Disclaimer : Les Avengers ne sont pas à moi, mais tout le reste… eh bien si. Tremblez mortels.
Le blabla de l'auteur : Et c'est reparti pour l'histoire habituelle. Attention, ça va dépoter sec, je vous le dis. On célèbre un retour à la normal et une publication incroyablement rapide.
Je n'ai eu que très peu de review au chapitre précédent, je sais que c'est parce que Feufeu interdit de commenter deux fois un chapitre et ma note d'auteur a tout fait foirer. J'étais triste, alors j'espère pour vous que vous profiterez de cette update plus rapide que la lumière pour me faire un double commentaire !
Je vous aime
Amy.
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CHAPITRE NEUF : REBORN
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Le nouveau fauteuil de Tony rendait fou la moitié des habitants de la Tour Avengers. Si le propriétaire de l'engin s'en délectait, et que Steve le couvait d'un regard attendri quoiqu'un peu exaspéré, les autres en revanche, élaboraient les plans les plus fous pour éradiquer de la surface de la Terre de fauteuil de malheur qui leur pourrissait la vie.
Clint voulait épingler Tony en haut d'un mur d'une flèche bien placée et balancer sa nouvelle invention par la fenêtre, mais Natasha objecta que connaissant l'ingénieur, il l'avait surement programmé pour pouvoir voler en pareilles circonstances.
Thor envisageait une bonne décharge électrique qui carboniserait cet appareil de malheur, mais Bruce lui rappela qu'avec Tony installé dedans, il risquait surtout de griller leur coéquipier.
Lui-même était partisan de lui subtiliser et de le dissimuler, mais JARVIS se manifesta à ce moment pour leur signaler qu'il entendait absolument tout et que de toute façon, c'était lui qui était chargé de la logistique de cette Tour et qu'il ne risquait pas de leur libérer l'accès aux autres étages si c'était pour faire une blague à son créateur qui pouvait vite tourner au désastre. Tony n'était, comme eux tous, pas à l'abri d'une potentielle attaque, et sans son fauteuil, il était plus démuni que n'importe qui dans l'équipe. L'ingénieur ne pouvait compter que sur ses robots et son intelligence en guise de superpouvoirs.
Ça calma rapidement tout le monde, et ils se résignèrent à supporter les courses en chaise roulante que Tony organisait avec lui-même, les bras articulés du fauteuil qui se dépliaient pour chaparder leur verre ou leur chatouiller les côtes. Ils acceptèrent les acrobaties aériennes auxquelles Tony se livrait sur le balcon du salon. Ils ne se mirent même plus en colère lorsque leur coéquipier se faisait plaindre et servir en raison de son nouveau statut, alors que son fauteuil-robot ultra-perfectionné aurait pu absolument tout faire à leur place à eux.
Après tout, Tony était comme ça. Un grand gamin au génie inégalé qui demandait plus que n'importe qui à recevoir l'attention… Il ne la méritait pas toujours, mais chacun apprenait à connaître Stark pour ce qu'il était sous l'armure. Sous ses allures de playboy pourri gâté et arrogant, l'inventeur avait un cœur, et un énorme. Un cœur tout fêlé qui cherchait autant l'affection que la reconnaissance qu'il n'avait jamais reçu dans son enfance, qui voulait se faire remarquer pour se faire accepter, et qui finalement, quand on creusait bien, était prêt à faire à peu près n'importe quoi pour aider ceux auxquels il tenait. Quand bien même il ne l'aurait jamais avoué, bien entendu.
C'était d'une certaine façon pour ça, qu'au final et en dépit de toutes les statistiques du monde, Tony Stark aimait tellement Steve Rogers. Avec ses quatre-vingt-dix ans décongelés et son calme mesuré mais attentif, le capitaine représentait finalement tout ce que Tony n'avait jamais eu dans son enfance. Un cadre défini et libre, où l'amour cohabitait avec le reconnaissance et le respect, où ses erreurs étaient réprimandées mais pardonnées. Malgré l'écart fondamental entre les deux hommes, ils parvenaient à trouver en chacun un contrepoids de ce qu'ils étaient respectivement, parvenant à s'harmoniser dans leurs ressemblances autant que dans leurs différences.
Ainsi, Steve avait appris à apprécier le sens de sacrifice de Tony, même si celui-ci l'envisageait toujours de manière à sauver sa peau quand Steve se serait jeté tête baissée dans les flammes. Il aimait le sens pratique de cet homme si intelligent, peut-être encore plus que son père. Il trouvait l'énergie de s'adapter à cette époque dont il ne connaissait rien en s'accrochant aux étincelles que semait Tony partout derrière lui, et Tony trouvait une certaine forme de repos, d'apaisement, entre les bras du super-soldat.
Pourtant, si tout le monde dans la Tour s'amusait et se délectait de cette idylle naissante, bien que Pepper s'inquiète un peu des réactions de la presse lorsque le secret s'ébruiterait – parce qu'il s'ébruiterait c'était une évidence – chacun sentait néanmoins un spectre lourd planer au dessus du couple de super héros.
Les immenses cernes sous les yeux de Tony témoignaient du manque de repos de ce dernier qui, en dépit de son accident peu de temps auparavant, avait déjà regagné son labo et ses expériences, et s'y acharnait plus que jamais. Bruce, silencieux à ses côtés, travaillait autant que lui, mais dormait davantage. La fatigue le rendait propice à s'énerver et il n'avait pas besoin d'une nouvelle manifestation du Hulk dans le laboratoire tout neuf réaménagé par Tony.
Des centaines de formules s'alignaient sur des centaines d'écrans de stockage de données, des dizaines de petites fioles s'entassaient sur les paillasses et les divers appareils de mesure clignotaient ou tintaient en rythme dans l'immense pièce destinée à la recherche. Néanmoins, les deux scientifiques le savaient : ils ne progressaient pas. A chaque fois, il manquait quelques choses dans leurs équations, dans l'antidote qu'ils essayaient désespérément de fabriquer.
Plusieurs fois, ils faillirent se décourager et Tony fracassa même une bouteille en la balançant contre le mur. Mais une parole apaisante de Steve ou l'éclat du sourire de Natasha au détour d'un couleur leur redonnait toujours l'envie de persévérer jusqu'à réussir. Ils savaient qu'ils se battaient pour leur propre avenir, et cela les motivait plus que tout. Chacun cherchait à se libérer de sa propre malédiction.
Mais s'ils avaient tous pensé pouvoir reprendre une vie à peu près normale après les dernières péripéties, en tout cas aussi normale que pouvait l'être une vie de super héros, c'était sans compter sur la présence à New York d'un Loki plein d'ennui.
X X X
Les immeubles, sur l'île de Manhattan, poussaient comme des champignons, se construisant étage par étage à la vitesse de la lumière, parfois plus rutilants encore qu'ils ne l'avaient été avant l'attaque des Chitauris.
Loki agitait les doigts sans y penser, installé les jambes croisés sur le toit de l'Empire State qui avait été épargné. Son menton reposait sur sa main libre, et, sans le léger mouvement de sa main gauche, on aurait pu croire qu'il dormait.
Il avait typiquement l'allure de ces étudiants qui viennent en cours pour ne rien en écouter, qui prennent des notes du bout des doigts et s'étonnent de faire des boulettes à l'examen. Sauf que Loki, lui, ne faisait aucune erreur. Aucun building ne s'effondrerait par inadvertance, aucune porte n'ouvrirait sur un mur et chaque couloir mènerait exactement là il était censé mener. Rien de tout cela ne demandait au Dieu de véritables efforts. Sa magie était bien plus puissante, au-delà de tout ce que les mortels pouvaient imaginer, pour que de vagues constructions la diminuent ou l'accaparent dans sa totalité.
Aussi, Loki s'ennuyait.
Et s'il y avait une chose que Loki haïssait, avant même Thor et Jotunheim, c'était l'ennui.
La moitié des mauvais tours qu'il avait pu jouer dans sa jeunesse lui avaient été dictés par l'ennui le plus pur, le plus total, qu'il pouvait connaître. Il n'était jamais rassasié de savoir, de connaissances, de pouvoirs. Son intelligence supérieure à la moyenne lui permettait d'apprendre à une vitesse phénoménale, mais personne, sur Asgard, n'avait assez de temps ou assez d'esprit pour le stimuler suffisamment longtemps, et briser la monotonie de sa pensée solitaire.
Alors Loki inventait mille et un stratagèmes pour piéger ses congénères, s'amusait comme un fou à employer le savoir qu'il acquérait par lui-même, et s'attirait les foudres de toute la société.
Ici, sur Midgard, la moindre petite blague causait des catastrophes incommensurables, et en plus, il se retrouvait obligé de les nettoyer. C'est pourquoi il s'ennuyait, perché sur ce toit.
Les Avengers n'avaient pas confiance en lui.
Bon, ils avaient raison, mais du coup, tous les trucs un peu fun qu'ils avaient l'air de faire au SHIELD ou contre les autres supers vilains lui étaient interdits.
Tony Stark sortait avec le super soldat, et ça lui mettait les nerfs en pelote.
Loki faisait partie de ces génies qui étaient intimement persuadé qu'être un génie rendait supérieur au reste du monde, et il ne comprenait pas que Stark ne lui accorde pas, en conséquence, tout l'intérêt qu'il méritait.
Entre génies, ils auraient dû se comprendre non ?
Encore plus entre génies à l'égo surdéveloppé, n'est-ce pas ?
Pour lui, Stark perdait son temps au bras d'un homme aussi dénué de subtilité que Steve Rogers. Encore, le docteur Banner, il aurait compris, sans le petit défaut caractériel de ce dernier. Mais Steve ? La seule personne de sa connaissance capable de rivaliser avec le Capitaine en terme de subtilité, c'était Thor. Et vraiment, ça n'était pas un compliment.
Loki, donc, s'ennuyait, et enrageait en même temps. Il voulait Stark. Il ne le voulait pas forcément comme tout le monde avait l'air de le croire, il ne le voulait pas sexuellement. Il voulait quelqu'un à qui parler sur un pied d'égalité, mais Stark et ses coéquipiers le détestaient cordialement. Loki, avant tout, cherchait un ami. Et il était fort regrettable que personne, absolument personne depuis sa plus tendre enfance, ne l'ait jamais compris. Que toutes ses tentatives pendables pour attirer l'attention de ses pairs n'étaient guidées que par cette volonté que quelqu'un finirait par le comprendre, l'aimer et l'accompagner dans son quotidien plongé dans l'ombre blonde de Thor.
Loki avait senti, perçu, en Tony Stark l'exact équivalent de lui-même. Un être hors du commun, à l'intelligence exceptionnelle, rejeté par son père, haï par ses contemporains autant qu'adulé par les femmes, dont la réputation s'était construite sur la vente d'armes mortelles et dangereuses – aussi mortelles et dangereuses que la magie et les mauvaises blagues de Loki.
Aussi, Loki, perché sur son building, réfléchissait à un nouveau moyen de conquérir le coe… la confiance de Tony (et si possible de tous les autres). Ça n'allait pas être facile, mais il était quasiment certain que son cerveau génial parviendrait à mettre au point un plan diabolique et sournois pour parvenir à ses fins.
Jamais Loki n'aurait imaginé qu'un peu de franchise et d'honnêteté aurait suffit. Pour lui, il n'y avait de réel accomplissement que si les choses lui avaient demandé un minimum d'effort. Il ne lui serait même pas venu à l'idée d'aller présenter des excuses aux Avengers et aux citoyens de New York. Essentiellement parce qu'il n'était pas stupide au point de croire qu'elles seraient acceptées.
Et soudainement, les rouages se mirent en place, les pièces du puzzle s'emboitèrent.
Son plan était en place.
Il n'avait plus qu'à essayer de ne pas tout faire foirer.
X X X
Lorsque Clint s'ennuyait, qu'il était confus ou dépassé par les évènements, lorsqu'il était triste ou en colère, il finissait toujours par s'enfermer au même endroit : la formidable salle de tir que Tony avait fait créer pour lui en quarantième étage.
Aujourd'hui, Clint ratait sa cible une fois sur cinq, ratait le cœur de la cible trois fois sur les quatre restantes et se donnait l'impression d'être redevenu un adolescent maladroit, aux mains tremblantes et aux pieds trop grands.
La sueur coulait sur son front et il avait l'impression que le monde tournait à l'envers.
Les souvenirs étaient revenus avec tellement de force, la veille.
Natasha lui avait raconté, ensuite, ce qu'il s'était passé avec Bruce.
Clint n'avait plus parlé.
Mais là, quand il y pensait, il avait l'impression de dégringoler du haut de son propre corps, et que son cerveau partait s'enterrer sous ses talons, terrorisé, glacé, perdu.
Il ne savait pas ce que Natasha voulait. Ce qu'elle avait voulu dire.
Il se revoyait, des années plus tôt, hanté par elle et ses cheveux trop roux dans les villes délabrées d'Europe de l'Est, et il se sentait totalement paumé parce qu'il la voulait toujours autant qu'avant, et qu'elle le faisait tourner en bourrique.
Il n'arrivait à en vouloir à Bruce. Après tout, qui n'aurait pas succombé au charme de Natasha ? Qui n'aurait pas craqué devant ce sourire de madone et des formes à damner un saint ?
Lui-même s'était perdu dans les yeux de Natasha, et s'il luttait depuis des années pour rester à la surface, un simple regard de sa part suffisait à le confondre. Sa tête, hier, sur son épaule, était la caresse la plus douce, la plus chaude, la plus intime qu'elle lui ait accordé au cours des dernières années. Clint en tremblait encore.
Il aurait voulu que tout soit clair, une bonne fois pour toutes, qu'il n'ait plus à tergiverser, balloté par les vents contraires de la volonté de Natasha, cette petite poupée russe dont il ne voyait jamais le bout.
Loin derrière lui, une porte claqua.
Lorsqu'il la relâcha, la flèche alla se planter dix bons centimètres à côté de la cible.
Alors Clint prit une énorme résolution.
X X X
Bruce n'était pas ce qu'on pouvait qualifier de stupide.
Quand Natasha s'était enfuie de sa chambre d'hôpital, il avait parfaitement compris que le moment n'était pas encore venu de révéler ses sentiments.
Mais Bruce n'était pas ce qu'on pouvait qualifier d'habile avec les sentiments humains.
Alors il n'avait sûrement pas saisi l'ampleur de la tempête qu'il avait déclenché dans l'esprit de Natasha.
Bien sûr, l'idée qu'elle ne veuille tout simplement pas de lui l'avait effleuré. Ça lui avait même broyé le cœur. Mais depuis qu'il avait rencontré la belle Natasha, Bruce faisait tout ce qu'il pouvait pour refouler cet atroce sentiment de n'avoir sa place nulle part, et que l'espionne, comme tous les autres, étaient probablement plus effrayée qu'autre chose par Hulk, par le monstre à l'intérieur de lui. Bruce ne voulait plus y penser.
L'air de rien, il s'habituait à cette vie en communauté. Il aurait cru être moins capable que cela de se contrôler. Et pourtant. Il aimait les petits-déjeuners silencieux, plus ou moins tous ensemble autour de leurs tasses de cafés sur l'immense bar de Tony. Il aimait ses journées enfermé dans le labo avec le génial propriétaire des lieux, penché avec lui sur des dizaines de formules compliqués, la sensation d'avancer avec lui, pour une cause commune. Tony reconnaissait son génie comme égal au sien, et cette entente qu'il tissait avec le milliardaire était comme un baume sur son égo en miette. Il avait enfin l'impression d'être utile, presque nécessaire, à quelqu'un.
Il y avait Thor, à qui il apprenait sans cesse de nouvelles choses sur Midgard, et qu'il considérait comme une sorte d'énorme labrador trop curieux et trop affectueux.
Il y avait Clint, qui l'adorait depuis qu'il avait encastré Loki dans le sol du salon. Bruce avait du mal à retourner à Clint sa familiarité, mais il adorait l'archer. Ils avaient parfois de passionnantes discussions, tard le soir, après un film, où ils disséquaient différents aspects de la psychologie de leurs coéquipiers. Clint était quelqu'un d'étonnamment subtil quand il le voulait bien, et les deux hommes s'accordaient un respect mutuel sans borne.
Il y avait Roger, dont il aimait le calme, la sérénité. Rogers apaisait sans vraiment le savoir le Hulk en lui. Apparemment, le Cap' faisait cet effet à tout le monde, puisqu'il était le seul avec qui Tony consentait à se taire, parfois. Steve avait cet aura apaisante de leader qui consolidait le groupe autour de lui. Il était totalement paumé dans le XXIe siècle, et ne comprenait pas la moitié des conversations en rapport avec les technologies ou les acteurs en vogue, mais Steve répondait toujours présent lorsque l'un d'eux avaient besoin de soutien. Steve était le genre de gars auprès duquel Bruce aimait s'asseoir dans le canapé, parce qu'il n'obligeait jamais personne à parler, et qu'il pouvait rester deux heures à regarder la télé pendant que le docteur lisait son journal sans jamais rien lui demander d'embarrassant. Au vu des personnalités présentes dans la tour, c'était un trait de caractère suffisamment unique pour être apprécié.
Et puis il y avait Natasha, et, Bruce le savait, au fond, c'était pour elle qu'il luttait pour trouver l'antidote aux rayons gamma. Il se disait que si le Hulk disparaissait, il pourrait avoir une chance avec elle. Son caractère fougueux, cette façon qu'elle avait de ne jamais avoir peur de rien, cette aura flamboyante tout autour d'elle le subjuguait. Elle était discrète et patiente, redoutable et efficace. C'était une femme exceptionnellement belle, et parfois, Bruce voyait en elle un peu de la petite fille triste qu'elle avait dû être avant de trouver sa place dans le monde, et il se sentait un peu comme elle dans ces moments là.
Quand Natasha revint le voir pour la première fois ces derniers jours, il retint son souffle suffisamment longtemps pour trouver le courage de l'inviter au restaurant.
A cet instant, au vu de la rougeur sur les joues de la jeune femme, il aurait déjà dû comprendre.
Il s'en voudrait pour longtemps, après cela.
X X X
Thor était peut-être un crétin, mais c'était un crétin sentimental. Il détestait rester fâché avec les gens qu'il aimait.
Et il aimait Loki, incontestablement, comme on aime un frère, même un peu encombrant et détestable. Thor ne parvenait pas à croire que son frère puisse réellement être l'abominable super-vilain que tout le monde s'acharnait à voir en lui.
Il tentait régulièrement d'aller le voir, pour un café, mais Loki le renvoyait en général violemment d'où il venait en lui hurlant qu'il détestait le café. Thor n'avait toujours pas compris pourquoi.
Aussi quand il apparut pour la cinquième fois sur l'Empire State Building aux côtés de son petit frère plongé dans ses pensées, son Thermos à la main, il fut extrêmement surprise de ne pas finir encastré dans un mur cette fois.
Loki agita vaguement la main dans sa direction pour lui signifier qu'il l'avait remarqué, mais il ne se mit à hurler de toutes ses forces, ne le transforma pas en cochon comme les quatre fois précédentes et n'essaya pas de le noyer dans son litre de café. C'était assez inattendu pour être souligné.
- Loki ? demande Thor. Est-ce que tout va bien ?
- Thor… murmura soudain Loki, comment fait-on pour conquérir le cœur d'un homme ?
La voix de Loki, si douce, si pensive, fit perdre pied à Thor. Le Dieu de la Foudre s'écrasa comme une mouette nouveau-né aux côtés de son frère, totalement abasourdi.
- Mais de quoi tu parles frangin ?
Le fait que Loki ne songe même pas à contester ce dernier point témoignait de l'état de trouble dans lequel il était plongé. Thor commença à s'affoler sérieusement.
- Thor, je crois que je suis amoureux…
Le maître du Chaos agita un doigt, fit repousser un building argenté sur le bord de l'eau, et tendit machinalement la main pour que Thor lui serve une tasse de café. Sans réfléchir, l'autre lui servit.
- Amoureux, mon frère ?
- Oui. Je crois avoir enfin trouvé mon égal sur votre monde minable.
- Tu parles de Stark ?
- Qui d'autre ? soupira Loki, une moue profondément triste peinte sur le visage.
Il but une gorgée de café.
- Mais enfin, c'est la troisième fois qu'il t'évince ! Il sort avec Rogers, tu sais.
Le regard que Loki lui décocha le fit taire immédiatement.
- C'est exactement ma question. Comment conquérir son cœur quand il appartient à un autre ?
Thor aurait dû se souvenir que les neuf royaumes, il n'existait pas de meilleur acteur, de meilleur menteur, que Loki. Le Dieu du Mensonge était probablement la drama-queen la plus crédible d'Yggdrasil, et s'il en avait parfaitement conscience, les autres en revanche, avaient une très forte tendance à l'oublier. Ce fut la raison pour laquelle il tomba à pieds joints dans le piège.
- Il faut lui faire la cour ! De façon délicate et attentionnée ! Stark est quelqu'un de très indépendant, mais il aime avoir l'attention sur lui. Des cadeaux lui feraient très sûrement plaisir ! Il est du genreà aimer les guerriers aussi.
Loki soupira dramatiquement, les yeux dans le vague. Il était très satisfait de sa manœuvre.
- Il n'acceptera jamais rien qui vienne de moi, tu le sais… Pas plus qu'il n'acceptera de me voir, moi…
Il ressemblait à un petit chiot perdu, et il savait que son grand crétin de frère ne résisterait à cette petite moue désespérée sur son visage. Le blond était tellement prévisible.
- J'ai une idée, Loki ! rugit Thor. Si c'est moi qui t'amènes, ils n'oseront jamais me contredire ! Je suis leur ami !
Loki réprima un rictus satisfait. Un vrai crétin. Il allait pénétrer en plein jour sur le territoire des Avengers.
Son plan prenait forme.
X X X
[Un peu plus tôt dans la journée ]
- Natasha !
La voix de Clint résonna dans le couloir. L'espionne se retourna d'un geste vif, et son regard s'adoucit. Clint restait immobile au bout du couloir. Il avait croisé les bras, et elle distingua clairement le geste nerveux que son pied dessinait sur le sol.
Elle s'approcha de lui.
- Qu'est-ce que tu veux, Clint ?
« M'offrir des chrysanthèmes ? »
Clint eut un petit sourire triste.
- J'arrive pas à tirer correctement aujourd'hui Tasha.
Elle haussa un sourcil, comme pour dire « et qu'est-ce que j'y peux ». En réalité, elle était bien plus surprise que ça, parce que Clint qui ne pouvait plus tirer, c'était comme arracher le réacteur ARK de la poitrine de Tony Stark.
- Je… Enfin… Je voudrais te parler.
- Je t'écoute.
Il s'empourpra légèrement.
Il ne rougissait que lorsqu'il lui parlait, et au fond, elle trouvait cela terriblement drôle.
Drôle et attendrissant.
- Non… Je… Enfin, pas ici quoi… Je voudrais te parler en privé.
Elle ouvrit la porte de sa chambre.
- Eh bien viens, alors.
Il ferma les yeux trois secondes. Elle le sentait perdre pied.
- Non ! cria-t-il, totalement gêné. En fait, je pensais plutôt, tu vois, hors de la Tour… Genre… en ville… Enfin… tu vois quoi.
- Tu veux m'inviter au restaurant, Clint Barton ?
Elle souriait intérieurement. Il ouvrit les yeux, l'air profondément mal à l'aise, et malheureux. Il avait tellement peur qu'elle refuse.
- Euh ouais, ouais voilà…
- Eh bien demande, alors. Qui sait, je pourrais bien dire oui ?
Enhardi par son petit sourire en coin et l'étincelle dans ses yeux, Clint osa.
- Natasha, tu veux bien venir au restaurant avec moi, demain soir ?
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Ouais, bon, la construction de ce chapitre EST douteuse, mais je voulais impérativement conclure sur la demande de Clint ! o/
Ça va roxxer dans le prochain.
Ce chapitre est très psychologique, je l'avais prévu comme ça depuis un moment. Je pensais qu'un point était nécessaire sur les différents rapports des uns et des autres, d'autant qu'au chapitre 10… Thor va faire une découverte révolutionnaire.
Bon, nous sommes presque toutes en vacances, donc je compte sur vous et vos reviews pour me soutenir alors que je dépéris chez ma grand-mère dans la campagne ! Je profite de la connexion du voisin pour vous poster ce chapitre !
Et comme vous n'avez pas pu voter dans le chapitre d'avant, le vote reste le même ! Alors, Clint ou Bruce avec Natasha ?
Comme le chapitre 10 est déjà scénarisé, on devrait normalement se retrouver dans une dizaine de jours avec : Loki, un coup de foudre et un coup blues, des invités indésirables et une vraie patate qui vole…
SAUVEZ UNE FICTION, LAISSEZ UNE REVIEW !
Amy.
