Chapitre 2 : Le commencement
Un gémissement franchit mes lèvres, une seconde après, sa main claque sur ma fesse. C'est encore plus excitant. J'ai les deux mains contre la porte, je ne porte plus que mes chaussures, alors qu'Harry, encore tout habillé, me prend sauvagement. Comment ne pas gémir ?
- J'ai dit, pas un seul gémissement, Monsieur Snape. Fit froidement Harry dans une parfaite imitation de moi-même.
- Je suis désolé, Monsieur. Répondis-je en réussissant à contrôler ma voix.
Pour une fois, c'est lui qui arrive à se contrôler, je ne sais pas comment il fait. Il m'a fallu tellement de temps pour oser ne serait-ce que soupirer de plaisir avec Harry, que maintenant, il me faut tout mon contrôle pour retenir mon plaisir. Ses mains enserrent mes hanches de plus en plus fortement, accélérant la cadence, signe qu'il est proche du point de rupture, tout comme moi.
- S'il te plaît... Dis-je le souffle court juste avant qu'une nouvelle fessée s'abatte sur moi. S'il vous plaît… Monsieur. Dis-je difficilement.
- Qu'y a-t-il ? Me fit Harry, le souffle court lui aussi.
- Un sort... Les élèves... Essayais-je de dire sans y arriver.
Je peux entendre le bruit des pas de la prochaine classe arriver. Le fait que je sois un professeur qui ne supporte aucun retard n'aide pas, pour une fois je n'ai aucune envie de sourire à l'idée de les terrorisés assez pour qu'ils soient plus qu'en avance. Une autre main s'abat encore sur mon postérieur, ce n'est pas violent ni même douloureux. Je trouve ça totalement excitant, je sens les vibrations au plus profond de moi. J'aurai presque envie d'enfreindre les règles pour en recevoir encore.
- Puisque vous n'êtes vraiment pas un bon élève... Professeur... Fit Harry en ralentissant le rythme pour pouvoir me parler. Il n'y aura aucun sort d'insonorisation. Il serait dommage que vos élèves vous entendent, n'est-ce pas ? Répondit-il moqueur.
- Oui, Monsieur. Je suis désolé de vous avoir désobéi, Monsieur. Dis-je en essayant de retrouver une respiration calme, en vain.
Harry me plaque contre la porte, je suis certain que mes élèves ont entendu la porte trembler car soudainement plus personne ne parle. Je me mords la lèvre pour ne pas gémir quand il reprend un rythme soutenu.
- Vous voyez comme c'est dur, Monsieur Snape ? Me murmura perfidement Harry au creux de l'oreille. Ne pas gémir de plaisir, ne pas faire de bruit, me vouvoyer. Et pire que tout... Ne pas pouvoir demander plus, bien plus...
J'étais tremblant, je ne pouvais rien répondre, rien faire. J'assimilais les paroles d'Harry tout en faisant mon possible pour ne pas gémir. Mes élèves étaient là, juste derrière la porte, à quelques centimètres seulement. Je priais Merlin pour qu'aucun n'ait l'idée saugrenue d'écouter à travers la porte.
Harry me mordit l'épaule en poussant un grognement guttural, sûrement pour retenir un gémissement de plaisir. Je mis mon bras devant ma bouche et me mordis aussi pour ne pas faire de bruit, Merlin ce que c'est trop bon pour rester impassible. Quand je pense que j'arrive à rester impassible ou presque sous la douleur du Seigneur des Ténèbres mais pas sous les coups de butoirs de mon amant. Lamentable. Un coup de reins plus sec et violent sur ma prostate me fit voir les étoiles alors que j'éjacule contre la porte en me mordant un peu plus fortement le bras.
Harry lance un rapide Tempus et mon cœur s'accélère plus si c'est possible, je n'ai jamais été en retard à un seul cours et la sonnerie va retentir dans à peine une petite minute. Ce n'est pas aujourd'hui que je vais avoir mon premier retard, j'ai une réputation à tenir ! Harry sort de moi et j'enfile rapidement ma robe de sorcier, faisant attention à ce que personne ne puisse voir que je ne porte rien en dessous. Je réduis rapidement le reste de mes affaires pour les mettre dans ma robe alors qu'Harry se cache sous sa cape d'invisibilité non sans avoir oublié de lancer un sort de nettoyage sur la porte et le sol souillé.
La sonnerie retentit quelques secondes plus tard et j'ouvre la porte qui manque de sauter de ses gonds quand elle claque contre le mur.
- Entrez ! Dis-je dans un murmure menaçant. Et plus vite que ça !
Les sixièmes années prirent place en quatrième vitesse. J'étais pile à l'heure, comme d'habitude. Je laisse la porte ouverte un peu plus longtemps alors que le dernier élève entre, un léger effleurement sur la main m'informe qu'Harry sort. Lui sera en retard par contre. Je pourrais en sourire de satisfaction si je n'étais pas aussi mal à l'aise. Le frottement de ma peau contre le tissu est étrange et me rappelle sans cesse que je suis nu. Moi, Severus Snape ne porte rien sous ma robe. Et en plus de cela, je viens de me faire littéralement baiser contre la porte de ma salle de classe par un de mes étudiants dont le sperme coule légèrement de mon anus encore tremblant par le plaisir que j'ai pris.
- Devoir sur table, sortez du parchemin ! Dis-je d'un ton menaçant, l'ordre claqua comme un coup de fouet dans mes cachots. Décrivez-moi en détail la préparation d'une potion de guérison des brûlures de stade trois. Et pourquoi l'ingrédient principal doit y être incorporé qu'à la toute dernière minute.
Les élèves n'attendirent pas une minute avant de sortir leurs affaires, aucune protestation, aucun bruit de mécontentement. Que c'est bon parfois de faire peur ! Je retourne à mon bureau et m'assieds avec grâce, non sans jeter un regard glacial à quiconque n'a pas la tête penchée sur un devoir bien trop difficile pour eux. Je fais semblant corriger des copies en prenant un tas de feuilles sur mon bureau.
Après une bonne demi-heure, il n'y a toujours aucun bruit qui vient troubler le silence, outre celui des plumes sur le parchemin. Merlin merci, les Serdaigles et Poufsouffles ne rêvassent pas pendant leurs devoirs et en savent un minimum, contrairement aux Gryffondors et je dois l'avouer, une partie des Serpentards. Je me lève donc comme si de rien n'était, et pars dans ma réserve, je jette un coup d'œil discret en poussant la porte, et remarque qu'aucun regard ne s'est levé vers moi.
Sans perdre une minute de plus, je sors mes vêtements pour les ragrandir puis ouvre ma robe d'un sort et enfile mon boxer et mon pantalon. Je recouvre mon torse nu en écoutant la pièce d'à côté où il n'y a toujours que le bruit des inepties sans noms que mes élèves doivent inscrire à l'instant même sur le papier. Je retire donc ma robe de sorcier d'un mouvement sec et enfile mon t-shirt, puis je finis par remettre ma robe en la boutonnant d'un nouveau sort. Je replace mes cheveux en essayant de calmer les battements de mon cœur et ressors de ma réserve en observant de mon regard noir les élèves qui n'ont même pas osé relever la tête.
Je retiens un sourire alors que je me rassois à mon bureau, Harry a vraiment eu une bonne idée. Tout est tellement difficile en ce moment, cacher ma véritable allégeance est une chose, mais cacher mon histoire avec Harry à Voldemort autant qu'à Dumbledore en est une autre. Pourtant, je ne pourrai jamais regretter ce que je vis avec Harry, c'est ma lumière dans cette obscurité…
HPSS HPSS
Harry arrive discrètement dans mon salon, celui qui m'aurait dit qu'un Gryffondor pouvait faire dans le furtif se serait retrouvé la tête en bas pour lui remettre les idées en place. Mais Harry avait bien appris, bien plus vite que je ne l'aurai pensé. Mais cacher notre relation nous rappelle sans cesse la fameuse phrase de Fol'œil : « Vigilance constante ! », et Harry et moi sommes devenus des experts pour cela. J'avais déjà l'impression d'être constamment sur mes gardes avant cela, mais je sais que je le suis encore plus, nous ne sommes vraiment tranquilles qu'entre les murs de ma chambre.
- Tu as passé une bonne journée ? Demandai-je en essayant de rester concentré sur le peu de copies qu'il me restait à corriger, faisant fi des lèvres dans mon cou.
- Hormis le fait qu'Hermione me surveille encore plus qu'avant, que McGonagall s'est mise à en faire de même en voulant me faire parler à la fin du cours et que je devais faire semblant d'être terrorisé par mon affreux professeur de potion… Tout s'est bien passé, et toi ? Me demanda-t-il en posant sagement sa tête sur mon épaule pour m'écouter.
- Parfaitement bien. Surtout ce moment où j'ai dû prendre sauvagement mon amant contre la porte de ma propre classe… Une petite vengeance personnelle que j'ai, contre toute attente, adorée ! Dis-je d'un ton narquois.
- Tu aurais pu me laisser me mordre la main pour m'empêcher de gémir au lieu de me les emprisonner dans le dos ! Fit-il, scandalisé.
- Tu sais que ça n'aurait pas paru crédible… Dis-je un peu moins coupable que je n'aurai pu l'être.
Aujourd'hui avait été la première fois où nous avions fait de nouveau la scène du « viol » pour que le Seigneur des Ténèbres me pense toujours de son côté. Si Harry ne m'avait pas convaincu de monter toute cette supercherie, cette « illusion » comme il l'appelle, je serais certainement mort dans d'atroces souffrances à l'heure qu'il est. Et s'il n'avait pas eu cette fantastique idée de me faire subir ce que je lui fais, alors notre couple exploserait à cause de ma culpabilité.
- Tu te sens moins coupable ? Me demanda timidement Harry.
- Oui. Avouai-je dans un souffle. Je sais que mes potions antidouleurs et de dilatations sont parfaitement efficaces maintenant que je les ai moi-même testées dans le même contexte…
- Crois-moi Sev, si j'avais mal je te le dirais. Fit-il avec tant de conviction que je ne pouvais en douter.
Je laisse tomber mes dernières copies auxquelles je n'ai même pas prêté un semblant d'attention depuis l'arrivée d'Harry. Je prends sa main et le conduis jusqu'au canapé devant la cheminée, notre endroit préféré pour nous embrasser tendrement tout en oubliant peu à peu les soucis en dehors de mes appartements.
Très rapidement, les caresses se font plus profondes et plus tendres. Cela me rappelle la première fois où nous avons fait l'amour à Poudlard, où nous avons fait l'amour tout court d'ailleurs. Ce n'est pas qu'avant nous manquions de douceur, bien que je n'en avais pas beaucoup fait preuve au début malgré le fait que j'avais toujours pris soin de ne pas lui faire de mal, mais avant Poudlard, nous baisions pour évacuer la tension entre nous.
Dumbledore avait eu la fantastique idée de nous enfermer ensemble dans l'ancienne demeure de Black, il voulait nous forcer à travailler mais nous ne nous comprenions toujours pas à ce moment. Mon regard sur Harry avait peu à peu changé depuis l'épisode du Ministère, mais je n'avais pas voulu me l'avouer, c'était beaucoup plus simple de le haïr. Mais quand Harry a débarqué à ses 17ans, encore plus maigre que l'année d'avant et plus pâle que la mort, j'avais compris que notre guerre devait cesser, pour notre bien et celui des autres. Mais il n'est pas simple de mettre de côté autant d'années d'animosités partagées.
C'est après quatre longs jours qu'Harry s'évanouit d'épuisement dans mes bras. Ces quatre jours avaient étés peuplés d'insultes et de pique mesquines, mais surtout d'un entraînement intensif à l'Occlumencie. Pendant quatre jours, j'ai pu voir une partie de la vie d'Harry Potter, en totale contradiction avec ce que j'avais voulu voir de lui, et à chaque intrusion dans son esprit, la douleur qu'il ressentait n'en était que plus forte. Involontairement, je le punissais de changer mon regard sur lui, je me vengeais sur lui parce que mon corps réagissait de plus en plus face à lui et que mes sentiments prenaient une tournure que je ne souhaitais pas.
Je l'avais rattrapé de justesse alors qu'il glissait de sa chaise pour tomber dans l'inconscience après un dernier «Legilimens», c'est à cet instant que j'avais compris que je ne l'aidais pas, absolument pas. À son réveil, je m'étais excusé, une grande première pour lui comme pour moi et nous avions repris. Deux jours plus tard, quand Dumbledore était venu voir si nous ne nous étions pas encore entretués, Harry avait fait de véritables progrès en Occlumencie.
Mais les habitudes ont la vie dure, je ne pouvais m'empêcher une remarque ou deux et la tension augmentait entre nous. J'étais pourtant fier de lui, et c'est justement cette fierté que je ne voulais pas ressentir qui me poussait à être blessant envers lui. Et la pique de trop arriva trois jours après la première visite de Dumbledore.
Flash-Back
Mes yeux commençaient à me piquer, cela faisait plus de trois heures que je lisais un livre très intéressant de la bibliothèque de Black, c'était mon rituel du soir. À ma grande surprise, Harry lisait aussi énormément, mais lui était remonté à l'étage depuis plus d'un quart d'heure. Lire à la bougie n'est pas des plus reposants, j'avais donc fermé mon livre après avoir marqué la page, et avais éteint les bougies pour monter me coucher. Ce à quoi je ne m'attendais pas était de voir Harry Potter, une serviette de bain nouée autour de la taille et les cheveux encore mouillés, sortir de la salle de bain. Ni une, ni deux, mon corps réagit à cette vue des plus splendides et ma bouche s'ouvrit pour cacher la gêne que je ressentais mais qui de toute manière ne pouvait se voir.
- Ce n'est pas parce que vous vous pensez tellement beau qu'il faut vous pavaner dans le couloir à moitié nu ! Dis-je venimeux.
Harry m'avait regardé un moment sans comprendre, puis s'était approché de moi les yeux flamboyants de colère. Je n'avais pas bougé d'un pouce, pourtant mon cœur s'était mis à battre douloureusement dans ma poitrine et mon sexe me rappelait à lui. Je m'attendais vraiment à tout, sauf à ce qui arriva après. Harry colla sa main contre mon entrejambe pour sentir mon érection et la caressa doucement alors qu'il se mit à sourire fier de lui.
- Peut-être que le problème ne vient pas de moi… Professeur ! Cracha-t-il, avec toujours ce sourire narquois. Peut-être que le problème est que je vous fais beaucoup trop d'effet, n'est-ce pas ? Demanda-t-il avec un sourire vainqueur. Et dire qu'on pense que vous ne connaissez pas les plaisirs de la chair, peut-être que contrairement à ce qu'on pense vous êtes soumis Professeur ? Demanda-t-il moqueur.
- Je ne vous permets pas ! Dis-je en le plaquant contre le mur de colère, et en lui tenant les mains au-dessus de la tête.
Tout avait été si vite qu'il m'avait regardé presque surpris de se retrouver ainsi, je m'étais collé un peu plus à lui, voulant l'écraser, mais c'était à mon tour d'être surpris. Je sentais contre ma cuisse, celle qui était entre les jambes de Potter, qu'il bandait, et pas qu'un peu.
- C'est de m'avoir touché qui vous excite autant ? Demandai-je en le caressant à son tour. Vous êtes en manque pour me provoquer ainsi ? Dis-je sans attendre de réponse tout en dénouant la serviette de ma main libre pour laisser apparaître une magnifique érection que je m'empresse de prendre en main. Vous aimez ça, Potter… Dis-je moqueusement en le voyant se mordre la lèvre pour s'empêcher de gémir. N'escomptez pas me dominer, Potter. Cela n'arrivera jamais.
Fin du Flash-Back
Si je n'avais pas pensé qu'il était beaucoup trop beau pour être vierge, peut-être lui aurai-je demandé. Peut-être m'aurait-il répondu et, soit j'aurai été plus doux, soit j'aurai arrêté. Mais je n'ai jamais demandé, et il ne m'a jamais rien dit ni demandé d'arrêter. Mais si ce jour-là j'avais su qu'il était vierge, que j'allais être son premier, alors je l'aurais préparé avec plus de patience et de prévenance. Je nous aurais installés sur son lit qui se trouvait juste derrière la porte contre laquelle je l'ai littéralement baisé alors qu'il perdait sa virginité. Je ne l'aurai sûrement pas pris quatre fois de suite, toutes dans des positions faites pour affirmer ma domination sur lui.
Si j'avais su que c'était la première fois qu'il disait ces mots, j'aurais savouré ses demandes d'y aller plus vite et plus fort. J'aurais éprouvé encore plus de plaisir à l'entendre gémir sous mes coups de reins. Bien que par la suite Harry m'ait affirmé avoir pris beaucoup de plaisir et ne pas regretter une seule seconde cette première fois, je ne peux toujours pas m'empêcher de me sentir coupable. Ce n'est pas ainsi que je m'imaginais prendre la virginité de quelqu'un si cela devait arriver un jour, tout simplement parce que je n'aurais pas voulu que cela se passe ainsi pour moi. Et pourtant c'est ce que j'avais fait, je l'avais baisé sans une once de tendresse, et ce pendant les trois semaines qui nous séparaient de la rentrée. Harry ne s'en était jamais plaint, il était même plus qu'enthousiaste pendant nos parties de jambe en l'air. J'ai appris il y a peu que c'est tout simplement parce qu'il ne pensait pas avoir le droit à mieux, il prenait beaucoup de plaisir et avait donc laissé tomber la tendresse parce qu'il ne pensait pas la mériter. Depuis cette révélation, je m'efforce de lui faire comprendre le contraire.
- Tu penses à quoi ? Me demanda Harry en me sortant de mes pensées.
- À notre première fois… Dis-je dans un souffle encore plein de remords. La toute première fois.
- Dis-moi, Severus… Commença-t-il à dire après un long silence. Si je t'avais dit que j'étais vierge… Tu aurais continué ?
Je le regarde surpris de sa question, elle m'était vaguement venue en tête mais je ne me l'étais jamais réellement posé. Pourtant, la réponse est évidente.
- Non. Répondis-je simplement. Tu ne me l'aurais pas dit ?
- Aucune idée. Avoua-t-il à son tour. Mais nous avons tous les deux fait ce que nous voulions, même si nous refusions de nous l'avouer à l'époque. Nous en avions envie. Fit-il clairement pour me le faire comprendre encore une fois. Je ne regrette rien, Severus. Tu m'entends ? Rien ! Affirme-t-il une fois de plus. Sev, si ce n'était pas arrivé, on ne serait pas là. Et quoiqu'il soit arrivé, quoi qu'il arrive par la suite. Ce qu'on vit est trop beau, on a mis du temps pour en arriver là, mais c'était nécessaire. Avec notre passé, on ne serait jamais arrivé à se comprendre. On n'est pas un couple classique, on ne pouvait pas commencer normalement. Dit-il avec un sourire tendre. J'avoue adorer quand on fait l'amour, mais j'adore tout autant quand on baise sauvagement… Fit-il les yeux pétillants de désir. Et j'avoue avoir adoré te voir perdre ton flegme légendaire quand je t'ai dit que tu étais le premier.
- Je me sens encore déboussolé rien qu'en y repensant. Grognai-je mécontent qu'il me le rappelle, bien que j'imagine que je devais être beau à voir. Tu devrais avoir pitié de moi. Dis-je d'un ton qui se voulait désespéré et innocent.
- Oh oui… Fit-il, moqueur. Un pauvre homme qui a appris après trois longues semaines à laisser sa marque sur un jeune homme, pour qu'il en oublie ses amants d'avant, que tout cela était inutile car ledit jeune homme était encore un terrain vierge. Murmura perfidement Harry en passant sa main sur mon érection qui ne tarda pas à grossir sous ses caresses. Tu as voulu me montrer par tous les moyens que tu me dominais pour que je ne t'oublie pas, mais je ne t'oublierai jamais, Severus. Jamais.
- Imagines-tu la déception que j'ai ressentie quand j'ai compris que mon plan n'avait servi à rien. Dis-je faussement grognon avant de fermer les yeux d'anticipations quand je sentis la main d'Harry ouvrir ma braguette pour y glisser sa main.
- Pourrai-je me faire pardonner un jour ? Demanda-t-il innocemment alors que je sentais son corps quitter le canapé.
Un gémissement manque de peu de s'échapper de ma bouche quand j'ouvre de nouveau les yeux. Harry est à genou devant moi, me masturbant délicatement d'une main pendant qu'il se lèche les lèvres.
- Il faudra être très convaincant… Dis-je calmement.
- Oh, mais, je saurai l'être… Fit-il en faisant disparaître mon pantalon et mon boxer, laissant apparaître mon érection.
- Je voudrais bien vous croire sur parole, Monsieur Potter. Mais, comme d'habitude…
Je ne pus finir ma phrase, la bouche d'Harry étant sûrement munie d'un puissant sort de mutisme.
- Vous êtes sur la bonne voie. Dis-je dans un souffle presque inaudible que j'espérais tout de même assurer. Mais n'oubliez pas que l'affront que vous m'avez fait m'hérite bien plus…
Si nous avions été équitables, ce serait plutôt à moi de faire cette fellation, nous le savons tous les deux. Malgré ça, je savoure cet instant en posant mes mains sur la tête d'Harry pour lui intimer un rythme plus soutenu sans le forcer. Un sourire vient éclairer mon visage, je me moquerai bien de moi-même pour ce fameux jour où j'ai compris qu'Harry Potter était bien plus qu'une simple histoire de cul. Je m'en veux, mais je crois bien que dans notre histoire, c'est lui qui remporte la palme d'or du Serpentard.
Flash-Back
Nos affaires étaient prêtes depuis bien longtemps, nous attendions Dumbledore pour qu'il nous donne officiellement le droit de sortir d'ici et de rejoindre Poudlard. J'avais bien évidemment eu l'autorisation de sortir pour aller aux réunions de Mangemorts, mais c'est tout. Bien qu'après trois semaines à avoir un Gryffondor réchauffant mes draps, je n'avais plus vraiment envie de partir d'ici, même si c'était la maison lugubre de feu Black !
Après trois semaines à s'envoyer en l'air plusieurs fois par jour, j'étais d'une humeur massacrante, bien que je sache habilement le cacher. Harry qui était devenu aussi très bon en Occlumencie ne montrait aucun sentiment. Pourtant, les quatre mètres qui nous séparaient étaient la preuve flagrante que quoiqu'il se soit passé, rien n'avait changée entre nous.
- Continuez à travailler votre Occlumencie. Dis-je d'un ton sec après une heure de silence à attendre Dumbledore. Concentrez-vous sur votre entraînement et oubliez un peu vos hormones pour une fois. Dis-je en toute mauvaise foi, ses hormones ne m'avaient pas déplu pendant trois semaines… Je pense vous avoir marqué assez profondément pendant nos leçons, pour que vous n'oubliez pas ce que je vous ai… Appris. Dis-je dans une phrase pleine de sous-entendus.
- Ne vous en faites pas, Professeur. Me répond-il son masque d'Occlumencie bien en place. Je ne l'oublierai pas. Je ne laisserai aucune distraction me troubler. Ne vous en faites pas pour les hormones. Je n'ai pas de petit-ami et n'en ai jamais eu, je n'oublierai donc pas mes objectifs.
À cet instant, j'ai dû le regarder presque choquer. Était-il possible qu'Harry Potter ait couché avec quelqu'un sans sentiment ? Pendant quelques secondes, j'en fus même à l'espérer, sinon les questions n'étaient que plus nombreuses.
- Vous n'avez jamais eu de petit-ami ? Demandai-je en laissant transparaître un peu ma surprise. Une petite-amie ? Dis-je presque avec espoir.
- Non, ma main droite seulement. Fit-il avec un sourire moqueur. Vous étiez le premier. Fit-il toujours aussi calmement.
J'allais répliquer quand un bruit se fit entendre, Albus, bien évidemment. Harry partit sans demander son reste, me laissant ainsi, la tête remplie de questions sans réponses.
Fin du Flash-Back
Harry était devenu un véritable expert quand il s'agissait de me faire jouir le plus rapidement possible. Il s'avère qu'étrangement, l'arrière de mon testicule droit est particulièrement sensible, le tout couplé avec un Harry me regardant avec un petit sourire pervers et le résultat fut ma jouissance immédiate sur son beau visage.
- Oh, Merlin, je suis mort. C'est ça ? Demandai-je haletant.
Un petit rire me répondit alors que j'avais encore les yeux fermés et la tête en arrière, sous mes paupières flottaient encore l'image d'Harry recouvert de ma semence. Je rouvre les yeux quand je m'aperçois enfin qu'Harry s'est assis sur moi, le visage de nouveau propre. Je pose mes mains sur les cuisses nues qui sont de chaque côté de mon corps. Que j'aime cet homme.
- Je t'aime. Avouai-je dans un murmure.
Il me regarde presque surpris avant qu'un grand sourire s'affiche sur son visage. Il est plus qu'heureux d'entendre ce que je ne dis que trop rarement, je ne le mérite pas…
- Je t'aime aussi, mon amour. Murmura-t-il à mon oreille.
J'avais toujours pensé que c'était idiot d'être heureux d'entendre ces mots. Qu'il y avait plein de façon de le montrer, que ce n'était que de simple mot. Mais on ne peut pas savoir à quel point c'est important de le dire que quand on ressent le besoin de les entendre aussi. Il rayonne de joie à mes mots, et je dois avoir l'air tout aussi niais que lui. Il repose tout son poids sur moi et m'emporte dans une étreinte amoureuse que je savoure encore comme au premier jour…
Flash-Back
Le premier mois de l'année scolaire s'écoulait enfin, cela faisait un mois que je voyais Harry que pour les cours et le peu de fois où j'arrivais à le suivre dans les couloirs la nuit. À la reprise des cours, lui comme moi ne savions plus vraiment comment faire l'un avec l'autre, aucuns de nous deux n'avaient émis l'hypothèse que tout cela pourrait continuer. Sûrement pas de la façon dont on s'était quitté. Nous avons donc repris les mauvaises habitudes, insultes, sarcasmes et regards provocants.
Depuis un mois, je ne savais plus comment agir avec lui. Et c'est bien cela qui me troublait le plus, enfin, c'est ce que je me disais. Avant, je le haïssais, c'était simple, clair et concis ! Sauf qu'en trois semaines de cohabitation, en plus de la première à s'entretuer, j'avais appris à le connaître. Pendant six années, je l'ai écrasé, laminé, pour les fautes de son père, pour me rappeler mes fautes et mon amitié gâchée avec Lily. Je l'avais haï avant même de le voir, et je l'avais encore plus détesté quand je l'avais vu pour la première fois. À part le physique, il n'était en rien le sosie de son père, il n'était pas arrogant, il ne demandait pas sans cesse l'attention du monde et semblait même vouloir se fondre dans le paysage tout en voulant montrer qu'il était capable d'être utile.
Il n'était pas James, et j'étais en colère après lui de détruire l'image que j'avais de lui, de détruire cette haine que j'avais construite sur un enfant qui n'existait même pas tel que je me l'imaginais. Il n'était même pas le sosie de Lily, il n'en avait que les yeux magnifiquement verts, il avait encore plus de répartie qu'elle, bien que j'appris cela que pendant notre cohabitation forcée. J'avais découvert un garçon fougueux, passionné, attentif et intelligent, quand son amie Granger n'était pas là pour réfléchir à sa place. Il n'avait pas la réponse à toutes les questions, mais il savait ce qu'était la vie, parce qu'il avait déjà beaucoup perdu et que sa fin pourrait arriver à chaque instant. Il profitait de chaque moment, refusant de croire en un bonheur durable, car pour lui, il détruisait tout ce qu'il touchait.
Trois coups frappèrent à ma porte, pile à l'heure. Potter est venu pour sa cinquième retenue, il ne reste plus qu'une semaine à faire. Je n'avais pas résisté, je me haïssais de me l'avouer, mais son corps me manquait et je l'avais suivi plusieurs jours avant de réussir à trouver une prétexte pour le coller deux semaines entières. Les retenues étaient le seul moyen que j'avais trouvé pour l'avoir près de moi, je ne sais pas ce que j'espérais, peut-être qu'il me supplie de le baiser, là, sur mon bureau. Et que sans un mot je l'aurais pris, savourant une fois de plus l'étroitesse de son délicieux petit cul.
- Entrez ! Dis-je de ma voix habituelle, froide et sèche.
Il entre silencieusement, me défiant de son regard de braise. Enlève sa cape et se met au travail. J'avais une vue magnifique sur ses fesses, parfois, j'en venais même à penser qu'il le faisait exprès, qu'il se tournait pour que je les voie, qu'il se penchait parfois pour me le montrer. Et je m'imaginais le prendre à même le sol entouré par mes chaudrons encore sales. Et à d'autres instants, j'en venais même à essayer de trouver une réplique venimeuse et blessante pour rejouer la scène de Square Grimmaurd. Mais je ne disais pas un mot, et lui non plus. Je ne comprenais pas pourquoi ma bouche refusait obstinément de s'ouvrir, pour une fois. Je n'avais pas encore compris que je voulais bien plus que de la baise pour oublier des mots blessants.
Je m'attendais à tout, à tout, sauf être appelé par le Lord qui semblait être dans une colère noire, vu la douleur dans mon bras. Je me suis levé comme remontée sur ressorts, Harry s'était tourné vers moi, surpris. Il avait vite compris, je ne sais comment, trop occupé à monter mes boucliers d'Occlumencies à leurs puissances maximales, ce soir allait être une dure soirée, je le sentais déjà.
- Finissez votre travail et déguerpissez !
- Faites attention à vous ! Me répondit Harry d'une voix plus douce que ce qu'il m'accordait habituellement.
- Je sais ce que j'ai à faire, Potter ! Dis-je d'une voix dure, ému malgré moi par ses paroles. Merci.
J'avais murmuré ce dernier mot et n'étais même pas sûr qu'il l'ait entendu. Je ne m'en préoccupais même pas, la douleur s'intensifiait dans mon bras et c'était plus que mauvais signe. Je n'étais même pas sûr de revenir entier, ou même vivant…
C'est pourtant bien mon corps qui rentra près de quatre heures plus tard. Mon corps, car mon esprit était bien cloisonné pour oublier toute douleur et réussir à rentrer dans mes cachots. Le Lord n'avait pas été aussi énervé depuis longtemps. Il avait appris qu'Harry Potter avait réussi à décupler sa puissance, il y avait même de vagues rumeurs comme quoi il serait plus puissant que lui. Cela ne lui avait pas plu, vraiment pas. Pas la peine de trouver des excuses, dans ces cas-là, il ne faut que courber l'échine et encaisser. Je n'avais pas été le seul à souffrir ce soir, mais j'avais été le principal. Étant à Poudlard, proche de Dumbledore et proche de Potter, j'aurais forcément dû être au courant.
Alors que je traînais mon corps jusqu'à mes précieux cachots, une voix dans ma tête me dit que je savais à quoi m'attendre en ne divulguant pas la puissance cachée d'Harry Potter. Mais même si c'était la mort qui m'attendait, je n'avouerais jamais au Lord à quel point je pensais que la victoire de Potter n'était plus un vague espoir, mais bien quelque chose de concret. Après tout, quand il n'était pas en cours ou dans la grande salle il s'entraînait dur dans la Salle-sur-Demande. Il avait déjà commencé l'année dernière, mais il semblerait que cette année était une année d'intenses entraînements, la fin était proche, nous le savions tous. Il n'avait refusé aucune aide en matière de conseil, mais avait strictement refusé de s'entraîner en présence de quelqu'un. Je ne comprenais pas pourquoi, et je comprenais encore moins pourquoi Albus semblait d'accord avec lui, je compris que bien plus tard. Harry Potter voulait protéger tous ceux qui l'entouraient, moins les gens sauraient à quel point il est puissant, plus ils seraient en sécurité. Il avait voulu nous protéger, même moi. Après tout, si je ne savais pas à quel point il était puissant, je ne pourrais pas mentir.
C'était sans compter sur un crétin de Serpentard, une fois n'est pas coutume. Drago Malfoy avait été écrire à son père qu'Harry Potter semblait de plus en plus absent auprès de ses amis et qu'il disparaissait de nombreuses heures. Il avait aussi écrit qu'il semblait avoir plus de puissance, étant donné qu'il l'avait cherché dans un couloir et que celui-ci lui avait simplement lancé un sort en informulé avant de partir. Ce n'était pas vraiment des preuves, juste un adolescent ne supportant pas qu'on l'ignore ainsi, et si en plus cela pouvait aider à redorer un peu le blason de la famille Malfoy… Son père avait bien entendu tout rapporté à son cher Maître, espérant se racheter un peu, peut-être récupérer au moins sa baguette. Quand le Lord avait compris que je ne savais rien, que j'ignorai la puissance de son pire ennemi, il avait retourné sa colère contre Malfoy, il devait encore y être à l'heure actuelle.
Je descendis difficilement les dernières marches, avec une jambe lacérée, forcément… Je prends soin de regarder derrière moi pour voir si mon sort fonctionne toujours, mais c'est bon, le sang s'efface bien à mesure que j'avance. J'aurais dû aller voir Pomfresh, je le sais, mais je n'en ai pas envie. Cette nuit encore moins que toutes les autres. Quand le Seigneur des Ténèbres avait parlé d'affaiblir Harry, j'en avais frémi d'horreur. Il avait ordonné qu'on s'en prenne à Lupin ou la famille Weasley. Je tiendrai bien évidemment Dumbledore au courant pour qu'il leur dise d'être sur leur garde. Mais le Lord n'en avait pas fini, il n'avait rien dit, mais ce simple plan n'avait pas assouvi sa colère. Il y aura autre chose pour détruire le Survivant, autre chose d'encore plus terrible, et je sentais déjà que j'allais devoir faire partie de cette mission. Je ne savais pas ce qu'elle était, mais je me détestais déjà.
Alors que je donnais le mot de passe, d'une voix rauque d'avoir laissé de rare cri de douleur m'échapper, Harry Potter apparut sur ma droite et se retrouva avec ma baguette sous le menton. Il ne semblait même pas surpris, n'avait esquissé aucun geste de peur ou de défense.
- Qu'est-ce que vous faites là, Potter ? Demandai-je froidement, mais la voix en triste état.
- Je vous surveillais pour voir si vous alliez bien. Me répondit-il calmement.
- Je sais ce que j'ai à faire ! Crachai-je hargneusement à son visage.
- Ça, vous l'avez déjà dit, Professeur. Fit-il avec arrogance. Entrez et taisez-vous que je m'occupe de vous ! Reprit-il d'une voix autoritaire que je ne lui connaissais pas.
- Je n'ai aucunement besoin que vous…
- Oui, oui, c'est ça… Fit-il en me poussant dans mes appartements.
Je n'opposais pas grande résistance dans mon état, et je ne me voyais pas lui lancer un sort. Et Merlin sait que j'avais vraiment besoin d'aide, bien que je ne l'avouerais pas à cet instant, encore moins à lui. Mon esprit se brouilla, mes boucliers d'Occlumencies s'affaiblissaient de minute en minute. Je ne sais pas si j'eus le temps de m'assoir sur mon canapé ou bien si je m'écroulai dessus que je fus déjà englouti par le néant. Une inconscience bienfaitrice où la douleur n'existait plus.
HPSS HPSS
J'ouvre un œil et essaie d'attraper ma baguette, mais elle n'est pas sous mon oreiller comme d'habitude.
- Votre baguette est sur la table de nuit. Murmura une voix assez éloignée de moi.
Je me repère rapidement dans la chambre et attrape rapidement ma baguette qui est à portée de main. Je me sens tout de suite plus rassuré, plus calme. Je me remets doucement les idées en place alors que j'ai la baguette pointée sur Harry Potter. Je finis par abaisser ma baguette mais regarde toujours mon élève, assis sur l'unique marche qui m'a valu bon nombre de trébuchement, au début. Et quand je suis saoule. Ou fatigué. Ou quand je lis en marchant.
- Il est cinq heures du matin, nous sommes samedi et vous êtes resté inconscient quatre heures. Dit-il d'une voix douce. Personne ne vous a vu et vous n'avez laissé aucune trace de sang dans le couloir. Vous avez eu trois côtes cassées, un ligament de la jambe droite touché et un traumatisme crânien. Tout cela est déjà soigné, vous aurez juste un peu mal pour marcher pendant quelques jours, ne forcez pas sinon ça durera.
Je le regarde sans cacher ma surprise, comment sait-il ce que j'allais lui demander ? Même bien plus que ce que j'avais en tête quelques secondes auparavant.
- Ce sont les mêmes questions qui me viennent en tête à chaque fois que je me retrouve à l'infirmerie après m'être évanouie pour je ne sais quelle raison. Fit-il un brin moqueur. Vous devriez dormir. Ajouta-t-il après quelques instants.
- Et vous ?
- Moi ? Je vais aller dormir un peu. Répondit-il simplement en se levant.
Il chancela bien vite, semblant pris de vertige.
- Venez dormir avec moi, je ne pense pas que cela vous fasse peur… Dis-je moqueur, bien qu'un peu inquiet.
- Merci. Fit-il simplement avant de venir difficilement jusqu'au lit pour s'allonger à côté de moi.
Sa tête fut à peine posée sur l'oreiller qu'il s'endormit tout habillé. Je le suivis de peu, oubliant rapidement le petit sourire qui a orné mes lèvres pendant quelques secondes.
HPSS HPSS
Je me lève deux heures plus tard, Harry dort toujours à côté de moi. Je n'aurai jamais pensé l'avoir dans mon lit pour une telle raison, ce n'est pas cela que j'avais imaginé. Je sors du lit en évitant de faire trop de bruit, mais mon colocataire semble avoir un sommeil de plomb, alors je vais prendre une douche et pars dans mon salon pour demander un petit-déjeuner aux elfes de maison.
Je pensais avoir quelques heures de tranquillité, c'est sans compter sur le directeur de cette école, bien trop fouineur pour mon propre bien. Je le laisse entrer après qu'il est frappé à ma porte en reproduisant ce son si caractéristique du début d'une pièce de théâtre qu'il aime bien reproduire en me rendant visite. Au moins, pas besoin de me demander qui est derrière la porte avant de l'ouvrir.
- Bonjour, Severus. ! comment allez-vous ? Me demanda-t-il calmement en prenant place sur la seconde chaise que je lui présente, en face de moi, à ma petite table de salon.
- Réunion difficile, hier soir. Dis-je simplement. Le Lord a appris que Potter avait certainement bien plus de pouvoir qu'on ne lui en accorde. Malfoy. Dis-je avant qu'il me pose la question. Un sort informulé de la part de Potter et un silence non apprécié pour sa Némésis et celui-ci s'est empressé d'écrire à son père que Potter est devenu surpuissant.
- Pensez-vous qu'il retrouvera le bon chemin ? Me demanda pensivement Albus.
- À moins d'un véritable électrochoc, j'ai bien peur que non. Répondis-je honnêtement. Monsieur Malfoy a été élevé sous l'idéologie de la supériorité du sang. Il est intelligent, c'est indéniable, mais son père ne lui a pas appris à penser par lui-même. On aurait pu penser que deux mois à vivre avec le Seigneur des Ténèbres l'auraient réveillé, mais de toute évidence, ce n'est pas assez. Dis-je tristement en prenant mon thé.
- Qu'a-t-il prévu pour Harry ?
Je ne demande pas comment il peut savoir que le Lord prévoit quelque chose, j'imagine que c'est plutôt logique. Je ne peux m'empêcher de penser que ce vieux fou sait encore tout, pourtant il a aussi besoin de moi pour savoir une partie de ce tout.
- Lupin et les Weasley. Dis-je dans un souffle.
- Je leur dirai de faire encore plus attention. Fit-il gravement, avant de reprendre un peu plus léger et surtout surpris. C'est la première fois que vous me dites que la réunion a été difficile, vous ne semblez pourtant pas être mal en point, bien au contraire. Un léger boitillement peut-être…
- J'ai rencontré Potter en revenant. Avouai-je simplement, je n'aurai pu lui cacher ça. Il avait une retenue avec moi hier soir et je suis partie alors qu'elle venait de commencer, il a dû m'attendre. J'aurais dû aller à l'infirmerie. Surtout, n'en parlez pas à Pomfresh ! Dis-je menaçant. Il m'a soigné et est parti.
Je n'avais pas avoué que je m'étais évanouie alors qu'il était là, encore moins qu'il était encore dans mes appartements, et même pire, que nous avions dormis dans le même lit ! Je me surpris à croiser les doigts sous la table pour espérer que pour une fois, il ne sache rien de toute cette histoire.
- Pas étonnant qu'il ne soit pas dans son dortoir. Fit-il pensivement.
- Comment ça ?
- Si vous avez l'air aussi en forme, c'est qu'Harry a dû puiser dans sa magie pour vous soigner. Il doit être exténué à l'heure qu'il est. Il est sûrement parti dans la Salle-sur-Demande pour se reposer loin de tous.
- Puiser dans sa magie ? Murmurai-je sans comprendre.
- Oui, mon garçon. Fit Albus d'un ton à la fois paternel et moqueur. Harry cache bien des choses, je suis certain d'en savoir que trop peu à mon goût.
- Le grand Albus Dumbledore m'avouerait-il qu'il ne sait pas tout ce qu'il se passe dans son école ? Dis-je franchement amusé.
- Je l'avoue, juste pour cette fois. Fit-il, amusé lui aussi, avant de se lever. Je vais aller calmer Minerva une fois de plus.
- Dites-lui qu'elle n'a plus l'âge pour courir après un lion. Continuai-je sur le même ton.
- Êtes-vous fou ? Je suis encore jeune, je ne tiens pas à mourir tout de suite ! Fit-il faussement offusqué avant de sortir.
- Encore jeune… Dis-je à haute voix en ricanant tout seul.
Harry se réveilla quelques heures plus tard. J'avais largement eu le temps de me poser d'innombrables questions, c'est pour cette unique raison que la première chose que je fus capable de lui dire fut la plus ancienne question du monde.
- Pourquoi ?
Harry me regarda longuement, un léger masque d'impassibilité cachant ses émotions tout en m'en laissant voir un peu. Le doute et l'inquiétude étaient prédominants, puis une détermination pleinement Gryffondoresque prit place quand il s'avança d'un pas sûr vers moi.
- J'ai horreur de vous imaginer à genoux devant lui. Vous valez mieux que ça ! Dit-il en prenant ma tête dans ses mains et en posant son front contre le mien.
Ce geste intime et rempli de tendresse me plut plus que je ne l'aurai imaginé. C'est avec la même douceur que j'ai posé ma main sur sa nuque pour le rapprocher encore plus de moi et l'embrasser comme nous ne l'avions jamais fait. Ce baiser ne ressemblait en rien à nos précédents, il était empreint d'une douceur que je n'avais jamais partagée avec lui jusqu'ici. Ce n'était pas pour me déplaire, bien au contraire.
C'est avec un naturel déconcertant que je m'étais levé pour approfondir encore plus ce merveilleux partage. Sans même y prendre garde, nos émotions et nos corps prirent le dessus et c'est ainsi que je me suis retrouvé allongé nu sur mon lit avec Harry en dessous de moi.
Les préliminaires avaient été longs et je l'avais préparé avec bien plus de soin qu'habituellement. Alors qu'avant je me serais enfoncé en lui et l'aurais pris avec sauvagerie, ne souhaitant que le rendre fou avant de jouir à mon tour, cette fois, chaque instant fut ponctué de caresses et de baisers. La différence était claire, nous ne baisions pas. Pour la première fois, nous faisions l'amour.
La jouissance amena une plénitude que je n'avais jamais connue, je n'avais pas fait qu'assouvir un besoin sexuel, c'était bien plus que ça. Et je le compris seulement deux heures plus tard alors que je me réveillais avec un Harry Potter endormi sur mon torse, mes bras entourant tendrement son corps. J'avais appris à connaître ce jeune homme, j'avais appris à l'aimer. J'étais tombé amoureux sans m'en rendre compte et sans savoir depuis quand je nourrissais des sentiments pour lui.
- Je crois que je suis devenu fou ! Dis-je dans un murmure.
- Alors comme ça nous sommes deux. Me répondit la voix endormie d'Harry.
Oui, on était deux et on le restera aussi longtemps que la vie nous le permettra. Cette idée me fit sourire avant de secouer la tête pour me sortir ces idées de la tête. Trop de Doloris, c'est sûrement ça !
Fin du Flash-Back
Les mots d'amours n'étaient venus qu'après cette fameuse soirée, une fois que nous avons compris que nous ne voulions plus nous quitter. Mon premier « Je t'aime » vint quand j'offris la dernière virginité qu'il me restait à Harry. Après cela, tout n'avait été que bonheur entre nous deux.
Il était bien évidemment difficile de cacher quoi que ce soit à Dumbledore mais nous pensons être assez discrets pour cela. Il en est de même pour le Lord Noir, mais il n'est pas à Poudlard lui, Merlin merci !
Depuis combien de temps Harry m'a enlevé mon pantalon ? Ce fut certainement ma dernière question cohérente. Je ne me demandai même pas quand Harry avait le lubrifiant qu'il insérait déjà un doigt en moi.
Je ne pris pas plus garde à la position que j'avais prise, à moitié allongé sur le canapé, les fesses sur le bord bien en avant pour qu'Harry puisse continuer ses si merveilleuses attentions. Je me mordis inconsciemment la lèvre quand il commença doucement à me masturber.
Si j'avais pu garder les yeux ouverts, j'aurais certainement vu son sourire éblouissant, mais j'étais bien trop occupé à savourer l'instant. Je fus rapidement au bord de l'extase, surtout quand mon amour prit mon sexe entre ses lèvres alors que trois de ses doigts me torturaient sans pitié.
Après cet épisode, si vous demandez à Harry, il vous dira que j'ai juré comme une salope pour qu'il me prenne sur-le-champ. Moi, je ne l'avouerai jamais bien que je sache parfaitement ce que j'avais pu dire à cet instant.
Mais il finit par céder et me pénétra avec une lenteur affolante et malgré ma position inconfortable, mes jambes aux creux de ses bras, je lui demande d'aller plus vite et plus fort. À mon plus grand plaisir, il accéda à ma supplique et finit presque par me prendre avec sauvagerie sous mes gémissements de plaisirs.
Le lendemain, je dirai certainement que je n'ai plus l'âge pour de telles positions, mais je ne pourrai regretter au vu du plaisir que j'ai pris. Harry a raison, il est bon de baiser parfois. Tant que ce n'est qu'avec lui !
