurais pleuré, toutes les larmes de mon corps, mais j'aurais été là… Maintenant tu es eau. Je suis glace. Je suis péché, larmes, sang et douleur.
Et je n'ai pu lacérer le temps pour effacer mes erreurs.
Je dois sans doute me laisser guider par tes sourires qui fleurissent dans mon esprit afin de te retrouver. Il faut que j'oublie le sang que j'ai fait couler. Il y en a trop… Je vais mourir… Il n'est plus le temps de regretter. Le visage de Meldy, je dois lui sourire, même si je ne le vois pas. Alors je souris. Les commissures de mes lèvres se relèvent, la gauche puis la droite, et mon cœur bat plus fort. Je souris à Meldy. Je te souris, Maman ! Parce que malgré mes fautes, je t'aime. Je les aime. Je n'ai pu être là pour effacer tes larmes lors des nuits de douleur, mais je serai toujours là à présent. J'ai l'impression de te voir, impalpable silhouette, illusion de mon esprit, juste sous mes yeux. Il est vraiment temps que je brise ces ciseaux malsains qui me font face et que je déchire une bonne fois pour toute ce fil rouge que l'on nomme destin !
La magie, puissante, virevolte autour de moi… Bientôt, tout sera prêt…
Parce que je leur offre mon temps. Tout mon temps. Toute ma vie. Peut-être qu'elle ne vaut rien, mais c'est tout ce que j'ai. Elle est précieuse, parce que c'est toi qui me l'as offerte, cette vie, alors que je n'étais qu'une petite larme de bonheur grandissant dans ton ventre. Je suis sûre qu'elle ne vaut pas rien, même après toutes ces batailles. C'est toi qui me l'as donné, au creux de mon cœur, toi qui as forgé ce que je suis. Ce sont tes rires qui m'ont bercée, même s'ils se sont enfuis lorsque je suis partie. J'ai trop souffert, pour que ma vie ne valle rien. J'ai fait souffrir aussi, et je continue de souffrir à présent. Alors, s'il vous plait, mon dieu, n'importe lequel, faites que cette vie que j'ai menée indignement puisse au moins les sauver… Allez, dites-moi… La signification de ma vie. Juste le temps de ma vie… Juste pour lui…
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« L'arche du temps ! Last Ages !»
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Et aujourd'hui, je le déchire, ce temps avec lequel je n'ai pas pu te ramener. Pour celui grâce auquel j'ai eu une chance de vivre comme tout le monde. Parce qu'aujourd'hui, j'ai une famille à sauver. Meldy, Gerald, Lyon… Gray… Une déflagration, une explosion, dans le creux de mon corps… C'est comme mille et une aiguilles qui se glissent dans ma peau et viennent soulever mon cœur, éraflant ma peau et la brûlant, contournant les lambeaux de vêtements décousues de long de mon corps. C'est bon. C'est fait. Une douleur fulgurante m'emporte, mais je n'ai pas mal. Je ne ressens plus la douleur. Je n'ai plus peur. J'ai enfin accompli quelque chose. Mes craintes de jeunesses se sont enfuies. Je vais te retrouver maman. Je t'aime. Je suis tes larmes.
Je suis glace, quand je mourrais enfin, je deviendrai eau. Je serais toi, tu seras moi, et nous serons ensemble. Je chute lourdement sur le sol. Je ne sens plus mes membres. Ils semblent déchiquetés, comme le temps que je remonte au prix de ma vie. Un bruit sourd emplis mes tympans. J'ai offert le temps de ma vie, je vais mourir. Et le soleil se lève sur ce nouveau lendemain. Sans toi, sans moi… Pour la première fois de ma vie, j'aurais pu dompter le temps… Lyon, Gray, Gerald… Meldy… Je vous souris. Je vous aime. Le temps n'est pas encore venu pour vous. Je distrais les ciseaux afin que vous puissiez changer votre destin. Alors, restez en vie. Restez en vie.
Je n'aurais pas lacéré le temps. Mais j'espère avoir sauvé mes amis.
Et quelques larmes de joies – les dernières sans doute - coulent le long de mes joues avant de me tourner dans un ultime effort, afin de regarder les aiguilles maintenant inoffensives de l'horloge…
Les aiguilles du temps…
