GENRE : Action, Fic écolière, tranche de vie et futur slash.
PARING : Drarry TRES long à venir. ULTRA LONG !
RATING : T+, M voire Ma à venir
BÊTA : Blitzz, encore et toujours, fidèle au poste !
NOTE : • Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, tout est à notre grande et respectée J.K. - Enfin, il y a quelques OC qui sont de moi, hm. Vous verrez en temps voulus.
Bonne lecture ~ !
- Chapitre 33 -
Severus s'enfonça un peu plus dans son fauteuil en ruminant ses idées noires, les yeux plongés dans l'âtre du feu où crépitait un foyer agréable. Dans sa main, son deuxième verre de Whisky pur-feu qu'il avait envie de vider d'une traite, comme il l'avait fait pour le premier verre. Il frissonna alors que les souvenirs de la séance de travail avec Harry Potter plus tôt lui revenaient en tête. Il grinça des dents en sentant ses joues rougir de gêne, et il avala une grosse gorgée de whisky, grimaçant sous la chaleur qui le traversa. Que Harry ait vu ce souvenir en particulier n'était pas ce qui le dérangeait le plus, c'était le fait qu'étant pleinement dans son souvenir, il avait dû ressentir tout ce qu'il avait ressenti à ce moment-là. Et c'était déjà compliqué pour lui de penser que, peut-être, éventuellement, il réagissait positivement aux avances de Sirius.
Enfin non ! Il ne réagissait pas positivement, il ne voulait pas réagir positivement ! Il ne réagissait pas positivement ! Son corps réagissait parce que... parce que ça faisait longtemps qu'il avait attiré les faveurs de quelqu'un. Et même s'il détestait Black, on ne pouvait pas vraiment dire qu'il était mal fait de sa personne, alors... Alors oui, son corps réagissait, c'était tout, rien de plus. Une réaction physiologique qu'il ne pouvait pas contrôler, du tout. Rien de plus. Rien de...
Severus ferma les yeux et soupira profondément. Il se mentait à lui-même, par Merlin. C'était n'importe quoi... Parce qu'il ne détestait plus vraiment Black. Disons plutôt qu'il avait toujours un certain ressentiment envers lui, après tout ce qu'il avait vécu à cause de ses idioties d'enfance et de tout ce qu'il lui avait fait vivre. Mais maintenant... Maintenant, Black s'était excusé, pour de vrai. Il regrettait vraiment, c'était quelque chose de vrai, Black ne faisait pas semblant et il semblait vouloir tout faire pour que Severus lui pardonne totalement.
Mais sérieusement ? Le courtiser ? Pourquoi recommençait-il à jouer avec lui ?
Severus sursauta quand on frappa brutalement à sa porte - il était seul dans son bureau, il pouvait faire ce qu'il voulait. Il jeta un rapide tempus et haussa un sourcil en voyant l'heure du couvre-feu même pour les dernières années largement dépassé. Il était presque minuit, qui oserait venir l'embêter chez lui ?
Il gronda en se redressant. Il termina son verre et sauta sur ses pieds, fronçant les sourcils pour se mettre un masque rébarbatif sur le visage. Et puis quoi encore, il n'allait pas être agréable avec qui que ce soit qui osait le déranger, même si c'était Minerva. Et même si c'était Albus ! Et puis quoi encore, il voulait rester paisiblement à boire son whisky et se lamenter sur son sort, il ne pouvait pas être tranquille deux minutes ? Deux petites minutes ? Hein ?!
- Quoi ?! Pesta-t-il en ouvrant brutalement la porte.
Il haussa les sourcils, n'essayant même pas de cacher sa surprise. Face à lui, une Hermione Granger pâle et tremblante accompagnée de son meilleur ami Harry Potter, dont le regard sûr et l'air sombre sur son visage détonnaient totalement de ce à quoi Severus était habitué.
- Que se passe-t-il ? S'enquit-il, comprenant parfaitement qu'ils ne venaient pas pour l'embêter.
Enfin, pas totalement.
- Est-ce qu'on peut entrer ?
Severus se détourna pour laisser les deux élèves rentrer en retenant un soupir. Il n'allait pas dormir tout de suite, c'était sûr... Hermione s'assit sur une chaise, le dos bien droit et le regard perdu, crispée sur le bois. Harry quant à lui, se mit à faire les cent pas. Severus les observa tour à tour en s'asseyant à son bureau.
- Alors ? S'enquit-il.
Harry le regarda et grimaça en jetant un coup d'œil à sa jeune amie.
- Je pense... Je pense qu'on a beaucoup d'effets secondaires de notre Transe partagée... Déclara enfin le Survivant.
Severus haussa un sourcil en attendant qu'il développe. Hermione lâcha un couinement apeuré et le professeur des potions posa ses yeux sur elle.
- Mademoiselle Granger ?
Elle secoua la tête en ouvrant de grands yeux apeurés. Severus fronça les sourcils et Harry se racla la gorge. Le Professeur des potions se tourna vers lui, sa patience commençant à atteindre sa limite.
- Qu'est-ce que vous voulez dire par beaucoup d'effets secondaires, monsieur Potter ?
Le Gryffondor inspira doucement et s'installa à son tour dans l'autre chaise face à son bureau.
- Quand on était en vacances, j'ai ... Enfin, on a découvert qu'on se sentait... pas très à l'aise quand on était loin l'un de l'autre. Ça a été un vrai soulagement que de rentrer à Poudlard et de se retrouver. On a compris ce qui se passait et on a voulu savoir s'il y avait plus. Et on s'est rendu compte que j'avais des notions... Des notions de potions que je n'avais pas jusqu'alors. Des connaissances qu'Hermione m'a transmises durant notre transe partagée.
Severus se frotta les lèvres. Ainsi donc, ce n'était pas l'opération du Saint-Esprit, cette soudaine assiduité durant ses cours. Enfin, assiduité... En réalité, il avait bien remarqué que Harry faisait enfin la différence entre certains ingrédients qui pouvaient se ressembler pour des quatrièmes années, qu'il savait enfin bien tailler les ingrédients suivant leur longueur ou leur matière, et il savait enfin suivre à la lettre les indications. Malheureusement, il semblait ne toujours pas réussir à exécuter une potion parfaite, malgré l'état passable de ses préparations.
- Bien, il y a donc un espoir pour vous, Monsieur Potter, ricana-t-il à moitié en souriant mesquinement, amusé.
Harry fit une moue en le fusillant du regard, mais Severus savait qu'il ne le prenait pas comme avant, que ce n'était pas aussi acerbe qu'habituellement.
- Mais encore ? S'enquit-il en voulant plus d'informations.
Parce que jusque là, il semblait juste que ce soit une bonne chose. Pour Harry Potter. Alors pourquoi Hermione Granger semblait si bouleversée ?
Le Gryffondor grimaça et se frotta la joue. Il se pencha et posa sa main sur celles que Hermione se triturait. La jeune femme sursauta.
- Désolée, couina-t-elle.
Harry serra ses mains.
- Apparemment... C'est beaucoup plus que cela, puisque...
La jeune femme se défit de la poigne de son ami et inspira profondément en se redressant dans sa chaise. Elle regarda enfin son professeur.
- Tout à l'heure, j'étais dans la forêt avec Hagrid et... Et bien je dois vous avouer que c'est assez étrange que de se retrouver à faire la discussion avec une vipère aspic. C'est assez déroutant.
Severus cligna quelques instants des yeux avant de les ouvrir en grand.
- Pardon ? S'exclama-t-il, estomaqué.
Hermione eut un rire nerveux.
- J'ai écouté une petite vipère à peine plus longue que mon bras à quel point c'était dur de chasser les souris dans la forêt, parce que les souris et les mulets ont très bien compris que la forêt n'était pas un endroit pour eux et ils se sont tous réfugiés dans le château mais il y a des sorts qui empêchent les animaux dangereux pour les humains de pénétrer dans le château, alors la petite vipère ne peut pas se nourrir de ces délicieuses souris grassouillettes, elle doit se rabattre sur des oiseaux, sauf que la vipère n'aime pas les oiseaux et- AH !
Elle sauta sur sa chaise quand Harry posa la main sur son avant-bras pour tenter de la calmer. Elle porta une main tremblante à sa bouche alors qu'elle haletait sous le regard surpris de Severus. Ce dernier leur invoqua du thé et déposa quelques gouttes de potion apaisante dans l'une d'elle. Il s'accroupit à côté de la jeune femme et déposa la tasse dans ses mains tremblantes, l'aidant doucement à boire une gorgée. Une main sur la sienne posée sur son genou, il attendit que la potion fasse effet et qu'elle cesse de trembler pour parler.
- Alors comme ça, vous êtes désormais fourchelang ? S'enquit-il de la voix la plus douce qu'il avait en stock, hors de question qu'elle fasse une crise d'hystérie dans son bureau.
Qu'elle attende d'être dans la tour des Gryffondors, merci bien.
La major de sa promotion ferma les yeux et lâcha un soupir tremblant avant de hocher la tête. Severus se redressa et retourna s'asseoir à son bureau, réfléchissant.
- Monsieur ? Est-ce que... Est-ce que c'est grave ? Qu'est-ce qu'on va faire ? Est-ce qu'il va y avoir d'autres surprises, ou... commença Harry agitant la main, soucieux.
Il jeta un coup d'œil à son amie. Severus porta son attention sur lui.
- Eh bien, en quoi cela peut-il être dangereux ? lâcha-t-il sans attendre de répondre. Le Fourchelang n'est pas dangereux pour vous, à ce que je sache. Pourquoi le serait-il pour mademoiselle Granger ?
- Mais... Il y a une différence entre avoir un savoir universitaire précédemment appris dans un livre et développer une capacité normalement innée et héréditaire ! Déclara Hermione, une voix grimpant dans les aigus vers la fin.
Severus posa sa main sur son avant-bras en la fixant.
- Calmez-vous, mademoiselle Granger. Respirez.
La jeune femme l'écouta et lui obéit difficilement. Elle ferma les yeux et prit une inspiration quelque peu hésitante.
- Vous avez raison, dit-il enfin.
Elle rouvrit les yeux, et comme si le simple fait qu'elle ait raison - quelle que soit la situation - était une normalité, elle retrouva une respiration normale. Granger tourna vers lui un regard perdu mais alerte.
- Ah oui ? Souffla-t-elle.
Severus hocha doucement la tête.
- Il est vrai que c'est une grande différence de connaissance. J'ignore totalement comment cela est possible, mais si cela vous rassure, je ferais quelques recherches pour m'assurer que tout aille bien.
La jeune femme hocha la tête.
- En tout cas, Mademoiselle Granger, votre ami fourchelang n'est pas mauvais. Vous ne pouvez être mauvaise à votre tour simplement parce que vous êtes soudainement fourchelang. C'est malheureusement considéré comme de la magie sombre à cause du peu de personnes qui ont ce pouvoir et qui l'utilisent à mauvais escient. Vous êtes intelligente, vous devriez le savoir.
- Je... Je, oui. Le doloris était un sort utilisé par les médecins pour faire repartir le cœur lors d'un arrêt cardiaque ou pour accélérer le fonctionnement des neurones après une lourde opération, débita-t-elle comme en cours.
Severus hocha la tête sans la reprendre, il valait mieux qu'elle se calme, c'était la priorité.
- Mademoiselle Granger ? S'enquit-il pour être sûr que la jeune femme soit consciente et pas en train de se perdre dans son esprit.
Elle cligna des yeux puis releva la tête vers lui. Elle fronça les sourcils puis soupira fortement et hocha vivement la tête.
- Oui ! Oui, je... oui.
- Mione, ça va ? S'enquit le Gryffondor en posant doucement sa main sur le bras de la jeune femme.
Elle le regarda et sourit.
- Oui, ça va, dit-elle à voix basse.
Son ami hocha la tête en souriant doucement, visiblement soulagé. Severus se redressa et passa de nouveau derrière son bureau. Il observa les deux jeunes gens terminer leur tasse de thé et Granger leva vers lui un regard reconnaissant.
- Merci, monsieur, dit-elle doucement.
Severus renifla dédaigneusement mais ne dit rien. Ils se redressèrent après l'avoir remercié une nouvelle fois mais avant qu'ils ne quittent la pièce, Severus se redressa.
- Monsieur Potter ?
Le Gryffondor se retourna vers lui.
- Avez-vous quelque chose de prévu demain ?
Le jeune homme entrouvrit la bouche alors que ses joues se teintaient de rouge. Se rappelant du souvenir qu'il avait entrevu plus tôt dans la soirée, le professeur de Potion grimaça.
- Une heure avant le dîner du soir, précisa-t-il.
Le Gryffondor réfléchit un instant puis hocha la tête.
- Je n'ai rien de prévu... Vous voudriez que je vienne ?
Le Professeur de Potion acquiesça.
- J'aimerai voir si cette histoire de connaissance en potion est véridique, déclara-t-il d'une voix lente en observant le jeune homme.
Harry hocha vivement la tête.
- Faudra-t-il que je vienne après dîner tout de même ?
Severus acquiesça à son tour, ramassant les feuilles sur son bureau pour les ranger. Son élève sourit un peu puis le remercia une nouvelle fois, le faisant grincer des dents.
- À demain alors, monsieur, déclara-t-il avant de disparaître de son bureau, pour ENFIN le laisser tranquille.
Le maître des potions soupira profondément en levant les yeux au ciel. Ces élèves allaient être sa mort, véritablement. Severus Snape inspira profondément et alla se coucher.
Et peut-être rêva-t-il d'un certain cabot un peu trop envahissant.
.*.
Harry ferma la porte de la salle sur demande et soupira d'aise en se traînant dans les couloirs. C'était samedi, et il avait passé la journée avec Mickael, une nouvelle fois. Ce n'était pas la première fois qu'il le faisait, bien entendu, mais ça lui faisait toujours bizarre de se dire que lui, Harry Potter, le Survivant, était désormais en couple avec Mickael Sharps, Poufsouffle de son état. Il sortait avec un gars, pour la première fois et, oui. Contrairement aux filles avec qui il était sorti, Ginny et - est-ce qu'on pouvait considérer que le baiser avec Cho était un rendez-vous ? - et Cho donc, il n'avait jamais ressenti cette attraction, ce plaisir simple, il... Il ne se prenait plus la tête comme il l'avait fait de nombreuses fois auparavant.
Harry se sentait bien. Il se sentait enfin lui-même - était-ce cliché ? Oui, sûrement. Mais c'était vrai ! Il se sentait tout chaud à l'intérieur, tellement heureux à chaque fois qu'il voyait le Poufsouffle... Et aujourd'hui, il était encore plus fier de lui-même. Cela faisait peut-être une semaine qu'ils sortaient ensemble mais jusque là, ça avait toujours été Mickael qui avait engagé le premier contact. Ce n'était pas que Harry était timide mais... En fait, si. Harry était timide, il n'avait strictement aucune idée de ce qu'il faisait, même s'il voulait s'engager, il se trouvait un peu gauche, un peu idiot. Alors Mickael avait pris les choses en main et c'était toujours lui qui l'embrassait. Mais pas aujourd'hui.
Aujourd'hui, Harry s'était lui-même penché pour l'embrasser alors qu'il l'abandonnait pour aller au rendez-vous avec Snape. Et bordel, il était TRES fier de lui ! Il devait ressembler à un idiot, à sourire comme ça, non ?
ET ALORS ?
Harry sourit de plus belle et partit d'un pas joyeux jusqu'au cachot. Lui ! Harry Potter, s'en aller gaiement jusqu'aux cachots de Poudlard... Qui l'aurait cru ? Eh bien pas lui, pas du tout, jamais ! Il croisa quelques Serpentards mais ne fit pas attention aux regards de haine que ces élèves lui lançaient, il ne fit même pas attention à la surprise de Blaise Zabini puis à son amusement. Il s'en fichait cordialement, ça lui passait bien au-dessus ! Ce n'étaient pas quelques serpents vicieux qui allaient réussir à réduire à néant sa bonne humeur.
D'ailleurs, le haussement de sourcils que Severus Snape lui lança quand il le vit entrer avec tant d'aplomb dans sa salle de classe.
- Je crois que je ne veux pas savoir, marmonna-t-il en lui faisant signe d'avancer.
Harry retint un sourire et s'assit à la paillasse la plus proche de son bureau après l'avoir salué. Il regarda tous les ingrédients qui étaient disposés sur ladite paillasse et sa bonne humeur commença à s'évaporer. Il grimaça.
- Un problème, monsieur Potter ? Sourit mesquinement le professeur.
- Je reconnais la potion rien qu'aux ingrédients... Marmonna le Gryffondor.
Severus haussa un sourcil.
- Vous avez désormais vraiment de bonnes connaissances en potions, commenta-t-il.
Harry fronça les sourcils.
- Vous ne nous croyez pas ? S'outra-t-il.
Le Maître en Potion ricana.
- Je ne jugerai pas de votre niveau en potions sous vos simples paroles, vous savez.
Harry grimaça.
- Vous pourriez donner un peu de crédit à Hermione. Elle est la meilleure élève avec Malfoy.
Severus hocha la tête.
- J'en jugerai par moi-même, voulez-vous ?
Harry ne dit rien et Severus agita sa baguette, inscrivant les étapes de la préparation au tableau.
- Je ne vous demande pas de faire une potion parfaite. Ce n'est pas noté. Je veux juste vous regarder pendant que vous la préparez, pour juger de moi-même de ce que vous avez récupéré de la Transe Partagée avec Mademoiselle Granger. Je ne vous dirais pas de prendre votre temps, puisque cette potion a un timing très serré. Vous allez devoir développer toute votre précision.
- Et si je la rate ?
- Eh bien, vous la raterez.
Harry se mordilla l'intérieur de la joue puis hocha la tête. Severus agita une nouvelle fois sa baguette et un décompte des secondes apparut dans les airs.
- Vous pouvez commencer.
L'élève de Gryffondor se pencha donc sur la confection de la potion Poussos. Ce n'était pas vraiment d'un niveau de septième année ; en fait la préparation était plutôt simple, c'était surtout la précision incroyable et la précision méticuleuse qu'il fallait développer pour cette préparation qui était la plus trompeuse. La moindre seconde en trop à tourner la cuillère, à laisser la potion sur le feu, et cette dernière était inutilisable dans le meilleur des cas, mortelle dans l'autre.
Alors Harry se concentra sur la potion, gardant toute son attention sur le chaudron, le feu et les ingrédients tout en gardant du coin de l'oeil le compteur qui continuait de défiler au-dessus du bureau de Severus Snape.
Il n'avait jamais été aussi précis et minutieux dans son travail qu'en cet instant. Sa concentration était au plus haut, il se sentait presque passionné.
Malheureusement, quand il termina de tourner trois fois la cuillère en bois dans le sens des aiguilles d'une montre puis deux fois dans le sens inverse, la potion garda son épaisse couleur pourpre au lieu de prendre une jolie teinte bleue comme elle le devrait à ce stade de la potion. Normalement, le dernier ingrédient, de la poudre de mandragore, devrait être mis dans la potion une minute avant administration au patient, qui rendait la potion transparente avec cet aspect brumeux. Sauf que cette fois-ci - encore une fois - la potion était inutilisable, même avec toute la poudre de mandragore du monde.
Harry soupira d'un air désespéré. Il avait raté, encore une fois. Il était pourtant sûr, durant toute la confection de la potion, qu'il avait tout bien suivi. Et c'était le cas, il n'avait fait aucune faute ! Il avait scrupuleusement suivi les instructions et il avait pourtant tout fait foirer.
Il marmonna dans sa barbe inexistante des insanités alors que le maître des potions se rapprochait. Le Gryffondor n'osa pas relever la tête vers lui, ne voulant pas voir la moquerie dans son regard.
- Vous l'avez raté, déclara-t-il. Comme d'habitude.
Harry grogna de nouveau en fusillant du regard les ingrédients, le chaudron, toute la tablée et la potion en elle-même.
- Hermione a raison pourtant, j'ai vraiment des connaissances plus approfondies en potion, marmonna-t-il.
- Avez-vous une petite idée de pourquoi vous l'avez raté ? Demanda Severus Snape d'une voix calme.
Harry osa enfin lever le regard vers lui pour le voir en train de l'observer, sans aucune moquerie ou supériorité sur le visage, un visage simplement neutre.
- Je... Je ne sais pas ce qui s'est passé, marmonna le jeune homme en détournant de nouveau le regard. J'ai suivi les instructions à la lettre, j'ai gardé la potion à 63 degrés, jusqu'à l'étape numéro trois, où j'ai réussi à descendre la température jusqu'à 37 degrés, juste avant que je mettre les ailes de libellules coupées à trois millimètres et...
- Je sais, s'exclama le professeur de potion. Je vous aie surveillé tout du long. Et pourtant, vous l'avez raté.
Le jeune homme se mordilla l'intérieur de la joue mais sa grimace s'exprima pourtant sur son visage.
- Je suis désolé, s'excusa-t-il.
Il était en colère contre lui-même, énervé de n'avoir pu prouver à Snape qu'il était capable de quelque chose. Déjà qu'il ne réussissait pas à tomber en Transe quand le professeur de potion était dans le coin, si en plus il n'arrivait à prouver qu'il pouvait exploiter les nouvelles habilitées que la Transe partagée avec Hermione lui avait apportées...
- Recommencez.
Harry releva la tête vers le professeur de potion, qui agita sa baguette par-dessus le chaudron pour faire disparaître la potion.
- Monsieur ?
Severus posa de nouveaux ingrédients sur la table.
- J'ai choisi cette potion car elle n'est pas compliquée à faire, mais il faut être très, très minutieux, et savoir quoi faire de ses ingrédients ; mais aussi parce qu'elle est rapide à faire. Alors vous allez me la refaire, en portant ceci cette fois-ci.
Il lui tendit une paire de gants légers violet tirant sur le gris, relativement doux au toucher malgré l'aspect écailleux. Harry les attrapa en fronçant les sourcils.
- Je refais la potion...
Severus hocha la tête et retourna à son bureau.
- ... En utilisant les gants... A quel moment ?
- Dès maintenant. Du début à la fin de la conception de la potion. N'ayez pas peur de les brûler ou de les couper, c'est totalement impossible. Ce sont des gants en peau de grapcorne. C'est plus résistant que la peau de dragon et contrairement à celle-ci, ne risque pas d'interagir avec les ingrédients. Par contre, c'est ma propre paire, alors ne tentez pas le diable non plus, Potter.
Harry hésita entre sourire sous la remarque et grimacer puisqu'il devait recommencer la potion une nouvelle fois.
- D'accord.
Avec un soupir, il enfila les gants qui épousèrent ses doigts comme une seconde peau et il haussa des sourcils surpris. Il avait juste l'impression d'avoir... Eh bien, une couche d'huile chaude sur les mains plutôt qu'une paire de gants, et il sentait parfaitement la texture des ingrédients sous ses doigts comme si sa peau était à nue. Il pouvait parfaitement comprendre que les maîtres de potions comme Severus Snape apprécient et investissent dans ce genre de gants. Il inspira doucement, ralluma le feu sous chaudron puis recommença la préparation minutieuse de la potion.
Quinze minutes plus tard, Harry cligna des yeux en voyant sa potion prendre la belle teinte bleutée comme elle devrait le faire.
Il avait réussi. Il n'avait rien fait de plus que pour la potion juste avant et pourtant, il avait réussi cette fois-ci.
- Monsieur...
Severus était juste devant lui mais Harry ne l'avait pas vu arriver.
- Bien. Une potion parfaite, parfaitement exécutée, commenta le professeur de Potion.
Harry entrouvrit la bouche en le regardant, perdu.
- Mais... j'ai fait exactement comme ça pour la potion d'avant, et pourtant... et pourtant, elle était ratée.
Il ferma la bouche, fronça les sourcils et baissa les yeux sur ses mains toujours couvertes des gants. La seule chose qui était différente était ces gants. Que faisaient-ils exactement ? Étaient-ils enchantés par un sort spécial de Severus, qui l'aurait aidé sans qu'il ne le réalise, comme avec le bouquin de potions de sixième année ?
- Ne regardez pas ces gants comme s'ils conservaient la réponse à la grande question de l'univers, railla Severus.
Harry lui jeta un coup d'œil.
- Mais c'est la seule chose qu'il y a de différent...
Severus hocha la tête, un léger sourire sur les lèvres et Harry plissa des yeux. Était-ce si étonnant qu'il ait compris ?
- Aussi étrange que cela puisse paraître, c'est bien seulement vous qui avez parfaitement exécuté cette potion, monsieur Potter.
Il agita sa baguette pour transvaser toute la potion dans de petites fioles, qu'il apporterait sûrement plus tard à l'infirmerie pour utilisation ultérieure. Puis il nettoya d'un sort la paillasse et s'assit à son bureau, lui présentant la chaise d'un geste de la main pour l'inviter à s'installer.
- Malgré les connaissances que mademoiselle Granger vous a offertes sans le vouloir durant votre Transe Partagée, je ne vous cache pas que vous avez toujours un niveau mauvais. Pas médiocre, pas pathétique, parce que vous vous en sortez pour la théorie et vous savez enfin à quel point être minutieux et attentif est important. Sauf qu'il y a deux choses qui vous en empêchaient : Vous n'avez jamais travaillé sérieusement ma matière, et vous ne pourrez jamais faire une potion parfaite tant que vous ne serez pas rentré en Transe.
- Et c'est tout, peut-être, vous ne vous oubliez pas dans le lot ? Marmonna Harry.
Severus haussa un sourcil en le fixant et Harry eut la décence de rougir un peu.
- C'est bon, je me tais, je n'ai rien dit.
Puis il cligna des paupières en réalisant ce que Severus venait de dire. il fronça les sourcils.
- Attendez, comment ça " tant que je ne serais pas tombé en Transe " ? S'exclama le jeune homme en fronçant les sourcils.
Le professeur n'eut qu'un hochement de tête.
- Contrairement aux croyances communes, un sorcier ne peut pas pratiquer l'art des potions avant onze ans. A cet âge, l'enfant a un contrôle de sa magie et de ses effluves, de comment elle se dégage du corps. C'est un contrôle instinctif qu'un sorcier acquière, comme contrôler ses sphincters ou marcher. Sauf qu'à partir de ses douze ans, la magie d'un sorcier se développe pour atteindre son plein potentiel, et tout le processus est à refaire, bien que ce soit de nouveau inconscient.
Il se redressa, croisant les mains sur son bureau.
- Tout sorcier dégage une signature magique qui lui est propre. Mais cette dernière n'est pas volatile, elle reste dans le sorcier jusqu'à ce que ce dernier lance un sort. Là, la magie s'attache à l'endroit où le sorcier a lancé le sort, ainsi que là où le sort a atterri. Si les sorciers les plus puissants qui, au bout de nombreuses années de travail, peuvent dissimuler leur signature magique, ils ne peuvent cependant pas dissimuler ou falsifier la signature qu'ils laissent à la lancée d'un sort.
Harry hocha lentement la tête. Ça oui, il le savait, grâce à Hermione. Étrangement, ce n'était pas quelque chose que l'on apprenait en cours, mais qu'on pouvait trouver dans les livres que la jeune femme dévorait. C'était sans aucun doute la Transe Partagée qui lui avait offert cette connaissance.
- D'accord, mais en quoi est-ce important pour moi ?
Severus hocha la tête, observant le chaudron vide derrière le Gryffondor.
- Vous ne pouvez pas faire une bonne potion, car vous ne contrôlez pas votre magie, pas assez du moins. Vous n'avez pas de réseau magique qui ceinture votre magie. Votre puissance est dans votre sang, votre peau, votre sueur. Et si c'est aussi le cas des autres sorciers, votre magie, elle, est volatile, pas de réseau pour la juguler.
Harry fronça les sourcils en se mordillant la lèvre.
- Alors... Sans le vouloir... Ma magie contamine les ingrédients, c'est ça ?
Severus hocha la tête.
- C'est exactement ça. Vous êtes malheureusement une véritable balise pour quiconque cherche à vous tracer, et la magie présente dans votre sueur altère totalement les potions que vous pouvez faire.
Harry inspira puis ferma les yeux en soupirant, secouant la tête.
- Je n'arrive pas à le croire... je ne peux vraiment pas faire comme tout le monde, n'est-ce pas ?
Severus eut un reniflement amusé.
- Je reconnais que, pour cette fois-ci, vous êtes simplement extrêmement malchanceux.
Le Gryffondor se frotta le menton, le front, puis le visage de ses deux mains.
- Bien... Bien, bien, bien... Euuuh...
- Je vais reprendre mes gants, mais le moins que je puisse faire, c'est de vous laissez me les emprunter lors des cours.
Harry jeta un coup d'œil à Severus. Celui-ci le fixait de ses pupilles sombres, le regard profond et alerte, et le jeune homme eut un micro sourire, rapide.
Il se doutait que c'était la manière un peu détournée de Severus de s'excuser, ou au moins reconnaître qu'il avait eu tort toutes ses années. Enfin, si Harry voulait être sincère, il n'avait pas eu tant tort que ça, il était vrai que le Gryffondor ne s'était jamais intéressé aux potions. Pas du tout d'ailleurs, mais Severus n'avait pas aidé. En fait, ça avait été un cercle sans fin : Severus l'avait eu dans le nez dès le début, Harry se rebiffant instinctivement ; puis il avait essayé sa première potion, l'avait raté - sans aucun doute à cause de cette anomalie due à son manque de réseau magique, même s'il avait fait ce qu'il pouvait pour suivre les instructions très simples à l'époque - ; alors Severus l'avait enfoncé sur cet échec, Harry avait eu encore moins envie de faire d'effort. Rajoutez à cela les blagues de Draco de l'époque, c'est vrai qu'il n'avait eu aucune envie de réussir ses potions.
Mais il ne fallait pas se le cacher non plus : Il avait adoré faire des potions en sixième année, alors qu'il avait l'aide indirect de Severus, caché sous son sobriquet du Prince de Sang-Mélé. Horace Slughorn, malgré la même désagréable habitude que Severus Snape avait quant à ses petits élèves chouchous, avait été un bon professeur et Harry avait été déçu quand il avait appris que Severus serait de nouveau professeur durant sa dernière année. Pour lui, le directeur de Serpentard n'allait pas lui rendre la vie facile, même si leurs échanges s'étaient calmés depuis qu'il avait aidé à sauver Sirius. Harry se sentait redevable, d'une certaine manière.
- Merci, Professeur, réussit-il à déclarer sans sourire.
Mais il avait eu tout faux. Depuis le début de l'année, Severus s'était doucement transformé en pilier important dans la vie de Harry, en quelqu'un sur qui il pouvait se reposer, s'appuyer, quelqu'un qui l'aidait à se dépasser, à se contrôler, à devenir plus fort pour faire face à Voldemort plus tard.
Alors oui, il méritait les remerciements de Harry, même si le Maître des Potions renifla dédaigneusement en lui marmonnant qu'il était temps d'aller dîner.
Harry souriait en sortant du bureau, le cœur léger, se sentant soutenu. Il se sentait tellement bien... C'était parfait.
J'éditerai le chapitre demain pour répondre aux reviews,Je vous embrasse !
Xoxo, 'Win
