《白龍傳》
« La Légende du Dragon Blanc »
Lordess Ananda Teenorag
Titre :《白龍傳》« La Légende du Dragon Blanc »
Auteur : Lordess Ananda Teenorag
Série : Inazuma Eleven Go
Genre : Suspense, Crime, Supernatural
Résumé : La Légende du Dragon Blanc. La tortueuse histoire d'amour entre un esprit et un mortel, que découvre le meilleur des Agents d'Elite du Cinquième Secteur. Un Livre mystérieux qui retrace sa vie… et le mène au cœur de l'Organisation.
Personnages principaux : Bailong 白龍 (Hakuryuu), Tezcat (Shuu)
Personnages secondaires : Zhuge Liang (Koumei Shokatsu), Victor Blade (Kyousuke Tsurugi), Njord Snio (Yukimura Hyouga), Sol Daystar (Taiyou Amemiya), Goldie Lemmon (Kinako Nanobana)
Pairing principal : Bailong (Hakuryuu) x Tezcat (Shuu)
Pairings secondaires : Bisexualité de Bailong en général.
Note : Extraits (remaniés) du roman La Légende du Serpent Blanc《白蛇傳》Baishe Zhuan. Extrait remanié de l'article du Wikipédia chinois (维基百科) le présentant.
~…~
第五 : 無缺 Unli(mited) Perfect(ion)
~…~
« Est-ce bien lui ? »
« Oui. »
Un masque de sérieux s'est recomposé, sur le visage de Stonewall l'homme de main.
« L'Unli(mited) Perfect(ion). »
Ok, ok, ok, on rembobine. Marche arrière.
Je sais BIEN que je suis la Perfection Ultime – alias Unlimited Perfection, ou Only Perfect pour les amateurs de Shakespeare – mais, même pour moi, ça fait un peu gros. Parce que, la perfection, on n'a pas besoin de la formuler : elle éclate, et c'est mo-…
« Je ressens de la compassion pour toi, jeune homme. Tu n'es qu'un enfant sur l'échiquier de ce plateau immense qu'est le monde. Un nouveau-né… que se disputent les puissants en manque de vertu comme de force. Ta force et ta volonté… ne sont rien face à la jeunesse de ton expérience. »
Un… nouvea-…
« … »
Je ne sais pas si je dois frapper ce mec, ou déprimer passablement.
« Ta chambre t'attend dans le bâtiment voisin. »
Ce qui est sûr, c'est qu'il a grave plombé l'ambiance – et la langue intarissable de mon infini égo.
« Ma chambre m'att-… au cas où vous l'auriez passablement oublié, je vous signale que je n'ai pas réservé de chambre à l'Inalysée. Et que mes moyens budgétaires ne me le permettent pas, contrairement à vous et à votre mec qui se fait entretenir. »
« … »
Les Lunettes de Grenouilles me fixent, impassibles.
« A-arrêtez de me regarder comme ça. Vous me fichez les jetons. »
Non, je n'ai pas bégayé sur la première syllabe. Parce que je suis un homme, un vra-…
BAM !
(Hiiiii ! Purée, mec, préviens, avant de faire des gestes brusques ! Non, je ne suis PAS impressionnable. C'est juste que faire face à une Grenouille charismatique a de quoi tuer le sang-froid du plus grand des Espions. A fortiori si ladite Grenouille est le Chef Suprême du Gouvernement…)
Le bureau arbore désormais un dossier immense, qui fait ma taille : et, laissez-moi vous dire qu'avec mon glorieux un mètre quatre-vingt trois (je dépasse Totor d'un centimètre et demi, ha ha in your face petit saxo Bad Boy), c'est à se demander qui est le principal concerné.
« Pardonne-moi, mon petit. »
« Là, vous me fichez vraiment les jetons, Grand Ministre. »
Je ris presque nerveusement. Nan nan nan, faut plus JAMAIS refaire ça. Une Grenouille gouvernementale majestueuse, c'est flippant : mais une Grenouille gouvernementale majestueuse qui s'excuse, c'est juste… inhumain. Même pour le meilleur des Agents d'Elite du Sanctuaire.
Boss, je demande une mutation.
« Ne te méprends pas, jeune homme. Je crains que tu ne puisses repartir. »
« Ne vous inquiétez pas, je suis un grand garçon. Je vous promets de faire attention et de ne pas suivre les inconnus. »
Même si je viens d'être kidnappé par lesdits inconnus, mais passons.
« Caleb ? Peux-tu lui montrer le chemin ? L'Inalysée est grand, et je ne voudrais pas qu'il se perde. Ou… pire. »
« C'est comme si c'était fait, petit Jude ! »
Stony le Punky me prend le bras, mais, d'un geste instinctif, je gifle la main intruse (en prenant soin de toucher le plâtre, pour le faire souffrir un peu. Et bing, ça, c'était pour Tête de Pastèque et le tralala de la limousine, non mais !).
« Roh la la, mais quelle fillette, ce chanteur ! Je vais pas te sauter dessus. Même si t'es pas mal foutu pour une tête aussi enflée. »
« Je repars. »
J'amorce un pas vers la sortie, mais une voix froide me cloue sur place.
« Non. »
Celle du Grand Ministre Sharp.
« Comment ça, 'non' ? »
« Tu ne peux pas repartir, Bailong. »
Toujours impassibles, les Lunettes de Grenouille me fixent. Un frisson me parcoure l'échine (merde, je HAIS cette verte absence de regard !), mais je le regarde droit dans les… euh, lunettes.
« Comment ça, je ne peux pas repartir ? »
« … »
Un rire de Bad Boy me crève les tympans. Ah, merde, je l'avais oublié, celui-là.
« Jude, t'es sûr que c'est lui, l'Unli(mited) Perfect(ion) ? Ça fait dix minutes qu'on lui répète la même chose et il n'a toujours pas capté. Pas sûr que quelqu'un d'aussi mou du cerveau soit la Perfection Ultime… »
Mais à côté, Sharp ne rit pas. Et moi non plus, soudainement.
« Êtes-vous en train de me dire… que vous vous voudriez m'en empêcher ? »
« Tu l'as bien formulé. Je veux t'en empêcher. »
Non, non et non. Alors là, ça va pas se passer comme ça. Se faire malmener par les Punky Bad Boys, kidnapper par le Gouvernement, et traiter de Tête de Pastèque pendant toute l'histoire, c'est une chose : mais obéir à quelqu'un d'autre que Boss, ça pas être possible.
« Alors, au risque d'être impoli, old sport, j'en ai rien à foutre de votre avis. J'ai une mission à accomplir et c'est pas en restant ici qu'elle va se faire toute seule. »
CLANG !
(Non mais, vous avez fini, avec les gestes brusques ?!)
Un immense diapositif vidéo descend, devant moi – sous le regard impassible du Grand Ministre et les ricanements de Stony. Non, mais, ça devient un sketch, cette histoire. A croire que tout ça a été monté pour m'impressionner, ou pire encore : me sacrifier sur l'Autel du Dieu de la Parodie.
« Ta mission est de rester ici, Bailong. »
« Hein ?! »
Clic !
L'écran noir émet une fréquence audio, et une voix bien familière résonne à mes oreilles.
« Bailong ? »
« Boss ?! C'est vous ?! »
Pas de doute : c'est bien elle ! La Boss Stratège du Ministère de la Défense, la seule et l'unique – tout comme moi. Bon, bah puisque je l'ai, autant en profiter pour lui adresser mes doléances.
« Ah bah, bravo. Je commençais à croire que vous projetiez de me virer sans même me prévenir. Déléguer votre superbe Agent à un adepte du Dieu de la Parodie, non mais. Et dire que j'ai fait un nombre incalculable d'heures sup et que vous n'avez même pas daigné me parler. En contrepartie, j'exige une augmentation et… »
« Obéis-leur. »
Clic !
(Bip, bip, bip…)
Je hais ma vie.
Et voilà, bing, comment je me suis retrouvé dans la chambre de l'Inalysée. Dans d'autres circonstances, j'en aurais été pété de fierté (quoi, comment ça, ça ne change pas de d'habitude ?!), parce que c'est quand même la plus classe et luxueuse des demeures de la ville : mais là, avec Boss qui joue les lâcheuses et moi qui reste comme un con…
« Obéis-leur. »
Paf. Direct. Comme ça. Non mais, pourquoi j'ai un karma avec les gens classes et ironiquement concis ? Hé, t'aurais pas pu dire, au moins… « Toi le grand, beau, merveilleux, classe, intelligent et meilleur Agent à mon service, prends ton mal en patience. Je sais que tu peux y arriver ». Bon, allez, j'arrête. La deuxième partie de la phrase n'était pas nécessaire. Je sais très bien prendre mon mal en patience. Quant à savoir que je peux y arriver, ça fait depuis ma naissance que le mot 'échec' ne fait pas partie de mon dictionnaire.
« Raaah, je vous jure. C'est bien que parce que c'est vous, Boss, que j'accepte le déshonneur d'être relégué au rang de… d'Agent oisif. Bon, bah puisqu'on y est, autant voir s'il y a des pastilles pour la gorge. Ça m'a enroué de menacer Stony… »
Je fouille la chambre de fond en comble, et y trouve toute sorte de trucs : des livres, des verres, des boissons, de la nourriture, des cendriers, des tableaux, des fleurs, un ordi, une radio… mais pas de pastilles pour la gorge. Purée, malchanceux jusqu'au bout. Mais, vous y trompez pas. Je suis un grand féru de la scène et des réunions mondaines, mais, bizarrement, je ne suis pas adepte de luxe. J'ai passé toute mon enfance et mon adolescence au Centre de Formation du Sanctuaire, avec Totor, et lui comme moi, on a le point commun d'aimer la vie à la dure. Le sentiment de vaincre les éléments, de venir à bout de n'importe quelle difficulté, d'endurer la souffrance sans se plaindre…
On a beaucoup de points communs, lui et moi. C'est ce qui fait de nous… d'excellents partenaires. Sur le terrain ou sur la scène, nous sommes imbattables. Mais nous avons aussi nos différences. Lui déteste sociabiliser, moi j'adore ça. Il ne jure que par la limonade, et moi je dis que la bière y'a que ça de vrai. Il ne supporte pas qu'on le touche, alors que moi je cours filles et garçons qui me plaisent. Mais surtout…
« Tu crois que je n'ai pas compris, Victor ? »
« … »
Seul son dos me répond – avec ses mèches sombres qui volent au vent.
« C'est ça. Enfuis-toi. Comme le lâche que tu es. Je le savais. Tu n'es qu'un Agent de seconde zone, un faible, qui… »
…qui aime les protozoaires niais, comme Sherwind (beurk !). Tandis que moi…
L'aube pointe dans mon existence : et je sens l'Ombre Ancestrale se dissiper, alors que je suis propulsé au sommet dont j'ai toujours rêvé.
« Attends… je t'en prie ! Comment t'appell-… »
D'un geste ferme mais si tendre, il élève mes doigts près de son visage – et y dépose un baiser doux comme la nuit.
« Nous nous reverrons. Je crois en tes mots, mon Dragon Blanc. »
L'éclat d'une ombre – et il a disparu, ce Prince de la Nuit qui a marqué mon existence, aussi fugace que profond.
G-geuh… h-hein ?! Mais, mais, maieuh… ça… ça ne va pas du t-tout ! J-je ne peux pas… moi, le grand Bailong… p-penser à quelqu'un comme ç-ça, et…
« Miroir, mon beau miroir… dis-moi qui est le plus beau d'Inazuma… »
Sans réfléchir, je me suis planté devant la glace : et le reflet… me fait pâlir encore plus que le teint de Totor. Nan, dites-moi que je rêve. Ce beau gars, là, qui… rougit.
…c'est moi ?
« Espèce de miroir à la con. Je suis PAS mignon. Je suis PAS kawaï. Je suis PAS… »
…amoureux.
(Et si on pensait à autre chose, merde ?)
Comble de malheur, étant donné que j'ai été légèrement un peu kidnappé, je n'ai pas pu amener mon matériel de travail. J'aurais bien avancé mon travail d'analyse et de recherche sur le dossier en cours, mais…
Dring, dring, dring !
Ah, merci, mon téléphone. Au moins que je peux compter sur toi. Pas comme sur ce putain de miroir magique à la con, qui fonctionne plus depuis que j'ai rencontré le sublime Prince de la Nuit… (naaaaan ! J'ai pas dit sublime, j'ai juste… et puis zut !)
« Allô ? »
« … »
Euh, il fonctionne vraiment, ce téléphone ? Y'a quelqu'un ?
« Oui, vous êtes bien avec le grand Bailong, Dieu rockstar de la scène qui embrase les esprits et les pistes de danse, et fait chavirer le cœur des filles comme celui des garç-… »
« Idiot. »
Cette voix sarcastique et pincée. Ça ne peut être que…
« Moi aussi, je t'aime, To-tor. Et à propos, au cas où tu l'aurais oublié, bonjour. »
J'entends un soupir d'exaspération. Non mais, c'est qui, qui a commencé ?!
« Tu as été imprudent. Tu as de la chance qu'il ne te soit rien arrivé. »
« Merci de ta sollicitude. Et, à propos, comment vas-tu ? »
« … »
Purée, discuter avec Totor, c'est peine perdue. Espérons que son mariage avec Sherwind le décoince un petit peu, niveau social, parce que là, il est même plus capable d'égrener les politesses du commun des mortels.
« Oh, et, dans le cas très hypothétique où tu aurais oublié comment être poli, sache que toute communication sociale commence par les rituels de salutations et que… »
« Sois prudent. »
Et il m'écoute toujours autant. Merci, Totor, je me sens tellement écouté. T'as toujours besoin d'être aussi abrupt ?
« Je suis TOUJOURS prudent, parce que je suis Bailong et que Bailong est parfait. Mais la prudence n'est ni la seule ni la moindre de mes qualités, car telle est la question : et toi, plus que quiconque, devrais le savoir parce que… »
« … »
Nan, j'ai pas rêvé. Ce téléphone fonctionne bien, j'entends le souffle de Totor. C'est alors que je réalise… qu'il est bien rapide que d'habitude. Comme si… comme s'il était angoissé.
« Victor, qu'est-ce que tu as ? Tu es… bizarre. »
« … »
Quelque chose… ne vas pas. Ok, Victor Blade est un asocial professionnel qui peine à ouvrir la bouche autrement que pour rembarrer les gens, mais, de là à aligner trois fois une réplique avec des points de suspension (et face au grand Dragon Blanc, hein)… même pour lui, ça fait un peu trop. Alors que je suis sur le point de le questionner, il ajoute brièvement.
« Je te rappellerai. Reste vigilant. »
Clic !
(Bip, bip, bip…)
« Au revoir, Totor. A bientôt, j'espère avoir de tes nouvelles. »
C'est ce qu'on dit habituellement, espèce de saxophoniste ténébreux et amoureux des protozoaires simplistes. Mais, qu'est-ce qui arrive à Totor ? C'est pas son genre, de téléphoner pour ne rien dire. Pas qu'il dise souvent quelque chose, habituellement, mais là…
Dring, dring, dring !
Encore ?! Je décroche, mais aussitôt porté à mon oreille…
« Allô ? »
« Babaaaaaaaaaa ! »
…j'éloigne le combiné de mes tympans. Avec l'impression physique d'avoir reçu une meilleure amie sur moi.
« Tu as mangé ? Fait tes vocalises ? Pas trop bu ? Lu tes lettres de fans ? »
« J'ai pas faim. Pas eu le temps. Plus de bière. Et c'est toi qui les as mises sous clé. »
J'entends un rire léger, et tout d'un coup un sourire me vient aux lèvres. Ah, elle ne changera jamais … mais, c'est parfait comme ça, hein, vous ne croyez pas ? Alors, pris d'une inspiration subite, je livre une info complètement inutile.
« Victor m'a appelé. »
« Et qu'est-ce qu'il t'a dit ? »
« Rien. »
C'est la stricte vérité, en plus. Pourtant, j'entends ma meilleure amie faire une longue pause, pensive.
« Tu devrais peut-être faire attention, alors. »
Son ton est soudainement grave. Involontairement, ma lèvre supérieure fait un tic. Je n'aime pas voir Goldie s'inquiéter. Lorsqu'on sortait ensemble, elle s'inquiétait tout le temps pour moi. Jamais pour elle, seulement pour moi. Et c'est pour ça que je me suis juré de ne plus jamais la rendre inquiète.
« Il ne t'a rien dit ? Rien du tout ? »
Je soupire en me remémorant la 'conversation' avec mon ex-collègue. Me souvenir de l'amabilité légendaire de Totor a une nette tendance à me faire grincer des dents.
« Rien. Que dalle. Nada. Donc, son rien à dire, il peut se le mettre là où je pense. »
Le ton de ma partenaire danseuse devient réprobateur.
« Baba, je déteste quand tu es vulgaire. »
« Dans les cheveux, dans les cheveux, voyons. A quoi pensais-tu ? »
Hé hé, profitons-en pour sourire, parce qu'elle ne peut pas le voir au téléphone. Et puis, de toute façon, c'est vrai qu'avec sa coupe de cheveux, au Totor…
Tour de Pise, Tour de Pise !
« Il est inquiet pour toi. »
Je… le sais. Totor n'est pas le seul, à me connaître. Moi aussi… je le connais. Il est solitaire, asocial, ténébreux, fasciné par les protozoaires mièvres et niais, mais… c'est le mec avec qui j'ai passé la totalité de mon adolescence au Sanctuaire. A se fritter, à se battre…
…à rivaliser.
« Tu as pu revoir le Prince de la Nuit ? »
« Non, hélas. Etant donné que je me suis fait kidnapper à la sortie du Gala, je n'ai pas trop eu le temps de faire des recherches sur InaLink. »
Je l'entends frétiller de bonheur. Ah, les femmes.
« Tu veux que je m'en occupe ? »
« Je ne crois pas que tu le retrouveras sur Copains d'Antan. Et puis… »
Mes yeux se portent sur l'infini de ce Sanctuaire – là où vivent les ombres, et le mystère inconnu à ceux qui irradient la lumière.
« …je pense être le seul à pouvoir le retrouver. »
Quelque chose me dit… qu'en fait, c'est peut-être lui le seul, à pouvoir me retrouver. Ce que j'ai ressenti, quand je l'ai rencontré…
(L'ai-je déjà connu ? Est-il possible… qu'il habite une partie ignorée de mon cœur ?)
« Oh, Baba. Tu sais que… c'est si romantique, ce que tu viens de dire ? »
Je cligne bêtement des yeux – avant de comprendre.
« Goldie ! »
« Mon Baba au rhum a grandi. Il est enfin devenu un homme… et il va se marier, avec son rhum, sa crème, sa… »
Eloignons le combiné de mon oreille. Je ne veux en aucun cas être contaminé par les petits cœurs et les anges qui en sortent, c'est déjà bien assez que le Miroir magique d'Inazuma fait publicité mensongère sur mon teint.
(Je suis pas rouge ! Je suis pas mignon ! Je suis pas kawaï ! Je suis pas… AMOUREUX !)
« Hi hi hi… dis, Baba. »
« Quoi ? »
Merde, y'a encore des petits cœurs qui sortent ? Et… ILS M'ONT TOUCHE ?!
« Tu m'inviteras à ton mariage ? »
« Quand je me reconvertirai en serveur. »
Si jamais j'en ai marre du boulot d'Agent d'Elite, je demanderai à Stony un entretien. Par contre, je lui demanderai de travailler dans un autre établissement que celui de Stagiaire du Sherleyton.
« Je prends note. C'est une promesse, hein, mon Baba au citron ? »
« Mais oui, mais oui, mais oui… »
Pffff, les petits cœurs de Didi sont trop forts. Ils m'ont atteint les neurones, ça doit être pour ça que je suis devenu con. Par contre, ce qui n'a pas d'explication, c'est pourquoi la connerie me fait rougir.
(Parce que, NON, je ne suis PAS amoureux.)
« Didi, je te signale que… ! »
(Bip, bip, bip…)
Hein, le capteur que j'ai placé sur… !
« Goldie, je te rappelle. »
Et, sans attendre sa réponse, j'active l'option d'écoute du micro que j'ai (par inadvertance, ha ha) placé dans le Bureau du Grand Ministre.
…
« Tu crois qu'il se doute de quelque chose ? »
« Connaissant Tête de Pastèque, quand il en aura fini avec son égo, il comprendra vite ce qui va pas. On n'a pas énormément de temps. C'est un gamin intelligent, en dépit des apparences. »
En dépit des appar-… espèce d'enfoiré.
« Le compte à rebours est lancé. S'il réalise tout ce qu'il se passe… comment risque-t-il de réagir ? »
« Je dirais qu'il commencera par m'arracher les testicules. Puis les tiennes ensuite. Ce qui est dommage, car, comme tu sais, on peut faire bien des choses avec. Surtout nous deux. »
« Caleb. »
« Quoi ? Ça te gêne d'entendre ça, après tout ce qu'on a vécu ? Ha, tu me surprendras toujours, Grand Ministre. »
Je crois… beurk, que je vais poser une option sur la vie privée des gens. C'est pas toujours plaisant d'être Espion d'Elite, mais quand y'a Stony et Sharp dans l'équation, le résultat est valeur interdite.
« Je ne parlais pas de ça. »
Ouf. (Enfin quelqu'un de respectable ? Merci mes chastes oreilles…)
« Ah, oui, Tête de Pastèque. Disons que… en comparaison à ce qu'il serait en mesure de nous faire subir, mon poignet cassé par sa Technique Suprême ressemblera à une égratignure laissée par un moustique. Et, j'aimerais rester en vie, ne serait-ce que pour profiter des plaisirs de l'existence, comme accessoirement, se foutre de sa gueule et faire des parties de fous avec toi. »
Se foutre de ma gueule ? Ah ben, voilà qui explique des choses, espèce de couillon. Et, faire des parties de fous ? Mais de quoi il…
« …Caleb. »
« Ha ha ha… oh, t'es embarrassé, là, nan ? »
Non, finalement, je ne veux pas savoir. Et je refuse d'avoir à faire un rapport à Boss sur ça, la vie sexuelle de Stony ne concerne PAS le Ministère de la Défense.
« Qu'est-ce qui te fait dire que je suis embarrassé ? »
« Un de tes cheveux vient de friser. »
Parce que, toi, Grand Ministre, quand t'es embarrassé, tes cheveux frisent ? Mais où va le monde et pourquoi les Lunettes de Grenouilles ?
« Des parties de fous aux échecs, entendons. Mais plus si affinités, rajoutons. »
Des partis de fous aux… mais, de quoi est-ce qu'ils… pffff. Un peu trop de private jokes à mon goût. C'est quoi ce délire sur les échecs et les fous ?! Quoique non, une fois de plus, je ne veux pas savoir.
« Caleb… je crains… pour sa sécurité. »
Un étrange bruit – comme le frottement d'une peau qui en touche une autre, dans un élan d'affection.
« Ah, petit Jude. Ne t'inquiète pas. Je veillerai sur lui, le temps que l'Ombre Ancestrale soit en mesure de prendre le relais. »
L'Ombre Ancestrale ? Mais de quoi…
« Car s'il devait… »
…
(Bip, bip, biiiiiiiiiiiiiip… !)
Oh, NON ! Mon… mon micro ! C'était du matos de première qualité (fait par Njord Snio en personne), et… déjà bon pour la casse ? Mais comment ça se fait, et comment je me démerde, pour ma mission ?
« Ne t'inquiète pas. »
La voix est si douce – si féérique, qu'elle me semble être une chanson, venant du plus profond de mon cœur.
Ombre… Ancestrale.
« Ne t'inquiète pas. Je suis là avec toi. Quoiqu'il arrive, je protégerai ta force et soutiendrai ta gloire. »
Sa main est si douce, son cœur est si vrai.
« La Lumière ne peut aller qu'avec l'Ombre. Je serai donc le partenaire du Dieu de l'Aube. »
Ensemble un jour, ensemble…
…toujours.
C'est alors que je réalise soudainement que ce n'est pas seulement en moi que résonnent les mots ancestraux, mais d'une sublime Ombre qui, devant moi, dessine le Prince de la Nuit.
« Ces appareils… ne sont rien en comparaison du pouvoir que tu recèles. Tout ce que tu as besoin de savoir, tu le sauras, sois-en sûr. »
« AAAAAHHHH ! »
Bon, là, je le reconnais : ça a pas fait trop viril de hurler comme je l'ai fait. Mais, pour ma défense, et pour votre gouverne, c'est pas tous les jours qu'on voit un fantôme vous parler. Même avec bienveillance.
« C'est… c'est impossible. Je sais qu'on est en 2051 (ou pas, d'ailleurs, aurais-je inversé un chiffre dans mon trouble ?) et que la technologie a fait d'incommensurables progrès. Qu'on a depuis longtemps dépassé le domaine du vraisemblable pour entrer dans le paradis du ridicule. Mais je ne peux pas – je ne PEUX PAS – avoir des hallucinations à vingt-quatre ans. Pas encore, du moins. »
Ma langue se fait logorrhée de frayeur, mais ses excuses s'évanouissent sous la caresse de la Nuit.
« Cela fait partie de tes pouvoirs. Ne… les repousse pas, mon Dragon. »
Ne me repousse pas.
Il est comme un souffle, celui qui veille.
« Euh… c'est pas pour faire mon Totor, mais… je ne crois pas qu'avoir des visions d'un fantôme (très charmant, cela dit en passant) soit un… pouvoir vraisemblable. Même… pour un Espion d'exception comme moi. »
Il se fait larme, celui qui sait.
« Tu… ne t'en souviens vraiment pas, n'est-ce pas ? »
Il a l'air… si triste. Si… non, ne… ne pleure pas, s'il te plaît. Pas toi… pas toi, qui…
Il dit la douleur, celui qui ressent.
Quelque chose me fait mal… si mal. Mon cœur est…
« Je… »
« Ce n'est pas grave. Tant que tu es en bonne santé… et que tu es heureux. Tes amis et toi… êtes vraiment proches, n'est-ce pas ? »
Il devient sourire, celui qui aime.
Alors – je lis, dans le regard du Prince, toute la tendresse qu'il ressent pour moi, et l'espérance de sa sublime attente. Lui qui veille, lui qui protège… c'est pourquoi, je me résous à dire la vérité, avec douceur.
« Oui. Ils sont très importants pour moi. Je n'en voudrais d'autres… pour rien au monde. »
A n'importe qui d'autre, j'aurais nié : pas besoin qu'on lise en moi comme dans un Sharp sans Lunettes. Mais lui…
« Mais… tu me promets de ne le dire à personne, hein ? »
Le petit Dragon fronça les sourcils.
« Je ne l'aime pas comme je t'aime toi. »
« Tu l'aimes pas comme tu m'aimes moi, mais tu l'aimes bien quand même. »
Le Prince de la Nuit et de son cœur lui disait les mots qui le faisaient vivre : ils racontaient les mots de la vérité qu'il niait, mais à laquelle il ne pouvait mentir…
« Bon, ok. Je l'aime un petit peu. Il est vraiment fort, et c'est la première fois, que je peux m'amuser autant avec quelqu'un… »
Content de sa réaction, l'Ombre Ancestrale câlina doucement son partenaire… tandis que le mâle conquérant regardait furtivement autour de lui – comme s'il craignait qu'une oreille indiscrète eût entendu son secret.
« Mais tu ne le lui diras pas, hein ? »
Le Prince rit : et les deux adolescents se touchèrent le bout du petit doigt.
« Promis. »
Un grelot d'argent tinte dans mon âme : et mon cœur bondit, étonné.
« Pourquoi… pourquoi tu ris ? »
« Parce que tu n'as pas changé d'un iota. Tu es un grand sentimental… mais, tu le caches à ceux que tu aimes le plus. Sauf… »
Est-ce à toi, que je peux livrer… le secret de mon cœur ?
(Encore faudrait-il que mon cœur ne me cache rien…)
« Je ne peux pas rester trop longtemps. Mais sache… que tes amis et toi courez un grave danger. Surtout toi… et le garçon aux cheveux de nuit. »
« Attends, Totor ?! Mais non, mais non, t'inquiète. Bon, je reconnais que lui et moi, on s'est déjà fait agresser par des fans en furie, qui voulaient absolument nous faire des trucs pas très recommandables. Oui oui, je sais, j'aurais pas dû répondre à leurs lettres, elles étaient louches, mais… »
Soudain l'Ombre me traverse – sans que j'aie le temps de réagir ! Et pose ses mains sur mes joues – palpitantes comme le baiser qu'elles promettent.
« Ne repousse pas tes pouvoirs. Accepte ta force. C'est le meilleur moyen de la maîtriser… et de ne laisser quiconque l'utiliser à ta place. Nombre de gens mal intentionnés la convoitent… mais toi seul es maître de ton destin. Ne l'oublie jamais. »
Le souffle se fait vie : et pour la première fois, je ferme les yeux pour m'abandonner au mystère des Ténèbres.
« Prends soin de toi, mon Dragon Blanc. L'heure sombre approche… mais l'Ombre te protégera toujours. »
Prince de la Nuit… Prince de mes Souvenirs…
…reviens, même si pour cela…
…je dois retrouver tous mes souvenirs.
~…~
Le Dragon aux yeux de sang drapa le monde de son voile immaculé.
« Qui es-tu, toi qui me barres le chemin de mon Maître ? »
« Celui qui habite ton cœur. »
Le monstre gronda, comme pour engloutir son adversaire :
Le Livre s'était ouvert, à la page…
《無缺 Unli(mited) Perfect(ion)》
﹃
神白
也龍
非無
人缺
﹄
Ananda : Ah... /Soupir/
Sol : Ananda ? Pourquoi tu soupires ?
Ananda : Ah, Sol-chou. Merci d'être là. En fait... /Soupir/
Sol : En fait ?
Ananda : C'était TELLEMENT bien, ces vacances SANS Bailong. Juste après la fic Unlimited Perfection. Presque une semaine sans ses cacas nerveux, et son égo aussi gros que mes passables envies de l'étrangler, quand il fait son... Baba.
Sol : Rooooooh, allez. Toutes les bonnes choses ont une fin. Et puis, console-toi. Tu risques de ne pas d'ennuyer au moins ^^...
Bailong : Dites donc, vous pourriez parler encore plus fort, tous les deux. Au cas où vous l'auriez pas remarqué, je suis là et...
Ananda, sans faire attention : Je ne m'ennuyais PAS en son absence. J'avais un sentiment de paix... de sérénité... de tranquillité. Le paradis, quoi.
Sol : Hi hi, je te comprends. Il n'est pas méchant, mais, son égo est un peu envahissant, de temps en temps. Je me demande comment il fait pour ne pas être envahi par ses lettres de fans...
Bailong, irrité : L'égo un peu envahissant, et ses lettres de fans, ils vous entendent, vous savez. Et j'aimerais dire que...
Ananda, sans faire attention : Je n'aurais jamais dû lancer le Cinazuma avec son film personnel. Depuis qu'on a produit La Légende du Dragon Blanc, les fans en réclament toujours plus et les projets le concernant font de plus en plus d'adeptes. Quelle malédiction...
Sol : Hi hi hi. Faut les comprendre. Il a beau être insupportable, c'est pas tous les jours qu'on voit un Boss d'Inazuma jouer en personne. Et puis il y a Tezcat aussi...
Bailong, veine rouge : ARRÊTEZ de faire comme si je n'étais PAS là ! Ça M'ENERVE !
Ananda, sans faire attention : Ah, HEUREUSEMENT qu'il y a Tezcat. C'est le seul qu'il écoute un peu... (et qui arrive à dégonfler son égo ^_^)
Sol : Hi hi hi. ^_^ C'est vrai.
Bailong, veine ultra rouge : JE SAIS QUE VOUS M'ENTENDEZ ! ARRÊTEZ DE M'IGNORER !
Ananda : Quelqu'un a parlé ?
Sol : Non, ça doit être le vent.
Bailong, rouge de colère : BANDE DE...!
Ananda : C'est bien ce qu'il me semblait. Sol, tu peux fermer la fenêtre ?
Sol : Pas de problème ! ^_^
Bailong : Grrrrrrr... -_- (Je vous hais... je me vengerai...) Totor, dis quelque chose !
Victor : ...
Bailong : Totor ?
Victor : Quelqu'un a parlé ?
Bailong, rouge de colère : TOTOR !
Victor, regardant son téléphone : Ah, un SMS d'Arion. Je vais aller le chercher à la gare. /S'en va/
Bailong, rouge de colère : ...
? : Ne fais pas attention, mon petit Dragon. Ils te taquinent tous. Moi je suis là.
