LISTE DU CORPS ET DE L'ÂME
Recueil. Mais c'est un Cataclysme. Et j'ai mal. J'ai mal, mal, mal... La chair de mes bras se consume de Douleur, la peau de mes jambes flétrit, et l'intégralité de mon Corps s'effrite sous la caresse de mes doigts faits de Cendre et de Poussière. Puis mes yeux scintillent d'éclats pétillants de Larmes, contenues par trop d'orgueil : « Souffrance » articulent mes lèvres. « La Liste de tes Maux est aussi longue que le fil pourpre du Destin » répond alors mon Âme. LABEL SPPS !
Personnage : Meldy et Ultear M.
Genre : Family/Tragedy
Rating : K+
Disclaimer : Personnage à Hiro Mashima, texte m'appartenant
Thème : «Quel est donc le pouvoir des noms ? Comment expliquer qu'en entendant sans cesse un nom dans sa tête, on ait presque l'impression de serrer la personne dans ses bras ? »
Horaire : Samedi 29/06/13 de 18h à 19h
Participants : Adelheid, Aeliheart, Melody, Rouge, IrisJR
J'ai d'abord pensé : Mira, Angel. Mais bon, j'ai déjà donné. Alors j'ai pensé : Lisanna, Yukino. Puis non. Puis j'ai songé à Ul… Mais j'ai fait Ultear ! Cana. Lucy. Hibiki… Bref, y avait trop de perso. Finalement, j'avais une idée avec Juvia entre les scans 334 et 335… Mais je trouvais ça trop fatiguant à écrire, pour un thème d'une heure, ahah.
Donc voila Meldy, spoil scan 335. Ouais on parle encore d'Ultear mais bon… Puis leurs relation est super exploitable ! Ah, si vous êtes allergiques aux machins larmoyants, je vous conseille de partir.
JE CROIS QUE TU ES MORTE
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« Quel est donc le pouvoir des noms ? Comment expliquer qu'en entendant sans cesse un nom dans sa tête, on ait presque l'impression de serrer la personne dans ses bras ? »
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Ultear. Ultear. Ultear.
Ton nom résonne dans ma tête, et j'aimerais que ce simple prénom puisse te ramener à moi. Tu sais. Je crois que tu es morte. A chaque fois que je prononce ces quelques syllabes, j'ai l'impression que ton visage se matérialise dans mes yeux. Et que je suis capable de te prendre dans mes bras. Mais… Je crois que tu es morte. Et ca me donne envie de pleurer. Je vois les oiseaux dans le ciel, à travers la fenêtre exigüe. La fumée brillante dans la nuit s'envole dans les cieux comme les oiseaux, et j'ai l'impression que chaque syllabe de ton prénom me quitte à tout jamais, comme les sentiments de mon cœur s'enfuient avec mes larmes. Et je crois que tu es morte. L'heure blanche sonne, et à chaque coup de l'horloge, des soubresauts incontrôlables envahissent mon corps. Mes larmes forment un rideau d'argent devant mes yeux, une opaque et épaisse fumée de brouillard pailleté qui s'étend jusque dans mon cœur.
Ultear. Ultear. Ultear.
Mes yeux s'embuent sous l'onde plissée de l'eau, froide à présent, et mon cœur tout entier se refroidit. Je ne crois pas que tu puisses revenir. Je ne crois pas que tu es morte. Je sais que prononcer ton nom ne te fera pas revenir. Je sais que tu es morte. Pourtant tu es là, quelque part dans mon cœur. Et même si mes larmes coulent et emportent mon désespoir pour me laisser glacée d'un vide que tu ne peux plus combler, je sais que tu es là. Je sais que tu es l'une des étoiles scintillantes que j'aperçois dans le ciel et qui s'estompe un peu plus à chaque coup de l'heure blanche. Les aiguilles du clocher de Magnolia t'effacent et te soustraient à moi. Le temps que tu aurais voulu lacérer t'emporte enfin loin de cette vie.
Tu es morte.
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Sur les murs immaculés et vierges comme à présent la liste de tes mots, c'est comme si des photos défilaient une à une et chutaient. Et leur cadre s'explose contre le carrelage de la salle de bain, jonchant de leur éclat de verre les dalles bleutées recouvrant le sol, lacérant les maux disparus de celle qui voulait lacérer le temps.
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Tu sais, sous l'onde, mes cheveux nacrés de rose flottent jusqu'à la surface, tournoyant joliment, comme des serpents irisés dans la mer. Quand je plonge ma tête sous l'eau en rêvant simplement de pouvoir ne serait-ce que t'apercevoir à travers la limpidité de l'eau, je suis comme sourde au monde extérieur. C'est comme si mon corps s'éteignait lentement, progressivement, et la douleur m'enfonçant dans un coma fait de brouillard et de rêves. Je ne perçois que les battements de mon cœur et les ondes qui se propagent durement le long des parois blanches de la baignoire. Mes yeux s'embuent de larmes qui se mélangent à l'eau glacée, et je pense à toi, tandis que les souvenirs s'écrasent sur les murs vierges tels des feux d'artifices usés par les âges.
Mon amie. Ma sœur. Ma mère.
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Je te vois à présent devant moi. Etendue, le corps lacéré. Je sens la douleur monter jusqu'à ma gorge et mon cœur exploser, inondant mon être de sanglots. Je sais que je m'affaisse tout contre toi. Je suis seule, seule au monde. Tu m'as abandonné pour nous sauver. Il n'y a plus que ta chair calcinée, tes lèvres qui sourient une dernière fois. Moi, je t'aime, je t'aime, je t'aime. Je suis seule, tellement seule, Ultear ! Je te revois, Ultear. Juste, là, face à moi. Sur cette barque où j'apprends les mensonges, où tu lacère le factice et m'offre la vérité. Je te revois, face à moi, tandis que mon sang se glace dans mes veines. Tu es là, juste là ! Juste là, tu plonge la tête la première dans l'eau glacée. Et je suis pétrifiée de peur. Je ne veux pas que tu meurs. Malgré tout, je ne veux pas que tu meurs… Parce que je t'aime, Ultear !
Tu étais là, parmi les cendres et le feu. Tu étais là, tu m'as souri, m'a épargnée. Tu m'as emmenée avec toi. Les flammes dansaient et je pleurais, pourtant tu m'as recueillie. Au milieu du sang et des cadavres, Ultear, tu m'as pris la main. Tu m'as offert la vie, tu as séché mes larmes. Tu m'as embrassé le cœur avec un peu de chaleur au bout des lèvres. Maintenant, j'ai l'impression de sentir tes mains dans mes cheveux. Là, juste à cet instant. Je nous revois dans une autre baignoire, toi et moi. Tes doigts contre ma peau, ton sourire et tes yeux. Ta longue chevelure noire caressant mon corps. Tu t'occupais de moi comme une mère, ton regard pétillait. Ultear, Ultear. Si seulement prononcer ton nom pouvait te faire revenir….
On s'amusait bien, non, Ultear ? Je t'aurais suivi jusqu'au bout du monde s'il le fallait, enduré toutes les flammes de l'enfer ! Avec Gérald, on a crée Crime Sorcière. On s'amusait bien, non ? Pourquoi est-ce que tu as du nous quitter, Ultear ? Pourquoi est-ce que tu m'as laissé seule ? A présent des larmes trop amères coulent sur mes joues, et j'ai trop mal. Je pleure, je pleure ! J'aimerais te sourire tandis que tu t'enfuis dans le ciel, mais je n'en ai pas la force. Je m'en veux ! Je pleurais aussi, je criais. Tu étais ma seule famille et tu nous as quittés. Ta dépouille semblait me sourire, tandis que j'étais couchée tout contre toi. Ton corps était glacée par la mort, le temps de la vie ne coulait plus dans tes veines. Tout le monde s'est entassé autour de toi, te rendant un dernier hommage. Mais je m'en fichais. Je pleurais. Je voulais rester avec ton corps, murmurer ton nom jusqu'à ce que tu me rejoignes, Ultear. Mais tu n'es pas revenue. Je crois que tu étais morte. Je sais que tu es morte.
Alors, on a éparpillé tes cendres dans la mer. Tu n'as pas pu lacérer le temps pour la rejoindre, mais à présent, tu as sans doute pu la retrouver. Gerald ne cilla pas. Gray ne prononça aucun mot. Personne ne dit rien. Et mes yeux trop asséchés et bouffis de douleur n'ont pas pleuré. Mon bras n'a pas tremblé un seul instant lorsque j'ai déversé ton corps dans la mer. Les poussières violacées ont zigzagué dans le ciel pâle de l'heure blanche, valsant, jouant avec le vent, jusqu'à chuter sur l'étendue limpide de l'eau. Et tu t'es enfui, loin de moi, là où, même si je le voulais, je n'aurais pu te suivre. Tes yeux lilas et tes cheveux semblaient briller avec amour devant moi, comme si ton visage se dessiner sur la surface de l'océan. Et tu me regardais. Et tu me souriais. Et tu me quittais. Toi qui as tant souffert, commis tant de pêchés. Toi qui voulais lacérer le temps pour retrouver celle dont tu étais les larmes. Toi qui nous as sauvés. Tu as donné ta vie pour nous… Et je pleure à présent.
Ultear. Ultear. Ultear.
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Et maintenant... Que faire sans toi ? Nous voilà disculpés par le conseil, Gerald et moi. Nous sommes libres. Nous pouvons vivre le visage découvert. Mais tu n'es plus là. Et je préfèrerais vivre ma vie cachée que sans toi, Ultear… Tu nous as sauvés en te sacrifiant. Parce que tu n'avais plus le droit de vivre, c'est ça ? Sans ta mort, nous ne serions plus là. Mais rester sans toi est comme mourir une fois de plus. Tout est injuste, le destin est trop perfide. Je voulais vivre. Avec toi. Mes larmes coulent de plus belle le long de mes joues. Je sais que je dois remonter la pente et vivre sans toi, pour toi. De longues années sont encore devant moi. Mais pour le moment, je me laisse envahir par cette douleur sourde qui m'immerge. Parce que tu n'es plus là.
Mon amie. Ma sœur. Ma mère.
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Tout est rentré dans l'ordre, tu sais, tout le monde est sain et sauf. Je suis chez Juvia en ce moment même, dans sa baignoire, tandis que le soleil se lève à peine. Le seul blessé est mon cœur enduit d'une cicatrice que rien ne pourra jamais panser. Sur mes lèvres ta dernière heure sonne, puisqu'une larme salée vient s'abattre contre le sourire amer qui orne mon visage. Tu es partie vers l'endroit où mène le destin. Sans moi. La liste de tes maux s'est achevée. Pas la mienne. Je suis encore là, et les ciseaux d'argent restent immobiles à côté de la tisseuse de mon existence. Je me laisse engloutir sous l'onde de l'eau contenue dans la baignoire, tandis que les derniers coups de l'heure blanche sonnent et que le jour se lève. Les étoiles s'estompent dans le ciel et tu disparais avec la nuit. Je réfléchirai à ma vie sans toi plus tard… Ce matin, dans cette nuit qui s'achève et que le soleil se lève sur un monde où tu n'es plus là, je ne peux m'imaginer sans toi. Mais je dois vivre, n'est-ce pas ? Après tout, la terre tourne toujours, le temps enfonce ses aiguilles dans mes veines, sans cesser. Le monde continue d'exister. Sans toi. Pour moi aussi, il y aura un après.
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« Quel est donc le pouvoir des noms ? Comment expliquer qu'en entendant sans cesse un nom dans sa tête, on ait presque l'impression de serrer la personne dans ses bras ? »
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Ultear. Ultear. Ultear.
Sur mes lèves ta dernière heure sonne. Et tu n'es plus là. Et je suis là. Sans toi. Le dernier coup retentit, l'aiguille de l'horloge a finit de tourner pour toi. Le cadran annonce le lever du jour et tout es fini. Mes larmes chutent sur mon sourire. Ton nom sonne sur mes lèvres. Et ta dernière heure s'achève. Je me laisse engloutir par l'eau de la baignoire, fermant les yeux, laissant flotter les mèches de mes cheveux, tandis que sur les murs mes souvenirs s'affaissent. La lumière du jour les consume, comme elle efface les étoiles dans le ciel. Je ne vois plus ton visage, Ultear. Je ne sens plus ni tes sourires ni tes mains dans mes cheveux. Tu disparais. Et le temps poursuit sa course et la nuit se termine. Tout est fini.
Je te souris.
