LISTE DU CORPS ET DE L'ÂME
Recueil. Mais c'est un Cataclysme. Et j'ai mal. J'ai mal, mal, mal... La chair de mes bras se consume de Douleur, la peau de mes jambes flétrit, et l'intégralité de mon Corps s'effrite sous la caresse de mes doigts faits de Cendre et de Poussière. Puis mes yeux scintillent d'éclats pétillants de Larmes, contenues par trop d'orgueil : « Souffrance » articulent mes lèvres. « La Liste de tes Maux est aussi longue que le fil pourpre du Destin » répond alors mon Âme.
Personnage : Angel
Genre : Angst/Family
Rating : K+
Disclaimer : Personnage à Hiro Mashima, texte m'appartenant
Thème : Terre mouillée / Contrainte facultative: « Je crois qu'au fond, ses yeux sont gris ; couleur de rien, quoi. Ou de n'importe quoi. »
Horaire : Dimanche 23/06/13 de 18h à 19h
Participants : Aeliheart, Melody, Rouge, IrisJR
Troisième thème de la journée, mon dieu, je n'ai jamais écrit autant ! N'empêche, celui-ci m'a donné du fil à retordre, arf, je n'ai pas eu le temps de faire ce que je voulais, et ça a le don de m'énerver… C'est donc un peu simplet.
Bref, Bonne lecture.
PS : Pas eu le temps, ni de relire ni de corriger. x)
A-T-IL DES YEUX, CE CIEL IMMENSE ?
Il pleut dehors, les gouttes s'abattent avec fracas.
Le ciel regarde la terre.
Elle est mouillée, comme une pluie d'été… Tu sens l'odeur de pluie mélangée à celle des herbes humides, de là où tu es. La terre est marron mais le ciel est gris. Tu le vois, entre les barreaux de ton cachot. A-t-il des yeux, ce ciel immense qui engloutit ton minuscule bout de fenêtre, y a-t-il quelque part un Dieu quelconque qui scrute de ses iris tous vos faits et gestes ? S'il en avait, des yeux, le ciel, aujourd'hui, ils seraient aussi gris que les nuages plein de pluie. Des yeux couleurs de rien, quoi. Ou de n'importe quoi. Des yeux changeants, comme le monde qu'il observe.
Et des yeux de sang. Un regard carmin lorsqu'il te regarde.
Parce que tu as tué.
Quand tu étais plus jeune, dans une autre cage, loin d'ici, couvertes de tes haillons, tu regardais aussi par le hublot paré de barreaux qui te servait de fenêtre. Et souvent, le matin, à l'heure bleu, le ciel se teintait lentement d'une lumière orangée. Et alors, les yeux de Dieu devaient eux aussi devenir dorés de soleil. Tu observais les oiseaux qui s'envolaient, nuée blanchâtre et éphémère dans un ciel cousu de liberté et de fraîcheur. Tu rêvais, tu t'émerveillais, toujours dans le nez cette petite fragrance de thé…
Et quand le ciel te regardait, avant, ses yeux devaient être gris.
Parce que tu n'étais rien. Ou n'importe quoi.
Tu étais noire, souillée, enfant à l'âme pure et immaculée. Qu'as-tu fait pour mériter cela ? Tu étais une petite enfant, toute douce, toute rêveuse… Et là, le sang, le travaille, la faim et la douleur… Et tu as été emportée dans cette tour, où seul le rêve était permis. Oui, juste le rêve… Certains n'en avaient plus de rêve. Certains n'avaient plus d'espoir. Certain n'avaient plus d'esprit. Juste des pantins sans âme et désarticulés, travaillant jour et nuit au nom de la tour.
Et le ciel posait ses yeux de néants sur eux.
Parce qu'eux ne pouvaient être n'importe quoi.
Aujourd'hui, il pleut dehors. Toi, tu es sorti de cette tour. La fragrance de pluie d'été s'infiltre jusqu'à tes narines, et la tiédeur du dehors vient caresser ta peau. Tu étais dans une cage, tu es dans une cage, tu mourras dans une cage. Qu'as-tu donc fait ? Tu aurais du courir, en sortant. Tu aurais du profiter de la liberté, chercher ta sœur, construire une famille ! Mais non. Tu as cru. Tu as cru pouvoir te venger. Tu ne voulais plus te contenter de l'extérieur. Tu voulais t'envoler dans le ciel, comme un oiseau. Tu voulais t'envoler… Où est ta sœur à présent ?
Seul le regard du ciel le sait, sûrement.
Et la pluie douce d'été qui balaie le ciel liquéfié de larmes.
x
La glace sur tes lèvres est froide comme la neige, et tu suçotes ton cornet. Au loin, tu vois de gros nuages noirs d'orage venir vers vous. D'ici, tu peux déjà sentir l'odeur de terre mouillée suivant les pluies d'été. L'atmosphère est lourde et la crème glacée le long de ta bouche apporte un peu de fraîcheur à cette journée estivale.
« Sorano ! Ma glace ! couine Yukino, tirant sur le pan de ta jupe.
Tu observe sa boule à la vanille, échouée sur les dalles du trottoir. Sans une minute à perde, elle commence à fondre, et finit par former une flaque blanchâtre et peu appétissante, tandis que les sanglots de la petite déchirent ton silence contemplatif. Détournant ta vue de ce spectacle, tu tends ton cornet à ta petite sœur.
- Prends la mienne. » lui dis-tu calmement.
Elle oublie vite ses pleurs et saisit ta glace. Lentement, vous vous éloignez du lieu du crime. Tout absorbée par sa friandise, qu'elle observe avec des yeux brillants, elle oublie de te remercier. Pourtant, tu ne dis rien. Tu es heureuse de la voir ainsi. Pour faire fleurir ce joli sourire sur ses lèvres, tu es prête à lui donner un millier de tes glaces, s'il le faut. Quand elle finit sa sucrerie, tu l'entraîne vers votre maison, pour vous mettre à l'abri de l'orage qui se profile à l'horizon. Tu accélère la cadence, sa menotte dans la tienne. Tu laisse derrière toi cette odeur de terre mouillée…
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Elle te prend la main. Les flammes dansent, brûlantes, et vous encerclent. Vous êtes prises au piège. Et tu as peur. Vous ne savez par où aller, tu ne sais où la guider pour la mettre en lieu sur. Et elle, elle te suit, les yeux mi-clos, te faisant entièrement confiance. Maman… Tu ne sais pas où elle est… Tu ne sais pas… La valse mortelle continue sous vos yeux impuissants. Votre vie s'enfuie, calcinée. Votre maison disparait avec la fumée dans le ciel noir de la nuit.
« Fuyons, et ta voix vacille.
Ses yeux céruléens bordés de nuances pourpre-orangées disent « J'ai peur » et tu vois à leur coin des larmes qui refusent de couleur. Tu détourne la tête, serre fort ses doigts entre les tiens et t'enfuie en courant. Tu es jeune. Bien jeune. Tu ne sais pas si vous allez vous en sortir. Tu ne pense même pas à la mort. Il y a la main glacée d'effroi de ta sœur entre tes doigts. Il n'y a que ça. Qu'importe le risque. Tu dois la sauver. Coûte que coûte !
- Je vais te protéger, Yukino, je te le jure… » ta promesse se consume dans le feu.
Tu l'enlace doucement, la protégeant avec le peu de vêtement que tu as sur le dos. Tu traverse les flammes aussi chaudes que l'enfer. Tu as peur. Très peur. Tu es seule. Seule au milieu du feu, seule avec ta petite sœur. Mais tu las sauveras. Alors tu cours dans la maison, à en perdre haleine, les poutres de bois brûlés s'échouant sur votre passage. La fumée est épaisse, elle brûle tes poumons, malgré le tissu avec lequel tu protège ta bouche.
La tête te tourne…. Tout s'épaissit… Tu as chaud, froid. Ta gorge te pique, des larmes commencent à rouler sur tes joues. Tu as peur. Tu entraperçois à peine la porte de la sortie. Maladroitement, de tes maigres forces, tu pousse Yukino dehors, lui souffle de courir sans s'arrêter… Et les débris de bois enflammés chutent sur ton corps. Tu t'endors et attends, là, couchée, le sang sur ta tempe, jusqu'à l'aurore.
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« J'espère que tu es saine et sauve, sœurette. »
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Le ciel se noircit, et le soir tombe.
Les yeux de Dieu doivent se parer de l'éclat des étoiles.
La pluie d'été cesse de tomber, laissant dans l'atmosphère cette fragrance de terre mouillée. Et maintenant, qu'es-tu ? A avoir cru, à avoir pensé pouvoir égaler un oiseau. Qui es-tu, si orgueilleuse alors que tu n'es rien ? Tu as cherché plus. Tu as voulu plus. Tu as tué, tu as fait couler le sang. Tu as cru que comme tu avais souffert, tout t'étais permi. Mais ce n'était pas vrai. Et la folie a envahit ton esprit. Tu ne vivais plus que dans tes rêves. Tu as fait les mauvais choix. Tu as suivi Midnight. Sans chercher ta sœur. Suivant les oiseaux dans le ciel. Même après un échec, tu t'es relevé, battu. Mais tu étais bien pathétique et tu le seras toujours.
Dieu te regarde, seule dans ta nouvelle cage.
Et il sait que tu mourras à l'intérieur, aussi.
Aujourd'hui, tu aimerais voir ta sœur. Et son visage semble s'épanouir dans ton esprit. C'est elle, la vraie colombe. Le vrai oiseau blanc qui vole dans le ciel. Et tu ne l'as pas cru. Tu ne l'as pas suivi. Tu as cru en tes mensonges et en tes rêves, tu es tout simplement folle. Alors quand le ciel te regarde, maintenant, il voit du sang. Tu n'es plus rien ou n'importe quoi, tu es un assassin. Une cinglée. Un monstre qui, maintenant, regrettant, aimerait retrouver sa petite sœur. Fillette si innocente qui te tenait la main, posait ses yeux toujours bleus sur toi. Cette enfant que tu espère avoir pu sauver… Yukino, petite fille aux cheveux blancs et au regard azur, que tu aimais et aime toujours autant…
C'était ton oiseau, ce n'était pas ton destin.
Les ciseaux de Dieu ont en décidé ainsi.
