《白龍傳》

« La Légende du Dragon Blanc »

Lordess Ananda Teenorag


Titre :《白龍傳》« La Légende du Dragon Blanc »

Auteur : Lordess Ananda Teenorag

Série : Inazuma Eleven Go

Genre : Suspense, Crime, Supernatural

Résumé : La Légende du Dragon Blanc. La tortueuse histoire d'amour entre un esprit et un mortel, que découvre le meilleur des Agents d'Elite du Cinquième Secteur. Un Livre mystérieux qui retrace sa vie… et le mène au cœur de l'Organisation.

Personnages principaux : Bailong 白龍 (Hakuryuu), Tezcat (Shuu)

Personnages secondaires : Zhuge Liang (Koumei Shokatsu), Victor Blade (Kyousuke Tsurugi), Njord Snio (Yukimura Hyouga), Sol Daystar (Taiyou Amemiya), Goldie Lemmon (Kinako Nanobana)

Pairing principal : Bailong (Hakuryuu) x Tezcat (Shuu)

Pairings secondaires : Bisexualité de Bailong en général.

Note : Extraits (remaniés) du roman La Légende du Serpent Blanc 《白蛇傳》 Baishe Zhuan. Extrait remanié de l'article du Wikipédia chinois (维基百科) le présentant.


~…~

第六 : 命苦 L'Ombre de ton Destin

~…~


神白

也龍

非無

人缺

« Qui es-tu, toi qui me barres le chemin de mon Maître ? »

« Celui qui habite ton cœur. »

Le monstre gronda, comme pour engloutir son adversaire :

« Devrais-je lutter contre toi ? »

« Ton cœur se brisera en deux, si tu le fais… mais, si cela devait advenir, je le recollerai. »

Le Fantôme Noir le couvrit de sa sombre tendresse.

« Je suis là avec toi. Quoiqu'il arrive, je protégerai ta force et soutiendrai ta gloire. »


~ Je serai l'Ombre qui protègera ta force

Et soutiendra ta gloire ~

« L'Ombre… la Lumière… »

(Que mon Esprit plonge dans le cœur des souvenirs et retrouve la naissance d'une Légende…)

Le feuillage gémit, sous le murmure des Enfants du Lien.

Il entend la plainte des deux du Cœur : tant et tant, que même le démon des brisures ne pourrait se détourner, indifférent à l'amour ancestral, à l'éternelle amitié.

~ Et il me semble,

Que tu as oublié ~

« Petit Prince… Petit Prince… ! »

Il crie, il hurle : et, dans la chambre livide des créatures honnies par la morale, le Dragon de l'Aube rugit comme le Monstre blessé qui réclame son ami – son seul ami. Car il comprend trop tard que l'aventure dont il a rêvée va le priver de son unique humanité.

~ As-tu oublié le rêve que tu m'as promis

Lorsque tu parlais de te souvenir ~

De l'autre côté du Mur des Lamentations, dans le Sanctuaire des Enfants du Lien, le Fantôme de ce puissant conquérant recueille le cadeau de ce terrible cauchemar : son humanité.

« Ne… ne perds jamais espoir, mon Dragon. Même si tu dois partir pour le monde de l'oubli, et même si tu devais oublier celui que tu aimes tant… sache que je ne t'abandonnerai jamais. »

~ Je sais que le fond de ta mémoire n'a pas oublié

Car j'y habite depuis que j'y suis né ~

Si seulement il était humain : si seulement il existait. Alors son épée déferait les parjures de l'existence – de leur existence : sa chaude main enserrerait les doigts d'un conquérant fragile, et sa douce tendresse envelopperait le front puissant d'un aimé.

Mais, les Esprits ne peuvent exister, n'est-ce pas ?

Ils peuvent seulement errer dans leur but sans fin, et prier au fond de leur âme, qui offre ce fantomatique reflet de l'existence.

« Je ne veux pas… je ne veux pas… t'oublier ! »

~ Dragon Blanc, Dragon Blanc

N'oublie pas…

que la Nuit te protège ~

Alors, pourquoi la douleur est si réelle ? Pourquoi il a mal comme s'il était vivant, et qu'il partageait le sort de ceux qui font vivre le monde ?

Les humains peuvent pleurer, les vivants peuvent crier, les existants peuvent parler :

Lui, ne peut que souffrir du sentiment qui le consume, sans pouvoir brûler comme le feu qui s'éteint, se raidir comme la chair qui se meurt, se dresser comme la pierre qui s'use.

« Aide… AIDE-MOI ! »

~ Quand même l'Aube s'éteindra,

L'Ombre t'accueillera et te fera renaître ~

Pourtant, les larmes coulent sur le visage du Prince Fantôme, qui règne dans la Nuit de l'Eternelle Aube.

Certains disent que c'est un miracle qu'il puisse aimer : d'autres ne peuvent croire qu'il pleure. Lui qui n'est qu'Esprit, et le fantôme d'un souvenir mort, porte ce sentiment qui n'a pas trouvé la paix.

« Moi seul peux te protéger, petit Dragon. »

~ Car tu es la Lumière qui éclaire nos jours

Et promet la victoire dans l'astrale clarté ~

C'est pourquoi ses yeux brillent, ses poings ressentent la rage.

Comme c'est dommage qu'ils ne puissent se serrer : ils auraient fait des morts, et l'Esprit de l'Aube continuerait à danser, librement, à côté de lui.

« Je suis là avec toi. Quoiqu'il arrive, je protégerai ta force et soutiendrai ta gloire. »

~ Alors vis et traverse le monde comme le conquérant que tu es.

Jusqu'à ce que je te voie toucher le trône dont j'ai rêvé pour toi,

Jusqu'à ce que tu règnes sur le monde que tu auras visité ~

Peut-être qu'il a reçu les Larmes que le Dragon Blanc ne versera plus – en l'oubliant.

Je garderai tes larmes pour toi, mon petit Dragon.

Vis la vie que le Monde te doit. Je te protégerai dans l'Ombre que je suis.

Quoiqu'il arrive…

~ Je serai l'Ombre qui protègera ta force

Et soutiendra ta gloire ~

pour toujours.

(Mon cœur se souvient. Il s'était endormi dans l'amoureuse berceuse de la Nuit, mais celle-ci, omniprésente, veille toujours sur son rêve malgré son sommeil…)

« AAAAAHHHH ! »

La sueur couvre mon front d'une pellicule d'angoisse.

« Qu'est-ce… qu'est-ce qu'il… m'arrive ? »

Ma voix… ma voix tremble. Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible. Je n'ai jamais failli. Je n'ai jamais eu si peur, jamais eu si mal : pas même quand les Scientifiques vérifiaient mes données, sur la table d'opération, et qu'ils injectaient dans mon corps – jour après jour – des substances destinées à le rendre immune à tout.

« Bon, j'ai pas envie de savoir, mais… Miroir, mon beau Miroir, dis-moi qui est le plus beau d'Inazum-… oh merde. »

Oh non. Quelle horreur. J'ai le visage… d'un homme malade. Ce que les années d'entraînement, les combats sans fin, les privations les plus dures n'ont réussi à faire, un seul souvenir l'a pu : et il a ravagé la fierté du Dragon que je suis.

Le rêve d'un Prince mystérieux est devenu cauchemar dans l'oubli où mon cœur a plongé.

Comment tout cela… est-il possible ?

Ton chant est celui du conquérant blessé que l'on fait abdiquer, devant sa propre force : mais tu n'es pas seul, Dragon Blanc. Il y a quelqu'un qui la protège et fera renaître sa véritable destinée.

C'est… c'est comme si… je connaissais ce garçon, ce Prince de la Nuit, mi-fantôme, mi-humain…

…mais moi, qui suis-je, exactement ?

« Purée, ça me réussit vraiment pas, l'oisiveté. Parce que je me mets à la philo alors que je déteste ça. »

Après un dernier coup d'œil à mon reflet (bon, un peu d'eau, un grand sourire, et à moi le monde), je soupire en cherchant ma brosse.

« Miroir, mon beau Miroir, dis-moi qui est le classe d'Inazum… oh, merdeuh ! »

Une fois de plus, le Miroir d'Inazuma fait publicité mensongère. J'ai jamais eu une tête aussi naze de ma vie. Même pas après ma cuite de premier ordre pendant la fête de promo du Sanctuaire, là où, Totor et moi, on s'est… oups, pardon, âmes sensibles.

« Boss, quand on se retrouvera, vous allez me payer des primes de nuit blanche ! Avec cette gueule-là, mes fans vont déserter mes concerts et tout ça c'est de votre faute ! »

Bon, d'accord, y'a personne qui peut m'entendre, mais qu'est-ce que ça fait du bien d'incriminer un Boss tyrannique qui vous contraint à avoir une tête de déterré après des cauchemars oisifs. Et…

Dring, dring, dring !

Je décroche, irrité.

« Totor. Si c'est toi à l'appareil, sache que je suis de très mauvaise humeur aujourd'hui.

Ce n'est donc pas le bon jour pour mentionner le nom de Sherwind, et surtout, pour avoir plus de lettres de fans que moi. Et je ne veux PLUS voir cette expression niaise sur ton visage, comme quand ton petit copain a pleuré parce que… »

Un souffle rauque me répond.

« Bailong… »

« …parce que tu lui as offert un porte-clés de flûte le jour de la Saint-Valentin, et qu'il t'a donné une peluche de saxophone en retour. C'est tellement dégoulinant de niaiserie que même Goldie ne pourrait cautionner ça. Et… »

Le souffle s'intensifie, comme sous l'emprise de la souffrance.

« Bai… long… »

« Totor ? Qu'est-ce que tu as ? »

« »

Mes yeux clignent, surpris par l'absence d'ironie Totorienne. Purée, il vient de se réveiller, ou quoi ? Ses neurones sont plus rapides que ça, d'habitude, pour me sarcasmiser. Parce que, c'est pas parce qu'il sort avec Sherwind le protozoaire qu'il doit attraper sa maladie de 'forme de vie la plus simple au monde'.

« Victor ? »

Non, quand je le dérange lorsqu'il se réveille, il me jette une anche de saxo imaginaire à la figure et le téléphone hurle sa souffrance à ma place.

« …Bai… »

Bzzzzzz… bzzzzzzz… !

L'appareil grésille, coupe ma communication : et de nouveau, la Marque Njord Snio va recevoir des plaintes au service après-vente. Non, mais, c'est impossible, c'est le meilleur dans son domaine, et… !

« Victor, qu'est-ce tu as ?! Réponds ! »

« »

Bzzzzzzzzz ! Bzzzzzzzzz !

Le son, strident, aigu, est insupportable : mais je ne bronche pas, me concentrant sur la voix de mon coéquipier.

« Victor ? »

Mes sens surentraînés fouillent la communication, cherchent le moindre signe : mais, désormais, seul le silence me répond.

Bip, bip, bip…

Clic !

« J'arrive. Ne fais rien d'imprudent. »

D'un geste rapide, je m'empare de mon capteur à fréquence et de mon matériel de combat. Si Victor est en danger, c'est qu'ils sont forts. Personne ne peut venir à bout de lui aussi facilement, à moins de s'en prendre à quelqu'un qui lui est cher. Du genre, son frère, ou encore…

Purée, si c'est Sherwind la cause de ce désastre, je jure que je l'enferme dans le conservatoire et j'y implante des ascaris dévoreurs de protozoaires.

« Et tu me dis à moi d'être prudent, Totor ? Pfff. »

Sans me rendre compte, tant le trouble de mon premier cauchemar me possède, que Victor Blade n'a jamais appelé quiconque à l'aide de toute sa vie.


« Toi, t'as une gueule à faire une connerie. Je me trompe ? »

« Ecartez-vous. »

Ma voix, péremptoire, gronde comme celle d'un Dragon de Légende. Mais le Punky Bad Boy se contente de m'observer, l'air ironique, avant de sourire comme un very, very, very Bad Boy.

« Wouah. T'as vraiment une tête de déterré. Mal dormi ? »

Un micro se plante à deux centimètres de sa tête. Comme je sais que je l'atteindrai jamais, autant lui faire peur en visant à côté de lui.

« Comme je savais que vous étiez à côté, à faire des parties de fous avec votre copain haut placé, j'ai souffert d'insomnie mentale. Et laissez-moi vous dire que c'était foudroyant, comme anti-somnifère. »

« Ah, vraiment ? Dommage, tu aurais pu prendre des cours, jeune puceau. Jude et moi on est assez rôdé pour se faire beaucoup de bien. Surtout que maintenant que tu as rencontré ton beau Prince, va bien falloir que tu te décoinces un peu pour le garder avec toi et… »

Bong !

Nouveau micro, même cible. Un tir : un mort.

« Plus profond, le lancer. T'as encore des trucs à apprendre en matière de chiantise Bad Boy. T'es sûr que quelqu'un comme toi serait capable de mener à bien la bêtise qu'il s'apprête à faire ? »

Ma seule bêtise, merde, c'était de vous connaître ! Depuis que vous êtes dans mon carnet d'ennemis, ma vie part en tous les sens et mes lettres de fans avoisinent la niaiserie absolue : parce que, depuis que j'ai dansé avec le magnif-… euh, le Prince de la Nuit, elles se sont multipliées pour dire à quel point j'étais… mignon. Et c'est TROP LA HONTE ! MERDE !

« Ah, Baba, Baba, Baba. Tu sais que tu es immature, comme gamin ? »

Non, mais, c'est l'hôpital qui se fout de la charité, ou le saxophoniste qui se rit du chanteur ?! Pris d'un accès de rage violente, je le saisis par le col, et le plaque contre le mur.

« Vous savez quoi ? »

« Quoi ? »

Je m'énerve.

« Vous êtes un enfoiré. »

« Je sais. »

Il sourit.

« Je vous hais. »

« Je sais. »

Il m'énerve.

« Je vais vous tuer. »

« Je sais. »

Et il sourit.

« … »

Mais quelque chose me met mal à l'aise, cette fois : et je le lâche, comme pour conjurer le mauvais sort. C'est loufoque, mais j'ai comme l'impression…

…que je n'aurais pas dû dire ces derniers mots.

« … »

Le silence se fait entre nous, pesant pour moi. Non, c'était pas des mots à prononcer. Peut-être que je devrais…

Bong !

« AÏE ! Espèce de… de… ! »

d'enfoiré ! Il a jeté… il a jeté un truc dans ma figure, et c'est…

…un préservatif ?!

« T'inquiète, Tête de Pastèque. Il est pas utilisé, même si je me suis bien défoulé avec Jude hier soir. Considère que c'est un cadeau de ma part pour ta Saint-Valentin avec ton premier amour de Prince, et une prime pour tes heures sup. Tu sais au moins comment t'en servir, petit ? »

Permettez de proférer la vérité ultime du Sacrifié du Dieu de la Parodie. Que son culte soit maudit, ainsi que ses plus fidèles disciples : vous qui, adeptes du rire et lecteurs de ma gloire, vous gaussez de mes mésaventures dans vos lettres de fans.

« Enfoiré. Je. Vous. Hais. »

« Bon, qu'est-ce qui se passe encore ? T'as tes règles dès le matin ? »

Je maîtrise l'envie de jeter sur lui tout ce qui se trouve à ma portée, et tant pis pour les micros que je privilégie comme anti-Stonyminique. Je sais que l'Inalysée va me facturer cher ce geste de délivrance mentale, mais Boss paiera pour moi.

« Je veux la vérité. Et maintenant. »

« Ai-je quand même le droit de te demander comment tu sais qu'il y a une vérité à exiger ? »

Je fais mon rictus de pacha : celui qui sourit sans sourire.

(L'expression qui fout les chocottes à mes ennemis, et ça marche à 99%. Espérons juste que le 1% ne soit pas Stony, ça me ferait mal…)

« Vous en avez le droit, ce à quoi je vous répondrai que je suis un Agent d'Elite du Cinquième et qu'aucune info ne m'échappera jamais – fût-elle celle d'un Punk loser dans votre genre. Alors, maintenant, la vérité. »

« Très bien. »

Il s'arrête de ricaner. Enfin. Je vais enfin avoir droit au moment de vérité, au moment crucial de la série, qui marque un tournant dans l'intrigue et…

« Je suis ton père. »

« … »

Ma lèvre tique légèrement. Non, merde, 1% de chance, 1% de chance : c'était trop demander ?!

« La vraie, s'il vous plaît. »

« Très bien. »

On rembobine. Et maintenant, moment crucial pour l'intrigue du Dragon Blanc : le retour.

« Je suis ton parrain. »

« … »

Okaaaaaaaaaay… au temps pour le moment crucial. Parce que, c'est Stony dont on parle, là. Le Stony qui déconne sans être con, qui fait le con sans être con, qui arrive à être con sans être con. Et, s'il n'avait pas l'habitude de dire des trucs aussi cons, j'aurais presque pu croire à l'air sérieux qu'il affiche.

« … »

Comme si un vieil abruti dans son genre pouvait être mon parrain. Comme si un vieux couillon comme lui pouvait me connaître avant même ma naissance. Et pourquoi ne pas imaginer Sharp avec des yeux rouges, ou Totor désolé de m'avoir déserté ?

« Je vous avais dit la vraie, merde ! »

Alors que je ramasse une armoire pour la lui jeter à la figure (on n'est plus à ça près), le Boss en intérim attrape ma main en plein vol pour stopper le geste. Oh, merde. Ça c'était la classe, faut l'admettre.

« Mais, c'est la vraie, Tête de Pastèque. Tu doutes de mes talents de parrain ? »

« Si j'étais votre fils, je me suiciderai dès l'âge de la compréhension du concept de 'père'. Quant à être votre filleul, c'est le meurtre dès l'âge du baptême. »

« Ah, c'est donc pour ça que j'ai retrouvé le cadavre du prêtre noyé dans l'eau bénite… »

Le rire du very Bad Boy m'irrite les tympans, me donne envie de jeter quelque chose dans la figure de n'importe qui, mais sa main retient mes envies de meurtre : et malheureusement, Punky est costaud. Optons pour une autre stratégie, alors.

« Très bien. Puisque c'est comme ça… je dirai à tout le monde que vous faites des parties de fous avec le Grand Ministre. Preuves à l'appui. »

« Mais vas-y, dis-leur ! Depuis le temps que j'essaye de faire comprendre les bienfaits de ce genre d'activités… »

« … »

Mais est-ce que ces parties de fous sont ce que je pense… ? Non, Bailong, ne pense plus. Je ne veux PLUS me rappeler ça.

« Mais si tu veux, tu peux te joindre à nous. Je suis sûr qu'un enfant comme toi n'a jamais eu l'occasion de faire sa première expérience. T'as une tête à encore être puceau, toi. »

« … »

Une tête à encore être puc-… espèce de… de…

« Vous. Êtes. Vraiment. Un… »

« Je sais. Et j'aime ça. Vas-y, dis-le. »

Je hurle de tous mes poumons.

« …ENFOIRE ! »

Et tant pis pour le voisinage – à savoir, le Grand Ministre : de toute façon il a pas une tête à dormir beaucoup. Je suis sûr que les Lunettes servent en fait à masquer ses cernes. Parce que, qui voudrait croire qu'il a des yeux rouges ? C'est que dans les mangas que ça existe, ça.

« Hé, je plaisantais, Tête de Pastèque. Petit Jude est mon copain, et toi, t'es un peu trop immature pour que j'aie envie de faire quoi que ce soit avec toi… même si t'es pas trop vilain, pour une caboche aussi enflée. Et puis… t'es plutôt du genre romantique, derrière tes airs de gamin chieur et prétentieux, non ? T'en fais pas, je cautionne pleinement ton Tango de l'Amour ou je-sais-plus-quoi. Fais tout pour revoir le beau Prince avec qui tu as dansé, ça crève les yeux que vous êtes faits l'un pour l'aut-… aïe ! »

Alléluia. Et la Lumière fut. Je n'ai encore jamais réussi à atteindre Stony à coups de micro, c'est un miracle. Béni soit le Dieu de la Parodie. Qu'Il soit loué pour sa mansuétude et que son Nom soit sanctifié par mon offrande, et qu'Il répande sur nous son Esprit.

« Je. Suis. Pas. Amoureux. »

« C'est toi qui l'as dit, pas moi. »

Il essuie une larme de son œil (je préfère croire que c'est à cause de mon micro, plutôt que de la tranche de rire qu'il se paie depuis le début de notre 'conversation'), et risque un coup d'œil sur mon teint.

« Purée, tes fans ont raison. T'es vraiment mignon quand tu rougis. J'aurais dû amener mon appareil photo, je me serais fait des thunes rien qu'en leur vendant ça. »

« Je ne suis pas ROUGE, merde, JE SUIS LE DRAGON BLANC ! »

Je HAIS les parodies, car il y a toujours une victime de service et c'est MOI ! Et, combien, COMBIEN de fois faudra-t-il le dire… !

Je ne suis PAS mignon. Je ne suis PAS kawaï. Je ne suis PAS…

amoureux.

« Les chevilles qui enflent, ça on savait déjà, et le chirurgien a dit qu'on peut rien y faire. Mais le nez qui s'allonge, ça c'est du nouveau. Syndrome de mythomanie infantile qui précède la crise d'adolescence dans la construction psychologique de l'individu ? »

Alors que je m'apprête à lui en foutre une, de crise d'adolescence, le capteur à fréquence dans ma main émet un son strident.

Biiiiiiiiiiiiiiiiip ! Biiiiiiiiiiiiiiip !

Les… oh, non. Les signaux sont instables. Ce qui signifie que Totor…

« Baba. »

Son ton devient soudainement sérieux.

« Tu vas y aller ? »

Je serre l'appareil dans ma main.

« Oui. »

Victor Blade… est mon ami. Et Bailong n'abandonne jamais un ami (même s'il est chiant à être ironiquement concis, et, surtout, à être fasciné par les protozoaires mièvres et niais comme Sherwind). Par contre, quand je l'aurai tiré de là, je lui ferai avaler toutes les anches de saxo qu'il m'a lancées dans l'œil, pour m'avoir abandonné pour la forme de vie la plus simple au monde : le protozoaire.

« Sois prudent, Tête de Pastèque. »


Viens à nous, Splendide Esprit de l'Aube.

Reviens dans le Cœur de Celui qui t'invoque, Hakuryuu.

Ton Maître t'attend,

Et Lui seul peut révéler la force qui t'habite,

Dragon de l'Ere Nouvelle.

Ne détourne plus tes yeux de lui,

Alors que tes pas te mènent à son Trône…

神白

也龍

非無

人缺

Non loin de là, l'Œil de la Nuit veillait sur son Ami de Toujours, sur le Chemin des Ténèbres.


Bailong : ...

Ananda : (Bailong qui ne dit rien. Voilà qui est anormal...)

Bailong : ...

Ananda : ...oui ?

Bailong : Je sais pas pourquoi, j'ai mal à la tête, dernièrement, avec toutes ces histoires de souvenirs oubliés mais pas à fait. On pourrait pas tourner une histoire simple, avec un Agent classe, des ennemis nazes, et une parodie d'enfer ?

Ananda : Cela n'intéresserait personne. /Pause/ Même avec toi, Baba.

Bailong : Pffff.

Goldie : Baba à la crème, Baba, Baba... ne sois pas trop vilain avec Monsieur Stony, il t'aime bien, au fond !

Bailong, marmonnant : C'est justement ce que je déplore...

Victor : Bien que je sois satisfait de moins apparaître dans cette aventure débile, je tiens à dire que les préparatifs de mon mariage avec Arion avancent très bien. N'en déplaise à toi, Bailong.

Bailong, outré : Alors, le mec, pendant je me casse les miches à lui sauver la vie, il songe à sa déco de porte-clés flûte et peluche saxo liés par un cœur, pour son mariage à la con. /Aigri/ Merci pour ton amour, cela me va droit au cœur. Et laisse-moi te dire que ta déco vaut mes dernières lettres de fans, qui me trouvent mign-... RIEN. (J'ai rien dit)

Victor : Ma déco ne regarde que moi et Arion, et je n'ai pas besoin de ta sollicitude. Néanmoins...

Bailong : Dégage.

Victor : Néanmoins, ce n'est pas de moi que tu devrais te soucier, mais de toi. Pourquoi crois-tu que je t'ai averti au précédent chapitre ? Et, penses-tu que, moi, je serais du genre à mettre un ami en danger, juste pour ma propre sécurité ?

Bailong : ...

Victor : Néanmoins, je te connais assez pour savoir, que, bien que tu aies habituellement parfaitement confiance en ma force et en mon aptitude à me protéger, ton sens de l'amitié t'interdit d'ignorer ma condition. Et que, avec ce mystère dangereux qui entoure la Légende du Dragon Blanc, même toi risques d'oublier sa prudence et sa sagacité habituelle. C'est pourquoi, je réitère mes mises en garde, Bailong.

Bailong : ... ... ...venant de celui qui couine pour m'appeler à l'aide, c'est quand même culotté. /Sourire de pacha/ Mais ne t'inquiète pas, tu pourras toujours me vénérer et me payer une bière quand je t'aurais tiré de ce mauvais pas.

Victor, perdant patience : Bailong, as-tu écouté UN MOT de ce que je viens de te dire ?!

Bailong, sourire de pacha : ...si si, To-tor.

Goldie : (^_^ Comme c'est mignon. Ils s'aiment et s'inquiètent l'un pour l'autre, mais n'arrivent pas à le dire.)

(?) : En tout cas, quoiqu'il arrive, je veillerai sur lui. Maintenant... et pour toujours.