Chapitre 7 : Une nuit à Polis
Rues de Polis
Clarke guidait Bellamy et Jasper dans le dédale de ruelle de Polis, en direction de la maison d'Indra. La nuit était tombée, et il devenait difficile pour Clarke de retrouver le chemin qu'elle n'avait fait qu'une seule fois durant son séjour à Polis et qui plus est en plein jour.
« Tu es sûre que l'on n'est pas perdu ? » Lui demanda Jasper qui commençait à avoir mal aux pieds.
« Non je suis sûre que c'était par ici… »Répondit Clarke. A la regarder chercher autour d'elle, les deux jeunes hommes comprirent qu'elle ne voulait pas admettre qu'en réalité elle ne savait plus quelle direction prendre.
« Il y a de la lumière qui provient de cette rue, ça à l'air d'être une place on trouvera bien quelqu'un pour nous renseigner. » Proposa Bellamy.
Les trois Skaikru s'engagèrent dans la rue qui débouchait bien sur une vaste place. Un spectacle magnifique s'offrit alors à leurs yeux ébahis. Des centaines de bougies étaient posées sur le sol autour de ce qui de loin ressemblait à un autel. Des dizaines de natifs, se présentaient devant celui-ci et s'inclinaient en posant un genou au sol tout en murmurant des choses inaudibles.
En se rapprochant, l'émotion s'empara de Clarke. Ce n'était pas un autel mais une statue. Elle se trouvait devant un mémorial à l'effigie de Leksa kom Trikru. La statue représentait Heda en tenue de guerre, la main posée sur la garde de son épée, sa cape flottant dans les airs. L'ouvrage était fait avec finesse, très détaillé, il rendait tout à fait justice à la beauté de Leksa.
Clarke se rapprocha d'une femme qui venait de déposer une bougie devant la statue. Elle la questionna dans la langue Trikru.
« Nous rendons hommage à notre défunte Heda… Nous n'avons pas pu le faire selon nos rites, car Ontari l'usurpatrice a brûlé sa dépouille avant que le peuple n'ait pu la voir. Nous n'avons pas pu lui dire adieu. »
Un autre Trikru se joignit à la conversation, un homme fort à la barbe grisonnante. Il ajouta :
« Leksa kom Trikru était une Heda adulée par son peuple. Partout dans Polis nous construisons des sanctuaires à sa gloire. Les politiciens de la tour ne pensent qu'à leurs jeux de pouvoirs, mais nous son peuple nous l'aimions et la regrettons chaque jour qui passe depuis sa disparition. Depuis sa mort nous n'avons vécu que des catastrophes. Le peuple a peur de ce qu'il va advenir maintenant. Alors on prie, on implore l'esprit d'Heda de choisir un successeur.»
La femme regarda Clarke les yeux humides :
« Sans la protection de Heda, nous sommes un peuple aveugle…nous sommes sans guide. »
« Demain il y a des élections… » Dit Clarke comme pour les rassurer.
La femme leva la main agacée :
« Peu importe leur maudite élection ! Heda protégeait les faibles, elle nous aimait… Ces ambassadeurs, ces chefs de clans, ces rois et ces reines, la plupart n'aiment que le pouvoir. Que l'on meurt pour eux c'est tout ce qui leur importe. »
« Nous voulons un nouvel Heda, qu'il soit habité par l'esprit de Leksa kom Trikru et des autres commandants avant elle. Qu'il ait leur force, leur courage, leur bonté et leur sagesse. Nous allumons des flammes chaque soir pour que l'esprit de Leksa nous entende. »
Clarke remercia les natifs d'avoir conversé avec elle, pendant ce temps Jasper et Bellamy avaient récupéré les indications pour retrouver la maison d'Indra.
Avant de repartir, Clarke alluma une bougie et vint la poser devant la statue, une larme coulait le long de sa joue, elle murmura :
« Reshop Heda… »
Polis, maison d'Indra
« J'ai réfléchi Octavia, demain nous irons assister à l'élection. » Déclara Indra depuis son lit où elle était allongée.
Octavia assise sur un fauteuil à l'autre bout de la pièce aiguisait son épée. Elle leva les yeux un instant en direction de son mentor, et lui adressa un hochement de tête qui signifiait que c'était une sage décision. Puis, la jeune femme recommença à s'afférer sur l'entretien de sa lame.
Soudain, une voix qui venait de l'extérieur retentit, Indra se redressa d'un bond et tourna la tête vers la tenture qui servait de porte à son modeste logis.
« Indra ? » C'était la voix de Clarke.
Octavia se figea un instant et fît signe à la guerrière qu'elle ne voulait voir personne.
Indra se leva péniblement de son lit, ses blessures la tourmentait encore, elle jeta un regard agacé à la jeune femme avant de sortir.
« Wanheda ? Que faites-vous ici ? »
« Nous recherchons Octavia, est-elle avec toi ? » Demanda Clarke avec un regard inquiet.
« Nou. »
«Vraiment ? » Dit Bellamy absolument pas convaincu par cette réponse.
« Noumou ! » Répondit Indra sur un ton autoritaire qui laissa entendre qu'il ne valait mieux pas insister.
Clarke intervint : « Beja Indra… »
Devant le regard implorant de Clarke, la guerrière finit par céder et dit :
« Elle sera demain, à l'élection… » Avant d'ajouter en leur faisant signe de partir :
« Gon hou nous, Skaikru ! »
« Mochof Indra, reshop. »
Indra resta devant l'entrée et soutint le regard de Bellamy, tandis que Jasper et Clarke s'éloignaient déjà. Le jeune homme toisa la Trikru pendant plusieurs seconde puis, il finit par lâcher prise et s'enfonça à son tour dans la nuit.
L'étoffe de l'entrée se souleva à nouveau, et Octavia qui avait tout écouté avec attention interrogea son mentor l'air contrarié :
« Pourquoi tu leurs a dit que je les verrais demain ? »
« Parce que c'est ce que tu vas faire Octavia Kom Trikru ! » Répondit Indra d'un ton ferme et sans appel.
Indra se rassit lentement sur son lit avant d'ajouter cette fois ci avec plus de douceur :
« Tu veux être mon second ? Alors tu vas écouter ce que tes amis ont à dire, parce que ça te préoccupes et que je ne veux pas d'un guerrier qui a la tête ailleurs pour me seconder. »
Octavia fît la mou mais ne lâcha pas mot. Elle savait qu'Indra ne voulait que son bien et qu'il lui fallait écouter ses conseils à défaut d'accepter les conseils de son frère.
« Maintenant, vas dormir ! Je te veux en forme pour ton entrainement demain matin. »
A deux pas de là…
« Elle est là-bas, j'en suis sûr ! » Ragea Bellamy en tapant du pied dans les cailloux sur le chemin du retour.
« Elle aurait pu nous inviter à prendre un verre, après tout ce qu'on a marché pour venir la voir. Si c'est ça l'hospitalité des natifs ça craint ! » Ironisa Jasper.
« Si elle est avec Indra, elle est en sécurité et c'est tout ce qui compte. Tu lui parleras demain. » Dit Clarke pour calmer son ami.
Jasper en tapotant le dos du jeune homme excédé :
« Bell, en rentrant, on va se faire une petite soirée entre mec, l'alcool va couler à flot ! Tu te joins à nous Clarke ? »
« Je passe mon tour, ne le prenez pas mal mais je préfère une soirée pyjama avec Raven 2.0. »
L'image plût visiblement beaucoup à Jasper qui avec un air coquin laissa échapper :
« Ouuuhhh…j'adore cette idée. »
Clarke se mit à rire. Elle était heureuse d'avoir retrouvé le Jasper joyeux et drôle d'avant Mont Weather.
Tour de Polis, chambre de Clarke et Raven
Lorsque Clarke entra dans la chambre, Raven était devant son ordinateur portable, la jeune femme leva les yeux de son écran et s'adressa à son amie :
« Octavia ? »
Clarke répondit « non » de la tête.
Raven fît la moue.
« Dis-moi que ton intervention au conseil s'est bien passé…» Dit Clarke en soupirant avant de s'effondrer sur le fauteuil en face de Raven.
« J'ai fait court, j'ai essayé d'être compréhensible pour ces gens qui vivent encore comme au moyen âge. On m'a accusé de blasphème, de folle, de menteuse mais sinon dans l'ensemble ça s'est plutôt bien passé… »
« Oui, ils peuvent être pénibles… » Ironisa Clarke.
« Au moins maintenant ils sont prévenu…pour ce qui est du plan…la moitié d'entre eux était contre jusqu'à ce que je parle de Becca Primheda…c'est fou comme le mot Heda a un pouvoir sur eux. Là, ils n'ont pas discuté, si la flamme permet d'accéder à Becca et que c'est elle qui nous donne la solution pour les centrales ils sont tous ok ! »
« Il lui font confiance. » Résuma Clarke qui tombait de fatigue.
Raven regardait Clarke qui s'éteignait peu à peu affalée sur son siège.
« Tu es épuisée Clarke…je t'ai laissé de l'eau pour te laver dans leur salle de bain de crasseux… je ne sais pas si le mot salle de bain peut vraiment qualifier ce lieu tellement il est crado… comment as-tu fait pour vivre ici aussi longtemps ? » Demanda-t-elle avec un air dégoûté.
Clarke sans ouvrir les yeux avec une petite voix :
« On est installé dans les quartiers des gardes…alors oui Raven c'est sûr que ce n'est pas le grand luxe…avant j'étais dans les appartements privés de Heda au sommet de la tour et j'avais une baignoire en fonte avec des domestiques… j'ai survécu… »
Raven sourit.
« Ca y est je suis jalouse… »
Clarke ouvrit un œil, un léger sourire au coin des lèvres.
Installées dans le lit double qui prenait tout un pan du mur, Clarke et Raven regardaient le plafond sur lequel dansait la lumière des bougies qui tamisées la pièce.
Clarke se tourna vers Raven et lui murmura :
« Tu penses toujours à Finn ? »
Raven se tourna à son tour pour regarder son amie dans les yeux :
« Tous les jours, presque à chaque instant… » Admit-elle tristement.
« J'ai peur d'oublier son image… » Ajouta-t-elle.
« Moi son image me hante... » Dit Clarke en repensant à l'instant où elle avait dû lui enfoncer dans le ventre la lame qui avait mis un terme à sa vie.
« Je sais… » Lui dit Raven en lui prenant la main que Clarke serra très fort dans la sienne.
Les deux amies s'endormirent l'une en face de l'autre les mains entremêlées.
Cette nuit-là, Wanheda rejoignit de nouveau Heda dans ses rêves, elle revivait le souvenir de cette merveilleuse journée, ou Lexa était venue la kidnapper de sa tour pour l'emmener avec elle au milieu de son peuple.
C'était la fin d'après-midi, dans les rues de Polis. Leksa avait emmené Clarke aux confins de la ville. Elles se trouvaient devant la dernière maison en bordure de la forêt, poste frontière entre la civilisation et la nature sauvage.
Un garde les y attendait, il tenait la bride de deux chevaux.
« On rentre? » Demanda Clarke presque déçue que cette après-midi si parfaite touche à sa fin.
« Non… » Répondit Lexa toujours avec ce sourire mystérieux au coin des lèvres.
Heda se retourna vers sa garde qui ne la quittait jamais et demanda à ses hommes qui s'apprêtaient à la suivre :
« Wer'n ya go'ner, yu say'en? »
« Où pensez-vous aller? » Traduisit Clarke dans sa tête.
Le colosse qui était passé chef de la garde rapprochée de Heda durant l'absence d'Indra lui répondit qu'il n'était pas prudent qu'elles voyagent seules. Il insista pour l'accompagner.
Lexa leva la main, avec toute l'autorité qu'on lui connaissait et dit en haussant le ton:
« Em pleni ! Bak op ! »
Les gardes baissèrent la tête en signe de soumission et répondirent en chœur :
«Sha, Heda… »
Lexa se retourna vers Clarke, ses yeux verts lui désignèrent le cheval alezan.
Clarke s'approcha de l'animal et posa une main sur le pommeau de la selle et l'autre sur le troussequin, tandis que Lexa lui tenait l'étrier pour l'aider à se hisser sur sa monture. Une fois Clarke installée, Lexa enfourcha avec aisance son cheval, un grand bai brun, à l'épaisse crinière. La noble monture semblait bien plus impétueuse que celle choisie pour la jeune femme venue du ciel. Le sanguin cheval de Lexa martelait le sol de ses sabots en signe d'impatience, il renâclait et ne cessait de bouger.
« Tu es prête ? » Demanda Lexa à son invité.
« Oui…mais ou all… » Clarke n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Lexa lança sa monture au galop entrainant celle de la jeune blonde derrière elle.
Les deux jeunes femmes, galopèrent dans la forêt, slalomant entre les arbres, si pour Clarke l'apprentissage de l'équitation était une découverte récente et encore très mal maitrisée. Lexa était sans conteste une très grande cavalière. Bien qu'un peu secouée au démarrage, Clarke commençait à trouver son équilibre et prenait de plus en plus de plaisir à ce galop endiablé. Sa monture, avait de l'âge et en bon maître d'école il restait bien dans les traces du fougueux étalon de Heda.
« Ça va ? » Cria Lexa pour s'assurer que Clarke n'était pas trop en difficulté.
« C'est génial ! Accélère encore! » Hurla Clarke en riant.
Lexa lui sourit et se retourna pour regarder à nouveau en face d'elle, elle talonna en ajoutant un claquement de langue exhortant son cheval à prendre d'avantage de vitesse.
Clarke hurla « Waouhhhhh ! » Un sentiment de liberté l'envahi, un instant de bonheur qui resterait à jamais dans sa mémoire.
La folle cavalcade s'arrêta au pied d'une colline où de pentus escaliers en bois grimpaient la pente au milieu des bois.
Lexa fît halte et mit pied à terre, elle s'approcha de Clarke et lui tendit sa main pour l'aider à descendre. Un frisson parcouru Clarke à ce simple contacte.
« Le jour commence à tomber.» Lui fit remarquer Clarke en regardant le ciel qu'elle apercevait à travers la cime des arbres.
« Ne t'inquiètes pas nous ne sommes plus très loin… » Répondit Lexa toujours aussi énigmatique.
Elles accrochèrent leurs montures aux arbres en bas des marches et commencèrent à grimper. L'ascension était difficile, mais si Clarke était essoufflée elle ne voulait rien laisser paraître et se contentait de sourire à chaque fois que Lexa se préoccupait de son état. Après de multiples efforts le terrain devint plat sous les pieds de Clarke.
« On y est. » Indiqua Lexa.
Clarke se retrouva face à une parcelle déboisée. La jeune femme reconnue immédiatement le bâtiment qui se trouvait au centre du terrain devant elle.
« Un observatoire ! » Dit-elle à la fois étonnée et émerveillée.
L'ancien bâtiment était en parti délabré sur son côté ouest, mais le dôme semblait intact bien qu'il fût envahi par le lierre.
« Nous l'appelons, Blinka Skaifaya. »
« L'œil de l'étoile.» Traduisit Clarke.
Lexa fît signe à Clarke de la suivre, elles entrèrent dans l'observatoire, les murs étaient recouverts de peintures de natifs.
« Des constellations… » Dit Clarke en posant la main sur une des peintures.
Au centre de la pièce un escalier en colimaçon en fer forgé menait jusqu'à la passerelle d'observation de l'imposant télescope qui avait survécu aux outrages du temps. Clarke était totalement, absorbée par ce décor. Jamais, elle n'aurait imaginé un jour se trouver là, elle qui venait de l'espace.
« Je venais ici lorsque j'étais enfant…j'ai toujours aimé ce lieu, il est pour moi chargé de souvenirs. » Dit Lexa en levant les yeux sur le dôme plusieurs mètres au-dessus d'elle. Clarke était touchée de voir Lexa se confier ainsi. Heda avait retiré son masque et il ne restait plus que Lexa, et c'était la partie de la jeune femme qui l'intéressait le plus.
« Depuis que l'esprit du commandant m'a choisi je viens rarement. Je n'ai plus le temps de m'aventurer jusqu'ici, mais j'avoue que lorsque j'ai des décisions difficiles à prendre il m'arrive encore de venir en ce lieu pour réfléchir. Cela m'apaise… » Avoua la jeune femme brune.
Clarke restait muette, elle se contentait de contempler Lexa et de l'écouter se confier. La jeune femme avait peur d'interrompre les confidences de celle qui réveillait à chaque minute de plus en plus de sentiment encore inavoués. La jeune Skaikru aurait voulu que Lexa lui raconte toute sa vie ici et maintenant même si pour cela elle devait faire vœux de silence pour l'éternité. Son cœur désirait tellement en savoir d'avantage, pour battre un peu plus fort, pour battre un peu plus vite...
Lexa se saisit à nouveau de la main de Clarke et la tira derrière elle en direction de l'escalier. Avec excitation elles grimpèrent deux à deux les marches jusqu'à la passerelle. Tandis que Clarke regardait dans l'œil du télescope pour voir si la lentille était intacte, Lexa activait une manivelle qui dans un grincement assourdissant mis en route le mécanisme d'ouverture du dôme.
Le vacarme était tellement assourdissant que Clarke due porter les mains à ses oreilles pour le supporter. Mais ce fût un moindre mal lorsque la magie opéra. Le toit du Bâtiment s'ouvrit laissant apparaitre le halo des étoiles déjà hautes dans le ciel.
« C'est…c'est magnifique… » Dit Clarke émue devant pareil spectacle.
Lexa semblait si heureuse face à l'émerveillement de la jeune Skaikru.
« Regardes… » Lui dit-elle.
Clarke se pencha à nouveau sur l'œil du télescope, et ce qu'elle vît l'émue encore d'avantage.
Lexa s'aventura à poser une main sur l'épaule de Clarke.
« Toutes ces années ou j'ai regardé les étoiles…Je n'avais pas conscience que c'était toi que je voyais… » Dit Lexa avec un air tendre que Clarke ne lui connaissait pas.
« Je te voyais aussi… » Dit Clarke en plongeant ses yeux bleus dans les yeux verts du commandant.
« Le ciel rencontre la terre » Pensa Clarke.
Elles restèrent là à se regarder. Un instant dans ce monde devenu fou qui n'appartenait désormais qu'à elles. Un instant qu'elles auraient souhaité voir durer pour toujours. Elles restèrent là sous le ciel étoilé, s'interdisant encore une chose qu'elles espéraient tellement. Clarke sentit des frissons la parcourir, le contacte de la main de Lexa sur son épaule, la profondeur de son regard, la douceur de son sourire, elle prit conscience qu'elle se trouvait devant la plus belle étoile qu'elle verrait dans sa vie. Tremblante, irrésistiblement attirée par cette beauté froide, Clarke sentit un désir envahir tout son être. Et alors qu'elle allait se laisser aller à l'expression de son cœur. Lexa retira sa main et détourna son regard mettant immédiatement un terme à l'élan passionnel que Clarke avait décidé d'amorcer.
« Est-ce que Lexa l'avait senti elle aussi ? Est-ce qu'elle avait peur de se laisser aller ? Ce sentiment n'était peut-être pas partagé ? Ou ce n'était peut-être pas le bon moment ? Peut-être qu'elle n'avait pas vu que son cœur lui était offert…» Toutes ces questions traversèrent l'esprit de Clarke à la vitesse d'une étoile filante.
Lexa n'avait pas su lire dans les yeux de Clarke, ou peut-être avait-elle préféré ignorer ses propres sentiments de peur de mal agir. Clarke regretta immédiatement de ne pas avoir saisi l'opportunité plus tôt…C'était trop tard l'instant magique était passé. Lexa l'avait volontairement stoppé, ou peut-être pas, mais ça elle ne le saurait jamais.
Elles restèrent un long moment en silence à regarder à tour de rôle les étoiles dans le télescope. Puis, elles s'assirent sur la passerelle les pieds dans le vide et Clarke décrivit à la native à quoi ressemblait la terre depuis le cosmos. Un moment hors du temps, bien loin de la guerre, de la politique et des responsabilités qui pesaient sur leurs épaules. Lexa écoutait avec attention la jeune femme. Admirative de la capacité de Clarke à lui décrire les choses avec tant de détail. Les mots de la fille du ciel dépeignaient parfaitement la beauté de ce monde que la fille de la forêt n'avait jamais vu sinon dans son imagination. Elles parlèrent pendant des heures qui filèrent aussi vite que des secondes.
Il y eut des rires à l'évocation de certaines anecdotes et quelques larmes, lorsque Clarke aborda le sujet douloureux qu'était la mort de son père. Lexa l'enlaça longuement pour la réconforter, touchée par la confiance que Clarke lui avait accordé en parlant du sujet le plus difficile de sa jeune existence. Elles parlèrent jusqu'à ce que les mots faiblissent, jusqu'à ce que la fatigue ne les rattrape, jusqu'à ce que Clarke s'assoupisse sur l'épaule de Lexa qui veilla sur son sommeil.
Aux premières lueurs du jour, Lexa réveilla Clarke et lui fît signe qu'il était l'heure de partir, Polis n'attendrait pas. D'autant qu'un voyage vers Arkadia pour ramener la dépouille de la reine d'Azgeda était prévu ce jour-là. Un voyage plein de promesse car, il devait sceller une bonne fois pour toute l'alliance avec le treizième clan et garantir enfin la paix tant espérée.
Alors que les rayons du soleil filtraient à travers le dôme, Clarke vît réapparaitre le masque de Heda sur le visage de Lexa. Le halo de la lune lui avait donné Lexa et les rayons du soleil la lui avaient arrachée pour laisser revenir Heda.
