GENRE : Action, Fic écolière, tranche de vie et futur slash.

PARING : Drarry TRES long à venir. ULTRA LONG !

RATING : T+, M voire Ma à venir

BÊTA : Blitzz, encore et toujours, fidèle au poste !

NOTE : • Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, tout est à notre grande et respectée J.K. - Enfin, il y a quelques OC qui sont de moi, hm. Vous verrez en temps voulus.

Bonne lecture ~ !


- Chapitre 37-

Draco avait l'impression de passer la plus mauvaise journée de sa vie malgré ce début de semaine catastrophique.

Deux jours plus tôt, il avait reçu la lettre de sa mère, lui expliquant avec douceur qu'ils avaient fait une croix sur lui et qu'ils essayaient d'avoir un nouvel héritier à la vue de tous - Il savait que sa mère n'était pas à l'aise avec la situation et qu'elle avait eu du mal à lui annoncer comme ça, de devoir le repousser de sa vie, mais cela ne changeait pas la situation. La Gazette du sorcier avait fait alors étalage de sa vie privée et toute l'école le regardait comme s'il était venu d'un autre monde.

Harry avait été là pour lui et l'avait aidé, en quelques mots et avec sa simple présence, à faire face. Et heureusement qu'il l'avait remonté à bloc l'après-midi.

Alors qu'il avait perdu l'habitude de regarder par dessus son épaule depuis le temps - bien qu'il faisait encore très attention -, il avait dû faire face à des Serpentards remontés à bloc, comme s'ils apprenaient soudainement son état familial. En fait, c'étaient comme s'ils avaient attendu ce moment propice pour l'éliminer.

Oh il s'était défendu. Draco avait beau être quelqu'un de peu courageux, il n'allait pas se laisser faire par son ancienne bande de connaissances. Enfin, il avait dû répondre à l'assaut de Parkinson, qui voulait montrer à tous les Serpentards qu'il n'était pas intouchable. Certes, il ne l'était pas. Mais elle n'était pas aussi forte et surtout pas aussi maligne de lui.

Il l'avait désarmé alors même qu'elle était perdue dans un élan de lyrisme totalement déplacé à cet instant, déclarant à qui voulait bien l'entendre qu'elle allait enfin prouver que le grand Draco Malfoy n'était plus rien sans son nom. Il lui avait lancé un vicieux petit sort de crampes et de furoncles qui n'avaient rien retiré à son visage disgracieux, puis l'avait remise à sa place comme il l'avait toujours fait.

Mais ça n'avait remis que les pendules à l'heure pour les Serpentards, pas pour les autres élèves. Alors d'autres abrutis avaient trouvé bon comme idée que de lui faire payer toutes ces années... Mais bien sûr Draco ne les avait pas laissé faire et il était de nouveau le connard de service. Certes, ça ne le dérangeait pas - après tout il y était habitué. Mais on parlait de nouveau sur son passage, on recommençait à dire qu'il faisait semblant pour tromper le Survivant et le tuer dans son sommeil, ou quelque chose du genre. Et maintenant que Draco appréciait Harry, il grinçait des dents à chaque fois qu'il entendait ce genre de commentaires.

Et avec tous ces murmures sur son passage, avoir remis son nom de famille sur le tapis avait ramené à la surface des souvenirs qu'il avait réussi à enfouir au fin fond de sa mémoire. Il avait revu son père, Lucius, un homme qu'il avait mis sur un piédestal pendant toute sa vie lui lançant les sorts les plus vicieux pour tenter de le faire adhérer à son groupe de tarés. Il l'avait revu l'enchaîner au mur des cachots de son manoir, ressortant encore et encore les délires sur la pureté du sang qu'il lui avait toujours rabâché, en rajoutant cette fois-ci que cela allait être un honneur pour lui de tuer ces " vermines ".

Quand il s'était réveillé, Harry était à ses côtés, l'ayant sortit de ses songes cauchemardesques, attirant son regard et son esprit très loin de ces noirceurs. Et le Gryffondor était resté à ses côtés pour la nuit. Draco lui devait beaucoup...

Et s'il s'était réveillé d'une humeur plutôt bonne, ayant réussi à ne pas avoir d'autres cauchemars grâce à la présence de Harry, cela ne dura pas longtemps. Du tout d'ailleurs.

Draco était arrivé à la table des Serdaigles en même temps que Granger, qui avait l'air inquiète. Et Harry était là, tout pâle et tremblant, l'air malade. Granger s'était un peu plus inquiétée à voix haute et le Gryffondor avait tenté de partir, du sang coulant de son nez.

Et il s'était écroulé en même temps que sa meilleure amie.

Et Draco en était là, à observer le soleil se coucher, assis sur la pierre d'une alcôve du château, le regard dans le vide.

Quand Harry s'était écroulé... Draco avait senti son sang se glacer dans ses veines et son cœur s'arrêter. Voir ... Voir tout ce sang quitter son nez, ça l'avait fait paniquer et il était Draco Malfoy ! Enfin, Draco Black, il n'avait aucune excuse valable pour s'inquiéter pour Harry Potter. Il n'avait aucune bonne excuse pour se ronger les ongles devant les portes de l'infirmerie avec les deux Weasley qui se rongeaient les sangs, un Mickael Sharps aussi pâle que la mort, un Longdubat qui faisait les cent pas - et une Luna qui souriait doucement. Si Draco n'avait pas été si inquiet, il l'aurait sûrement giflé pour oser sourire dans un tel moment, mais Draco n'avait pas le droit d'être inquiet. Il n'était personne pour Harry, ni pour Granger, qui avait été emmené à l'infirmerie en même temps que lui.

Mais si la née-moldue était sortie de l'infirmerie en se frottant les yeux, déclarant qu'elle allait bien et que ce que Harry avait n'était pas "grave", voir le directeur de Poudlard sortir après elle la mine sombre sans offrir un seul regard aux jeunes gens qui s'inquiétaient devant l'infirmerie n'aidait pas à calmer les inquiétudes du Serpentard.

Maintenant, Draco ne pouvait plus se voiler la face. Comment c'était arrivé ? Il n'en savait trop rien et ce n'était de toute manière plus important désormais. Il ne pouvait plus faire comme si tout était comme avant... Pourquoi ça arrivait à lui ?

Les yeux grands ouverts, l'esprit perdu très loin dans ses pensées, il ne pouvait que constater le désastre qu'était devenue sa vie. Il avait perdu son nom mais faisait partie désormais de la grande et noble maison des Black, bien plus vieille que la maison Malfoy ; sauf qu'il était loin d'être le futur Lord régent, comme il l'avait été en tant que Malfoy. Son statut social était donc moindre qu'il ne l'avait été. Il avait perdu le support des grands Lords... tout du moins ceux de Serpentard. Il ne pouvait plus s'approcher du seul ami qu'il avait eu, il travaillait souvent avec une sang-de-bourbe... Une née-moldue, qui s'était même offert de l'aider pour un devoir de métamorphose. Lui ! Un fils de Lord, fils de sorcier puissant et sorcier puissant lui-même, se retrouvant aidé par une personne qui n'avait pas grandi dans le monde sorcier et qui ne connaissait rien de sa culture !

Il se retrouvait à avoir des échanges cordiaux avec un futur Lord du côté de la Lumière, Longdubat, qui allait avoir un sacré poids dans la société sorcière quand il recevrait enfin son titre. La fille Weasley se laissait à rire quelquefois à ses côtés, comme s'ils étaient des connaissances de longue date.

Et Harry.

Draco était ami avec Harry. Draco tenait à Harry et le voir s'écrouler ainsi, comme avec un sort des plus noirs lui avait fait réaliser qu'il tenait beaucoup plus à lui qu'il ne l'aurait cru. Il ne pourrait... Il ne pouvait pas se résoudre à vivre dans un monde où Harry Potter n'était pas là. Ça n'aurait aucun sens ! Il n'aurait jamais pu... Il ne pouvait pas, c'était impossible...

Draco cligna des yeux.

Ça ne servait à rien de se mentir, Harry avait toujours eu une place spéciale dans la vie de Draco. Avant, c'était parce qu'il était son ennemi, la personne envers qui il avait le plus de ressentiments. Et cela n'avait pas changé, Harry avait toujours une place importante dans la vie de Draco... Il l'avait accueilli dans la famille Black les bras grands ouverts, sans même hurler au scandale, il passait du temps avec lui sans se forcer, il riait avec lui, il l'avait invité pour Noël, il avait un de ces sourires...

Le Serpentard ferma les yeux en haletant.

Non, ce n'était pas possible... Il ne pouvait pas... ressentir quelque chose de plus que de l'amitié pour Potter. Il ne tenait pas tant que ça à lui, ce n'était pas...

Il soupira et se pencha en avant pour se frotter le visage, intérieurement décomposé.

- Pourquoi tu n'es plus à l'infirmerie ?

Le blond sursauta et se retourna. Luna le regardait, la tête penchée sur le côté, un sourire léger sur les lèvres.

- Je... Ce sont les amis de Potter en priorité, déclara-t-il la gorge serrée.

- Tu ne te considères pas comme son ami ? S'enquit la jeune femme d'une voix étonnée.

Draco détourna le regard pour fixer de nouveau l'horizon face à lui. La jeune femme s'approcha et s'installa, battant des jambes dans le vide en étant assise sur la pierre à ses côtés.

- Mais c'est vrai, tu n'es pas son ami.

Le Serpentard se crispa et tourna la tête vers elle pour la fusiller du regard mais elle garda un visage ouvert avec un sourire doux sur le visage, regardant tendrement le soleil se coucher.

- Tu es plus que cela.

Draco haussa les sourcils et entrouvrit la bouche. Elle lui jeta un coup d'œil complice.

- Enfin, tu aimerais, dit-elle d'une manière un peu coquine.

- Comment tu...

Il secoua la tête et regarda face à lui, fusillant du regard le paysage.

- Tu racontes n'importe quoi.

- Ce n'est pas si grave, tu sais.

- Tu. Racontes. N'importe. Quoi.

- Draco... soupira la jeune femme.

Il frissonna et s'humidifia les lèvres.

- Ce n'est pas grave d'être amoureux, tu sais.

- QUOI ?! Non, tu es folle, Lovegood ! Je ne suis pas... pas amoureux, et puis quoi encore ?!

Elle fredonna un instant en dodelinant de la tête.

- Non, c'est vrai. Tu n'es pas amoureux.

Elle soupira tendrement en levant le visage vers le ciel.

- Mais tu ressens quelque chose de fort pour Harry. Et ça, c'est bien. C'est sain, tu sais.

- Je ne ressens...

- Ne dis pas que tu ressens rien pour Harry. Ce n'est pas vrai, tu n'as jamais pu l'ignorer.

Il chercha quelque chose à dire, la bouche ouverte, mais termina par déglutir en fermant les yeux. Elle avait raison, c'était exactement ce qu'il venait de penser... Mais il ne pouvait pas !

- Tu n'es plus un Malfoy, tu n'es plus obligé d'être comme ton père, si froid et distant. Ton cœur est trop grand pour l'enfermer et t'empêcher de ressentir.

Il roula des yeux, n'importe quoi.

- Tu vas me faire croire que tu n'as jamais eu de coup de cœur pour personne ?

De très grande mauvaise foi, le Serpentard secoua vivement la tête, les sourcils froncés. Et puis quoi, encore ?

- Et John Rickers ?

- Mais comment tu sais pour savoir ça ?!

Rickers était un Serdaigle de leur année, celui avec qui il avait goûté les plaisirs de la chair pour la première fois deux ans plus tôt. C'était un garçon de bonne famille, une famille qui avait construit sa fortune et son nom sur la route de la soie. C'était une nouvelle grande famille, qui avait de bonnes valeurs... Enfin, de bonnes valeurs suivant le point de vue de Lucius bien entendu. Mais à l'époque, ça ne comptait pas trop pour Draco. Ils étaient sortis ensemble pendant cinq mois, et ça avait duré parce que Draco s'était dit que son père serait assez convaincu du pedigree du jeune homme. Il s'était tellement projeté avec lui qu'il avait presque réussi à trouver le courage pour demander à Lucius de défaire le contrat de mariage qui le liait à Parkinson... Mais il n'avait pas trouvé le courage, et leur relation s'était terminée peu de temps avant le sixième mois.

Et si son père avait toujours dit à Draco que les sentiments ne comptaient pas, qu'il n'avait pas à en avoir, Draco avait essayé de lui obéir mais...

Il déglutit et secoua la tête.

- Rickers, ce n'est pas pareil, je ne l'aimais pas.

À peine avait-il terminé sa phrase qu'il se sentit rougir, sachant que le choix de ses mots était.. Quelque peu bancale. A ses côtés, il entendit Luna rire.

- Lovegood... Grinça-t-il des dents.

La jeune femme lui donna un coup d'épaule en souriant doucement, le regard pétillant.

- Ne le prend pas mal, Draco. Et moi, c'est Luna. Et Harry... Eh bien, c'est...

- Chut, grimaça le Serpentard.

Elle soupira et roula des yeux. Puis elle posa sa main sur son omoplate et le caressa doucement.

- Harry est quelqu'un de gentil, d'intelligent, joueur et tête brûlée. Et puis, il est très beau. C'est difficile de ne pas l'aimer quand on est dans son sillage, tu sais, expliqua-t-elle doucement.

Il grimaça un peu plus fort, la fusillant du regard.

- Je ne suis pas-

- Tu as une toquade pour Harry, arrêtes de le nier, déclara enfin la jeune femme d'une voix sûre et claire, très loin de l'air éthéré qu'elle avait toujours. Tu verras, ça te fera du bien. Tu seras plus en paix avec toi-même après ça.

Draco la fixa en plissant des yeux.

- Je n'ai pas...

Elle pencha la tête sur le côté en haussant un sourcil. Draco observa cette jeune Serdaigle qui était une véritable énigme. Elle qui était si douce, si gentille et si déphasée par rapport au monde qui l'entourait, ou peut-être un peu plus en harmonie avec ce qui l'entourait justement. Il déglutit en la voyant si sûre d'elle, si franche soudainement, si forte. Il détourna le regard, un peu intimidé - ce qui n'arrivait jamais. Mais eh, il avait une excuse, il était un peu bouleversé aujourd'hui.

- Draco ?

- Je tiens à Harry, déclara-t-il soudainement.

- Enfin ! Soupira Luna avec un sourire.

Elle se pencha vers lui pour poser sa tête sur son épaule, soupirant tendrement en observant le paysage face à elle.

- Tu ne te sens pas mieux comme ça ? S'enquit-elle d'une voix de nouveau légère.

Draco grimaça et secoua la tête mais ne dit rien.

- Harry va bien, ne t'en fait pas, sourit de nouveau la jeune Serdaigle.

Elle se blottit un peu plus contre lui en s'accrochant à son bras.

- L'infirmière a dit qu'il allait bien, que ce n'est qu'un malaise. Elle ne sait pas ce qui l'a provoqué par contre, mais il ne faut pas t'en faire, ce n'est qu'une question de magie. Tu sais comment il est, il ne fait jamais rien comme tout le monde, dit-elle en riant doucement. Le Directeur et le professeur Snape vont s'en occuper, il ne faut pas s'en faire. Il va bien.

Et comme ça, juste comme ça, Draco alla mieux.

.*.

Les abysses se diluèrent enfin et Harry commença à se réveiller. Son corps lui envoyait beaucoup trop de messages négatifs mais heureusement, il n'avait plus mal à la tête. Enfin. Les derniers événements lui revinrent à moitié en souvenirs et à moitié en rêves. Il se revoyait au repas avec Hermione et Draco, il sentait encore la brûlure du mal de tête, comme si son cerveau s'était mis à bouillir soudainement. Et puis ces voix, toutes ces voix qui s'étaient entrechoquées sous son crâne...

Avec un gémissement, le Gryffondor plissa des yeux alors que son corps lui revenait et qu'il sortait totalement du sommeil. Doucement, il leva une main pour la passer sur son visage, se frottant ses paupières douloureuses pour ouvrir doucement les yeux. Même sans ses lunettes, il reconnaissait parfaitement l'infirmerie de Poudlard. Avec un soupir, il se frotta un peu plus le visage. Que c'était étonnant.

- Harry ?

Le jeune homme sursauta et rouvrit les yeux, n'ayant pas réalisé qu'il somnolait de nouveau.

- Severus ? Marmonna-t-il d'une petite voix en plissant des yeux pour essayer de distinguer quelque chose.

On lui mit ses lunettes sur le nez et en effet, c'était bien le professeur des potions qui étaient à ses côtés.

- Comment te sens-tu ? S'enquit ce dernier d'une voix et avec un visage neutre.

Mais Harry percevait l'inquiétude et il haussa les épaules.

- Un peu... Patraque. Fatigué.

- Tu te souviens de ce qui s'est passé ?

Le jeune homme réfléchit un instant.

- On était a table, avec Hermione, Draco et les autres... Et j'avais mal à la tête depuis le matin, ça a empiré d'un seul, pleins de bruits assourdissants et... Plus rien.

Il fronça les sourcils.

- Je... Je ne me suis pas mis à saigner ?

Severus hocha la tête.

- Et les deux autres fois où tu t'es réveillé ?

Harry observa son professeur, perdu.

- Je... Je ne me souviens pas m'être réveillé...

Le professeur des potions grimaça et se rapprocha pour vérifier la température sur le front du jeune homme.

- Tu t'es réveillé quand Madame Pomfresh t'examinait. Tu as eu une passe de délire sous la fièvre, mais c'était supportable. Seulement, tu t'es réveillée une deuxième fois, quand tes amis veillaient sur toi. À ce moment-là, tu t'es mis à hurler aux voix de se taire.

Harry écarquilla les yeux, la gorge serrée et le cœur battant.

- Je... j'ai dit quoi... ? Couina-t-il presque.

Severus eut un rapide sourire railleur avant qu'il ne se reprenne.

- Ce n'est pas grave Harry, c'est tout à fait normal.

- Tout à fait normal d'étendre les voix ?! Avec tout le respect que je vous dois, je ne crois pas non, grimaça le jeune homme.

Severus leva les yeux au ciel, clairement amusé cette fois.

- C'est vrai que ce n'est pas normal. Mais tu ne fais jamais rien comme tout le monde, il est presque normal que tu te retrouves avec une telle habilité.

Harry cligna des yeux.

- De quoi ? Lâcha-t-il avec toute l'éloquence dont il était capable.

Severus hocha la tête.

- D'après les examens que Poppy t'a faits, tu as réussi à recréer ton réseau, je me trompe ?

Harry secoua doucement la tête.

- Hier soir. Vous m'aviez dit que ce serait progressif, mais j'ai plus eut l'impression que ça c'était comme... Débloqué. Ou plutôt, bloqué dans la position qu'il fallait. En quoi est-ce lié à mon malaise ? S'enquit le jeune homme.

Le professeur observa son élève avec une certaine fierté brillant dans son regard.

- Ton nœud s'est donc repositionné, et il se trouve dans ta tête.

Harry cligna des yeux puis fronça les sourcils, un peu mal à l'aise.

- Ne me dites pas que je vais devenir un grand diseur de prophétie, par pitié, grinça-t-il des dents.

Le jeune homme regarda son aîné rire doucement en secouant la tête, lui arrachant lui même un sourire.

- Non. Il y a différents nœuds qui peuvent être localisés au niveau de la tête. En effet Sybbile Trelawney en possède un au milieu des yeux. Mais le tien...

Il dodelina de la tête.

- Seul un sorcier peut avoir une vue parfaite et nette de son réseau, mais le peu que nous avons pu en voir, c'est un nœud très inhabituel, très rare.

- Pourquoi ce n'est pas étonnant...

- À quoi t'attendais-tu ? Demanda très sérieusement Severus en haussant un sourcil.

Harry avait presque envie de lui tirer la langue. Mais il ne le fit pas, attendant plutôt la suite.

- Ton nœud a la forme d'un poing qui croit et qui décroît au niveau de tes oreilles. Et tu as deux importants croisements qui se trouvent juste à tes oreilles.

Par réflexe, le jeune homme se frotta ces dernières en fronçant les sourcils, un peu mal à l'aise. Severus sourit.

- Tu as beaucoup de croisements qui t'offres des habilités héritées, mais cette même configuration est un hasard pur qui est très rare dans le monde sorcier, tu es un legimens naturel, déclara-t-il enfin.

Harry ouvrit la bouche, pas très sûr de ce que cela sous-entendait. Severus sembla le comprendre puisqu'il fit un sourire railleur.

- Cela veut dire que tu n'as pas besoin de forcer avec un sort pour entrer dans la tête des autres.

Harry cligna bêtement des paupières avant d'écarquiller les yeux.

- De quoi ?!

- Pour être exacte, tu captes plutôt les pensées d'autrui sans le vouloir, et puisque tu n'as pas eu d'entraînement approprié, tu ne sais pas comment gérer ce flux d'information. C'est pour ça que tu t'es évanoui, toutes les voix que tu entendais devaient sans doute être les pensées de tous.

Plus que surpris, Harry réussit tout de même à réfléchir à ce qu'il avait vécu la veille et hocha lentement la tête. Ça avait du sens, oui... Mais tout de même.

- Je peux lire les pensées des gens... Commenta-t-il d'une petite voix.

Severus hocha la tête.

- Comme je viens de le dire, c'est une des choses que tu peux faire. Mais avec un peu d'entraînement. Il...

Severus soupira.

- Je suis désolé pour les cours d'occlumencie de cinquième année, grinça-t-il des dents. Même si nous nous étions pris d'une autre manière, que tu y avais mis tout ton cœur de Gryffondor, tu n'aurais pas pu réussir à construire des barrières correctes.

Harry fronça les sourcils.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est dans ta nature d'être ouvert à l'esprit des autres pour les capter, voire les calmer. Les sorts de legimencie et d'occlumencie sont les résultats d'années de recherches acharnées pour soulager la douleur des legimens naturels. Il n'y a qu'une poignée de legimens naturels par génération dans le monde entier, et ont réalisé leur potentiel souvent très tôt, parce qu'ils entendent et ont toujours entendu les pensées de tout le monde. Normalement, dès ses cinq ans, un legimens naturel rencontre un maître en magie de l'esprit et c'est ce dernier qui construit des barrières pour empêcher l'enfant de devenir fou sous toutes ses voix. Bien sûr, les barrières deviennent fortes avec le temps, de telle sorte que très vite, l'enfant n'entende plus que ses propres pensées, mais une pensée ou un sentiment trop fort et il le sentira.

Le professeur réfléchit un instant en se frottant le menton.

- C'est ce qui aurait dû t'arriver. Malheureusement, sans avoir de réseau ni de noeud, ton habilité s'est fait discrète, et je pense que le soir où tu as détruit le Lord la première fois, ta magie s'est focalisée sur lui et c'est pour ça que tu captes ses pensées, ses rêves, et qu'il est facile pour lui de t'envoyer des visions.

Le jeune homme inspira doucement puis hocha la tête.

- Alors... Qu'est ce qu'il va m'arriver ? Soupira-t-il, fatigué.

Ne pouvait-il pas être comme tout le monde ? En bien non, il fallait qu'il soit une curiosité de plus.

- Je vais entrer dans ton esprit et te construire la base de tes protections. Comme tu n'as pas eu le temps de le faire inconsciemment étant enfant, il faudra que tu entres en transe tous les soirs pour les renforcer toi-même. Pour le moment, tu entendras les pensées fortes de ceux qui n'ont pas de protections basiques. Par exemple, tu pourras entendre le cri de joie refoulé de miss Granger si cette dernière a une bonne note à un de ses examens, mais tu ne pourras rien entendre de très intéressant venant de Draco, voire rien du tout. Il a des protections depuis des années.

Harry hocha la tête en fronçant les sourcils.

- Mais maintenant ? Je veux dire, ne devrais-je pas déjà entendre quelque chose ?

Severus sourit, visiblement content qu'il se pose la question.

- Mes barrières sont sûrement les plus puissantes du pays, il le faut bien après tout. Mais crois-le ou non, je suis en train de me concentrer pour qu'elles ne vacillent pas, tu es assez puissant pour passer outre sans que je le réalise et sans que ça ne se soit ressenti comme une attaque. Le directeur s'est occupé de créer un sort de silence très puissant autour de l'infirmerie, sinon tu capterais sans mal toutes les pensées du château tout entier.

Harry grimaça, puis soupira et se frotta le visage.

- Et après ?

Severus haussa les épaules.

- Tu auras une vie tout à fait normale quand tu auras de fortes barrières, tu ne capteras plus les pensées volatiles de chacun. Seulement, si tu le désires, tu n'auras pas besoin de sorts pour pénétrer l'esprit de quelqu'un, il te faudra seulement un peu de concentration et ta faculté te fera passer outre les plus puissantes protections de l'esprit sans que le concerné ne le ressente.

Severus croisa les bras sur son torse.

- Je sais que tu ne veux pas l'entendre, mais cela pourrait être un avantage indéniable dans cette guerre, expliqua-t-il doucement.

Harry fixa un point sans véritablement le voir mais acquiesça tout de même.

- Je me doute bien... Est-ce que vous pouvez construire des barrières maintenant ?

Severus hocha la tête.

- Il faudra que tu restes tout de même quelques jours à l'infirmière. Il va falloir que tu renforces tes protections très vite, ou tu vas te sentir mal sans toutefois t'évanouir.

Le jeune homme observa son professeur et hocha vivement la tête.

- Très bien, faisons-le.

Severus esquissa un sourire et se positionna pour entrer en transe partagée avec le Gryffondor. Ce dernier soupira et laissa son professeur pénétrer dans son esprit pour vivre une nouvelle transe partagée.

Ce qu'il ne donnerait pas pour être normal...


RÉPONSES AUX REVIEWS :

Shinji inu : héhéhé, tu verras bien :P

loufoca59 : Désolé, j'avais quelques soucis avec mon internet : ) J'espère tout de même que cela t'a plus.


Voilà ! Désolé pour le retard, j'ai été prit de cours. Je ne sais pas comment je vais réussir à répondre à toutes les reviews en retard, mais promit je le ferais.

Ce sera le seul chapitre que je posterais pour cette semaine, désolé. J'espère tout de même que cela vous a plus.

Bref. Je vous embrasse ! xoxo, 'Win.

P.S : Vous pouvez toujours suivre mes délires et l'avancée des histoires sur ma page FB « La plume d'Eowin », ainsi que sur twitter « Eowinmp » - et puis mon mail : plume ( pouiiiint) eowin (arobaazeuuuh~) gmail ( pouiiiint) coum :D