《白龍傳》
« La Légende du Dragon Blanc »
Lordess Ananda Teenorag
Titre :《白龍傳》« La Légende du Dragon Blanc »
Auteur : Lordess Ananda Teenorag
Série : Inazuma Eleven Go
Genre : Suspense, Crime, Supernatural
Résumé : La Légende du Dragon Blanc. La tortueuse histoire d'amour entre un esprit et un mortel, que découvre le meilleur des Agents d'Elite du Cinquième Secteur. Un Livre mystérieux qui retrace sa vie… et le mène au cœur de l'Organisation.
Personnages principaux : Bailong 白龍 (Hakuryuu), Tezcat (Shuu)
Personnages secondaires : Zhuge Liang (Koumei Shokatsu), Victor Blade (Kyousuke Tsurugi), Njord Snio (Yukimura Hyouga), Sol Daystar (Taiyou Amemiya), Goldie Lemmon (Kinako Nanobana)
Pairing principal : Bailong (Hakuryuu) x Tezcat (Shuu)
Pairings secondaires : Bisexualité de Bailong en général.
Note : Extraits (remaniés) du roman La Légende du Serpent Blanc《白蛇傳》Baishe Zhuan. Extrait remanié de l'article du Wikipédia chinois (维基百科) le présentant.
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第三 : 龍團 L'Alliance du Dragon
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« Bonjour, Astral. Je suis content de te voir. Je t'attendais depuis un certain temps. Ravi de faire ta connaissance. J'ai de grands projets pour toi, sais-tu ? »
Soudainement menaçants, des individus en costume noir m'entourent sans aménité, avec – à leur tête – un homme flanqué d'une tignasse brune de punk, et d'un sourire de Bad Boy.
Purée, c'est possible d'avoir une coiffure pareille ?
« Oh ? Et… est-ce que ces projets comprennent, par exemple… de se faire tuer, enlever ou torturer ? Parce que, comme qui dirait, je ne suis pas très fan de SM pour espions. Sans vouloir vous contrarier, bien sûr. »
Allez, une pointe d'humour, et tout ira bien. Ou pas.
« Eux ? T'inquiète. Ils sont là pour assurer ta protection. En fait, on doit se rendre au QG. Le Réseau Anti-Alliance du Dragon doit traiter avec toi. »
Le Réseau Anti-Alliance du Dragon ? Tiens tiens tiens… mes oreilles ont capté la bonne info.
« Donc, Monsieur le Punk, vous êtes en train de me dire que vous faites partie d'un Réseau qui lutte contre l'Organisation – le Gang souterrain le plus terrible du monde. Et que vous voudriez que je vous croie, comme une fleur. C'est ça ? »
« Ouaip. »
Purée, ça c'est franc, au moins. Alors que je suis occupé à assimiler cette insolence, il poursuit comme une fleur.
« T'es plutôt rapide d'esprit, pour un gars qui a une coiffure aussi tarte et une tête aussi enflée. Pas trop mal, pour un petit jeunot d'Agent. D'ailleurs… »
C'est l'Agent qui se fout de l'Organisation, ou quoi ? Ma coiffure est… !
« …d'ailleurs, pour te prouver ma bonne volonté, je t'invite à t'asseoir pour te donner toutes les réponses aux questions que tu me poseras. Tiens, mets-toi à l'aise. Je te fais venir de quoi te désaltérer. »
…parfaite, ma coiffure, PARFAITE !
« Dites, demander à vos invités s'ils ont envie d'être là, ça vous arriv-… »
« Bon, tu veux boire quoi, tête de pastèque ? »
Tête de… QUOI ?! Je suis tellement occupé à m'étrangler de douleur et de choc (pour mon égo, merde !), que j'en oublie totalement ce que je dis.
« … »
« De l'eau minérale, donc, pour le gamin. Il doit pas être encore majeur. »
Je fulmine tellement, que j'en oublie toute ma classe de Dragon.
« Une bière ! »
« T'as dit quoi, tête de pastèque ? »
TÊTE DE PASTEQUE ?! Je te HAIS, ennemi sans nom encore !
« J'ai dit : JE VEUX BOIRE UNE BIERE ! »
J'ai hurlé tellement fort, que tout le monde s'est arrêté dans la pièce, pour me regarder. Quant au punk, il se contente de sourire, comme un Bad Boy.
« Une bière. »
Eh oui, une bière. T'ai-je déjà dit que le grand Bailong rendrait même une bière classe ? Non, bah puisque c'est comme ça, je vais te le prouver.
« Oui, une bière, merde. Vous n'en avez jamais bue ? »
D'habitude, cette réplique sonne plus classe, mais là j'ai trop la rage. Les Punk Bad Boys me foutent trop en rogne…
« Le Réseau Anti-Alliance ne propose pas de bière, Mister. »
Et en plus t'es un raciste de la bière ?!
Ma tronche doit en valoir le détour, parce que mon interlocuteur, là, il fait le rictus de celui qui se pète de rire intérieurement. Et, en plus, j'ai comme une impression de déjà-vu.
« Dites-moi. »
« Ouaip ? »
« Vous seriez pas, comme qui dirait… parent avec un serveur aussi impoli que raciste ? »
Raciste envers la bière, j'entends.
« Moi ? Je suis le patron d'un réseau de bars branchés dans le centre-ville. Le Sherleyton, le Thémis, et autres. Pourquoi ? Tu as déjà été dans l'un d'entre eux ? »
« Non non, rien. C'est juste que… j'ai eu l'impression d'avoir eu affaire à un clone de vous, il y a quelque temps. Et laissez-moi vous dire que c'était très frustrant. »
« Bien sûr, que ça devait être super frustrant. Mon personnel, je l'engage d'après mes propres critères. Le test à l'entretien, c'est de rembarrer les têtes de pastèques dans ton genre. Et laisse-moi te dire que c'est vraiment poilant. Le dernier stagiaire, que j'ai engagé pour le Sherleyton, il était super doué. Je le kiffe pas mal, il a de l'avenir, lui. »
Voilà qui explique des choses. Pourquoi le plus classe des Agents d'Elite est victime de harcèlement humoristique. Pourquoi le Dragon Blanc est la risée des serveurs du Sherleyton. Pourquoi moi, le Grand Bailong, me retrouve manipulé par le Dieu des Comiques.
« Et hop, une bière, une ! Pour la tête de pastèque qui en a dedans. »
La bouteille de Qingtoto file sur la table – comme dans les bars de western. Mais – avant même que j'aie le temps de dire 'dragon' – le Punk de service s'en empare, et la boit cul-sec au goulot.
« … ! »
Je suis tellement estomaqué par un tel culot (même moi je n'en aurais pas fait autant, c'est dire !), que les mots me tombent de la bouche.
« Pas mal. »
« Mais, mais… c'était à moi, ça ! »
Autant dire que ceci n'est pas mon moment le plus grandiose. Mais, depuis le début de ce chapitre, on a dépassé le domaine du risible pour entrer dans le paradis de l'invraisemblable.
« La politesse, vous connaissez, espèce de punk immature ?! Quand on invite quelqu'un à boire, merde, on boit pas ce qu'on lui offre ! Et puis, je croyais que vous aimiez pas la bière ?! »
« J'ai jamais dit que j'aimais pas la bière. »
Autant dire que la première partie de ma phrase est restée royalement ignorée.
« Mais alors, pourquoi vous entretenez une discrimination aussi arbitraire que frustrante ? »
« Parce que lui ne l'aime pas. Et que j'ai eu envie de lui rendre un petit hommage. Après tout, il a changé ma vie. »
La curiosité prend le pas sur la colère.
« Qui ça ? »
« Ça te regarde pas, tête de pastèque. Même si tu m'es plutôt sympathique. »
Je vous hais tous, discriminateurs de bière.
« Personnellement, moi, je commence franchement à pas vous saquer. Et puis d'ailleurs, vous êtes qui, d'abord, vous, avec votre tronche de punk mal hérissé ?! »
« Moi ? »
Autant faire du rentre-dedans, maintenant, parce qu'il n'y a pas moyen d'être classe avec les Punk Bad Boys.
« Oui, vous. (La tête de Punk !) »
« Je suis ton Boss. »
Rajoutez la musique de Dark Ray Door, s'il vous plaît. Parce que là, j'ai envie de hurler comme Jude Sharpwalker.
« C'est pas pour vous offenser, Boss… mais mon Boss à moi, c'est une femme. »
« Et ? »
Mais il le fait exprès ou quoi ?!
« Et vous, vous êtes un homme. »
Un reniflement sarcastique accueille ma brillante réflexion.
« Quel sens de l'observation. Elle avait raison, les majors de promo du Sanctuaire valent pas mirette. Enfin, je suppose qu'on doit faire avec. »
« Elle ? »
J'ai dû rugir de fureur, car les sbires du Punk s'écartent – terrifiés par mon aura menaçante.
« On va dire que je connais un peu ton Boss. C'est pas une certaine légendaire Dragon Endormi, Stratège Suprême du Ministère de la Défense Nationale ? »
Tu les tueras tous.
…tous ceux qui menaceront l'anonymat de ton Maître.
Tu es l'Agent le plus puissant du Sanctuaire.
Tu es la perfection sans égale.
Tu es notre chef d'œuvre.
Toi, Astral, le Dragon Blanc,
…est la force qui contrôlera le monde.
Tous ceux qui connaissent son identité doivent mourir. Je suis le Dragon Blanc, Serviteur du Maître de l'Aube Nouvelle.
La lumière blanche frappe le mortel.
« … »
L'ombre se découpe – telle une immuable adversité, qui triomphe du suprême.
« … »
C'est… impossible.
Comment a-t-il pu… !
« Vous êtes encore debout. Qui êtes-vous donc et comment avez-vous pu parer ce coup ? Tous ceux qui le reçoivent ne doivent plus jamais se relever. »
Subitement calme, le chef au costard noir me regarde – l'air vide de toute trace de sarcasme.
Comment cet homme peut-il être si fort ?
« Disons que ta Boss m'avait prévenu que tu tenterais un coup foireux du genre. Elle m'a même indiqué la trajectoire et la force de l'attaque. »
Quand bien même, comment serait-il possible…
…de survivre à l'Ouragan Opalin ?
« C'est bien elle. Personne ne peut parer ce coup, sans le connaître parfaitement. Et même dès lors… personne, personne n'en est jamais ressorti indemne. Qui… qui êtes-vous donc ? »
Qu'êtes-vous donc ?
« … »
Muette, la réponse du Magnifique fait écho à ma question.
Il n'est… pas ordinaire. Il ne… il ne peut être le simple patron d'un réseau de bars. Du fond de mon âme d'Agent – du fond de mon cœur de Dragon, de Dragon Blanc – je sens la force de cet homme au regard aigu et au sarcasme sans égal.
La force de cet être, qui a pu faire face au Dragon Blanc – et en ressortir vivant.
« Quoi ? »
Un étrange rictus déforme sa lèvre…
…en une grimace de douleur.
« AÏEEEEUUUHHHHHH ! »
« … ? »
Ma mâchoire s'ouvre grand : et je tombe des nues.
« P'tain, tu m'as cassé le poignet. Ça fait maaaaaaaaaaaaal ! Aïe aïe aïeuuuhhh ! »
Retirons ce que j'ai pensé de sa classe.
D'un air nonchalant (c'est ma vengeance à moi), je m'époussette les ongles.
« C'était la nuque que je voulais briser. »
« Merci de me le rappeler. Aïeeeeeeeeeeuuhhh ! Putaaaaaaaaiinn, apportez-moi de la glace ! »
Toujours suprêmement indifférent, je poursuis d'un ton monocorde.
« Vous êtes bien ici sur ordre de mon Maître. Par conséquent, je consacrerai mes talents à suivre vos directives, Monsieur… »
Je m'aperçois soudainement que je ne sais pas comment l'appeler. A lui qui réussit cet exploit, à moi qui ne vois que les forts : qui ne pourrait reconnaître cette puissance flagrante, dont le nom reste encore inconnu ? Levant le regard devant moi, et rencontrant ces orbes clairs – clairement ironiques ! – j'y décrypte la même pensée.
« Stonewall. Caleb Stonewall. »
Le rictus douloureux est redevenu sarcasme.
« Mais tu peux m'appeler Maître. »
« Tu peux toujours crever. »
Grand moment de silence.
Un ange passe.
Okay, c'était pas le truc le plus diplomatique que j'aie jamais dit. Bon, essayons d'adoucir les choses.
« Désolé (humph !) pour le coup de tout à l'heure. Ça va quand même ? »
Il m'envoie une capsule (celle de la bière qu'il m'a, HUM ! Offerte ?) que j'esquive sans problème.
« Abruti, comment tu veux que ça aille, avec un poignet cassé ?! Je te signale que t'as failli me tuer, tête de pastèque. »
« Finalement, j'espère que vous souffrez le martyre. Et que vous mourrez dans d'atroces souffrances. »
Si possible juste après le contrat confié par Boss (mon Boss à moi !), parce que l'échec de mon Maître n'est pas envisageable.
« Bon bah ça promet pour la suite, Mister… euh, tu t'appelles comment déjà, tête de pastèque ? »
« Bailong. »
« Quoi ? »
Mon nerf facial se crispe dangereusement.
« Bailong. »
« Hein ? »
Mais il le fait exprès ou quoi ?!
« Mon nom c'est Bailong, abruti de mes deux ! »
Ça, c'est sorti tout seul. Et qu'est-ce que ça fait du bien. Enfin, ça en ferait, si Mister Punk Immature n'était pas ce qu'il était…
« Majong… ? Mais c'est pas un nom, ça ! »
« Je t'emmerde, espèce de parodie d'être humain ! »
Le Dieu des Comiques a vraiment déconné, le jour où il a décidé de créer cette parodie d'être humain !
« Un adepte du Dieu de la Parodie, hein ? Eh bien, Mister, toi et moi, on va bien s'entendre. On vénère la même divinité. Dès que je t'ai vu, tête de pastèque, j'ai su qu'on pouvait faire quelque chose de toi. T'en fais pas pour le volume de ta caboche, c'est pas un handicap pour faire rire les gens. »
Alors que je semble sur le point de tuer une authentique création du Dieu des Comiques, une tête de soleil blond pointe son rayon.
« Yo, salut, Dragon Blanc ! Ça boume ? »
« Ah, Daystar. Ça fait un bail. »
Tête de Carotte. Youpi. Le grand ami de Tourbillon Ambulant – de Sherwind, le pseudo petit copain de Victor (mais quelle idée il a eue… et puis merde).
« Mais qu'est-ce que vous avez tous à m'appeler par mon nom de famille ? Sol, je te dis. Sol. »
Je fais un signe de dénégation. Un membre du fan club de Sherwind n'aura pas droit pas à un tel privilège.
« Si c'est encore parce que je suis proche d'Arion, laisse-moi te dire que tu es empli de préjugés à son égard. »
« Je suis peut-être empli de préjugés à son égard, mais je préfère ça à être son ami. »
Les yeux intelligents de Mister Soleil deviennent aigus : mais sa voix s'adoucit presque.
« Tu lui en veux vraiment, à cause de Victor, n'est-ce pas ? »
Merde, je déteste les gens aussi fins que moi.
Le problème, avec Sol Daystar – alias Apollon, Dieu du Soleil – c'est qu'il est aussi intelligent que sociable. Outre d'être un Agent de génie (oui, il n'y a que des génies, dans notre Cinquième Secteur), il est aussi amical que vivant. La seule chose qui l'empêche d'atteindre le niveau suprême, c'est une tenace maladie génétique qui limite son temps de récupération physique. Résultat, on ne l'affecte qu'à des missions de très courte durée.
« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? »
« Oh, rien. Juste que… tu n'as cessé de parler de lui avec cette lueur dans les yeux. Celle que tu as, quand tu t'apprêtes à mener un objectif à terme quel qu'en soit le prix. »
Foutu Apollon, bien trop fin pour mon goût. Et la suite ne me plaît pas plus, car…
« Maître veut que tu nous laisses la première ligne. »
« C'est une blague ? »
Mes mots disent la plaisanterie, pourtant je n'ai absolument pas envie de rire. Apollon voit la lueur du Dragon au fond de mes yeux – mais ne recule pas. La gravité de sa maladie n'a d'égale que sa détermination, et c'est une chose que je n'ignore pas en tant qu'Agent.
« Elle pense que la situation peut t'affecter d'une façon insidieuse. Tu as… un lien avec la Légende du Dragon Blanc. Il n'y a qu'à voir cet Opéra… pour le comprendre. »
« Vous voulez donc… me protéger. »
Décidément, c'est vraiment une mauvaise journée. Tête de Carotte sent la colère qui vibre dans ma voix, malgré le calme apparent de ma phrase : parce qu'il poursuit, tout aussi serein.
« Bailong. C'est aussi mon avis, mais… il y a trop de parallèles entre le Livre Secret et toi. Maître pense que tu cours plus de danger que tu ne le crois, et préfère ne pas prendre de risques. »
Astral, le Dragon Blanc, gronde comme le monstre qu'il est. Le Maître de l'Aube n'est pas né pour reculer.
« Je n'ai pas besoin qu'on me chouchoute comme un bébé. Je suis Agent d'Elite, mon rôle est d'accomplir ma mission pour mon employeur, quel qu'en soit le coût. Si la mort est le prix à payer, qu'il en soit ainsi. »
« C'est pas en mourant que tu accompliras ta mission. »
Mon aura est devenue terrifiante. Les sbires sont paralysés de terreur : et seule la force mentale de Daystar lui permet de se tenir face à moi.
« Astral ne fait rien en vain. Qu'il vive ou meure, c'est son destin. Et ce n'est pas Apollon qui dictera sa conduite. »
L'éclat dansant de l'Astre des Astres reste étincelant face à la colère du Maître de l'Aube. Le Dieu du Soleil… est fort.
« Peut-être. Mais tu ne peux désobéir à une directive de notre Boss. »
C'est donc un ordre. Un ordre d'Elle.
« Maître, qu'avez-vous fait ? Vous saviez bien que je ne vis que pour vous servir. Vous n'aviez pas à me protéger, juste à m'utiliser. Si je vis, si je meurs, c'est que mon destin l'a décidé. Celui de vous servir, quel qu'en soit le prix. »
Etrangement, une réplique du Dragon Blanc de l'Opéra me remue les entrailles.
« Fous le camp, Daystar. »
« A bientôt, Bailong. »
Est-ce de la compassion que je sens dans sa phrase ? C'est vraiment une très mauvaise journée.
Putain de mauvaise journée.
L'Opéra qui tourne à l'enlèvement, Totor qui roucoule avec Sherwind, les Nazes de Raimon qui méritent même pas d'être mentionnés, et Punky qui discrimine et bière, et Dragon…
…plus Daystar qui veut faire ma nounou, ainsi que Boss, à qui je dois dire deux mots.
« Toi, qui vins sur terre pour combler mon désir… comment pourrais-je honorer ton existence ? »
« Maître, ma vie est désormais vôtre. Disposez d'elle comme il vous plaira : ainsi m'honorerez-vous. Je ne suis que le Serviteur de votre Destinée : il ne m'appartient guère de clamer autre litanie que votre règne. »
(《白龍傳》'La Légende du Dragon Blanc', Acte II)
Parce que, avec une journée comme ça, comment vous voulez que je sois détendu, hein ? Mais bon, il faut bien que je finisse ce que j'ai à faire. Et, oui, j'ai encore beaucoup à faire. Comme, par exemple, me rendre au Gala des Duos pour briller comme le Boss que je suis. Enfin, pas tout seul, parce que danser le tango seul, c'est la lose, comme ne le dirait pas Goldie (puisque c'est moi qui le dis). Très chère meilleure amie, qui essaye – j'ai bien dit, essaye – de me convaincre d'accepter la personne qu'elle a trouvée pour la remplacer.
« Non, non, et non. »
Si j'avais des crocs, j'aurais mordu l'air devant moi. Parce que pas question de mordre ma meilleure amie, même si là elle a vachement déconné.
« Je croyais que vous étiez amis ? »
« Victor, mon ami ?! Ha, c'est mon rival. »
Et je le vaincrai, car je suis plus fort que lui.
Pourtant la beauté de cette pensée ne dure pas, parce que la suite est impitoyable – comme d'habitude.
« En même temps, c'est ça ou rien, mon Baba au citron. »
« … »
Je montre mes crocs de désespoir (mes crocs de Dragon, entendons).
« Mais enfin, quand je te demandais quelqu'un pour te remplacer… je pensais à une femme, moi ! »
« C'est de danser avec un homme qui te pose problème ? »
Je dois bien avouer que c'est pas vraiment le problème. Non, j'ai déjà dansé avec des hommes, lors de mes cours de danse de salon. Et puis j'aime autant le corps des hommes que celui des femmes, ça fait un bout de temps que je m'en cache pas.
« Nan. C'est juste que… »
« Que… ? »
Que je suis trop cool pour que Totor rechigne à danser avec moi ? Que je suis trop beau pour qu'un mec rivalise avec moi ? Que je suis trop classe pour le supplier d'être avec moi ?
Que nous sommes d'éternels rivaux – qui ne se sont jamais supportés ?
« … »
« Baba. »
Mon grand secret… ne sera jamais révélé, même SOUS LA TORTURE !
« Le dernier avec qui j'ai dansé a refusé que je sois le mâle dominant ! J'ai dû me coltiner le rôle de la femme pendant toute la durée d'une longue valse, c'est-à-dire… une minute et douze secondes ! Raaah, je ne l'oublierai jamais ! Moi, le grand Bailong, humilié par un mâle moins mâle que moi ! »
Roh, j'ai battu le record de non-résistance à la torture mentale. Comme quoi, avoir fini ma formation au Sanctuaire m'a un peu fait perdre la main. Foutus meilleurs amis un peu trop habiles avec moi. Lesquels, d'ailleurs, s'éclatent un peu trop de rire.
« Tu es vraiment incroyable, Baba. »
« Je sais. »
« Non, ce n'était pas ce que je voulais dire. Et puis… peu importe. Hi hi hi. Bonne chance, Victor. Tu risques d'en avoir besoin, avec lui. »
Goldie Lemmon rit avec légèreté, tandis que je m'assomme volontairement contre le mur. Et, non loin de là, un saxo Bad Boy grimace d'un air pincé.
« Ne crois pas que j'en sois ravi, Bailong. J'avais répétition avec Arion et… »
Sans crier gare, je prends Mister Blade par le bras et le tire sans ménagement vers la piste de danse. Venons-en droit au fait, ça sera plus simple pour nous deux.
« C'est moi qui fais le rôle d'homme. Point barre. »
« … »
« Ne discute même pas, To-tor. Tu prends le rôle de la fille, et c'est tout. Ma fierté masculine en a déjà pris un coup pendant une minute et douze secondes de ma vie, et c'est déjà trop. »
« … »
Un iris orangé me foudroie du regard.
« Dois-je te l'écrire en gros pour que tu comprennes, Bailong, que JE N'AI PAS ENVIE DE DANSER AVEC TOI, RÔLE DE FILLE OU PAS ?! »
« Tant que tu prends le rôle de la fille, ça m'est strictement égal. »
« … »
Totor est sur le point de mordre – malgré le fait qu'un lynx, ça utilise plus ses griffes. Mais une certaine meilleure amie décide que ça serait dommage d'assister à un combat de prédateurs.
« Vous êtes trop mignons, les garçons. Finalement, vous formeriez un joli couple. Êtes-vous tous deux célibataires ? »
Un… couple ? Comme dans, merdum, amoureux, ensemble, petits amis ?
« … »
« … »
Grand cri. Et réponse unanime.
« Je préfère bouffer les pissenlits par la racine plutôt que d'imaginer ce saxophoniste lâcheur avec moi. »
« Et moi absorber un kilogramme d'aconit napel plutôt que d'envisager ce chanteur prétentieux à mes côtés. »
Aconitum napellus, ou aconit napel : poison mortel d'une efficacité foudroyante, utilisé de tout temps par l'être humain pour élaborer des décoctions fatales.
Merde, je suis si repoussant que ça ?
« Hi hi hi. (Qu'ils sont mignons !) Vous vous êtes déjà embrassés ? »
Mon regard croise celui de Victor, et, devant la grimace de lynx blessé qui sort les griffes, j'éclate d'un rire purement nerveux. Autant fermer les yeux sur la fois, où, en état d'ébriété avancée, le jour de la fête de promo des Agents d'Elite du Sanctuaire… merde, faut reconnaître qu'il est pas moche, le Totor.
Et que moi, bien sûr, je suis une bombe.
« Oh, déjà embrassés ? Félicitations ! En vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous déclare mari et mari. »
« Un seul mot à Arion de tout ceci, et… ! »
Je n'ai jamais vu Victor Blade autant en colère. Excepté le jour où un abruti du Sanctuaire a tenté – tenté ! – de se moquer de son frère. Résultat, l'idiot en question a dû quitter notre centre de formation en larmes, terrifié par l'ex-Lancelot, le ténébreux Spadassin Héroïque.
« Ben voyons. Tout de suite, le petit Sherwind dans ton grand petit cœur. Arion par ci, Arion par là… c'est pour quand le mariage ? »
« Sache que si cela arrive, tu ne seras pas invité. Alors inutile de demander. »
Habituellement, la morgue de Victor ne me fait pas grand-chose (y'a qu'avec le petit flûtiste neuneu qu'il est gentil, parfois), mais là, après le gros épisode Punky plus Daystar, j'ai besoin d'évacuer la rage.
« C'est bien pour ça que tu m'as lâché. Une espèce de petit morveux, sans talent, sans charisme, qui… »
« Bailong. »
Cette fois, ce n'est pas Victor qui a parlé, mais Goldie. Son regard glacé me calme sur le champ.
« D'accord, d'accord. Je ne dirai rien à ton petit copain. Ça te va ?! »
(Je ne lui dirai pas qu'on s'est roulé la pelle de notre vie lors de la fête de promo, et que, merde, bah c'était pas si mal !)
Etrangement, en dépit de la colère qui l'habite toujours (ses yeux de lynx orangés sont incroyablement parlants, à la différence de leur propriétaire), le saxophoniste serre les dents – mais ne dit rien. C'est bizarre, l'espace d'un instant, il m'a semblé qu'il s'est retenu de dire quelque chose, comme s'il avait voulu évoquer quelque chose qui lui tenait à cœur, mais que le moment n'était pas venu…
« Quand répétons-nous ? »
« Maintenant. J'ai besoin d'évacuer la frustration. »
Finalement, l'entraînement s'est bien passé. Victor a beau mettre toute la mauvaise volonté disponible – et Boss sait comme il en a (quoi, comment ça, je devrais me regarder dans un miroir ?!), faut reconnaître qu'il est super doué en tout. Eh, c'est pas mon rival pour rien. C'est tellement dommage, qu'il soit parti comme ça du Sanctuaire. C'était vraiment… le meilleur des meilleurs. Je ne fais pas de compliments pour rien (flatteries mises à part), et… je pense sincèrement qu'il n'est pas certain que j'eusse gagné contre lui, si nous avions dû nous combattre l'un l'autre de toutes nos forces. J'aurais tellement voulu me mesurer à lui, au moins une toute dernière fois, avant qu'il ne parte…
Pourquoi n'est-il pas venu…
…à notre duel d'adieu ?
« Tu t'enfuis ? »
« … »
« Comme un lâche, Victor Blade ? Tu t'enfuis, comme un… »
…faible ?
Non. Je devrais arrêter de penser comme ça. On ne changera pas le passé. Et puis, c'est son choix, après tout. Pourtant, quelque chose me fait mal au cœur, quand j'y resonge. Victor et moi avons toujours eu une relation chaotique, dès la minute où nous nous sommes rencontrés. Mais, derrière ces incessantes provocations, il y a toujours eu le respect et l'estime. C'était bien le seul qui puisse rivaliser avec moi. Daystar était toujours fourré en unité de soins intensifs, et Njord isolé dans son labo avec son coach chéri. Quant à des losers comme Infinity Beyond ou Jimmy Kirk, ils ne comptent pas pour moi. Seul Victor a été sélectionné pour le Projet Zéro…
Bing !
« Oh, mince, pardon ! Vous allez bien ?! »
Merdum ! J'ai heurté quelqu'un dans mon monologue intérieur, et ça, ça le fait vraiment pas pour un classe Dragon Blanc. Espérons que ce soit pas une magnifique jeune fille fragile, parce que, ça ferait de moi le pire des goujats.
« …je suis vraiment déso-… oh. »
Des yeux de nuit me fixent – infinis comme l'immensité céleste, qui, juste avant l'aube, accompagne le jour dans son éternelle renaissance. Un sourire mystérieux fleurit, dans cette douceur si irréelle. Si irréelle, qu'elle me transporte dans une autre dimension – l'espace d'un court instant.
« … »
Non, ce n'est pas une magnifique jeune fille… mais un magnifique jeune homme.
(Ces… ces perles émeraude, sur ses cheveux…)
« Soit honoré à ta juste valeur, splendide Dragon Blanc. Je suis tellement heureux d'enfin te rencontrer. »
Hein… quoi ? Complètement hébété face à une telle courtoisie (bon, ok, je l'admets, je suis tellement insupportable que PERSONNE n'est courtois avec moi), je ne parviens qu'à bégayer avec incohérence.
« Mais, que… que… »
Merde, depuis quand je suis timide ? Mais l'être irréel ne me laisse guère le temps de penser. Et avant même que je ne puisse me reprendre, il décolle d'un peu gracieux – sa main saisissant mes doigts, m'entraînant sur la piste de danse.
« Puis-je être… ton partenaire ? »
Et les yeux de nuit m'enveloppent, tel le Second Acte d'un Opéra mystérieux.
Bailong : ...pff.
Goldie : Hi hi hi, comme c'est mignon ! ^_^
Bailong, geignard : Mais, Didi, tu peux pas me faire... ça ! /Désespéré/ De quoi aurai-je l'air, maintenant ?
Goldie : D'un homme amoureux et mignon. Ce que tu es, au fond, tu sais.
Bailong, se rengorgeant : Je suis PAS amoureux et PAS mignon ! Je suis un HOMME, un vr-...
Victor : En tout cas, je peux donc démissionner de mon rôle de remplaçante en danse. Alléluia, parce que j'avais rendez-vous avec Arion, et qu'en plus, le volume de ta caboche rend la danse peu aisée...
Bailong : Héééé ! Tout est PARFAIT, avec moi, même ce qui est IMPARFAIT ! Et puis ma tête est pas si grosse. C'est toi qui devrais reprendre des cours de danse, To-tor, parce que c'est pas ma faute si t'es aussi peu intéressé que ça.
Victor : Désolé, mais tes beaux yeux (et permets-moi de mettre l'ironie en italique, s'il te plaît) ne sont pas une motivation suffisante pour me ridiculiser sur la scène. Je mets également une option sur 'trucider l'auteure d'avoir envisagé une telle hérésie'.
Ananda, mal à l'aise : ...hum... (désolé, Victor...) ...précisons tout de même que les danses entre personnes de même sexe n'a rien d'exceptionnel. Des concours existent.
Victor : Ce n'est pas le problème de danser avec un garçon, le problème, c'est de danser /désigne Dragon Blanc/ avec lui !
Bailong, irrité : Et je t'emmerde, Victor. Tu sais pas la chance que tu as. Non, attends... laisse-moi deviner : tu regrettes de ne pas valser avec ton petit Sherwind, c'est ça ?!
Victor : Tu es humblement prié de laisser Arion en dehors de ça.
Bailong, sarcastique : Et tu es humblement prié de ne pas nier la vérité. Bien sûûûûûûûr. TON grand petit mamour. Va retrouver ton petit flûtiste, pour faire le rôle d'HOMME avec lui.
Victor, énervé : Bailong, tout le monde n'est pas toi !
Grand silence.
Bailong, Victor et Goldie : (Et heureusement !)
Ananda : Wouah. Synchros. Cela signifie-t-il que je dois écrire un Bailong x Victor, un jour ?
Goldie : Pourquoi pas ^_^.
Bailong et Victor : JAMAIS DE LA VIE ! PLUTÔT CREVER, OUI !
(?) : Excusez-moi, mais j'attends toujours pour le chapitre suivant... et pour mon Dragon Blanc.
Bailong, ouvrant grand les yeux : Mais c'est... !
Ananda : Suspense ! /Sourit/
