LISTE DU CORPS ET DE L'ÂME
Recueil. Mais c'est un Cataclysme. Et j'ai mal. J'ai mal, mal, mal... La chair de mes bras se consume de Douleur, la peau de mes jambes flétrit, et l'intégralité de mon Corps s'effrite sous la caresse de mes doigts faits de Cendre et de Poussière. Puis mes yeux scintillent d'éclats pétillants de Larmes, contenues par trop d'orgueil : « Souffrance » articulent mes lèvres. « La Liste de tes Maux est aussi longue que le fil pourpre du Destin » répond alors mon Âme. LABEL SPPS !
Personnage : Juvia L. et Gray F.
Genre : Romance niaiseuse à en vomir
Rating : K+
Disclaimer : Personnage à Hiro Mashima, texte m'appartenant
Thème : Ciel
Horaire : Samedi 29/06/13 de 14h à 15h
Participants : Melody, Rouge, IrisJR
(Petit coucou à Adelheid, Aeliheart, Bymeha et Youwan qui n'ont pas pu faire ce thème avec nous… D'ailleurs, je vais sortir mes ciseaux, pour aller charcuter ces parents/invités/frères/maladies qui vous empêchent d'écrire. *rire de psychopathe* Mais pour information, elles vont rattraper ce thème demain, héhé.)
Fluff ? Gruvia ? Avec un dialogue ? Ecrit à la troisième personne ? Houla, nous voici passés dans une dimension parallèle ! Bah, c'est guimauve OOC, glucose à en overdoser mais bon. Pour une fois que j'écris du Gruvia, je ne suis pas du tout contente de moi… Ce sera sans doute le truc le plus nul de ce recueil...
De toute façon, peut-être qu'Axicia me guidera dans les profondeurs de son art ténébreux pour les autres thèmes. (Comprenez ciseaux- je suis obsédée/sang/cadavres et autres joyeusetés)
COULEUR DE L'AMOUR
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« Et Juvia ? Elle est quoi, pour toi ? »
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Ils se modulent, les nuages de l'orage. Gris par endroit, orangés de l'autre, violacés d'un côté et pourpre vers la gauche. Ils sont poussés par le vent mutin, toujours plus loin dans le ciel sans soleil. Le souffle joueur les emmène et les éloigne dans les cieux, tandis que d'autres tas cotonneux les remplacent. Derrière eux, la lumière blanche du jour assombrit leurs profondeurs et rendent les contours lumineux, opalescents dans le ciel. La beauté fugace et éphémère de la pluie qui s'échappent d'entre deux nuages et vient s'écraser sur la terre, offre à l'atmosphère une senteur humide et volage, un parfum teinté d'amertume et d'amour, de peur et de tristesse.
Une jeune femme s'élance et semble danser, amoureuse, perdue, peureuse et amère. Ses traits se figent et se métamorphosent, ses yeux pleurent puis brillent. Les nuances de son cœur se modifient jusqu'à tournoyer. Les couleurs se mélangent jusqu'à ce qu'une aura blanche s'évapore le long de son corps, une brume faite de pluie et de rêves dispatchés le long de ses entrailles. Ses pas résonnent et frappent les flaques d'eau dans lesquelles, lentement, des arc-en-ciel se forment et papillonnent jusqu'à ses yeux. Inspiration, expiration. Droite, gauche. Les battements de son cœur vrillent ses tympans, son souffle envahit ses pensées, et la pluie continue sa valse immuable.
Un pas puis l'autre, un pied devant l'autre. Son cœur rythme chacune de ses pensées, et quelques mots – une question - retentit entre les parois de son âme. Sa peau est constellée de sel, et entre deux gouttes de pluie, ses yeux changent de couleur. Ils sont bleus quand le ciel accueille le soleil. Ses yeux sont gris lorsque les nuages obscurcissent les cieux, son regard est l'air et le ciel, la pluie et son cœur. Ses yeux ne sont rien et le monde, ils sont aussi immenses que la vie, et aussi troubles qu'un océan tout entier. Quelques gouttes tombent sur son œil et s'immiscent jusqu'à toucher et immerger son cœur. Et lui aussi, il est gris, envahit par le fourmillement incessant de ses sentiments, aux nuances chatoyantes et changeantes.
Aujourd'hui, le ciel est rouge, couleur de l'amour. Ses cheveux peignés d'un soleil invisible brillent sous la clarté du jour grisé d'orage et emperlés de gouttes de pluie. Le long de sa peau pâle s'étendent ses veines bleutées, s'entrelaçant aux mèches ondulées de ses cheveux, formant des motifs complexes aux arabesques arrondies et aux angles acérés. Les arbres autour d'elle, droits, dressés et serrés se laissent marteler durement par la pluie, leurs ramures coiffés de rubans limpides, portent à leur doigts des anneaux cousus de tristesse. Et elle, dont la chevelure mouvante comme une mer assombrit sous les larmes du ciel, coure le long des allées d'hortensias. Les fleurs s'ouvrent à la pluie, s'inclinent au passage de leur souveraine.
Leur force sacrée s'échappent de leurs pétales aux nuances d'aquarelle et viennent fusionner avec l'âme irisée de la jeune femme, lui apportant courage et réconfort. La courbe de leur tige torturée s'élance avec grâce, toujours plus près du ciel, et les inflexions voluptueuses de leur corps balancent de droite à gauche, jusqu'à effleurer l'éther inondé de tristesse. Et elle, leur déesse, se frayent un chemin, sa peau marbrée de pluie, toujours plus vite, tandis qu'avec le froid, ses lèvres bleuissent et fourmillent d'ilpatience. Ce sont les larmes des cieux qui baignent son visage, des larmes qui appartiennent à ses yeux et viennent s'écraser dans les plis sinueux de son cou.
Les vêtements le long de son corps, suivent ses rondeurs délicates, humides et collés étroitement le long de sa poitrine et de ses hanches. A chacun de ses pas, la pluie redouble d'intensité puis se calme, lentement. C'est un remous incessant qui se produit dans l'être de la jeune femme, une alchimie enchanteresse dont personne sûrement ne peut saisir le mécanisme. La mage d'eau aime et craint, est aussi extravagante que timide. Son corps fait d'eau, au soleil resplendit d'arc-en-ciel, et ses yeux gris enlacent l'éther jusqu'à se parer de ses couleurs. La jeune femme aime et jalouse, souffre puis sourit. Ses sentiments la portent et elle s'envole le long des allées de fleurs. Aujourd'hui elle veut savoir, aujourd'hui elle saura. Les mensonges, elle les traquera. Parce que le ciel pleure, ses yeux s'inondent d'un amour voilé de non-dits.
Le bruit de ses pas s'estompe puis elle s'arrête de courir, les pans de sa robe bleue, trempés, s'immobilisent. Ses cheveux fleuris d'hortensias cessent leur cadence et dans les flaques, les papillons multicolores arrêtent de voleter. Devant elle, ce grand dos. Un dos aussi large que le monde, fort et puissant, une supernova qui vient s'emparer de l'intégralité de son être. Ses pas se stoppent et son cœur redémarre sa course effrénée, vrillant de son écho les veines ensorcelées de Juvia.
« Gray-sama ? Souffle-t-elle.
La lueur pourprée de l'horizon se détache lentement du ciel saturé d'orage, tandis que les pourtours de la silhouette tant aimée se détachent de plus en plus nettement.
- Juvia veut savoir, affirme la magicienne en arrivant plus près de lui.
Et il reste immobile, sans ciller, pas un seul instant. Ses pas aussi se sont stoppés, comme s'il attendait depuis longtemps la venue de la jeune femme, comme s'il se résignait à cette confrontation ordonnée par le destin. Il pourrait fuir, mais à quoi bon ? Il sait qu'elle sera toujours là pour le rattraper. Pourtant, il ne prononce aucun mots, toujours dos à elle. Aucune parole ne franchit la barrière de ses lèvres. Peut-il vraiment aller à l'encontre de l'inéluctabilité de leur lien ?
- Gray-sama...
- Arrête de m'appeler Gray-sama, l'interrompt-il, et sa voix tonne comme un éclair.
Les mèches mouillées de ses cheveux se balancent, noires corbeaux, et se découpent proprement, scintillants d'une lueur argentée. Il attend. Il sait, il sait que le temps immuable aura raison de lui. Mais, aussi décidé soit-il à accepter la fatalité du destin, il n'arrive à laisser son cœur exploser et atteindre ses lèvres.
- Gray-sama dit ça quand il ne veut pas répondre, s'agace Juvia.
A cet instant précis, il retourne lentement son visage. Ses yeux gris se posent durement sur la jeune femme. Il ne peut rien dire. Et son regard lâche de menteur parcoure impassiblement l'apparition trempée face à lui. Gray veut s'enfuir. Gray va mentir. Parce qu'il a peur, peur d'admettre, peur de répondre à cette question qui lui est posée. Il ne peut pas être honnête avec elle. Parce qu'il ne l'est pas avec lui-même.
- Pourquoi Gray-sama ne répond pas à Juvia ? Couine-t-elle d'une voix aigue et remuée de sanglot. Gray-sama ne voit-il pas qu'il fait du mal à Juvia ?
Les larmes redoublent. Deux grandes aiguilles ont tissée dans ses yeux une mer argentée. Mais les ciseaux de la tisseuse on oublié de couper le cours de l'eau, et des larmes cristallines s'enfuient et courent le long de ses joues nacrées, le long de cette peau déjà inondé de pluie. L'incompréhension se teinte dans ses yeux. Les larmes sur le cœur du brun tombent comme une pluie, et dessinent une aquarelle invisible et mouillées, sillonnant le long de ses veines quelques nuances chatoyantes. L'eau sur ses sentiments édulcore les pétales colorés de son cœur jusqu'à les rendre transparents. Ses larmes brouillent un peu plus ses sentiments confus.
Pourtant elle vient et s'accroche à lui, les doigts crispés sur le tissu de sa chemise. Elle le serre si fort, d'une étreinte mouillée. Quelques soubresauts viennent secouer son corps et des sanglots prennent forme dans sa gorge. L'aime-t-elle ? Elle l'aime. Elle l'aime à s'en damner. L'aime-t-il ? Elle ne sait pas, et ces doutes font redoubler l'intensité de la pluie. La chaleur glaciale de l'homme immerge son corps, et son souffle vient percuter et froisser son vêtement. Une senteur de glace mêlée à la pluie s'introduit jusqu'à ses narines, les inondant d'un réconfort teinté de désespoir.
Elle l'aime. Elle l'aime et elle ne le lâchera jamais. Jamais, jamais. Qu'importe s'il reste immobile et muet à ses questions, elle ne le laissera jamais s'enfuir. Parce qu'elle l'aime ! Son cœur est vide sans lui, et son corps terni s'il est loin d'elle. Les arcs-en-ciel mourraient dans son âme si elle ne pouvait le retenir. Mais l'aime-t-il ? Il ne veut pas répondre. Il ment. Seul ce grand dos qui ne cille pas lui répond, hermétique à toute paroles. Ce large et puissant dos qu'elle presse davantage contre elle. Cette étreinte, c'est ce qu'elle ressent. Un besoin atroce et vitale de faire s'envoler quelques papillons dans son cœur.
Puis lentement, le mage de glace pose une main timide et légère dans le dos de la jeune femme, et pivote entièrement vers elle. Il la serre plus fort, encore plus fort. Il a peur de la briser, cette fille qui lui apparaît si forte et si faible à la fois. Il a peur qu'elle chute par sa faute et qu'elle se brise. Il a mal, mal de la voir souffrir. Pourtant, aucun mot d'amour n'arrive à sortir de ses lèvres. Il se contente de l'étreindre un peu plus, souhaitant que ses bras enlacés le long de son corps trempés lui offre la clé de ses sentiments. Est-ce donc l'amour ? Cette fragrance de pluie qui fait battre son cœur ?
- Je... J'aime pas quand tes yeux se remplissent d'eau, finit-il par bafouiller.
La jeune femme soupire.
- Chut. Gray sama doit fermer les yeux. Juvia va lui jeter un sort, dit-elle d'une petite voix amoureuse, tandis que les battements de son cœur s'effrenent un à un.
Toujours le regard baissé et baigné de larme, elle pose une main glacée sur sa joue.
- Quand Gray-s... Gray rouvrira les yeux, il saura. Il répondra à Juvia. Tu ne me... Mentiras plus. » Elle relève son visage et plonge ses yeux dans les siens.
L'instant suspend les mots de la mage d'eau dans le ciel, immobile dans la clarté de l'éther qui s'illumine de plus en plus. Les nuances violacées laissent place à la teinte d'un ciel d'été tandis que les nuages vermeils et la grisaille à ces mots s'enfuient. Il ne peut plus mentir. La jeune femme lui a jetée un sort. Il ne peut plus lui mentir, il ne peut plus se mentir. La magicienne contrôle déjà son cœur, à présent, elle contrôle son esprit. La pluie déjà s'est arrêtée, et il desserre son étreinte.
Et quand il ouvre les yeux. Le ciel est bleu, Couleur de l'Amour.
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« Est-ce le destin ? »
Le ciel est bleu.
Ses yeux gris comme les cieux,
Ses cheveux de l'azur des dieux.
« Qu'importe la longueur de la liste de tes maux,
ensemble nous parviendrons jusqu'à la fin. »
L'amour est bleu.
Comme le ciel,
Comme elle.
« Je t'aime. »
