CHAPITRE 2
Newt avait passé la nuit à écrire encore et encore le dernier chapitre de son roman sur son ordinateur. Il l'avait peaufiné pour le rendre absolument parfait, mais les onze heures du matin sonnaient déjà et le résultat ne lui plaisait toujours pas.
Le blond jeta un coup d'oeil à son montre et se leva en soupirant, s'étirant lassement. Heureusement que le café existe, se dit-il en rejoignant la salle de bain. Là, il se passa plusieurs fois de l'eau fraîche sur le visage et se regarda longuement dans le miroir.
Des cernes violacées se dessinaient sous ses yeux fatigués. Newt ôta ses vêtements rapidement et rejoignit la cuisine complètement nu. Il se prépara un thé amplement mérité et partit pour une longue douche chaude.
Lorsqu'il en sortit enfin, midi sonnait. Buvant son thé, il reprit place devant son ordinateur et vagabonda sur les réseaux sociaux et sur l'actualité du monde. Il éteignit peu après son appareil, ne voulant plus entendre parler de son chapitre pour la journée, estimant en avoir eu assez.
Newt avait toujours voulu être écrivain, d'aussi loin qu'il pouvait se rappeler. A la mort de sa mère, il s'était réfugié dans l'écriture de poèmes, de petites histoires, de fictions, dans l'espoir de se changer les idées et de penser à autre chose qu'à la douleur.
Son repas terminé, le britannique remplit rapidement son lave-vaisselle et enfila ses chaussures. Il enfila son long manteau marron, ses gants et son écharpe avant de sortir de son appartement et de verrouiller la porte.
L'endroit n'était pas très grand, constitué d'une salle de bain, d'une chambre et d'une grande pièce contenant la salle à manger et le salon, avec petit coin cuisine. A son arrivée aux Etats-Unis, le blond avait rencontré Jane, la propriètaire, une vieille dame de 82 ans, avec qui il avait sympathisé. Celle-ci lui avait alors proposé un appartemment et l'anglais n'avait pas hésité. Trois ans après son emménagement, il gardait un lien amical avec la dame, avec qui il passait ses jeudis après-midi à parler de leur pays natal commun.
Malgré l'heure assez matinale, le ciel était gris et il faisait assez sombre dans les rues de Manhattan. Newt remonta son écharpe et avança vers le CC°Jitters en regardant les flocons tomber sur le trottoir. Une fine pellicule blanche recouvrait déjà la ville, l'habillant d'une certaine élégance.
Après une dizaine de minutes de marche dans le vent glacial, le britannique arriva enfin. Comme il l'attendait, Minho était déjà là, assis à une table du fond de la pièce, lisant quelque chose sur son téléphone.
- Salut, dit le blond en s'asseyant en face de son ami. Comment ça va ?
- Ca va. Thomas va pas tarder à arriver, annonça t-il en posant son téléphone verrouillé sur la table. Je t'ai attendu pour commander.
- C'est gentil, répondit le blond en retirant son manteau et ses gants.
Le brun se chargea de faire rappliquer le serveur tandis que Newt regardait les gens présents dans le café. Son regard s'arrêta sur un petit garçon assis près de là, sur une chaise bien trop haute pour lui, qui essayait de ramasser sa peluche tombée au sol. L'anglais se pencha pour la ramasser et lui rendit avec un sourire.
- Tiens, dit-il en souriant.
- Merci monsieur, répondit le petit garçon timidement, souriant doucement à Newt.
Ce dernier se reconcentra sur son ami en souriant, croisant les bras sur la table.
- Vous désirez ? Demanda la serveuse en souriant.
- Un café noir pour moi, avec un sucre, et un thé au citron pour mon ami, répondit Minho.
- Je vous apporte ça de suite.
La jeune femme dont le badge indiquait "Mary" s'éloigna en souriant tandis que les deux garçons se renconcentrèrent sur la raison de leur venue.
- Ton ami va bientôt arriver ?
- Ouais, il arrive, commença l'asiatique. Il voulait venir à pied pour se familiariser mais il habite à une vingtaine de minutes d'ici, et en plus s'il se perd... On est pas sortis !
Les deux amis rirent ensemble tandis que la sonnette d'entrée du café retentit.
- Tiens, le voilà, dit Minho en regardant Thomas entrer dans le café.
Celui-ci rejoignit rapidement les deux jeunes hommes à leur table et prit place à côté de Minho tandis que la serveuse déposait leurs boissons sur la table.
- Un chocolat chaud s'il vous plaît, demanda Thomas poliment en retirant son bonnet et ses gants.
Newt le détailla rapidement, une impression de déja-vu le dérangeant légèrement. Les cheveux de Thomas étaient légèrement décoiffés par le bonnet qu'il portait et retombaient sur son front. Il avait le bout du nez rouge, signe du froid hivernal qui régnait à l'extérieur, et les doigts bleutés.
- Salut Minho, dit-il en échangeant une poignée de main avec celui-ci et de retirer son manteau. Je suis Thomas, enchanté.
Le brun tendit la main à Newt qui lui offrit une poignée de main en le regardant dans les yeux.
- Salut, je m'appelle Newt. Enchanté également, répondit-il avec politesse et sincérité.
Le blond lui fit un sourire qu'il lui rendit chaleureusement. Il lui lâcha finalement la main, ne le quittant pas du regard.
- Je suis désolé, on ne se serait pas déjà vu quelque part ? Demanda t-il d'un accent britannique très prononcé.
- Il vient d'arriver en ville, corrigea Minho.
L'anglais hocha la tête, ne voulant pas troubler ce nouveau venu ou le mettre mal à l'aise.
- Alors, vous parliez de quoi ? Demanda t-il, portant la tasse de chocolat chaud fumante à ses lèvres.
- De toi, en fait. Et de ta manie de te perdre tout le temps et partout ! Plaisanta Minho.
- Je ne me suis pas perdu, corrigea le brun, j'ai juste essayé plusieurs possibilité de chemins en essuyant quelques échecs.
Les deux amis rirent ensemble tandis que Newt bût une gorgée de son thé en souriant.
- Alors, d'où est-ce que tu viens, Thomas ?
- De la Californie, répondit-il en souriant. De Los Angeles, plus précisément, comme Minho. On était au lycée ensemble.
- Ah oui ? C'est comme ça que vous vous êtes rencontrés ? Demanda Newt, touillant son thé.
- En fait, on était tous les deux dans l'équipe d'athlétisme du lycée. Minho en était le capitaine et me torturait sans arrêt ! Le brun se mit à rire, suivit de Minho qui lui mit une tape sur l'épaule.
- Ça, c'est parce que t'étais nul pauvre tâche !
Les deux amis rirent de plus belle, observés par Newt qui souriait. Il était ravi de voir Minho si joyeux et complice avec son ami d'enfance.
- Mais plus sérieusement, on est finalement devenus amis après s'être battus des mois pour la même fille, et à la fin du lycée je suis parti dans une école d'Art à Los Angeles tandis que Minho est venu faire sa formation sportive ici.
- Et d'ailleurs, j'ai eu la fille, s'exclama Minho fier de lui. C'était quoi son nom déjà ? Sarah, Sophie..
- Sofia, corrigea Thomas. Je vis en colocation avec elle.
- Putaaaaain, s'enjoua l'asiatique. Elle est toujours aussi canon ?
Le blond les écouta décrire cette fille prénommée Sofia avec un goût amer dans la bouche. Il savait que Minho aimait beaucoup plaire aux femmes et les draguer mais n'appréciait pas toujours sa façon d'en parler. Non pas qu'il était vulgaire ou misogyne, mais le fait était que l'asiatique adorait les décrire.
- Et donc.. Pourquoi venir ici ? Demanda le blond, coupant leur discussion futile.
- Ouais, euh.. J'ai été engagé dans une boîte de publicité. Je vais dessiner les logos, aider à imaginer les pubs, tout ça quoi. Du graphisme.
- Ça a l'air génial, répondit le blond en souriant, ravi d'avoir mit fin à leur conversation et avide d'en savoir plus sur ce charmant nouveau venu.
- Et toi, qu'est-ce que tu fais ? Demanda Thomas en buvant une gorgée de son chocolat.
- Newt est un génie, s'écria Minho. On a de la chance qu'il s'intéresse au petit peuple, se moqua t-il.
- Ne dit pas de bêtises, Min'. En fait, je suis écrivain, rien de plus. Je vais passer un entretien pour décrocher un stage avec JK Rowling, l'auteur des Harry Potter, demain matin. Si je suis pris, je serais avec elle jusqu'à la fin janvier.
- Ah oui ? C'est vraiment super, je suis sûr que tu l'auras.
- Oui, j'espère, répondit-il en souriant.
Newt était très agréable à Thomas. Il le trouvait humble malgré ses réussites, mais un peu timide, peut-être car ils ne se connaissaient pas encore très bien. Malgré tout, il l'appréciait pour sa sincérité et pour la façon directe avec laquelle il avait coupé court à une conversation légèrement misogyne dont Thomas n'avait pas eu envie de faire partie.
Pour Newt, c'était pareil. Il trouvait Thomas drôle et charmant, beau et sympathique. Il se sentait déjà proche de lui alors qu'il était là depuis dix minutes, et aimait ce sentiment.
- Peut-être qu'un jour je finirais par faire les dessins d'un de tes best-sellers, plaisanta Thomas.
- Tu seras mon premier choix, répondit le blond, tandis qu'un sourire étirait ses lèvres rosées.
A cet instant, quelque chose s'était créé, et Minho n'en avait pas loupé une miette.
Une heure et demie plus tard, Newt profita du côté dragueur de Minho -qui était partie draguer une jeune fille au comptoir- pour en apprendre un peu plus sur Thomas.
- Il est vraiment pas possible, se moqua ce dernier en regardant son ami faire un numéro de charme à la jolie demoiselle.
- N'est-ce pas, répondit Newt en suivant son regard, avant de le reporter sur son compagnon. Et toi, tu as une copine ? Sofia, c'est ça ?
- Sofia est mon amie d'enfance, ma meilleure amie. Elle m'a accueillie chez elle mais on ne sort pas ensemble, elle n'est pas vraiment mon genre.
- Tu as pourtant été intéressé par elle, non ?
- En fait, je suis gay, répondit Thomas avait toute l'honnêteté du monde et un ton direct incroyablement fier.
- Ah oui ? Demanda Newt, ne pouvant retenir un sourire.
- Oui.
- Eh bien.. Je trouve ça vraiment très courageux de l'affirmer haut et fort.
- Merci, Newt, répondit le brun en souriant.
Intérieurement, Newt fût très heureux de la nouvelle, et très admiratif de la façon avec laquelle Thomas le revendiquait. Lui, n'avait jamais osé en parler à personne, ayant peur de perdre tous ses proches d'un coup. Il préférait se renfermer sur lui-même.
- Et donc, tu bosse sur quelque chose en ce moment ?
- J'essaie de terminer mon bouquin, à vrai dire. Je ne sais pas comment le clôturer.
- Je comprend ça, répondit Thomas. Mais ne te met pas la pression, tu écriras quelque chose de superbe, j'en suis sûr.
Le blond sourit devant la gentillesse de cet inconnu qu'il avait l'impression de connaître par cœur et le remercia. Minho revint finalement, un sourire scotché sur le visage.
- Je l'ai eu les gars, j'ai son numéro !
Les deux amis se mirent à rire tandis que Minho se rasseyait fier de lui.
- Tu es irrécupérable, plaisanta Newt.
- C'est clair, répondit Thomas en riant.
Une dizaine de minutes plus tard, Minho dû partir et les deux jeunes hommes décidèrent d'en faire autant.
- Bon, on se dit à bientôt, alors.
- Oui, répondit le brun. Tiens moi au courant pour ton stage, d'accord ?
- Je le ferais, dit Newt en souriant, touché par cette attention. Au revoir, Thomas.
- Au revoir Newt.
Et voilà pour le deuxième chapitre ! N'hésitez pas à me donner votre avis en commentaire :)
Beaucoup de modifications par rapport au OS! Une review = un sourire :)
