Disclaimer : les personnages appartiennent aux Studios Marvel. Par contre, le script inepte de cette histoire est bien à moi !
Encore une fois, trop de choix et me voilà avec deux solutions ex-æquo ! J'avoue que vous m'avez surprise mes chéries sur ce coup-là… J'ai choisi de toutes vous satisfaire.
J'ai du retard pour ce chapitre, j'en suis désolée. Je reviens de vacances au soleil et d'un festival où j'ai carbonisé, mais j'espère que vous ne m'en voudrez pas.
Avec tout ce retard, je recule d'une semaine le chapitre 5, pour vous laisser le temps de voter !
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CHAPITRE QUATRE : MAYBE WE SHOULD TALK
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- Agent Romanov, nous devons agir.
Natasha acquiesça d'un signe de tête.
- L'équilibre de l'équipe est menacé par des querelles intestines, poursuivit son interlocuteur. Il est de notre devoir d'y remédier.
Il se tut quelques secondes, l'air vaguement embarrassé.
- Toutefois, je reconnais mon incompétence dans le domaine des relations humaines… Avez-vous une suggestion ?
Natasha eut un sourire espiègle en jetant l'une de ses dagues en l'air.
- Nous devrions en discuter ailleurs. Loin des oreilles indiscrètes, répondit-elle en la rattrapant entre deux doigts.
Elle remarqua avec plaisir la légère rougeur qui envahissait les joues de son vis-à-vis.
- Dans ce cas, je propose de nous retrouver dans un environnement neutre. Demain soir au restaurant, par exemple ? J'invite.
- Tant que ce n'est pas dans un indien, ce sera avec plaisir, docteur Banner.
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Le lendemain, Natasha choisit d'être coquette. Elle aimait bien Banner et avec son métier, elle était rarement invitée à sortir en agréable compagnie, que ce soit parce qu'elle effrayait la plupart de ses collègues ou parce que ceux-ci étaient dépourvus de toute subtilité. Aussi accueillait-elle avec plaisir cet intermède avec Bruce, qui lui donnait l'occasion de rappeler sa féminité aux autres membres de son équipe de machos invétérés.
Enfin elle exagérait.
Stark avait parfaitement remarqué qu'elle possédait une paire de seins.
Mais Stark était un petit crétin qui faisait n'importe quoi avec les femmes et s'amourachait des mauvais hommes.
Elle fixa ses cheveux roux d'une barrette avant de se trouver satisfaisante. Parfois, elle aimait pouvoir s'habiller correctement en dehors de ses missions sous couverture. Elle sourit à son reflet dans le miroir, attrapa sa veste et son sac à main puis quitta la chambre.
Dans le couloir, une voix l'intercepta.
- Tu sors ?
Et merde.
- Non Clint, je pars faire un tennis, répondit-elle en roulant des yeux.
L'autre esquissa une moue boudeuse et fronça les sourcils. Natasha soupira.
- Je vais au restaurant.
- Seule ?
Nouveau soupir exaspéré.
- Avec Banner.
L'archer afficha un air ébahi. Et un peu… triste aussi ?
Natasha n'avait pas le temps de s'attarder sur l'ombre qui traversa le regard de son coéquipier. Elle allait être en retard, mais elle se promit d'analyser la chose ultérieurement.
- Ah… murmura Clint en détournant le regard.
- Nous devons parler, Bruce et moi.
- Parler, hein…
L'amertume dans sa voix n'échappa pas à la jeune femme. Elle se sentit immédiatement mal à l'aise, sans trop savoir pourquoi.
- Je vais être en retard.
Il secoua la tête.
- Okay. Bon. Bah, bonne soirée alors.
Elle tourna les talons et gagna le salon, où l'attendait son cavalier du jour.
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- Tu es ravissante, ce soir, Natasha.
Elle sourit, presque gênée.
Il avait choisi un élégant restaurant de cuisine française, sans prétention, au troisième étage d'un immeuble au centre de Manhattan. Les plats étaient servis dans de fines assiettes en porcelaine blanche au liseré noir. Natasha appréciait le luxe discret de l'endroit et son ambiance sereine. Bruce était un bon juge des désirs des autres, contrairement aux apparences.
- J'aime beaucoup ce restaurant, dit soudainement le docteur avec un demi-sourire. Il est calme, je ne risque pas de voir l'Autre se réveiller dans un cadre aussi paisible.
Ah.
Elle n'avait pas pensé à ça.
Aucun rapport avec elle, donc.
Pour un peu, elle s'en serait sentie vexée.
Le dîner se déroula dans une ambiance charmante. Bruce, si on excluait certaines manières un peu rustres pour une société occidentale, s'avérait un homme plein d'humour, aux sujets de discussion variés et à la curiosité discrète.
Ça la changeait agréablement des blagues lourdingues de Stark, de la candeur de Steve ou la rustrerie de Thor, sans oublier la mauvaise humeur permanente de Fury.
Elle décelait pourtant au fond des prunelles un léger doute, une étincelle triste et perdue qui la touchait plus qu'elle ne devait l'admettre. Il y avait en lui une part de mélancolie profonde, que Natasha savait concentrée sur l'indésirable colocataire qui menaçait à tout instant de faire surface. Et même si elle sentait en lui la joie d'avoir enfin trouvé un endroit où se poser et où le Hulk était accepté presque comme un héros, même si les Avengers formaient une équipe soudée, dans ce combat contre sa moitié verte, Bruce était irrémédiablement seul.
A un moment donné, elle le sentit fragile. Plus qu'avant. Sur la défensive, comme si une fêlure s'était élargie dans l'armure du Docteur Banner. Elle s'alarma.
- Bruce, murmura-t-elle en avançant la main vers la sienne. Qu'y a-t-il ?
Leurs peaux se frôlèrent.
Aussitôt, le regard du médecin se voila. Il recula sa main brusquement. Natasha reposa la sienne, contrariée. Puis elle vit ses iris s'adoucir.
Il leva la main vers elle, approcha de sa joue.
- Tu as… du chocolat, ici, dit-il doucement.
Son pouce effleura le coin de sa bouche.
Il avait les mains chaudes.
Elle se sentit vaciller un instant sous la tendresse du geste. Elle n'avait pas le droit. Le quotidien d'une espionne ne devait pas s'embarrasser de sentimentalisme.
Et c'est elle alors qu'elle le remarqua.
Le minuscule éclat vert sur le cou de Bruce Banner.
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Bruce ne s'y attendait vraiment pas.
Certes Natasha était une femme magnifique, une espionne hors pair et une compagnie remarquablement agréable, mais il n'aurait jamais imaginé sentir son cœur s'emballer de cette façon au simple contact de sa peau sous ses doigts.
Au fond de lui, Bruce pensait encore à Betty, son ex-fiancée. Il ne savait pas ce qu'elle était devenue depuis qu'il s'était exilé, et il se sentait un peu coupable de l'avoir oubliée.
Bon, en même temps, il était occupé à sauver le monde d'une invasion extraterrestre conduite par un dieu cornu maniaco-dépressif, il ne pouvait pas être partout.
Et puis, s'il était parfaitement honnête, il devait bien s'avouer que le temps avait fait son ouvrage, estompant les souvenirs, la culpabilité, le manque.
De toute façon, il y avait Hulk, alors, à quoi bon ? Bruce s'était résigné à être seul.
Peut-être était-ce le poids de cette trop longue solitude, le manque de la chaleur d'une femme, d'un simple contact physique, humain, avec quelqu'un, qui avait rendu son cœur si sensible et ses sens si troublés. Peut-être qu'à force de s'isoler ainsi, il s'était rendu plus vulnérable aux caprices du corps et du cœur.
Peut-être que ça n'avait rien à voir avec Natasha, malgré son sourire charmant et sa conversation déliée, en dépit de tout ce qu'ils avaient partagé en terme d'aventures et de meurtrissures. Peut-être qu'il ne tombait pas vraiment amoureux, que ce n'était qu'une manifestation débile et profondément emmerdante de son psychisme sur son métabolisme.
Mais avec des peut-être, Bruce aurait transformé le Hulk en Schtroumf inoffensif depuis des lustres.
Parce que Hulk, lui, les "peut-être", il s'en tapait comme de son premier hochet – celui avant Loki, comprenons-nous.
Du coup, en sentant la peau douce d'une femme contre la peau de son hôte, et ce cœur qui palpitait dans la poitrine où il vivait, Hulk s'était senti tout revitalisé. Il fallait bien l'avouer, il s'ennuyait depuis que les extra-terrestres étaient rentrés chez eux. Il avait envie de s'amuser.
La fille était jolie, et le restaurant trop propre.
Hulk décida de sortir faire une promenade.
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Natasha ravala un cri, bondit en arrière avec la vivacité d'un serpent alors que la vaisselle blanche explosait sous la masse verdâtre de Hulk.
Elle vit les yeux paniqués de Banner avant que leur doux brun mordoré ne vire au noir d'encre. La douleur dans son regard la surprit.
Pour la première fois, elle se sentit impuissante.
Les quelques autres clients hurlèrent.
Les serveurs hurlèrent.
Les cuisiniers se brulèrent les doigts.
En quelques secondes, il ne restait plus grand-chose de la table en pin anglais ou de la porcelaine française. La baie vitrée se fissura également contre l'épaule du monstre.
C'est alors que Natasha remarqua ce qui clochait. Hulk ne grognait pas. Non. De toutes ses dents jaunies, Hulk lui souriait.
- Belle Tasha, gargouilla-t-il de sa voix rauque.
Elle en perdit tous ses réflexes alors que le monstre la prenait dans sa main et la plaquait contre son torse.
Le choc et la terreur passés, elle comprit.
Il lui faisait un câlin.
Mon dieu.
Que se passait-il dans le cerveau de Banner pour que le Hulk décide de lui faire un câlin ?
Elle n'eut pas le temps de se poser davantage de questions.
Hulk sauta par la fenêtre.
Finalement, elle se décida à hurler.
Lorsque Hulk s'arrêta enfin de courir, un sacré paquet de plafonds était à refaire dans New York. Natasha ouvrit les yeux pour se découvrir perchée en haut de la statue de la liberté. Et Hulk rugissait violemment vers le ciel. Baissant les yeux vers un sol qu'elle savait terriblement loin, l'espionne choisit de ne pas avoir peur. Elle ne le savait pas, mais l'alerte avait déjà été donnée et les Avengers étaient à leur recherche.
Alors elle parla. Longtemps. Elle raconta beaucoup de choses au géant vert excédé, sur elle, sur sa vie et son passé, sur les craintes qui l'animaient chaque jour. Au fond du monstre, elle savait que Bruce l'entendait. Elle savait aussi qu'il ne se souviendrait pas de tout ce qu'elle disait. Et quelque part, ça lui faisait du bien, à Natasha, d'extérioriser tous ces trucs qui lui obstruaient la gorge depuis des années et qu'elle se refusait à lâcher.
Bientôt, elle vit les yeux bruns remplacer les yeux noirs et les battements violents du cœur monstrueux s'atténuer. Dans un sursaut de lucidité, ce qu'il restait d'un Hulk apaisé jeta Natasha sur la corniche des visiteurs de la statue, et quelques minutes plus tard, un docteur Banner penaud se tenait à ses côtés.
- Je suis désolée, Natasha, vraiment. Je ne sais pas ce qu'il…
- Ce n'est rien docteur, nous avons des choses plus urgentes à gérer…
- Non mais vraiment, je tiens à m'excuser, en plus avec tout ça, nous n'avons pas pu discuter du sujet qui nous préoccupait et… Oh, mon dieu, je suis tellement désolé…
Bruce se répandait en excuses, se flagellant pour quelque chose dont il n'était pas vraiment responsable. La Russe avait l'impression d'observer un enfant. D'une certaine façon, cela l'attendrit.
- Bruce, vous êtes nu.
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Le restaurant était chic et visiblement désert.
Il donnait sur la baie illuminée de New York, l'eau miroitant jusqu'à l'horizon sous un ciel couvert de nuages. La carte semblait horriblement chère, et les serveuses trop jolies pour ne pas avoir été triées sur le volet.
Des bouquets de roses fleurissaient sur les tables recouvertes de nappes en dentelle blanche et Steve soupçonna immédiatement les couverts d'être en argent.
Curieusement, l'endroit affichait un petit côté rétro digne des années quarante qui plut immédiatement au super-héros, malgré le luxe ostentatoire du lieu. Il retrouvait une atmosphère qu'il aurait pu connaître à l'époque où il avait été sensé vivre. Et pour une fois, il ne se sentait pas observé, poursuivi par sa célébrité toute neuve et très embarrassante.
Ce qui ne l'empêcha pas de se sentir affreusement gêné lorsque la seule personne présente vint à sa rencontre.
Tony.
- Stark, je peux savoir ce que c'est que ça ?
Il brandit le petit papier blanc qu'il serrait dans sa main depuis près d'une heure.
- C'est une invitation, Steve. Au restaurant, répondit courtoisement Tony avec un sourire cajoleur.
Le blond roula des yeux exaspérés.
- C'est une carte au trésor, Tony.
- Le résultat est le même, rétorqua l'interpellé avec une parfaite mauvaise foi.
- Tu n'aurais pas pu m'inviter directement, comme tout le monde ?
La colère dans les yeux du capitaine fit ravaler son ironie au milliardaire. Il se mordilla la lèvre inférieure en baissant les yeux vers sa poche de veston.
- Ça ne vient pas de moi, Steve. J'ai reçu la même chose.
Tony lui tendit un carton similaire au sien.
"Oh" fut tout ce que le héros parvint à articuler.
- Nous sommes victimes de notre curiosité, rigola Tony, un peu gêné.
Steve se rembrunit.
- Puisque tu ne m'as pas invité et que tout ceci n'est qu'une supercherie, peut-être que nous pourrions rentrer ?
Il y eut comme un éclair de panique dans le regard de Tony Stark.
- Nous sommes là. La table est réservée. Autant en profiter non ? suggéra ce dernier en s'approchant d'une table pour deux à côté de la fenêtre.
Il vit le capitaine hésiter. Il tiqua un peu.
- C'est d'accord.
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- Natasha mais tu es folle ! Ou inconsciente ! Qu'est-ce qui t'as pris hein ? On s'est inquiété comme pas possible ! Merde ! Ça va pas de me faire des frayeurs pareilles !
Clint s'égosillait sur sa collègue depuis un bon quart d'heure au milieu du salon. Impassible, Black Widow l'admirait en train de se casser la voix, détaillant la courbe violacée de la veine sur son cou, ou la cambrure raide des muscles de ses épaules. Au fond, elle le trouvait plutôt sexy, quand il s'affirmait comme ça.
- Tu étais avec HULK ! Tu aurais pu mourir ! Pourquoi tu ne nous as pas appelés immédiatement ? Hein ? J'étais mort de trouille !
Mais quand un postillon de rage l'atteignit, elle décida qu'elle en avait marre de se faire injurier pour rien.
- Clint, ta gueule tu veux. Je dînais avec Banner, pas avec Hulk. C'était un accident et je vais bien. Je suis une grande fille, arrête de flipper.
L'archer s'interrompit net et son visage se ferma.
- Pourquoi, pourquoi est-ce que tu ne peux jamais considérer une seule seconde qu'il y a d'autres personnes que toi-même sur cette planète qui peuvent tenir un minimum à toi ?
Natasha pâlit et se tut.
Dans les dents, qu'il aurait pu dire.
Il se contenta de secouer la tête.
- J'ai eu peur, Tasha. Depuis Prague, je…
- Ne parle pas de Prague.
Une dague jetée en l'air, le silence trop pesant.
- C'est pour quoi, les fleurs ? demanda soudainement l'espionne.
A sa grande surprise, Clint devint écarlate. Il regarda longtemps le bouquet de fleurs blanches, orange et rouges qu'il serrait dans sa main depuis tout à l'heure, et eut une moue contrite à l'adresse des nombreux pétales écrasés au sol dans sa colère. Il se racla difficilement la gorge.
- C'est, euh… Hum… Pour toi.
Il lui tendit d'un geste brusque.
- Pour m'excuser. Et euh, aussi parce que je suis content que tu sois en vie.
Il grimaça.
- Et hum… Peut-être… je me disais que… Enfin… Tu m'accompagnerais au restaurant, un de ces quatre ?
Elle le fixait ave des yeux ébahis en saisissant le bouquet.
- Quand tu veux hein, je te laisse choisir le jour et même l'heure si tu veux, ajouta-t-il précipitamment.
Elle sourit.
- Clint, ce sont des chrysanthèmes*…
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- Tu m'évites Tony.
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Ne me prends pas pour un idiot ! Tu te lèves avant moi pour pouvoir disparaître dans ton labo, Pepper t'apporte les dossiers à examiner directement en bas, JARVIS te sert à manger dans le sous-sol et je te soupçonne même de dormir au milieu de tes machines ! La dernière fois, tu t'es même installé à l'autre bout du salon
- Bon, peut-être que je t'évite un peu, marmonna un Tony au pied du mur.
- Si c'est à cause de ce qu'il s'est passé la dernière fois…
Le brun rougit. Il avait fait mouche.
- Écoute Tony, tu n'es quand même pas con à ce point ?
L'autre releva la tête brutalement. Le capitaine venait de jurer. OHMONDIEU. Rien que pour ça, il pouvait propulser ce dîner dans son Top 10. Même si, bon, sur ce coup-là, c'était lui qui en prenait pour son grade.
Il soupira. Il était sûr que Steve voyait les choses sous le mauvais angle. Ce qu'il s'était passé dans sa chambre avait été… particulier pour le milliardaire. Au-delà des évènements, c'étaient les implications qui l'agaçaient au point de fuir leur origine.
- En plus, si nous sommes totalement honnêtes, il ne s'est pas passé grand-chose.
- On s'est embrassé Steve. Arrête d'utiliser des paraphrases.
- Et ça n'a pas été plus loin.
- Pas faute de l'avoir voulu, marmonna Tony dans son bouc.
Le blond baissa les yeux. Alors c'était ça.
- Tony… (Il hésita.) Tu dois comprendre que c'est difficile, comme situation, pour moi. Je n'ai jamais…
- Arrête.
Le ton de sa voix était tranchant.
- Je sais ce que tu as vécu, ou pas vécu. J'ai suffisamment plaisanté sur la question pour ne pas avoir besoin que tu me le rappelles. Et ne commets pas l'erreur de croire que tu es le seul à trouver cela compliqué.
Steve en resta bouche bée.
- Je ne suis pas sûr de comprendre. Tu ne m'en veux pas pour…
- Ça n'a rien à voir avec le sexe, Steve ! (le capitaine rougit.) Oh enfin ! Je suis Anthony Stark, ou IronMan, je suis un héros, un milliardaire, un génie et un dragueur. Et toi, tu débarques et BAM, comme ça, je vois tout ce que je pensais acquis s'effondrer comme un château de cartes. Et le pire dans tout ça, c'est pas que tu sois un homme, que tu aies en réalité le double de mon âge alors que tu en fais moitié moins ou encore que tu sois plus puceau qu'un nouveau-né, non. Non, le pire, c'est que tu es l'œuvre de mon père et que cet enfoiré, en plus d'avoir été un père merdique, continue de me pourrir la vie même après sa mort !
- Il pourrit un peu la mienne aussi, sur ce coup-là, tu sais, murmura doucement Steve en avançant sa main vers celle de Tony.
Le brun eut un regard soudainement très doux en lui attrapant les doigts.
- Steve, faut pas que tu le prennes mal. Mon père était un génie. Un connard de génie mais un génie quand même.
Tony pressa un peu plus fort la main du capitaine.
- Je trouverais une solution. Je te le promets.
- Ça n'est pas ce qui m'intéresse. Pas uniquement.
Stark haussa un sourcil.
- Arrête de fuir Tony. Tu ne m'auras pas. Je sais que tu t'en fiches que je sois un homme, ne me fais pas croire que tu n'as jamais… essayé, toi et ta curiosité malsaine. Y'a un truc qui cloche, et ce n'est pas non plus ton père.
Tony relâcha la main de Steve comme s'il s'était brûlé. Son regard se perdit sur les vaguelettes de la baie de Manhattan, et sur les lumières qui s'y reflétaient.
Le silence s'éternisa. Le blond se sentait presque gêné.
- Je n'ai pas envie de te perdre, murmura finalement le brun en fixant toujours l'horizon.
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-Mission accomplie ! s'écria Natasha en serrant la main de Bruce, assis à ses côtes sur le toit de l'immeuble d'en face.
La rousse replia ses jumelles.
- La situation semble à nouveau stable, sourit-elle. Pour le reste, seul l'avenir nous le dira.
Elle ne remarqua pas l'étrange regard que le docteur posait sur elle alors qu'ils s'apprêtaient à regagner la tour Stark qui brillait de milles feux dans l'obscurité.
L'avenir, hein ?
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Il était terriblement tard lorsque les deux hommes atteignirent enfin la tour Stark. Ils titubaient beaucoup en gagnant les étages, mais contrairement aux idées mesquines de quelques esprits déplacés, ils n'avaient pas bu.
Enfin pas trop, en ce qui concernait Tony, puisque le Captain était immunisé contre l'alcool, de toute façon.
De l'avis de son partenaire, c'était à la fois parfaitement injuste et incroyablement décevant. Comment un amateur de whisky tel que Tony pourrait-il survivre avec un homme qui buvait les liqueurs comme de l'eau ?
Mais revenons à nos super-héros.
S'ils trébuchaient, c'était tout simplement parce qu'ils étaient trop occupés à s'embrasser pour songer à regarder où ils mettaient les pieds.
C'était soudainement comme si toutes ces semaines de non-dits, toutes ces journées à s'éviter, s'étaient dissipés dans l'atmosphère tamisée d'un restaurant rétro. La chaleur des lèvres de l'autre, sous la peau, les mains passées sous les chemises, la brûlure du désir quelque part au creux ventre, tout avait effacé le spectre des doutes et des terreurs.
L'heure n'était plus à la spéculation, aux fuites et aux reculs.
Tony embrassait Steve, et Steve répondait à Tony avec la même ferveur incandescente, la même passion dans ses lèvres fermes.
Ils ne comprirent pas vraiment comment ils parvinrent à gagner la chambre de Tony. Il leur était soudainement impensable de se séparer pour la nuit, pas après tout ce qu'ils s'étaient dit ce soir, après les premiers aveux de Tony. Pas avec ce déferlement de passion dans leurs veines, cette avidité qui les rongeait comme s'ils cherchaient à rattraper le temps qu'ils avaient perdus à s'évincer comme des enfants.
Leurs langues semblaient ne jamais vouloir se séparer, et ils cherchaient leur souffle dans la bouche de l'autre, s'asphyxiant dans leur étreinte, s'aimant à en crever sans être seulement capable de se l'avouer à eux-mêmes.
Ils s'échouèrent sur l'immense lit de Stark, à moitié dévêtus déjà, et Tony referma ses bras sur le torse puissant du blond. Gémissant de frustration, il se sépara finalement de son capitaine et posa sa tête contre son épaule.
- Si mon père n'était pas mort, je le tuerais de mes mains, murmura-t-il dans le noir.
- Nous avons tout notre temps, répondit doucement Steve en glissant sa main contre la nuque de son amant retrouvé.
Enlacés, ils finirent par s'endormir, sombrant dans un sommeil paisible jusqu'à ce qu'un immense fracas ne les réveille en sursaut.
Le soleil pointait déjà son nez derrière les volets.
Ou plutôt derrière les vitres.
Ce qu'il restait des vitres et des volets, très exactement.
La moitié de la chambre était jonchée d'éclats de verre, la poussière noyant la pièce dans un brouillard crayeux.
Tony manqua de s'étouffer. Il en avait marre qu'on s'acharne à casser sa maison !
Et puis la fumée se dissipa.
Les deux super-héros bondirent sur leurs pieds avec ce qui leur restait de dignité au vu de leur tenue et dans un bel ensemble, se mirent en position de combat.
Tony jura, il ne portait pas ses bracelets Mark IV. Merde.
Car dans l'encadrement de ce qui fut autrefois une fenêtre, élégamment vêtu de cuir noir et de soie verte, tout paré d'argent, se tenait Loki, un doigt accusateur pointé sur la poitrine du Captain America.
- JE VOUS INTERDIS DE LE TOUCHER, hurla-t-il en désignant Tony du menton. TONY STARK EST À MOI !
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* Chrysanthèmes : pour celles qui ne connaissent pas le langage des fleurs, les chrysanthèmes sont les fleurs que l'on met généralement sur les tombes, lors des enterrements ou même plus tard. Les fleurs des morts quoi. Clint les trouvait jolies… (Ndlr : cet épisode est tiré de la vie réelle de l'auteur.)
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Bon, je voulais vous faire un lemon et puis finalement j'ai abandonné l'idée pour un truc bien plus rigolo au chapitre suivant ! Va falloir patienter encore un peu.
Encore désolée du retard mais pour me faire pardonner, ce chapitre est plus long que les précédents, soit huit pages au lieu de cinq et il se passe plein de trucs ! J'espère que vous avez aimé !
C'est donc l'heure du vote mes petits amis. Évidemment, nous allons ici parler de Loki, après une entrée pareille, on ne peut pas y couper !
a/ Loki se fait casser la gueule par Hulk, épisode deux.
b/ Loki défie Steve en duel pour la propriété de Tony Stark.
c/ Loki vient se faire récupérer par un Nick Fury en colère, avec l'aimable concours de Thor.
J'avoue que dans tous les cas on va bien se marrer les poulettes.
Des suggestions concernant Steve et Tony ? Concernant Bruce et Natasha ? Concernant Clint et Natasha ? A propos d'autres choses ? Je suis toute ouïe !
Dans le prochain chapitre, le 3 septembre, je vous attends avec un citron, Howard Stark, un casque à cornes et un paquet de guimauve.
Si vous trouvez des fautes, signalez-les moi, je n'ai pas de bêta sur cette fic ! Je vous aime !
Amy.
