《白龍傳》

« La Légende du Dragon Blanc »

Lordess Ananda Teenorag


Titre :《白龍傳》« La Légende du Dragon Blanc »

Auteur : Lordess Ananda Teenorag

Série : Inazuma Eleven Go

Genre : Suspense, Crime, Supernatural

Résumé : La Légende du Dragon Blanc. La tortueuse histoire d'amour entre un esprit et un mortel, que découvre le meilleur des Agents d'Elite du Cinquième Secteur. Un Livre mystérieux qui retrace sa vie… et le mène au cœur de l'Organisation.

Personnages principaux : Bailong 白龍 (Hakuryuu), Tezcat (Shuu)

Personnages secondaires : Zhuge Liang (Koumei Shokatsu), Victor Blade (Kyousuke Tsurugi), Njord Snio (Yukimura Hyouga), Sol Daystar (Taiyou Amemiya), Goldie Lemmon (Kinako Nanobana)

Pairing principal : Bailong (Hakuryuu) x Tezcat (Shuu)

Pairings secondaires : Bisexualité de Bailong en général.

Note : Extraits (remaniés) du roman La Légende du Serpent Blanc 《白蛇傳》 Baishe Zhuan. Extrait remanié de l'article du Wikipédia chinois (维基百科) le présentant.


Mot de l'auteure : Tout d'abord... à propos de tout ce qui s'est passé...

...je ne sais quoi dire.

J'ai l'impression qu'une partie de moi est morte. Mais une autre partie de moi - mon cœur - veut vivre, vivre, vivre. Dans la joie, l'amour, l'harmonie, le soleil, et j'en passe.

Je voudrais remercier tous les auteurs ici (et certains de SPN) d'avoir continué à poster. De voir tout le monde continuer, aller de l'avant, moi ça me donne un coup de fouet. J'espère que vous allez aussi bien qu'on puisse l'être, mais... merci à tous et toutes.

Un merci spécial à Nono, pour notre agréable discussion ! (J'espère qu'on remettra ça !)

Pour tous les autres : Ygrec, Alice, Tia, Critérium... oups, I'mjustagirlhere (mais Critérium, c'est bien comme surnom ;). JE SUIS CONTENTE QUE VOUS SOYEZ LA !

Soleil et Art Forever.


~…~

第七 : 王臣 Maître et Vassal

~…~


Bip, bip, bip… !

Le signal provient d'une partie très éloignée de la ville.

« 34 XBZ. Radar fréquence 36,9. Localisation… 89,7 ? »

Purée, Totor, qu'est-ce que t'es allé foutre là-bas tout seul, pour te faire piéger comme l'aimable loup solitaire que tu es ?

« Victor, Victor, Victor. Si ce n'était mon génie avec le détecteur de Njord… t'aurais déjà gagné un aller simple dans l'antre du mal. »

Note à moi-même : enfermer Sherwind dans un container à protozoaires et le cadenasser à triple tour aux chaînes de Totor. Et leur offrir des peluches de saxophone et de flûte, avec une table privée au Sherleyton et des fleurs encore plus niaises qu'eux. Ça me fera gerber de douleur et de honte, mais au moins on les gardera en vie : et si Sherwind est à Totor ce que le Rhum est au Baba, moi je vote pour que mon ex-collègue se drogue Ad vitam æternam.

« Et dire qu'ils vont prochainement se marier… »

Oh beurk. Ces… hurluberlus ont même prévu des décorations à base de jouets, qui représentent un saxophone et une flûte… liés par un cœur. Et je sais pas pourquoi, en dehors de me faire vomir, ça me serre le cœur.

« Victor… tu es vraiment un enfoiré, tu sais ? »

Mais, bizarrement, ce n'est plus le ressentiment qu'il y a, dans mes souvenirs : mais la tristesse. La tristesse, un jour, d'avoir perdu une partie de ce grand rival : de cet ami, qui…

(Pourquoi est-il parti, ce jour-là, alors que nous devions…)

« Petit Prince, pourquoi j'ai mal ? »

« Car tu l'aimes, et c'est ton ami. »

D'un geste de rage, le blanc conquérant déchira les aveux de son cœur, et ceux-ci hurlèrent la douleur qu'il portait.

« C'est PAS mon ami ! Il est parti, il m'a abandonné, alors qu'il m'avait juré qu'on se livrerait enfin ce duel, et… et… »

il m'a abandonné.

« C'est justement parce que c'est ton ami, et qu'il est parti, que tu as mal, mon Dragon. »

Les mains douces comme la caresse de la nuit embaumaient sa lumière comme un crépuscule paisible.

« Tu es le fier Dragon Blanc, Immaculé par sa propre Force : mais ta force est aussi ta faiblesse. Et la faiblesse, tu l'abhorres. »

La Créature de l'Aube hurla sa complainte.

(Je hais les faibles ! Et lui, et lui… ! Il était mon rival, il était mon ami, et pourtant… !)

« Petit Prince, pourquoi je pleure ? »

Et Lui qui protégeait sa lumière, engloutit la rivière de son humanité.

Parce que tu es humain, petit Dragon Blanc.

« … »

Le souvenir danse devant mes yeux, comme le sourire, si triste, de ces orbes de nuit éternelle. Il protège mon cœur, chérit mon âme : et pourtant je ne me souviens même pas de son nom, lui qui – tapi dans les sombres recoins de mon cœur – veille sur les litanies de son histoire.

« Je suis là avec toi. Quoiqu'il arrive, je protégerai ta force et soutiendrai ta gloire. »

~ Je serai l'Ombre qui protègera ta force

Et soutiendra ta gloire ~

« …geuh ? »

Oh merde. Commencer à voir le visage d'un charmant fantôme dans l'astral mystère des rêves nocturnes, quand on est un beau mâle de vingt-quatre ans en pleine fleur de l'âge, c'est pas bon signe pour la santé amoureuse.

Car, NON, je ne pense pas au sublime Prince de la Nuit.

NON, je ne vois pas son visage dans le reflet des rêves.

NON, je ne sens pas le désir de danser avec lui.

NON, je ne suis pas amour-…

« Maman, pourquoi le grand monsieur aux cheveux bizarres, il a une tête rouge comme s'il était amoureux ? »

Merde ! Un personnage secondaire, qui a un rôle important sur la self-progression psychologique. Du genre, vous savez, celui de faire découvrir au protagoniste une vérité cruciale sur lui-même… dont il se passerait bien, vu qu'elle n'existe pas.

Parce que, NON, je ne suis pas amour-…

« Voyons, tu ne sais pas s'il est amoureux. Il a peut-être… juste chaud ? »

Ah, toi, je t'aime bien ! Oui oui, on peut dire que j'ai eu chaud, d'une certaine façon. Même si c'est pas au sens propre que…

« Maman, on est en février. Et il neige. »

« … »

Bah, qui se soucie de telles futilités ?

« Eh bien, peut-être qu'il y a quelqu'un qu'il aime beaucoup, mais qu'il n'arrive pas à l'admettre ? »

Nan, finalement, je ne t'aime pas. Et, vous savez quoi ? Je déteste quand les persos secondaires touchent une corde sensible. Parce que, non, je ne suis pas amoureux.

(…même s'il est vraiment, vraiment… si…)

Prince de la Nuit…

« C'est vraiment mignon. On sent le mâle d'une grande fierté, mais si sentimental au fond. On imagine très bien une âme sœur à ses côtés, prendre soin de lui… »

Et… et puis quoi encore ?

« Comme dans les grandes histoires d'amour ? »

« Comme dans les grandes histoires d'amour. »

(… … …beuh.) Suicidez-moi, Dieu de la Parodie. Et je vous interdis, vous lecteurs, de parler des Feux de l'Amour. Seuls les Feux de l'Humour comptent dans la Légende du Dragon Blanc.

« Ça se trouve, un être, caché dans l'ombre, veille sur lui sans qu'il ne le sache, car il l'a oublié pour vivre son aventure. Ils s'aimaient beaucoup, mais le destin a voulu que leurs souvenirs se dispersent, pour un jour se retrouver. Car leur cœur n'a pas oublié, lui. »

Et… et puis quoi encore ? Comme si je pouvais connaître quelqu'un depuis mon enfance, et l'avoir oublié à cause d'une histoire dramatique dont je ne suis même plus conscient. Comme si des scientifiques dérangés pouvaient m'avoir effacé mes souvenirs, pour faire de moi une arme suprême. Comme si je pouvais être le résultat d'un projet ultime, destiné à renverser l'ordre du monde.

Et pourquoi pas dire que je suis la réincarnation d'une Divinité de l'Univers, et que cette histoire débile que vous lisez en est l'humaine existence ?

« Il était une fois, un puissant Dragon, qui vivait dans le Royaume des Deux. Jamais il n'avait été seul. Il grandissait dans l'Aube qui s'éveille, et, chaque jour, la Nuit venait à lui, pour fêter leur éternelle harmonie. Mais un jour, les hommes, qui admiraient leur beauté, voulurent les voir de près. Alors, ils décidèrent de l'invoquer afin de le… »

BAM !

(Bruit d'un siège qui se replie)

« Madame… et toi aussi, gamin. »

Je me suis avancé vers les personnages secondaires chiants, le rictus crispé. Et je leur tends un autographe bâclé.

« Non, ne me remerciez pas. »

« … »

Un monstrueux autographe, avec, dessus, écrit en gros :

' Je. Ne. Suis. Pas. AMOUREUX !'

~ Bailong, illustre chanteur martyrisé ~

« Euh… merci quand même ? »

« Humph. »

Je me barre le plus majestueusement possible. Et ouais. Voilà ce qu'un homme, un vrai, ça fait. Et comment ça gère le mal.

« (Kawaaaaaaaaaaaaaï !) »

« (Déni, déni, déniiiiiiiii !) »

…hé !

Pourquoi j'entends des rires derrière, avec, des 'kawaaaaaaaaaaaï !', 'déni, déni, déni !' ? Non, j'ai du mal entendre. Parce que jamais, au grand jamais…

« (C'est Bailong ! Le chanteur le plus classe, le plus beau, le plus kawaï, et le plus déni !) »

« (Ouaaaaaaaaaaaiiss ! Vite, poursuivons-le ! Avec un peu de chance on rencontrera son superbe Prince de la Nuit, et on verra le moment trop chou, lorsque Baba fait style non-je-suis-pas-amoureux-parce-que-je-suis-un-homme-un-vrai-et-kya, mais qu'en fait il rougit et fond sous la tendresse de son chéri, et… »

…que je QUOI ?!

Non mais, je ne fais pas kya ! Parce que je suis un homme, un vra-… oups. Pardon, Prince de la Nuit, mais là, je vais m'enfuir et m'enterrer sous mes lettres de fans.

« (Nooooooooonnn ! Babaaaaaaaaaa !) »

Fuite express !

« Voilà pourquoi je ne supporte pas les personnages secondaires… »

Je demande à ce qu'on renvoie l'auteure qui écrit mes déboires. De toute façon, je n'ai jamais aimé les personnages secondaires. Parce qu'ils sont même pas assez principaux pour me mettre en valeur. Et…

« Bonjour, jeune homme. »

Oh, non, pitié. Pas de personnages secondaires, pas encore. Je sais qu'ils sont censés mettre en valeur le superbe et unique protagoniste que je suis, mais je vais pas pouvoir supporter une dose de Kawaïdénittitude de plus. Mon contrat stipulait que je devais être la Star de la Légende, pas le Sacrifié de la Parodie.

« Mauvais jour, personnages secondaires. Je ne suis pas d'humeur. Et plus d'autographe avant un siècle. J'ai été assez traumatisé pendant trois minutes. »

« Ne t'inquiète pas. Ce qui t'attend durera l'éternité, tu auras bien plus que des siècles pour oublier tes désagréments d'existence humaine. »

Mes paupières clignent – perplexes. Mais c'est quoi ces gugusses qui… !

« Euh… vous êtes qui, vous ? »

« Ceux qui te ramènent à ta vraie destinée. »

Pour la première fois, je regarde leur visage. Effectivement, ils n'ont pas l'air de personnages secondaires.


Les humains te regardent, Esprit de l'Aube.

Es-tu conscient de ta force, et du rôle que tu dois jouer dans ce Monde ?

« Sois le bienvenu parmi nous, Dragon Blanc. Nous attendons de toi de grandes choses. Ne déçois personne – ton Maître avant tout. »

Et la Lumière fut.

« … »

Ils se tiennent devant moi. Je ne sais pas pourquoi, j'ai comme l'impression…

« …euh… hello ? »

…de les avoir déjà vus.

« Dragon Blanc… Dragon Blanc… enfin. Enfin. »

Euh… enfin quoi ? Ça fait pas sens. Parce que, quand je drague des gens, je veille à toujours à mémoriser leurs traits, pour ne vexer personne (même si c'est rare d'être aussi beau que moi, et que…).

« Dites. Vous venez d'où, avec vos tronches de méchants pas beaux vilains et pas gentils, et vos blouses de scientifiques qui veulent conquérir le monde ? »

Comme dit le proverbe chinois, quand tu ne comprends rien à la situation, fais de l'humour sur l'absurde.

« Le Maîtrenous envoyé à toi. »

« … »

Ok, les proverbes chinois m'avaient rien dit pour ça. Parce que, je me doute que quand ils parlent du Maître, ça fait pas référence à Lao-Tseu ou Confucius.

Les néons de la destinée éclairent, d'une lueur blafarde… son Immaculée Force.

Lui, qui est l'Aube d'une Ere Nouvelle… est revenu dans la Main de sa Destinée.

« Sois le bienvenu, Dragon Blanc. Ou plutôt devrions-nous dire… »

L'astral rideau se tire sur moi.

« …Grand Esprit de l'Aube. »

Grand… Esprit de l'Aube ? Euh… j'ai manqué quelque chose, ou quoi ?

« Il est encore plus parfait que ce que nous pouvions imaginer. Parfait, parfait… parfait… »

Un frisson me parcoure l'échine.

« Vous allez dégager, et maintenant. »

D'habitude, j'aurais sauté au cou (enfin, pas littéralement, quand même) de ceux qui auraient pigé que 'parfait' et 'Bailong', c'est synonyme. Mais quelque chose me dit, que c'est pas des fans en furie qui pensent ça. Parce que, depuis quand les fans ont des blouses blanches de scientifiques mabouls, des appareils bizarroïdes dignes des films de science-fiction, et des airs de vilains pas beaux méchants qui veulent conquérir le monde ?

« Du calme. Si tu nous tues, tu ne pourras pas le rencontrer dans de bonnes conditions. »

« Me prendriez-vous pour un meurtrier ? »

Cette fois, je n'ai plus envie de rire. Que les vilains pas beaux méchants et pas gentils du tout déconnent, ça n'a rien d'exceptionnel vu qu'on est (hélas) dans une parodie. Mais qu'on passe dans le tragique avec meurtre et manipulation et tout ça, ça pas question. J'ai pas été engagé pour être le pion des méchants, mais pour avoir la classe.

Parce que je le vaux bien.

« Non. Tu n'es pas un meurtrier… »

Ah, bah voilà ! Vive la parodie, et Bailong the class-…

« …mais une Arme. Et la plus parfaite qui soit. »

Au temps pour la parodie. Je crois que je vais adresser une lettre de réclamations à Stony, lui au moins il savait y faire avec le Dieu de la Parodie.

« Je devrais vous flanquer une bonne raclée pour ça. Et, s'il vous plaît, arrêtez de me fixer comme ça, on dirait certains de mes fans qui ont oublié de manger et de boire tellement je suis beau. »

« Ha ha ha… HA HA HA HA HA ! »

Ok. Là, c'est flippant. Aucun de mes fans n'a rigolé comme ça en me voyant. Même ceux qui avaient oublié de manger et de boire rien que pour me voir.

« Ses caractéristiques sont incommensurables. C'est de toute évidence l'Unli(mited) Perfect(ion). Mais, n'est-il pas un tantinet trop… humain ? »

(Et toi, n'es-tu pas un tantinet trop… con ?)

Alors que je médite sur la possibilité de formuler à haute voix la triste vérité des vilains pas beaux méchants qui veulent conquérir le monde, un appareil bizarroïde se pose sur mon bras, emprisonnant mon poignet.

« Hé ! Pas touche, espèce de… de… de parodie d'être humain ! »

« Ne bouge pas, Only Perfect. Nous devons analyser tes données… »

Merdum ! Me touche pas la veste, j'ai mis trois heures à la froisser de façon classe. Et puis y'a que Didi qui a le droit de me toucher (pour me recoiffer quand j'ai été sage, c'est-à-dire moins prétentieux que d'habitude), et Totor (pour me flanquer des gifles quand je déconne trop pendant les répétitions, c'est-à-dire tout le temps). Et éventuellement mes fans, sous réserve de vénération Bailongienne éternelle.

« Mes… données ? Ecoutez, si vous voulez savoir mes compétences, demandez-moi un CV, mais ne me touchez pas comme ça. Parce que, ce genre de trucs, ça s'appelle du harcèlement sexuel. »

Les traits sans visage des scientifiques me hérissent le poil.

« Toutes ses données affichent le potentiel maximal. C'est impressionnant. Mais… il est un peu trop humain pour l'instant. »

(Purée, vous avez fini de me prendre pour un extraterrestre ? C'est pas parce qu'on est dans Inazuma et que vous jouez les méchants, qu'il faut reprendre tous les clichés de la série et oublier que notre bonne vieille planète Terre vaut bien un monde intergalactique aussi invraisemblable que ridicule ! Un humain, en Boss Ultime, c'est très bien aussi, vous savez ?)

Alors, la voix suprême cloue toutes mes futilités mentales en une seule phrase.

« L'humanité est un don pour les puissants de ce monde. »

Je lève les yeux, et vois pour la première fois celui va changer ma destinée…

…en tragédie.

« Hello ? Vous êtes… ? »

Je me dresse comme le puissant Dragon de la Légende : mais le Maître – qui tient sa Destinée entre ses doigts – cloue mon orgueil sur place. Et d'impénétrables orbes me percent de leur éclat métallique.

(Encore plus que Totor… c'est possible ?)

Mais qui est-il ?

« Mais, pour toi qui ne maîtrises pas ta force, il te faudra la confier à celui qui te guidera. »

« … »

…hein ? What ?

« …pardon ? »

Mais, on est dans la Légende du Dragon Blanc, ou dans Stars Eleven ? J'ai pas postulé pour jouer dans le Retour du Dragon, n'en déplaise aux fans de Maître Yoda et des sabres philosophiques qui volent en tous les sens. Et puis, merde, comment ose-t-il remettre en causes mes compétences ?!

« Je ne maîtrise pas ma force ? Moi ? »

J'ai mention Excellence avec Félicitations du Jury pour mon Diplôme d'Agent Secret ! Le seul à arriver à ma cheville, c'est Totor. Comment ose-t-il… !

« Tout à fait. Car tu n'as même pas conscience de son étendue. »

what ?!

Non mais, c'est quoi ce genre de répliques ?! J'ai postulé pour une fic parodique, pas pour… pour… merde, pour ça ! Et je sais bien que les Diplômes d'Agent Secret (Mention Excellence, répétons-le) ne font pas tout, mais c'est pas une raison pour…

« Attaque-moi, si tu t'en sens capable. »

(Mais c'est qu'il s'y croit, ma parole ?)

Un reniflement de rage me secoue. La voix exhorte au mal, excite la haine : mais je maîtrise ma colère sous une froideur opaline. Inutile de tuer un abruti de méchant, juste parce qu'il joue le grand Boss qui met à l'épreuve le cœur du (beau) héros que je suis.

« Je dirais 'avec plaisir', dans certaines circonstances, mais… allez-vous, pour l'amour de toutes les lettres de fans du monde, CESSER de me prendre pour un délinquant meurtrier et violent ?! »

« Je ne te prends pour rien de tel. Simplement… tu es trop faible pour me vaincre. Trop insignifiant pour même me défier, comme tu le fais en ce moment. »

Trop…

« …quoi ? »

faible ?

Une rage sourde gronde dans mes tripes si humaines. Non, ça, c'était le mot à ne pas prononcer. Je ne suis pas faible, je ne serai jamais faible.

Je m'avance vers lui : mais les orbes de métal clouent mon orgueil dans les limbes du cœur.

« Tu es faible, Bailong. »

Il écrase toute la dignité qui m'habite, crucifie le cœur qui m'anime : et ma fierté hurle comme le Dragon Martyr de la Légende.

« Moi ? Faible ? »

Que gronde la colère des Esprits Ancestraux : l'Astral Dragon d'une Aube Nouvelle n'essuiera pas d'offense, moi – son véhicule – en fais le serment.

« Oui, tu es faible. Tu ne sais rien de ta propre force, que tu brandis comme un trophée vide de sens et de gloire réels. Tu es aussi orgueilleux qu'insensé, et, parce que la nature t'a avantagé, tu crois être le meilleur de tous. »

Orgueilleux… insensé…

Lui, le meilleur de tous…

L'Astral était puéril, la Lumière était orgueilleuse : puissante comme l'éclat que tous admiraient, elle était fière de sa glorieuse auréole.

« Je… je ne le supporte pas ! Il agit comme si… comme s'il était le meilleur ! »

Des lèvres touchèrent la peau blanche, un peu taquines.

« Et pas toi ? »

« Oui, mais moi, c'est normal. »

Lui, qui voulait être le meilleur…

Une force qu'on ne maîtrise pas finit par vous posséder…

Un sursaut de révélation me frappe : l'éclair de l'orgueil me foudroie de sa vérité. Cette vérité opaline, lumineuse… parfaite.

« Me trompé-je ? Ou… vois-tu, à présent, quel point tu es… puéril ? »

Une lumière blanche comme la révélation : comme si – pour la première fois – je le voyais vraiment. Cet être qui…

« … »

…qui lit en moi.

Hakuryuu…

Des pas résonnent. Il s'approche.

tu m'entends ?

« Viens avec moi. Je t'apprendrai tout ce que tu as besoin de savoir. Moi seul le peux, ne l'oublie jamais. »

Il a pénétré mon espace vital, mais je ne vois que la lumière. Cette aura…

Dragon Blanc, Dragon Blanc…

Mon regard croise le sien : et, l'espace d'un instant, j'y lis…

« … »

tu te souviens de moi ?

La vision d'un Maître se révèle, comme une main tendue au cœur du souvenir de mon essence. Effaré, je recule en trébuchant.

« NON ! Je ne sais pas qui vous êtes, mais vous allez… ARRIERE ! »

Les yeux de métal me pénètrent, parlant à mon Âme Antique.

« Dragon Blanc, Dragon Blanc. Es-tu Maître de l'Aube dont je ne vois plus la clarté, ou Astral Esprit dont je ne touche plus la blancheur ? Je t'en prie, écoute ma requête… »

« Ma force n'est guère pour ceux qui ne peuvent la maîtriser. Je ne répondrai donc pas à tes suppliques, mortel. »

Résonne la voix, qui parle à mon Esprit Originel.

«『似曾相識』»

La sueur dégouline de mon front, mais je ne vois plus rien…

('Comme si nous nous connaissions déjà…')

Un trouble étrange me saisit…

« Je suis ton Maître et tu es le Serviteur d'une Ere Nouvelle. Ce Monde doit voir l'Aube… et tu es en l'Esprit, en dépit de toutes tes imperfections humaines. Ton existence t'a fait oublier ce que moi, je sais depuis toujours. »

Tu m'as fait une promesse. L'as-tu oublié, Magnifique Dragon de l'Aube ?

« Je suis faible, car je suis mortel. Mais je serai fort, car je suis humain. Ô Astral, grand Dragon Blanc qui de l'Aube est le Maître, je saurais te toucher au point de te faire venir à moi – sur terre. »

« Si tu es capable de me sauver la vie, alors je me dévouerai corps et âme pour toi. »

Une main glacée se pose sur mon cou : et un pendentif magnifique étincelle à la lumière, étrange présent d'un lien aussi dangereux que profond.

« … »

Viens… Hakuryuu, Esprit de l'Aube.

Viens, mon Seishin Originel.

Le joyau brille d'un blanc pur, aveuglant mes sens humains. Je tente de le détacher, mais un étau arrête ma main.

« Le Diamant des Rois. Il est pour toi, je t'en fais cadeau. Symbole de la force ultime. Tous les grands Conquérants le portent, lorsqu'ils jurent fidélité à leur Maître. Désormais, tu te souviendras à jamais… »

La force… ultime

« 『白龍無缺, 神也非人』 »

…La Lumière Eternelle…

('Le Dragon Blanc est Perfection : un Esprit Céleste qui n'a rien d'humain !')

Le Maître se dessine, et je m'avance vers ma Destinée Originelle…

« Petit Dragon ! »

Une Lumière, Eternelle, sans Ombre…

…l'Ombre ?

Le souffle se fait vie : et pour la première fois, je ferme les yeux pour m'abandonner au mystère des Ténèbres.

« Prends soin de toi, mon Dragon Blanc. L'heure sombre approche… mais l'Ombre te protégera toujours. »

Le charme se brise – et je vois les yeux si tristes du Prince de la Nuit, qui me sourient à travers l'oubli.

« Le… mon… Prince… »

Un choc – et le ciel m'envahit, comme si le monde basculait avec ma chute.

(Le… ce Tyran… il va… me… !)

posséder.

« Je ne pense pas, non. »

Un éventail de plumes blanches me sépare de Lui, et protège mon histoire de la tragédie des légendes.

« Dragon Endormi, Grande Stratège du Ministère de la Défense. Vous vous êtes enfin décidée à vous montrer. Vous vous êtes fait attendre, ma chère. »

Boss ?

Une longue robe immaculée, la grâce de la gardienne céleste : elle que je n'ai jamais vue, et qui pourtant dirige mes actes…

(Si seulement… je pouvais voir son visage…)

« Il est impensable que vous fassiez du mal à mon employé. J'ai eu des difficultés à le former et il n'est pas dans mes habitudes de perdre un temps investi à bon escient. Aussi, je vous saurais gré de ne pas le toucher. »

Le tonnerre gronde, dans le ciel orageux : je suis l'enfant du tonnerre, qui rugit et déchire son voile, perdu dans son propre cri.

« Dame Zhuge, Dame Zhuge. Je ne lui veux pas de mal, vous le savez très bien. Je suis le Maître d'une Créature aussi puissante que fantastique, qui m'a juré allégeance au moment de sa venue sur terre. Mon devoir est de lui rendre sa mémoire et la gloire qui sied à sa destinée. Mais, vous, qui veillez les puissants et formez l'intelligence de ceux qui influent sur le Monde… pensez pouvoir vous emparer de ce qui me revient ? »

« Ne vous revient que ce qui est vôtre, et il ne vous appartient pas. Son cœur est attaché à ceux qu'il aime et qui l'aiment en retour. Ce qui n'est nullement votre cas. Me trompé-je ? »

La Protectrice Céleste tente de m'arracher au tonnerre, mais je n'entends plus sa voix, perdue dans le grondement de mon cœur.

Et il me semble,

Que tu as oublié

« Petit Dragon ! Je suis là, ne t'inquiète pas. Tout va bien. Tout va bien… »

(Qui… qui es-tu, toi qui habites mon cœur, mais désertes mes souvenirs ?)

As-tu oublié le rêve que tu m'as promis

Lorsque tu parlais de te souvenir

« Mon… Prince ? »

C'est…

…lui ?

Il sourit, sourit.

Mais ses yeux de nuit…

…pleurent ma destinée ?

Je sais que le fond de ta mémoire n'a pas oublié

Car j'y habite depuis que j'y suis né

Le Fantôme de mes Souvenirs morts, qui erre quelque part dans mon âme…

Mais mon cœur crie, qu'il est bien réel.

« Mon… »

Il sourit, et je vois ses lèvres remuer, comme celles d'un éternel ami.

Sa voix…

…est la seule que j'entends encore.

Dragon Blanc, Dragon Blanc

N'oublie pas…

que la Nuit te protège

« Mon Prince, mon Prince, mon… Petit Prince… »

(Ma mémoire… est-elle réelle, comme ce Fantôme qui me protège ?)

Si réelle…

…que je ne réalise même pas que je l'ai appelé comme mon cœur, jadis, l'appelait : et que les gens, autour de moi, ont entendu cette confession d'amour.

« La force… la force… il… je dois… devenir… plus fort… »

Une main éthérique saisit mon angoisse, l'adoucit de son ombre.

Quand même l'Aube s'éteindra,

L'Ombre t'accueillera et te fera renaître

« Non, non. Ne te laisse pas entraîner. Ne te laisse pas faire. Tu es plus fort que ça. Je le sais, je suis celui qui t'a vu grandir et percer les Ténèbres de ton éclat opalin… quand même tes yeux ne pouvaient plus discerner mon Ombre. »

Il embrasse mon front perlé de sueur, caresse ma main crispée de douleur.

Car tu es la Lumière qui éclaire nos jours

Et promet la victoire dans l'astrale clarté

M'as-tu déjà embrassé, sublime Prince de la Nuit ?

« Je vois… il est… force… »

La vision se brouille, et un souvenir m'emmène au cœur de mon passé.

Sous la lumière du Sanctuaire fleuri, le petit Dragon Blanc dansait autour de son compagnon préféré.

« Hé, petit Prince ! Je suis super content, je vais m'envoler pour le monde. Les Entraîneurs m'ont promis que je vais enfin me rendre dans une ville réelle. Ce sera trop bien, j'en ai toujours rêvé ! C'est tellement dommage que tu ne puisses pas venir avec moi. Mais, ne t'inquiète pas, je te raconterai tout ce que j'ai vu, et… »

Le conquérant du Sanctuaire dansait, lumineux comme l'innocence : mais, étrangement – si mélancoliquement, le petit Fantôme Noir promenait son regard doux et triste sur son ami de toujours.

« … »

« Pourquoi… pourquoi tu as l'air si triste ? »

Le Fantôme du Souvenir danse devant mes yeux, et ceux-ci se teintent du rouge sang de l'Esprit de l'Aube.

« AAAAAAAHHHHHHHHH ! »

Le cri du tonnerre me submerge, et l'orage avale ma conscience dans une épouvantable nuée.

~ … ~

« Sa nature a commencé à s'éveiller. Ses propres mots en sont la preuve. Et vous voudriez aller contre le destin ? Je m'attendais à davantage de votre part, Dame Zhuge. Une sage de votre envergure… contrarierait les desseins de ce monde ? »

Le Maître a…

Elle couvrit son âme de son éventail, la protégeant de sa sagesse.

« Vous qui avez contrarié son destin, attiserez sa vengeance et celle de l'Univers. Son Gardien vous traquera, ses amis vous maudiront, les humains vous haïront, et le monde vous condamnera. Et pour finir… il vous tuera de ses propres mains. »

L'Ombre de la raison mourait, face à l'appel de la folie.

« Si cela me permet de sauver cet Univers, qu'il en soit ainsi. Je n'ai pas peur de la mort, quand c'est celle promise par mon Fidèle. »

La plus Sage de l'Univers regarda le Tyran d'un Monde souffrant : et – pour la première fois – trahit ses sentiments.

« Vous êtes fou. »

Lui ne les masquaient déjà plus.

« Oui. »

Il souriait.

~ … ~

Petit Prince…

« Ne t'inquiète pas, ne t'inquiète… pas. »

Je ne sais plus qui je suis… s'il te plaît, aide-moi… aide-moi à me le rappeler…

Sa main est prière, ses mots sont offrandes.

« Ne t'inquiète pas. Je suis là avec toi. Quoiqu'il arrive, je protégerai ta force et soutiendrai ta gloire. »

Ma gloire… ma gloire… mais je n'ai plus d'identité, Petit Prince ! Je ne sais plus si je suis… si je suis…


« AAAAAAAAHHHHHHH ! »

Dans le bois fleuri de songes, l'ultime rêve venait de prendre fin.


Ananda : ...

Bailong : ...Ananda.

Ananda : Quoi ?

Bailong : Il y a une chose que je tiens à dire.

Ananda : Quoi ? Que je mérites la décapitation pour t'avoir abandonné ?

Bailong : Pas la décapitation, juste de classer TOUTES mes lettres de fans jusqu'à la fin des temps. Non, je ne parle pas de ça.

Ananda : De quoi donc ?

Bailong : Que, si une guerre doit éclater, ce soit pour déterminer qui est le plus beau, le plus classe, et le plus cool des personnages de fanfictions.

Ananda : ...

Bailong : Bien entendu, la réponse est évidente, mais les seuls conflits qui en valent la peine, c'est ceux "Bailong est-il mieux en chanteur, ou en agent" ? Ou, à priori, "Quel est le moment où il est le plus cool" ?

Ananda : ...ça, on sait. C'est celui où tu fais ton déni avec ton chéri.

Bailong : Oui, et... NON ! JE NE FAIS PAS DE DENI, JE SUIS PAS AMOUREUX, ET... MERDE !

Ananda : Conclusion ? Seul Bailong est habilité à conquérir le monde. Personne d'autre.