Chapitre 6


Mon regard se tourna vers Bones. Elle était allongée et savait que j'avais le nom de son agresseur. Elle pleurait silencieusement, je savais qu'elle ne supportait pas lorsque je voyais ses moments de faiblesse. Je savais qu'elle n'aimait pas que je la vois ainsi, comme une victime, comme une personne fragile qui avait besoin d'aide et de protection.

- Est ce que... Est ce que c'était la première fois qu'il vous frappait ?

Bones détourna le regard, son regard divaguait dans le vide. Elle avait du mal a se concentrer. Elle avait du mal a me regarder.

- A ce point là, oui.

- Que voulez vous dire ? Demandais-je.

- Il m'avait tordu le poignet une fois et il m'avait poussée. Rien de grave.

Je ne comprenais pas. Bones n'était pas le genre de personne à se laisser faire. Elle qui connaissait les arts martiaux et les pratiquait n'hésitez jamais a se servir de ses connaissances pour se défendre. Pourquoi l'avait elle laisser faire ?

- Pourquoi n'avez vous rien dit ?

- Comme je l'ai dit ce n'était rien de grave. Pourquoi vous en aurais-je parler ?

- Parce que je suis votre ami. Et votre partenaire.

- Vous auriez fait quoi contre lui ? C'est votre patron. Et cela ne vous regardait pas. Ca ne vous regarde toujours pas d'ailleurs.

Bones ne voulait pas me laisser l'aider. Mais elle allait devoir se faire à l'idée.

- Je ne vais pas vous laissez tomber.

- Vous l'avez déjà fait. Répondit elle sèchement. Ne vous gênez pas. Je n'ai pas besoin de protection. Ni d'aide. Ni de pitié.

- Eh bien, il faudra vous faire à l'idée. Je serai là tout les jours. Tant qu'il n'a pas été arrêter, et tant que vous êtes toujours blessée.

Bones poussa un long soupir avant de tourner la tête et de regarder dehors, à nouveau. Je pris la chaise et l'approcha du lit. J'avais besoin de tout assimilé. Andrew Hacker, ce collègue avec qui j'avais travailler pendant de si nombreuses années, cet homme dont j'avais été si jaloux, dont je voulais prendre la place... Je me sentais coupable. Tellement coupable. Je n'avais pas laisser Bones entrer la veille certes, mais je n'avais rien vu. Rien deviner. Rien compris. J'étais pourtant entrainé a voir ce genre de détail, j'étais un excellent agent du FBI. Comment avais je pu rater ça ? Comment avais je pu rater les signes que Bones envoyait volontairement ou involontairement ? J'avais failli a ma mission d'agent, et mon rôle d'ami, de partenaire.

Le temps passait et je passais chaque jour auprès d'elle. Je pouvais voir qu'elle le remarquait car sa colère semblait diminuer. Mais elle était toujours renfermée. Elle ne parlait jamais de son agression. De son viol. D'ailleurs, si le médecin ne me l'avait pas dit, je n'aurais pas su. Personne à part moi savait. Je pensais n'avoir aucun droit à l'annoncer aux fouines. Si Bones voulait qu'ils le sachent, alors elle le déciderait. Je ne devais pas prendre cette décision pour elle. Mais quelques signes me le rappelait souvent. Lorsque l'on s'approchait trop près d'elle, ou lorsque Angela l'enlaçait, Bones se figeait. Je pouvais voir dans ses yeux qu'elle rejouait dans son esprit chaque moment de son agression. Parfois, elle ne pouvait s'empêcher de pleurer. J'aurais aimé pouvoir l'enlacer. Mais sa récente agression et sa colère toujours présente m'en empêchaient. Je ne voulais pas lui faire de mal. Je devais regagner sa confiance. Je savais que cela serait une chose périlleuse et longue. Bones avait du mal a faire confiance. Mais je savais qu'il fallait que je retrouve sa confiance. Pour elle. Pour moi. Mais surtout pour nous.