GENRE : Action, Fic écolière, tranche de vie et futur slash.
PARING : Drarry TRÈS long à venir.
RATING : T+, M voire Ma à venir
BÊTA : Blitzz est toujours au rendez-vous =w=
NOTE : • Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, tout est à notre grande et respectée J.K. - Enfin, il y a quelques OC qui sont de moi, hm. Vous verrez en temps voulus.
Bonne lecture ~ !
- Chapitre 13 -
L'endroit est froid, voire même glacial. Ce sont les cachots après tout. Il avance lentement, d'une démarche calme et réfléchie, calculée. Il dépasse quelques cellules trop sombres pour qu'on puisse clairement voir à l'intérieur mais les gémissements sont parfaitement audibles et un frisson grisant remonte le long de sa colonne vertébrale. Il s'arrête et tourne la tête pour se délecter d'un gémissement de terreur d'un des prisonniers. Ou peut-être est-ce une prisonnière. Il n'en sait rien, seul compte cette terreur palpable qu'il ressent dans toutes les fibres de son corps, qui augmente les battements de son cœur sous l'excitation et il sent son sexe durcir sous ses robes.
Il s'approche doucement des grilles jusqu'à en sentir leur état glacé à travers le fin tissu de ses robes. Dans la cellule, un insecte femelle gémissante et frétillant sur le sol. Pathétique. Il regarde cette chose qui ne mérite pas de vivre et lève doucement sa baguette. La moldue se met à sangloter alors même qu'il n'a rien fait, rien prononcé, rien incanté.
Il la regarde frétiller sur le sol, tentant de s'éloigner de lui le plus possible et lui ne fait que l'observer, le dégoût effaçant d'un revers de main l'excitation qui a pu prendre possession de lui quelques secondes plus tôt. Et ça l'énerve plus que tout, plus que ce petit abruti qui refuse de crever comme ses parents et comme tous ceux qui lui ont fait face. Sa haine est si forte que son simple murmure lance un sort de découpe bien plus puissant que d'habitude. Il regarde avec un plaisir malsain qu'il savoure ses bras se découper rapidement, son sang gicle, ses hurlements font écho contre les murs de grosses pierres.
De ces mêmes pierres suintent une peur sourde qui emprisonnent la Douleur entre ces murs et la fait revenir chaque minute, chaque seconde pour leur faire revivre encore et encore les mêmes délicieuses tortures qu'il leur offre. Ces moldus n'existent que pour ça, pour son bon vouloir et rien d'autre. Ils ne méritent rien d'autre que le peu d'intérêt qu'il leur offre en leur donnant une mort lente et douloureuse. Il la regarde se vider de son sang et ses hurlements se transforment en de lourds sanglots entrecoupés de gémissements, jusqu'à ce que ce ne soit plus que de petits bruits pathétiques de douleur.
Il enchaîne ensuite avec un sort de vulvaria et observe un moment cette pathétique folle se tordre sur le sol, en équilibre sur la corde raide qui sépare le plaisir et la douleur, les cuisses largement écartées mais incapable de s'offrir une quelconque délivrance, le sort de découpe ayant sectionné ses tendons. Puis après avoir enchaîné plusieurs sorts de torture particulièrement vicieux, il termine par violemment pénétrer son esprit, détruire des parcelles de son esprit, ou du moins ce qu'il en reste, la rendant véritablement et indéniablement folle.
La voir ainsi étalée sur le sol, les yeux vitreux et retournés, le visage tordu et taché de sang et de la bave au bord des lèvres, envoie un frisson grisant de plaisir dans tout son corps et son sexe frotte de nouveau contre le devant de ses robes.
.
Il laisse ce futur corps bientôt sans vie dans la noirceur poisseuse et suintante des cachots et remonte lentement les escaliers. Ses membres tremblent sous l'excitation et le bruit de tissus froissés que font ses robes quand il marche est une douce musique à ses oreilles. Il sent aussi la moiteur suinter de son membre et tremper le tissu qui commence à coller à sa peau. Il grogne d'impatience, la vision rendue perçante sous l'afflux de sang. Son corps et son esprit sont rarement en phase désormais, depuis bien longtemps, trop longtemps pour qu'il se souvienne. Mais cette puissance, ce désir, cette... magnifique et délicieuse sensation de son corps se gorgeant se plaisir, c'était le meilleur et magnifique moyen de se le réapproprier.
Mais 'trop' peut-être dangereux, l'est totalement en fait. Trop de plaisir et ne pas pouvoir l'assouvir a tendance à jouer sur ses nerfs, et il ne peut être plus à fleur de peau qu'il ne l'est déjà. Il n'y a, à son avis, rien de plus... contrariant. Il croise plusieurs de ses suiveurs sur son chemin et rien ne réussit à le défaire de cette sensation.
Il sent ce parasite dans son esprit. Il le sent, dans un coin de sa tête et un sourire carnassier étire ses lèvres. Ce parasite... Il est toujours là, à contrecarrer ses plans, à l'empêcher de faire ce pour quoi il est ici bas sur terre. Il s'arrête dans le couloir et s'amuse à envoyer des vagues de son propre plaisir. Il sait qu'il va détester ça. Et lui, il adore ça, lui rendre la vie impossible. Après tout, cette vermine devrait être morte depuis le temps, ce n'est pas comme s'il ne faisait rien pour remédier à cela.
- Maître ?
Il redescend soudainement sur terre et pivote lentement, frissonnant sous la caresse du tissu sur sa verge gorgée de sang et de plaisir. Derrière lui se trouve sa pimpante et totalement folle Bellatrix. Un sourire étire un peu plus ses lèvres et d'un geste de la main, il attrape le bras de sa plus fanatique et resserre sa prise pour la tirer à sa suite. Il l'entend chercher à faire taire son gémissement de douleur et le goût de son angoisse est un délicieux nectar pour ses papilles asséchées par le temps.
Il ne lui laisse pas le temps de réaliser ce qu'il va lui arriver qu'il la pousse déjà dans la pièce convertie en bibliothèque. Elle lâche un souffle douloureux en percutant une table mais à (a) la présence d'esprit de garder les yeux baissés. Elle pense sûrement avoir fait quelque chose pour lui déplaire, mais c'est tellement le contraire.
Il glisse jusqu'à elle, susurrant des insanités en fourchelang, qu'il sait être comprise par le parasite et se retrouve une imagination perdue depuis longtemps. Face à lui, Bellatrix frissonne, mais pas de plaisir. Elle a beau lui vouer un culte, elle déteste ce sifflement qui le caractérise pourtant si bien. Alors il en joue, s'approchant d'elle pour caresser son oreille de sa langue, continuant de siffler ce qu'il va lui faire. L'étaler sur la table, lui arracher sa robe et ses dessous et la prendre comme le jeune amant qu'il n'est plus, qu'elle soit d'humeur ou non, elle n'a pas le choix de toute façon. Il met donc à exécution les menaces qu'elle n'a pas comprises. Il la pousse brutalement sur la table et remonte ses robes.
Elle ne porte pas de dessous.
Cette femme est une salope qui ne demande que ça.
Il s'enfonce en elle d'un coup, son érection ayant grossie un peu plus en sentant la peur de sa mangemorte quand elle pensait qu'il allait la punir. Car il sait qu'elle ne voit pas comme une punition ses hanches claquant les siennes, et ce ne sont pas les cris de plaisir qu'elle pousse ou ses ongles plantés dans ses épaules qui vont dire le contraire. Il grogne en la sentant trembler contre lui.
C'est quelque chose qu'il a toujours aimé chez Bellatrix, pourquoi elle est la meilleure d'entre tous ses suivants : Son absence totale d'amour propre. Elle sait s'aplatir, se taire et s'effacer pour ne laisser que lui, que LUI et rien que lui. Son abandon totale à sa cause, elle est de ceux qui se jetterait sans y réfléchir devant lui pour prendre un sort, même si ce sort ne lui ferait jamais rien.
Qui pourrait le défaire, hm ?
.*.
Harry se réveilla avec cette si désagréable impression de se noyer, le goût du sang de Bellatrix agressant encore son palais et ses papilles.
Sa gorge le brûlait, comme s'il avait véritablement poussé les hurlements de sa conscience emprisonnée dans les frasques perverses de Voldemort. Ce qu'il avait sûrement dû faire à en croire la lumière qui perçait sous sa porte, témoin de l'arrivée de Malfoy dans le couloir, sortant sûrement de sa chambre. Harry avait baissé sa garde. Il se sentait en sécurité et avait oublié de poser un sort de silence dans sa chambre. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu de vision par les yeux de Voldemort, voyant ce qu'il voyait, entendant ce qu'il entendait, ressentant tout ce qu'il pouvait ressentir. C'était une expérience horrible que d'être totalement dans l'esprit de quelqu'un d'autre, de savoir qu'on était soit mais d'être aussi l'autre. Et pire... Pire que tout... Il sentait les draps qui l'emprisonnaient... Humides.
Il bondit hors de son lit et se précipita vers sa porte, toujours protégée par quelque sort qui empêchait quiconque n'était pas inviter d'y entrer. Malfoy n'avait jamais été invité et cognait pour savoir ce qui lui prenait de gueuler tout à coup, en plein milieu de la nuit. Trop horrifié par ce qu'il venait de se passer, Harry n'y prêta même pas attention et quand il ouvrit précipitamment le battant de bois pour sortir de sa chambre, il percuta brutalement le serpentard et tous deux tombèrent au sol.
Le cri tout en souffle de Malfoy qu'il poussa quand ils tombèrent au sol sortit Harry de cette torpeur cauchemardesque et le Gryffondor se redressa en haletant, les yeux écarquillés. Il ne vit même pas Malfoy se redresser à son tour en se frottant la tête, le fusillant du regard.
- Non mais tu ne vas pas bien, Potter ? Qu'est-ce qui te prend de beugler comme ça ?!
Harry ne répondit rien, totalement incapable de parler. Il ne réalisa même pas Malfoy baisser le regard vers lui et avoir un sourire concupiscent.
- Oh Potter, petit pote Potter. Ne me dit pas que tu hurles simplement à cause d'un petit rêve humide de rien du tout. Tu as pris ton pied, non ?
Harry écarquilla un peu plus les yeux, les paroles de Malfoy résonnant dans son esprit, le ramenant à sa dure réalité. Son besoin premier revint et il n'eut pas le temps de se redresser sur ses membres tremblants qu'il se penchait sur le côté pour régurgiter ce qui se trouvait dans son estomac sur le sol du couloir. Il aurait aimer atteindre les toilettes, mais Malfoy s'était trouvé sur son chemin. Ce dernier eut un mouvement de recul et grimaça.
- Potter, sérieusement ?!
Mais Harry était incapable de parler. Qu'aurait-il pu dire ? Il ne pouvait rien dire, sa tête était totalement vide, si ce n'était cette vision immonde, ces sensations qui n'étaient pas les siennes et qui pourtant l'avaient souillé jusque dans son intimité. Comment pouvait-il maintenant... Comment... Il vomit de nouveau en gémissant, ayant cette envie de s'arracher le cœur à pleine main pour oublier cette chose. Au travers de sa brume cauchemardesque et de ses spasmes, de ce coton qui emplissait sa tête, il entendit Malfoy l'appeler d'une voix qu'il crut percevoir comme inquiète. Alors qu'il vomissait toujours, tout son corps s'engourdit de froid dans un cocon bienvenu, être totalement déconnecter, perdre la tête définitivement pour ne plus jamais entendre, plus jamais ressentir, plus jamais-
- ...ger et Weasley.
Harry sursauta et l'angoisse l'étreignit. Non. Non ! Hermione et Ron ne devaient pas savoir, rien, JAMAIS ! Il semblait qu'il avait crié à voix haute parce que Malfoy le fixait désormais. Harry voyait presque de nouveau, il n'avait pas ses lunettes mais cette étrange torpeur s'était dissipée en un instant et l'adrénaline rendait sa perception étonnamment claire et précise, c'était très désagréable.
- Potter...
La voix de Malfoy était calme, claire, comme s'il apprivoisait un animal sauvage et blessé. Harry hoqueta de douleur - trop de choses, trop d'informations, trop de ... trop.
- Potter, tu me fais mal.
Harry sursauta et resserra avant de lâcher brutalement sa prise sur le poignet du Serpentard, poignet qu'il n'avait même pas réalisé avoir attrapé. Il haleta et tenta de se redresser, l'odeur de la bille agressant ses narines ainsi que sa gorge.
Il ne réagit pas vraiment quand Malfoy lança un recurvite d'un murmure du bout des lèvres. Il ne réagit pas non plus quand Malfoy se redressa et le regarda sans son masque, montrant toute l'inquiétude qu'il pouvait avoir pour le Gryffondor qui, il ne le reconnaîtrait jamais, lui faisait peur. Il réagit à peine quand le Serpentard se pencha vers lui pour le prendre par les avants bras et l'aider à se lever, le soutenant en descendant les escaliers.
Harry reprit un peu pied quand il réalisa qu'il était blotti dans un fauteuil près de la grosse cheminée. Mais l'âtre brûlant ne semblait rien faire quant au froid qui le possédait. Même l'intention de Malfoy, qui lui faisait avaler une potion qu'il reconnut au goût comme une potion pour calmer les nausées agrémentée de potion calmante, ne le fit pas réagir. Il fut un temps où il aurait sauté hors de sa peau si Malfoy avait essayé de lui faire avaler quelque chose qui n'aurait pas été vérifié sept fois par Mione et lui-même. Mais pas aujourd'hui.
Pas cette nuit, pas après ce qu'il venait de vivre.
- Potter, tenta Malfoy pour attirer son attention.
Harry cligna des yeux et releva vers lui un regard perdu, hagard et terrifié. Son état était trop complexe pour qu'une infime portion de potion calmante n'y change quoi que ce soit. Il fixa le Serpentard, se focalisant sur son visage, sur la courbe de son nez et soupira intérieurement quand il ne trouva pas de signe qui lui rappelait Bellatrix. Harry n'avait jamais vu Narcissa Malfoy, anciennement Black, mais Draco Malfoy ressemblait peut être de loin à son père, mais de près, quand on faisait attention, c'était autre chose. Il avait les yeux de Sirius. Les cheveux plus épais que Malfoy père. Plus ... Blanc aussi. Son nez était différent, plus délicat, plus... Autre chose. Draco Malfoy devait ressembler à sa mère qui elle-même ne devait pas trop ressembler à sa sœur. Tant mieux.
- Potter... Murmura le susnommé. J'avoue ne pas comprendre ta réaction.
Harry frissonna et ouvrit la bouche mais préféra détourner les yeux.
- Je veux bien que les Gryffondors soient bêtes, mais tes amis ont du tout de même eux aussi avoir des rêves plutôt agréables, et ce ne peut être ta première fois. Tu sur-réagis, ce n'est pas si grave.
Si Harry n'avait pas ingurgité une potion anti nausée, il aurait vomi de nouveau. Il grimaça plutôt, réalisant seulement que depuis tout à l'heure, des larmes amères de dégoût dévalaient ses joues.
- Tu... Tu ne comprends pas.
Ses vomissures avaient agressées ses cordes vocales et sa voix était rauque.
- Vraiment Potter. Si tu peux me croire sur quelque chose, crois moi quand je te dis que ce n'est pas si grave ...
Harry secoua vivement la tête.
- Non non non, tu ne comprends pas.. Ce n'était pas moi, c'était Lui. Il savait que je ne me contrôlais pas. Je ne voulais pas voir, mais j'ai vu, j'ai senti, je ne pouvais rien faire, je... Je...
Malfoy fronça les sourcils. Harry remarqua qu'il s'était accroupi face à lui et qu'il l'observait.
- De quoi tu parles ? S'enquit-il, soucieux de l'état décalé du Gryffondor.
- Voldemort, murmura le jeune homme avec un frisson dut à son envie de vomir sans le pouvoir.
Face à lui, Malfoy grimaça puis fronça de nouveau les sourcils.
- De quoi tu parles ? Répéta-t-il.
- Je suis lié à lui, je.. Je peux voir, sentir ce qu'il fait. Comme si c'était moi. Mais ce n'est pas moi ! Je ... Je ne veux pas... C'était pas...
Il hoqueta dans son explication, secoué, en pleurs, incapable d'aligner deux mots correctement. Malfoy resta silencieux face à sa détresse. Harry braqua sur lui un regard fou.
- Hermione et Ron ne doivent rien savoir, murmura-t-il d'un ton grave. Rien du tout. Tu dois me le promettre, Draco. Tu ne dis rien.
N'ayant même pas réalisé qu'il l'avait appelé par son prénom, Harry attendit, les nerfs à fleur de peau, que Malfoy hoche doucement la tête pour montrer son accord. Quand ce fut fait, Harry se permit enfin de trembler et se recroquevilla sur lui même. Il se sentait si sale, si mauvais, il avait envie de vomir, de s'arracher la peau avec les ongles ou de se la brûler, de muer comme un serpent pour trouver un nouveau corps, sain celui-ci. Il sentit à peine Malfoy poser sa main sur son genoux.
- Potter, il faut pas que tu restes comme ça, tu dois en parler à quelqu'un de compétent.
Harry ne s'étonna même pas de la gentillesse dont Malfoy faisait preuve. Il avait d'autres choses en tête.
- J'ai essayé... Pendant toute notre cinquième année, j'ai essayé. J'arrive pas à fermer mon esprit, j'arrive à rien. Snape... Je...
Il soupira et posa sa tête sur ses genoux ramenés contre son torse.
- Il a essayé de m'apprendre l'occlumentie mais je ne suis qu'un bon à rien... Ça va continuer, je vais continuer à aller dans SA tête sans rien réussir à contrôler.
Un temps de silence, seulement percé par le crépitement du feu.
- As-tu réessayé depuis ?
Harry leva la tête pour regarder Malfoy.
- Réessayé quoi ?
- Entrer en Transe et construire des barrières. As-tu réessayé ?
La voix de Malfoy était calme et douce et cela calma un peu plus Harry qui renifla et se redressa pour réfléchir.
- Je ne suis jamais entré en transe.
Il eut un ricanement amer.
- Je ne sais même pas comment on fait.
Malfoy fronça les sourcils et soupira.
- Dans ce cas-là, comment tu fais pour entrer en contact avec ta magie ? C'est la base, Potter.
Le Gryffondor gémit et ferma les yeux.
- Je sais pas, j'ai jamais eu besoin de rentrer en contact avec ma magie...
Malfoy ne dit rien de plus mais resta près de lui, présence silencieuse et agréable. Harry réussit enfin à se calmer et à sortir de ce fauteuil pour se diriger d'un pas lent vers la salle de bain des préfet. Il réussit enfin à se laver, refusant de se jeter un regard et resta sous l'eau chaude plus longtemps qu'il ne l'aurait dû. Il sortit au bout d'une heure, rouge écrevisse, ne cherchant même pas à savoir si au final, il s'était brûlé ou non.
Et contrairement à ce qu'il croyait, Malfoy était toujours dans le salon, installé dans le canapé, le regard perdu dans l'âtre. L'eau et la chaleur avaient ramené Harry sur terre et il se frotta la nuque, mal-à-l'aise.
- Désolé de t'avoir réveillé, dit-il d'une voix grave.
Il s'était lavé trois fois les dents, mais sa gorge le lançait toujours. Il toussota un peu et Malfoy fit un geste de la main pour chasser ses remords. Il le fixa plutôt et Harry détourna le regard, vraiment vraiment gêné. Il inspira doucement puis soupira avant de se glisser dans le fauteuil qu'il avait quitté plus tôt.
- Tu devrais essayer de te rendormir, marmonna-t-il.
Malfoy renifla.
- Tu devrais en faire de même.
Harry secoua la tête mais ne dit rien, sachant parfaitement qu'il ne pourrait pas refermer l'œil après cette vision d'horreur. Il frissonna de nouveau en tirant la langue et se secoua la tête pour éviter d'y repenser.
Ils restèrent dans un silence confortable pendant un long instant et Harry se surprit à être bien. La présence de Malfoy, aussi étrange que cela puisse paraître, le calmait inexorablement. Le Gryffondor ramena ses jambes contre lui et posa sa tête sur le dossier en soupirant d'aise.
- Tu devrais retourner voir Oncle Sev.
Harry cligna des yeux et releva la tête.
- Quoi ? Qui ?
Malfoy eut un petit sourire.
- Le professeur Snape.
Harry eut une grimace et grogna. Hermione en cinquième année, Malfoy en septième, ils allaient tous lui faire le coup ?!
Puis il se reprit.
- Je sais.
Malfoy avait raison. Même Hermione avait raison. Pendant un an, il avait été relativement tranquille au niveau des visions envoyées par Voldemort, mais c'était revenu en fin d'année dernière, ça avait continué pendant l'été et si aujourd'hui ça revenait plus qu'en force... Oui, il reconnaissait avoir besoin de Snape.
- Mais... C'est... Enfin, c'est Snape quoi. Et moi, c'est moi.
Il grimaça.
- À quel moment tu trouves que c'est une bonne idée ? Grogna-t-il en lui jetant un regard entendu.
Le blond tourna la tête mais Harry aperçut bien son sourire.
- C'est sûr, il va falloir que tu calmes tes élans de Gryffondor.
Ledit Gryffondor replongea son regard dans l'antre et soupira.
Oui, c'était ce qu'il devrait faire... Mais pourrait-il le faire ?
.*.
Severus n'était pas une personne sociale. Il ne l'avait jamais été et cela ne l'avait jamais dérangé. Il préférait être seul que mal accompagné, ou être seul et que ceux qu'il appréciait - car oui, il savait apprécier des êtres humains, et même des vivants ! - ne risque rien, comme il l'avait fait pour Lily Evans. Severus s'était toujours suffi à lui-même et il ne comptait pas changer maintenant, même si quelquefois la solitude lui pesait. Il était trop vieux pour se faire des "amis", merci bien. Et puis, il était quelqu'un de casanier, qui aimait son quotidien. Il n'aimait pas, mais alors vraiment pas être prit de court. Alors oui, travailler dans un collège bourré d'enfants qui ne savaient pas s'arrêter de bouger, de parler, de faire des bêtises... Ce n'était pas vraiment ce qu'on pouvait appeler être un environnement favorable pour le calme et la concentration.
Heureusement, il y avait des moments que Severus chérissait par dessus tout, et la fin de soirée était l'un de ceux là. Mais attention, pas n'importe quel moment en fin de soirée.
Ce qu'il préférait, c'était juste après le dîner, quand les élèves pouvaient encore être dans les couloirs, qu'il venait tout juste de terminer de manger et qu'il pouvait rester dans ses appartements pour souffler un coup, corrigeant les copies et préparant ses cours bien plus tard, entre les moments où il devait patrouiller dans les dortoirs ou aller à une réunion professorale.
Là, c'était... parfait.
Ce jour-là, il aurait bien aimé se laisser aller dans son fauteuil, tout près de sa cheminée pour se détendre tout en buvant un doigt de whisky pur feu. Il le faisait toujours et c'était ce qui le faisait tenir en journée, pour ce tout petit moment agréable de douceur que sa vie lui offrait. Mais apparemment, sa putain de connasse de vie refusait de lui laisser un moment de répit aujourd'hui : A peine était-il arrivé dans ses appartements, prêt à se détendre... Il avait vu cette petite chouette bien installée sur son bureau, l'attendant patiemment. Il s'était arrêté pour la fixer, se demandant pourquoi il n'avait pas eu cette lettre à l'heure du courrier le matin même. Un frisson l'avait parcouru, s'imaginant toutes sortes de choses, les plus horribles les unes que les autres - après tout, n'était-il pas un abonné au karma de merde ? - et avait pris la lettre avec une lenteur presque exagérée. La chouette avait voleté jusqu'à son visage, s'était frottée à sa joue - excusez-moi ? - puis était partie.
Et qu'avait-il vu en baissant le regard vers ce maudit bout de papier ? Son nom et prénom, sa profession, sa localisation et surtout, Surtout... une écriture qu'il connaissait sûrement mieux que quiconque, peut-être même mieux que le meilleur ami de celui qui lui avait envoyé ... Ça. Et pourtant, il savait parfaitement qu'IL avait perdu la main avec laquelle il écrivait durant leur scolarité... Comment cet abruti avait-il réussi à retrouver son ancienne écriture ?!
Ainsi donc en était-il là, installé dans son canapé, à fixer une enveloppe contenant une lettre que lui avait envoyée le si désagréable Sirius Black. Il resta un long moment à fixer ce bout de parchemin. Il s'était servi un verre plein de whisky, n'étant pas tout à fait sûr de pouvoir supporter tout ça.
Severus ferma les yeux et inspira un grand coup en se pinçant l'arête du nez. Par les dessous de Merlin, il était un espion depuis des années, il avait eu sa passe mangemort pour pouvoir accéder à son désir le plus profond et avait torturé, tué, pris du plaisir à faire ça. Il risquait sa vie tous les jours depuis des années, même enseigner sa passion n'arrivait pas à le décrisper et pourtant, il ne se sentait pas prêt à affronter les mots du cabot grattés sur un bout de parchemin.
Grinçant des dents et prenant son courage à deux mains, il resserra sa prise sur cette fichue lettre et la déchira presque en l'ouvrant. Puis il prit une inspiration et baissa les yeux sur la lettre du cabot.
" Snape.
Je réalise bien que ça doit te sembler très étrange que je t'envoie une lettre plutôt que d'attendre une réunion de l'Ordre pour m'entretenir avec toi mais, j'ai beau être un beau parleur, discuter n'est pas mon fort. De toute façon, nous connaissant, je ne suis même pas sûr qu'on aurait pu aligner trois phrases avant de recommencer à se tirer les cheveux. Et puis j'essaye d'être sérieux et... Bref. L'écrit est plus simple pour moi. Plus lâche, je le reconnais, mais c'est déjà un début.
Cela fait déjà quelque temps que j'essaye de trouver le courage et les bons mots pour m'exprimer mais encore une fois, ce n'est vraiment pas mon fort. Mais sous l'insistance de mon filleul, je me lance enfin.
Je voulais tout d'abord te remercier. Oui, tu as bien lu, moi, Sirius Black, te remercie toi Severus Snape, pour tout ce que tu as fait jusque là. Protéger Harry, risquer ta vie pour l'Ordre et d'une manière plus personnelle et égoïste, d'avoir risqué ta couverture pour me permettre d'être enfin reconnu innocent ainsi que les nombreuses heures de travail pour me sauver après le sort de Bellatrix.
Voilà, j'y suis arrivé. Peut-être trouveras-tu cela abusé de ma part d'avoir pris autant de temps à le faire, mais ce n'est pas comme si on s'était beaucoup croisé l'année passée ; peut-être penseras-tu encore que ce n'est qu'une vaste blague mais je t'assure, sur mon honneur de Maraudeur - voire même sur la tombe de James, vois à quel point je suis sérieux - que que je te suis extrêmement reconnaissant. Et j'avoue que ça me fait mal aussi, de constater que tu as grandi et pas moi.
Enfin... Tu as eu des possibilités que je n'ai pas eu, un libre arbitre et des ouvertures que je n'ai jamais eues et que je n'aurais jamais. Attention, je ne dis pas que j'envie ta vie, bien au contraire - Je crois que je n'aurais jamais pu faire ce que tu fais depuis des années - mais tu as eu la possibilité de grandir, de devenir quelqu'un. Moi, je... A peine sortit de l'école, même pas eu le temps de devenir un véritable Auror que je me retrouvais enfermé pendant douze ans, sans savoir ce qui se passait au dehors. C'est un putain de voyage dans le futur, de la manière la plus longue possible.
Te retrouver, là et bien portant... Ce serait étrange de dire que c'était rassurant, mais ça l'a été. Remus est... C'est mon meilleur ami mais il a beaucoup trop changé, je le reconnais à peine, le temps ne lui a pas été bénéfique, contrairement à toi. Tu es exactement le même, plus vieux et plus mature, mais tu es toujours ce cinglant Serpentard insupportable avec la seule différence que la guerre t'a offert une confiance en toi que tu n'avais pas à Poudlard. Et te trouver à me répondre avec autant de mordant que moi à mes piques, ça m'a... D'une certaine manière... réconforté. C'était comme si on n'avait pas quitté Poudlard, que tout ce qui s'était passé... Ne s'était pas passé, justement.
C'est con, hein ? Mais pendant l'année qui a suivi mon départ précipité et peu légal de Poudlard, nos affrontements m'ont évité de perdre la tête. Quand je m'engueulais avec toi, même quand c'était sur un sujet de notre putain de quotidien, j'arrivais à oublier leurs morts, mon temps passé enfermé, tout disparaissait et ne restait que nos affrontements. Je suis sûr que ça ne te plaît pas de savoir que c'est toi qui m'a empêché de sombrer, mais c'est le cas. Même si tu n'en étais pas conscient, je te remercie aussi pour ça.
Harry m'a fait réfléchir. Même si j'y pensais, même si je le savais, c'est vraiment lui qui m'a poussé à te contacter. J'ai... Il m'a fait comprendre qu'il fallait maintenant que j'arrête, que m'accrocher à toi comme ça n'était pas vraiment bénéfique sur le long terme. Alors je prends sur moi et tardivement, très tardivement, je te présente mes sincères excuses pour avoir attenté à ta vie quand on était étudiants. J'en aurais mis du temps à m'excuser, hein ? Mais je suis sincère. Ça ne me prend pas soudainement bien sûr, mais il fallait que je le fasse tout de même, même si tu risques de ne pas les accepter. Parce que je n'ai aucune excuse, même celle d'avoir été bête et jeune, je ne valais pas grand chose sur ce coup là et... Ça aurait pu très mal terminer et je n'ai jamais pensé aux conséquences à cette époque.
Voilà, je pense avoir fait le tour... Avec cette lettre, je tire un trait définitif sur mon passé et vais essayer d'avancer. J'espère que tu ne prendras pas mal cette lettre et tu es en droit de l'ignorer, de me maudire oralement, mais évite tout de même de m'ensorceler trop gravement en me revoyant, j'aimerais jouir encore un peu de ma toute récente liberté.
Avec tout mon tardif et surprenant mais néanmoins sincère respect,
Sirius Black. "
Severus lâcha la lettre sur le siège à côté de lui, se leva, but d'une traite son verre pour aller derechef le remplir de nouveau.
Qu'est ce qu'il disait ? Le clébard avait définitivement gâché son moment rien qu'à lui.
Son deuxième verre à moitié vide, il retrouva enfin ses esprits. Il prit un moment pour observer le feu dans l'âtre de sa cheminée puis se permit de reprendre la lettre pour la lire.
Aussi étrange que cela puisse paraître, il exécrait cette lettre. Qu'est ce qui avait pris à ce sale cabot ?! Qu'est ce... C'était quoi, ÇA ? Severus ne voulait pas de ses excuses, il ne voulait pas... Cette lettre ne ressemblait tellement pas au cabot, c'était dérangeant. Et s'excuser humanisait Black aux yeux de Severus, et Severus ne voulait pas humaniser Black ! Il n'était que l'engeance et le produit de ce que les sang purs pouvaient faire de pire, que ce soit dans leur morale étriquée de suiveurs de psychopathe comme l'enfant Parkinson qu'en tant qu'esprit "rebelle" comme Black. Il crachait sur les sangs purs.
Severus ne voulait pas le pardonner. Ce Black... Ce Black entre ces lignes n'était pas le monstre qu'il avait été à Poudlard. Ce... Non. Severus refusait cet état de fait. Black ne pouvait avoir changé et Severus ne pouvait lui pardonner.
Les Gryffondors ne changeaient jamais, et Severus n'allait pas tomber dans le piège.
Fort de sa conviction, il délaissa la lettre sans tout de même trouver le courage de la brûler, et partit se coucher.
RÉPONSES AUX REVIEWS :
Flo : Luna est un amour, je l'adore tellement =w= *s'enroule dans son écharpe serdaigle*
Moui, Mione a craqué :3 AHA ! Tu veeeeerras bien x) Mione est en mode ultra puissante face à Draco, et c'est pas terminé ! xD
Héhéhé, je vais d'ailleurs bosser sur le chapitre 33 :3 Vouiii, je suis l'auteur, je fais ce que je veuuuuux, mouahahaha \O Bisouuuus !
Bon, je vous avoue que j'avais commencé à écrire un message de fin qui pétait du tonnerre quand mon ordinateur a dit " NOPE " et s'est éteint d'un coup. L e problème étant que j'avais mon fichier d'ouvert et que j'avais oublié d'enregistrer. Du coup, j'ai paumé tout ce que j'avais écrit de la journée, ça me déprime d'un coup. Alors qu'en plus, hier c'était le 13 novembre, autant dire que c'était pas la joie non plus, malgré la Ycon qui était géniale. M'enfin.
Alors. Je décline toute responsabilité si j'ai traumatisé quelques uns d'entre vous avec le début de ce chapitre. Ais-je dit que j'aimais mon Sirius ? En tout cas, je le répète. Quant à moi, je vais essayé de réécrire tout ce que j'ai perdu.
Je vous embrasse ! xoxo, 'Win.
P.S : Vous pouvez toujours suivre mes délires et l'avancée des histoires sur ma page FB « La plume d'Eowin », ainsi que sur twitter « Eowinmp »
P.S 2 : Je serais bientôt à jour dans les reviews, promit.
